Merci à Mileminia, Wado21, deryous50, MiaoiFuki et Typone Lady pour vos reviews.

La barre des 200 reviews a été atteinte et je voudrais vous en remercier sincèrement. Vos avis me récompensent à chaque fois pour le temps que je passe à écrire et à faire de mon mieux. J'en profite également pour faire un petit coucou à ceux qui m'ont ajouté à leur alerte et à leur favori depuis le premier jour. Un grand merci à tous.

Bonne lecture.


Chapitre 43

Les fantômes de Thriller Bark

Sanji fronça les sourcils tandis qu'il parcourait le menu des yeux.

L'équipage avait foncé vers le premier restaurant venu dès qu'ils avaient accosté sur l'île tant attendue malgré l'heure matinale et Luffy avait hurlé au patron de leur apporter tout ce qu'il pouvait en bondissant sur le comptoir. Le cuisinier avait été le seul à vouloir jeter un œil à ce qu'il proposait et plus il le lisait, plus son incompréhension grandissait.

« Que se passe-t-il, maître cuisinier ? s'enquit Robin qui avait remarqué son manège.

- Ce menu est étrange, Robin d'amour, lui montra le blond. Regarde, il n'y a pas un seul poisson ou fruit de mer à la carte. »

La jeune femme prit le menu et s'en étonna à son tour tandis que Luffy engloutissait tout ce qui lui passait sous la main, laissant ses autres compagnons littéralement se battre pour manger. Le capitaine était déjà un monstre de gloutonnerie en temps normal mais après ces derniers jours de disette, même Nami n'avait pas réussi à le tenir un minimum. Cette dernière avait ainsi commandé deux assiettes à part qu'elle partageait avec Robin.

« C'est étonnant, en effet, approuva l'archéologue en rendant le menu à son ami. Cela a sûrement un rapport avec l'absence de poissons que nous avons nous-mêmes observée. »

A cet instant, un serveur apporta un nouveau plat débordant de riz et de légumes et Sanji en profita pour l'interpeller.

« Dites, pourquoi vous ne servez pas de produits de la mer? C'est à cause de leur disparition soudaine ? lui demanda-t-il.

- Eh bien… »

L'homme soupira et n'eut pas le temps de déposer son plat qu'il lui fut dérobé par une main élastique.

« C'est que nous n'avons pas les moyens de nous en procurer, reconnut-il ensuite.

- Il y en a encore ? s'étonna Brook. Nous n'en avons vu aucun depuis des jours.

- Il y en a mais ils ne sont plus vraiment disponibles pour de simples restaurateurs...

- J'comprends pas, fit Zoro en avalant une longue gorgée de bière. Pourquoi est-ce que vous ne pouvez plus en avoir? Ils sont passés où?

- C'est une histoire assez compliquée, les interrompit le patron en approchant à son tour, les bras chargés de victuailles. La vérité est qu'une organisation de criminels de la Grande île a encore frappé et qu'ils gardent toute la pêche pour eux avant de la revendre à des prix inabordables.

- Des voleurs de poissons ? s'étonna Franky en vidant sa bouteille de cola.

- Pire que ça, grommela-t-il en débarrassant quelques assiettes après avoir servi ses clients. Ce sont des pilleurs qui ravagent l'océan tout entier pour quelques berrys ! »

L'homme avait l'air réellement furieux et Luffy l'interrogea du regard, la sauce dégoulinant de ses lèvres.

« Vous voyez, ils ne font pas que voler les honnêtes gens qui vivent de leurs pêches, reprit-il en empilant d'autres assiettes. Ces individus utilisent des procédés immondes pour obliger le poisson à se diriger là où ils le souhaitent.

- Comment font-ils ? » lui demanda Chopper en frémissant.

Le patron secoua la tête.

« Ils déversent des hydrocarbures le long des côtes de l'archipel. Ce dernier s'étend sur des centaines de kilomètres jusqu'à l'île précédente par laquelle vous avez dû passer. Du coup, toute la région est affectée et les poissons n'ont pas le choix : ils foncent vers le seul endroit non pollué. C'est là qu'ils les ramassent tous. Ils installent des pièges et ils n'ont plus qu'à attendre.

- Oh, mon Dieu ! s'exclama Nami, horrifiée.

- C'est la deuxième fois cette année, ajouta le serveur avec tristesse. A ce rythme, nous aurons beau nettoyer les côtes, l'écosystème n'arrivera pas à s'en remettre facilement…

- Et personne ne fait rien? s'indigna Franky.

- La Marine a arrêté quelques membres la dernière fois mais le leader s'en est sorti, ils n'avaient pas assez de preuves", soupira le patron.

L'équipage était consterné mais Luffy donna un coup de coude à son plus proche voisin.

« C'est quoi des hydrocarbures ? demanda-t-il à Ussop.

- Du pétrole, Luffy, soupira son ami. Ils déversent des polluants dans la mer et les poissons sont obligés de s'enfuir s'ils ne veulent pas finir étouffés…

- C'est pour ça que ces requins se battaient, comprit alors le cuisinier d'un air sombre. Ces pauvres bêtes n'avaient plus rien à manger alors elles s'entretuaient pour survivre… »

Un silence glaçant accueillit sa déclaration tandis que le patron et son serveur emportaient la vaisselle sale. Lorsqu'ils revinrent avec de nouveaux plats, Sanji les interrogea à nouveau.

«Vous savez où ils sont ?" s'enquit-il.

Le patron le dévisagea avant de hocher la tête.

« A quelques kilomètres au sud. Notre île est à l'embouchure de l'archipel et on est le passage obligé pour repartir vers Grand Line mais je ne vous conseille pas de vous y aventurer pour marchander. Ce ne sont pas des enfants de chœur.

- Moi non plus, répondit alors le cuisinier en se levant.

- Qu'est-ce que tu fabriques, sourcil en vrille ? s'étonna Zoro en le voyant s'éloigner vers la porte.

- Je vais leur régler leur compte, fit le cuisinier en enfilant sa veste.

- Ces hommes sont sûrement très dangereux, lui fit remarquer Brook.

- Ces enflures affament des êtres vivants, prospèrent en faisant des profits sur le dos des habitants et détruisent l'océan, répliqua fermement le blond en allumant une cigarette. Il est hors de question qu'ils s'en sortent.

- Sanji a raison, approuva Luffy en enfournant une nouvelle bouchée de riz. Ils doivent rendre les poissons ! »

Le cuisinier adressa un sourire reconnaissant à son capitaine. Il savait qu'il comprenait.

« On va y aller dès qu'on a fini de manger, ajouta le garçon au chapeau de paille.

- Avec Robin, nous essayerons de déterminer l'étendue des dégâts sur la côte pour le nettoyage, proposa Nami tandis que son amie hochait la tête.

- Je viens avec vous ! approuva Ussop. Ce sera moins dangereux, ajouta-t-il ensuite tout bas.

- Vous n'aurez qu'à me rejoindre, fit le blond. Je vais commencer l'élimination des mauvaises herbes.

- Sois prudent, Sanji ! le supplia le petit renne.

- Ouais, attends-nous. Qu'on leur fasse regretter leur méthode nous aussi!» lui lança Franky avec un sourire féroce.


Le cuisinier de l'équipage au chapeau de paille avait rapidement trouvé la base des criminels. Ils étaient visiblement très organisés et leur domaine s'étendait sur plusieurs hangars le long de la côte. Après avoir observé discrètement leurs activités, Sanji avait constaté qu'ils arrivaient au bout de leur processus car des aquariums remplis de poissons trop serrés pour même bouger s'entassaient, prêts à être chargés sur des bateaux qui se dirigeraient vers différentes îles.

Le jeune homme serra les dents en voyant l'état du littoral à l'horizon : tout était recouvert de boulettes noires gluantes et plusieurs oiseaux et mammifères marins s'y étaient englués. Ils essayaient de se débattre en vain et s'épuisaient avant de se laisser mourir.

Sanji braqua un regard brillant de haine vers le petit bâtiment dont plusieurs hommes repartaient au pas de course après avoir reçu leurs ordres. Il était certain de trouver le chef à l'intérieur et il allait lui faire regretter d'être né. La mer était sa maison et la façon dont ces hommes traitaient ses ressources ainsi que ses habitants lui étaient tout bonnement insupportable.

Il jeta son mégot et s'avança d'un pas ferme vers le bâtiment. Ses compagnons d'équipage n'étaient probablement pas loin et ils le rejoindraient.


« C'est affreux, murmura Chopper en avisant la côte. Il faudra des mois voire des années pour que la flore et la faune s'en remettent… »

L'équipage contemplait en silence le triste carnage des hydrocarbures sur la plage. Quelques habitants tentaient de nettoyer tant bien que mal les rochers et le sable mais leurs efforts paraissaient dérisoires au vu de l'immensité de la tâche. D'autres rinçaient avec vigueur des dauphins et des tortues considérablement englués. Le spectacle faisait peine à voir.

« Il faut les aider, décida Nami. Le plus urgent est de sauver le maximum de ces animaux ! »

Ussop, Robin, Franky, Chopper et Brook hochèrent la tête en signe d'assentiment mais Luffy serra les poings.

« Je vais rejoindre Sanji. Ces brutes ont besoin d'une bonne leçon », gronda-t-il.

A ses côtés, Zoro approuva d'un signe de tête et le groupe se sépara, les uns en direction de la plage et les autres vers les hangars.


Sanji essuya ses lèvres ruisselantes de sang et se releva. Le chef de la bande était bien plus redoutable qu'il n'avait pensé. Après s'être débarrassé facilement des sous-fifres, il avait cru que l'affaire serait vite réglée mais leur leader était un lanceur de couteau hors pair et malgré sa rapidité et son adresse, le blond avait été touché à la cheville gauche et à l'épaule droite. Ses blessures n'étaient pas graves mais la dernière lame qu'il avait évitée lui avait demandé de tourner brutalement sur sa gauche et son pied n'avait pas tenu. Il s'était donc écroulé par terre et s'était douloureusement cogné la tête au sol.

Pourtant, il refit face à son adversaire qui le contemplait en ricanant, toujours aussi déterminé. Il n'allait pas le laisser s'en sortir vivant, il en était hors de question.

« Technique à deux sabres. Tiger Slash ! »

Zoro fissura un énième aquarium et Luffy bondit devant lui.

« Gum-Gum filet ! »

Il rattrapa tous les petits échappés et se hissa sur le toit avant de les faire tomber dans la mer en contrebas. Il redescendit ensuite vers son second, un énorme sourire aux lèvres.

« Sanji va être trop content quand il verra que les poissons ont été délivrés ! »

Zoro se contenta de passer à l'aquarium suivant. Les gardes dont ils s'étaient occupés en entrant étaient ridiculement faibles et le cuisinier avait dû leur régler leur compte en quelques secondes. Pourtant, il n'était nulle part en vue et cela ne signifiait qu'une seule chose : il ne s'était pas encore débarrassé de leur chef qui devait sûrement être d'une autre trempe.

Soudain, un son métallique lui fit tourner brusquement la tête. Il vit alors une énorme pince dirigée par une petite grue qui fonçait vers le capitaine et ses yeux s'écarquillèrent. Le sabreur voulut se précipiter pour le prévenir mais il était trop tard. Impuissant, il vit la pince attraper Luffy et le jeter à l'eau dans un aquarium encore vide. Aussitôt, le garçon au chapeau de paille coula comme une pierre et Zoro positionna ses épées.

« Technique à deux sabres. Tig- »

L'escrimeur fut à son tour soulevé dans les airs par la pince et ses sabres lui échappèrent. Il fut balancé dans un autre aquarium à moitié rempli de crustacés et il bloqua sa respiration pour ne pas avaler d'eau de mer. Au milieu des crabes agités, il tenta ensuite d'attraper la seule épée qui lui restait tout en jetant des coups d'œil frénétiques à l'autre cube de verre dans lequel Luffy avait perdu connaissance. Le conducteur de la grue avait déjà pris la fuite, persuadé qu'il en avait fini avec eux ou parti à la recherche de renfort.

Zoro redoubla d'efforts lorsqu'il dégagea Sandai Kitetsu. Il poussa les animaux affolés et positionna sa lame contre le verre. Il en donna un grand coup mais la poussée de l'eau le freinait considérablement et il dut s'y reprendre à trois reprises avant de le fissurer. Au quatrième coup, le bassin se désagrégea et il fut emporté par une vague d'eau et de crabes jusqu'au sol.

Il se releva précipitamment et chercha ses autres sabres des yeux. Il bondit ensuite en avant pour s'en saisir et fonça jusqu'à l'aquarium de Luffy.

Face au verre, il se concentra tout en tentant de reprendre son souffle. Il ne fallait pas qu'il y aille trop fort ou il blesserait Luffy qui ne pouvait pas se défendre.

« Technique à un sabre. Trente-six Klesha Slash ! »

Les lames d'air heurtèrent la surface de verre et elle éclata de toute part. Zoro bloqua à nouveau sa respiration et se prépara à la déferlante de la vague tout en cherchant à rattraper son capitaine.

Il le saisit du bout des doigts au moment de son passage et le déposa ensuite à terre, anxieux. Luffy était inconscient et avait probablement avalé de l'eau : il avait besoin d'aide. Il chercha des yeux un escargophone et se rua vers le fond du hangar quand il en aperçut un. Il composa alors le numéro de l'escargophone portable de Franky, les sourcils froncés.

« Ouais ? fit la voix du cyborg après quelques secondes.

- Franky, amène Chopper immédiatement, Luffy a besoin d'aide.

- Luffy ? Chopper ? C'est toi, Zoro ?

- Grouille-toi, on n'a pas de temps à perdre ! le coupa-t-il brutalement. On est dans le deuxième hangar ! »

L'escrimeur raccrocha et repartit au chevet de son capitaine, définitivement inquiet.


Lorsque le reste de l'équipage débarqua plusieurs minutes plus tard, Chopper se précipita vers Luffy. Il commença immédiatement un massage cardiaque intensif et le capitaine commençait à recracher l'eau de ses poumons lorsque de nouveaux assaillants encerclèrent les pirates au chapeau de paille. Tandis que la bataille s'engageait de toute part, le petit renne trop concentré sur son patient ne fit pas attention à l'énorme pince qui le saisit violemment pour le faire atterrir dans une cage hermétique.

Ses amis occupés à se protéger ne réagirent pas immédiatement et lorsqu'un homme s'empara de sa cage pour s'enfuir avec, Chopper se mit à crier.

"Continuez le massage, il ne faut pas s'arrêter!"

Brook et Franky relevèrent la tête dans sa direction et s'élancèrent à sa poursuite pendant que Ussop se jetait aux côtés de son capitaine pour appliquer les recommandations du médecin.

"Où est Sanji? demanda alors la navigatrice tout en parant un projectile dans sa direction grâce à son bâton climatique.

- On l'a pas vu, répondit Zoro après avoir repoussé plusieurs ennemis.

- Ce n'est pas normal, fit Robin tandis qu'elle étranglait plusieurs hommes. Il devrait déjà être de retour.

- Je vais le chercher", décida alors le sabreur.

Robin et Nami approuvèrent et se positionnèrent autour d'Ussop pour le protéger de leurs adversaires restants tandis que le bretteur fonçait vers la porte de sortie.


Zoro découvrit son compagnon dans le plus petit bâtiment du domaine. Il faisait face à au leader de la bande et malgré son obstination évidente, il était visiblement en mauvaise posture. Du sang dégoulinait de sa jambe gauche et sa veste était déchirée, sans compter ses lèvres sanguinolentes et son visage égratigné.

Sanji avait compris comment l'homme parvenait à lancer ses couteaux à une vitesse surhumaine. Etant habitué à se battre contre Zoro, il aurait dû pouvoir lui tenir tête mais le chef des pilleurs lui avait expliqué qu'il avait mangé le fruit de l'hélice : ses couteaux étaient en réalité des pâles tournoyant à une vitesse vertigineuse et creusant au cœur de sa cible jusqu'à la broyer.

Le blond avait malgré tout réussi à dévier plusieurs de ses attaques grâce à ses coups de pieds mais la force des hélices avait fini par entailler sa chaire, le laissant de plus en plus affaibli.

Face à lui, l'homme semblait visiblement s'amuser et il lui balança une énième hélice. Le cuisinier se tendit et s'apprêtait à la dévier à nouveau lorsqu'une lame arrêta le projectile à quelques centimètres de ses yeux.

Effaré, il remarqua alors que l'escrimeur se positionnait face à son rival.

« Qu'est-ce que tu fais, face de mousse ? aboya-t-il. Tu vois pas que je m'en occupe ?

- Retrouve Nami, Robin et Ussop dans le deuxième hangar. Ils vont avoir besoin de toi.

- Quoi ?! Non mais tu plaisantes ?! »

Zoro repoussa une série d'hélices lancées à toute allure dans sa direction, les faisant se fracasser durement contre ses lames tandis que leur ennemi doublait le nombre de ses armes mortelles. De son côté, Sanji décida alors d'en profiter pour foncer vers l'homme.

« Ne t'approche pas, imbécile ! lui cria l'escrimeur en comprenant son intention. Tu ne peux pas le prendre au corps à corps avec sa vitesse ! »

Sanji l'ignora et s'apprêtait à lui envoyer un coup de pied surpuissant lorsque l'homme hélice se retourna brutalement vers lui, un sourire démesuré aux lèvres. Le blond pila mais il était trop tard. A cette distance, l'hélice était impossible à éviter totalement et elle lui entailla profondément l'épaule avant de finir sa course contre le mur du fond. Le cuisinier mit un genou à terre et sentit le goût du sang envahir sa bouche lorsqu'il se mordit la lèvre inférieure sous le coup de la douleur.

Il vit ensuite Zoro s'élancer à ses côtés pour lui épargner le coup suivant.

« Technique à trois sabres. La passe du loup ! »

Le bretteur leur permit ainsi d'échapper à une nouvelle salve d'hélices avant de contre-attaquer vivement en les renvoyant lorsqu'elles heurtaient ses lames, obligeant leur lanceur à reculer.

Saisissant une brève accalmie, le sabreur jeta ensuite un rapide coup d'œil au blond qui se relevait et se remit en garde.

« Va les retrouver, répéta-t-il tout en ne quittant pas son adversaire des yeux.

- Pas question, tronche de pelouse ! s'entêta le cuisinier. C'est à moi de lui régler son compte ! »

Leur rival éclata de rire face à eux.

« Tu es bien trop faible pour me tenir tête, gamin ! Ca fait un moment que je t'envoie mes hélices et tu n'as jamais pu attaquer ! »

Sanji vit rouge et avant même que l'escrimeur ait pu le retenir, il se précipita sur lui dans l'idée de lui décocher une attaque Menu Festivités. L'homme ricana à nouveau et lança une vingtaine d'hélices qui tourbillonnèrent autour de lui pour le protéger sous forme d'armure aux lames acérées. Lancé dans sa course, le blond ne ralentit pas. Il avait décidé de passer outre cette muraille tranchante.

« Technique à trois sabres. Dragon Slash ! »

Zoro bondit en direction de leur ennemi, détruisant sa protection grâce à la puissance du tournoiement de ses propres lames. Malgré tout, la présence trop proche du cuisinier l'obligea à se décaler légèrement pour ne pas le frapper à son tour et une pâle atteignit le sabreur à la taille, lui entaillant profondément la chaire.

Abasourdi par son geste, Sanji dévia lui aussi une hélice qui s'était envolée sous la force de l'attaque du sabreur. Le pilleur avait été projeté contre le mur mais il se relevait d'un air menaçant, à présent furieux, et concentrant toute son attention sur l'escrimeur. D'un geste rageur, le cuisinier se tourna alors vers son compagnon en lui désignant sa blessure.

« Imbécile, regarde ce que t'as fait ! Laisse-moi m'en occup-

- Rejoins les autres, Sanji, c'est un ordre!"

Le blond se figea brusquement. Les yeux du sabreur lançaient des éclairs tandis qu'il reprenait son souffle et Sanji essuya sa propre lèvre ruisselante de sang. D'aussi loin qu'il se souvienne, il n'avait jamais entendu Zoro faire référence à sa fonction dans l'équipage et encore moins l'utiliser pour asseoir son autorité sur ses compagnons. Il se sentit donc d'autant plus blessé.

Il prit cependant une courte inspiration avant de faire demi-tour, laissant l'épéiste reprendre son combat.


Sanji fonça vers le deuxième hangar et aperçut rapidement Nami et Robin qui tentaient de contenir les attaques d'autres assaillants alertés par leurs bruits de lutte.

« Mouton Shot ! Flanchet ! Concassé ! »

Le blond explosa littéralement tous ses ennemis, laissant ainsi libre cours à sa rage en même temps. Lorsqu'il se redressa, il remarqua que Nami s'était agenouillée aux côtés d'Ussop auprès du corps de Luffy et il se précipita vers eux.

« Que s'est-il passé ?" s'enquit-il avec inquiétude.

La navigatrice leva alors des yeux emplis de larmes vers lui.

" Il-il ne respire plus et Chopper s'est fait enlever », balbutia-t-elle.

Penché sur le capitaine, Ussop poursuivait son massage cardiaque mais le corps élastique de Luffy répondait mal aux pressions exercées sur son corps.

"Où l'ont-ils emmené? demanda le cuisinier.

- Brook et Franky sont partis à la poursuite de l'homme qui l'a enfermé dans une cage, lui apprit Robin. Ils se sont dirigés vers le hangar d'embarquement.

- Très bien."

Sanji jeta un coup d'œil autour d'eux et remarqua que certains de leurs ennemis reprenaient doucement conscience.

"Ussop, tu vas prendre Luffy et le ramener sur le Sunny. Vous serez en sécurité là-bas. Robin d'amour et Nami-chérie, il faudra que vous l'escortiez le long du chemin.

- Aucun problème, affirma l'archéologue tandis que Nami approuvait en séchant ses yeux.

- Qu'est-ce que tu vas faire? lui demanda le canonnier, le visage rouge sous l'effort qu'il s'imposait depuis de longues minutes.

- Je vais ramener Chopper."

Il s'alluma ensuite une cigarette et souffla sa fumée.

"Je vais faire diversion, tenez-vous prêts."

Ses trois amis approuvèrent fermement et ils s'élancèrent derrière lui.


Dissimulé par la silhouette massive de l'escalier du Sunny, Sanji observait de loin ses amis rire et chanter sur le pont depuis le début de la soirée.

Il était parvenu à rejoindre Brook et Franky juste avant que le bateau où avait été enfermé le pauvre Chopper ne prenne la mer. A priori, les voleurs avaient eu dans l'idée de le vendre au même titre que les poissons qu'ils avaient détournés. Avec l'aide de ses amis, il avait réussi à se débarrasser des marins qui leur tiraient dessus depuis le pont et avait délivré leur médecin avant de foncer vers le Sunny pour qu'il retrouve Luffy.

Zoro n'avait débarqué que deux heures plus tard en affirmant avoir rapidement mis hors service le chef de la bande mais le cuisinier n'avait cessé de fixer la blessure à sa taille qui avait teinté de rouge son tee-shirt blanc. Pourtant, le plus probable était qu'il s'était simplement perdu sur le chemin du retour, d'où son arrivée tardive.

Luffy avait ensuite repris connaissance et Chopper avait soigné les autres blessés. Le cuisinier ne s'en sortait pas trop mal et hormis quelques égratignures, seule sa blessure à la cheville le faisait un peu souffrir. Les compagnons désormais réunis, ils avaient voulu retourner sur la plage pour délivrer le reste des animaux prisonniers. Entre-temps cependant, la Marine avait investi les lieux et s'était chargée d'arrêter les coupables tout en organisant le nettoyage du littoral.

L'équipage du chapeau de paille s'était donc discrètement éclipsé et avait repris la mer le cœur léger. Brook avait évidemment entrepris de réjouir ses amis avec une musique entrainante célébrant leur épopée et Sanji les avait régalés de viande juteuse et de barbes à papa multicolores en l'honneur des deux héros de la journée.


Avec l'avancée de la nuit, Sanji décida finalement de s'accouder à la poupe pour être un peu seul et il souffla longuement. Leur victoire et la joie de savoir tout le monde en vie ne parvenaient pas à le tirer de l'apathie dans laquelle il baignait depuis quelques heures maintenant. En effet, la colère sourde qu'il avait ressentie un peu plus tôt avait été balayée par un autre événement qui lui était revenu en mémoire, ce dernier faisant terriblement écho à ce qu'il s'était déroulé le matin même.

Thriller Bark. Lorsque Zoro lui avait cruellement démontré à quel point il n'était pas à la hauteur. Et aujourd'hui encore, il le lui avait rappelé, ravivant douloureusement cette blessure qui n'avait jamais totalement cicatrisée en lui. Il savait pourtant que l'important était que tout le monde s'en soit sorti et il se réjouissait sincèrement de savoir tous ses amis en bonne santé. Il était ainsi forcé de reconnaître que le bretteur avait pris la bonne décision mais son égo n'en était pas moins blessé une fois encore.

Sanji soupira. Leur relation n'était pas égalitaire, elle ne l'avait jamais été. Que ce soit lorsqu'ils étaient de simples compagnons d'équipage ou à présent, Zoro bénéficiait de cette petite supériorité qui lui était insupportable.

« Il faut qu'on parle de ce qu'il s'est passé. »

Le cuisinier manqua de sursauter au son de sa voix et il se tourna lentement vers lui.

"Non", fit-il simplement avant de vouloir s'éloigner.

Il était déjà las de cette histoire mais Zoro se planta devant lui pour lui barrer le passage.

"Si, c'est important.

- Et si je refuse, tu vas faire quoi ? Tu vas m'en donner l'ordre ? » ironisa le blond, agacé.

Le sabreur le fixa alors droit dans les yeux et Sanji s'empêcha de frissonner devant son regard impérieux.

« Je ne veux plus jamais avoir à faire ça », répliqua-t-il froidement.

A ces mots, Sanji leva les yeux au ciel, ne voulant pas se laisser impressionner par sa posture.

« T'avais qu'à pas le faire, abruti. J'aurais très bien pu me débrouiller sans toi. »

Le regard de l'escrimeur se durcit encore et son aura puissante envahit le cuisinier.

« Je n'ai pas le temps pour tes prises de risque inutiles, lui assena-t-il alors. Je ne vais pas te protéger, tu dois te reprendre!

- J'veux pas que tu me protèges et si un jour tu recommences, tu ne reverras pas Mihawk avant qu'il ne rejoigne l'enfer où tu pourriras ! », le menaça le blond en retour, l'œil brillant de rage.

Zoro l'observa ensuite avec attention un instant avant de hausser les sourcils.

« Alors arrête de faire n'importe quoi. »

Il allait s'éloigner pour ainsi clore la discussion mais à présent, Sanji ne l'entendait pas ainsi.

« Je ne fais pas n'importe quoi, c'est toi qui cherche à m'humilier en permanence ! » lui cracha-t-il.

L'épéiste se retourna alors vers lui d'un air interrogateur.

« Quoi, c'est ça qui te met tellement en colère ? voulut-il savoir.

- Bien sûr que c'est ça! s'écria le blond, ulcéré. Tu t'es ramené avec tes épées et tu m'as gentiment demandé d'aller voir ailleurs comme si j'étais incapable de me débrouiller !

- Il ne fallait pas que tu restes, les autres avaient besoin d'aide, lui fit remarquer calmement le sabreur en croisant les bras.

- Mais pourquoi tu as voulu que j'y aille, t'as bien vu que j'étais occupé ! poursuivit le cuisinier sur le même ton.

- Parce que ce n'était pas ta place. »

Sanji en eut le souffle coupé et il attrapa l'escrimeur par le col de son tee-shirt avec hargne pour le rapprocher dans un geste menaçant.

« Et t'appelles ça comment de me balancer un truc pareil ? persifla-t-il, blême de colère. Tu n'es que… qu'un… parfait enfoiré… »

Zoro n'avait pas cherché à se dégager et le cuisinier relâcha ensuite de lui-même le tissu d'un geste tremblant.

« Tu veux toujours me rabaisser, continua-t-il d'une voix blanche. C'est exactement comme à Thriller Bark! Tu prends tes décisions tout seul et tu n'en as rien à faire des autres… »

Cette fois, Zoro fronça les sourcils.

« Thriller Bark ? Quel est le rapport ? »

Sanji eut alors un rire sans joie.

« Bien sûr, pour toi ça n'a aucune importance mais j'te rappelle que tu m'as humilié là-bas aussi ! Tu m'as assommé pour prendre ma place et après, t'as fait comme si de rien n'était!

- Non, c'est toi qui es intervenu, lui rappela-t-il. J'avais déjà fait mon choix et proposé l'échange. Et ce n'était pas pour t'humilier.

- Tu m'as pris en traître! rugit à nouveau le blond. Quand j'me suis réveillé, j'ai découvert tes sabres, je savais pas où t'étais et j't'ai trouvé dans un bain de sang! En plus, tout ce que t'as su me dire, c'est "il s'est rien passé"!

- J'ai fait ce que j'avais à faire", répliqua fermement l'épéiste.

Sanji planta ses yeux dans les siens avant de lui lancer un regard noir. Evoquer cette journée maudite malmenait à nouveau son égo tout en ravivant sa peur et sa douleur.

"Et moi, alors? Ca servait à rien ce que je faisais alors tu m'as balayé d'un coup de sabre dans les côtes?! s'indigna-t-il ensuite.

- Ce n'était pas ta place ! » répéta Zoro en se raidissant.

A ces mots, le cuisinier se figea, terriblement blessé.

« Comment tu peux dire ça ! lui reprocha-t-il avec colère. Je fais partie de l'équipage, putain!"

Soudain à bout de nerfs, Sanji sentit qu'il allait craquer. Que l'escrimeur ait une si piètre opinion de sa personne lui ravageait aussi bien le cœur que la raison. Il n'avait aucune chance de construire quoi que ce soit de durable et de sincère avec quelqu'un qui ne lui accordait pas suffisamment de légitimité lorsqu'il s'agissait de se battre à ses côtés dans les moments cruciaux.

Tremblant de rage et de douleur, il ne savait plus s'il voulait tabasser l'escrimeur ou se mettre à pleurer de dépit alors il préféra mettre de la distance entre eux au plus vite. Il le dépassa pour rejoindre l'avant du Sunny mais sentit immédiatement la main du sabreur s'abattre fermement sur son bras. Reprenant doucement son souffle, le blond ne fit cependant pas un geste pour se retourner.

« Tu vas m'écouter, espèce de crétin, gronda Zoro d'une voix sourde. Tu crois que je fais ce genre de chose pour m'amuser, pour avoir mon heure de gloire?! »

Le cuisinier ne bougea pas davantage mais parvint à desserrer les lèvres pour lui répondre d'une voix atone.

« Je sais que tu ne me crois pas assez fort pour défendre l'équipage en tout cas. Ce matin comme à Thriller Bark, tu me fais bien comprendre que je ne suis pas à la hauteur selon toi."

La main de Zoro se raffermit sur son bras et Sanji s'empêcha de grimacer sous sa poigne de fer.

« Regarde-moi. »

La voix basse de l'escrimeur était sans appel et le blond finit par se retourner lentement, comme vidé de toute émotion.

"Tu ne comprends pas, reprit l'épéiste en tentant de contrôler sa propre colère. Je sais que tu aurais été jusqu'au bout mais à quoi ça aurait servi? Tout à l'heure, tu as pris des risques inutiles et à Thriller Bark, tu serais sûrement mort ! T'as des envies suicidaires? Tu veux devenir un martyr et qu'on te pleure tous? C'est ça que tu veux?!"

Sanji sentit le doute l'envahir devant l'incompréhension et la déception de son compagnon d'équipage. Pourtant, il ne voulait pas jouer les héros. Il voulait seulement être présent pour ses amis et faire de son mieux pour les aider à réaliser leurs rêves. Et il ne voulait pas que le bretteur le considère comme quantité négligeable. Il voulait être reconnu pour sa force et ne pas se sentir redevable envers lui.

"Bien sûr que non. Je veux participer, c'est tout, reprit-il du bout des lèvres. Je veux… Je veux seulement avoir une place parmi l'équipage et en être digne… »

Les émotions affluèrent brutalement de toute part en lui et Sanji tenta de conserver une certaine contenance tandis que l'escrimeur continuait de le transpercer du regard. Avouer son impuissance et son sentiment d'infériorité lui faisait mal parce qu'il les admettait devant celui qui ne tolérait aucune faiblesse.

Pourtant, les traits du sabreur s'adoucirent à ses mots et il relâcha la pression sur son bras pour déposer sa main derrière la nuque du blond, le fixant toujours droit dans les yeux.

"On a tous un rôle à jouer ici, lui rappela-t-il calmement. Nami nous fait naviguer, Ussop est notre tireur, Franky prend soin du bateau, Chopper nous soigne, Brook nous divertit, Robin nous guide, Luffy nous a réunis et toi, t'es le cuisinier. Et moi, à quoi je sers à ton avis? A part manier des sabres, je ne sais rien faire. Alors ce n'était pas ta place car assurer la protection de l'équipage et du capitaine, c'est mon job. Ca ne veut pas dire que tu ne peux pas, ça veut dire que tu as autre chose à faire."

Sanji le dévisagea longuement avant de vouloir rouvrir la bouche mais Zoro le devança.

"T'es indispensable à cette équipe, imbécile, reprit-il en faisant jouer ses doigts à la base de ses cheveux blonds. C'est pour ça que tu dois rester en vie. Tu as tes propres combats à mener. Et All Blue à trouver.

- Mais je sais, c'est juste que... »

Le silence s'installa quelques instants tandis que Sanji cherchait désespérément ses mots.

« Qu'est-ce qu'il y a ? lui demanda finalement l'escrimeur.

- Je sais pas, tête d'algue, finit-il par répondre lentement. Je crois… C'est juste que…»

Zoro l'interrompit alors d'un doigt sur sa bouche.

« Ne dis rien. Pour une fois, ne dis rien. »

Ils se contemplèrent un long moment, le sabreur maintenant la pression de sa main contre la nuque de son compagnon qui le fixait sans parvenir à mettre en mots ce qu'il avait purement et simplement mal interprété depuis le premier jour.

Lorsque Sanji assimila enfin ce que l'affirmation de l'épéiste signifiait réellement, il sentit l'émotion l'envahir à nouveau et sa résistance l'abandonna enfin. Il renonça à s'exprimer et ferma les yeux avant de s'appuyer contre le front du bretteur. Zoro descendit alors l'une de ses mains sur sa taille pour l'attirer dans une étreinte possessive.

"Tu sais ce que j'me suis dit quand t'es venu me chercher ce jour-là à Thriller Bark?" lui souffla-t-il à l'oreille.

Contre lui, le cuisinier secoua négativement la tête, toujours incapable d'émettre un son. Il n'arrivait pas à croire que le sabreur soit le plus bavard d'eux deux à cet instant et il frissonna.

"Que j'avais de la chance d'avoir un compagnon d'équipage comme toi, poursuivit-il posément. Malgré toutes nos différences et notre rivalité permanente, j'ai compris que je pourrais compter sur toi quoi qu'il arrive si un jour j'échouais dans ma mission pour protéger les autres. »

A ces mots, Sanji sentit ses yeux se remplir de larmes avant de les refouler rapidement et il remercia mentalement l'escrimeur de se contenter de le serrer contre lui.

« T'imagines pas la trouille que j'ai eue, crétin, murmura-t-il ensuite d'une voix rauque. D'abord, j'ai cru que tu y étais passé avec tes sabres abandonnés et quand j't'ai vu, c'était pas mieux. Putain, t'étais couvert de sang, tu faisais vraiment peur…"

Le sabreur se dégagea légèrement pour le contempler avec amusement.

"Il en faut plus que ça pour me tuer. J'ai toujours mon objectif à atteindre quand même."

Sanji esquissa un faible sourire à son tour avant de se pencher avec hésitation vers le bretteur. Zoro l'accueillit tranquillement et ils goûtèrent lentement aux lèvres de l'autre, comme conscients de ne pas brusquer leur étreinte après ce torrent d'émotion. Et alors, tandis qu'ils s'embrassaient comme s'ils revivaient ce jour terrible, Sanji comprit.

Il comprit pourquoi il recherchait sans cesse des preuves de l'attachement de Zoro à son égard. Il comprit pourquoi il avait l'impression d'être jugé ou tenu à distance par l'escrimeur depuis leur première rencontre. Il comprit pourquoi la colère l'avait submergé le jour où tout avait basculé entre eux. Et il comprit ce qu'était cette douleur en lui qu'il pensait être de l'humiliation.

Parce qu'au-delà de leur rivalité instinctuelle, Zoro lui permettait d'être totalement lui-même et qu'il se mesurait donc à lui à tous les niveaux. Sur le plan physique, sur le plan mental, et maintenant sur le plan sentimental. Et si Sanji n'était jamais entièrement satisfait, le sabreur exigeait seulement de lui qu'il fasse ce pourquoi il était né et ce pourquoi il était le meilleur.

Sanji ferma les yeux un peu plus fort tandis qu'il appréciait la caresse des lèvres de l'épéiste sur les siennes. Avait-il si peur de perdre le regard de ses compagnons d'équipage? Craignait-il de perdre l'attention de Zoro, lui qui savait à quel point il n'estimait que ceux qui en valaient la peine?

Oui, probablement. Sa famille lui avait répété tout au long de son enfance qu'il n'était pas à la hauteur de leurs attentes alors aujourd'hui, il était toujours persuadé qu'il ne pouvait satisfaire personne.

Le blond se pressa soudain un peu plus contre l'escrimeur, à la fois rassuré et presque désespéré. Ce n'était pas en Zoro qu'il manquait de confiance. C'était en lui-même.


Ce chapitre est essentiel puisqu'il revient aux bases de leur relation. Il permet également à Sanji de comprendre sa propre attitude à l'égard de Zoro.

Mon hypothèse est que Sanji, de par son passé, tente de dissimuler une grande fragilité de son estime de lui-même. D'où son besoin de se sentir exister et aimer si intensément (par Zoro dans mon histoire mais par les femmes en général dans la série). Bien que l'on ne connaisse le passé de Sanji que bien plus tard par rapport à mon histoire, ça ne me parait pas incohérent puisqu'il s'agit de ses propres réflexions.

J'espère donc vous avoir convaincu sur le cheminement !