Merci pour les mises en alerte/favori et à Typone Lady et Guest (dont je remercie l'enthousiasme!) pour leurs reviews.

Bonne lecture.


Chapitre 8

Cache-cache

Le lendemain après-midi, Franky apporta la délivrance à son équipage.

"Ile en vue!"

Aussitôt, une marée humaine investit le pont et tous les yeux se braquèrent sur le bout de terre avec excitation.

"Enfin de la bouffe et de l'aventure! hurla Luffy, au comble du bonheur.

- C'est l'île des amandiers, expliqua Nami tandis qu'ils découvraient une île montagneuse aux parois verdoyantes.

- Ils exportent des amandes dans toute la région de Grand Line, confirma Robin.

- Les amandes sont excellentes pour la santé, apprécia Sanji en s'allumant une cigarette.

- On pourra avoir de nouvelles recettes? s'enquit son capitaine, le regard brillant.

- Truite aux amandes, gâteau aux amandes, poulet aux amandes, énuméra le cuisinier, ravissant de plus en plus le garçon au chapeau de paille.

- On passera au marché et cette fois, on va vraiment faire le plein," approuva la navigatrice.

Le Sunny s'amarra dans la baie calme de l'île et Nami guetta les hurlements de terreur liés au pavillon noir du bateau mais pas un garde ne vint réclamer ne serait-ce que la taxe d'amarrage. Elle en apprécia d'autant plus l'île.

Après avoir distribué ordres, recommandations et coups, la rousse laissa chacun s'atteler à sa tâche. Sanji et Chopper étaient assignés aux courses, Franky et Brook aux réserves de cola, Robin et Nami au shopping, Zoro à la surveillance du Sunny et Ussop à celle de Luffy qui s'était éjecté du bateau dès qu'ils avaient eu le dos tourné.

Une seconde plus tard, les membres de l'équipage du chapeau de paille posèrent le pied sur la terre ferme avec enthousiasme et s'élancèrent gaiement dans les rues.


"Regarde, Ussop! Un spectacle!"

Le tireur d'élite se cramponna au mur, la langue pendante. Après avoir rapidement retrouvé Luffy qui contemplait béatement un poulet tourner sur sa broche, il lui en avait acheté un pour lui faire plaisir. Depuis et à son plus grand désespoir, le capitaine courrait partout à la découverte de la ville.

"Luffy, par pitié! le supplia-t-il. Arrête de courir partout… J'en peux plus...

- Mais regarde!"

Le capitaine lui colla son long nez contre l'affiche plaquée au mur et le canonnier fit un effort pour ajuster sa vue.

"Une grande fête en l'honneur de l'éclipse, lut-il. Quelle éclipse?

- Celle de demain midi, jeunes gens! lui répondit un habitant rondouillard à leur côté, un large sourire aux lèvres. Vous n'êtes pas au courant?"

Comme les deux secouaient négativement la tête, il continua.

"Une éclipse totale de soleil aura lieu demain à midi. C'est un évènement très rare et beaucoup d'animations auront lieu le soir pour célébrer l'évènement. Des forains seront présents, des musiciens viennent de toute la région et il y aura un concours du plus gros mangeur d'amandes!

- Un concours de bouffe? C'est génial! s'exclama Luffy.

- Vous pouvez vous inscrire mais j'vous préviens, il y a de sacrés mangeurs par chez nous!

- Ne vous inquiétez pas pour lui, le rassura Ussop en soupirant.

- Alors profitez-en! termina l'habitant en reprenant son chemin.

- Merci! Au revoir!" lui répondirent-ils en choeur.


Le cuisinier examinait avec attention les différentes variétés d'amandes qui s'étalaient devant lui. Il n'en avait jamais vu autant et il était absolument ravi de ses découvertes, des dizaines de recettes inédites germant dans son esprit à leur seule vue. Non loin de lui, Chopper sélectionnait des herbes séchées par le soleil de l'île dont les senteurs envahissaient tout le marché.

Soudain, Sanji sursauta. Le sabreur s'était approché tellement près de lui qu'il avait failli lui rentrer dedans en se retournant.

"Bon sang, qu'est-ce que tu fous là, tête de gazon?! aboya-t-il. T'étais pas censé surveiller le bateau?

- J'ai pris une pause.

- Hein?

- Viens cinq minutes…

- Mais t'es complètement mal-

- Ferme-la, Chopper va t'entendre."

Le cuisinier lui jeta un regard courroucé et se décala un peu tout en baissant effectivement la voix malgré la foule bruyante.

"T'es complètement malade! répéta-t-il. Laisser le Sunny sans surveillance! Je sais que j't'ai fait monter au septième ciel hier soir mais quand m-

- Brook et Franky sont revenus, l'interrompit l'épéiste. J'me suis dit qu'on avait peut-être le temps…

- J'ai pas fini les courses, moi, bougonna le blond. Et comment t'as réussi à venir jusqu'ici d'ailleurs?"

Zoro sentit ses joues se colorer.

"J'ai cherché… un peu.

- Combien de temps? voulut savoir Sanji en levant un sourcil moqueur.

- Pas si longtemps, éluda le sabreur.

- Bien sûr…

- Bon alors, tu viens ou pas?

- Mais où tu veux qu'on fasse… ça? s'enquit le blond, mi-intrigué mi-agacé.

- J'sais pas... La rue là-bas, elle est p-

- Oublie, j'suis pas aussi désespéré, déclara posément le cuisinier. Faut que je finisse les courses de toute façon."

Le sabreur se renfrogna et le blond ne put s'empêcher de sourire.

"Fais pas la tête. On aura d'autres occasions.

- Oh, Zoro, qu'est-ce que tu fais là? s'enquit alors Chopper en s'approchant.

- Il s'est perdu, fit le cuisinier en haussant les épaules.

- Pas du tout. Franky m'a demandé de dire au cuistot qu'il lui fallait d'autres réserves de cola. Faut qu'on aille l'aider.

- Ah bon? fit le petit renne. Mais, et les courses?

- Ouais, et les courses, tête d'algue? ricana le cuisinier qui avait compris la manoeuvre de Zoro.

- On se grouille et on y va après, expliqua-t-il d'un air assuré.

- Moi je veux rencontrer les spécialistes des feuilles des amandiers, fit Chopper. Je vous retrouve là-bas, d'accord?

- Pas de problème."

Zoro regarda s'éloigner le renne, un sourire triomphant aux lèvres.

"T'as eu de la chance, crétin, le rabroua le cuisinier une fois certain que Chopper ne pouvait plus les entendre.

- On se dépêche avec tes amandes?" répliqua le sabreur, visiblement pressé.

Sanji soupira et se reconcentra sur l'étal devant lui.


Nami jeta une vingtième jupe sur le tas devant elle.

"Celle-là aussi, mademoiselle? s'enquit le vendeur, un immense sourire aux lèvres.

- Non, juste la première. Les autres sont trop chères.

- B-bien, bégaya l'homme. Et vous, mademoiselle? fit-il en se tournant vers Robin.

- Je vais prendre ce chemisier, répondit-elle en lui tendant le vêtement.

- Ce sera tout?

- Non. On va regarder les chaussures maintenant! s'exclama la navigatrice avec ravissement.

- Avec plaisir. Par ici, je vous prie."

Le vendeur soupira intérieurement. Ces deux pestes lui faisaient vider ses étagères pour ne prendre que de minuscules articles. Il était temps qu'il demande une augmentation à son patron…


Le sabreur poussa le cuisinier d'un coup d'épaule vers une ruelle à l'écart de l'agitation du marché, le faisant trébucher.

"Mais t'es pas bien! s'énerva le blond en rétablissant son équilibre et ses sacs d'amandes de justesse.

- Arrête de jouer les rabat-joie, grogna Zoro en l'attirant contre lui après avoir balancé ses propres sacs dont le trésor s'échappa sur le sol.

- Mes amandes!" s'indigna le blond.

L'escrimeur soupira.

"Tu veux pas oublier ta bouffe cinq minutes? maugréa-t-il. On dirait Luffy...

- Lui au moins ferait plus attention que toi avec cette nourriture! répliqua sèchement le cuisinier. Tout est foutu maintenant, abruti!

- J'ai pas envie de me disputer, murmura ce dernier en plongeant dans son cou.

- Pas question, tête d'algue! le repoussa Sanji. Tu mérites pas!"

L'épéiste écarquilla les yeux, interloqué.

"Comment ça?

- Tu mérites pas que je te laisse le privilège de toucher à mon merveilleux corps. T'es trop irrespectueux!

- T'es timbré, grogna-t-il.

- N'empêche que t'as intérêt à te tenir à carreau jusqu'à demain si tu veux profiter de moi!

- Demain? répéta Zoro, contrarié. Mais pourquoi attendre jusqu'à demain?

- Parce que t'as ruiné mes achats et que je dois y retourner et puis parce que j'ai décidé que ce serait comme ça alors t'as pas le choix!" trancha le blond.

Sanji ramassa les derniers sacs épargnés et retourna vers la foule du marché tandis que le sabreur sentait sa mâchoire se crisper violemment tandis qu'il le regardait s'éloigner.


Le blond ramassa les dernières assiettes et retourna les déposer en cuisine après le repas du soir sur le Sunny. En ressortant, il sentit le regard du bretteur traîner sur lui d'un air absent. En effet, Zoro ne participait pas à la conversation animée de la tablée installée sur le pont. Il se foutait royalement de cette éclipse et des tarés qui lui vouaient un culte mais tous les autres trouvaient ça passionnant et avaient déjà prévu d'assister aux festivités du lendemain.

Avec un air digne des plus grands acteurs, Sanji profita de la joyeuse pagaille générale pour frôler volontairement la main de Zoro lorsqu'il attrapa sa bouteille. Ce dernier sursauta et lui jeta un regard interrogatif mais le cuisinier l'ignora superbement, replongeant le sabreur dans la morosité. Peu après, il recommença son manège en effleurant sa jambe sous la table tandis qu'il fumait sa cigarette tout en faisant semblant de s'intéresser à la conversation. Encore une fois, Zoro bougea, visiblement perdu par les signaux contradictoires qu'il croyait capter et Sanji ne regretta pas son idée diabolique. Cet idiot devait payer sa rudesse du matin et rien de tel que de le rendre fou le plus longtemps possible.

Lorsque chacun partit se coucher quelques instants plus tard, le blond termina de nettoyer sa cuisine et s'apprêtait à rejoindre sa couchette lorsqu'il vit le sabreur sur le pont pour son tour de garde. Sanji se prit alors à sourire. Vérifiant que plus personne ne traînait dans les parages, il retira sa veste et sa chemise avant de passer nonchalamment devant l'épéiste qui ouvrit des yeux ronds à son approche.

"Putain, cuistot! Qu'est-ce que tu fous à moitié à poil?

- Hein? Oh, rien. Un petit accident tout à l'heure, répondit-il avec détachement.

- Qu'est-ce qui s'est passé?

- Il restait de l'huile bouillante dans une casserole et j'me suis retourné trop vite. Tiens, pendant que tu es là, tu veux pas vérifier que ça ne m'ait pas brûlé? s'enquit-il alors en lui tournant le dos pour qu'il l'examine. J'voudrais pas déranger Chopper mais ça a quand même ruiné ma chemise", continua-t-il en prenant un air affecté.

Zoro jeta un coup d'oeil aux épaules blanches et au dos musclé du cuisinier. Il hésita une seconde avant de céder à la tentation et posa une main sur sa taille.

"Touche avec tes yeux, d'accord? l'arrêta le blond. Je suis peut-être blessé.

- T'as rien, bougonna le sabreur après quelques instants d'examen sans main baladeuse.

- Me voilà soulagé."

Sur ces mots, le cuisinier poursuivit sa route vers son lit avec un grand sourire, ignorant délibérément les tourments de l'autre homme.


Le lendemain, Zoro pénétra silencieusement dans le quartier des garçons où Sanji finissait de nouer sa cravate. Il était bientôt midi et tout le monde se préparait à rejoindre la place du centre-ville pour admirer l'éclipse totale de soleil.

"Le délai est écoulé", fit remarquer sournoisement le sabreur dans son dos.

Le cuisinier ne prit même pas la peine de se retourner et se contempla dans le miroir.

"Non, répondit-il tranquillement.

- T'avais dit demain et c'était hier! lui rappela vivement le bretteur.

- On a jusqu'à 23h59 à ce que je sache alors arrête de pleurnicher."

Zoro sentit la colère l'envahir. Il était prêt à parier que le blond se délectait de la situation depuis la veille et qu'il en profitait allègrement. Sanji prenait un peu trop de plaisir à le contrarier dès qu'il en avait la possibilité, et leur nouvelle relation n'y changeait rien. Au contraire, il semblait y avoir découvert un moyen supplémentaire de jouer avec les nerfs de son rival et amant. Le bretteur avait l'impression que le cuisinier continuait à vouloir se faire désirer à tout prix et il hésitait entre l'agacement et l'appel attrayant de la provocation.

"Très bien. De toute façon, ça m'est égal. J'ai plus envie, déclara-t-il alors en croisant les bras.

- Mais bien sûr."

Sanji se retourna enfin, un sourire assuré aux lèvres, et passa sans gêne sa main contre le pantalon de l'escrimeur qui le contempla avec surprise. Le blond n'eut alors que quelques secondes à attendre avant de sentir sa virilité se réveiller.

"Je ne suis pas inquiet, s'esclaffa-t-il alors tandis que Zoro s'empourprait.

- Cuistot pervers!

- Sanji! Zoro! les appela Nami depuis l'extérieur. On y va!

- J'arrive Nami-chérie!" s'écria le cuisinier en s'envolant vers la porte.

L'épéiste prit quelques secondes pour se calmer avant de lui emboîter le pas. Il ne savait pas quoi penser de son attitude. Il n'arrivait pas à savoir s'il s'agissait du prolongement de leur rivalité ou si Sanji en profitait encore pour se défiler face à son désir.

Finalement, il haussa les épaules. Le blond finissait toujours par craquer et Zoro obtenait donc ce qu'il voulait alors le cuistot pouvait bien tenter de se défiler, le sabreur n'en sortait pas moins vainqueur.


La lune assombrissait l'astre solaire, rendant l'atmosphère magique et irréelle. Sur la place autour d'eux, les cris de joie et d'admiration commençaient à fuser et les membres de l'équipage du chapeau de paille n'étaient pas en reste, émerveillés. La place du centre-ville était immense et il leur semblait que toute la ville s'y était donnée rendez-vous. Pour l'occasion, ils avaient revêtu des lunettes spéciales recommandées par Ussop pour les protéger des rayons du soleil et fixaient le ciel avec fascination. Tous sauf le bretteur qui regardait d'un air ennuyé la mer au-delà de l'horizon.

"Me dis pas que tu fais la tête?" lui chuchota furtivement le cuisinier qui s'était rapproché.

Ce dernier haussa les épaules.

"C'est nul.

- C'est pas vrai, quel manque de goût!"

Le sabreur leva les yeux au ciel et allait replonger dans sa morne contemplation lorsqu'il sentit la main de Sanji tirer la sienne discrètement en arrière. Il vit ensuite le cuisinier lui faire signe de reculer silencieusement et il le suivit, alléché par son sourire aguicheur. Arrivés au croisement de la rue, ils s'éloignèrent encore un peu de la foule de quelques pas, protégés par l'étroitesse d'une petite rue et par l'obscurité grandissante.

"Tu devrais apprendre à profiter des spectacles de la nature, lui souffla alors Sanji avant de l'embrasser sans ménagement.

- J'y travaille", grogna l'autre en rapprochant leurs deux corps d'un geste brusque.

Cachés par l'obscurité totale à présent, Sanji passa ses mains sous le vêtement du sabreur dans son dos afin de le maintenir le plus en contact possible avec sa propre peau tandis que celles de Zoro cherchaient à couvrir le plus d'espace possible le long de son corps. Leurs langues s'emmêlaient et leurs souffles se raréfiaient mais la sensation était trop délicieuse pour être stoppée. Ils n'avaient que quelques minutes et il s'agissait d'en profiter.

Le temps filant trop vite, la luminosité revint et le blond se résolut à repousser doucement son compagnon. Il adorait ces petits moments volés qu'il arrachait à l'escrimeur quand il ne s'y attendait pas. Il se plaisait ainsi à lui démontrer qu'il pouvait tout aussi bien lui offrir le paradis comme l'enfer selon ses envies.

"C'était un petit avant-goût de ce soir", promit-il alors, essoufflé et le regard emplit de défi.

Le sabreur hocha la tête et se décolla à regret de son corps, conscient que leur secret n'était plus qu'une question de secondes maintenant.

Ils regagnèrent leurs places auprès de leurs amis juste à temps pour les voir retirer leurs lunettes et échanger avec excitation leurs ressentis. Zoro ancra son regard dans celui du cuisinier par-delà les rires et les acclamations de l'équipage.

Ce soir. Il avait promis.


La fête nocturne donnée en l'honneur de l'éclipse était royale. Sur la place qu'occupait la foule le matin-même, des tréteaux et des stands multicolores avaient pris place au milieu de grandes tablées. La musique et les rires résonnaient autour d'eux tandis qu'une odeur alléchante d'arachides grillées attira immédiatement le capitaine de l'équipage vers le concours du plus gros mangeur d'amandes.

"Ussop, tu t'inscris? demanda-t-il à son ami.

- Pourquoi pas, fit le canonnier. C'est une aventure qui ne me parait pas trop risquée pour une fois!

- Tu peux toujours mourir d'une indigestion, lui fit remarquer l'archéologue à ses côtés.

- Merci, Robin, ronchonna-t-il. Je vais juste me contenter d'une brochette dans ce cas…

- Zoro, tu veux participer? s'enquit Luffy.

- Les amandes, c'est pas mon truc à ce point, grimaça le sabreur.

- Chopper? Sanji?

- Non merci, je préfère les barbes à papa! répondit le petit renne tandis que les filles, Franky et Brook déclinaient également.

- On va plutôt t'encourager, Luffy. T'inquiète pas pour nous, ajouta le cuisinier.

- D'accord!"

Le jeune homme se présenta auprès de l'organisateur et revint quelques instants plus tard avec un badge et son numéro d'inscription, un sourire jusqu'aux oreilles.

"Il y a un spectacle son et lumière retraçant l'histoire de la ville un peu plus tard, lut Nami qui avait pris le programme. Ca t'intéresse, Robin?

- Ca doit être passionnant, approuva la jeune femme brune.

- Regarde, Brook, ils ont prévu des concerts! lui montra Franky.

- Où ça?!"

Le petit groupe se balada ensuite au milieu des différents stands et se laissa porter par l'ambiance festive de la ville. Ils passèrent alors devant un stand de tirs à la carabine et Nami tomba en admiration devant une magnifique boussole. Les yeux plein d'étoiles, elle se tourna vers ses camarades.

"Celui qui me décroche cette boussole, je lui offre une semaine de tour de garde!"

Tout le monde se précipita vers le stand et le forain les accueillit chaleureusement malgré la présence effrayante d'un squelette parmi eux.

"La demoiselle a raison, c'est une pièce unique qui sert à s'orienter en dehors de Grand Line!

- On sait ce que c'est, intervint la rousse, les yeux étincelants. Elle brille de mille feux!

- Elle est en or massif, ma petite dame! s'exclama l'homme. Il vous suffit que l'un d'entre vous atteigne cinq fois la cible et place trois anneaux autour de cette bouteille et elle est à vous!

- C'est pas si évident, la cible est de travers, remarqua immédiatement Ussop.

- Allons, allons! D'aussi solides gaillards tels que vous ne me feront pas croire que ce genre de défi n'est pas à leur portée!"

Ussop plongea la main dans son sac, parfaitement sûr de lui.

"Ca tombe bien, se rengorgea-t-il. Je suis justement le fier capitaine Ussop et j'ai terrassé avec mon seul lance-pierres les plus grands monstres de Grand Line! Je vous préviens, votre petit jeu ne va durer que quelques secondes!

- Wow! Qu'est-ce que tu es fort, Ussop! s'émerveilla le petit renne à ses côtés.

- Nami-chérie! Si je gagne, ce n'est pas la peine de prendre mes tours de garde, je te les offre!" s'écria le cuisinier en tournoyant autour d'elle.

Finalement, Chopper, Ussop, Luffy, Sanji, Brook et Franky s'alignèrent. Robin avait poliment décliné et Zoro ne comptait pas se fouler pour des tours de garde qu'il appréciait par ailleurs. En plus, c'était à eux de payer pour participer, la navigatrice n'avançant pas les frais. Évidemment.

Luffy et Chopper n'atteignirent même pas la cible avec leur sept cartouches et ils furent les premiers éliminés. La marge d'erreur était serrée mais Ussop en était déjà à la quatrième et Franky à la troisième.

Quelques instants plus tard, le tireur d'élite toucha la cible pour la cinquième fois sans avoir eu besoin des deux cartouches supplémentaires et il fit tournoyer fièrement son arme avant que le forain ne lui apporte quatre anneaux. Franky en manqua une mais réussit finalement à se qualifier lui aussi pour les anneaux. De leur côté, Brook et Sanji étaient à la traîne et le cuisinier finit par manquer la cible une troisième fois, l'éliminant du jeu. A l'inverse, Brook se qualifia de justesse.

"Allez les gars! Il me la faut!" leur hurla Nami derrière eux, déconcentrant Ussop qui grimaça.

Déterminé, Franky parvint à accrocher la première bouteille tandis qu'Ussop la manquait.

"C'est moins évident que le tir", bougonna ce dernier en réévaluant son geste.

La bouteille était entourée d'autres gadgets, ce qui rendait difficile l'évaluation de la perspective et donc de la direction à donner à son geste. Il réussit ses deux lancers d'après et Franky manqua le suivant tandis que Brook réussissait son premier essai. Ussop se concentra au maximum. Encore un anneau et à lui les longues nuits tranquilles sur le Sunny! Il visa, lança et… accrocha la cible.

"J'ai gagné! hurla-t-il, fou de joie.

- Je regrette, l'interrompit le forain. Il faut absolument que l'anneau soit entièrement passé autour de la bouteille. C'est donc perdu!"

Le canonnier le dévisagea, bouche ouverte, avant de s'en retourner en maugréant vers ses amis.

"Quelle arnaque ce truc!

- T'aurais pu faire un effort quand même! se plaignit la navigatrice. T'y étais presque!"

Brook avait réussi son deuxième lancer et Franky manqua le troisième puis le quatrième, l'éliminant du jeu.

Seul en lice, le squelette sentit le poids du regard de ses camarades dans son dos.

"Allez, Brook! hurla Luffy. C'est l'honneur de l'équipage des chapeaux de paille qui est en jeu!

- Arrête de lui mettre la pression, c'est super dur ce truc, marmonna Franky.

- T'es le meilleur, Brook!" s'écria à son tour le petit renne.

Le doyen de l'équipage se concentra au maximum avant de lancer l'anneau qui rata sa cible. Grimaçant, il prit le dernier anneau tandis que ses amis retenaient leurs souffles. Il détendit les os de sa main et l'envoya souplement vers sa cible qu'elle atteignit. Une explosion de joie retentit et Nami se précipita dans ses bras.

"T'as toujours été mon préféré! lui lança-t-elle avec adoration.

- Yohohoho! Pourrais-tu alors avoir l'extrême amabilité de me montrer ta culotte?

- Même pas en rêve", répliqua-t-elle en s'éloignant vers son trophée.

Le forain décrocha la boussole et la tendit à la navigatrice qui l'examina, les yeux brillants.

"Je suis sûre que ça vaut une petite fortune! Je vais la revendre dès qu'on passera par une banque d'échange!"

L'homme la dévisagea et sentit qu'il s'était fait avoir. En grognant, il demanda alors aux amis de laisser la place aux joueurs suivants.

Après quelques minutes, Nami et Robin abandonnèrent les garçons pour assister au spectacle son et lumière. Luffy décida alors de s'installer à l'une des nombreuses tables au milieu de la place pour se restaurer un peu.

"Mais tu vas participer à un concours de nourriture dans une demi-heure! s'exclama Ussop. Tu vas pas manger maintenant!

- Je vais juste grignoter", le rassura son ami.

En guise de grignotage, le capitaine avala deux poulets et quatre sandwichs avant que Sanji ne l'interrompe au vu de l'heure.

Les garçons s'installèrent sur les bancs face à la scène tandis que Luffy prenait place à une table en compagnie des autres mangeurs. Tous étaient énormes et le garçon au chapeau de paille faisait vraiment pâle figure à leur côté. Zoro entendit d'ailleurs plusieurs personnes se demander ouvertement comment ce gringalet espérait gagner quoi que ce soit et il esquissa un sourire confiant. Il adorait quand les gens les sous-estimaient.

L'équipage du chapeau de paille n'était en effet pas le moins du monde inquiet, sûr de la victoire du capitaine. Ainsi, lorsque celui-ci leva victorieusement les bras en l'air une trentaine de minutes plus tard, ils se contentèrent de le saluer sobrement.

Le capitaine redescendit ensuite de l'estrade en emportant sa coupe du meilleur mangeur d'amandes de l'année sous les acclamations de la foule déchaînée.

"T'as mangé combien de kilos d'amandes? s'enquit Franky peu après.

- J'sais pas. J'ai mangé toutes les assiettes qu'il y avait en tout cas. Elles étaient grillées, c'était trop bon!

- L'amande contient une faible dose de cyanure, s'inquiéta soudain Chopper.

- Il faudrait qu'il en ait mangé une vingtaine de kilos pour que ce soit toxique, lui fit remarquer le cuisinier en allumant une cigarette. Il en a beaucoup mangé mais pas à ce point.

- Oui, tu as raison."


Le reste de la soirée se déroula paisiblement. Ils refirent un tour parmi les forains de la place avant de s'asseoir à une grande tablée face aux musiciens qui saturaient l'air de leurs guitares électriques, à la plus grande joie de Brook. Les filles les retrouvèrent peu après et chacun s'attabla devant une assiette, le capitaine n'étant pas en reste malgré son concours.

"Luffy, pourquoi t'appelles tout le monde "papi"? s'enquit Ussop après l'avoir entendu demandé un steak à "papi bouffe".

- Bah, parce qu'ils sont vieux! lui expliqua son ami.

- Les gens ne sont pas tous vieux. Ils sont plus âgés que toi mais ça ne veut pas dire qu'ils vont bientôt crever!

- Il a raison, intervint Nami. Ca peut être vexant de se faire traiter de vieux alors qu'on a tout juste trente ans.

- Papi bouffe, il est vieux", insista Luffy en avalant son steak en deux bouchées.

Zoro se désintéressa de cette conversation et plongea son regard dans celui du blond face à lui. Il trouvait le temps horriblement long depuis près d'une heure. La nuit était largement avancée et personne ne donnait de signe de fatigue, à son plus grand désespoir. Sanji intercepta son regard avant de réprimer un rire. Il savait ce qu'il pensait et n'était pas loin de partager son avis mais en même temps, la soirée était agréable et ils avaient peu l'occasion de se mêler si tranquillement à un évènement festif.

Le cuisinier se leva quelques minutes plus tard et proposa de ramener des desserts. Chacun passa commande et il se dirigea vers un vendeur ambulant. Alors qu'il s'apprêtait à faire demi-tour, les bras chargés de sucreries, il tomba sur la silhouette du sabreur un peu plus loin. Il regardait Ussop et Franky insérer des pièces dans des machines à sou en priant les dieux de Grand Line de décrocher le maximum de berrys.

"Alors, tête de cactus, tu tiens le coup? fit-il en s'approchant, un sourire aux lèvres.

- T'as pas idée de ce que je vais te faire quand on sera rentré", répliqua simplement l'escrimeur en le fixant droit dans les yeux.

Le blond sentit un frisson remonter le long de sa colonne vertébrale et il s'efforça de se détacher des yeux magnétiques face à lui.

"T'inquiète pas. Ca devrait plus tarder maintenant."

Si seulement il avait su.


De retour à leur table, Sanji distribua les desserts et chacun dégusta sa gourmandise. Afin de célébrer le moment, Brook improvisa alors une chanson que l'équipage reprit en coeur avant que Luffy n'entraîne ses compagnons dans une danse survoltée.

Après que l'ambiance soit redevenue plus calme, les conversations reprirent au milieu des rires et de la foule toujours nombreuse autour d'eux. Sous la table, le cuisinier déposa soudain sa main sur la cuisse du sabreur qui était venu s'installer à ses côtés à son retour. L'homme se tendit instantanément au contact du blond mais s'obligea à ne pas déporter son regard vers lui de peur d'attirer l'attention sur eux. Parfaitement conscient de son dilemme, Sanji en profita pour laisser sa main remonter innocemment et il commençait à vraiment s'amuser lorsque l'escrimeur stoppa sa course avec sa propre main à quelques centimètres de l'endroit fatidique. Le blond accepta sa décision, récupéra sa main et se reconcentra sur la conversation.

Pas pour longtemps.

Zoro se pencha par-dessus la table pour attraper une bouteille et au passage, laissa volontairement traîner sa main sur l'entrejambe de Sanji qui s'étrangla avec sa gaufre au chocolat. Non loin de lui, Franky lui jeta un coup d'oeil intrigué mais le cuisinier fit comme si de rien n'était et le cyborg ne s'attarda pas. De son côté, Zoro esquissa un sourire satisfait et croisa une seconde plus tard les yeux de son amant qui lui indiquèrent que sa propre patience était en train de s'effilocher.


Enfin, les filles donnèrent le signal du départ. Sanji n'y croyait presque plus et son amour pour elles s'en trouva redoublé. Malgré la bonne humeur, les gestes étaient devenus plus lents et ils mirent une bonne vingtaine de minutes à retourner au bateau. Le cuisinier avait aussitôt retrouvé toute sa vigueur mais il s'empêcha de le montrer en enchaînant les cigarettes sur le chemin. Il jeta un coup d'oeil au sabreur qui marchait aux côtés de son capitaine, l'air détendu.

Arrivés au Sunny, Robin alla chercher un livre dans la bibliothèque tandis que Nami la suivait pour continuer leur discussion. Luffy remarqua alors un énorme papillon de nuit et s'élança à sa poursuite dans une course effrénée, Chopper sur ses talons.

Sanji contempla ses camarades, au bord de l'implosion. Pourquoi n'allaient-ils pas se coucher, bon sang?! Zoro semblait dans le même état que lui mais voulut donner l'exemple en se posant au pied du mât. Le cuisinier grimaça. Le sabreur était capable de réellement s'endormir et il était hors de question qu'il aille se coucher dans son état.

Pour s'occuper, il prit la coupe de Luffy et lui trouva une place dans la cuisine. Enfin, Franky proposa quelques instants plus tard de prendre le premier tour de garde dans la vigie et Brook et Ussop se dirigèrent vers leurs couchettes. Chopper les rejoignit peu après tandis que Nami et Robin se dirigeaient vers leur chambre tout en continuant à parler.

N'y tenant plus, Sanji envoya un petit coup de pied au sabreur qui bondit sur ses jambes, visiblement loin de s'endormir. Il attrapa le cuisinier par la taille et le relâcha tout aussi subitement lorsque Luffy déboula sur le pont, son papillon au creux des mains.

"Vous venez pas vous coucher? demanda-t-il en arrivant à leur hauteur.

- Si, bien sûr. J'suis crevé, répondit le cuisinier avec un sourire forcé.

- Moi aussi! approuva le capitaine. J'vais mettre le papillon dans un bocal et j'vais dormir comme un loir!"

Luffy n'avait pas encore tourné au coin du bateau que Zoro tira le blond en arrière, direction l'aquarium du navire.


"Putain, j'ai cru qu'ils iraient jamais se coucher! gémit le blond tandis que le sabreur le plaquait violemment contre la porte menant à l'aquarium.

- C'est toi qui voulais attendre, souffla le sabreur dans son cou. Avec tes conneries et les leurs, on a failli y passer la nuit...

- Laisse-moi ouvrir cette porte, on va se faire repérer, grogna Sanji en tâtonnant derrière lui.

- J'attendrai pas une minute de plus, débrouille-toi.

- Au lieu de parler, embrasse-moi alors", exigea le cuisinier.

Zoro grogna. Il n'aimait pas qu'on lui donne d'ordre alors il mordit le cou de son compagnon juste assez fort pour que celui-ci se débatte un peu. Sanji sentit ensuite la poignée tourner enfin dans sa main et ils pénétrèrent en titubant dans la pièce, ne voulant pas se lâcher une seconde. Le sabreur referma la porte d'un coup de pied et se détacha un instant de sa proie pour déposer ses sabres au sol.

Le blond en profita pour se laisser tomber sur les fauteuils rouges disposés tout autour de la pièce tout en tentant de reprendre son souffle mais Zoro l'y rejoignit en un éclair, l'écrasant sous son poids et l'embrassant de plus belle.

Le cuisinier répondit avec la même avidité à ses caresses. Il s'était bien amusé jusqu'à ce soir à faire languir le sabreur mais le jeu s'était retourné contre lui et il s'était retrouvé dans le même état au fur et à mesure de l'avancée des heures.

Il sentit soudain la main de Zoro plonger dans son pantalon et ses hanches accompagnèrent son mouvement sans même l'avoir commandé. Ses doigts remontèrent sous le tee-shirt du sabreur et s'enfoncèrent dans son dos tandis qu'il se cambrait. L'escrimeur en profita pour se débarrasser de sa chemise et Sanji fit passer son tee-shirt au-dessus de sa tête, rejoignant enfin leurs peaux. Leurs caresses redoublèrent d'intensité et d'impatience, la main du sabreur passant fébrilement sous le dernier vêtement et celles du cuisinier s'agrippant un peu plus à lui, déjà noyé sous les sensations.

"C'est ton tour, tête d'algue", murmura soudain le blond en glissant ses doigts sous son caleçon.

Le bretteur se tendit et agrippa fermement sa main.

"Pas aujourd'hui, grogna-t-il en accentuant ses caresses sur le membre de son partenaire.

- Pourquoi? soupira le blond en profitant de ses délicieux mouvements.

- J'ai pas envie mais j'peux faire autre chose pour compenser.

- Ah bon? Qu'est-ce qu-"

La fin de la phrase mourut sur ses lèvres quand il sentit la langue du bretteur remonter le long de son sexe. Il en eut le souffle coupé et sentit à peine son amant se débarrasser de son boxer qu'il avait descendu.

"Ca te va comme ça? lui demanda Zoro avec un sourire en coin.

- Ca ira pour cette fois mais… on en reparlera", lui promit le cuisinier en fermant les yeux.

Le sabreur eut un petit rire et fit jouer sa langue autour du membre du blond tandis que la respiration de ce dernier s'accélérait et que ses soupirs prenaient de l'ampleur.

L'épéiste était bien décidé à lui faire oublier jusqu'à son nom cette nuit.


Merci d'avoir lu, j'espère que vous vous êtes amusé(e)s autant que moi!

Dans le prochain chapitre, Luffy et Nami entrent enfin en scène. Non, je n'avais pas oublié mais j'avais d'abord besoin de poser solidement les bases pour mon couple principal :)