Un grand merci à MiaoiFuki, Wado21, LolaKawaii et little-grumpy pour vos reviews.
Merci également pour vos mises en alerte/favori.
Bonne lecture.
Chapitre 24
Un sérieux problème
Le lendemain matin, le cuisinier ouvrit les yeux et constata que le soleil commençait à filtrer par la fenêtre. Il était temps pour lui de se lever. Il voulut s'extirper du lit mais le sabreur avait passé un bras autour de son ventre et lorsqu'il bougea pour se dégager, il fut aspiré dans une étreinte possessive qui le cloua sur le dos, le bras de Zoro lui enserrant fermement la taille.
"Faut que j'me lève, face de mousse. J'ai pas l'temps pour la photosynthèse, moi.
- Reste encore un peu...
- C'est mon job de nourrir l'équipage. T'imagines si Luffy se lève et ne voit pas le petit-dej? Il est capable de bouffer le bateau."
Un grognement lui répondit et Sanji s'en amusa. A priori, Zoro avait peut-être eu d'autres idées en tête mais sa fatigue était la plus forte ce matin.
"Cinq minutes, plaida la tête d'algue endormie.
- Cinq minutes? Tu vas faire quoi en cinq minutes? se moqua le cuisinier.
- Cinq minutes pour dormir. Pervers.
- J'te crois pas."
Sanji haussa un sourcil avant de réprimer un rire quand il remarqua que le sabreur ne bougeait plus. Apparemment, Zoro n'avait pas menti et il crut qu'il s'était rendormi aussi vite jusqu'à ce que ce dernier ne promène paresseusement ses doigts sur son ventre. Il luttait visiblement contre le sommeil et ses gestes étaient lents et irréguliers.
Sanji attrapa son paquet de cigarettes et en alluma une. Il se sentait étrangement bien à fumer dans son lit aux côtés de la tête d'algue. Il remarqua que l'escrimeur continuait de le caresser du bout des doigts et son regard s'attarda sur la scène tandis qu'il tirait sur son mégot. Ce n'était pas dans les habitudes de Zoro de se laisser aller à de tels gestes et il sentit soudain un frisson étrange parcourir sa peau.
Qu'est-ce que c'était que cette sensation nouvelle? Une sourde inquiétude se propagea en lui à cette pensée. Le contact maladroit de la main du bretteur sur son ventre et son visage ensommeillé lui envoyèrent une toute autre image que celle de deux amants retenus par le simple lien de l'attirance charnelle. Il y avait autre chose. Autre chose qui montait en lui lorsqu'il regardait Zoro ce matin.
Ses yeux se mirent alors à détailler avec curiosité la silhouette virile de son corps, puissante et dominante. Le cuisinier pouvait voir ses muscles parfaitement dessinés sous sa peau bronzée qui suivait le rythme de sa respiration lente et profonde. Quand il dormait, l'épéiste affichait un air paisible qui contrastait avec celui qui le caractérisait habituellement, maussade et indifférent à la fois. Sa volonté impitoyable qui jaillissait dès lors qu'il ouvrait les yeux était contenue derrière le masque du sommeil, le rendant plus humain. Plus accessible.
Sanji fronça les sourcils. Bien sûr, il avait déjà vu tout ça mais il n'y avait pas prêté attention auparavant. Ou alors, pas de cette manière. Pas avec cette étonnante envie de s'extasier sur ce sentiment de beauté que dégageait le sabreur malgré lui.
Sanji se tendit légèrement mais le sabreur ne remarqua rien. Ses doigts avaient finalement terminé leur course sur les hanches du blond et il s'était rendormi.
Le cuisinier éteignit rapidement sa cigarette et se glissa hors des draps avant d'attraper ses affaires et de foncer vers la cuisine. Il était certes un peu en retard mais par-dessus tout, il ne voulait pas prolonger ses réflexions.
L'équipage petit-déjeuna de grand appétit, comme d'habitude, et Sanji fut suffisamment occupé pendant plusieurs heures pour oublier ses tourments du matin jusqu'à ce qu'un éclat de voix ne se fasse entendre au dehors. Il passa la tête à l'extérieur et vit la navigatrice battre la mesure de son pied sur le pont, foudroyant Chopper, Ussop et Brook du regard.
Intrigué, il descendit vers eux et vit Zoro émerger des flots puis se hisser à leurs côtés, Luffy sur son épaule.
"Qu'est-ce qui s'est passé? s'enquit-il tandis que Franky et Robin approchaient également.
- Il y a que ces crétins ne sont jamais à court d'idées pour inventer les pires débilités!" s'exaspéra Nami, les poings sur les hanches.
Sanji remarqua en effet une longue traînée de boue sur le pont ainsi que des débris de matériel et il interrogea ses amis du regard.
"On a utilisé la dernière invention de Franky pour imiter les oiseaux, commença Chopper en baissant la tête. Ca ressemblait à un jet-pack, on pensait que ce n'était pas dangereux...
- On a fait un test mais l'air comprimé était trop violent alors on a pensé qu'un système d'atténuation amortirait l'effet retour, avoua Ussop en grimaçant. On a mélangé de la terre du jardin avec de l'eau pour obtenir une boue suffisamment souple et on l'a enfermée dans un grand ballon.
- On l'a fixé au jet-pack et tout semblait fonctionner mais malheureusement, après quelques instants, la puissance de l'air comprimé a fait exploser le ballon en plein vol. Notre capitaine avait voulu le tester en premier et il s'est retrouvé dans l'océan, termina le musicien avec culpabilité.
- C'était… t-trop cool", toussa le concerné tandis qu'il recrachait l'eau de ses poumons à côté du sabreur qui dégoulinait en silence.
Le cyborg ramassa les débris de son invention en secouant la tête.
"Je me doutais que la puissance du cola mélangé à l'air serait trop importante pour le manier convenablement."
Il soupira ensuite en essuyant rapidement les flaques de boue maculant le bateau.
"Mon pauvre Sunny, c'est toi qui en a fait les frais. Ne t'inquiète pas, je vais arranger ça…"
L'ingénieur naval s'éloigna et revint les bras chargés de produits nettoyants. Il allait se mettre à frotter lorsque Nami l'arrêta d'un geste du bras.
"Attends, Franky."
Ce dernier se figea, étonné, et Nami foudroya les fauteurs de trouble du regard avant de reporter son attention sur tout l'équipage.
"On va tous s'occuper du Sunny. Il est dans un état de saleté à peine croyable, leur montra-t-elle alors. Ca peut pas continuer comme ça et Franky n'a pas à être le seul à nettoyer."
Elle distribua sans attendre seaux, serpillières, chiffons et produits aux membres de l'équipage qui tentèrent de cacher leur dépit devant la tournure des évènements.
"Si on s'y met tous ensemble, ce ne sera pas long, continua-t-elle fermement. Franky et Ussop, vous vous chargez de vos ateliers et de la salle des machines. Sanji, la cuisine et la réserve. Chopper, l'infirmerie et la cale. Zoro, la vigie et la salle de bain des garçons. Luffy et Brook, les ponts avant et arrière. Robin et moi nous chargeons de la bibliothèque et du coin jardin.
- Robin pourrait s'en occuper! intervint Luffy. Elle pourrait tout faire d'un seul coup!"
La navigatrice se tourna vers lui, furieuse.
"Robin n'est pas la bonne! En plus, nous devons tous faire des efforts pour le Sunny. Il s'agit de notre bateau mais aussi de notre maison et nous devons lui témoigner un peu de respect!"
Chacun approuva devant ses paroles et Nami mit une main sur sa hanche.
"Allez, mettez-vous au travail, leur ordonna-t-elle sèchement. Je passerai vérifier le résultat. Et Luffy, n'oublie pas la figure de proue. Tu as mis des traces de chaussures partout à force de t'y asseoir!"
Le reste de la matinée s'écoula rapidement au milieu des corvées et Sanji distribua des sandwiches à l'heure du déjeuner comme Nami ne voulait pas prendre le prétexte du repas pour arrêter leurs tâches. En fin d'après-midi, la jeune femme passa donc faire son inspection.
"Chopper, comment ça se passe? demanda-t-elle en passant la tête par la porte.
- Pas de problème", lui montra le petit renne.
L'infirmerie luisait et il avait passé une bonne partie de l'après-midi à réorganiser la cale et à la dépoussiérer. Nami approuva d'un hochement de tête satisfait avant de se diriger vers la cuisine juste à côté.
"Sanji, tu as fini? s'enquit-elle en pénétrant dans la pièce.
- Bien sûr, Nami-chérie! tourbillonna le blond. Je t'ai préparé un jus de mandarines après tous les efforts que tu as faits!"
Il lui tendit un verre et la navigatrice le prit avec plaisir. Elle jeta ensuite un coup d'oeil à la réserve pour vérifier ses dires puis lui confirma qu'il avait bien travaillé. Bien qu'il batifole autour d'elle comme d'habitude tandis qu'elle inspectait son travail, le cuisinier n'ajouta pas que cette distraction n'avait pas suffi à lui faire oublier l'étrange sensation qu'il avait ressentie ce matin en présence de l'escrimeur.
Inconsciente de ses tourments, Nami but son verre et reprit sa tournée vers les ateliers. Elle observa la netteté des pièces qu'Ussop et Franky avaient nettoyées et se dirigea avec bonne humeur vers le pont. Jusqu'ici, tout le monde avait joué le jeu et elle s'en réjouissait. Robin et elle avaient également mis un soin particulier à dépoussiérer les livres de la bibliothèque, lustrer les grandes baies vitrées et désherber le jardin.
Elle se dirigea alors vers le pont arrière où le squelette astiquait encore le sol.
"C'est du bon boulot, Brook, constata-t-elle. Je crois bien que le pont n'a jamais été aussi propre.
- Je te remercie, Nami!" répondit le squelette avec enthousiasme.
La navigatrice marcha ensuite vers le pont avant mais se figea bien vite en apercevant la silhouette du capitaine, profondément endormie sur la figure de proue.
"Luffy! hurla-t-elle en lui balançant sa serpillère en pleine figure. Comment oses-tu laisser ton équipage se taper tout le boulot?!
- Je viens juste de m'endormir! lui assura le jeune homme, paniqué. Je nettoyais tellement depuis tout à l'heure que ça m'a fatigué. J'ai besoin de faire une toute petite pause, c'est tout!
- Frotte et plus vite que ça!" vociféra-t-elle tandis que le capitaine reprenait lentement sa serpillière.
La jeune femme monta à la vigie en pestant pour terminer son inspection et lorsqu'elle pénétra dans la pièce, elle poussa un nouveau juron.
"Non mais c'est pas vrai, vous avez tous un problème ou quoi?!"
Elle balança le seau d'eau qu'elle espérait sale au sabreur endormi par terre et ce dernier se redressa, hébété.
"Je parie que t'as même pas commencé la salle de bain, espèce d'ours! lui hurla Nami dans les oreilles. Regarde l'état des fenêtres, t'as à peine fait la moitié ici!"
Zoro se contenta de bougonner devant l'avalanche de reproches qui continuait et il évita de justesse de se prendre le balai dans les dents. Il n'avait pas grand-chose à dire pour sa défense. Il n'avait effectivement pas nettoyé la salle de bain et il avait tout juste débuté celui de la vigie après le déjeuner qu'une irrépressible envie de dormir s'était emparée de lui. Apparemment, sa sieste avait dépassé les quelques minutes de repos qu'il avait voulu s'octroyer…
"Tu ne t'en sortiras pas comme ça, j'te le garantis! rugit la rousse en repartant enfin. Je veux que la vigie brille d'ici ce soir et tu feras la salle de bain cette nuit s'il le faut!"
Après son départ, Zoro soupira avant de s'étirer longuement. Il allait se dépêcher de finir la salle d'observation et il aurait terminé la salle de bain bien avant le dîner, il en était sûr.
Malheureusement pour l'épéiste, ce ne fut pas le cas et Sanji les appela pour le dîner avant même qu'il ne se soit approché de la salle de bain. Au moins, la vigie était étincelante et il était d'ailleurs assez fier de son travail. Il espéra alors un instant que la navigatrice se montrerait clémente avant de regarder la réalité en face : Nami ne montrerait jamais aucune compassion envers quiconque.
Et comme il l'avait prévu, cette dernière coinça le capitaine et son second à la fin du repas.
"Ceux qui se sont endormis tout à l'heure n'iront pas se coucher avant d'avoir fini leur corvée, leur rappela-t-elle en leur jetant un regard mauvais. Luffy, il te reste la figure de proue et Zoro la salle de bain.
- Oh, s'teu plait, Nami! plaida le garçon au chapeau de paille. On peut le faire demain!
- Pas question, aboya la jeune femme. Demain, vous vous endormirez encore!"
Le capitaine se mit à bouder tandis que le sabreur s'emparait des produits avant de filer vers la salle de bain. Plus vite il finirait, plus vite il irait se coucher.
Lorsque Zoro pénétra dans la pièce, l'ampleur de la tâche lui apparut et il soupira. La salle de bain des garçons était un véritable chantier. Hormis Sanji qui mettait un point d'honneur à ranger ses affaires, tous les autres les laissaient trainer un peu partout et personne ne s'encombrait à rincer ou à essuyer lorsque des gerbes d'eau atterrissaient par terre ou sur les murs.
L'escrimeur se sentait déjà fatigué mais il se secoua. Il décida alors de commencer par la baignoire et appliqua généreusement du produit. Cependant, il se rendit vite compte qu'il en avait trop mis et il se retrouva avec une quantité infinie de mousse qu'il n'arrivait pas à rincer. Agacé par ce travail supplémentaire, il laissa tomber un instant pour nettoyer les toilettes et le lavabo en faisant cette fois-ci attention à la quantité versée. Lorsqu'il revint à la baignoire, la mousse était encore présente en grande quantité et il décida de laisser l'eau couler pour la faire disparaître. En attendant, il essuya les deux grands miroirs mais à son plus grand désespoir, des traces réapparaissaient au même rythme qu'il les effaçait.
Alors qu'il parvenait enfin à un résultat satisfaisant, il remarqua que de la vapeur commençait à envahir la pièce, et donc les miroirs. Il se précipita pour couper l'eau chaude qui continuait à se déverser dans la baignoire et soupira à nouveau. Il se remit ensuite à rincer abondamment mais combiné à la chaleur, il en mettait partout et le sol devint bientôt une patinoire.
Lorsqu'il se fut enfin débarrassé de la mousse, il prépara la serpillière dans son seau et frotta vigoureusement le sol avant de le rincer à grande eau.
Il entendit soudain la porte grincer sur ses gonds et vit le cuisinier passer la tête par l'entrebâillement. Son air moqueur l'agaça immédiatement.
"Quoi? aboya-t-il.
- Ca fait deux heures que t'y es, tronche de cactus. J'avais peur que tu te sois noyé.
- N'importe quoi", grogna l'autre en ne parvenant pas à cacher son souffle un peu trop rapide.
Le blond pénétra dans la pièce et l'observa un instant.
"On dirait que vous vous êtes battus et que c'est la salle de bain qui a gagné", lui fit-il alors remarquer.
Zoro haussa les épaules et rinça puis essora sa serpillière tandis que Sanji laissait son regard s'attarder sur son corps à moitié dénudé. Le sabreur avait enlevé son tee-shirt dans sa lutte et l'humidité avait collé ses cheveux sur son front et sa nuque. Le blond se mordit les lèvres pour ne pas le trouver séduisant mais c'était peine perdue. Zoro était plus sexy que le diable en personne à cet instant.
L'escrimeur déposa enfin la serpillière dans le seau et il se lava les mains avant de se saisir d'une serviette pour s'essuyer également le visage. Sanji ne manqua pas à cette occasion les mouvements de ses muscles dorsaux et de ses épaules qui lui donnèrent subitement envie de se couler entre ses bras puissants pour être embrassé et caressé.
Le cuisinier se mit une gifle mentale à cette occasion. Il ressemblait à un idiot complètement épris d'un autre idiot en ayant des pensées pareilles. Pour autant, s'il mettait de côté le caractère presque sentimental de son raisonnement, il ne reniait pas le désir dévorant qui grandissait en lui.
"Quoi encore? demanda brutalement le sabreur qui avait remarqué son regard sur lui.
- Viens là, tête d'algue", lui ordonna-t-il alors.
Sa voix suave et son regard embrasé dissuadèrent sans doute le bretteur de protester et il s'approcha avec un sourire en coin.
Sanji se jeta sur ses lèvres et se colla au torse nu du sabreur qui le réceptionna contre lui, faisant immédiatement jouer sa langue dans sa bouche. Le blond passa ses mains derrière la nuque de l'épéiste pour le rapprocher encore et Zoro fit de même dans son dos pour approfondir leur baiser. Très vite, le cuisinier remonta ses doigts dans les cheveux si particuliers de son compagnon tandis qu'il reprenait son souffle en se décollant légèrement de ses lèvres pour mieux y replonger une seconde plus tard.
Les yeux toujours fermés, il laissa glisser fermement ses mains le long du torse de l'escrimeur qui étouffa un soupir contre ses lèvres à son passage. Sanji passa ensuite une main sur la bosse qui déformait déjà le pantalon du sabreur et celui-ci sembla redoubler d'ardeur dans ses baisers et ses caresses contre son dos. Terriblement excité, le blond tâtonna jusqu'à la ceinture pour la défaire.
"T'es pressé ce soir, lui fit remarquer Zoro entre deux baisers passionnés.
- Alors me fais pas attendre, murmura le cuisinier en retour.
- Une seconde."
Le bretteur se décolla du corps chaud contre le sien et eut un sourire narquois lorsque Sanji le fusilla du regard, haletant et le rouge aux joues.
"J'veux juste…"
Zoro s'appliqua alors à déboutonner tranquillement la veste du cuisinier tandis que ce dernier le dévisageait avec incrédulité.
"Qu'est-ce que tu fais?
- A chaque fois, tu fais la gueule parce que j'y vais trop fort. J'fais ça bien là alors te plains pas", marmonna l'autre, concentré.
Sanji continua de fixer les mains maladroites de Zoro à quelques centimètres de son torse et retint son souffle sans bouger. Il trouvait ce moment infiniment délicat et cela l'impressionnait venant de la part de l'escrimeur. Finalement, ce dernier termina sa tâche et fit glisser la veste de ses épaules avant de s'attaquer à la chemise.
Lorsqu'il défit le dernier bouton, Sanji relâcha sa respiration et releva les yeux vers lui, déboussolé. Zoro décala alors une mèche de ses cheveux qui tombait devant son seul oeil visible avec un sourire amusé et le cuisinier se sentit frémir à son contact.
"Et voilà."
Sanji se rendit compte qu'il ne savait plus comment se comporter après ces gestes auxquels il ne s'attendait pas mais heureusement, Zoro prit la situation en main.
"On devrait aller dans la chambre, on sera tranquille," lui proposa-t-il avec un sourire entendu.
Le blond hocha seulement la tête et resserra les pans de sa chemise lorsque l'air frais le fit frissonner dehors.
Le sabreur ne s'attarda pas et referma brusquement la porte derrière eux sitôt entrés. Il n'avait pas pris la peine de remettre son tee-shirt et il attrapa donc le blond entre ses bras avant de l'embrasser sauvagement. Sanji sentit ses esprits lui revenir tandis que les doigts de l'escrimeur agrippaient désormais sa peau nue sous sa chemise et il entreprit enfin de détacher la ceinture qui le gênait un peu plus tôt. Aussitôt fait, il détacha le bouton du pantalon et plongea la main à l'intérieur, obtenant un soupir du bretteur qui pressa ses hanches vers lui en réponse.
Désormais de nouveau en confiance, Sanji le repoussa fermement contre le mur gauche et massa le membre dur avec impatience par-dessus le dernier vêtement. Zoro se mit à haleter tout en poursuivant ses caresses et ses baisers avant de s'immobiliser.
"Dou- doucement, cuistot. J'vais pas tenir longtemps à ce rythme…
- Ca m'est égal, répliqua le cuisinier en déposant brutalement ses lèvres sur les siennes. J'en ai juste envie."
D'un geste sec, il dégagea les derniers vêtements qui le gênaient et la respiration du sabreur accéléra encore lorsqu'il sentit les doigts du blond s'enrouler autour de lui. Ses mains se resserrèrent instinctivement autour de la chemise puis directement sur la peau brûlante du cuisinier. En réponse, celui-ci entama immédiatement des mouvements rapides et Zoro grogna contre sa bouche qui ne cessait de le réclamer.
Sanji sentait sa propre excitation monter en flèche et il utilisa son autre main pour desserrer son propre pantalon. Le sabreur remarqua son manège et l'aida à descendre un peu son pantalon et son boxer, venant à son tour s'emparer de son sexe dressé. Le cuisinier soupira doucement avant d'accélérer ses propres gestes, obligeant Zoro à s'appuyer un peu plus encore contre le mur derrière lui, le souffle court. Sanji enfouit alors sa tête dans le creux de son épaule droite et se mit à y déposer une série de baisers enfiévrés.
Le blond n'arrivait plus à suivre. Il ne savait pas si les gémissements étouffés qu'il entendait étaient les siens ou ceux de Zoro mais ce dont il était certain, c'est qu'il avait rarement connu un tel plaisir avec si peu de contact. Il avait envie de se fondre dans la masse de muscles chauds qui l'entouraient et de s'imprégner à tout jamais de l'odeur masculine du sabreur.
Il se redressa légèrement et vit que le sabreur était maintenant franchement essoufflé. Son corps luisait sous la lumière tamisée de leur chambre et son ventre contracté laissait deviner le plaisir auquel il était soumis tandis que la main du blond s'activait de plus en plus vite, lui faisant fermer les yeux. Sanji trouva cette image du bretteur incroyablement érotique et il redéposa brutalement ses lèvres contre les siennes, faisant s'entrechoquer leurs dents à travers des baisers affolés. Le plaisir montait de toute part en lui, la main chaude du sabreur autour de son membre suivant le rythme qu'il imposait sur le sien.
Sanji sentit soudain la main de l'escrimeur remonter jusqu'à sa nuque et celui-ci se crispa dans un grognement rauque, rapprochant leurs deux visages pour un dernier baiser enflammé. La sensation suffit au cuisinier pour le rejoindre et ils se délivrèrent presque simultanément dans la main de l'autre, le souffle court et les jambes tremblantes.
"Putain... On n'a pas fait long feu", murmura ensuite le sabreur en reprenant sa respiration.
Sanji hocha vaguement la tête. Il redescendait lentement de son orgasme et ajusta sa vue pour constater que Zoro ne bougeait pas non plus. Il profita de la sensation encore quelques instants avant de se dégager lentement de l'emprise du sabreur tout en relâchant la sienne. Leurs pantalons leur pendaient encore aux hanches et sa chemise froissée avait été tâchée. Il attrapa du bout des doigts un paquet de mouchoir et en prit un avant de tendre le paquet à l'escrimeur tout en évitant son regard. Il ne savait pas pourquoi il se sentait si étrange tout d'un coup, à la fois comblé et mal à l'aise, et il prit une cigarette et son briquet.
De son côté, Zoro se débarrassa de ses derniers vêtements rapidement puis se laissa tomber sur le lit, un sourire satisfait aux lèvres. Sanji ôta les siens plus lentement avant de s'installer à ses côtés et d'observer le plafond en soufflant la fumée de sa cigarette. Au dehors, la nuit était d'un noir d'encre et le vent se levait, faisant doucement rouler le Sunny sur les vagues.
Le cuisinier frissonna et ajusta les draps sur lui tout en profitant de la chaleur du corps à côté du sien qui finissait de reprendre son souffle. Il jeta ensuite un coup d'oeil curieux à son compagnon. Il aurait imaginé avoir envie de remettre le couvert mais ce soir, après l'assouvissement de ce désir fougueux, ce n'est pas ce qu'il recherchait.
"Parle-moi de Kuina, tête d'algue.
- Quoi, maintenant? lui répondit une voix ensommeillée.
- On ne parle jamais si ce n'est dans ces moments-là."
Le blond tourna la tête vers le sabreur. Ce dernier semblait déjà prêt à s'envoler au pays des rêves alors il le secoua un peu.
"Raconte-moi, le pressa-t-il.
- Qu'est-ce que tu veux savoir? grogna l'épéiste.
- Comment elle était?"
Le bretteur haussa les épaules.
"Tu te souviens quand on a fini le Davy Back Fight avec ce taré de Foxy et qu'on est tombé sur cette île où une espèce d'hippocampe dragon nous a volés notre mémoire?"
Sanji hocha la tête et Zoro poursuivit.
"Elle faisait partie des personnes qui sont apparues lorsqu'il a fini par relâcher totalement nos souvenirs. Tu l'as pas vue?
- Je crois que j'avais les yeux rivés sur mon propre souvenir de ce vieux Zeff, se remémora le blond.
- Bon, bah elle était là.
- J'avais compris, soupira le cuisinier. Décris-la moi."
L'escrimeur prit quelques secondes de réflexion.
"Déterminée. Sans pitié. Une vraie guerrière.
- Et physiquement?
- Les cheveux courts, foncés. Un visage froid. De grands yeux sombres et fiers. Un peu comme Tashigi, les lunettes en moins. Meilleure combattante aussi."
Sanji essaya de se figurer la jeune fille en imaginant l'officier de Marine en plus jeune.
"Pourquoi tu veux savoir? lui demanda ensuite le sabreur en se tournant à son tour vers lui.
- Je sais pas. Elle était importante pour toi alors je crois que j'ai envie de la connaître."
Le cuisinier se mordit la langue aussitôt que les mots lui eurent échappés mais Zoro ne parut pas s'apercevoir de sa confession. Il s'installa de nouveau sur le dos, fixant son attention vers le plafond et se concentrant sur ses souvenirs.
"Au départ, je la détestais car elle était plus forte que moi. Elle fichait des raclées à tout le monde avec arrogance et ça me rendait dingue. Et puis, au fur et à mesure, elle est devenue la raison de mon engagement pour devenir le meilleur. Le fait qu'elle me batte à chaque fois avec son seul sabre m'a donné l'envie de me dépasser, elle est devenue mon modèle."
Le blond écoutait avec attention l'épéiste lui raconter son histoire, la cigarette au coin des lèvres et le regard hypnotisé. Il ne savait pas pourquoi mais cette confidence le touchait particulièrement. Peut-être parce que Zoro ne parlait jamais de lui à personne.
"Le soir de sa dernière victoire, elle était en train de flancher, continua l'escrimeur. Elle était persuadée de ne pas atteindre son rêve de meilleur sabreur du monde parce qu'elle était une fille alors on s'est promis que l'un de nous deux le deviendrait quoi qu'il arrive."
Comme le bretteur se taisait, Sanji souffla un peu de fumée et reporta son attention sur lui. Zoro avait son regard de combattant, celui dur et fier qu'il arborait avant d'enfiler son bandana, avant de se jeter dans la bataille.
"Alors ça vient de là ton idée de devenir le meilleur manieur de sabres du monde?"
Zoro haussa les épaules.
"Disons que ça l'a renforcé. Quand elle est morte, son père m'a donné le Wâdo pour que je réalise son rêve et j'ai juré de tenir cette promesse comme je l'avais faite à Kuina. Et je n'ai qu'une parole."
Sanji laissa son mégot s'éteindre sans y penser. Il ne doutait pas de la détermination de son amant et il frissonna sans le vouloir. Peut-être aurait-il aimé incarner autant de choses que cette fille pour l'escrimeur, réalisa-t-il soudain.
"Quand j'y pense, elle n'aurait pas toléré que tu danses devant elle avec des coeurs dans les yeux", ajouta l'épéiste avec amusement avant de fermer les paupières pour glisser vers le sommeil.
Le blond ne fit pas un geste pour le réveiller à nouveau et il inspira longuement tandis qu'il sentait le sabreur s'endormir à ses côtés. Il fixa le plafond encore une fois. Il savait qu'il ne dormirait pas car son cerveau bouillonnait.
Il se leva sans bruit, passa des vêtements propres et s'échappa de la chambre pour se positionner contre la balustrade la plus proche. Un peu plus loin, Chopper luttait contre le sommeil pour surveiller la mer.
Sanji soupira longuement. Il ne pouvait plus nier qu'il avait un problème. Peut-être même ce problème était-il là depuis un moment et qu'il l'avait étouffé mais il revenait maintenant à la charge dans toute sa puissance.
Un problème du nom de Roronoa Zoro.
Bon, nous voilà rentrés dans le vif du sujet, j'espère que vous avez apprécié! Turbulences en approche...
