Merci à AnimeExpression, Mileminia, Wado21, PY, deryous50, MiaoiFuki et Typone Lady pour vos reviews.

Bienvenue à ceux qui rejoignent l'aventure.

*Attention, ce chapitre contient un lemon.*

Bonne lecture.

Réponse aux reviews anonymes:

PY: les interventions de Nami et de Luffy sont souvent source d'humour car je trouve que ça leur va bien!


Chapitre 36

D'une émotion à l'autre

Sanji alluma une cigarette bien méritée avant de la porter à ses lèvres en sortant de la cuisine. Le soleil était déjà haut, et l'air chaud et agréable en ce milieu de matinée. Après deux jours de froid intense sur le Sunny, le beau temps avait refait son apparition et l'équipage s'en trouvait particulièrement ravi, investissant le pont dès le début de la journée.

Le blond ajusta son plateau de son autre main et remarqua immédiatement Robin qui lisait sur un transat non loin de Nami plongée dans ses cartes sur l'herbe. Il s'approcha d'elles et leur déposa des cocktails aux couleurs rougeoyantes avec un sourire enjôleur.

Après qu'elles l'aient remercié, Sanji s'assit à leurs côtés sur un tas de planches d'Ussop qui lui servit de siège. Le ciel bleu et la mer dégagée devant eux offraient un spectacle saisissant et il prit le temps de l'admirer. Grand Line pouvait offrir de magnifiques paysages mais aussi des visions tourmentées et il fallait donc savoir profiter des premiers.

Le cuisinier fut finalement sorti de sa contemplation par Chopper qui s'enfuyait en hurlant de rire, poursuivit par leur capitaine hilare pour une obscure raison. Il les suivit des yeux jusqu'à ce que le petit renne ne dérape sur le sol et il aurait fini à la mer sans les réflexes du sabreur qui le récupéra d'un bras tandis que l'autre était occupée à le maintenir en équilibre sur le sol.

"M-merci, Zoro."

Chopper récupéra son souffle, les jambes tremblantes, tandis que Luffy lui fonçait dessus, les envoyant rouler un peu plus loin avant qu'ils n'éclatent à nouveau de rire.

Sanji renonça à comprendre et reporta son attention sur Zoro qui poursuivait son entraînement comme si de rien n'était. Il avait abandonné son tee-shirt sur le sol mais la température clémente et les efforts qu'il fournissait ne l'empêchaient pas de transpirer. Le cuisinier tira sur sa cigarette tandis qu'il le voyait s'imposer une nouvelle série d'exercices qu'il n'aurait su qualifier, hormis qu'ils avaient l'air de particulièrement solliciter les muscles du haut de son corps. Ses épaules contractées sous l'effort faisaient saillir les veines de ses avant-bras et creusaient les muscles de son dos, la sueur perlant à son front.

Quelle idée de s'imposer ce genre d'entraînement à tout bout de champ et sous cette chaleur, pensa le blond en soufflant la fumée. Il devait néanmoins reconnaître au sabreur une volonté sans faille et une détermination à toute épreuve qu'il ne saisissait pas totalement.

Par contre, il remarquait de plus en plus les gouttes de sueur glisser sur ses muscles jusqu'à s'accumuler en un sillon paresseux le long de sa peau hâlée jusqu'au creux de ses reins. Vraiment, cette tête d'algue n'avait pas idée de se donner ainsi en spectacle devant tout l'équipage. En restant le plus concentré du monde. Totalement inconscient de l'image qu'il renvoyait.

Tout en tirant de plus belle sur son mégot et en laissant son regard s'attarder sur l'escrimeur, Sanji se remémora son engagement. Il devait trouver un moyen de développer leur relation et il leur fallait apprendre à communiquer autour de leur nouvel attachement. Le cuisinier savait que Zoro n'était pas à l'aise avec les mots alors il pensait utiliser le langage corporel dorénavant. Sans doute l'épéiste y serait-il plus sensible même si ce type de communication laissait place à l'implicite et donc aux doutes. Le blond était prêt à aller sur son terrain pour le rencontrer et lui faire prendre conscience de ce qu'ils pouvaient partager.

Zoro se redressa soudainement pour récupérer son souffle et Sanji eut le regard irrémédiablement attiré vers les muscles de ses abdominaux. Pourtant, au bout de quelques secondes, il se secoua. Impossible de laisser le sabreur remarquer ses coups d'oeil sur son corps à moitié nu luisant au soleil. Même s'il ne s'en rendait probablement pas compte et même s'il avait tous les droits de le regarder de cette manière désormais.

"Sanji! J'ai soif!"

Le concerné tourna lentement la tête pour fixer son capitaine d'un air las.

"Va boire de l'eau.

- Mais je voudrais un cocktail comme celui de Nami et Robin!" le supplia-t-il.

Sanji soupira. Il ne voulait pas bouger de sa place. Il avait un spectacle gratuit sous le nez et envie de se rincer l'oeil.

"Demande-leur si elles veulent bien t'en donner un peu mais-"

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que Luffy se rua sur le verre de la navigatrice à ses côtés. Il le descendit d'un coup et se jeta ensuite sur celui de Robin.

"Luffy, t'es complètement fou!" s'alarma la rousse en se redressant.

Le garçon au chapeau de paille s'arracha misérablement du verre de l'archéologue, les yeux larmoyants.

"J'ai soif! répéta-t-il.

- C'est pas de l'eau, imbécile! Y a de l'alcool là-dedans! s'exclama Nami en lui arrachant le verre.

- Ah bon?

- Sanji, tu exagères! lança-t-elle alors au cuisinier. Luffy ne boit jamais d'alcool, il va être encore plus insupportable que d'habitude!"

Le blond tourna un regard désolé vers la belle navigatrice, prenant conscience qu'il avait sacrifié son bien-être ainsi que celui de Robin. Il se releva sur le champ, décidé à se rattraper.

"Ne vous inquiétez pas mes déesses de la mer, je vais vous refaire un cocktail! Quant à toi, Luffy, interdiction de boire autre chose que de l'eau aujourd'hui!" décida-t-il.


Luffy rigolait bêtement. A vrai dire, ce n'était pas si inhabituel de sa part mais là, il tenait à peine sur ses jambes et se roulait littéralement de rire par terre à la moindre occasion. Après le déjeuner, les membres de l'équipage le retrouvèrent donc sur l'herbe du pont, riant à gorge déployée après avoir vu passer un poisson chat dans l'océan. Ils l'entourèrent alors jusqu'à former un cercle autour de lui.

"J'en étais sûre, soupira Nami. Il tient pas l'alcool...

- En même temps, il a dû boire un litre d'un coup et sans rien dans le ventre, lui rappela Ussop avec fatalité.

- Il a mangé pour dix ce midi, je pensais que ça compenserait un peu, se renfrogna Sanji.

- Qu'est-ce qu'on va faire de lui? s'enquit Chopper, légèrement inquiet. Il faut faire attention à ce qu'il ne tombe pas à l'eau dans cet état…

- Ca ne changerait rien par rapport à d'habitude, crut le rassurer Robin.

- Il va sans doute pas tarder à s'endormir", supposa Franky en haussant les épaules.

A ce moment, Luffy tourna brutalement sur lui-même avant de s'accrocher au cou du sabreur face à lui, les yeux dans le vague.

"J'ai pas sommeil, moi, marmonna-t-il.

- Tu m'en diras tant", grogna son second en tentant de le décrocher.

Lorsqu'il y parvint, le capitaine élastique s'écroula par terre et se mit à ronfler sur le sol. Ses amis se rapprochèrent encore et l'observèrent un instant.

"Je vais le coucher, proposa Brook en se penchant vers lui.

- J'dors pas! s'écria alors Luffy en se redressant, faisant reculer tout le monde de surprise.

- Putain mais tu dormais! s'exclama le cyborg.

- Non, je faisais une pause!"

Luffy leur offrit son plus grand sourire et Nami s'approcha de lui à son tour.

"Tu devrais te reposer, lui expliqua-t-elle. On ne peut pas te surveiller tout l'après-midi.

- Toi! Toi…"

Le capitaine semblait réfléchir à ce qu'il voulait ajouter et la navigatrice soupira.

"Allez, viens", fit-elle en saisissant son bras pour l'entraîner.

Le garçon au chapeau de paille ne bougea pas mais sa main élastique s'étira.

"Luffy, debout!" s'écria Nami, perdant patience.

Le concerné se releva prestement mais resta planté sur ses jambes, comme fixé au sol.

"Toi, t'es vraiment très jolie!" lui lança-t-il ensuite, heureux d'avoir enfin terminé sa phrase.

Sa déclaration figea la rousse et la fit même rougir tandis que leurs amis pouffaient de rire. Finalement, elle lui sourit également et attrapa sa main.

"Je vois que tu as commencé à apprendre ta liste et c'est très bien mais si tu veux me faire plaisir aujourd'hui, viens te coucher, d'accord?

- D'accord."

Luffy lui emboîta enfin le pas et la suivit docilement vers le quartier des garçons. Le reste des membres de l'équipage les regardèrent s'éloigner et Ussop secoua la tête.

"Un Roi des Pirates qui ne tient pas l'alcool, ça fera forcément date dans l'histoire."

En réponse, ses camarades haussèrent les épaules avant qu'ils ne reprennent tous tranquillement leurs occupations.


Il était tard sur le Sunny et Sanji constata que la plupart des membres de l'équipage étaient partis se coucher. Seuls Ussop ramassait encore ses planches sur le pont pour les emmener dans son atelier et Brook surveillait la mer un peu plus loin au son de son violon.

Le cuisinier jeta un coup d'oeil à la salle d'observation. Il était presque certain que Zoro s'y trouvait toujours, tellement concentré sur son entraînement qu'il avait englouti son repas à toute vitesse avant de repartir. S'il n'allait pas lui rappeler son existence directement, il y avait fort à parier que le sabreur ne le rejoindrait pas avant un moment et la journée avait déjà été suffisamment longue pour Sanji.

Arrivé devant la trappe de la salle, il la poussa doucement. Comme il l'avait imaginé, Zoro méditait, les yeux fermés et les traits concentrés. Il referma derrière lui et s'assit dans le coin opposé pour l'observer sans le déranger. Il sortit ensuite son paquet de cigarettes et fit jaillir la flamme de son briquet qui enflamma le bout de l'une d'entre elles.

Il inspira longuement. Chopper lui avait dit un jour que ce truc était mauvais pour la santé mais ça lui procurait un tel bien-être qu'il avait du mal à y croire.

Après plusieurs minutes silencieuses, Zoro ouvrit enfin un oeil et le contempla.

"Tu me déconcentres.

- J'ai pas bougé! se défendit immédiatement le blond.

- Ta clope. Ca sent dans toute la salle et ça me déconcentre.

- Tu te laisses facilement distraire, tête d'algue", grogna Sanji en écrasant son mégot.

Le sabreur reprit sa position initiale et ferma à nouveau les yeux. Le cuisinier soupira intérieurement. Son entraînement ne finissait-il donc jamais?

Il l'observa pour patienter. Ce matin, son corps ployait sous les efforts et chacun de ses muscles avaient été sollicités, lui offrant un spectacle appréciable. Ce soir, le bretteur était aussi immobile qu'une statue mais Sanji pouvait voir sa respiration tendre son torse et ses abdominaux se dessiner à chaque inspiration. L'escrimeur avait encore enlevé son tee-shirt. En plus, quand il ne parlait pas, il profitait encore plus agréablement de sa compagnie…

Une idée sournoise germa dans l'esprit du blond. Il se rapprocha sans bruit de l'épéiste et s'assit à quelques centimètres derrière lui. Zoro s'était raidi, sentant sa présence, mais il attendit quelques instants qu'il l'oublie et que sa respiration redevienne régulière. Alors, tout doucement, il frôla de ses doigts toute la longueur de son bras gauche.

"Qu'est-ce que tu fais? grogna l'escrimeur sans pour autant ouvrir les yeux.

- Nouveau défi. Tu dois rester concentré quoi qu'il arrive.

- Hm."

Ce n'était pas une réponse négative et Sanji fit cette fois courir ses doigts sur son épaule droite. La peau se hérissa sous leur passage mais Zoro ne bougea pas et le cuisinier grimaça. Il avait intérêt à passer à la vitesse supérieure s'il voulait le voir craquer.

Il se rapprocha un peu plus et passa ses mains dans le bas de son dos de manière un peu plus franche mais sans pour autant mettre réellement leurs peaux en contact. Il crut sentir le sabreur frémir et il passa sur son ventre, effleurant légèrement ses abdominaux fermes.

Jouant sa plus grande carte, le blond appliqua ensuite ses lèvres sur sa nuque et se déplaça lentement vers son épaule droite. Cette fois-ci, il sentit clairement l'homme frissonner et il sourit contre sa peau en recommençant du côté gauche. La victoire n'était pas loin et son envie de sauter sur l'épéiste non plus.

Il glissa donc ses doigts le long de son torse de manière plus approfondie tandis qu'il recommençait à l'embrasser dans le cou. Zoro tressaillit franchement cette fois et utilisa sa main gauche pour rapprocher le visage du cuisinier vers le sien, scellant leurs lèvres dans un baiser enflammé. Bien vite, il pivota entièrement et colla son corps contre son tentateur, le faisant basculer au sol.

"T'as encore du travail à faire question concentration, lui fit remarquer Sanji avec un sourire satisfait.

- T'auras qu'à venir m'entraîner", répondit tranquillement le sabreur en replongeant vers ses lèvres, oubliant définitivement son exercice.

Le blond approuva en lui rendant son baiser. Il était prêt à revenir le tester de cette manière quand il le voulait.

Il ferma les yeux et se laissa emporter par les sensations que lui procuraient Zoro. Bien vite, son souffle s'accéléra tandis que les mains du bretteur remontaient sous sa chemise pour caresser son ventre et agacer ses tétons. Il agrippa le dos nu de son amant et sentit contre ses doigts les muscles de son dos qu'il avait observés toute la journée. Les avoir enfin à sa portée décupla son désir et il s'arc-bouta contre le sabreur qui grogna de plaisir en le sentant si réceptif. Celui-ci plongea alors vers son cou et le cuisinier se mordit les lèvres pour ne pas gémir tandis qu'il était débarrassé de sa chemise. Néanmoins, son souffle court le trahissait et la langue de Zoro s'y attarda jusqu'à ce que le blond ne puisse plus retenir ses soupirs. Ses doigts sur le dos de l'escrimeur se crispèrent sur la peau bronzée avant de glisser jusqu'au creux de ses reins et le sabreur répondit en frémissant à travers ses baisers de plus en plus pressants, accélérant l'intensité de ses propres mains sur le corps du blond.

Soudain, Zoro se redressa et Sanji en profita pour reprendre son souffle, les yeux embrasés et les joues rougies. Cette vision alanguie envoya un frisson à l'épéiste qui s'empressa de retirer la ceinture du pantalon de son amant avant de le déboutonner. Les yeux rivés aux siens, le cuisinier ne semblait que l'encourager et le désir le submergea. Il balança son propre pantalon avec des gestes rendus maladroits par l'impatience et dégagea finalement leurs deux virilités de leurs sous-vêtements.

Sans perdre un instant, il les attrapa ensemble et les yeux du blond s'écarquillèrent sous l'étonnement et le ravissement. Avec un sourire satisfait, il s'avança au-dessus de lui, s'appuyant sur son avant-bras gauche pour continuer de caresser leurs membres de sa main droite. Les sensations étaient enivrantes et son propre souffle prit rapidement de l'ampleur.

Sous le corps brûlant de l'escrimeur, le cuisinier s'accrocha à ses épaules et s'en servit comme appui pour rapprocher leurs deux corps. Son geste les fit basculer et il se retrouva assis sur les cuisses du sabreur qui ne relâcha pas le rythme sur leurs sexes pour autant. Ce dernier passa néanmoins son bras gauche autour de sa taille pour maintenir le cuisinier contre lui et le blond attrapa son visage avec avidité pour mieux plonger vers sa bouche tandis que ses jambes encerclaient sa taille.

L'épéiste tenta de garder l'esprit clair mais entendre la respiration saccadée et les gémissements étouffés du blond contre ses lèvres lui faisaient l'effet d'une décharge électrique et il accentua les mouvements de sa main droite. En réponse, Sanji se mordit la lèvre sous le plaisir qui déferlait en lui et il accompagna les gestes du sabreur de ses hanches, agrippé à sa nuque.

Zoro retint difficilement un grondement sourd. Sentir leurs deux membres dans sa main frotter l'un contre l'autre l'étourdissait. Emporter par les sons que produisaient le cuisinier, le sabreur sentit bientôt qu'ils atteignaient leur limite. Sanji se cramponnait de plus en plus contre lui et lui-même sentait la pression de son bas-ventre prendre de l'ampleur. Il aurait voulu avoir la discipline de relâcher ses doigts pour qu'ils puissent en profiter plus longtemps mais il en était maintenant incapable. La jouissance exerçait une attraction irrésistible et il sentit ses muscles abdominaux se contracter au moment où le sexe de son amant se tendait une dernière fois, le libérant dans un tremblement. Une seconde plus tard, l'orgasme le frappa à son tour et il sentit ses forces l'abandonner.

Ils reprirent ensuite leurs souffles doucement dans les bras l'un de l'autre, la peau recouverte d'une fine pellicule de sueur. Sanji appuya son front contre celui du sabreur. Il avait vaguement conscience que le produit de leurs ébats coulait sur son ventre mais il n'y prêtait pas attention. Lorsqu'il rouvrit les yeux quelques instants plus tard, il constata que le bretteur l'observait attentivement et il se sentit presque rougir sous son regard si sérieux. Soudain tremblant d'émotion, il plongea son regard dans le sien en retour.

"A quoi tu penses?" lui souffla-t-il.

Zoro parut émerger de sa rêverie et bougea doucement, entraînant le blond toujours assis sur ses cuisses. Il attrapa son pantalon du bout des doigts et en sortit un mouchoir pour s'essuyer.

"A rien."

Sanji s'efforça de ne pas paraître trop déçu. Il ne voulait pas le faire fuir. Il déposa alors sensuellement ses lèvres au niveau de son cou tandis que le sabreur finissait de les nettoyer.

"Dis-moi, tête d'algue. Promis, ça restera notre petit secret…"

L'épéiste secoua la tête et se dégagea de l'emprise du cuisinier.

"Laisse tomber, grogna-t-il.

- Non! Pourquoi?"

Cette fois, Sanji ne cacha pas sa déception et il le dévisagea avec insistance. Cependant, le bretteur préféra l'ignorer et il se retrouva obligé de se rasseoir par terre comme Zoro faisait mine de se relever. Agacé, il grinça des dents.

"Tu veux pas me dire ce que tu ressens, c'est ça?"

L'escrimeur stoppa son mouvement en direction de ses vêtements avant de reporter lentement son regard vers son compagnon.

"Arrête ça, Sanji."

Celui-ci secoua la tête.

"Je voulais juste savoir pour une fois", plaida-t-il.

Le blond avança la main en direction de la nuque du sabreur pour l'attirer à lui mais Zoro l'arrêta sèchement.

"Mais qu'est-ce que t'as besoin de tout gâcher en me demandant ça?"

Sanji abaissa son bras avant de le fusiller du regard. Il faisait des efforts mais le bretteur n'en faisait aucun et il avait envie de lui éclater la tête contre le sol de la vigie pour se venger de son indifférence à son égard. Néanmoins, fort de sa résolution, il s'obligea à se calmer. Il avait tenté de profiter de la douceur du moment en espérant que les mots viendraient plus facilement à son amant et cela n'avait pas porté ses fruits mais il avait toujours son plan initial. Il pouvait l'inciter à s'exprimer autrement.

"Oublie, tronche de pelouse."

Le cuisinier prit une grande inspiration. Zoro le dévisageait avec méfiance alors il l'attira cette fois fermement contre lui et déposa ses lèvres sur les siennes pour qu'il se détende. Les préliminaires avaient été sympathiques mais il se voyait bien passer aux choses sérieuses et surtout, il voulait effacer ce moment gênant. Il bascula donc le sabreur par terre à son tour et s'installa sur ses hanches. Il aurait pu croire que le bretteur voudrait lui résister mais ses bras se refermèrent sur la taille du blond rapidement pour l'encourager. Visiblement, il était aussi ravi que lui de passer à autre chose.

Sanji ferma les yeux tandis que leurs souffles se mêlaient à nouveau. Il aimait sentir les mains de l'escrimeur trembler ou au contraire se raccrocher avec force à son corps selon le plaisir qu'il ressentait. Il avait appris à décrypter les codes que Zoro lui envoyait de cette façon et il y était particulièrement attentif.

Le cuisinier délaissa ensuite sa bouche pour descendre vers son cou puis vers son torse, arrachant à chaque fois un soupir étouffé au sabreur. Le blond attrapa alors la verge déjà redressée de son amant et sans lui laisser davantage le temps de s'y habituer, il y fit glisser sa langue sur toute sa longueur. Sous le choc, Zoro se contracta violemment et le cuisinier l'apaisa en déposant sa main sur son ventre, le sourire aux lèvres et la langue joueuse. Le souffle coupé, l'escrimeur se détendit lentement, les yeux rivés aux siens. Sanji vit ses pupilles dilatées le dévorer du regard et il replongea vers le sexe durci pour l'avaler entièrement. Il crut entendre Zoro s'étouffer à nouveau et son souffle rauque s'amplifia. Sanji accentua le rythme de sa bouche avant de ralentir exagérément. Il voulait que le sabreur perde la tête, qu'il ne puisse plus réfléchir suffisamment et qu'il se laisse aller.

Après plusieurs minutes de torture délicieuse, le bretteur ne retenait plus ses soupirs et ses mains tremblaient dans la chevelure blonde de son amant. Ce dernier était lui aussi submergé par le désir et sentir ce corps réclamer le sien était une addiction dont il ne voulait pas se passer.

"Zoro…

- Qu-quoi? haleta le sabreur.

- Laisse-moi…"

Ne relâchant pas la pression sur le sexe tendu à l'extrême grâce sa main, Sanji fit glisser son autre main entre les cuisses du sabreur.

"S'il te plait…"

Il redéposa ses lèvres sur son membre et profita du soupir de plaisir de l'escrimeur pour avancer l'un de ses doigts vers son intimité.

"Qu- qu'est-ce que tu fais? protesta le bretteur en se redressant tant bien que mal.

- Ne t'inquiète pas…"

Sanji s'appliqua de nouveau à embrasser langoureusement son ventre et caressa en même temps le membre palpitant. Tandis que le sabreur se relâchait, il reprit son avancée de son autre main.

"Oh, oh. Arrête," lui souffla le bretteur.

Ce dernier lui offrit un sourire provocateur et passa une langue aguicheuse sur ses lèvres.

"Si tu me laisses faire, je ferais tout ce que tu voudras…"

L'épéiste se redressa sur ses avant-bras et secoua la tête fermement malgré son souffle court.

"Pas la peine, cuistot. J'veux pas."

A ces mots, Sanji se figea avant de le dévisager. Finalement, toute sa bonne volonté s'envola. Tout son calme aussi.

"Putain de merde mais tu fais chier!"

Le blond laissa retomber ce qu'il avait dans la main et le fusilla du regard, s'attirant un regard incrédule de son compagnon.

"J't'ai supplié, là! Qu'est-ce que j'peux faire de plus pour te satisfaire?! J'peux pas m'humilier davantage!"

Le rouge aux joues, Zoro se renfrogna.

"J'veux pas que tu supplies, crétin, j't'ai jamais demandé ça.

- Mais pourquoi tu veux pas me laisser faire alors?!" s'insurgea son amant.

Zoro soupira lourdement et se rassit.

"J'ai pas envie, c'est tout."

Face à lui, l'unique oeil visible de Sanji lançait des éclairs.

"Dis plutôt que t'as trop de fierté! Putain, j'le fais bien, moi!

- J't'ai jamais forcé.

- Mais c'est une question d'équité, bordel! Qu'est-ce que j'peux faire de plus, moi?!"

Se relevant brutalement, le blond attrapa ses vêtements et enfila sa chemise, furieux.

"Tu dois me donner quelque chose, Zoro, ça ne peut pas continuer comme ça!"

Le bretteur se saisit alors de son poignet et le força à se rasseoir à ses côtés, agacé.

"Et toi, écoute-moi quand j'te dis que c'est pas pour t'emmerder. J'suis pas prêt à faire ça, putain!

- Mais tu n'es prêt pour rien et moi j'ai fait cet effort pour toi alors c'est injuste! cracha le cuisinier.

- Arrête de te focaliser là-dessus, grogna l'épéiste en serrant les dents.

- Facile à dire pour toi!

- Je fais pas que le dire! lui rappela-t-il vivement. J'te laisse faire ce que tu veux pour compenser!"

Sanji leva les yeux au ciel. C'était vrai que Zoro le laissait mener quand il le désirait, que ce soit au niveau du rythme, de leur place et même du lieu mais ça ne l'empêchait pas de se sentir en infériorité face au sabreur. Et ce refus enfonçait encore un peu plus le clou. Il avait toujours l'impression d'être celui qui s'impliquait le plus dans leur relation. Finalement, il se releva à nouveau et soupira.

"Tu fais peut-être des efforts pour compenser mais tu ne me feras pas croire que ce n'est pas pour épargner ta fierté. Tu refuses de me laisser prendre cette place parce que ton égo le supporterait pas. Au fond, ce que t'aimes, c'est me rappeler que t'as toujours le pouvoir sur moi, c'est tout."

Zoro se remit d'un bond sur ses jambes et lui attrapa violemment le bras.

"Pourquoi tu craches pas ce que tu veux réellement me dire au lieu de tourner autour du pot, hein? Ou alors c'est que t'as pas le courage?"

Sanji se dégagea brutalement de son emprise.

"Parce que tu devrais l'avoir deviné tout seul, imbécile! J'ai essayé de me montrer patient à ce sujet mais visiblement, tu n'en as rien à faire! Tout ce que j'essaye de faire pour nous, tu n'en as rien à faire!

- Putain mais qu'est-ce que tu me chantes encore?! s'emporta Zoro.

- Je parle d'avoir une relation à peu près normale! explosa le cuisinier. Tu sais, avec des gens qui se parlent et qui se disent ce qu'ils ressentent! Tu ne veux pas parler, tu ne veux pas me laisser prendre le dessus non plus et je ne connais pas d'autres moyens de nous entendre!"

A ces mots, le sabreur sentit le sang bouillonner dans ses veines.

"Tu sais tout ce qu'i savoir, pourquoi tu te contentes jamais de ce que t'as? gronda-t-il d'une voix sourde.

- Mais comment ça je sais déjà tout? s'insurgea Sanji de plus belle. Je ne sais rien! Tout ce dont je suis sûr, c'est que t'apprécies de me sauter un jour sur deux mais à part ça, j'ai des doutes!"

Zoro planta ses yeux tremblants de fureur dans ceux du cuisinier, le souffle rendu court sous l'effet de la colère.

"Comment tu peux dire ça? Tu crois que je me suis déjà engagé comme ça avec quelqu'un d'autre? T'as une idée de ce que ça me coûte?!

- Et moi, j't'ai déjà dit que tu devais le faire seulement si tu en as envie! C'est pas une obligation, c'est un choix!

- J'l'ai fait ce putain de choix, rugit encore le sabreur. Ne me le fais pas regretter."

Serrant les dents, Zoro attrapa ses affaires et dépassa le blond d'un pas rageur avant de claquer la trappe derrière lui.


Un peu plus tard cette nuit-là, Sanji poussa la porte de leur chambre et constata que l'escrimeur n'y était pas non plus. Passé le coup de la colère, il regrettait d'avoir poussé Zoro dans ses retranchements sur ce sujet mais cette relation le rendait terriblement vulnérable et il ne contrôlait pas ses émotions comme il l'aurait voulu. Il savait que le sabreur ne s'exprimait pas facilement mais c'était plus fort que lui, il avait besoin d'être rassuré. Il ne voulait pas passer son temps à craindre un revirement de sa part. Il voulait être certain que le bretteur tenait à cette relation autant que lui.

Refermant la porte avec un pincement au coeur, il se dirigea vers le dernier endroit qu'il n'avait pas exploré : l'arrière du bateau. Lorsqu'il s'approcha, il le vit accoudé à la poupe au-dessus du gouvernail, le regard sombre. Il s'arrêta à une distance raisonnable et prit la parole.

"Viens te coucher, tête d'algue. Je sais que j'aurais pas dû insister mais c'est pas une raison pour faire la gueule."

Zoro ne répliqua pas ni ne bougea alors le cuisinier retint un soupir avant de s'éloigner. Il ne savait pas quoi lui dire d'autre et il n'allait pas le supplier de lui pardonner alors il allait attendre que le temps fasse son oeuvre en espérant que cela lui serait favorable.

De retour dans leur chambre, il se faufila sous les draps et tenta de s'endormir au plus vite. Il voulait oublier cette fichue soirée qui avait pourtant si bien commencé...

Un courant d'air frais le tira de ses pensées quelques instants plus tard et un poids à ses côtés le fit se tourner vers le nouvel arrivant. Il voulut se coller à son corps glacé par la nuit mais celui-ci le retint d'une main ferme.

"T'as fait tout ça pour m'arracher une confirmation ce soir? lui demanda brutalement le sabreur. Tu m'as manipulé en espérant que j'te dise ce que tu voulais entendre?"

Le blond se redressa sur le matelas en fronçant les sourcils.

"Tu me prends pour une espèce de traînée, face de mousse? Sache que j'en avais envie alors je l'ai fait et j'ai cru pouvoir profiter en même temps de quelque chose d'autre. Il s'avère que je me suis trompé."

L'épéiste demeura immobile de longues secondes et Sanji crut qu'il allait repartir. Pourtant, Zoro finit par s'allonger à son tour malgré son air toujours fermé.

"Je sais pas si je suis prêt pour ce genre de trucs, marmonna-t-il finalement.

- J'te demande juste d'essayer, tête d'algue. Essaye, c'est tout."

Le sabreur ne répondit pas et Sanji soupira avant de se détourner de son côté du lit. Il allait fermer les yeux pour tenter de s'endormir quand il sentit Zoro se glisser sous les draps.

"T'es vraiment compliqué, sourcil en vrille", grogna-t-il en ôtant son tee-shirt.

Le blond ne put s'empêcher de sourire à cette remarque.

"Je sais. C'est pour ça que tu vas faire un effort."

Il sentit plus qu'il ne vit l'escrimeur lever les yeux au ciel tandis qu'il ajustait son oreiller et il ferma les siens à la recherche du sommeil. Il devait avouer que cette relation lui coûtait à lui aussi. Elle mettait à mal sa fierté et son orgueil à chaque occasion mais il ne voulait pas renoncer. L'attachement qu'il ressentait pour l'escrimeur était un défi et il comptait bien le relever.


Je ne sais plus qui attendait les disputes et réconciliations qui vont avec mais vous êtes servis!

J'essaye de faire en sorte que leurs différences soient la source de la tension qui les habite et que leur relation soit le reflet de leurs personnalités...

En espérant que cela vous plait toujours!