Merci à Wado21, P.Y, Rosy-lisa et little-grumpy pour vos reviews.
Merci également pour vos mises en alerte/favori.
Bonne lecture.
Réponses aux reviews anonymes
P.Y: en espérant que la suite tiendra ses promesses :)
Rosy-lisa: tu sais que Sanji est de bonne humeur quand il prend en compte les goûts alimentaires de Zoro (même un court instant) XD
Chapitre 30
Les berrys de la honte
Le vacarme assourdissant de l'alarme fit instinctivement relever les yeux de la jeune archéologue vers le plafond.
"Ils se sont faits repérer."
Non loin d'elle, Zoro jeta un coup d'oeil aux trois hommes toujours assommés dans un coin. Il se posta ensuite à la porte et dégaina ses sabres.
"Il faut se tirer. On va pas tarder à avoir de la visite."
Robin se tourna vers le tableau principal et actionna le bouton de l'élévateur mais une lumière clignota sur sa gauche.
"Les commandes sont bloquées, il me demande un code d'accès, comprit-elle.
- Trouve quelque chose alors parce qu'ils vont pas nous aider apparemment."
En effet, la sécurité de l'hôtel avait déjà rappliqué et le bretteur s'écarta brusquement pour éviter la balle d'un homme qui l'avait visé depuis le couloir.
"Technique à trois sabres. Demon Slash!"
La petite dizaine de gardes postée un peu plus loin s'écroula, fauchée net, et le sabreur reprit sa position devant la porte principale. De son côté, Robin essaya quelques boutons sur la console puis tenta à nouveau d'actionner celui de l'élévateur mais une décharge électrique la fit reculer et elle poussa un cri.
"Est-ce que ça va? s'enquit Zoro en parant une nouvelle rafale de balles dans sa direction.
- Oui… Je vais essayer de refermer la porte.
- Fais vite. Ils sont de plus en plus nombreux."
Robin sortit son talkie-walkie pour joindre leurs deux compagnons à l'étage.
"Franky, on ne contrôle plus les commandes pour l'instant. Il va falloir vous débrouiller.
- No problem, on gère!" lui répondit la voix du cyborg parmi des bruits de tirs.
La jeune femme reporta ensuite son regard vers la porte d'entrée que Zoro défendait à coups de sabres. De plus en plus d'hommes affluaient vers eux. Il fallait absolument qu'elle trouve un moyen de débloquer les commandes.
Franky roula au sol pour éviter les tirs nourris d'un robot dans sa direction.
"C'est de la gnognote ton truc! lui lança-t-il. Je vais te montrer comment on vise! Beans left!"
Un viseur apparut sur sa main gauche tandis qu'elle se détachait de son bras pour laisser place à une mitraillette. Le cyborg canarda le robot qui tomba bientôt en pièces au sol, fumant. Franky rangea son arme dans son bras et leva les yeux vers son capitaine.
"Tu trouves, Luffy?"
Le garçon au chapeau de paille avait détruit un autre robot dont la carcasse gisait également par terre. Il était ensuite remonté au sommet du coffre pendant que le cyborg s'occupait de leurs autres ennemis. Il ne voulait pas repartir les mains vides et essayait toujours de déplacer la trappe d'accès.
"Ça bouge pas ce truc!" s'énerva-t-il.
Il recula et ajusta sa perruque qu'il avait été récupéré.
"Dépêche, Luffy, ils remettent ça! le prévint alors son charpentier qui faisait maintenant face à une énorme machine lui balançant des rayons lasers.
- Puisque c'est comme ça, Gum-Gum Rafale!"
La tôle du coffre-fort se déforma sous l'avalanche de poings avant de finir par se creuser et finalement se déchirer. Une deuxième alarme se déclencha mais Luffy n'y fit pas attention. De toute façon, ils étaient déjà repérés. Il plongea dans le coffre et éjecta des dizaines de sacs sur le toit pendant que Franky courrait aussi vite que possible pour échapper aux tirs du robot. Après quelques minutes, le garçon au chapeau de paille ressortit et interpella son compagnon.
"On pourra pas tout porter mais j'ai pris le maximum!
- Ça roule! Je vais me débarrasser de cette machine et on se tire!"
Le cyborg fit brutalement volte-face devant son ennemi et ouvrit grand la bouche.
"Fresh Fire!"
Le robot continua d'avancer mais la fournaise eut raison de lui et il se stabilisa rapidement, carbonisé. Ravi, Franky improvisa une petite danse de la victoire et Luffy le rejoignit en riant pour la pose finale. Cependant, ils furent vite ramenés sur terre en entendant une explosion provenant de la salle des commandes qui les fit vaciller.
"Qu'est-ce qui se passe? s'enquit Luffy.
- Robin a dit que les boutons sont bloqués. Ils doivent essayer de se défendre", répondit l'ingénieur.
Le capitaine fronça les sourcils et mordit son pouce avant d'y souffler.
"D'accord, faut pas traîner alors. Gear Third!"
Sa main enfla et il l'envoya en arrière pour prendre plus d'élan.
"Attention, on arrive! Gum-Gum Gigant Pistol!"
Zoro releva les yeux vers le plafond en train de se fissurer. Robin était parvenue à déclencher la fermeture manuelle de la porte grâce à un petit boitier sous le tableau des commandes et ils avaient pu souffler quelques instants. Malheureusement, les Marines étaient arrivés en renfort des gardes de l'hôtel et ils avaient placé des explosifs contre la porte. La déflagration avait projeté le sabreur et l'archéologue contre le mur opposé et la porte avait volé en éclats. Malgré tout, ils s'étaient tous deux rapidement relevés pour se protéger et au prix de quelques attaques, ils avaient pu se débarrasser de leurs assaillants.
Cependant, à peine avaient-ils profité de ce calme relatif que le plafond s'était mis à trembler et Zoro n'avait pas tardé à comprendre ce qui était en train de se passer. Luffy utilisait sa force pour se créer un passage mais les murs déjà fragilisés allaient communiquer leur faiblesse au plafond qui n'en supporterait pas davantage.
Comme le bretteur l'avait prévu, Franky et Luffy atterrirent bientôt à leurs côtés, chargés de sacs. Ils avaient sauté au milieu d'un trou créé autour de l'élévateur tandis que les murs se lézardaient de plus en plus. Robin s'écarta brusquement tandis qu'une pierre s'écrasait à quelques centimètres d'elle. Le reste du plafond au-dessus d'eux se craquela davantage et un grincement métallique se fit entendre.
"Oh non, le poids du coffre va tout faire s'écrouler!" s'alarma Franky.
L'escrimeur sortit ses lames.
"Mettez-vous à l'abri, je m'en occupe", décida-t-il.
Ses amis reculèrent dans un coin avec les trois premiers gardes inconscients et Zoro se positionna, concentré. Il attendit que le plafond s'affaisse totalement et que l'immense coffre commence à apparaître pour qu'un sourire déterminé n'apparaisse sur son visage.
"Technique à un sabre. La danse du lion!"
En un coup net et précis, la lame transperça l'acier du coffre qui retomba en deux parties égales de part et d'autre de la pièce. S'écrasant au sol, le poids l'acier et de la chute combinés firent trembler les murs qui tinrent bon malgré tout. La poussière et les débris s'envolèrent violemment en tous sens tandis que l'équipage au chapeau de paille se protégeait tant bien que mal grâce à leurs bras.
Une fois le calme revenu, les amis constatèrent que le reste de l'argent contenu dans le coffre désormais ouvert en deux volait doucement dans la pièce. Luffy se mit alors à danser en riant sous cette pluie de billets.
"Nami aurait adoré! rigola-t-il.
- Trainons pas, intervint le cyborg, soucieux. Si le reste de l'hôtel n'était pas au courant qu'il se passe quelque chose, c'est fait maintenant."
Sanji passa allègrement le pas de la porte de la chambre d'hôtel, Ussop sur ses talons. Sitôt entrés, le cuisinier remarqua qu'une ravissante créature se terrait dans un coin, le visage inondé de larmes. Il bondit à ses côtés pour lui venir en aide mais la jeune femme recula un peu plus tandis que ses larmes redoublaient.
"Je ne vous veux aucun mal, rassurez-vous, charmante demoiselle! Je suis là pour vous sauver!"
Sanji tourbillonna dans les airs et Ussop s'approcha en soupirant tout en repoussant son ami.
"Arrête de lui faire peur. Est-ce que ça va?" s'enquit-il gentiment.
La jeune femme lui sembla plutôt frêle. Elle avait de longs cheveux noirs nattés, les traits tirés et les yeux rougis par les larmes. Il lui donna une vingtaine d'années tout au plus. Elle le dévisagea un instant avant de hocher doucement la tête.
"O-oui. Que-que faites-vous ici?" demanda-t-elle d'une voix faible.
Le sniper lui adressa un sourire rassurant.
"Mon ami a pensé que vous aviez besoin d'aide, lui expliqua-t-il. Est-ce que tout va bien?
- Eh bien, à vrai dire…"
La jeune femme bougea légèrement et un bruit métallique se fit entendre. Ussop baissa les yeux et constata avec horreur que l'une de ses chevilles était entravée par une chaîne.
"Qui a osé faire une chose pareille?! s'écria Sanji qui avait également cherché l'origine du bruit d'un mouvement des yeux.
- C-c'est mon maître, bredouilla-t-elle.
- Votre maître? s'indigna le blond. Ne me dites pas que vous êtes une esclave?!"
La jeune femme baissa la tête.
"Si. Je suis attachée à son service depuis bientôt trois ans…"
Le cuisinier se mit à fumer.
"C'est tout bonnement inadmissible qu'une magnifique jeune femme telle que vous soit obligée d'obéir à quelqu'un! Je vais en faire un hachis menu avec d-
- Hé, qu'est-ce que c'est que ça?" les interrompit soudain Ussop.
Sanji et la jeune femme se tournèrent vers lui. Le sniper leur désignait un tableau sur un chevalet dans la pièce.
"Ce sont mes peintures, fit la prisonnière.
- Ca ressemble drôlement aux tableaux de la vente aux enchères, remarqua le blond en s'approchant à son tour pour les examiner.
- Oui, c'est normal. C'est moi qui les peints, souffla alors la jeune femme.
- Quoi?!" s'écrièrent les deux amis.
Sanji et Ussop se tournèrent brutalement vers elle, parfaitement sidérés.
"Mais vous êtes célèbre! s'exclama Ussop.
- Pourquoi une artiste aussi talentueuse que vous est traitée comme une esclave? s'étonna le blond.
- En réalité, je peins ces tableaux mais c'est mon maître qui les vends, expliqua-t-elle doucement.
- Vous voulez dire qu'il vous force à les peindre et qu'il s'en sert ensuite pour se faire de l'argent?! comprit Ussop. C'est parfaitement ignoble!
- Ces Dragons Célestes sont vraiment des êtres répugnants", cracha la cuisinier.
La jeune femme baissa les yeux.
"Nous sommes peintres et sculpteurs depuis des générations dans ma famille et c'est notre seul moyen de subsistance. Il y a bientôt trois ans, un Dragon Céleste est venu sur notre île. Il aimait mes tableaux et il m'a proposé de m'en acheter quelques-uns. Bien sûr, j'ai accepté et je suis allée les déposer sur son navire. Je n'ai jamais pu ressortir. Il m'a emprisonnée et emmenée loin de ma famille, je n'ai rien pu faire. Depuis, il me force à peindre des tableaux et ensuite, il me les prend pour les vendre..."
De nouvelles larmes dévalèrent son visage et le cuisinier serra les dents.
"Quelle ordure...
- Vous savez, mon île est tout près d'ici, reprit-elle au milieu de ses sanglots. J'ai essayé de m'échapper mais je n'ai pas pu… Je voudrais tellement revoir ma famille..."
Elle leur montra sa cheville rougie et abîmée à force d'avoir tiré sur la chaîne. Blême de rage, Sanji la brisa d'un coup de pied précis qui fit sursauter la jeune femme.
"On va vous ramener chez vous, décida-t-il alors en plaçant un nouveau mégot entre ses dents.
- V-vraiment? bégaya-t-elle en tentant de se mettre debout. Je ne voudrais pas vous créer d'ennuis, je peux me débrouiller...
- Ne vous inquiétez pas, nous ne laisserons plus personne vous faire du mal! approuva le tireur d'élite. Je m'appelle Ussop et lui, c'est Sanji," se présenta-t-il ensuite.
Des larmes noyèrent à nouveau les yeux de la jeune femme, cette fois-ci éperdue de reconnaissance.
"Vous êtes si gentils. M-merci beaucoup. Je-je m'appelle Iris."
Elle s'essuya les yeux d'un revers de main puis boitilla jusqu'à un coin de la pièce tandis que Sanji se portait immédiatement à ses côtés pour la soutenir. Elle montra alors une grande toile aux couleurs lumineuses à ses nouveaux amis.
"Je voudrais l'emmener, murmura-t-elle en la caressant du bout des doigts. C'est mon seul trésor, vous savez.
- Il est magnifique! s'exclama Ussop, ébahi.
- C'est ma ville natale. Je repousse sans arrêt le moment où mon maître le récupérera. Je lui dis toujours qu'il n'est pas fini car c'est mon seul souvenir à présent…"
Sanji s'empara du tableau avec détermination et aida la jeune femme à se redresser.
"Vous allez revoir votre île, Iris, j'en fais le serment!"
La jeune femme hocha la tête et ils allaient se mettre en route lorsque le sol trembla sous leurs pieds. Le regard d'Ussop croisa instantanément celui du cuisinier qui grinça des dents.
"J'en étais sûr. Ces trois imbéciles se sont fait repérer. Faut pas trainer."
"Robin, qu'est-ce qui se passe? s'alarma Nami. Le sol a tremblé ici!"
Dissimulée derrière une colonne en marbre, la navigatrice jeta un coup d'oeil anxieux en contrebas. Elle voyait les agents de la Marine s'agiter dans la foule qui continuait âprement à débattre des prix. La secousse avait été légère et personne ne semblait l'avoir remarquée parmi les acheteurs.
"Nous avons été attaqué mais tout va bien, répondit la voix de son amie. Nous avons récupéré une partie des paiements et nous sommes en route.
- Très bien. Je vais faire sortir tout le monde. Rendez-vous au Sunny."
Nami brancha ensuite sa fréquence pour prévenir Brook, Chopper et Sanji.
"Les gars, tout le monde dehors. Soyez sur le Sunny dans dix minutes ou on partira sans vous."
Aussitôt dit, elle s'éclipsa par les larges portes d'entrée et fila vers le navire sans demander son reste.
"Dix minutes pour rejoindre le Sunny, elle est sérieuse? maugréa Ussop.
- Tais-toi et avance, le coupa Sanji qui soutenait Iris. Si Nami a dit ça, c'est qu'il y a une bonne raison."
Le sniper grommela entre ses dents avant de passer prudemment la tête à un tournant du couloir pour vérifier qu'il n'y avait personne. Rassuré, il s'engagea ensuite vers les ascenseurs.
"On est bientôt arrivé? s'enquit Luffy tandis qu'il courait avec ses compagnons à travers les dédales du sous-sol.
- On ne devrait plus être très loin, répondit Franky, les bras chargés de sacs.
- Attendez, où est Zoro?" demanda soudain Robin.
Les trois amis se stoppèrent brusquement et jetèrent des coups d'oeil autour d'eux à la recherche de leur ami. Des bruits de pas se firent alors entendre non loin et le cyborg grimaça.
"Tant pis, il se débrouillera. Il faut absolument sortir d'ici."
"Merde, ils ont stoppé les ascenseurs! ragea Sanji.
- Ils doivent essayer de nous coincer! s'affola Ussop.
- Dépêchez-vous, prenez les escaliers!" ordonna le cuisinier en ouvrant la porte d'un coup de pied.
Les trois jeunes gens dévalèrent les marches mais à peine avaient-ils descendus deux étages que les lumières s'éteignirent et Ussop retint un cri de panique.
"Continuez d'avancer, ils veulent nous ralentir!" fit le blond qui passa en tête pour repérer le chemin.
Ils poursuivirent la descente le plus rapidement possible dans l'obscurité jusqu'à ce que Sanji ne rencontre violemment un obstacle qui le fit trébucher en arrière, le tableau d'Iris manquant lui échapper des mains.
"Bordel mais qu'est-ce que c'est que ce-
- C'est toi, cuistot? Mais qu'est-ce que tu fous là?" s'étonna le sabreur en face de lui.
Sanji se releva, blême de rage, tandis que les lumières de secours prenaient faiblement le relais.
"Non mais je rêve! Toi, qu'est-ce que tu fais là, espèce de demeuré?! T'étais pas censé être avec les autres au sous-sol?!
- Si mais ils se sont perdus.
- Zoro, tu t'es pas dit que c'était pas normal de continuer à monter alors que la sortie est au rez-de-chaussée? lui demanda alors Ussop, blasé.
- J'avais pas remarqué", fit le sabreur en haussant les épaules.
Le cuisinier se passa une main sur le visage.
"Bon, tant pis, on s'occupera de ton impossibilité à t'orienter plus tard. Pour l'instant, il faut se tirer d'ici!"
Le groupe se remit à dévaler les marches vers la sortie. Quelques minutes plus tard, ils déboulèrent enfin dans le hall sous le regard interrogateur des clients de l'hôtel devant leur air échevelé. Sanji repéra immédiatement les quatre agents de sécurité devant les portes extérieures et il resserra sa prise sur le tableau.
"Surtout, ne vous arrêtez pas.
- Qu'est-ce que tu vas faire?" s'inquiéta Ussop.
Pour toute réponse, le cuisinier fonça vers les quatre hommes et lança le tableau dans les airs pour ne pas être gêné.
"Longe! Basse-côte! Brochette! Escalope!"
Il récupéra le tableau avec aisance, laissant ses quatre adversaires assommés et sanguinolents au sol. Il tira ensuite sur sa cigarette avant d'ouvrir la porte pour ses amis.
"Grouillez-vous les deux idiots, grogna-t-il. Iris, si vous êtes fatiguée, dites-le moi!" ajouta-t-il en fondant au passage de la jeune femme.
Sous le regard médusé des clients et du personnel, ils dépassèrent les lourdes portes d'entrée en courant tandis que plusieurs officiers se lançaient à leur poursuite. Après avoir dépassé les environs de l'hôtel, ils foncèrent vers la petite crique où les attendait le Sunny.
"Au fait, c'est qui elle? s'enquit soudain le bretteur en désignant Iris. Pourquoi elle nous suit?
- C'est elle qui peint les tableaux, lui expliqua Ussop tout en continuant à courir. Un Dragon Céleste la forçait à les faire pour ensuite empocher l'argent.
- Et donc, pourquoi elle est là? insista le sabreur.
- Parce qu'on va la ramener chez elle, tête d'algue!
- Et ce tableau que tu portes, c'est quoi?"
A ces mots, Iris trébucha et tomba au sol. Aussitôt, les trois hommes s'arrêtèrent et Sanji se rua vers elle.
"Désolée, souffla-t-elle, totalement exténuée. Je suis faible et ma cheville ne me permet pas de tenir le rythme…
- Oh non, la Marine est derrière nous! s'affola alors Ussop en les voyant foncer dans leur direction. Qu'est-ce qu'on va faire?!
- On court, décida Zoro en jetant Iris sur son épaule.
- Hé mais qu'est-ce que tu crois faire, crétin de sabreur?! hurla Sanji tandis qu'ils reprenaient leur course. C'est une dame que tu portes, pas un sac de patates!
- La ferme et cours, imbécile de cuistot!"
Ussop, Zoro, Sanji et Iris rejoignirent bientôt Robin, Franky et Luffy qui se précipitaient également vers le Sunny.
"Ohé, Robin d'amour! dansa le blond en se portant à sa hauteur.
- T'es là, Zoro! s'enthousiasma le capitaine. T'es allé rejoindre Ussop et Sanji?
- Ouais, ils s'étaient perdus, rétorqua nonchalamment le sabreur.
- Non mais t'as pas honte? s'insurgea Ussop à ses côtés.
- Arrêtez de bavasser et courez! les interrompit Franky tout en jetant un coup d'oeil par-dessus son épaule.
- Par ici!" leur montra soudain Robin.
Le groupe bifurqua brusquement à l'angle d'un chemin de terre et se tapit dans une large rangée d'arbustes.
"Il faut qu'on se débarrasse de ces glues avant de les mener au Sunny, marmonna le cuisinier en serrant le tableau dans ses mains.
- C'est joli, Sanji! s'extasia Luffy. C'est toi qui l'as peint?
- Parce que tu crois que j'ai eu le temps de peindre depuis tout à l'heure?! aboya le blond.
- J'ai une idée, intervint l'archéologue. Ussop, je vais avoir besoin de ton aide.
- Pas de problème, répondit le sniper en relevant la tête avec fierté. Tu peux compter sur moi!
- Oh, salut! fit alors Luffy en remarquant la jeune femme toujours sur l'épaule du sabreur. Tu t'es perdue toi aussi et Zoro t'a trouvée?"
Sanji balança une taloche à son capitaine.
"Concentre-toi et arrête de raconter des conneries!
- Préparez-vous à courir", prévint Robin.
A ces mots, elle ferma les yeux et croisa les bras devant elle.
"Douze fleurs!"
Des bras jaillirent sur la vingtaine d'hommes à leur recherche et les ligotèrent, leur arrachant un cri de surprise.
"A toi de jouer, Ussop, fit-elle ensuite au sniper.
- Génial, vous allez voir! s'écria-t-il. Attention à vos yeux, Flash Dial!"
La lumière vive aveugla les assaillants qui ne pouvaient pas s'échapper de l'emprise de Robin et ils hurlèrent de terreur. Lorsque la jeune femme relâcha ses multiples bras quelques secondes plus tard, ils tentèrent de se relever mais la privation de leur sens principal les dérouta et ils trébuchèrent lourdement avant de retomber au sol.
"Perdons pas de temps, on y va!" les pressa Franky en attrapant ses sacs.
L'équipage laissa derrière lui sa cachette improvisée et reprit sa course effrénée.
Bientôt, les voiles du Sunny furent en vue. Brook et Chopper leur firent de grands signes depuis le pont pendant que Nami manoeuvra pour prendre le large au plus vite.
"Ces berrys sont le résultat d'un véritable acte de barbarie, résuma Brook.
- Oui, c'est totalement affreux, s'indigna Chopper en bandant la cheville d'Iris.
- J'en étais sûre, on se retrouve toujours mêlé à des histoires invraisemblables", maugréa Nami en comptant néanmoins les sacs de billets avec délice.
Après que l'équipage au complet ait pris la mer, Iris avait raconté son histoire. A l'unanimité, il avait été décidé de mettre le cap vers son île située à quelques kilomètres à peine et Sanji avait servi un encas sur le pont pour permettre à chacun de reprendre des forces.
"Je ne crois pas que la Marine nous ait repérés, fit Ussop en abaissant ses jumelles, soulagé.
- Tant mieux mais on va conserver nos déguisements et on ne restera pas longtemps. Il ne faudrait surtout pas avoir un Dragon Céleste à nos trousses", décida la navigatrice.
Rapidement, l'île fut en vue. Cette dernière était campagnarde et son climat printanier. La petite plage où ils amarrèrent laissait très vite place à de vastes étendues champêtres parsemées de grosses fleurs des champs et le cadre ravit l'équipage.
Devant l'impatience d'Iris, Sanji et Brook partirent en tête pour l'accompagner tandis que leurs autres compagnons optèrent pour les suivre après avoir dissimulé au mieux le Sunny et ils se donnèrent rendez-vous chez la jeune femme au centre de l'unique village.
Le reste de l'équipage allait se mettre en route pour les rejoindre lorsque Nami s'immobilisa en constatant que Franky et Luffy portaient à nouveau les sacs de berrys.
"Qu'est-ce que vous faites tous les deux? s'enquit-elle en fronçant les sourcils.
- On va rendre son argent à Iris, répondit Franky.
- Qu-quoi?! Mais comment ça? balbutia la jeune femme rousse.
- Ces tableaux étaient à elle, c'est normal que l'argent lui revienne", lui expliqua naturellement son capitaine.
La navigatrice écarquilla les yeux.
"Et tous les efforts que j'ai faits pour qu'on ramasse ce trésor?! Ce n'est pas juste! protesta-t-elle vigoureusement.
- T'as pas l'impression d'être sans coeur? s'offusqua Ussop. Cet argent a été acquis en obligeant une fille réduite à l'état d'esclave à peindre, j'te rappelle!
- Mais on a délivré Iris, est-ce que ce n'est pas suffisant? Je vous signale que la liberté n'a pas de prix! s'entêta la jeune femme.
- Ussop et le cuistot ont ramené de l'argent en fouillant les chambres, lui rappela Franky. Ça devrait nous suffire pour l'instant.
- Et puis je me vois mal profiter de cet argent maintenant que je sais d'où il vient", ajouta Chopper.
Nami se planta alors devant son capitaine, les yeux plein de larmes, et agrippa un sac qu'elle serra contre elle de toutes ses forces.
"Luffy, si tu m'aimes, tu dois me laisser au moins un de ses sacs!"
- Cette fille n'a aucune dignité, marmonna Zoro à Ussop qui approuva gravement.
- Moi, j'aime tout le monde et je veux que tout le monde soit heureux! répliqua joyeusement le garçon au chapeau de paille. On va donner son argent à Iris, on gardera celui trouvé dans les chambres et on fera un grand banquet pour fêter notre victoire!"
Son équipage approuva avec enthousiasme et Nami laissa tomber le sac de berrys au sol.
"Personne ne me comprend", sanglota-t-elle alors contre l'épaule de Robin qui lui tapota gentiment le dos.
"Nous ne pourrons jamais assez vous remercier! répéta la mère d'Iris avec émotion tandis qu'elle et son mari serraient leur fille dans leurs bras.
- C'est tout naturel, fit Sanji. Il était hors de question de laisser une jeune fille en détresse souffrir à ce point."
Iris avait rapidement rejoint ses parents dans la demeure familiale et s'était jetée dans leurs bras. Après quelques instants de pleurs et d'embrassades, la jeune femme avait présenté ses deux amis et raconté son calvaire durant ses trois dernières années ainsi que sa libération.
"Pensez-vous que le Dragon Céleste pourrait revenir? s'inquiéta Brook.
- Ce ne serait pas dans son intérêt, répondit Iris. Si les autres Dragons Célestes apprennent que l'un d'entre eux étaient à l'origine de ces ventes, ils le banniraient probablement de leur caste car cela voudrait dire qu'il a tenté de berner ses propres frères.
- Espérons qu'il soit trop lâche pour parler de quoi que ce soit alors, soupira le cuisinier.
- Je voudrais tous vous inviter à dîner pour vous remercier! proposa-t-elle ensuite avec un ravissant sourire.
- J'en serai ravi mais notre navigatrice souhaite que nous reprenions la mer au plus tôt pour éviter d'autres ennuis, se rappela Brook.
- Je vous en prie, laissez-nous vous montrer notre reconnaissance! insista le père d'Iris. Je vous assure que vous ne serez pas déçus!"
"C'est trop bon! s'empiffra Luffy en avalant un nouveau pain brioché fourré à la viande.
- C'est une spécialité de notre région", lui apprit le chef de famille en souriant.
Lorsque le reste de l'équipage avait débarqué chez Iris, l'invitation à dîner n'avait laissé personne indifférent et ils s'étaient installés avec bonne humeur. Rapidement, la table avait été garnie de mets délicieux et de boissons goûteuses pour le plus grand plaisir de chacun.
"Notre île est parmi les plus petites de Grand Line mais nous avons plusieurs spécialités culinaires, expliqua Iris avec fierté. Dans notre seul village, pas moins de trois plats seront présentés au festival des épices de Löurnig dans deux jours!
- Un festival des épices? s'enquit Ussop.
- Oui, c'est un évènement annuel, ajouta la mère de la jeune femme. Chacun peut présenter un plat ou un dessert. La seule condition est d'utiliser une épice dans la préparation et le plus original remporte le festival.
- Qu'est-ce qu'on gagne? voulut immédiatement savoir Nami.
- L'une des épices les plus rares du monde, répondit Iris. Le sarma!
- Le sarma? répéta Franky. Jamais entendu parler.
- Il me semble qu'il s'agit d'un mélange de plusieurs autres épices dont les proportions sont gardées secrètes depuis des siècles, fit le cuisinier. J'ai déjà lu des choses à ce sujet mais je n'en ai jamais vu.
- C'est exact, approuva Iris. Hormis à Löurnig, il est impossible de s'en procurer.
- Ça doit valoir une fortune! s'enthousiasma Nami. Sanji, tu dois participer à ce festival et le gagner! On ne peut plus se permettre de laisser passer la moindre occasion maintenant!"
Le blond papillonna des yeux vers la navigatrice.
"Je ferai tout ce que tu voudras, Nami-chérie!"
Satisfaite, la jeune femme attrapa son verre et but une gorgée de vin.
"Ce festival est dans deux jours, c'est ça? continua-t-elle. A combien de temps se trouve cette île?
- Environ trois jours de bateau, l'informa le père d'Iris.
- Quoi?!"
Nami jaillit de sa chaise, paniquée.
"Grouillez-vous, on lève l'ancre! lança-t-elle aux autres. On n'a pas de temps à perdre! Zoro, lâche cette bouteille! Luffy, repose ces petits pains! Chopper, dépêche-toi d'avaler ce gâteau!"
Ce faisant, elle tira Brook et Franky hors de leurs sièges avant de pousser les autres vers la sortie. Elle allait les faire avancer à coups de pieds quand Iris s'avança vers elle, un sac à la main.
"Je voulais vous remercier pour tout ce que vous avez fait. C'est bien peu mais j'espère que vous apprécierez…"
La navigatrice jeta un coup d'oeil dans le sac et ses yeux s'illuminèrent. Il était rempli de billets de berrys.
"Oh, c'est vraiment trop gentil! dansa-t-elle.
- Tu es sûre? s'enquit Luffy en approchant. Tu sais, l'argent te revient, Iris. C'est toi qui a peint ces tableaux."
Celle-ci lui prit la main et la serra avec ferveur.
"Cet argent provient du tableau que vous m'avez permis de ramener chez moi. Le maire me l'a racheté tout à l'heure pour l'exposer dans le musée de la ville et avec tout l'argent que la vente de mes tableaux a rapporté, nous en avons plus qu'assez pour toute notre vie. Sans vous, rien n'aurait été possible. Je vous en prie, acceptez.
- Oui, je t'en prie, accepte!" le supplia sa navigatrice.
Luffy contempla sa nouvelle amie avec un grand sourire.
"Bon ben dans ce cas, c'est d'accord!
- Oh oui!"
Nami se jeta dans les bras du capitaine qui se mit à rire avec Iris.
"J'adore quand Nami-chérie est si heureuse! fondit le cuisinier.
- Pour l'être, elle l'est, renchérit le cyborg en secouant la tête.
- C'est bizarre comme elle est plus heureuse maintenant plutôt que quand on s'en sort vivants, grogna Ussop.
- Dans l'euphorie du moment, je vais tenter ma chance! décida soudain Brook. Nami, voudrais-tu me montrer ta culotte?!
- Non mais ça va pas! s'indigna Sanji en l'assommant d'un coup de pied. Je t'interdis de profiter de Nami quand elle est si rayonnante!
- Brook, est-ce que ça va?! s'affola le petit renne en se ruant à ses côtés.
- Elle n'a rien entendu, constata Zoro en la regardant rire aux éclats dans les bras du capitaine.
- Elle est déjà au septième ciel", confirma Robin avec un sourire.
Je me suis bien amusée à écrire cette cavalcade! En espérant que vous avez retrouvé le caractère de vos personnages et à bientôt pour la suite de leurs aventures au festival des épices :D
