Merci pour les mises en alerte/favori et notamment à Siriana2526 et à Eckstein pour leurs reviews.

Je précise que je réponds à tous ceux qui ont la gentillesse de me laisser un avis car c'est vraiment là que je puise mon énergie.

* Attention, ce chapitre contient un lemon *

Bonne lecture.


Chapitre 3

Un goût de revanche

"Y a une énorme bestiole sous le bateau!"

Ussop sentit ses jambes se dérober sous lui et les larmes dévalèrent son visage. Un monstre marin digne de ses pires cauchemars ondulait sous la surface de l'eau. A voir son ombre, il dépassait la taille du Sunny de plusieurs dizaines de mètres et ses cris redoublèrent.

"On va tous mourir!"

Luffy se pencha vers le bord, débordant d'enthousiasme à l'idée d'un affrontement.

"Ca tombe bien, j'avais une petite faim!

- T'emballe pas, on sait pas si c'est comestible, le prévint le cuisinier à ses côtés en plaçant son mégot entre ses lèvres.

- Il est gigantesque!" s'écria Chopper à son tour, inquiet.

Un peu plus loin, Zoro fit entendre le cliquetis de ses sabres.

"Je crois qu'il ne nous a pas vu, constata Robin.

- Il remonte à la surface! s'alarma la navigatrice. Il va nous faire chavirer!

- On va tous mourir! hurla le canonnier de plus belle, parfaitement hystérique.

- Ferme-la, Ussop, grogna Franky.

- Cramponnez-vous tout le monde!" les prévint alors le squelette un peu plus loin.

Le Sunny fit une embardée quand le monstre remonta à la surface un peu plus loin, les vagues frappant violemment sa coque. Les membres de l'équipage au chapeau de paille basculèrent dans tous les sens et chacun essaya de s'accrocher à quelque chose.

"Cette fois, il nous a vu! Il nous fonce dessus!" s'écria Chopper en se relevant.

Une nouvelle vague d'eau salée s'abattit alors sur le pont et lorsque les amis rouvrirent les yeux, ils constatèrent effectivement que le monstre serpentait dans leur direction.

"Gum-Gum Bullet!"

Le poing du capitaine élastique s'abattit avec force sur le museau de l'anguille géante, la stoppant dans sa course. Elle hurla de rage en retour et plongea sous l'eau pour échapper au prochain coup de son adversaire qui écarquilla les yeux.

"Elle a disparu!

- Ca va faire mal, comprit Franky qui suivait son avancée sous l'eau.

- Billes explosives!"

Ussop avait pris son courage à deux mains et il tira une salve qui atteignit sa cible avant qu'elle ne touche le bateau. L'anguille se redressa alors de toute sa hauteur, surplombant l'équipage d'une vingtaine de mètres, les crocs dégoulinant.

"Au secours! hurla le tireur d'élite en détalant.

- Weapon left!"

La bête évita le canon et tenta de désintégrer le cyborg avec sa puissante mâchoire que Sanji dévia d'un coup de pied. Sonné, l'anguille se retourna alors vers Chopper et Nami qui se tenait à l'écart et fonça vers eux, provoquant leur panique.

"En garde, monstre des mers!"

Brook protégea ses deux compagnons en se positionnant devant eux, l'épée prête à frapper. Cependant, devant la masse de l'animal, il n'en menait pas large.

"Vingt fleurs!"

Les mains de Robin poussèrent sur la gueule de l'animal et réussirent à la maintenir fermée alors qu'elle arrivait à la hauteur du squelette. Celui-ci en profita pour hurler de peur tandis que la navigatrice et le renne s'enfuyaient à toutes jambes.

"Gum-Gum Rafale!" s'écria le capitaine en précipitant ses poings vers la tête du poisson qui flancha sous l'avalanche de coups.

Zoro surgit à ses côtés et fonça vers sa proie, toutes lames dehors.

"Technique à trois sabres. Demon slash!"

Le tranchant des épées atteignit son adversaire à de multiples reprises, signant son arrêt de mort et plusieurs parties de son corps s'écrasèrent sur le bateau, les faisant à nouveau tanguer dans tous les sens. Quand le roulis s'estompa, Luffy bondit pour en attraper un énorme morceau sur le pont, comblé de bonheur.

"C'est répugnant, constata la navigatrice en fronçant les lèvres de dégoût.

- Regardez l'état de mon bateau! grommela Franky en arrachant un lambeau de bois de la rambarde.

- Tu crois que ça se mange, Sanji? s'enquit le garçon au chapeau de paille avec espoir.

- Faut voir, réfléchit le blond. Je pense que j'ai une recette qui devrait te plaire.

- Génial!"


Sanji passa une main dans ses cheveux. Il avait fini de cuisiner l'énorme anguille terrassée le matin même, ne lui restait plus qu'à disposer les accompagnements et à composer de belles assiettes. Puisque leur capitaine avait saisi l'occasion de leur victoire pour organiser une petite soirée festive, le blond avait décidé d'innover et s'était ingénié à créer un cocktail bleu turquoise qui reflétait la couleur du monstre pour ses princesses. Pour les autres, il prendrait une bouteille quelconque.

L'après-midi s'était déroulé tranquillement, aucun nouveau monstre ni attaque n'ayant troublé l'équipage et chacun avait pu vaquer à ses occupations préférées. Le soleil déclinait lentement à l'horizon et le temps au beau fixe avait incité le cuisinier à dresser la table du dîner sur le pont pour en profiter.

Tandis qu'il enchaînait les dernières préparations sans y réfléchir, son esprit dériva lentement vers les évènements de la précédente île quelques jours auparavant.

Il avait bien tenté d'oublier les regards explicites du sabreur au coin du feu ainsi que ses caresses brûlantes mais il avait aussi honte de reconnaître qu'il avait guetté des signes de la part de Zoro pour lui prouver qu'il n'avait pas rêvé. Et bien sûr, la tête d'algue avait remarqué son manège et lui envoyait depuis des oeillades provocatrices dès que le reste de l'équipage avait le dos tourné.

Sanji avait d'abord détourné les yeux, trop gêné, avant de sentir son amour-propre protester face à un tel traitement. Alors il avait commencé à soutenir le regard de l'escrimeur avant de lui retourner ses expressions moqueuses et subversives.

Il avait bien conscience de son attitude ambivalente. Zoro avait été clair avec lui mais de son côté, le cuisinier pataugeait encore. Après avoir pris le temps de réfléchir à son attitude désinvolte sur l'île, il en avait conclu qu'il était obnubilé par son désir de vengeance et que cela le poussait à répondre au sabreur, quand bien même le terrain était dangereux. Et rien qu'à l'idée de lui faire payer la domination qu'il lui avait infligée, il avait envie de recommencer. Il n'y avait donc qu'une explication plausible au fait qu'il pourrait avoir envie de partager à nouveau ce genre de chose avec lui, et c'était son besoin de revanche.

Cependant, la stupidité de son raisonnement ne lui échappait pas. Son corps n'était pas un moyen de pression pour consoler son estime de lui-même face à un rival puissant qu'il ne devait pas sous-estimer. Zoro était non seulement un opposant mais aussi un homme. Deux caractéristiques qui auraient déjà dû le dissuader de s'engouffrer dans une escalade des regards à ce sujet. A croire que son ego ne pouvait tolérer aucun écart lorsqu'il s'agissait du sabreur. Il avait besoin de se mesurer à lui. Pour lui prouver qu'il ne reculait devant rien. Pour se prouver que sa fierté était intacte.

Mais Sanji avait franchi un pas la veille. Au détour d'une conversation faussement anodine, il avait pris la peine de vérifier auprès de Chopper la nature des examens qu'il leur faisait tous passer régulièrement et il en était sorti rassuré. Au moins du côté des maladies, il n'avait rien à craindre.

Le cuisinier soupira en finissant d'assaisonner sa vinaigrette. Quelque part, il avait déjà pris sa décision. Il voulait prendre sa revanche sur le corps de l'escrimeur pour ensuite classer cette affaire définitivement. Il fallait qu'il démontre à ce crétin qu'il pouvait lui aussi prendre le contrôle dans ce genre de situation sinon, il garderait à jamais en mémoire son humiliation.

Il en était donc là. Il voulait bien répondre positivement à la proposition de Zoro pour cette simple et unique fois mais il ne savait pas comment lui faire passer le message. Et hors de question de venir lui en parler au détour d'un de ses entraînements ou lorsqu'il passait par la cuisine. Pour peu qu'il ait changé d'avis, Sanji n'avait pas envie d'être la risée du sabreur jusqu'à la fin de sa vie...

Le blond terminait tout juste de dresser ses assiettes lorsqu'une tornade brune déboula dans son antre.

"Sanji! J'ai faim!

- Encore une minute, espèce de goinfre!"

Finalement, il disposa la dernière touche à son plat et satisfait, invita les membres de l'équipage à passer à table. Nami et Robin s'installèrent les premières, ravies de découvrir la délicatesse de la présentation. Très vite, tout le monde s'attabla et le blond servit les assiettes avant de déposer les cocktails devant les deux jeunes femmes.

"Sanji, c'est splendide et vraiment délicieux! le complimenta la navigatrice qui adorait être le centre de tant d'attentions.

- Rien n'est trop beau pour toi, Nami-chérie! batifola le cuisinier avant de lancer négligemment une bouteille du côté des garçons. Robin d'amour, veux-tu que je réchauffe ton plat? Je sais que tu n'aimes pas lorsque la nourriture est tiède!

- Non merci, il est parfait", le remercia poliment la jeune femme avec un sourire.

Rassuré, le cuisinier s'installa en bout de table, une cigarette aux lèvres, surveillant nonchalamment le déroulement du repas et attentif en priorité au bien-être de Nami et de Robin. Évidemment.


Les assiettes furent vidées et re-remplies de nombreuses fois avant que Luffy ne repousse la sienne avec un énorme sourire, le ventre plein.

"C'était trop bon, Sanji! Faut que t'en refasses tous les jours!

- Et puis quoi encore? grogna l'intéressé. Faire cuire un truc pareil, ça prend des heures!

- Génial! On aura du gigot demain!" en déduisit bizarrement le capitaine qui se mit à rire à gorge déployée.

Le blond haussa les épaules et Brook se mit à jouer une musique endiablée, entraînant Chopper, Ussop, Franky et Luffy dans une farandole à toute allure. Ensuite, le garçon au chapeau de paille réclama la chanson du Bon Rhum de Binks à son musicien et celui-ci la déclina successivement au violon, au piano et à la guitare. Franky en profita pour inventer une chorégraphie et il entraîna Ussop et Chopper à sa suite jusqu'à ce que ses amis s'emmêlent les pieds et s'aplatissent sur le pont. Luffy riait aux éclats et essaya de reprendre les Yohohoho de Brook en rythme avec lui.

De leur côté, les filles applaudissaient et profitaient de l'attention de leur cuisinier personnel qui leur apporta une part de cheesecake meringué à la framboise avant de remplir à nouveau leurs verres. Bien qu'immobile, le sabreur n'était pas en reste et profitait de la joie de son équipage en se laissant porter par leur bonne humeur.

La soirée s'écoula donc gaiement, les plats et les bouteilles se succédant sur la table. Finalement, les filles finirent par se diriger vers leur chambre mais les danseurs ne voulaient pas s'arrêter là et Brook entama une musique country des plus cocasses.

Après avoir bu un café, Sanji fuma tranquillement sa cigarette, le regard perdu dans leur contemplation. Il avait un peu abusé sur le vin qu'il avait sorti de sa réserve mais il y avait vu un moyen de se donner du courage pour parler au bretteur qui discutait maintenant avec Chopper non loin de lui. Il savait que cette technique n'était pas très honorable mais l'alcool aidant, il avait même fini par reconnaître que le corps de son rival n'était pas si horrible et cette perspective lui permettrait de faire passer un peu plus agréablement ce qu'il voulait faire.

Pourtant, il ne trouva pas d'occasion pour aborder le sujet avec l'épéiste et celui-ci quitta la table peu après pour la vigie, laissant le blond déçu.


Deux heures plus tard, Sanji ouvrit les yeux et constata qu'il s'était endormi sur la table. Il jeta un coup d'oeil autour de lui et découvrit que Luffy, Chopper, Ussop, Franky et Brook s'étaient écroulés sur le pont, ronflant à poings fermés, le sourire et la bave aux lèvres. La nuit était d'un noir profond et l'eau calme autour d'eux, le Sunny semblant glisser sur sa surface sans un bruit.

En soupirant, le cuisinier déplia ses longues jambes et entreprit de débarrasser un minimum. Il ressentait les effets de l'alcool sur son organisme de manière encore plus appuyée depuis qu'il s'était levé et il grimaça en pensant à la migraine qu'il aurait probablement le lendemain.

Parvenu jusqu'à sa cuisine malgré ses gestes maladroits, il renversa finalement la pile d'assiettes sales sur le sol avant d'atteindre l'évier et faillit les rejoindre en se penchant pour les ramasser. Agacé, il décida de s'asseoir par terre car la chaise était décidément trop éloignée de lui. Il repoussa donc du pied les assiettes éparpillées, résolu à attendre un peu que sa tête cesse de tourner en allumant une cigarette, le dos contre le comptoir.

A cet instant, la porte de la cuisine s'ouvrit et le sabreur y pénétra d'un pas assuré.

"Un problème, cuistot?"

Sanji releva doucement la tête avant de la secouer exagérément de droite à gauche, ce qui accentua sa sensation de tournis.

"Je me repose.

- Par terre? Au milieu des assiettes? lui fit remarquer Zoro d'une voix moqueuse.

- Qu'est-ce que tu crois, tête d'algue? Tout le monde n'est pas insensible à l'alcool comme toi, j'te signale.

- Pourquoi t'as eu besoin de boire autant alors? Tu sais que tu tiens pas l'alcool, sourcil en vrille, ricana l'épéiste au-dessus de lui.

- J'en ai pas eu besoin! s'empourpra le cuisinier qui sentait sa langue répondre plus vite que ce qu'il n'aurait voulu. D'ailleurs, j'suis pas si bourré que ça."

Pour le lui prouver, il se redressa et réussit à se mettre debout.

"Oh, putain. Ca tourne…"

Il choisit alors de s'emparer de la chaise la plus proche pour ne pas retomber et s'y assit de justesse.

"Impressionnant, commenta sobrement Zoro.

- La ferme. Qu'est-ce que tu fais là de toute façon, crétin de sabreur?

- J'ai entendu du bruit, j'suis venu voir ce que c'était.

- Tu t'inquiétais pour moi? Trop aimable, ironisa le blond en écrasant son mégot dans le cendrier.

- N'importe quoi. Je suis de garde, c'est tout."

Comme l'escrimeur ne bougeait pas, Sanji attrapa le reste de la bouteille sur le comptoir et la lui lança.

"Assieds-toi, tu payeras pas plus cher."

Zoro obtempéra et il s'ensuivit quelques minutes de silence pendant lesquelles l'épéiste buvait lentement et le blond peinait à garder les yeux ouverts.

"Au fait, j'ai bien réfléchi et j'suis d'accord."

Le sabreur contempla son interlocuteur comme s'il ne comprenait pas, l'incitant à expliciter sa pensée.

"De quoi tu parles? lui demanda-t-il.

- De ta proposition. Sur l'île de Nerwa."

Comme Zoro accentuait sa prétendue incompréhension que Sanji ne remarquait pas à cause de son état, le cuisinier soupira et se rapprocha par-dessus la table, vacillant.

"Pour nous deux."

L'escrimeur eut un sourire entendu avant de secouer fermement la tête.

"Pas question, fit-il, soudain sérieux.

- Quoi? Mais pourquoi?!

- T'es complètement fait, tu sais pas ce que tu racontes.

- Qu'est-ce que t'en sais? répliqua le cuisinier, outré.

- Je sais que demain quand tu te réveilleras, tu viendras m'étriper si j'ai profité de ton état.

- T'es vraiment une tête d'algue, répondit Sanji comme si ça expliquait tout. J'te dis que j'suis d'accord, tu veux quoi de plus? Que je te signe une décharge?"

De mauvaise humeur, le blond se releva en chancelant dangereusement et se dirigea vers la porte.

"J'vais me coucher, maugréa-t-il.

- Attends", intervint le sabreur en le retenant par le bras.

Le blond lui jeta un regard mauvais, le défiant de continuer.

"Si demain t'as pas changé d'avis, je suis d'accord."

Sanji se dégagea de son emprise d'un geste brusque et haussa les épaules avant de claquer la porte derrière lui.


Le cuisinier se leva comme un automate le lendemain matin. Il se rappelait vaguement de leur petite fête et il découvrit avec désolation l'étendue des dégâts dans sa cuisine parmi les assiettes fracassées. Tandis qu'il commençait sa journée par un nettoyage en bonne et due forme, les souvenirs refirent peu à peu surface en lui et lorsqu'il rangea la bouteille laissée sur la table, sa discussion avec le sabreur lui revint en mémoire. Il attrapa alors une chaise d'un geste tremblant et s'y laissa lourdement tomber.

Il avait maintenant terriblement honte. D'un côté, il était content d'avoir arraché à Zoro la promesse d'une revanche mais de l'autre, il s'était donné en spectacle sur un sujet qui ne prêtait pas à rire… Bon sang, il l'avait limite supplié et c'était cet idiot qui avait été le plus mature d'eux deux! Etant donné son état, si le sabreur avait accepté sur le champ, nul doute que le cuisinier n'aurait pas su s'imposer. Zoro avait probablement eu pitié de lui. Il voulait que son rival ait toute sa lucidité pour l'affronter dignement. Quel déshonneur...

Définitivement mortifié, Sanji laissa s'écraser sa tête sur la table de la cuisine. Avec un peu de chance, le bateau allait s'ouvrir en deux et Grand Line l'engloutir pour toujours. Ouais, c'était la meilleure chose à espérer…

Finalement, le blond finit par se redresser. Il avait affreusement mal à la tête, comme prévu, mais il devait tout de même préparer le petit-déjeuner. Il se força donc à s'activer et prépara le repas tant bien que mal pour l'heure habituelle.

Lorsque l'épéiste passa le pas de la porte, le petit-déjeuner était déjà bien avancé et personne ne prêta attention à lui. Sanji avait décidé de jouer la carte de l'amnésie, au moins jusqu'à ce qu'il ait trouvé une solution pour ne pas apparaître totalement indigne si Zoro venait lui en parler. Cependant, le sabreur ne broncha pas davantage que les autres et s'assit comme une masse pour attaquer son repas puis il sortit en même temps qu'Ussop qui voulait lui montrer une nouvelle invention dont il n'avait probablement rien à faire.


Le reste de la journée se passa le plus normalement possible pour un équipage aussi déjanté, c'est à dire que Luffy ne passa qu'une fois par-dessus bord, qu'Ussop eut la peur de sa vie lorsque sa nouvelle bille au tabasco heurta l'un des mandariniers de Nami et que Chopper fut pris d'une crise de larmes après que Franky se soit reçu l'un des énormes poids de Zoro sur la tête. Grâce à eux, le cuisinier se sentait dans son élément et il oublia peu à peu les évènements de la veille.


Pendant le repas du soir, Nami leur annonça qu'ils ne devaient plus se trouver très loin de la prochaine île, ce qui fut accueilli dans l'allégresse générale. Sanji resta donc un peu plus tard que d'habitude en cuisine après la vaisselle afin de faire le compte de l'état des provisions mais surtout pour réfléchir à ses prochains achats en vue de nouvelles recettes.

Il y était encore alors que le bateau était devenu silencieux, l'équipage ayant regagné leurs lits respectifs. Occupé à griffonner ses idées, Sanji ne fit pas attention à la porte qui s'ouvrit sur un escrimeur assoiffé et qui se dirigea naturellement vers la réserve de bouteilles. S'en apercevant enfin, le blond sentit son sang ne faire qu'un tour et il étala d'un coup de pied le malotru qui osait pénétrer dans son antre sans autorisation.

Zoro se releva en un éclair, les sabres sortis et le regard furieux.

"C'était en quel honneur?! rugit-il.

- Pour t'apprendre la politesse, crétin de sabreur!"

Le sabreur en question se rua sur le cuisinier qui se décala de justesse pour éviter une lame tranchante mais qui ne put empêcher de se prendre le comptoir dans les reins. Il grimaça pendant que Zoro revenait à l'attaque et il le balaya avec un coup de pied au niveau des chevilles. L'épéiste ne dut son salut qu'à la table derrière lui qui l'empêcha de s'écrouler au sol et il relança ses sabres contre Sanji qui les arrêta de sa jambe levée.

S'ensuivirent plusieurs minutes de combat où le bretteur et le cuisinier se rendirent coup pour coup au milieu de la pièce en tentant d'éviter les meubles.

Finalement à bout de souffle, ils s'affrontèrent du regard, prêts à relancer la bagarre au moindre signe de provocation de l'autre.

"T'es vraiment perturbé comme type, sourcil en vrille! lui lança Zoro en repositionnant ses sabres devant lui.

- Tu peux parler, tête d'algue! répliqua Sanji en étirant sa jambe. T'as aucune notion de bienséance!

- Ah ouais? Pourtant, j't'ai pas touché hier, j'te rappelle!"

Le blond rabaissa sa jambe, le dévisageant.

"Et me dis pas que t'as oublié parce que j'ai bien remarqué tes regards en coin quand je m'entrainais aujourd'hui!"

Sanji devint cramoisi et Zoro afficha un sourire vainqueur, baissant ainsi ses épées.

"Dire que t'as été obligé de picoler pour m'en parler. J'suis sûr que t'oses même plus te regarder dans un miroir," ricana-t-il.

Le cuisinier sentit sa honte revenir au galop et il se redressa, blême de colère.

"Tu vas la fermer, sabreur dégénéré!"

Il se rua sur lui et Zoro se retrouva acculé, n'ayant pas prévu sa réaction impulsive. Cependant, même dos au mur, il ne désarma pas, son air supérieur au coin des lèvres.

"T'as même pas le courage d'assumer que t'as aimé ça et que t'en redemandes.

- J'suis pas attiré par ta tête d'algue périmée! hurla le blond, tendu à l'extrême. Tu vas me payer ce que tu m'as fait l'autre fois et c'est tout!

- Tu perds tes nerfs, cuistot. T'es pathétique."

Le sourire narquois et éclatant de l'épéiste à quelques centimètres de son visage acheva de raffermir la volonté de Sanji qui plaqua sa bouche contre la sienne pour le faire taire. Zoro déposa brusquement ses lames sur le comptoir et attrapa le corps du cuisinier pour le presser contre le sien. Le blond agrippa alors sa nuque et approfondit leur baiser tandis que le sabreur le faisait pivoter brutalement, le coinçant à son tour contre le mur.

Sanji eut un mouvement de résistance. S'il était là, c'était pour prendre l'ascendant sur Zoro et rien d'autre. Il bouscula alors le sabreur pour s'échapper et le repoussa jusqu'à la banquette contre le mur droit de la cuisine sur lequel l'homme s'écroula, l'entraînant à sa suite pour le maintenir contre lui.

Le blond se prit à sourire. Là, il se sentait mieux. C'était lui qui allait mener la danse et l'autre ne pourrait rien y faire. Les genoux de part et d'autre de sa taille, il passa ses mains sous le tee-shirt de l'épéiste qui lui facilita le passage pour qu'il le retire. Satisfait, le cuisinier laissa ensuite ses mains descendre vers son pantalon dont il déboucla la ceinture rapidement.

Il ne devait pas perdre de temps, il devait asseoir sa domination sur Zoro. Il repoussa le tissu vers le bas et sentit le bretteur l'aider à se débarrasser de ses bottes dans la foulée. Cependant, l'escrimeur en profita pour arracher au passage la chemise du blond qui grimaça avant de se focaliser sur la prochaine étape. Zoro était presque nu et lui n'avait perdu que sa chemise, il pouvait faire avec.

Il passa sa main sur le membre durci de l'escrimeur et le sentit réagir tandis que ses hanches bougeaient contre sa main. Décidément, c'était un vrai jeu d'enfant…

Il se détendit un peu et prit alors conscience des caresses rudes du bretteur contre son dos ainsi que de ses baisers agressifs sur son cou lorsqu'il se plaqua contre son torse. Une excitation sourde gagnait son corps pour se concentrer dans son bas-ventre. Ces sensations n'étaient pas si désagréables, elles… elles le déviaient de son train de pensée et de son objectif!

Sanji se redressa brutalement mais le sabreur le suivit, collant leurs bassins et le maintenant contre lui dans une poigne de fer. Il l'embrassa avidement et le blond constata que ses mains déboutonnaient son propre pantalon. De toute façon, il devrait bien le faire donc autant lui laisser l'illusion de le laisser agir...

Il ôta son vêtement, ses chaussures et ses chaussettes d'un mouvement des jambes et revint plaquer Zoro contre le canapé. Le bretteur se saisit de ses fesses à pleines mains et le blond ne put s'empêcher de frissonner malgré lui. Sa peau se hérissait sous le feu des caresses du sabreur et sa langue qui lui mordillait l'oreille lui arrachait des petits soupirs bien malgré lui. Il fallait qu'il reste concentré. Il le fallait…

C'était le moment de passer aux choses sérieuses. Il chercha à tâtons le dernier bout de tissu sur le corps de son rival et tenta de le lui enlever, le souffle court et les idées confuses. Zoro bougea contre lui et le cuisinier le laissa faire, pensant qu'il allait encore lui faciliter la tâche.

L'épéiste se releva effectivement pour se débarrasser de son dernier vêtement ainsi que de celui du cuisinier mais il en profita aussi pour se saisir des hanches de son compagnon qu'il retourna brutalement pour le plaquer contre la banquette sous son propre poids. Horrifié, Sanji tenta de bouger mais la main de l'escrimeur faisait de merveilleux va-et-vient sur sa virilité et il poussa seulement un soupir de bien-être qu'il étouffa entre ses lèvres avec rage. Après quelques instants de traitement auxquels il ne parvenait pas vraiment à se soustraire, l'autre homme commença à glisser ses doigts vers son intimité, sonnant le signal d'alarme dans la tête du cuisinier.

Ca ne devait pas se passer comme ça. Ce n'était pas possible.

Il se contorsionna pour échapper à ses caresses, ne faisant qu'augmenter la friction entre leurs deux peaux et il se mordit la langue pour ne pas gémir à ce contact. Il attrapa le membre du sabreur pour le noyer de sensation et ainsi reprendre le contrôle mais n'obtint en retour que des soupirs rauques qui ne firent que l'exciter davantage et qui permirent au bretteur de reprendre son activité précédente autour de son intimité.

Tout lui échappait, tout foutait le camp.

Le cuisinier tenta de repousser le sabreur qui lui imprimait maintenant des aller-retour brutaux avec ses doigts, le laissant haletant de plaisir mais aussi terriblement en colère. Il se redressa enfin, le front perlé de sueur, lorsque Zoro se retira pour se positionner à son entrée. Avec l'énergie du désespoir, Sanji le bouscula pour l'empêcher de commettre l'irréparable.

C'était hors de question. Ce n'était pas envisageable. Son corps criait peut-être pour retrouver le sien mais il ne pourrait pas supporter une autre défaite. Il se releva brusquement, arrachant un regard étonné à l'escrimeur qui le suivit du regard.

Sanji l'empoigna par le bras et le fit basculer par terre d'un geste ferme. L'épéiste grogna mais accepta de suivre le mouvement et il accueillit à nouveau le cuisinier sur ses hanches au-dessus de lui, assit sur son bassin.

Le souffle court, ils s'observèrent quelques instants. Un sourire au coin des lèvres, le sabreur bougea ensuite son bassin, rappelant à son partenaire que leurs anatomies étaient loin d'en avoir fini. Le blond reprit un peu le contrôle de sa respiration et de son calme en constatant que Zoro acceptait la position. Il répondit alors à son mouvement et bientôt, leurs soupirs reprirent, doucement étouffés par leur volonté.

Ici, le plaisir était plus acceptable pour le cuisinier. Et il prenait de l'ampleur. Une vague partait du bas de son ventre et menaçait de déferler à tout moment.

Soudain, le sabreur souleva ses hanches et Sanji fronça les sourcils avant de comprendre son intention. Ainsi placé, il ne perdrait pas la face, il pourrait dominer Zoro. Ici, il imprimerait son propre rythme et le bretteur devrait suivre ses gestes.

Satisfait, il se laissa retomber doucement sur le membre dur mais se figea pourtant rapidement de douleur et ferma les yeux. La souffrance l'envahissait totalement.

Il sentit alors la bouche du sabreur contre la sienne. Zoro s'était redressé et tentait de le détendre, laissant sa langue le découvrir de son mieux. Il accepta son aide et se fit emporter par des sensations plus agréables jusqu'à ce qu'il puisse à nouveau bouger.

Le plaisir était à la hauteur de la douleur. Des vagues d'émotions contradictoires le submergeaient, du désir bestial à la félicité absolue, en passant par la joie de savoir qu'il avait atteint son but. Bientôt, ses réflexions s'estompèrent pourtant, ne laissant place qu'à la recherche de la jouissance ultime.

Lorsqu'ils se délivrèrent enfin, le souffle court, Sanji se laissa tomber sur ses avant-bras autour de l'épéiste. Tous les muscles de son corps et même ceux de ses jambes le lançaient atrocement d'avoir tenu cette position trop longtemps mais il ne s'en préoccupait pas. Tout ce qui comptait, c'est qu'il avait obtenu ce qu'il voulait. Certes, il aurait préféré prendre entièrement le pouvoir sur le bretteur mais il était passé tellement près de la catastrophe que la conclusion de leurs ébats l'avait amplement soulagé. Il était comblé.

Après quelques secondes, il se releva pour s'essuyer brièvement, la démarche chancelante mais le sourire assuré. Il ramassa ses vêtements éparpillés et contempla Zoro qui se redressait lentement à son tour, le regard encore flou. Souriant toujours, le cuisinier passa rapidement sa chemise et son pantalon avant de s'éclipser de la pièce en direction de la salle de bain.

Ce soir, il allait bien dormir.


J'espère que ça vous a plu!

Maintenant que vous commencez à connaître mon style, je serai curieuse de connaitre votre avis sur ce que je fais des personnages.

Dans le prochain chapitre, la prise de tête sera à son apogée pour ce pauvre Sanji ;)

A bientôt!