Merci pour les mises en alerte/favori. Merci à Eckstein, Wado21 et little-grumpy pour vos reviews.

Il y a eu quelques turbulences pour l'affichage des reviews, il semble que le site buggue de temps en temps mais tout est revenu à la normale pour l'instant. J'en profite pour penser un peu aux administrateurs du site et les remercier malgré tout car la gestion doit être un travail monstrueux!

Bonne lecture.


Chapitre 20

L'affamé

Quelques jours plus tard, Nami lisait le journal autour de la table du petit déjeuner où tout le monde discutait bruyamment. Lorsqu'elle termina sa lecture, elle replia le papier avant de le lancer pour qu'il atterrisse sur le comptoir. Elle croisa ensuite le regard de Franky et celui-ci lui fit un signe de tête. Ravie, elle se leva pour susciter l'attention de ses amis.

"J'ai une grande nouvelle pour tout le monde, annonça-t-elle avec un sourire.

Qu'est-ce que c'est?" s'enquirent les autres avec curiosité.

La navigatrice fit un geste vers le cyborg qui lui tendit une clé. La jeune femme la remit alors solennellement à Sanji tandis que Luffy profitait de l'inattention générale pour finir toutes les assiettes.

"La clé du paradis. Pour nos yeux et nos oreilles."

Comme le cuisinier ne comprenait pas, le sourire de Nami s'étoffa.

"Franky a construit votre chambre en utilisant une partie de l'espace du quartier des garçons. Elle est parfaitement isolée alors faites-en bon usage."

Le blond rougit comme une pivoine tandis que ses compagnons ricanèrent autour de la table. A l'inverse, le sabreur n'avait pas l'air gêné pour un sou.

"C'est pas trop tôt dis donc, lança-t-il à Nami en descendant la bouteille qu'il avait sous la main de si bon matin.

- Te réjouis pas trop vite, mon petit Zoro, répliqua la rousse. Les frais sont retenus sur ta dette.

- Quoi?! Et celle du cuistot?! s'étrangla le bretteur.

- Également. Avec tous les désagréments qu'on a eus, des intérêts ne me semblent pas superflus.

- Rapace!

- Exhibitionniste!

- Pourquoi Sanji et Zoro vont dormir ensemble?"

Tous tournèrent la tête vers leur capitaine, sidérés.

"Tu lui expliques ou je le fais? demanda Zoro à la navigatrice avec provocation.

- Pour que tu le traumatises? rétorqua vivement Nami. Sabreur raté!

- Arnaqueuse à la manque!

- Bon, ça va pas recommencer, grogna Franky, déjà lassé.

- Laisse-tomber, Luffy, je t'expliquerai tout à l'heure, lui proposa alors la jeune femme rousse.

- D'accord. Ils vont avoir des bébés?"

Les visages se tournèrent à nouveau vers lui, cette fois paniqués.

"Chopper, tu lui expliques! se défila la navigatrice.

- Quoi?! Mais je… C'est…, bégaya le renne.

- Arrête, c'est encore un gosse, intervint le charpentier du navire.

- Je ne pensais pas que tu avais compris tout ça, Luffy, remarqua Ussop avec étonnement. En fait, tu es plus avancé sur le sujet que je ne le pensais...

- Tu peux t'ôter tout de suite cette idée de la tête, grinça le cuisinier à ses côtés. Un bébé aussi stupide que la tête d'algue, ce serait pas un cadeau.

- Tu peux parler, ricana le sabreur. Un mioche avec tes sourcils, ce serait carrément de la maltraitance!

- Je ne crois pas que ce soit réellement le point que voulait soulever notre capitaine, s'interposa gentiment Brook.

- Ecoute, Luffy, c'est pas si simple, commença sérieusement Franky. Pour faire des bébés, il f-

- Ca va, je rigolais! Ce que vous êtes marrants quand même!" s'exclama alors le capitaine en tapant du poing sur la table, ravi de son effet.

Nami fronça les sourcils, pas convaincue.

"Comment ça tu rigolais?

- Je sais comment on fait des bébés, j'suis pas bête! lui expliqua le garçon au chapeau de paille en continuant à rire.

- Vraiment? s'enquit l'archéologue avec intérêt.

- Robin, non! la supplia le canonnier mais il était trop tard.

- Ben…"

Luffy prit le temps de réfléchir avant de hausser les épaules.

"J'sais pas tous les détails mais je crois bien me souvenir que c'est toujours une femme qui a un bébé donc techniquement, Zoro et Sanji peuvent pas en avoir!"

Une bonne partie de l'équipage soupira de soulagement. Chopper de ne pas avoir à lui expliquer, Nami de remarquer qu'elle ne s'était pas trompée, et Zoro, Franky, Sanji et Ussop de constater que leur capitaine était toujours aussi naïf sur certains sujets. De son côté, Robin eut un petit rire et Brook leva son verre de lait à la gloire de son capitaine.


Une silhouette passa la tête par l'entrebâillement de la porte de la cuisine avec précaution. Elle scanna rapidement son environnement des yeux et son regard se fixa sur sa proie.

Un bol rempli d'une préparation à base de chocolat fondu.

La silhouette se contorsionna alors pour passer la porte sans l'ouvrir davantage. Elle savait à quel point le maître des lieux pouvait avoir l'ouïe fine et elle ne comptait pas se faire surprendre.

Dès qu'elle eut pénétré dans la pièce, la silhouette se mit à saliver. L'odeur du chocolat chaud emplissait toute la pièce et il était impossible de lui résister. Oubliant toutes ses précautions, elle bondit sur le saladier et plongea son doigt à l'intérieur avant de le lécher avec délectation. Elle n'avait jamais mangé de chocolat fondu aussi délicieux…

La silhouette attrapa ensuite le saladier et commença à le vider comme un bol de lait. Le chocolat dégoulina autour de sa bouche et sur son menton mais sa seule préoccupation était d'engloutir son encas avant de se faire repérer. Elle se lécha ensuite les lèvres avec gourmandise et tenta de s'essuyer convenablement. Elle terminait tout juste de se nettoyer lorsque des bruits de pas retentirent dans l'infirmerie à côté. Paniquée, la silhouette constata que Sanji discutait avec Chopper et qu'ils semblaient venir dans sa direction.

Elle abandonna le saladier vide sur la table et détala comme un lapin.


Sanji ouvrit la porte de l'infirmerie qui menait à la cuisine les bras chargés d'herbes aromatiques tandis qu'il remerciait Chopper derrière lui. Il se figea cependant en découvrant les multiples traces de chocolat sur la table, le sol et même la poignée de la porte extérieure. Son regard se braqua aussitôt sur son saladier rempli à ras bord de chocolat fondu encore une minute auparavant. Vide.

Le cuisinier sentit son sang se mettre à bouillir dans ses veines et le rouge envahit son visage. Non seulement il ne supportait pas que l'on s'arroge le droit de se servir dans son antre sans son autorisation mais en plus, ce gâteau était censé lui permettre de penser à autre chose que sa nervosité à l'idée de partager une chambre avec Zoro au vu et au su de tous. Et quelqu'un venait de faire exploser sa distraction en plein vol.

L'enfoiré qui avait ravagé sa cuisine n'allait pas finir la journée vivant.


Le cri de rage du cuisinier de l'équipage du chapeau de paille résonna jusque dans la bibliothèque. Robin releva les yeux de son ouvrage et jeta un coup d'oeil curieux par la fenêtre. Elle entendit ensuite des bruits de couinement apeurés et de fuite affolée et se pencha un peu plus vers la vitre. Elle vit alors le chef cuisinier dans un état proche de l'hystérie trainer Ussop et Brook à sa suite avant de les balancer dans la cuisine. Il repartit ensuite en sens inverse à la recherche de ses prochaines victimes et ramena Luffy tandis que Franky le suivait en maugréant. Le blond hurla ensuite à l'adresse du sabreur endormi à quelques pas qui grogna devant son éclat de voix avant que le cuisinier ne lui ordonne de rejoindre ses compagnons d'équipage dans la cuisine.

Robin eut un petit rire en constatant que l'escrimeur avait pris le parti de le suivre tout en se bouchant les oreilles. Vraiment, Sanji pouvait être terrifiant lorsqu'il se mettait en colère. Cela n'empêcha cependant pas l'archéologue de reprendre paisiblement sa lecture quelques instants plus tard.


"Très bien, bande d'enfoirés, lequel d'entre vous a volé ma préparation au chocolat?!"

Personne ne bougea et la fureur du cuisinier s'intensifia.

"Vous avez intérêt à cracher le morceau parce que je sais que c'est l'un d'entre vous! hurla-t-il de plus belle. Je destinais cette préparation à un gâteau aux mandarines pour Nami alors tant que je ne saurais pas qui c'est, vous resterez ici!

- Comment tu sais que c'est l'un d'entre nous? lui fit remarquer Franky. Pourquoi Chopper et les filles ne sont pas là?

- Chopper était avec moi et il est tout simplement inenvisageable que Robin d'amour ou Nami-chérie s'abaisse à une telle forfaiture!"

Le blond foudroya du regard chacun de ses compagnons d'équipage.

"Qui a osé faire ça? répéta-t-il d'une voix sourde.

- Tu veux savoir qui c'est? grommela le sabreur. Bon, je vais t'aider. C'est pas moi.

- C'est pas moi non plus! ajouta Ussop.

- Et qu'est-ce que j'en sais, moi?! J'dois vous croire sur parole?!"

Sanji les fixa tous attentivement pendant de longues secondes et prit le temps de réfléchir. En tout logique, il pouvait déjà rayer deux personnes de sa liste de suspects.

"OK. Franky et la tronche de cactus, vous pouvez sortir.

- Pourquoi ils sont éliminés? demanda Luffy avec curiosité.

- Franky n'a besoin que de cola, la nourriture est optionnelle pour lui. Je ne vois pas pourquoi il aurait fait ça, grinça le blond en dévisageant néanmoins le cyborg.

- T'as tout compris, bro! J'ai rien à voir avec cette histoire! approuva l'ingénieur.

- D'accord pour Franky mais pourquoi Zoro? s'enquit Ussop avec méfiance. C'est pas normal s'il a un passe-droit parce que vous êtes ensemble."

Le cuisinier vit rouge et lui envoya une violente taloche derrière la tête. Le tireur d'élite se massa alors douloureusement le crâne en maugréant.

"La tête d'algue n'a aucun passe-droit! Zoro n'aime pas les aliments sucrés alors il est logique qu'il soit innocenté, c'est tout!"

Le sabreur hocha la tête et sortit en compagnie du cyborg, heureux d'échapper à cet enfer.

Sanji se tourna vers ses trois derniers compagnons et fit jaillir la flamme de son briquet pour s'allumer une cigarette. La lueur qui éclaira son visage était démoniaque.

"Je trouverai celui qui a fait ça et il le regrettera."


Franky soupira. L'heure du déjeuner était passée depuis longtemps mais personne n'avait accès à la cuisine tant que son propriétaire n'aurait pas démasqué le coupable. Sanji avait simplement fait une pause dans son interrogatoire pour apporter leur repas aux deux jeunes femmes qui avaient mangé dans leur chambre. Les garçons étaient quant à eux obligés d'attendre.

"L'enquête n'est toujours pas résolue? demanda Robin tandis qu'elle déposait les assiettes vides non loin de la porte de la cuisine.

- Non. Je crois que la privation de nourriture fait partie de sa méthode pour les faire plier, lui expliqua le cyborg.

- Et nous, on est mis dans le même panier, maugréa l'épéiste non loin d'eux.

- Sanji m'a donné des bonbons pour patienter, leur montra Chopper. On peut partager si vous voulez.

- Non merci", grognèrent les deux concernés en soupirant.

L'archéologue en accepta un de son côté avant de repartir vers la bibliothèque en souriant.


Ussop avala bruyamment sa salive. La pression psychologique que lui imposait le chef cuisinier était insoutenable.

"Tu es sans arrêt en train de mentir, Ussop! Pour une fois dans ta vie, dis-moi la vérité!" lui assena le blond.

Sanji ne le quittait pas des yeux et le canonnier avait envie d'avouer. Tout et n'importe quoi du moment qu'on le laisse tranquille. Finalement, il craqua.

"D'accord, c'est moi qui ait pris le dernier sablé que tu as fait en forme de Pattenrond la dernière fois! admit-il en éclatant en sanglots. Mais il me manquait tellement, j'avais envie d'avoir un souvenir! Je l'ai toujours si tu veux, je ne l'ai pas mangé… Je suis désolé… Mais c'est pas moi qui ai mangé le chocolat, je le jure!"

Le cuisinier soupira. Il ne s'était même pas rendu compte qu'un biscuit avait disparu et Ussop semblait prêt à s'évanouir. Il pouvait raisonnablement l'éliminer de sa liste de suspects.

"C'est bon, tu peux y aller. Je sais que ce n'est pas toi qui a fait ça."

Le tireur d'élite leva des yeux emplis de reconnaissance devant la compassion dont faisait preuve son bourreau et il fila vers la porte sans demander son reste.

Sanji observa longuement ses deux derniers compagnons. L'un d'eux s'était rendu coupable du vol, il en était certain. Mais lequel?


Chopper se précipita vers le canonnier encore tremblant qui venait de passer le pas de la porte.

"Alors? s'enquit-il. C'est qui?

- Je sais pas, renifla Ussop. Mais il a fini par me croire et il m'a laissé partir.

- Putain mais qu'est-ce qu'il t'a fait? s'étonna le sabreur. Pourquoi t'es dans un état pareil?"

Le tireur d'élite secoua la tête et essuya ses yeux rougis.

"Il m'a menacé des pires tortures avec des ustensiles de cuisine. Il m'a dit que sur le Baratie, les cuisiniers s'entraînaient sur des clients qui ne payaient pas leur addition. Qu'ils avaient éventré un homme avec un couteau de boucher pour sortir ses viscères et les lui cuisiner, et que lui-même avait utilisé un décapsuleur pour lui arracher les ongles! Je vais en faire des cauchemars jusqu'à la fin de mes jours..."

Ussop se sentit blêmir à nouveau et le petit renne frémit. De son côté, Franky et Zoro échangèrent un regard avant de soupirer. Sanji n'y allait pas de main morte pour démasquer le voleur...


"Bien. Qui veut y passer le premier?"

Brook et Luffy se figèrent. Aucun des deux ne voulait subir cet atroce supplice et ils reculèrent d'un pas malgré eux. Ils n'avaient pas cru que Sanji mettrait sa menace à exécution jusqu'à ce que le blond les oblige à se déshabiller, ne leur laissant que leurs sous-vêtements.

"J'attends, continua tranquillement le cuisinier en agitant l'objet de leur peur dans sa main. Qui se dévoue?

- Est-ce… Est-ce vraiment nécessaire d'en arriver là? balbutia le musicien.

- Absolument, répondit le blond. Il s'agit du bien de la communauté. Un tel acte ne peut rester impuni."

Sanji s'approcha du garçon au chapeau de paille et agita la plume devant ses yeux qui suivirent son mouvement, comme hypnotisé.

"Un dernier mot, capitaine?

- C'est une plume de mouette ou de canard?"

Le cuisinier se retint de lui envoyer un coup de pied et il braqua son regard dans le sien.

"Tu viens de signer ton arrêt de mort."

Il s'approcha du capitaine et fit glisser la plume le long de ses côtes. Aussitôt, Luffy remua dans tous les sens pour échapper aux chatouilles et ne put s'empêcher d'éclater de rire lorsque la plume migra vers son ventre.

"Ooohhh! Pitié, Sanji, pit- Hahaha!"

Le garçon au chapeau de paille s'écroula par terre, secoué de spasmes. Au bout de quelques minutes, le cuisinier se redressa et planta son regard dans les orbes vides du squelette qui trembla. Luffy avait les yeux larmoyants et le souffle court. Il ne s'était pas relevé.

"A ton tour, Brook.

- Mais je suis innocent, je t'assure! protesta-t-il en reculant encore.

- Tant que l'un de vous deux n'aura pas avoué, vous ne sortirez pas d'ici."


"Ca fait combien de temps? demanda Nami.

- Près d'une heure, répondit le cyborg.

- Hm. Je suis surprise par leur résistance", admit la jeune femme.

Des éclats de rire hachés s'élevaient régulièrement depuis la cuisine. Ils avaient successivement entendu Luffy puis Brook, puis à nouveau Luffy supplier le chef mais celui-ci n'avait visiblement aucune pitié.

"Il va finir par les tuer, commenta l'ingénieur. Ils peuvent à peine respirer."

Zoro ouvrit un oeil depuis le mât où il s'appuyait. Il essayait d'oublier sa faim et son envie de bière mais les cris de ses compagnons l'empêchaient de se concentrer ou de dormir. De son côté, Chopper avait apporté une couverture au canonnier qui se remettait doucement de ses émotions en sursautant à chaque bruit provenant de la cuisine.

"Ils feraient mieux d'avouer, soupira Franky. Plus ils attendent, plus il sera furieux.

- Aucun des deux n'est assez intelligent pour comprendre ça", fit Nami en haussant les épaules avant de s'éloigner.

Le charpentier du navire soupira à nouveau. La navigatrice avait certainement raison.


"D'ac-d'acc-d'accord! C'est le-le j-journal! Pi-pitié, Sanji..."

Le blond dévisagea son capitaine étalé par terre et au bord de l'asphyxie.

"Comment ça le journal?

- Ils… Ils disaient dans le journal que… c'est mon jour de chance."

Le cuisinier se demanda si le garçon au chapeau de paille n'avait pas perdu la tête avant de voir le journal déplié sur le comptoir. Il l'attrapa et le feuilleta.

"Ton jour de chance? Quel est le rapport avec le chocolat?

- Dans son horoscope."

Sanji braqua son regard dans celui du squelette qui reprenait difficilement son souffle lui aussi. Il s'alluma une cigarette et tourna les pages.

Taureau. Aujourd'hui, rien ne vous atteindra. C'est votre jour de chance.

Le blond fronça les sourcils à la vue du nom de l'astrologue. Basil Hawkins. Ce nom lui disait quelque chose.

"Et alors? grogna-t-il en reportant son attention sur Luffy.

- Je croyais que… rien ne pourrait m'arriver. C'est mon jour de chance... Pardon, Sanji..."

Ce dernier ôta la cigarette de sa bouche et le contempla intensément pendant de longues secondes. Il se tourna ensuite vers Brook.

"T'étais au courant?

- Je lui ai lu son horoscope mais je ne pensais pas que cela lui donnerait ce genre d'idées", admit le musicien en se redressant tant bien que mal.

Le chef se massa l'arête du nez.

"Tu crois vraiment que ton jour de chance t'aurait permis de dévaliser ma cuisine, Luffy? gronda-t-il en fusillant son capitaine du regard.

- J'avais faim et il y avait pas de viande mais t'étais pas là et il y avait cet énorme bol de chocolat délicieux! Ca ressemblait à mon jour de chance, plaida le garçon au chapeau de paille.

- Dans ce cas, tu n'auras le droit de te resservir qu'une seule fois aujourd'hui, décréta Sanji tandis que son capitaine pâlissait. Comme ça, tu y réfléchiras à deux fois avant de croire que ton horoscope est plus intelligent que moi!"

Sur ces mots, le cuisinier éjecta ses deux compagnons d'équipage avec leurs habits pêle-mêle avant de refermer la porte à clé derrière lui. Il balança ensuite le journal sur la banquette et sortit ses plats du frigo. Il avait encore à nourrir le reste de l'équipage malgré tout.


Sanji fit tournoyer la clé une énième fois entre ses doigts nerveux avant de la faire jouer dans la serrure et d'ouvrir la porte. Le repas tardif était passé et il avait préparé un encas à ses deux princesses. Il n'avait donc plus rien à faire jusqu'au soir et il avait fini par se décider. Il voulait découvrir la chambre seul et sans attendre la nuit tombée où le sabreur ne manquerait pas d'être trop pressé pour qu'ils prennent le temps de quoi que ce soit d'autre que leur affaire. Il ne savait pas pourquoi il avait emmené le journal avec lui par contre.

La pièce était sobre et un peu plus grande que ce qu'il avait imaginé. Un lit deux places occupait la majorité de l'espace et de fines planches en bois aux murs permettraient de déposer quelques objets personnels. Il remarqua même trois emplacements sur le mur gauche, une attention probable pour les sabres de l'escrimeur. Il apprécia également que le cyborg ait conservé un hublot qui dispensait un peu de lumière et ne faisait pas ressembler le lieu à un placard grâce à sa vue sur l'océan.

Le cuisinier s'assit sur le lit avant de s'y laisser tomber pensivement. Cet endroit était à eux, rien qu'à eux, et un délicieux frisson d'anticipation le parcourut à cette pensée. Zoro avait raison. S'il ne voulait pas y rester, il lui suffirait de s'en aller et personne n'y trouverait à redire…

Sanji déplia le journal et parcourut des yeux l'horoscope une nouvelle fois. Il n'avait même pas lu le sien tout à l'heure. De toute façon, au vu de ce qui était prédit à Luffy, il ne voulait pas y accorder beaucoup de crédit mais il était tout de même curieux.

Poisson. Aujourd'hui, vous rêvez à de lointains horizons, à de nouvelles aventures exaltantes ou à des lieux à découvrir.

Sérieusement? Est-ce que cet astrologue se rendait compte que la plupart des gens qui voguaient sur Grand Line le faisait en quête de découvertes et d'aventures?

Sanji soupira. C'était stupide. Il décida néanmoins de regarder celui de Nami.

Cancer. Mettez en avant votre pouvoir de création que tout le monde semble apprécier. D'autant que vos amis peuvent vous aider à concrétiser certains projets.

Alors là, le blond devait reconnaître une certaine véracité à ces quelques lignes. Nami était incontestablement une personne forte dont chacun admettait l'intelligence. Et lui serait toujours prêt à l'aider, bien entendu!

Ses yeux s'égarèrent alors vers une autre colonne.

Scorpion. Grâce à votre volonté et à votre autorité, vous parvenez à vos fins. Mais reconnaissez que, sans votre partenaire ou vos collaborateurs, vous auriez eu plus de difficultés, non?

Sanji écarquilla les yeux avant d'éclater de rire. Cet horoscope décrivait parfaitement la tête d'algue! Le chef se résolut donc à accorder davantage de foi à ce Basil Hawkins finalement.

Il déposa ensuite le journal à ses côtés sur le lit et ferma les yeux quelques instants pour se reposer, le sourire aux lèvres.

Il s'assoupissait lentement lorsqu'il entendit le bruit de la poignée tourner. Il ouvrit un oeil mais n'eut rien le temps d'apercevoir car un poids le plaqua contre le matelas, lui coupant le souffle.

"Bouge, imbécile, grogna-t-il en reconnaissant Zoro contre lui.

- T'es vraiment d'une humeur de chien aujourd'hui, ricana l'homme en respirant dans son cou.

- Bouge! Tes putains de sabre me broient la hanche!"

Le sabreur roula sur le côté et déposa ses armes contre le mur. Il allait repartir à l'assaut du cuisinier mais celui-ci s'était relevé. Heureusement, le blond alla simplement refermer la porte et Zoro se jeta sur lui, retombant de dos sur le lit en tenant sa proie contre son torse.

"Tu vas payer pour la manière dont tu t'es comporté ce matin, lui chuchota-t-il à l'oreille avant de mordiller son cou sauvagement.

- Je t'ai disculpé tout de suite! lui rappela le cuisinier en se débattant.

- T'as traumatisé l'équipage. Ussop ose à peine te regarder maintenant."

Le blond haussa les épaules malgré sa position et essaya de se retourner mais le bretteur le maintenait fermement contre lui en utilisant ses jambes et il continua de le torturer sous ses baisers. Décidant de ruser, Sanji ôta les boutons de sa veste puis ceux de sa chemise avant d'écarter au maximum le tissu afin que l'autre homme soit tenté de bouger, et donc de lui laisser une marge de manoeuvre. Sa stratégie se révéla payante puisque Zoro fit rapidement glisser ses mains le long de son torse et de son ventre sous forme de délicieuses caresses qui le déconcentrèrent un instant de son but.

Une minute plus tard, il avait réussi à se retourner et donc à imposer son rythme. Il se redressa alors et s'assit sur les hanches de son compagnon d'équipage d'un air triomphant. Il ne mit cependant pas longtemps à se pencher en avant afin de l'embrasser longuement avant de descendre vers le creux de son cou et de ses épaules.

Entre les respirations de plus en plus précipitées du sabreur, il releva soudain les yeux vers lui, amusé.

"Tu sais pourquoi Luffy a fait ça, au fait? lui demanda-t-il.

- Pourquoi? répondit l'escrimeur d'une voix distraite, davantage concentré sur ses caresses.

- Parce que son horoscope lui a dit que c'était son jour de chance!

- Son jour de chance?

-Ouais. Et tu devineras jamais qui écrit ces foutus horoscopes, ricana-t-il en redéposant ses lèvres sur sa mâchoire. Basil Hawkins.

- C'est qui? s'enquit le sabreur d'une voix rauque.

- Un des Supernovae. Ca m'est revenu cet après-midi. Je savais qu'il était intéressé par les prédictions mais il doit être à court d'argent pour faire des trucs comme ça…"

Le cuisinier fit glisser sa chemise de ses épaules et aida l'épéiste à se débarrasser de son tee-shirt. Il déposa ensuite sa langue sur les pectoraux de l'escrimeur qui se tendit à son contact.

"En tout cas, je savais que t'avais un côté autoritaire mais il semble que tu sois aussi sadique, cuistot, lui souffla-t-il en laissant ses mains se promener sur ses omoplates dégagées.

- Tu préfères ma souplesse naturelle? suggéra alors le blond en le mordillant.

- Définitivement..."

Sanji étouffa un rire contre la peau chaude de son amant avant de se redresser une nouvelle fois. Zoro suivit son mouvement d'un regard brumeux. Le cuisinier savait que le sabreur était maintenant obnubilé par son désir et il bougea sensuellement son bassin contre le sien, provoquant de délicieuses sensations à leurs entrejambes. Il se pencha ensuite légèrement en avant et fixa l'épéiste qui avait déposé ses mains sur ses hanches pour le guider.

"Tu veux bien te laisser faire aujourd'hui? s'enquit-il doucement en poursuivant ses gestes langoureux. On est tranquille, personne viendra nous embêter...

- De quoi tu parles? murmura le bretteur qui se perdait dans les sensations se propageant dans tout son corps.

- Tu sais… Me laisser te prendre et baiser ton joli p'tit cul..."

Zoro s'immobilisa avant de grimaçer.

"Merde, parle pas comme ça, marmonna-t-il. Ca te va pas…"

Au-dessus de lui, le blond eut un sourire amusé.

"Alors comme ça, parler crûment, c'est pas ton truc?

- Non, ça c'est juste… vulgaire.

- Le grand Roronoa Zoro est un être sensible. Très bien, j'm'en souviendrai", chuchota alors le cuisinier à son oreille.

Le sabreur se remit à bouger, entraînant Sanji qui suivit son rythme de ses hanches.

"Et si j'utilisais des termes plus politiquement corrects, tu serais d'accord? poursuivit le cuisinier en déposant de petits baisers dans son cou.

- Non, je … J'sais pas… J'préfère pas, souffla le sabreur dont la respiration s'accélérait.

- Pourquoi? J'te promets d'en prendre soin, insista le chef en relevant la tête vers lui.

- C'est pas ça. J'ai juste… pas envie."

Sanji soupira sans pour autant ralentir ses mouvements et ses baisers. Zoro avait toujours une bonne excuse pour ne pas lui céder mais en même temps, il ne voulait pas le forcer ou le supplier. Il avait encore sa fierté.

"Un jour?

- Un jour."

Soudain, Zoro se redressa et passa une main derrière la nuque du blond pour l'embrasser passionnément. Celui-ci se laissa alors emporter par les délicieuses sensations sur sa bouche et son entrejambe que son amant venait de se mettre à masser. Sanji laissa ensuite l'épéiste le basculer sur le matelas après qu'il se soit débarrassé de leurs derniers vêtements avec des gestes brusques.

Le cuisinier comprenait son impatience mais il ne voyait pas pourquoi leurs habits avaient à en souffrir à chaque fois ni pourquoi le sabreur n'était pas capable de prendre son temps ou de se refréner afin d'augmenter leur désir.

Sanji abandonna ses réflexions lorsque Zoro se mit à l'embrasser avec avidité, partant de son cou, descendant vers son torse puis son ventre et s'aventurant toujours plus bas.

Au diable ses interrogations, il verrait ça plus tard…


Pour l'anecdote, hormis l'horoscope de Luffy que j'ai inventé, les prédictions sont issues de véritables horoscopes que j'ai trouvés sur internet (en date du 13 novembre) et qui correspondent avec les dates d'anniversaire des personnages que j'ai lues sur .com.

Je ne sais pas pourquoi j'ai entraîné Basil Hawkins là-dedans car je ne pense pas qu'il serait intéressé pour s'occuper des horoscopes d'un journal mais j'ai trouvé ça drôle d'y faire référence!