Merci à deryous50, Wado21, MiaoiFuki, PY, Rosy-lisa et Cha28499 pour vos reviews.

Merci pour vos mises en alerte/favori.

*Attention, ce chapitre contient un lemon*

Bonne lecture.

Réponses aux reviews anonymes

PY: l'idée de la liste semble plaire mais ça n'a pas l'air du goût de Zoro XD

Rosy-lisa: je suis ravie que tu apprécies toujours l'histoire! Tu as raison, Sanji a toujours miraculeusement assez de cigarettes… Ce sont les détails qui apportent de la crédibilité alors j'essaierai de m'en souvenir pour un prochain chapitre :)

Cha28499: Sanji avec un coup dans le nez, c'est toujours plein de possibilités! Et comme il n'a pas l'endurance de Zoro, c'est souvent drôle...


Chapitre 41

Ordre du capitaine

Dès le lendemain matin, les filles de l'équipage reprirent leur travail avec enthousiasme et les garçons se relayèrent à leurs côtés. Les uns aidèrent donc Nami à prendre des mesures ou des notes et les autres secondèrent Robin pour déblayer des vestiges et consigner ses découvertes. Le soir venu, l'engouement était encore vif et Sanji servit une paëlla à ses amis dans l'allégresse générale grâce aux produits de la mer qu'il avait pêchés.

Alors qu'il débarrassait les plats vides à la fin du repas parmi les conversations toujours joyeuses, il remarqua que le sabreur le fixait à nouveau et il soupira. Zoro lui avait jeté des coups d'oeil plus ou moins discrets toute la journée et il commençait à en avoir marre. Il avait immédiatement compris que l'épéiste s'interrogeait quant à leur tentative de conversation la veille au soir car malgré son état d'ébriété, lui-même s'en souvenait parfaitement. L'alcool l'avait fait parlé un peu trop vite et un peu trop franchement mais finalement, il ne le regrettait pas. Il avait envie de ce qu'il avait demandé au sabreur, même si l'idée de lui remettre une liste ne lui paraissait pas si judicieuse après-coup.

Il coinça son mégot dans sa bouche et refila son immense marmite à son compagnon en lui faisant signe de le suivre vers le Sunny. Tandis que le chemin s'effectuait en silence, l'escrimeur laissa son regard de nouveau s'attarder sur lui et Sanji leva les yeux au ciel.

"Arrête de m'regarder comme ça, tête d'algue", fit-il en soufflant sa fumée.

Zoro braqua instantanément les yeux ailleurs mais Sanji décida finalement de s'arrêter.

"Ecoute, je sais que ça t'a surpris. Je me suis moi-même pas vraiment rendu compte de ce que je disais sur le coup mais puisque je l'ai dit… T'en penses quoi?

- Rien de particulier", grogna le sabreur sur la défensive.

Comme le cuistot insistait en plantant son regard dans le sien, il déposa sa marmite d'un air renfrogné.

"C'était bizarre, admit-il alors. Je m'attendais pas à ce que tu dises tous ces trucs.

- Et t'as pas envie de les faire, c'est ça?" devina Sanji en tirant à nouveau sur son mégot d'un air détaché.

L'escrimeur soupira.

"Je croyais qu'on s'était mis d'accord et que t'avais plus besoin de ce genre de choses alors je vois pas bien en quoi ça nous avancerait...

- Évidemment, fit le blond en écrasant son mégot avec amertume. Il faut que j'apprenne à me contenter de peu, pas vrai?

- Ca n'a rien à voir, protesta le sabreur.

- C'est bon, j'ai compris. Faut que j'apprenne à passer derrière ton égo, c'est tout."

Zoro fronça les sourcils et s'apprêtait à répliquer à nouveau mais Sanji s'éloigna en direction de la plage, abandonnant le sabreur avec sa marmite vide à ses pieds, et le condamnant ainsi à remonter seul vers le bateau.


L'équipage resta sur l'île des quatre vents deux jours supplémentaires, le temps que la navigatrice perce le mystère du climat et que l'archéologue retrace l'adaptation des populations locales. Nami démontra ainsi que les masses d'air étaient entrées en collision au-dessus de l'île et que chacune prenait le pas sur les autres après un certain cycle. Cela confortait la thèse de Robin qui avait repéré des habitations sur les quatre coins de l'île selon les époques jusqu'à ce que la population finisse par migrer définitivement vers une autre île de l'archipel qui bénéficiait d'un climat stable et printanier.

Le cap fut donc mis vers cette nouvelle destination qu'ils atteignirent en quelques heures. Une large ville moderne, agréable et attractive leur tendait les bras à leur arrivée mais l'archéologue entraina l'équipage vers la banlieue campagnarde où les locaux de l'île des quatre vents s'étaient établis. Elle mit rapidement à jour les occupations qu'avaient développées les habitants et découvrit qu'ils s'étaient tournés vers la culture des plantes et l'herboristerie. Chopper se montra particulièrement enthousiaste en l'apprenant et il aida l'archéologue à répertorier tout ce qui était possible parmi les vestiges de maison et de champs.

Ravis de leurs découvertes, les deux jeunes femmes et le médecin avaient maintenant dans l'idée de publier un article dans une revue spécialisée en mêlant leurs multiples connaissances pour offrir une approche globale de la situation de l'île. Nami nourrissait même des rêves de gloire et de célébrité à la suite de leur publication.


A la nuit tombée cependant, les esprits se firent moins studieux et l'attrait de la ville à quelques pas redoubla. Tandis que Robin et Chopper décidaient de rester encore un peu, le reste de l'équipage déambula bientôt dans les rues colorées et lumineuses. Ils ne détonnaient pas par rapport aux autres touristes dans leurs habits d'été et ils discutèrent gaiement jusqu'à ce qu'ils s'arrêtent devant la devanture d'un café particulièrement animé.

"Ca a l'air super! s'enthousiasma Franky.

- L'entrée est payante, remarqua immédiatement Nami en fronçant les sourcils.

- Il y a un groupe de musique et une piste de danse! leur montra Ussop avec excitation.

- Le dance floor m'appelle! dansa Brook en se déhanchant.

- Il y a beaucoup de monde et pas de place pour s'asseoir, grogna Zoro en jetant un coup d'oeil par la fenêtre.

- C'est parce qu'on va super bien s'amuser! insista Franky.

- Je vous rappelle que c'est hors de prix, gronda Nami.

- Mais l'ambiance a l'air très chaleureuse! plaida ensuite Ussop.

- J'aimerais bien y faire un tour mais si Nami-chérie s'y oppose..., hésita Sanji.

- On y va, ordre du capitaine!" trancha soudain Luffy en se ruant vers l'entrée.

Tandis que Sanji, Ussop, Franky et Brook se précipitaient à sa suite en riant, Zoro et Nami traînèrent des pieds.

"Ces crétins n'ont aucune idée de ce qui les attend, ils vont le regretter, grinça la navigatrice en payant le prix exorbitant de l'entrée.

- Tu le retiens pas sur ma dette, j'espère? lui demanda le sabreur. Je voulais même pas venir.

- Ouais, bah je dois bien payer ta place quand même alors qu'est-ce que ça change?"

Zoro grogna, de fort méchante humeur. Dès qu'il pénétra dans le café, il fut assaillit par une musique rythmée beaucoup trop forte et il grimaça.

L'endroit était assez grand mais il était malgré tout bondé et il faisait une chaleur insupportable. Le bretteur décida alors qu'il fallait qu'il se dégotte un coin tranquille pour fermer les yeux et même avec ce bruit, il était envisageable qu'il s'endorme. Mais d'abord, il avait faim.

Il se dirigea donc vers le bar où Nami s'était déjà installée, un cocktail à la main.

"Les prix sont indécents mais leurs boissons sont divines", lui dit-elle tandis qu'il jetait un coup d'oeil à la carte.

Il sentit alors sa mâchoire se décrocher lorsqu'il découvrit les prix et jura de plus belle.

"Je te l'avais dit! rigola la rousse à ses côtés. Prends plutôt un cocktail."

Zoro haussa les épaules et commanda une bière.

"Ils sont où? lui demanda-t-il ensuite.

- Là."

Elle lui désigna un emplacement au centre du café dégagé de tout mobilier et où tout le monde s'était regroupé pour danser à deux pas des musiciens. A cet instant, un jeune homme brun se pencha vers la navigatrice et lui remplaça son verre vide avec un sourire enjôleur tandis que Nami le remerciait à grands coups de cils aguicheurs. Le sabreur la regarda avec curiosité et elle haussa les épaules.

"Si tu crois que je vais dépenser un seul berry de plus dans cet endroit."

Elle se tourna vers la piste de danse et un sourire diabolique étira ses lèvres.

"Ils ont l'air de s'éclater mais ça va pas durer."

Sur ce, elle vida son deuxième verre d'une traite et fila à son tour vers leurs amis. Au milieu de la foule, Sanji et Luffy semblaient s'amuser comme des fous. Luffy se trémoussait dans tous les sens en essayant de suivre le rythme effréné de la musique et il s'emmêlait les pieds un pas sur deux en riant. De son côté, Sanji semblait avoir choisi une stratégie différente basée sur des gestes plus lents mais plus précis. Non loin d'eux, Brook et Franky débutaient une chorégraphie millimétrée que d'autres danseurs essayaient d'imiter. Quant à Ussop, il avait déjà réuni autour de lui un certain nombre de personnes qui écoutaient le grand récit - enjolivé - de sa vie.

Zoro ne chercha pas à savoir ce que la navigatrice avait en tête et attrapa sa bière sur le comptoir. Danser était vraiment le dernier de ses soucis. Cet endroit n'avait même pas de bouffe à lui fournir alors il avait définitivement perdu toute crédibilité à ses yeux et il s'affala sur le premier banc un peu reculé qu'il trouva dès qu'il eut fini sa bière.

Plongé dans la pénombre, il déposa ses lames sur ses genoux et s'appuya contre le mur derrière lui avant de fermer les yeux. Ouais, avec un peu de chance, il n'allait pas totalement perdre son temps…


Le bretteur se réveilla en sursaut lorsqu'un verre frôla sa tempe gauche. Il se redressa immédiatement, tous ses sabres prêts à en découdre. Cependant, il repéra bien vite l'origine de l'attaque comme une dispute entre un couple non loin de lui. Rassuré, il se recala contre le mur et observa d'un oeil distrait la femme gifler l'homme qui se traînait littéralement à ses pieds pour se faire pardonner. A voir l'expression de sa copine, il n'était pas prêt d'y arriver et le niveau sonore de leur querelle devenait si fort que Zoro percevait leurs reproches malgré la musique.

"Tu crois pas que je t'ai donné assez de chances comme ça? hurlait la furie.

- Mais, ma chérie, je t'assure qu'il ne s'est rien passé entre nous, bredouillait l'homme.

- Et ses lèvres sur les tiennes, c'était une erreur d'inattention?!"

La femme rebalança un verre dans la direction de son futur ex petit-ami et Zoro dut se décaler pour ne pas le recevoir en plein visage lorsqu'elle le manqua.

Délaissant le couple, le sabreur chercha des yeux ses amis. Il repéra facilement Ussop, entouré d'une foule encore plus considérable et occupé à faire de grands gestes sous les yeux ébahis de ses spectateurs. Franky poursuivait sa danse et ses poses ridicules tandis que Brook encourageaient les musiciens avec son propre violon. Il vit ensuite Luffy attablé au bar et ce dernier lui sembla au bord des larmes. Sûrement Nami lui avait-elle interdit de commander quoi que ce soit au vu des prix prohibitifs et Zoro comprit qu'elle tenait effectivement sa vengeance. La jeune femme était d'ailleurs en grande conversation avec le barman et il supposa qu'elle lui demandait des renseignements sur l'île ou la durée de recharge du Log-Pose.

Finalement, il découvrit Sanji toujours sur la piste de danse aux côtés d'une jeune femme aux longs cheveux blonds ondulés et il le suivit des yeux distraitement. Le cuistot et lui n'avaient plus évoqué cette histoire de liste et les choses avaient plus ou moins repris leur cours normalement depuis cette soirée. L'épéiste ne savait pas trop quoi en penser mais cet état de relative paix entre eux l'arrangeait malgré tout et il n'était pas prêt de remettre le sujet sur le tapis.

Soudain, Zoro le vit éclater de rire tandis que la jeune femme l'imitait quelques secondes plus tard, posant délicatement une main sur son bras sous l'effet de son propre rire. L'escrimeur fronça les sourcils, sentant un sentiment inconnu et désagréable l'effleurer à cette vision. Il avait l'habitude de voir le cuisinier flirter avec toutes les femmes mais celle-ci à la différence des autres semblait répondre aux remarques du jeune homme avec un peu trop de plaisir. Il l'examina davantage. Élancée, la taille fine et la poitrine généreuse, elle avait tous les atouts nécessaires. Zoro décida cependant de ne pas y faire attention et il ferma de nouveau les yeux dans l'espoir de retrouver le sommeil.


Après une nouvelle sieste presque tranquille, il se releva, définitivement affamé. Impossible de dormir plus longtemps alors que son estomac criait famine de la sorte. En soupirant, il se résolut à revenir vers le bar pour commander quelque chose, et tant pis si Nami l'ajoutait à sa dette.

Alors qu'il n'avait pas besoin de se frayer un chemin à travers la foule, les gens s'écartant naturellement à son passage au vu de sa tête et de ses sabres, Zoro s'accouda au comptoir. Tandis qu'il attendait finalement une nouvelle bière, il se tourna vers la piste de danse et ne manqua pas de tomber sur la belle jeune femme observée précédemment, à présent en grande conversation à une table avec le cuisinier. Celui-ci semblait très intéressé par ses propos et il s'était même rapproché d'elle, les yeux en adoration évidente pour la créature face à lui. Alors qu'elle rougissait à l'un de ses compliments, Zoro sentit à nouveau cette sensation étrange prendre forme dans son ventre. Il n'aurait pas su dire ce que c'était mais il repensa brusquement à la dispute du couple qu'il avait entendue un peu plus tôt.

"Et ses lèvres sur les tiennes, c'était une erreur d'inattention?!"

Le sabreur reposa brutalement son verre qui venait d'arriver. Le cuistot était tellement proche de cette nana qu'une simple bousculade la ferait tomber dans ses bras.

Zoro sentit alors sa respiration s'alourdir et sa mâchoire se contracter. La jalousie. Quel sentiment affreux que celui de douter de quelqu'un à qui on a confié son coeur. De se sentir devenir transparent pour la personne dont on ne peut détacher les yeux. De se sentir trahi par un regard ou un sourire qui ne nous est pas adressé.

Soudain, la jeune femme en question se leva et Zoro crut son calvaire terminé avant qu'il ne la voit se pencher vers le blond pour lui chuchoter quelques mots à l'oreille, le sourire aux lèvres. En retour, le cuisinier sembla s'envoler dans une nouvelle tirade dégoulinante et elle pouffa de rire avant de lui faire un petit signe de la main puis de se diriger vers les toilettes au fond de la salle.

Atteignant sa limite, Zoro traversa la salle en direction du cuisinier et se planta à ses côtés, bras croisés et sourcils froncés. Sentant une présence, le blond releva la tête et fut surpris de le trouver là.

"Bah alors, tête d'algue? T'arrives pas à trouver le sommeil, ici? lui demanda-t-il avec amusement.

- T'aimerais bien, hein?"

Sanji haussa les épaules.

"Ca m'est égal, tu peux faire ce que tu veux."

Le sabreur interpréta mal ses paroles et l'observa avec attention. Le cuisinier avait bu mais il ne semblait pas saoul. Quelque part, il s'en trouva encore plus énervé et la torsion dans son ventre redoubla. A bout de mots, Zoro agrippa le Wadô.

"Ramène-toi.

- Hein?

- Ramène-toi, j'te dis."

Sanji fixa l'escrimeur sans comprendre avant de remarquer la crispation de sa main sur son sabre.

"Qu'est-ce qu'il y a? Un problème? lui demanda-t-il en parcourant la salle des yeux à la recherche d'ennemis ou d'uniformes de la Marine. Je ne vois rien, ajouta-t-il peu après en reportant son attention sur Zoro.

- Si tu te ramènes pas dans deux secondes, je la découpe en rondelles."

Sanji écarquilla les yeux de surprise avant de finalement saisir la véritable portée de la présence de Zoro à ses côtés et il éclata de rire tout en se saisissant de son verre.

"Sérieusement, tronche de cactus? Tu me fais une crise de jalousie, là?

- T'as une définition bien curieuse d'une relation exclusive, cracha le sabreur, blessé par sa réaction. Et dire que c'est toi qui l'a spécifié!"

Le blond s'étrangla avec sa boisson. Il la redéposa brutalement et se leva pour se mettre à sa hauteur, furieux.

"Non mais attends, qu'est-ce que tu t'imagines là? Que j'suis un menteur?!

- Ca ressemble à quoi, d'après toi? Tu passes ton temps à tourner autour des filles et j't'ai jamais rien dit mais là tu vas trop loin.

- Quoi?"

Zoro tourna les talons, indifférent au monde. Il se sentait parfaitement humilié d'en être arrivé là et de s'être abaissé devant le cuistot à cause de ce qu'il ressentait. Si les femmes étaient si importantes pour lui, il n'avait qu'à rester avec elles et arrêter de lui faire croire qu'il voulait une relation particulière avec lui plutôt qu'un autre. Une aura sombre se propageant autour de lui, il fila vers l'arrière-cour du café et s'évanouit dans la nuit en quelques secondes.


Sanji regarda le bretteur s'éloigner, hésitant entre incrédulité et énervement. Il n'arrivait pas à croire que Zoro ne lui fasse pas confiance, et sur un sujet tellement important! Pourtant, il avait pensé qu'il comprenait puisqu'il lui avait expliqué son point de vue sur les femmes et que l'escrimeur n'avait jamais fait la moindre remarque auparavant. Quel enfoiré. Avoir une si piètre opinion de lui, ça le rendait malade...

Il reporta son attention devant lui juste à temps pour voir Jenny revenir dans sa direction, son adorable sourire aux lèvres. Il eut alors envie de s'élancer vers elle pour la couvrir de compliments devant sa beauté radieuse. Cette fille était délicieuse, aussi belle qu'intelligente. De surcroît, elle avait une passion pour la pâtisserie dont ils avaient longuement parlé toute la soirée. Il fut pourtant sorti de ses réflexions par sa jolie voix et elle lui tendit une nouvelle boisson, le rouge aux joues.

"J'ai pensé qu'on pourrait aller dans un endroit plus tranquille après…"

Le sourire du cuisinier se figea sur ses lèvres. Jenny, parfaite et magnifique petite Jenny… Comment allait-il pouvoir lui faire ça?

"Ma douce, je ne crois pas que ce soit une bonne idée."

Son visage prit la plus mignonne des formes tandis qu'il exprimait une incompréhension totale et que ses grands yeux verts se voilaient.

"Mais je croyais…

- C'est entièrement ma faute, s'excusa-t-il sincèrement. Je me suis laissé emporter par ta beauté renversante et ton incomparable esprit mais je ne peux me permettre de nous laisser aller plus loin.

- Ah bon?" fit-elle avec une petite moue déçue.

Le blond acquiesça à regret avant de déposer un baiser sur sa main gauche.

"Si tu as un jour besoin de conseils concernant les pâtisseries, je serais infiniment heureux de t'offrir tout mon savoir.

- D'accord..."

Jenny eut un petit sourire triste avant de s'éloigner et Sanji la suivit du regard, le coeur gros. Il chercha ensuite la tête d'algue mais ne la vit nulle part et il se dirigea vers l'extérieur.

Ca n'allait pas être facile d'avoir cette conversation avec cet idiot mais ils devaient bien en passer par là.


Il aperçut rapidement Zoro adossé contre le mur de l'arrière-cour, perdu dans la contemplation de la nuit. Heureusement, ils étaient seuls. Probablement l'escrimeur avait-il fait fuir tout le monde.

"J'ai dit à Jenny que c'était pas possible, commença le cuisinier en cherchant ses cigarettes dans sa poche. T'es content maintenant?"

Le sabreur le contempla une seconde avec stupéfaction avant d'avoir un rire glacial.

"Je suis flatté de passer avant "Jenny" ce soir. Je me demande comment s'appellera la suivante. Et la suivante. Et la sui-

- Ca va, j'ai compris l'idée, rétorqua sèchement le blond en renonçant à sa cigarette.

- Non, t'as rien compris, gronda l'escrimeur en se tournant d'un coup vers lui, l'aura menaçante. Si t'es pas capable de tenir ton propre engagement, tu mérites aucun respect à mes yeux!

- J'aurais jamais été plus loin et tu le sais très bien, se défendit le cuisinier, agacé.

- Ah oui et pourquoi j'en serais si sûr? D'habitude, je compte sur les râteaux que tu te prends mais là, elle avait pas l'air contre alors qu'est-ce qui t'aurais arrêté si j'étais pas intervenu?

- Ca veut dire que tu me fais pas confiance, tête d'algue?"

Zoro se redressa de toute sa hauteur, ses yeux lançant des éclairs.

"T'as tout compris, j'te fais pas confiance. Et je refuse de me faire humilier comme ça à nouveau. Si c'est ce que coûte une relation, je reprends ma parole et me délie de mon engagement.

- Arrête de faire dans le mélo, j'te dis qu'il se serait rien passé! s'emporta Sanji. Bon sang, tu me connais, tronche de cactus! C'est ma personnalité de couvrir les filles de compliments mais je n'ai qu'une parole et j'te l'ai donnée alors je t'interdis de me dire que ça vaut rien!"

L'épéiste croisa les bras, le défiant du regard tandis que les ombres de la nuit accentuaient sa silhouette intimidante.

"Et la mienne alors? J'ai beau te dire de me faire confiance sur certains sujets, j'crois pas que tu le fasses pour autant."

Sanji eut un moment de stupeur. Le sabreur était-il réellement en train de faire référence à leur dernière conversation sur l'île des quatre vents?

"C'est… pas pareil, tête d'algue, grommela-t-il ensuite.

- Ben voyons, ricana l'escrimeur. Toi et tes putain de mots. C'est uniquement quand ça t'arranges, c'est ça?

- Bien sûr que non! répliqua le blond.

- Alors pourquoi tu me demandes de te laisser baver sur toutes les filles qu'on croisera sans rien dire parce que c'est "ta personnalité" pendant que moi, j'peux rien te refuser parce que "c'est pas pareil"?"

Le cuisinier leva les yeux au ciel devant cette démonstration qu'il jugeait simpliste.

"Tu comprends rien. C'est juste que ça veut dire que j'te demande d'avoir confiance en moi sur ce sujet, c'est tout!"

Le sabreur lui offrit un sourire blasé en retour.

"La confiance, ça se mérite et j'vois pas bien pourquoi te l'accorder alors que t'es pas capable d'en faire de même."

Sanji lui lança alors un regard furieux.

"Tu me connais assez pour savoir que je ne reviens jamais sur mes décisions! J't'ai dit qu'il se passerait rien, pourquoi c'est si compliqué à croire?!

- Parce que tu fais uniquement ce qui t'arrange, que tu me demandes de faire comme toi tu veux et que ça commence à me gonfler", répliqua sombrement le bretteur.

Le blond fronça les sourcils. Au ton du sabreur, il sentait qu'ils s'engageaient sur un tout autre terrain désormais. Un terrain beaucoup plus dangereux qu'une simple dispute.

"Qu'est-ce que tu racontes?" s'enquit-il avec méfiance.

Zoro croisa les bras et le toisa.

"Tu veux plus de mots, tu veux plus de preuves, tu veux que j'te laisse avec les filles, tu veux même que j'te laisse tout diriger même si j'en ai pas envie et j'en ai ma claque, bordel!"

Sanji sentit son ventre se tordre sous l'éclat de voix de l'épéiste. Qu'est-ce qu'il était en train de lui dire? Qu'il n'était qu'un type qui avait besoin de tout contrôler et qui ne le laissait pas respirer? Qu'il s'accrochait trop à lui et qu'il l'étouffait? A cette pensée, le blond refoula les émotions qui lui lacéraient le coeur pour empêcher la douleur d'y creuser son nid. A la place, elles jaillirent par sa bouche.

"Et tu crois que ça me fait pas chier d'avoir l'impression d'y croire pour nous deux?! J'te demanderais pas tout ça si j'avais pas le sentiment que t'en as rien à foutre!"

De longues secondes s'écoulèrent dans le silence absolu avant que Zoro ne sente une colère froide prendre le pas sur lui.

"Tu oses… Avec tout ce que je fais pour ta p'tite tête d'enfoiré... J'ai fait des putains d'effort pour toi! rugit-il ensuite. La dernière fois encore avec Tashigi! Si t'es pas capable de les voir, j'en ai vraiment rien à foutre. J'en ferai pas davantage et si tu..."

Il laissa la fin de la phrase mourir sur ses lèvres et planta un regard brillant de rage dans celui de son compagnon.

"C'est pas parce que je parle pas autant que toi que j'ai pas de sentiment. T'es qu'un égoïste et un putain de menteur, bordel! Quand tu m'as proposé cette relation, tu m'as dit que tu voulais pas me changer mais c'est ce que t'essayes de faire depuis le premier jour!"

La fureur de l'escrimeur balaya celle du blond pour laisser place à la culpabilité en lui. Sanji savait qu'il était allé trop loin au moment même où les mots avaient franchi ses lèvres mais il n'avait pas pu s'en empêcher. Lui aussi se sentait profondément blessé par ses paroles même s'il avait conscience que ce qu'il reprochait à Zoro n'était pas exactement de sa faute. C'était vrai qu'il cherchait à arracher des bouts de mots et de promesses à l'épéiste alors même que ce dernier faisait de son mieux pour lui faire plaisir. Sanji savait que ses demandes n'étaient pas toujours rationnelles mais il n'arrivait pas à patienter. C'était plus fort que lui.

"C'est pas ce que je voulais dire, admit-il alors, le coeur serré. Je sais que tu fais beaucoup d'efforts mais..."

Le cuisinier se tut devant le regard absent du bretteur. Zoro semblait s'être déjà éloigné de lui et ne l'écoutait plus que d'une oreille distraite. Il se retranchait pour mieux oublier ce qu'il venait d'entendre et lui avait absolument besoin d'avoir son attention. Avec angoisse, il réalisa qu'il ne voulait pas le lui dire mais qu'il le fallait. Il le fallait ou il allait le perdre.

Il lui attrapa le bras et sentit son regard furieux se braquer à nouveau sur lui.

"Zoro… Si j'te demande tout ça, c'est parce que j'ai besoin de me rassurer, avoua-t-il d'une voix blanche. Peut-être que parfois je t'en demande trop mais c'est parce que je ne veux pas perdre tout ce qu'on a construit. Je suis... bien trop attaché à toi maintenant."

Le sabreur l'observa en silence. Il voyait bien que le cuistot venait de se montrer honnête envers lui mais ça le mettait mal à l'aise. Ils avaient peut-être de réels sentiments l'un pour l'autre mais à quoi bon s'ils ne faisaient que leur faire du mal? Parce que l'un ne s'exprimait pas assez et que l'autre en devenait malade au point d'avoir besoin de le changer pour se rassurer? Non, ce n'était pas censé se dérouler de cette manière...

"Tu sais, cette fille, je l'ai trouvée vraiment parfaite, murmura ensuite le blond avec un sourire triste. Elle était charmante, elle était magnifique et vraiment intelligente à tous les niveaux. Seulement… elle n'était pas toi. "

L'escrimeur leva les yeux au ciel.

"J'suis pas une de tes midinettes, ton baratin marche pas avec moi, répliqua-t-il froidement.

- Je suis sincère, se défendit son compagnon en passant une main nerveuse dans ses cheveux. Ce que j'essaye de te dire, c'est que… Zoro, j'essaye de te dire que je t'-

- Je sais ce que tu essayes de me dire, Sanji, le coupa brutalement le bretteur. Mais ça ne suffit pas et tu le sais."

Un immense poids tomba dans la poitrine du cuisinier. Il pensait que formuler ses sentiments à voix haute aurait eu de la valeur pour le sabreur mais apparemment, même sa fierté n'était pas suffisante. Mais alors, qu'est-ce qu'il attendait de lui?

Comme le silence se prolongeait entre eux, Zoro haussa finalement les épaules, gêné.

"Peut-être qu'on a été au bout de l'expérience et qu'on devrait…"

L'épéiste ne termina pas sa phrase mais Sanji en avait pourtant parfaitement entendu la fin et il le dévisagea. Quoi, il abandonnait? Si vite? Sans qu'ils n'aient pris le temps de se donner les moyens de franchir l'obstacle?

Il secoua alors vigoureusement la tête, déterminé.

"J'te propose un compromis."

Le sabreur releva la tête, plus attentif qu'il n'aurait voulu. Malgré son apparente froideur, il se sentait frustré à l'idée d'arrêter là sa relation avec le blond mais il ne s'agissait pas d'un combat habituel pour lui. Il n'avait pas les armes pour se battre contre ce genre de ressentis et il ne voyait pas bien ce qu'il pouvait y faire. Alors il voulait croire que Sanji avait quelque chose à lui proposer qui les aiderait à dépasser ce cap car lui était totalement dépassé.

"Tout ça est une question de confiance alors voilà ce qu'on peut faire, lui expliqua le cuisinier. Tu me laisses le bénéfice du doute par rapport aux filles et moi, je ferai de même. Je ne chercherai plus à savoir ce que tu ressens et j'te demanderai plus de me laisser prendre ta main si t'en as pas envie. On a dépassé le stade de la relation de pouvoir alors… j'veux bien croire que c'est pas une question d'ego si tu le dis. Je veux te faire confiance. Est-ce que tu te sentirais mieux comme ça?"

Zoro fronça les sourcils.

"C'est possible mais… tu pourras vraiment faire tout ça?"

Sanji eut un petit sourire crispé.

"Il le faudra bien. Si on ne se fait pas confiance, ça ne marchera jamais. Et je veux que ça marche. D'accord?"

L'épéiste prit le temps de la réflexion. Ce compromis basé sur la confiance lui paraissait effectivement adapté à leur situation. Bien sûr, cela lui coûterait des efforts au début mais en échange, il était assuré que le cuisinier en ferait de même alors il ne se sentirait plus rabaissé comme il l'avait été. Et si ça ne fonctionnait pas, au moins auraient-ils été jusqu'au bout de ce qu'ils pouvaient faire.

"D'accord."

Sanji relâcha sa respiration avec bonheur. Il avait réellement cru que ce crétin de sabreur allait le plaquer à l'arrière de ce café ultra chic pour le coup. Fébrile, il attira Zoro à lui pour s'emparer de ses lèvres avec avidité.

"T'es qu'un imbécile, ne put-il s'empêcher de lui souffler en l'embrassant.

- T'es vraiment pas bien placé pour dire ça", murmura en retour l'escrimeur contre sa bouche.

Avec un sourire, le blond se plaqua davantage contre le corps du bretteur, respirant son odeur de toutes ses forces.

"Vous avez fini, les amoureux? leur demanda soudain la navigatrice qui avait surgi dans la ruelle. Je vous ai cherché partout, Luffy a finalement décidé qu'on devait rentrer. Franky et Brook nous attendent devant, faut juste que j'aille chercher Ussop, ajouta-t-elle d'un air satisfait.

- Ouais, ordre du capitaine! hurla l'intéressé derrière elle. Faut qu'on rentre, j'ai vraiment trop faim, Sanji!"

Ce dernier s'arracha aux bras du sabreur puis sortit enfin sa cigarette de sa poche en hochant la tête. Il était tellement soulagé qu'il était partant pour faire un encas de minuit à son ogre de capitaine.


Après leur retour sur le Sunny, Sanji avait filé en cuisine pour préparer une collation pour ses amis. Chopper et Robin étaient déjà revenus et ils avaient expliqué leurs dernières découvertes lors du repas. Bien que toujours intéressé par la belle archéologue, Sanji n'avait pourtant pas traîné à débarrasser la table puis à laver et à ranger sa vaisselle.

Alors que la nuit était déjà bien avancée, il avait quitté rapidement son antre en quête de son compagnon. Il l'avait trouvé perdu dans ses réflexions sur le pont et il l'avait saisi par le bras avant de l'entraîner jusque dans leur chambre sans un mot.

A présent pressé entre son corps et le mur face au lit, il avait noué ses jambes autour de sa taille pour mieux le maintenir contre lui. Dès lors qu'ils avaient franchi la porte, le blond s'était jeté sur lui pour l'embrasser voracement et leurs baisers sauvages avaient vite entraîné des soupirs et des caresses lascives.

Sanji ferma les yeux un peu plus fort en sentant la langue du sabreur caresser langoureusement la sienne. Il savait que son déchaînement de passion était directement dû au bouleversement émotionnel qu'ils venaient de traverser et il avait eu peur un instant que Zoro ne veuille prendre de la distance mais finalement, celui-ci ne l'avait pas repoussé.

Le cuisinier était tout de même conscient qu'au-delà de leur réconciliation, il lui faudrait réfléchir sérieusement à la promesse qu'il avait faite afin de pouvoir la tenir. Cependant, pour l'instant, il ne désirait rien d'autre que de se rassurer et de prouver par la même occasion à l'escrimeur à quel point ils pouvaient se satisfaire l'un de l'autre.

C'est ainsi que s'embrasser même à perdre haleine ne fut bientôt plus suffisant et que les mains de Sanji déboutonnèrent à tâtons la chemise colorée de l'épéiste, sa bouche étant bien trop occupée à dévorer ses lèvres pour qu'il ouvre les yeux. Il fit glisser le tissu le long de ses épaules mais les bras musclés du sabreur l'empêchèrent de la faire tomber au sol puisqu'il le tenait fermement. Le blond ne se soucia pas davantage de ce détail et ses mains se déposèrent à nouveau sur sa nuque pour accentuer encore leurs baisers essoufflés, effleurant la base de ses cheveux.

Zoro utilisa alors sa force pour reposer le poids du cuisinier sur son seul bras gauche tandis que ce dernier se maintenait grâce à la puissance de ses jambes autour de sa taille. L'épéiste en profita ensuite pour dégager le tee-shirt du pantalon de son amant pour le déboutonner. Sanji comprit instantanément son intention et l'aida à repousser ses vêtements au mieux malgré leur position. Aveuglé par son désir, il n'envisagea même pas de se détacher du sabreur ne serait-ce que quelques secondes pour s'en débarrasser plus facilement.

Le sous-vêtement suffisamment dégagé, l'escrimeur glissa ses doigts vers son intimité et le cuisinier s'arqua contre lui lorsqu'il le pénétra. En réponse, ses mains se pressèrent contre le torse du sabreur qui poursuivait ses baisers sans relâche et il se mordit les lèvres. La chaleur qui se dégageait entre eux attisait leur envie et la sueur commença à perler sur le front du blond au fur et à mesure des allers retours que Zoro imprimait à son corps.

Concentré sur le plaisir qui montait en lui, il sentait néanmoins la virilité du sabreur contre son propre sexe à l'air libre qui frottait douloureusement sur son pantalon. Il utilisa donc l'une de ses mains pour repousser le vêtement et Zoro se pressa contre lui de plus belle dès qu'il sentit son membre être un peu libéré de sa prison de tissu.

Leurs peaux se rencontrèrent avec avidité et Sanji enfonça ses ongles dans ses épaules pour ne pas gémir de plaisir. Pour la première fois depuis leur entrée dans la pièce, il détacha sa bouche de la sienne pour reprendre un peu d'air au milieu de leurs soupirs et ancra son regard dans le sien.

"Vas-y, tête d'algue… Je suis prêt."

Le bretteur sembla hésiter une seconde au vu du peu de temps qu'avait duré la préparation mais devant le regard embrasé de son compagnon, il recula de quelques pas jusqu'à sentir le bord du lit contre ses mollets. Il se laissa alors tomber sur le matelas et le corps élancé du blond le suivit jusque sur ses hanches.

Sans perdre un instant, il se débarrassa complètement de sa chemise et Sanji termina de le dégager de son pantalon et de son sous-vêtement. Le cuisinier repoussa ensuite ses propres habits tandis que Zoro faisait passer son tee-shirt par-dessus sa tête.

A cet instant, leurs regards se croisèrent et ils surent qu'ils partageaient le même état d'esprit : ils n'avaient pas dans l'idée de prendre leur temps ou de se frustrer inutilement. Ce soir, ils étaient passés trop près de la catastrophe et leurs corps s'embrasaient à la mesure de ce qu'ils avaient cru perdre.

Une seconde plus tard, Zoro attrapa la taille du blond et le positionna sur son membre surchauffé. Sanji ne le quitta pas des yeux tandis qu'il s'abaissait lentement sur lui, les amants ne détachant leurs regards que lorsque la sensation leur arracha un gémissement.

Le cuisinier sentit alors son corps trembler. La douleur était déchirante mais la main de Zoro sur son ventre qui le caressait lentement lui faisait du bien et il se concentra sur cette attention. Il s'accorda ensuite quelques instants pour souffler et se détendre, se baignant dans le regard soucieux du sabreur qui attendait patiemment son signal. Son attitude prévenante l'enveloppa encore un peu plus et bientôt, il se pencha vers lui pour l'embrasser doucement.

"Fais-moi voir les étoiles, Zoro…"

L'escrimeur répondit fiévreusement à son baiser et à sa demande, accompagnant le mouvement de son bassin qui ondulait de plus en plus vite sur lui. Rapidement, ils se mirent à haleter pour tenir le rythme de leurs déhanchements et de leurs lèvres entremêlées dont ils ne parvenaient pas à s'arracher plus de quelques secondes.

Au fur et à mesure de la montée du plaisir, des gémissements suaves et des soupirs rauques leur échappaient plus régulièrement. De son côté, le blond avait bien envie de prendre une position plus confortable et moins fatigante mais il se sentait aussi particulièrement à sa place et le sabreur semblait y prendre autant de plaisir que lui.

Finalement, il finit tout de même par se redresser pour accélérer encore l'allure sous l'imminence de leur orgasme. Les mains de Zoro se crispèrent sur ses hanches et un grondement lui échappa lorsque son amant retomba puissamment sur son membre. La sensation fit également perdre la tête au cuisinier puisqu'il ferma les yeux dans un cri muet avant que tout son corps ne se contracte autour de l'épéiste, accompagnant sans y penser son propre membre pour se délivrer. Le souffle coupé par cette image érotique, l'escrimeur sentit alors ses gestes lui échapper et ses derniers coups de hanche devenir erratiques.

Lorsque Sanji se laissa tomber sur ses avant-bras, le sabreur profitait des dernières bribes de son orgasme et il entrouvrit doucement les yeux tout en reprenant sa respiration. Il observa alors le regard inquisiteur du cuisinier à quelques centimètres au-dessus de lui. Il passa une main dans ses mèches blondes qui retombaient devant ses yeux et eut un sourire essoufflé.

"Alors ces étoiles, cuistot?"

Sanji lui rendit son sourire et s'allongea contre lui, reposant sa tête dans le creux de son cou.

"Je suis sûr que tu les as vues toi aussi."

Zoro approuva en passant son bras autour des épaules encore tremblantes de son compagnon.

"C'est bien qu'on est trouvé cet arrangement, murmura-t-il en fermant les yeux.

- C'est bien, répéta le cuisinier, happé lui aussi par le sommeil. C'est vraiment bien…"


J'ai beaucoup travaillé la scène de la dispute, j'espère qu'elle vous a plu et apporté des éléments par rapport aux précédents chapitres. Elle sera complétée par la réflexion de Sanji sur son attitude très bientôt.

Aussi, voici un petit lemon bonus que je n'avais pas prévu de détailler autant mais après avoir entendu certaines de vos demandes… Alors j'espère que vous en avez profité!