Merci à Arya Cahill et Typone Lady pour leurs reviews.
Bonne lecture.
Chapitre 10
Sea, (no) sex and sun
Le Thousand Sunny filait sur la mer. Les journées se succédaient plus ou moins paisiblement selon les humeurs de chacun et les aventures inhérentes à Grand Line et comme chaque soir, la tombée de la nuit fit progressivement diminuer l'ambiance survoltée.
Profitant de ce calme relatif, Zoro débarqua brusquement dans la cuisine occupée par le maître des lieux penché au-dessus de l'évier. Sans un mot, il se pressa immédiatement contre son dos, passant déjà l'une de ses mains sous sa chemise tandis que l'autre débouclait sa ceinture mais le blond le repoussa d'un mouvement d'épaule.
"Pas ce soir, grommela-t-il en rinçant sa vaisselle.
- Pourquoi? grogna l'autre homme tout en continuant son manège.
- J'suis pas d'humeur."
Sanji ne voulait pas lui avouer que ses muscles se contractaient douloureusement à chacun de ses mouvements. Leur petit jeu de la veille avait été plus violent que d'habitude et les courbatures ne s'étaient pas faites attendre. Le cuisinier était résistant mais il sentait qu'il atteignait ses limites entre le manque de sommeil, les bagarres et leurs nuits agitées depuis plusieurs semaines.
"J'te crois pas", continua Zoro qui déposait à présent de petits baisers dans son cou, le faisant frissonner.
Sanji se sentit faiblir mais il se força à rester droit et termina de rincer son assiette.
"Arrête. Les autres sont juste à côté.
- Peux pas. Trop envie."
Le sabreur était passé en mode monosyllabique, transmettant son excitation au blond qui hésita une seconde avant de se secouer. En plus de son corps au bord de l'épuisement, il voulait absolument montrer un peu plus de résistance face aux avances de l'escrimeur. Il était celui qui protestait le plus mais il était bien conscient qu'il s'agissait de sa façon de reprendre un peu le contrôle sur la situation, d'essayer de se persuader que ce qu'il acceptait n'était pas aussi incroyable que ça en avait l'air. Comme s'il n'était pas totalement accro à leur nouveau passe-temps.
Bientôt, Zoro n'aurait plus qu'à claquer des doigts et lui se poserait uniquement la question d'accourir dans la minute ou dans la seconde. Bon, il exagérait peut-être un peu mais il voulait en tout cas prouver au sabreur qu'il pouvait s'opposer à lui et sa résolution redoublait ce soir.
En plus, il était tout simplement hors de question d'admettre qu'il était épuisé. Il voyait d'ici le sourire éblouissant de l'épéiste qui lui resterait gravé dans la mémoire...
Cependant, Zoro ne le lâchait pas et il fallait qu'il trouve un moyen de le calmer afin que le refus ne vienne pas de lui.
"J'ai pensé à un truc, tête d'algue, fit-il d'une voix détachée en coupant finalement l'eau.
- Hm?"
Sanji se retourna vers lui et l'épéiste en profita pour l'embrasser mais il se dégagea doucement.
"Un truc… important.
- Quoi? soupira l'autre à contrecœur.
- J'me disais qu'on pourrait expérimenter un peu. Tu sais… faire de nouvelles choses."
Son ton était tout juste assez évasif pour susciter l'attention et la curiosité du sabreur qui dressa immédiatement l'oreille avec intérêt.
"Sans blague? T'es pas croyable, cuistot, constata Zoro avec un sourire. Dire qu'il y a peu, tu savais même pas que les mecs t'intéressaient. En fait, t'as eu une putain de révélation, oui!
- Je suis pas sûr que ça t'emballe, éluda Sanji, mine rien. C'est pas le genre de chose que tout le monde apprécie. Faut être un peu ouvert d'esprit, tu vois?"
Avec ce soupçon de défi, le cuisinier était sûr de ferrer définitivement le poisson et il se retint de sourire quand son amant y fonça à pied joint.
"Accouche. Tout ce qui permet d'augmenter l'expérience est bon à prendre.
- T'as déjà fait un plan à trois?"
Zoro fronça les sourcils, manifestement surpris.
"Ca pourrait être carrément excitant, non? En plus, j'imagine bien quelqu'un en particulier, ajouta le blond avec un grand sourire.
- Qui? demanda-t-il avec prudence.
- Ben, tu sais…"
Sanji voulait faire durer le suspense et laissa le sabreur essayer de deviner.
"J'ai compris, soupira ce dernier après quelques instants de réflexion. C'est encore un de tes plans pour ramener Nami ou Robin dans ton lit, c'est ça?
- Mais non, imbécile! Comme si tu étais digne de partager ce genre de choses avec Nami-chérie ou Robin d'amour! Enfin, à moins que toutes les deux, elles soient d'accord pour m'inviter à les rejoindre…
- C'est qui alors? grogna l'escrimeur qui commençait à s'impatienter.
- Quelqu'un que tu connais mais c'est un peu particulier, poursuivit Sanji d'un ton qui se voulait gêné. Qu'on voit de temps en temps… Un homme.
- Un homme?"
Le cuisinier savoura l'expression anxieuse de son vis à vis avant de le voir se décomposer au fur et à mesure qu'il passait probablement en revue les membres de l'équipage. Se retenant de rire, Sanji décida de lui donner le coup de grâce.
"Smoker."
Zoro recula d'un pas, horrifié.
"S-Smoker? balbutia-t-il.
- Tu le trouves pas sexy? Il est super musclé et son côté "je vous traquerai jusqu'à la mort", c'est foutrement excitant. Bon, c'est sûr qu'il ne va pas être facile à convaincre mais-
- Je sais pas si…"
Le sabreur avait visiblement pâli et Sanji ne put s'empêcher d'éclater de rire, laissant son compagnon d'équipage dans l'incompréhension.
"Vraiment, c'était trop facile! articula le cuisinier entre deux rires. T'as plongé les deux pieds dedans, tête d'algue!"
Comprenant que le blond s'était moqué de lui, Zoro sentit le rouge lui monter aux joues en même temps qu'un immense soulagement.
"On n'a pas idée de faire des blagues pareilles, grommela-t-il.
- Oh, bon sang, t'aurais dû voir ta tête quand j'ai parlé de Smoker!"
Le blond s'affala sur la table, secoué de spasmes.
"Espèce d'enfoiré, tu perds rien pour attendre, le menaça le sabreur, rouge de colère à présent.
- Je vais… jamais m'en... remettre..." hoqueta Sanji, les larmes aux yeux.
L'épéiste marmonna quelque chose qu'il ne comprit pas avant de sortir de la cuisine d'un pas furieux, laissant le cuisinier se tordre de rire pendant encore de longues minutes.
Zoro esquissa un sourire mauvais. Il avait attendu patiemment une bonne semaine, endormant la méfiance de Sanji et lui laissant le temps de trouver la vengeance parfaite. Il s'était même payé le luxe de jouer la comédie comme s'il était passé à autre chose afin qu'il ne se doute de rien.
Son plan était machiavélique. Aucun détail ne devait être laissé au hasard pour que le blond tombe dans le panneau. La prochaine île était en vue et la première partie de son plan se mettait en place. Le cuisinier allait regretter de s'être moqué de lui.
"On ne va pas rester longtemps sur cette île mais il faut recharger le bateau et racheter des provisions, expliqua Nami avant le débarquement le lendemain. Je ne veux pas de débordement, la base de la Marine n'est pas très loin alors tenez-vous à carreaux! On se donne rendez-vous ici dans quatre heures. Robin restera pour surveiller le Sunny, elle est déjà venue sur cette île et il ne faut prendre aucun risque. Franky et Ussop, vous retrouvez Luffy qui s'est encore envolé sans nous attendre et vous l'empêchez de faire n'importe quoi. Sanji avec Chopper et Brook, vous vous occupez de la nourriture et des médicaments. Zoro, tu viens avec moi."
Le sabreur hocha gravement la tête, ne manquant pas le coup d'oeil surpris du cuisinier à sa navigatrice préférée. Cet idiot aurait très certainement voulu se porter volontaire pour porter ses sacs de shopping...
Chacun partit ensuite avec son groupe et Zoro suivit la jeune femme rousse avec un soupir. Il lui avait fait miroiter une somme d'argent à récupérer sur l'île pour le remboursement de sa dette en échange d'un objet précieux et bien sûr, Nami avait sauté sur l'occasion. Arrivés devant une boutique obscure de prêteur sur gage, la navigatrice lui jeta un coup d'oeil.
"Ca ira, ici?
- Euh, ouais.
- T'as dix minutes. Et surtout, tu ne t'éloignes pas d'ici."
Sur ce, elle se dirigea vers le magasin de vêtements situé en face, laissant le sabreur grimacer. Il entra dans la boutique au cas où elle le surveillerait et en fit rapidement le tour. Il n'y avait que du bric-à-brac sans valeur là-dedans et tout était couvert de poussière. Un homme sans âge dormait contre le comptoir et il ne prit pas la peine de le réveiller.
Il ressortit quelques minutes plus tard et s'assit sur les marches. Il n'avait pas intérêt à bouger car il ne voulait pas prendre le risque de se perdre - même s'il ne voyait pas comment ce serait possible - et de saboter ainsi son plan. Il sortit en soupirant tout l'argent qu'il avait pu amasser ces derniers jours en jouant au poker contre Chopper et Luffy ou encore en faisant de stupides paris avec Ussop, Franky et Brook. Il n'était pas sûr que cela fasse grand-chose mais en tout cas, il n'avait jamais eu autant d'argent en sa possession et il allait le donner à l'autre sorcière... Il espérait au moins que cela servirait effectivement à l'abaissement de sa dette en tout cas.
Quelques instants plus tard, Nami vint le chercher et le sabreur lui tendit les berrys avec résignation. Cependant, devant le sourire qu'elle afficha, il sut qu'il n'avait pas si mal joué son coup et cela le consola un peu.
Lorsqu'ils revinrent sur le bateau, Zoro était lessivé. Ils avaient passé tout leur temps dans des boutiques de shopping, Nami refusant de le laisser seul trop longtemps. Il avait dû piétiner, patienter, regarder la jeune femme rendre fou les vendeurs et pour finir, elle lui avait refilé tous les sacs à porter comme s'il était son domestique. Cet après-midi avait été un cauchemar et le sabreur ne s'était pas senti aussi humilié depuis un bon moment.
Alors qu'il songeait à enfin balancer les paquets aux pieds de la navigatrice, il aperçut Sanji avec son plateau, un verre de rafraîchissement prêt pour sa princesse. Tandis qu'elle s'en saisissait avec un sourire, elle se tourna vers le sabreur.
"J'ai rarement passé une aussi bonne journée. On recommence quand tu veux, Zoro!"
Sur ce, elle récupéra ses sacs et pénétra dans sa chambre, claquant la porte derrière elle. Médusé, le cuisinier se tourna vers le sabreur qui affichait un sourire narquois.
"Qu'est-ce qu'elle a voulu dire? s'enquit le blond, méfiant.
- Rien. On a juste passé l'après-midi ensemble, c'est tout, éluda volontairement l'épéiste.
- T'as fait du shopping avec elle? Et vous ne vous êtes pas entretués?
- La preuve que non."
Sur ce, le sabreur tourna les talons, laissant Sanji parfaitement incrédule.
Phase 1 terminée.
"Nami, j'ai besoin que tu gardes mes sabres quelques heures, fit Zoro deux jours plus tard alors qu'ils avaient repris la mer.
- Quoi? Pourquoi? s'étonna la navigatrice.
- J'ai acheté une nouvelle huile de nettoyage pour mes lames. Elles ne doivent pas être exposées au soleil ni être touchées et si je les laisse ici, tu sais comment vont se comporter les autres.
- Ouais, d'accord. Mets-les dans ma chambre."
Le sabreur se dirigea avec bonne humeur vers le quartier des filles. Ce petit jeu lui coûtait des efforts mais les coups d'oeil interrogatifs de Sanji à son égard depuis sa mystérieuse après-midi shopping avec Nami n'avaient pas de prix. Il avait même prétexté être trop fatigué pour leur petit jeu du soir la veille et le cuisinier n'avait pas manqué de le dévisager longuement avant qu'il ne s'en aille.
Une fois dans la pièce, il déposa deux de ses sabres sur le sol du côté du lit de la navigatrice. Ainsi disposés, on aurait pu croire qu'ils y étaient tombés négligemment. C'était parfait. Il conserva néanmoins le Wadô par précaution. Il ne voulait pas que cela paraisse trop suspect et puis surtout, ils n'étaient pas à l'abri d'une attaque surprise.
Ressortant de la chambre, il s'installa tranquillement contre le mat pour une petite sieste bien méritée.
Le soleil était haut et la chaleur montait progressivement au fil de l'après-midi. Après le repas, Chopper s'était réfugié à l'infirmerie et les filles avaient quitté leurs chaises longues, Robin pour aller à la bibliothèque et Nami pour étudier quelques illustrations d'îles dans sa chambre. Luffy, Brook, Franky et Ussop alternaient les parties de carte et les parties de pêche tandis que le sabreur avait décidé de déplacer son entraînement pendant les heures plus fraîches de la soirée et profitait donc d'une énième sieste.
Sanji débarqua un peu plus tard avec des boissons pour tout le monde et commença sa distribution par les filles. Il apporta un verre à Robin avant de passer par la chambre de la navigatrice. Il frappa et la jeune femme rousse lui cria d'entrer. En s'avançant dans la pièce, il remarqua soudain des reflets scintillants et découvrit avec étonnement deux des sabres de Zoro non loin du lit de la navigatrice.
"Ah, c'est toi, Sanji.
- Je t'apporte un rafraîchissement, Nami-chérie!
- Merci.
- C'est… Ce sont les sabres de Zoro? demanda-t-il alors en désignant les épées du menton.
- Hm? Oui, il a dû les oublier depuis ce matin. S'il ne passait pas son temps à dormir aussi..."
Sanji ouvrit et referma la bouche mais la navigatrice ne remarqua pas son trouble et retourna à ses cartes.
Alors que le cuisinier revenait vers le pont pour balancer le reste des boissons aux garçons, le sabreur ouvrit un oeil. Quand le blond repassa devant lui quelques minutes plus tard, le pas pressé et le regard préoccupé pour récupérer ses verres, il sourit imperceptiblement.
Phase 2 enclenchée.
"J'm'ennuie! gémit Luffy. Et j'ai chaud!"
La langue pendante, le capitaine tentait de se faire un peu d'air avec son chapeau de paille, en vain. Le soleil était maintenant écrasant et tout l'équipage en souffrait. Sanji avait déjà fait plusieurs tournées de boisson et il reposait maintenant à côté de ses camarades à l'ombre du pont. Il avait même ôté sa veste, sa cravate et relevé les manches de sa chemise.
Nami et Robin avaient enfilé leurs maillots de bain et tandis que l'archéologue lisait à l'ombre d'un grand parasol, la navigatrice avait étalé une serviette sur l'herbe du pont et dessinait, dos à la mer. Évidemment, le cuisinier n'avait pas manqué de s'extasier sur leurs peaux mises à nu et Nami l'avait repoussé avec agacement comme il l'empêchait de travailler.
Soudain, des cris stridents se firent entendre au loin dans le ciel et Robin releva la tête.
"Regardez, des oiseaux-singes! s'exclama Luffy, totalement excité.
- Des quoi? s'enquit Ussop à ses côtés.
- Je ne crois pas qu'il s'agisse de ça, fit l'archéologue en fronçant les sourcils.
- Hé, ils viennent vers nous! remarqua Chopper.
- Mais qu'est-ce qu'ils foutent?" s'étonna Sanji.
Les étranges volatiles fonçaient vers l'équipage qui se plaqua au sol pour les éviter.
"Mais c'est quoi ces trucs? Ils sont malades, marmonna Zoro contre le mât.
- Baissez-vous! commanda Robin. Ce sont des singes des airs, ils attaquent en bande pour voler de la nourriture et ils sont attirés par ce qui brille.
- Comme les pies voleuses! constata Brook tandis qu'il s'aplatissait au sol.
- Ah! Mes affaires!"
Tout le monde se tourna vers la navigatrice dont les yeux lançaient des éclairs.
"Ces salopards d'oiseaux m'ont piqué mon bâton climatique! Je vais les tuer!"
Comme Luffy éclatait de rire, Ussop secoua la tête, dépité.
"C'est toute l'attention que tu portes à ce que je t'ai offert, bravo!
- Au lieu de raconter des conneries, dégomme-moi ces bestioles! hurla la jeune femme, verte de rage.
- OK, ça va, faut pas t'énerver."
Ussop ajusta son lance pierre et visa l'un des étranges oiseaux à forme de petit singe avec des ailes qui évita le projectile en se décalant.
"Ils sont rapides, ces singes volants! grimaça-t-il.
- Attention, ils reviennent!" s'écria le squelette.
Tout le monde se plaqua à nouveau au sol, n'oubliant pas cette fois de protéger leurs affaires personnelles. Le canonnier réajusta son arme et toucha le singe des airs qui tenait le bâton climatique, le laissant tomber dans l'océan.
"J'y vais! se proposa le cuisinier avant de plonger dans la mer.
- Il y en a d'autres! cria encore la navigatrice.
- Ca vient!" grinça Ussop, essayant de se concentrer.
Franky se positionna pour l'aider et il leur fallut trois tirs supplémentaires ponctués de deux nouvelles attaques pour que les singes des airs cessent leur invasion.
En réalité, ils avaient simplement décidé de contourner le problème et l'équipage fut alerté par les cris de Chopper à l'arrière du bateau qui les avertissaient que les singes des airs s'en prenaient maintenant aux mandariniers. Tous s'y précipitèrent à l'exception de Zoro qui s'était rendormi contre le mât, jugeant cette attaque trop faible pour qu'elle mérite son attention.
Horrifiée à la pensée de perdre ses précieux fruits, la navigatrice se releva elle aussi d'un bond mais son haut de maillot de bain retenu par deux ficelles croisées dans son dos se dénoua, la stoppant brutalement. Plaquant ses bras contre sa poitrine alors que les autres avaient déjà filé, elle tenta de les rattacher en maugréant.
"Nami-chérie, j'ai retrouvé ton arme!" s'écria alors Sanji, des coeurs dans les yeux en se hissant sur le pont.
Il aperçut ensuite le dos nu de la navigatrice qui ne parvenait pas à lacer les ficelles de son haut.
"Quel corps absolument splendide! Laisse-moi t'aider, navigatrice de mon coeur!
- Pas touche, sale pervers! l'arrêta Nami en se retournant d'un seul coup. J'te fais pas confiance!
- Mais je t'assure, Nami-chérie, je s-
- Zoro, viens là!"
Le sabreur ouvrit un oeil, maussade. Les cris de la jeune femme puis les remarques dégoulinantes du cuistot lui tapaient sur les nerfs et l'empêchaient de dormir. Qu'est-ce qu'elle lui voulait encore?
"Aide-moi à rattacher ça!"
L'épéiste allait lui répondre qu'il n'était ni son chien ni à son service lorsqu'il observa le regard emplit de stupeur de Sanji aux côtés de la rousse. Décidant alors de mettre à profit ce coup de pouce du destin, il se leva tranquillement et entreprit d'attacher le haut du maillot de bain de la navigatrice, un sourire aux lèvres. Il reprit ensuite sa place tandis que les autres revenaient vers eux, le cuisinier n'ayant toujours pas dit un mot.
"Comment vont mes mandariniers? s'enquit aussitôt Nami avec inquiétude.
- Pas de problème, on les a protégés! répondit fièrement Ussop.
- C'était génial, j'en ai eu un! hurla Luffy en le brandissant sous son nez. Faut que tu le fasses cuire, Sanji!"
Le jeune homme sortit enfin de sa léthargie et fronça les sourcils.
"Je ne suis pas sûr que ça se mange ce truc.
- Ah bon?
- En plus, il est encore vivant, grimaça le canonnier.
- Tu devrais le relâcher, fit Chopper. Il a peur.
- On pourrait en faire un animal de compagnie, proposa Franky.
- Génial, je vais lui apprendre à parler! s'exclama le capitaine, ravi.
- Virez-moi ce truc, grogna la navigatrice. On en a assez vu.
- Je vais nous faire une chanson pour fêter cette victoire!" conclut Brook sous les acclamations de ses amis.
L'archéologue reprit sa place sur sa chaise longue en silence tandis que Nami attrapait ses cartes, désireuse d'oublier ces affreuses bêtes. Quant au sabreur, il se rendormit aussi vite, non sans avoir pensé avec satisfaction que sa vengeance se déroulait encore mieux que prévue.
Pendant le dîner, Luffy tenta de faire parler son singe des airs qu'il avait attaché avec une longue corde à la patte reliée à sa chaise. L'animal demeurait récalcitrant et le mordait dès que possible mais le capitaine ne désarmait pas. Il tenta même de l'amadouer avec des morceaux de nourriture que le singe rejeta.
"C'est pas un perroquet, Luffy, lui fit remarquer Ussop.
- Il faut juste un peu d'entraînement, rétorqua son ami. Ca va venir!
- Hé! Il vole mon cola, cet enfoiré! s'emporta soudain le cyborg en se relevant brutalement. Reviens ici!"
L'ingénieur se mit à pourchasser le singe volant qu'il plaqua finalement au sol en bousculant tout sur son passage.
"J't'ai eu! fit-il en lui arrachant sa bouteille avec satisfaction.
- Il dit que tu es en train de l'étouffer, Franky, lui fit remarquer le petit renne avec inquiétude.
- C'est vrai qu'il ne bouge plus! s'affola Brook.
- Ca va aller, lui montra le médecin tandis que le singe se relevait. Mais il faut que tu fasses attention, Luffy. Comme il a peur, il se montre agressif. J'ai essayé de lui parler mais il ne veut rien entendre...
- Vous en avez pas marre de cette bestiole? soupira alors Nami.
- Non, c'est un parfait animal de compagnie!" s'entêta le capitaine.
Zoro et Robin continuèrent de manger en silence, comme imperméables aux cris et aux vociférations. De son côté, le cuisinier demeurait également muet, mais pour d'autres raisons. Il resservit même distraitement Luffy qui ne le lui avait pas encore demandé, à son plus grand bonheur.
Il débarrassa ensuite la table après le départ de ses compagnons et décida finalement de partir en quête de réponse.
Il trouva la personne recherchée accoudée au bastingage et se dirigea droit vers elle, sa cigarette au coin des lèvres.
"D'accord, tête d'algue. Dis-moi ce que t'as fait à Nami."
Zoro masqua son sourire et lui offrit son regard le plus arrogant. Ils y étaient. Il n'avait pas imaginé que Sanji craquerait aussi vite mais ça l'arrangeait bien en vérité.
"Je ne vois pas de quoi tu parles, répondit-il tranquillement tandis que son sourire le démentait.
- Te fous pas de ma gueule! Vous êtes bizarres tous les deux depuis quelques jours!
- Tu te fais des idées...
- Est-ce que… il se passe un truc entre vous?"
Zoro savoura le regard inquiet que lui lançait le cuisinier. Oui, toutes ces heures de labeur étaient largement récompensées.
"Peut-être bien et alors? Ca te regarde pas. On n'a pas de contrat d'exclusivité toi et moi."
Le blond le dévisagea, consterné.
"Mais… Comment?
- Tu veux que je te fasse un dessin? lui proposa l'escrimeur avec malice.
- Ferme-la, putain!"
Le cuisinier se mordit les lèvres. Il ne pouvait pas imaginer sa si précieuse navigatrice dans les bras de ce grossier personnage. Peut-être qu'il n'était pas amoureux d'elle mais une chose était sûre, elle ne pouvait pas se contenter d'une brute épaisse comme Zoro. Elle méritait tellement mieux...
"Je ne comprends pas… Nami-chérie est tellement délicate! Et toi, t'es si… rustre!
- Nami-chérie est une grande fille, elle fait ce qu'elle veut, le singea le sabreur. Et il s'avère qu'elle apprécie les hommes qui ne se traînent pas à ses pieds."
Zoro souriait de contentement. C'était trop facile de rendre le cuisinier fou de jalousie et de désespoir lorsqu'il s'agissait de la navigatrice. Il était temps à présent de passer à la dernière phase de son plan.
"Au fait, j'lui ai parlé de ton délire à trois, fit-il comme si de rien n'était.
- T'as fait quoi?! s'étrangla le blond.
- Ouais, je sais que t'adorerais ça.
- Mais t'es malade! Je plaisantais!
- Ouais bah de toute façon, elle m'a dit que c'était même pas la peine d'y penser."
C'était cruel mais lui faire espérer quelque chose de ce genre quand il saurait la vérité l'était tout autant, voire plus. Sanji se laissa d'ailleurs glisser contre la rambarde jusqu'à terre, mortifié.
"Nami…"
Passé la stupeur, il se redressa pourtant avec colère et l'épéiste crut qu'il allait lui faire la morale.
"Tu te rends compte de ce que tu fais à Luffy?! Tu connais ses sentiments pour elle!
- Arrête de me faire chier. Luffy n'en a rien à foutre, j'lui ai parlé, inventa-t-il illico.
- Ben voyons! Luffy ne comprend rien à ce genre de truc, il n'a aucune idée de ce que vous faîtes! T'es vraiment un monstre, Zoro!"
Là, ça allait un peu trop loin et le sabreur soupira. Il aurait bien voulu en profiter encore un peu mais il était temps d'en finir.
"Ca va, détends-toi. J'ai rien dit à Nami.
- Quoi?
- J'voulais me venger de ta blague pourrie avec Smoker.
- Tu veux dire que t'as séduit Nami juste pour prendre ta revanche?!"
Zoro le considéra gravement. S'il lui expliquait toute l'étendue de sa vengeance, ce n'était plus drôle mais son regard interloqué l'incita pourtant à développer.
"Non. Il s'est rien passé entre elle et moi, je me suis juste débrouillé pour que tu le crois."
Le silence se fit un moment avant que le cuisinier ne jette rageusement sa cigarette au sol, furieux.
"T'es vraiment un putain d'enfoiré de première classe, face de gazon!"
Zoro sourit. Le cuisinier avait compris.
"C'est toi qui a commencé, sourcil en vrille.
- Ma blague a duré trois minutes! La tienne tient sur plusieurs jours et t'as sacrément dû creuser ta tête d'algue pour la mettre en place!
- Ouais. Ca m'a fait chier mais ça valait le coup."
Sanji s'agita avant de prendre une nouvelle cigarette dans son paquet et de soupirer.
"Bon. J'imagine qu'on est quitte, maintenant."
Le sabreur acquiesça et observa la mer calme.
"Ouais. Plus de plan à trois.
- Plus de plan à trois", répéta le cuisinier en secouant la tête.
Je me suis bien amusée à écrire ce chapitre, j'espère que vous avez apprécié également!
Le prochain chapitre sera moins léger alors profitez-en :)
