Me revoilà! La guérison est en cours et bien que je doive faire attention, je ne résiste pas à l'envie de vous offrir le chapitre suivant!
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Bonne lecture.
Chapitre 51
Dissonances
Grâce à leur dernière escale et à la distribution de ses pâtisseries aux pommes, Sanji avait enfin la joie de concocter de nouveaux desserts à ses amis et depuis deux jours qu'ils avaient repris la mer, les sorbets et les coupelles de fruits frais variés se succédaient à tous les repas.
Ce matin-là, il s'apprêtait à découper un ananas en prévision du déjeuner lorsqu'un affreux crissement aigu se fit entendre depuis le pont. Le couteau du cuisinier faillit lui échapper des mains tandis qu'un autre son beaucoup plus grave mais tout aussi insupportable se faisait entendre une seconde plus tard. A la fois inquiet et agacé, le blond abandonna ses ustensiles pour s'enquérir de la provenance de ces bruits.
Il n'eut qu'à se pencher au-dessus de la balustrade du premier étage pour découvrir leur origine dans l'herbe du Sunny. Autour de Brook, Luffy soufflait avec excitation dans une trompette, Ussop tapotait les touches d'un clavier, Franky accordait sa guitare et Chopper admirait sa flûte traversière sous toutes les coutures. Sanji grimaça franchement. Le musicien de l'équipage avait-il réellement dans l'idée de créer une fanfare avec ces énergumènes? Il savait que Franky se débrouillait puisqu'il l'avait déjà vu à l'oeuvre mais il n'était pas certain que les autres aient ne serait-ce qu'une once de connaissance dans ce domaine.
Ce constat fait, il sursauta à nouveau quelques instants plus tard quand Luffy souffla de toutes ses forces dans sa trompette, signalant probablement la présence du Sunny à tous les équipages de la région. Brook tenta de reprendre son élève mais la navigatrice le devança en déboulant sur le pont comme une furie.
"C'est quoi ce boucan, vous voulez qu'on devienne la cible à abattre dans les cent kilomètres à la ronde?! rugit-elle.
- Je vais leur montrer comment s'y prendre, ne t'inquiète pas", lui promit immédiatement le squelette.
Il s'empara de son violon et débuta une mélodie douce, annonçant ainsi le rythme à ses compagnons. Depuis son perchoir, Sanji repéra soudain le sabreur qui les observait du coin de l'oeil un peu plus loin. Vraisemblablement tiré de sa méditation, il était venu voir ce qui se tramait à son tour et son air renfermé confirma au cuisinier qu'il n'appréciait pas vraiment la nouvelle occupation de l'équipage.
Franky accompagna bientôt le musicien en titre de quelques accords bien placés et Sanji approuva mentalement son initiative. Pourvu que les trois autres ne s'y mettent pas, cette ritournelle agréable et légère lui convenait parfaitement. D'ailleurs, Nami était de son avis car après avoir hoché positivement la tête, elle repartit vers ses cartes dans sa chambre.
Sanji croisa alors le regard absent de Zoro tourné vers lui depuis le pont. Il lui envoya un sourire amusé en retour mais le bretteur semblait perdu dans ses pensées et il ne réagit pas. Son observation appuyée finit pourtant par ramener l'attention du sabreur vers sa personne et les notes de musique gaies autour d'eux donnèrent envie au blond de le taquiner. Cependant, son sourire à présent joueur ne sembla pas plaire à son compagnon car ce dernier se referma brusquement avant de lui tourner le dos. Levant les yeux ciel, Sanji suivit quelques instants sa silhouette qui s'éloignait vers la vigie.
Zoro était de nouveau grognon ces derniers jours et il ne comprenait pas bien pourquoi. Sa principale hypothèse était que peut-être, l'escrimeur demeurait insatisfait de son entraînement depuis la perte de contrôle qu'il avait expérimenté. Laissant rapidement de côté les possibles raisons des sautes d'humeur de la tête d'algue, le cuisinier haussa les épaules puis s'alluma une cigarette. Il n'allait pas lui courir après pour lui poser la question, il savait que c'était inutile de toute façon.
Il descendit alors rapidement l'escalier vers ses autres compagnons d'équipage.
"Hé, Sanji-bro, tu viens te joindre à nous? le salua le cyborg avec excitation.
- Je viens juste voir, fit le blond en tirant sur sa cigarette.
- Regarde ma flûte, elle est superbe!" s'extasia alors le petit renne.
Le cuisinier écouta avec application le médecin de bord lui décrire son instrument. A l'entendre, la flûte traversière était la huitième merveille du monde et il sourit devant son enthousiasme débordant.
"Tu pourrais jouer de la batterie!" s'écria soudain Luffy.
Sanji fronça les sourcils à cette suggestion.
"Non, je ne crois pas que ce serait mon truc, déclina-t-il.
- Tu sais jouer d'un instrument? s'enquit Ussop.
- J'ai appris un peu de solfège mais ça fait bien longtemps que je n'ai pas lu de partition, reconnut le blond.
- Je sais exactement ce qu'il te conviendrait!" intervint alors le squelette.
Il s'éclipsa quelques instants et revint avec une contrebasse qu'il posa devant le cuisinier de l'équipage. Admiratif, ce dernier coinça sa cigarette entre ses dents pour l'examiner.
"Je n'en ai jamais joué mais j'aime bien écouter ce genre d'instrument, approuva-t-il.
- La contrebasse suppose une grande dextérité, lui montra Brook. Elle fait partie de la famille des cordes mais produit des sons graves. On peut utiliser l'archet ou simplement pincer les cordes avec les doigts. Regarde!"
Le musicien utilisa l'archet pour tirer quelques notes mélodieuses qui rappelèrent au chef cuisinier le départ des bateaux en mer. Les sons graves des cordes dégageaient une puissance qui lui plut instantanément.
Brook lui tendit ensuite l'archet et il se positionna derrière la contrebasse afin de tenter de répéter ses gestes tout en se remémorant ses souvenirs de solfège.
"C'est définitivement l'instrument que je préfère, affirma-t-il après quelques minutes en se tournant vers son ami, un sourire aux lèvres. Les mouvements des doigts me font penser à la cuisine et cette musicalité grave me transporte sur l'océan aussi bien que le Sunny! Dommage que je n'ai pas vraiment le temps de m'y consacrer, ajouta-t-il à regret.
- Dès que tu en auras envie, je pourrais t'apprendre", lui assura le squelette.
Sanji le remercia tandis qu'Ussop interpellait un autre membre de l'équipage qui traversait le pont à ce moment-là.
"Viens choisir un instrument, Zoro!"
Le cuisinier releva la tête et vit le sabreur s'immobiliser non loin d'eux. Il décida alors de lui faire payer son impolitesse précédente.
"Allez, feuille de chou, fais pas ta timide", lui lança-t-il avec insolence.
L'escrimeur se tourna dans sa direction pour le fusiller du regard tout en croisant fièrement les bras sur son torse. Amusé, Sanji tira une dernière fois sur son mégot presque entièrement consumé, le contemplant avec défi.
"Tu as peur de te ridiculiser, tête d'algue? T'as sûrement raison."
Il ne s'attendait pas à ce que l'épéiste se saisisse d'un instrument pour lui prouver le contraire mais il pensait qu'il tenterait sûrement de lui lancer ses sabres à la figure pour lui faire ravaler ses paroles. Pourtant, il n'en fut rien et le bretteur décida finalement de l'ignorer en s'éloignant vers l'arrière du bateau.
"Je n'ai pas besoin de savoir jouer de la musique pour devenir le meilleur sabreur du monde alors je m'en fiche.
- Rabat joie", maugréa le blond dans son dos, vexé qu'il n'ait pas répondu à sa provocation.
A ses côtés, ses amis passèrent rapidement à autre chose et reprirent tous leurs instruments, impatients de commencer.
Sanji souffla longuement tout en se massant l'arête du nez, son plateau en équilibre dans sa main droite tandis qu'il s'apprêtait à sortir à nouveau de sa cuisine. Il avait passé un peu de temps auprès de Brook pour profiter de la contrebasse mais ses devoirs de cuisinier l'avaient rapidement rappelé à la réalité et il était reparti. II avait donc terminé la préparation du repas puis tout le déjeuner s'était passé à converser joyeusement autour de leur nouvelle activité malgré les sons totalement discordants que ses amis obtenaient pour l'instant.
Ne pouvant s'octroyer plus de temps libre aujourd'hui, le blond avait passé l'après-midi dans son antre après avoir suggéré à Brook d'enseigner quelques bases à ses compagnons. En effet, celui-ci avait beau être l'un des musiciens les plus talentueux de Grand Line, la justesse de ses interprétations ne parvenait pas à masquer le manque cruel de connaissances de la plupart des membres de l'équipage en matière de musique. Le squelette avait donc décidé depuis la fin du déjeuner de leur faire répéter des gammes afin de leur inculquer l'essentiel. Il n'en résultait plus de cacophonie indescriptible mais à la place, les mêmes notes se déroulaient sans fin depuis des heures, ce qui avait fini par agacer sensiblement le blond.
Sanji s'était alors appliqué à leur concocter un copieux goûter pour les occuper le plus longtemps possible après avoir servi ses deux princesses enfermées dans la bibliothèque mais il n'avait obtenu que quelques minutes de répit et le temps qu'il prépare une boisson pour Zoro, les notes saccadées avaient recommencé à s'égrainer.
Soupirant, il franchit néanmoins la porte et se dirigea vers l'arrière pour déposer son verre à l'épéiste qui s'entraînait lui aussi depuis le début de l'après-midi. Comme il approchait, il remarqua les gestes tendus et impatients du sabreur sur ses haltères et il se prit à sourire.
"Impossible de se concentrer, hein?" lui lança-t-il nonchalamment en arrivant à sa hauteur.
Zoro braqua ses yeux vers lui avec méfiance et Sanji haussa les sourcils.
"Quoi? Je sais que ça te dérange toi aussi, y a qu'à voir ta tête", ajouta-t-il.
L'escrimeur se renfrogna et le blond déposa son plateau non loin de lui.
"Fais une pause, tête d'algue. T'y es depuis des heures.
- Pas la peine, grommela son compagnon tandis qu'il poursuivait ses efforts.
- Qu'est-ce que t'es buté", grogna le cuisinier qui profita d'être à l'extérieur pour s'allumer une cigarette.
Il l'observa ensuite continuer de s'entraîner sans relâche pendant une bonne minute. Cependant, il voyait bien que Zoro était ailleurs. Ses mouvements n'étaient pas aussi fluides que d'habitude et ses traits beaucoup plus crispés. Finalement, il souffla la fumée de sa cigarette au-dessus d'eux.
"Tu devrais faire une pause, répéta-t-il. T'en as besoin.
- J'en ai pas besoin! rugit immédiatement le sabreur en le foudroyant du regard. Et maintenant, dégage de là, c'est toi qui me déconcentre!"
Sanji plissa les yeux pour le dévisager et tira intensément sur sa cigarette, furieux. Il sentait la colère vibrer du côté de l'escrimeur, attisant la sienne. Il ne comprenait pas pourquoi le bretteur se montrait tout à coup si agressif. D'habitude, lorsque Zoro se sentait piqué au vif après l'une de ses remarques, il lui renvoyait une réplique cinglante sur le même ton et avant qu'ils n'en viennent à se battre, une joute verbale s'engageait entre eux pour leur permettre de tester l'ampleur de leur désaccord. Mais là, le sabreur l'avait clairement rembarré, ne souhaitant visiblement pas perdre la moindre seconde avec lui.
"Espèce d'abruti", siffla finalement le blond entre ses dents tout en écrasant sa cigarette sous sa chaussure.
Il tourna ensuite brutalement les talons, abandonnant ainsi l'épéiste qui avait repris mécaniquement ses exercices derrière lui.
Après le dîner, le groupe de musique s'était remis à s'entraîner avec toujours autant d'entrain et lorsque Sanji était venu apporter leur thé aux deux jeunes femmes dans leur chambre, le boucan l'avait suivi malgré lui quand il avait ouvert la porte. Nami s'était exhortée au calme et avait repris sa discussion avec l'archéologue mais au moment où le blond vint chercher leurs tasses vides, sa maigre patience l'abandonna. Elle fusilla la porte du regard et décida qu'elle en avait vraiment marre.
"Je ne sais pas combien de temps cette nouvelle lubie va leur durer mais je ne vais pas le supporter plus longtemps!"
Elle se releva aussi sec et se dirigea d'un pas décidé vers les fauteurs de trouble tandis que ses deux amis la suivaient.
Arrivée à leur hauteur sur le pont, elle se planta devant eux.
"Je sais que vous faites des efforts pour apprendre mais c'est insupportable! tonna-t-elle.
- Ils font ce qu'ils peuvent, ce n'est pas facile, tenta d'expliquer Brook. Le solfège est une pratique ardue qui nécessite patience et régularité.
- Je n'ai pas dit le contraire mais tu ne vas pas me dire que tu n'as pas remarqué que tous tes élèves ne sont pas des génies de la musique! s'emporta-t-elle encore.
- Chacun peut apprendre à son rythme", insista le squelette.
Nami leva les yeux au ciel et se tourna alors vers les apprentis musiciens pour les prendre à témoin.
"Sanji, Franky et Ussop se débrouillent mais les deux autres n'ont vraiment pas de don dans ce domaine!", pointa-t-elle sur le ton de l'évidence.
Luffy ne sembla pas s'offusquer de la remarque de sa navigatrice mais de son côté, le petit renne arbora une mine visiblement abattue.
"T'es vachement dure avec eux! lui reprocha Franky, mécontent de sa rudesse.
- C'est vrai, ils font de leur mieux", protesta Ussop.
De son côté, Sanji lança un regard compatissant au médecin de l'équipage. Nami n'avait pas tort mais le voir si triste lui brisait le coeur.
"Ne t'inquiète pas, Chopper. Je suis sûr que tu as plein d'autres talents, lui assura-t-il sincèrement.
- Peut-être pouvons-nous trouver un compromis, proposa alors Robin. Existe-t-il des instruments plus faciles d'accès pour des débutants?"
Comme Nami approuvait son intervention, Brook se redressa, à nouveau enjoué.
"Absolument! Il y a des tas de possibilités et j'ai des dizaines d'instruments à disposition! Je les ai entreposés dans l'atelier d'Ussop!"
Le petit groupe se dirigea rapidement vers le lieu et arrivés à l'intérieur, Nami s'avança la première.
"Laisse-moi voir ce que tu as, fit-elle en fouillant dans la réserve du squelette. Ah, tiens, ça c'est parfait!"
Elle en ressortit deux maracas qu'elle tendit à Chopper et un triangle pour le capitaine qui s'en saisit d'un air ravi.
"Voilà, reprit-elle avec satisfaction. Vous pouvez vous amuser en limitant les décibels de cette manière!"
Le médecin retrouva le sourire et il secoua ses maracas en rythme tout en se dandinant. Franky l'accompagna aussitôt avec son ukulélé et la bonne humeur refit définitivement son apparition.
"Si vous le permettez, je souhaiterais me joindre à vous, intervint soudain Robin qui s'était dirigée au fond de l'atelier.
- Mais avec plaisir, chère Robin! s'exclama le musicien. Quel instrument préfères-tu?
- Celui-là."
Les membres de l'équipage écarquillèrent les yeux devant la harpe que leur montra la jeune femme.
"Je ne savais pas que tu en jouais, Robin d'amour! batifola le cuisiner. Cela te rend encore plus merveilleuse et je suis sûr que nous pourrons faire des duos mémorables!
- Je n'ai que quelques bases, admit-elle. Pourtant depuis que je suis petite, j'ai toujours trouvé sa mélodie fascinante et j'aimerais beaucoup apprendre à la maîtriser davantage.
- Cet instrument est l'un des plus anciens et de tout temps, il a été célébré! s'enthousiasma Brook en la lui approchant. Ce sera un honneur de t'apprendre tout ce que je sais!
- Merci."
Luffy frappa son triangle en guise de conclusion, le sourire jusqu'aux oreilles.
"On va trop s'amuser!"
Tout le monde ressortit ensuite en commentant les potentialités qu'offrait désormais leur groupe et les musiciens en herbe prirent rapidement place sur le pont autour de leur professeur. Sanji se promit alors de prendre le temps de les retrouver car il avait hâte de pouvoir partager une partition avec la belle archéologue. Il fila donc en cuisine finir sa vaisselle tandis que Nami repartait vers sa chambre.
Sanji éteignit la lumière de la cuisine et sortit de la pièce une bonne heure plus tard, laissant l'air doux de la nuit l'accueillir. Il avait fini la vaisselle et le reste de la soirée lui appartenait enfin. Avec un soupir d'aise, il sortit une cigarette de son paquet et se pencha vers la balustrade tout en l'allumant.
En contrebas, ses amis suivaient avec attention les directives du musicien de l'équipage éclairé par de nombreuses bougies et la mélodie qui en résultait était plutôt plaisante pour la première fois. Sanji se demanda alors s'il devait immédiatement les rejoindre mais il décida finalement de simplement en profiter. La nouvelle composition du groupe ainsi que leurs instruments étaient franchement une réussite. Ainsi, la harpe de Robin et le clavier d'Ussop se répondaient tandis que Franky les accompagnait de quelques légers accords de guitare acoustique. Le tout était rythmé par le chuchotement des maracas de Chopper en arrière-plan et le tintement du triangle de Luffy marquant chaque changement de la mélopée.
Après quelques instants passés à les observer tranquillement, le blond vit Zoro se diriger vers leur chambre et il le suivit distraitement du regard, entouré par l'atmosphère feutrée de la musique ambiante. L'escrimeur avait visiblement enterré la hache de guerre depuis ce soir. En effet, Sanji n'avait plus ressenti cette étrange hostilité de sa part durant le dîner et lorsque lui-même l'avait royalement ignoré pour lui faire payer sa conduite passée, le sabreur n'avait pas cherché à en rajouter.
Tout en finissant sa cigarette, Sanji prit le temps de s'étirer. Il interprétait l'attitude de son compagnon comme une sorte d'excuse et cela lui convenait très bien. Il ne savait pas ce qui avait bien pu passer par la tête du bretteur dernièrement mais l'important était qu'il s'en soit rendu compte et il était lui-même prêt à passer à autre chose.
Avec un sourire déterminé, il jeta finalement son mégot et dévala les marches pour le retrouver.
Lorsqu'il se glissa sans bruit dans leur chambre, il remarqua que le sabreur polissait ses lames, assis sur le lit. Il referma doucement la porte et le contourna silencieusement avant de se plaquer brusquement contre son dos, passant ses mains sous son tee-shirt.
"C'est à mon tour d'avoir un peu d'attention, lui suggéra-t-il en déposant ses lèvres dans son cou.
- Hm."
L'escrimeur ne bougea pas et continua sa tâche alors Sanji accentua ses baisers dans le creux de son épaule tout en tentant de dégager son tee-shirt. Bientôt, la peau de son compagnon se hérissa et le cuisinier redoubla de caresses malgré le tissu qui le gênait toujours. Heureusement, Zoro sembla comprendre sa frustration et il se releva pour déposer ses épées sur leurs emplacements. Pourtant, il se rassit sur le lit sans l'enlever et Sanji décida alors de changer de stratégie. Il s'installa donc face à lui sur ses genoux afin de pouvoir l'embrasser avec fougue, son corps brûlant de désir. Celui de l'épéiste n'était pas insensible à son traitement et le blond prolongea encore son baiser, ses mains fébriles caressant avidement son torse.
"J'suis crevé."
Le cuisinier suspendit ses gestes une seconde avant de plonger son regard dans celui du sabreur, joueur.
"T'auras rien à faire, promis", lui assura-t-il alors avec un sourire enjôleur.
Il se pencha pour l'embrasser à nouveau mais Zoro déposa soudainement ses mains sur ses épaules pour l'arrêter.
"Faut vraiment que je dorme."
Sanji fronça les sourcils, contrarié.
"C'est parce que je t'ai dérangé cet après-midi? s'impatienta-t-il. T'exagères, tête d'algue, j'ai rien fait de particulier! C'est toi qui semblais de mauvaise humeur!
- C'est pas ça. J'suis juste fatigué, c'est tout."
Le blond soupira devant le regard concentré du bretteur.
"C'est parce que tu t'entraines trop en ce moment, marmonna-t-il en déposant ses lèvres le long de sa mâchoire sous formes de petits baisers. Tu devrais prendre le temps de te détendre…"
A ces mots, il fit remonter sa langue vers son oreille et l'escrimeur frissonna. Souriant, le cuisinier pensait avoir remporté la victoire lorsqu'il sentit deux bras puissants le déposer sur le matelas, le séparant ainsi du corps de son amant.
"Ca suffit, j'te dis que j'ai besoin de dormir."
Sanji le regarda ensuite avec effarement se faufiler sous les draps sans un regard supplémentaire dans sa direction. Rouge de colère, il voulut lui balancer un coup de pied que Zoro bloqua de son avant-bras.
"C'est quoi ton problème? grogna alors le sabreur. T'es là que pour le sexe, tu peux pas t'en passer?"
Le cuisinier le dévisagea, parfaitement ahuri, et Zoro en profita pour se retourner, éteindre la lumière et fermer les yeux.
Le silence se propagea dans la pièce et Sanji resta immobile un long moment sur le lit, repassant dans sa tête le fil des évènements sans parvenir à leur donner un sens. Il aurait voulu se mettre à nouveau en colère mais il n'avait pas de raison objective de l'être. Si Zoro n'avait pas envie de lui ce soir, il n'allait pas le forcer.
Au milieu de l'obscurité, le coeur du blond se mit à battre la chamade. Il observa la respiration régulière du sabreur qui s'était visiblement endormi en un temps record et une torsion douloureuse lui vrilla l'estomac. S'obligeant à souffler, il se glissa à son tour sous les draps pour se détendre. Il n'avait aucun élément rationnel pouvant alimenter l'étrange sensation qu'il ressentait à présent mais elle ne lui semblait pas moins réelle.
Son esprit assemblait maintenant l'attitude passée du sabreur d'une toute autre manière et le doute commença à l'envahir. Et si son humeur volatile et son entraînement forcené depuis quelques jours cachaient autre chose qu'une simple envie de s'améliorer? Le fait qu'il ait failli tuer sciemment un homme suite à son enlèvement avec Nami l'avait-il affecté à ce point? Etait-il en train de basculer vers ce côté plus sombre de sa personnalité? Ou bien le cuisinier se montait-il la tête pour rien et l'escrimeur avait-il tout simplement besoin de repos suite à ses activités?
Finalement, Sanji ferma les yeux tout en tentant de calmer les battements trop rapides de son coeur. Il était trop tôt pour réellement s'inquiéter. Demain serait un autre jour.
A votre avis, Sanji se fait-il des idées ou Zoro se comporte-t-il vraiment différemment?
J'ai essayé d'entretenir la confusion au maximum...
