Merci pour les mises en alerte/favori.

Je remercie plus particulièrement Siriana2526, Typone Lady, hasegawa-chwan et Sarahahah pour leurs reviews.

Bonne lecture.


Chapitre 6

Juste une mise au point

Après le petit déjeuner du surlendemain, Zoro vit Sanji descendre dans la cale les bras chargés de bouteilles vides tandis qu'il sommeillait d'un oeil sur le pont. Sans y réfléchir davantage, il se dirigea à son tour vers les escaliers pour le suivre. Ils ne s'étaient pas rejoints à nouveau depuis que le blond lui avait signifié son accord dans la salle de bain et le voir s'isoler lui avait brusquement donné des idées.

A présent seuls dans la pièce sombre, il savait que le cuisinier l'avait entendu. Cependant, il ne bougeait pas et continuait à déposer ses bouteilles, lui tournant le dos. Il s'approcha donc jusqu'à le frôler.

De son côté, Sanji frissonna lorsqu'il sentit le souffle chaud du bretteur contre sa nuque et ferma les yeux. Alors que l'escrimeur le faisait pivoter face à lui, il repoussa pourtant ses mains brûlantes qui se frayaient déjà un chemin sous sa chemise.

"C'est pas possible, tête de cactus."

Ce dernier planta ses yeux dans les siens, étonné.

"Pourquoi? Je croyais que tu savais ce que tu voulais maintenant?

- C'est le cas mais j'peux pas, c'est tout, répliqua le cuisinier.

- Mais bordel, qu'est-ce qui se passe encore? grogna le bretteur, agacé.

- Je peux pas aujourd'hui, précisa alors le blond en plissant son vêtement contre son corps, le rouge aux joues.

- Ah bon? C'est quoi aujourd'hui, un jour spécial?"

Sanji soupira longuement. Pourquoi fallait-il tout lui expliquer? Absolument tout? La colère enfla brusquement en lui à ce triste constat et il lui jeta un regard noir.

"Je peux pas parce que t'es un putain d'enfoiré qui connaît pas la délicatesse! Tu comprends mieux maintenant?!" siffla-t-il entre ses dents pour ne pas prendre le risque de voir débarquer quelqu'un.

Zoro mit quelques secondes à réaliser ce qu'il sous-entendait et à sa plus grande horreur, le blond vit un sourire narquois étirer ses lèvres.

"J'pensais pas que t'étais si fragile, cuistot."

Sanji le contempla sévèrement. Ca amusait peut-être le sabreur de profiter de son inexpérience en la matière mais il ne lui ferait pas le plaisir de se croire tout permis si ce petit jeu devait durer entre eux.

"Va falloir te calmer un peu parce que c'est hors de question que ça se passe comme ça à chaque fois. Je sais pas comment t'as l'habitude de procéder mais moi, je me laisserai pas faire!"

Zoro haussa nonchalamment les épaules.

"J'ai jamais su ce qu'en pensaient les précédents, j'ai pas demandé.

- Peut-être bien mais avec moi, ce sera différent."

Le cuisinier plongea son regard dans le sien, le défiant du regard. Cette brute avait intérêt à se soucier un minimum de sa personne car malgré tout le plaisir qu'il pouvait y avoir, il était persuadé que les conséquences physiques pouvaient être moins importantes en s'y prenant mieux. Il sentit Zoro l'étudier un moment et ne baissa pas les yeux. Au moins, il semblait prendre son discours au sérieux car il avait perdu son sourire supérieur.

"T'avais l'air d'aller bien, se rappela alors l'escrimeur.

- Je vais bien.

- Alors quoi?

- Alors je vais bien mais ça ne m'empêche pas d'avoir mal, crétin!"

Le sabreur fronça les sourcils, ennuyé.

"Si mal que ça?"

Sanji eut un geste agacé de la main.

"Suffisamment pour que j'te dise que c'est pas possible de recommencer tout le temps comme ça."

Le bretteur resta silencieux un moment et le cuisinier s'en irrita.

"Me dis pas que tu le sais pas quand même! C'est moi le novice en la matière, pas toi!

- Disons que je m'en doute mais…"

L'escrimeur lui adressa un sourire éclatant et Sanji se passa une main sur le visage. Évidemment. Il aurait dû s'en douter.

"D'accord, alors j'te le dis. Ça fait mal alors si tu veux que ça continue, faudra t'adapter. Et faudra aussi que t'apprennes à échanger."

Zoro fronça les sourcils. Il voulait bien faire des efforts mais certaines parties de son anatomie n'étaient pas ouvertes à toute proposition. C'était le cas de le dire.

"Si c'est parce que ta constitution est tellement faible, j'verrais ce que j'peux faire," biaisa-t-il.

Le blond le fusilla du regard avant de tourner les talons et de quitter la cale. Cette décision était sensée ne leur apporter que des avantages mais Sanji voyait déjà un inconvénient de taille : le sabreur était un imbécile jusque dans l'intimité et il faudrait qu'il passe outre pour en profiter.


"J'ai une annonce importante à vous faire."

Tout l'équipage se figea autour de la table du déjeuner et posa un regard soucieux sur Sanji qui venait de prendre la parole d'une voix grave. Seul Luffy continua à engloutir sa part et celle des autres.

"Ca concerne la nourriture."

Le capitaine stoppa sa fourchette devant sa bouche, l'air soudain effrayé. Il avala tout rond sa dernière bouchée et fixa son cuisinier avec appréhension.

"Va falloir se restreindre un peu. On n'a pas fait de provision sur la dernière île et les réserves ont sévèrement diminuées. Je propose de supprimer les encas."

Un silence de mort accueillit sa déclaration tandis que les regards dérivaient lentement vers le capitaine de l'équipage.

"Du moment qu'on a toujours le dix heures et le quatre heures! répliqua joyeusement celui-ci.

- Ça veut dire plus de bouffe et donc plus de viande en dehors des trois repas, Luffy, lui traduisit le blond.

- Quoi?!"

Le garçon au chapeau de paille le dévisagea, au bord des larmes.

"Mais j'ai trop faim, Sanji! Tu peux pas faire ça!

- C'est pas la faute de Sanji, c'est à cause de ces fichus pirates qui ont pillé la dernière île, soupira Ussop.

- Dans combien de temps on atteindra la prochaine destination? s'enquit Franky.

- Quelques jours. Une semaine tout au plus, répondit Nami.

- Ca ne devrait pas être si terrible, nous pourrons bientôt refaire nos réserves, fit remarquer Chopper à son capitaine toujours malheureux.

- Et en plus, on peut pêcher! s'enthousiasma le musicien.

- La restriction s'applique aussi pour les boissons alors tu vas mettre un frein à ta consommation, le sabreur alcoolique, ajouta le cuisinier.

- Putain...

- Zoro, arrête de dramatiser, grinça la navigatrice. Tout le monde va faire un effort.

- Fais chier."

Tandis que Nami levait les yeux au ciel, l'épéiste se leva et embarqua la bouteille qu'il avait devant lui.

"T'as intérêt à ce qu'elle tienne toute la journée parce que t'en auras pas d'autre, tête de gazon!" lui cria Sanji tandis que la porte claquait derrière lui.

Le reste de l'équipage quitta la tablée avec moins d'entrain que d'ordinaire tandis que le blond soupirait en pensant aux journées à venir. L'ambiance allait être beaucoup moins légère maintenant...


"Salut, Chopper! Alors, quoi de neuf? demanda Luffy en pénétrant dans l'infirmerie le lendemain matin.

- Je fabrique de nouveaux médicaments à partir des herbes que j'ai achetées au bateau-pharmacie, lui montra le petit renne debout sur son tabouret.

- C'est quoi ça?

- De la feuille de laurier.

- Et ça?

- Du gingembre.

- Et ce truc bizarre?

- De l'usnée. C'est une plante antiseptique."

Le capitaine plongea ensuite sa main dans un mélange de feuilles vertes avant de la ressortir brusquement.

"Ah! Ca brûle! Ca brûle!" s'écria-t-il.

Dans sa détresse, il bouscula les différents pots du médecin qui se fracassèrent sur le sol sous les yeux horrifiés de son propriétaire.

"Ca gratte!

- C'est de l'ortie, ce n'est pas grave! tenta de le calmer Chopper. Mets cette crème apaisante."

Le capitaine arracha le tube des pattes du médecin et en étala une énorme quantité sur sa propre main.

"Ah, ça va mieux!" apprécia le garçon au chapeau de paille après quelques instants.

Le renne ramassa ses mélanges éparpillés avec lassitude et se tourna ensuite vers son ami.

"Luffy, ça t'embêterait de sortir de l'infirmerie? Je ne voudrais pas que tu te blesses à nouveau…

- D'accord. Amuse-toi bien!"

Aussitôt sorti, il avisa le canonnier non loin de lui.

"Qu'est-ce que tu fais, Ussop?

- Un mélange détonnant à base de haricots rouges et de poudre à canon! expliqua fièrement le tireur d'élite à son capitaine.

- Wow!"

Luffy passa ses doigts dans le mélange avant de le porter à sa bouche.

"C'est dégueulasse! s'offusqua-t-il ensuite.

- Évidemment! Ca n'est pas fait pour être mangé! lui expliqua sèchement son ami.

- Mais j'ai faim! pleurnicha le capitaine.

- Laisse-moi travailler…"

Le garçon au chapeau de paille soupira et son regard identifia Robin sur son transat. Il se propulsa dans sa direction et atterrit sur ses genoux. L'archéologue leva les yeux de son livre avant de les baisser à nouveau, indifférente à ceux qui la scrutaient avec intérêt.

"Tu lis quoi?

- Un livre.

- Un livre de quoi?

- Un livre sur les runes de Bardia.

- Les ruines de Bardia?

- Les runes de Bardia.

- Ah."

Luffy se gratta la tête par-dessus son chapeau de paille.

"C'est quoi?

- Une écriture antique sur la cité légendaire de Bardia.

- Ah."

Le capitaine étira son cou jusqu'à ce que sa tête passe devant celle de Robin, lui bouchant ainsi la vue.

"C'est intéressant?

- C'est primordial.

- Ca veut dire quoi?

- Ca veut dire qu'il faut que je finisse ce livre."

Robin décala la tête de Luffy d'une troisième main et replongea dans son ouvrage. Le garçon au chapeau de paille se laissa alors tomber à ses côtés sur l'herbe verte du pont, mort d'ennui.

Lorsqu'il rouvrit les yeux, il vit une silhouette se déplacer et il se releva d'un bond.

"Oh, Zoro!"

Le sabreur se figea avant de grimacer lorsqu'il vit son capitaine se diriger vers lui à toute allure avec l'un de ses sourires stupides collé au visage. Luffy était insupportable depuis la veille et il faisait le tour de tous les membres de l'équipage sans discontinuer. Tout ça parce que le cuistot avait pris des dispositions pour réduire les portions de nourriture. Maintenant, il le maudissait de n'avoir pas gardé cette information vitale hors de la portée des oreilles de Luffy.

"Tu fais quoi? lui demanda son capitaine avec curiosité.

- Je vais m'entraîner.

- Génial! J'peux venir avec toi?!

- Si tu veux."

Luffy bondit dans tous les sens tandis que Zoro continuait stoïquement sa marche jusqu'à ses haltères à l'arrière du Sunny. Arrivé à destination, il s'empara de l'une d'elles et commença à muscler son bras droit tandis que le capitaine soufflait comme un phoque pour soulever l'autre.

"C'est super lourd!" se plaignit-il, le visage rouge.

Le sabreur haussa les épaules et Luffy se concentra pour maintenir l'haltère en équilibre au-dessus de sa tête. Il se mit cependant à tanguer et, emporté par le poids, il alla s'écraser contre le bastingage que Franky venait tout juste de repeindre, le brisant en mille morceaux.

"Putain, mon haltère!" s'indigna Zoro en la regardant s'enfoncer dans l'eau.

Sans perdre un instant, il plongea dans la mer tandis que le cyborg à quelques pas fixait son capitaine d'un air mauvais.

"Désolé, Franky, rigola celui-ci. C'était vachement lourd! Au fait, tu fais quoi?"


Autour de la table du dîner ce soir-là, un silence tendu s'étirait. Luffy avait redoublé de stratégie pour voler de la nourriture à son équipage et tout le monde le regardait avec mauvaise humeur. Inconscient de ce qu'il se tramait, le capitaine se tourna d'un air larmoyant vers son chef cuisinier.

"J'ai faim…

- Luffy, combien de fois faut-il que je te le répète? soupira le blond. Tu n'auras rien d'autre.

- Mais j'ai f-

- Si tu le redis encore une fois, je te fais bouffer ton chapeau, le menaça sérieusement la navigatrice.

- Et moi, j'te jette par-dessus bord, ajouta le charpentier d'un oeil noir.

- Mais…

- Faut que tu te calmes, Luffy, grogna son second. On va pas mourir de faim.

- Tu pourrais trouver une occupation, réfléchit Chopper. Ca t'aiderait à ne pas y penser.

- J'ai acheté un nouveau jeu de cartes sur l'île de Nerwa. Tu veux le tester ce soir? lui proposa gentiment Ussop.

- Oh, je connais des tas de jeux de cartes! s'enthousiasma Brook. J'ai eu le temps de tous les apprendre lorsque j'ai dérivé pendant cinquante ans sur le triangle de Florian! A force de regarder les cartes, j'en avais les yeux qui se croisaient!

- C'est trop marrant que tu dises ça parce que t'as plus d'yeux! rigola son capitaine en tapant du poing sur la table.

- Yohohoho!"

Les deux amis éclatèrent de rire et les autres se jetèrent des regards désabusés tandis que Robin riait doucement.

"Surtout, ne vous dérangez pas pour nous, vous pouvez y aller tout de suite", leur offrit Nami avec un grand sourire plein d'espoir.

- Ah, non! On n'a pas eu le dessert! protesta le garçon au chapeau de paille.

- Sanji, ne les fais pas attendre, lui ordonna alors la navigatrice.

- Tout ce que tu voudras, Nami-chérie!"

Le cuisinier s'empressa d'apporter un tiramisu et la jeune femme rousse soupira en constatant que le blond prenait quand même le temps de la servir elle et Robin en premier. Heureusement, Luffy engloutit sa part en une seconde et entraîna ensuite Brook et Ussop vers la porte, au plus grand soulagement du reste de l'équipage.


Sanji observa pensivement l'horizon sans fin de la mer depuis la vigie pour échapper aux bourrasques de vent. Après le rangement de sa cuisine, il avait voulu profiter du calme retrouvé parmi l'équipage. Le ciel était sans étoile, les vagues remuaient régulièrement le bateau et une tempête n'était pas à exclure dans les prochaines heures. Cependant, la navigatrice leur avait fait remarquer avec raison que le temps tournait plus vite sur Grand Line que dans n'importe quelle autre partie du monde. Tout était donc envisageable.

Le blond s'alluma une cigarette. Une nouvelle journée se terminait sur le Thousand Sunny mais il n'avait pas encore sommeil, le stress de la journée encore présent en lui.

"T'as plus mal maintenant?"

Le cuisinier se retourna lentement vers l'escrimeur et retira le plus calmement possible le mégot qu'il avait coincé au coin de ses lèvres. Il le considéra ensuite gravement avant de souffler la fumée.

"T'en as d'autres des entrées en matière dans le genre?" lui lança-t-il avec agacement.

Zoro haussa les épaules et se rapprocha.

"Tu voulais que je m'adapte alors je demande. En plus, avec la journée de merde que j'ai passée grâce à toi, t'as de la chance que j'te pose même la question."

Le blond leva les yeux au ciel et le jaugea encore un instant du regard.

"C'est pas encore ça."

En réalité, il était pratiquement remis mais il ne voulait pas laisser croire au sabreur qu'il était à sa disposition aussi facilement.

"Putain mais ça fait trois jours! s'exclama ce dernier, dépité. Et puis, si t'es là, c'est pas pour rien, non?

- Qu'est-ce que tu racontes? s'insurgea le blond. T'insinues que j'ai envie que tu poses tes sales pattes sur moi?! J'ai le droit de venir à la vigie si j'veux, c'est pas ta propriété privée!

- Tout le monde sait que c'est mon endroit! répliqua vivement l'épéiste.

- Mais j'm'en fous, le bateau est à tout le monde!

- Et ta cuisine, j'ai le droit d'y foutre les pieds à tout bout de champ, peut-être?!

- Pourquoi, t'as envie d'y aller?!

- Si c'est pour voir ta sale face de sourcil permanenté, non merci!

- Bah alors, crétin de sabreur!"

Les deux hommes se défièrent du regard une minute, les veines saillantes et le regard débordant de colère. Sanji sentait l'adrénaline courir dans son corps. Il n'y avait que Zoro pour le mettre hors de lui en si peu de temps. De son côté, l'escrimeur n'en pensait pas moins. L'insolence du cuistot avait le don de le faire sortir de ses gonds et ses sabres ne le démangeaient jamais autant que face à sa tête d'imbécile.

"De toute façon, on en serait pas là si tu savais prendre soin des autres, bretteur du dimanche! continua le cuisinier avec hargne. Tu devrais avoir honte de toi d'avoir traité tes partenaires de la sorte sans même leur demander s'ils allaient bien!"

L'épéiste croisa les bras, le visage fermé.

"J'allais pas leur faire la causette, j'étais pas là pour ça.

- Et alors? C'est juste du respect, tête d'algue!"

Zoro soupira et s'appuya contre une fenêtre de la salle d'observation. Il fixa obstinément le large un petit moment avant de reprendre la parole.

"Je ne pensais pas y être allé aussi fort. On a... pris le temps quand même, non?" marmonna-t-il finalement.

Sanji l'observa à la dérobée, tirant toujours sur sa cigarette.

"Pris le temps? T'as même pas eu la patience de nous déshabiller sans déchirer nos vêtements j'te rappelle. Ma chemise est foutue!

- Ouais mais j'veux dire… J'y suis pas allé directement, quoi."

- C'est sûr, t'as dû tenir une bonne minute avant d'aller droit au but… A croire que tu peux pas te retenir bien longtemps."

Le cuisinier lui adressa un sourire moqueur tandis que le sabreur se redressait, le regard noir.

"Maintenant que j'y pense, ça veut dire que t'avais fait un effort, là?" reprit brusquement le blond.

Coupé dans son élan, Zoro souffla, visiblement mal à l'aise.

"Un peu…

- Bon sang, je plains sérieusement ceux qui n'ont pas eu droit à ta grandeur d'âme! ricana le cuisinier.

- Tu m'emmerdes à la fin! s'emporta le bretteur. Si c'était si insupportable, t'aurais pu m'arrêter, non? A moins que ce soit ça ton délire, peut-être? T'aimes avoir mal?"

Sanji perdit son sourire devant le regard narquois de l'épéiste et plongea ses yeux dans les siens, furieux.

"Si j'avais voulu, j't'aurais encastré dans le mur, crétin!"

- Donc c'était pas si terrible! triompha l'escrimeur.

- Pour un type qui dit avoir de l'expérience, j'm'attendais à mieux, c'est tout."

Le cuisinier termina sa cigarette et l'écrasa dans son cendrier tandis que le sabreur le dévisageait, décomposé.

"Panique pas, tête d'algue. J'ai pas dit que t'étais un mauvais coup, tempéra le blond en retrouvant le sourire.

- La ferme, espèce de cuisinier dépravé!"

Sanji pouffa de rire devant les joues rouges et le regard embarrassé de l'escrimeur.

"Je dis juste qu'il peut y avoir de l'amélioration. Et pour ça, on devra s'entraîner…"

Sa proposition suggestive fit bouger l'homme à ses côtés.

"Et il démarrera quand l'entraînement, hein? bougonna-t-il.

- Ce soir.

- Ce so-?"

Sanji s'empara brutalement de ses lèvres et passé le coup de la surprise, le sabreur y répondit avec force, le serrant violemment contre lui. Tandis qu'il l'embrassait avidement, il grogna contre sa bouche.

"J'croyais que tu pouvais pas?

- On n'est pas obligé d'aller jusque-là, non?" répondit le cuisinier sur le même ton.

La réponse sembla convenir car le sabreur n'ajouta rien et continua la bataille qu'il avait engagée pour la possession de sa bouche avant de le pousser sur un bout de banc qui entourait la vigie sur toute sa longueur.

"T'as vérifié qu'il n'y a personne? s'enquit soudain le blond, haletant.

- Ils sont partis se coucher. Luffy est de garde.

- Il va pas monter? s'inquiéta-t-il tandis que Zoro descendait vers son cou.

- Crois pas. Son nouveau jeu l'occupe bien."

Cette perspective n'était pas vraiment rassurante mais le cuisinier avait du mal à garder le fil de ses pensées cohérent lorsqu'il sentait le corps du sabreur se presser contre le sien de cette manière. Passant ses mains sous son tee-shirt, il s'agrippa un peu plus à lui, l'enjoignant d'approfondir leur contact.

Ils n'avaient plus qu'à prier pour que Luffy ne passe pas par ici cette nuit et qu'aucune tempête n'éclate dans les prochaines heures...


Le prochain chapitre sera chaud bouillant alors avis aux amateurs… Vous êtes prévenus :-)