Merci à deryous50, MiaoiFuki, Wado21, Akilie, Racx4400, Luma-az, Elowlie, Melaanie10, Typone Lady, Mikashita98 et Avelannaa pour vos reviews.
Bonne lecture.
Chapitre 58
Apprends-moi
"Nous aurons au moins deux jours devant nous le temps que le Log-Pose se recharge alors vous aurez quartier libre si vous le souhaitez", expliqua la navigatrice à ses amis, son verre de jus de mandarine à la main.
Le Sunny allait aborder leur prochaine destination le lendemain et Nami informait donc ses compagnons d'équipage des derniers détails autour de la table du petit-déjeuner ce matin-là.
"Je croyais que l'île était bourrée de malfaiteurs, qu'il fallait se méfier et ne rien dépenser?" lui fit remarquer Franky en attrapant sa bouteille de cola.
La jeune femme haussa les épaules en retour.
"En ce qui concerne nos réserves, je négocierai. Mais pour le reste, vous pouvez bien perdre tout votre argent en achetant des babioles sans valeur, ça m'est égal.
- Et concernant la sécurité? demanda Brook tandis qu'Ussop soupirait. Est-ce qu'il ne serait pas plus prudent de rester tous ensemble?
- Faites comme vous voulez mais j'ai déjà réservé Sanji pour faire les achats, il parait que le marché est un lieu exposé aux attaques, répondit-elle tranquillement.
- Je serai ton garde du corps personnel autant que tu le voudras, Nami-chérie! virevolta le blond derrière elle.
- Charmant, grommela le sniper tout en choisissant une viennoiserie.
- Ah, et nous ferons sûrement du shopping l'après-midi avec Robin alors nous prendrons Zoro. Les rues fréquentées peuvent être très dangereuses elles aussi et je n'ai pas envie de m'inquiéter, ajouta négligemment la jeune femme rousse.
- Pas question, grogna le sabreur entre ses dents depuis l'autre côté de la table.
- Et nous alors? râla également le tireur d'élite.
- Vous pouvez toujours venir si vous vous tenez tranquilles, fit-elle en haussant les épaules à nouveau.
- T'inquiète, Ussop! s'enthousiasma le cyborg. On fera plein de truc super intéressants et super sécurisés!
- Moi aussi j'veux venir! ajouta Luffy en piochant deux saucisses dans le plat.
- Oui, on fera quelque chose ensemble comme ça on ne risquera rien! approuva Chopper, soulagé.
- Nami-chérie, Robin d'amour, laissez tomber la tête d'algue, je suis à votre disposition pour vous accompagner! se proposa alors le cuisinier en déposant une gaufre à l'archéologue, un sourire démesuré aux lèvres. Je pourrais porter vos sacs tout en vous protégeant et vous vous sentirez toujours en sécurité, je vous le certifie!"
La navigatrice accepta d'un hochement de tête et le musicien se servit du thé brûlant.
"Que pourra-t-on faire là-bas? s'enquit-il ensuite. Y a-t-il des spécialités locales hormis le détroussage des innocents?
- Leurs clubs de danse sont très réputés, répondit Robin en approchant sa propre tasse de ses lèvres.
- De la danse, quelle idée formidable! se réjouit son ami. De quel genre de danse s'agit-il?
- Je pense qu'il s'agit de danse suggestive et lascive sur un rythme à la fois entraînant et langoureux", répondit paisiblement l'archéologue.
A ces mots, tous les visages se tournèrent vers elle, interloqués, à l'exception de Luffy qui continuait à engloutir son repas et de Nami qui hochait gravement la tête.
"Tu veux dire qu'il s'agit de… Que c'est une spécialité?!"
Ussop paraissait franchement choqué.
"De quoi? Qu'est-ce que c'est? voulut savoir le petit renne dont les grands yeux innocents traduisaient son incompréhension.
- Ce sont des clubs de danse exotique et les danseuses sont des strip-teaseuses", lui expliqua le cyborg.
Les yeux du médecin s'écarquillèrent et le capitaine leva la tête de son assiette.
"C'est quoi des strip-teaseuses? demanda-t-il, la bouche pleine d'omelette.
- Des nanas qui se foutent à poil et qui se trémoussent sur de la musique pour ramasser du pognon", lui expliqua nonchalamment Zoro en engouffrant sa part de riz.
Le garçon au chapeau de paille considéra sa réponse une seconde avant de hausser les épaules.
"Bizarre, fit-il ensuite en replongeant dans son assiette.
- Surveille ton langage quand tu parles des dames, siffla le blond à l'adresse du sabreur en lui envoyant une taloche. La plupart de ces demoiselles ne font sûrement pas ça par plaisir!
- On peut en effet imaginer que quelques unes apprécient réellement leur activité mais étant donné la réputation de l'île, je doute que beaucoup d'entre elles l'ait choisie délibérément, approuva Robin.
- Et sache qu'il y a également de nombreux clubs masculins, espèce de macho", renchérit Nami en dévisageant le bretteur d'un air mauvais.
L'escrimeur demeura impassible, insensible à leurs remarques, et Brook se leva.
"J'irai voir ces dames pour leur témoigner toute ma gratitude! déclama-t-il.
- Pervers, grogna Nami en se resservant en jus de mandarine.
- Sanji, puis-je compter sur toi pour m'accompagner dans cette noble entreprise?" lui demanda ensuite le squelette.
Le cuisinier hésita.
"Savoir ces jeunes femmes contraintes de s'exhiber pour quelques berrys ne me plait pas, admit-il après quelques instants de réflexion.
- Tu peux aller voir les clubs de mecs, lui suggéra alors le cyborg qui entamait sa troisième bouteille de cola.
- Hors de question! s'offusqua immédiatement le blond.
- C'est le même principe, soupira le musicien en se rasseyant.
- J'me contrefous de ce que ces types subissent, le détrompa fermement le cuisinier. C'est plutôt que j'veux pas voir des types huilés se contorsionner sur des barres de pole dance..."
Ce faisant, il rassembla bruyamment les premières assiettes vides pour débarrasser, les joues rouges, et Ussop donna un coup de coude au charpentier qui s'apprêtait à insister.
"T'es stupide ou quoi? lui fit-il remarquer à voix basse. Il va pas reluquer quelqu'un d'autre alors qu'ils viennent de se remettre ensemble!
- Mais c'est pour regarder, rien d'autre! s'entêta Franky. Y a rien de mal à regarder de jolis corps danser!
- Pervers", souffla Nami dans son verre.
Soudain enthousiaste, le cyborg déposa sa bouteille sur la table et se tourna vers le cuisinier qui s'éloignait, les bras chargés.
"Le mieux, ce serait que t'y ailles avec Z-"
Le bruit de la vaisselle s'écrasant dans l'évier fit sursauter l'équipage et Sanji se retourna vers la tablée, le visage écarlate et les yeux exorbités.
"J'veux pas aller voir des mecs avec qui que ce soit et encore moins des mecs à poil, c'est clair?! hurla-t-il, proche de l'hystérie. J'veux pas les voir et j'veux pas qu'ils m'approchent, c'est dégueulasse!"
Quand le blond reprit son souffle, Ussop, Franky et Nami le dévisageaient d'un air blasé, Luffy et Robin avec curiosité et Brook et Chopper avec inquiétude, ce dernier jetant même un coup d'oeil affolé au sabreur qui continuait pour sa part à manger sereinement.
Le cuisinier prit une nouvelle inspiration et chercha à alléger son propos, un peu gêné.
"Je veux dire… Ce n'est pas mal et je n'ai rien contre mais ça ne m'intéresse pas. Je préfère regarder les femmes, c'est tout."
Chacun fit mine de comprendre son point de vue et les bruits du petit déjeuner reprirent doucement. De son côté, Nami secoua la tête.
"Pervers..."
Le soir-même, Zoro attendait que le bateau commence à s'endormir pour rejoindre le cuisinier dans son antre. Il espérait que dans cette pièce particulière, Sanji ne se sentirait pas trop mal à l'aise et qu'ils ne seraient pas dérangés.
En effet, depuis trois jours que leur réconciliation avait eue lieu, ils n'avaient pas vraiment eu l'occasion d'échanger. Le blond demeurait presque sur ses gardes lorsqu'ils étaient seuls malgré que l'atmosphère se soit nettement détendue de manière générale. En témoignaient ses envolées lyriques auprès des filles de l'équipage, sa promptitude à leur servir des chefs d'oeuvre à chaque repas et les remarques insolentes que l'escrimeur récoltait à chaque occasion.
Avec un sourire en coin, Zoro déposa ses poids sur le sol de la vigie. Toutes ces habitudes horripilantes n'avaient jamais été aussi douces à ses yeux...
La nervosité du cuistot était néanmoins entretenue par leurs compagnons un peu trop enthousiastes depuis qu'ils avaient constaté que les deux meilleurs ennemis du Sunny s'étaient réconciliés et leurs allusions à peine voilées raidissaient les gestes du blond à chaque fois. Comme ce matin.
Zoro avait conscience qu'ils devaient réapprendre à se connaître et qu'il ne pouvait pas exiger du cuisinier qu'il se comporte exactement comme avant. Il avait déjà de la chance qu'il ait accepté de lui en laisser une seconde. C'est pourquoi il n'avait pas cherché à pousser leurs entrevues et il s'était même retiré à la vigie chaque nuit.
Pourtant ce soir, il avait envie de provoquer une rencontre. Passer un peu de temps en sa compagnie pour lui permettre de se réhabituer à sa présence. Il ne pousserait pas trop loin mais si le cuistot était décidé à le laisser approcher, il ne laisserait pas passer l'occasion non plus. Plus jamais.
Quand il poussa la porte de la cuisine une demi-heure plus tard, son propriétaire finissait de nettoyer le plan de travail et le bretteur se saisit du verre et de la bouteille sur la table qui semblait avoir été laissés là pour lui. Le blond termina rapidement sa tâche et sortit machinalement une cigarette de son paquet pour la coincer entre ses lèvres lorsqu'il se tourna vers lui.
"Nami m'a rendu la clé."
L'escrimeur sut que ce n'était pas une bonne approche à la seconde où il vit le cuisinier contracter la mâchoire et il tenta de se rattraper.
"J'dis pas ça pour… Enfin, tu vois. J'disais juste que si tu veux, on a la clé. Pour faire ce que tu veux. Dormir, c'est bien."
Sanji se détendit un peu devant l'embarras évident du sabreur et il retira la cigarette de sa bouche, mutin.
"Parce que tu crois que j'veux dormir avec toi?
- Euh, non. Comme tu veux. J'irai à la vigie."
Zoro marchait tellement sur des oeufs qu'il n'avait pas perçu sa pique et le blond secoua la tête, amusé.
"Fallait le prendre au deuxième sens du terme, tête d'algue.
- Au deuxième sens du terme?
- Oui."
Le cuisinier se rapprocha et lui prit des mains son verre pour le reposer sur la table, plantant ses yeux déterminés dans les siens.
"C'est pas dormir que j'veux faire avec toi."
Il croisa alors le regard prudent du bretteur qui semblait hésiter.
"C'est quoi dans ce cas?
- A ton avis?"
Le blond se pencha et déposa doucement ses lèvres sur les siennes, fermant les yeux. Aussitôt, la tornade qui avait envahi Zoro trois jours plus tôt reprit forme dans son ventre mais fort de sa résolution, il s'efforça de laisser Sanji conserver son rythme.
Celui-ci prit son temps et continua longuement à effleurer ses lèvres, redécouvrant la sensation tranquillement. Il glissa ensuite sa langue dans la bouche de l'escrimeur qui frémit à son contact et le blond profita de sa sensibilité pour accentuer la caresse et prendre totalement possession de la bouche de son amant.
Lorsque Sanji rouvrit les yeux quelques instants plus tard, le souffle court, il remarqua que Zoro le dévorait du regard tout en essayant de se contenir. Souriant, il le remercia de sa patience en déposant à nouveau ses lèvres sur les siennes en un baiser chaste.
Il avait besoin de prendre le temps de la redécouverte ce soir. Son coeur battait à tout rompre et il se faisait l'impression d'être un adolescent à son premier rendez-vous galant. Ses sens s'enivraient de la présence de Zoro contre lui mais sa raison lui rappelait encore trop régulièrement qu'il avait souffert de cette même présence.
"On peut s'arrêter là", lui offrit alors l'escrimeur malgré sa respiration haletante.
Le cuisinier secoua la tête et plongea son regard dans le sien.
"J'ai envie de toi."
A ces mots, le bretteur dut lutter pour ne pas céder à la tentation de coller immédiatement Sanji contre le mur. Ses paroles déchainaient son désir et il avala sa salive, la bouche soudain sèche.
"Et toi?" lui demanda ensuite le blond, mine de rien.
Zoro avait abandonné depuis longtemps l'idée de lui opposer une quelconque résistance ce soir et il déshabilla le corps de son compagnon du regard, lui donnant un aperçu de la réponse.
"T'as pas idée, murmura-t-il lorsqu'il revint contempler son visage. Mais on fera comme tu le sens..."
Sanji haussa les sourcils avant d'avoir un petit sourire devant l'attitude si prévenante du sabreur à son égard. Finalement, il prit quelques instants supplémentaires pour détailler à son tour l'escrimeur dont le regard ne le quittait plus. Le blond était également conscient de ce qu'il voulait au fond de lui-même. Il n'avait plus qu'à demander.
"Zoro.
- Hm?
- Fais-moi l'amour."
Sanji vit les yeux du bretteur s'écarquiller et il crut même entendre son coeur louper un battement. Il se retrouva ensuite plaqué contre son torse musculeux, l'empêchant presque de respirer.
"T'es sûr? lui souffla le sabreur. Je peux attendre…"
Sanji grogna sans pouvoir bouger pour autant.
"Arrête ça. Je sais ce que je veux et j'ai décidé de te faire confiance alors ne me traite pas différemment par rapport à d'habitude, imbécile", marmonna-t-il en retour.
Zoro sembla se détendre à ses paroles et il le relâcha légèrement avant de déposer ses lèvres contre sa mâchoire qu'il embrassa avec avidité. Il remonta ensuite vers sa bouche et ses baisers devinrent plus impatients et plus désespérés, ses mains se perdant dans les cheveux blonds de son amant qui lui répondait avec la même fougue.
Avant de perdre définitivement la tête, l'épéiste se décala et fouilla dans sa poche pour en sortir la clé. Il croisa le regard de son compagnon qui acquiesça silencieusement à sa question muette et l'escrimeur eut l'étrange impression que son coeur ratait un nouveau battement dans sa poitrine. Sans plus réfléchir, il attrapa le blond par le bras et le tira à l'extérieur. Ce soir, il avait un cuisinier à reconquérir.
Zoro referma la porte derrière eux et contempla une seconde la pièce qui n'avait pas bougé en leur absence. Il posa ensuite son regard sur son compagnon qui le détaillait avec intensité et il se rapprocha brutalement de lui. Il n'allait pas tenter d'être celui qu'il n'était pas en se faisant excessivement doux ou attentionné. De toute façon, Sanji ne voulait voir rien d'autre que sa véritable personnalité s'exprimer, il le lui avait dit.
Sans doute pour se souvenir. Et pour se rassurer.
L'escrimeur agrippa la nuque du cuisinier pour plaquer sauvagement ses lèvres contre les siennes. Le sang dans ses veines bouillonnait et il ressentait une espèce d'urgence à tenir ce corps contre le sien. Il avait lui-même envie de se rassurer en le poussant sous lui pour le posséder immédiatement mais il voulait que Sanji en profite. Il en avait plus besoin que lui.
Il l'embrassa donc plus tranquillement et sentit bientôt les mains du blond se glisser sous son tee-shirt. Électrisé par le contact, le sabreur lui ôta son sweat bleu, révélant son torse nu, et le fit s'asseoir sur le lit. Il s'agenouilla alors entre ses jambes et caressa fébrilement la peau fine et blanche de son ventre sous ses doigts avant de l'attirer à lui pour l'embrasser à nouveau avec passion. Leurs langues entamèrent un ballet enfiévré tandis que les mains du sabreur massaient la peau nue à sa portée et rapidement, de délicieux gémissements étouffés se firent entendre. Sentant ses propres sens s'emballer, le bretteur mit fin au baiser et profita que le blond reprenne sa respiration pour déboucler sa ceinture puis déboutonner son pantalon.
Sanji frémit sous le geste mais le laissa poursuivre. Le sabreur entendit même son souffle se bloquer lorsqu'il dégagea son vêtement et un frisson parcourut le cuisinier lorsqu'il posa la main sur son sexe dressé par-dessus son boxer. Zoro lui-même se mordit les lèvres. Cela faisait trop longtemps.
Troublé, le bretteur repoussa le dernier vêtement du blond et se saisit aussitôt de son membre avant d'y faire glisser sa langue. Le cuisinier se raidit brutalement au-dessus de lui mais l'escrimeur ne lui permit pas de s'habituer à son contact, passant à la vitesse supérieure sur-le-champ en prenant entièrement en bouche l'objet de ses désirs. Sanji étouffa un cri et l'une de ses mains agrippa les cheveux vert de son amant tandis que l'autre se resserrait de toutes ses forces autour du drap. Zoro comprit le message et ne perdit pas de temps pour envoyer son compagnon au septième ciel, s'enivrant de ses gémissements de plaisir de plus en plus forts.
Sanji ne voulait pas résister ce soir. Il avait tellement cru ne plus jamais ressentir le corps du sabreur contre le sien qu'il n'envisageait pas autre chose que de profiter au maximum des sensations que Zoro parvenait à lui procurer. Et tant pis pour les sons impudiques qui lui échappaient. Il avait besoin de se sentir exister ce soir. Il voulait voir ce que le sabreur était prêt à lui donner pour lui prouver qu'il ne s'était pas trompé en lui offrant cette seconde chance.
Le cuisinier rouvrit cependant les yeux quand il sentit le bretteur remplacer sa bouche par sa main sur son membre, le frustrant suffisamment pour lui laisser un peu reprendre son souffle. Il plongea ses yeux dans les siens et ses joues déjà rougies s'embrasèrent un peu plus lorsque Zoro lui rendit son regard brûlant. Le sabreur voulut alors se débarrasser définitivement des vêtements qui le gênaient et Sanji se souleva un instant le temps que son pantalon et son sous-vêtement n'atterrissent par terre auprès de ses chaussures et de ses chaussettes.
Entièrement nu et frissonnant, il observa ensuite l'épéiste déposer à nouveau sa bouche autour de son membre et sa respiration se bloqua dans sa gorge. La sensation de sa langue qui montait et descendait paresseusement lui arrachait des bruits sans équivoque et la vision du sabreur entre ses jambes était irrésistible.
Quelques instants plus tard, l'orgasme le rattrapa et il voulut prévenir son amant en le repoussant mais Zoro ne fit pas mine de bouger. Incapable de se contrôler plus longtemps, le cuisinier se libéra en un long gémissement avant de rouvrir rapidement les yeux. Le sabreur s'essuyait la bouche d'un revers de la main et le blond se sentit gêné.
"Pourquoi…
- Je voulais le faire."
A ces mots, le bretteur attrapa sa main toujours accrochée aux draps et enroula ses doigts par-dessus les siens. Le blond en eut à nouveau le souffle coupé et il aurait presque pu s'agir d'un autre orgasme lorsqu'il sentit l'escrimeur déposer ses lèvres contre son ventre, sa main massant légèrement la sienne. Il resta ainsi de longues secondes à profiter de cet instant hors du temps pendant que son coeur reprenait un rythme moins affolé.
Zoro finit pourtant par lâcher sa main pour remonter vers son torse puis vers son cou, tout en se relevant progressivement. Lorsqu'il arriva à hauteur de ses yeux, Sanji l'empoigna fermement pour l'embrasser. Il ne fit pas attention à la saveur légèrement étrange de sa langue et il accentua leur baiser jusqu'à le sabreur ne tente maladroitement de se déshabiller contre lui. Finalement, il le relâcha et l'escrimeur se releva à la hâte pour se débarrasser de ses vêtements, les envoyant rejoindre ceux du blond par terre.
Il plongea ensuite son regard dans le sien, le dominant ainsi de sa hauteur.
"Prêt pour la suite?" souffla-t-il d'une voix rauque en se penchant à son oreille.
Le cuisinier se contenta de hocher la tête. Le corps nu et excité du bretteur devant ses yeux lui avait redonné de la vigueur et il avait hâte de retrouver totalement son compagnon. Ce dernier attrapa donc la petite bouteille de lotion lubrifiante qui les avait sagement attendus sur l'étagère.
Zoro repoussa fermement le corps du blond contre le matelas, ne pouvant s'empêcher de goûter encore ses lèvres puis son cou. Le cuisinier l'attira à son tour contre lui et enroula ses bras autour de ses épaules tandis que ses jambes faisaient de même autour de sa taille. Ainsi emprisonné, Zoro bougea lentement ses hanches et leurs membres se rencontrèrent. Un soupir étranglé leur échappa et les dents du sabreur se plantèrent dans la peau fine du cou de son compagnon qui s'arqua contre lui. L'escrimeur ferma les yeux sous le coup du plaisir et ne put s'empêcher de bouger à nouveau, reproduisant les mêmes effets sur leurs deux corps brûlants.
Au bout de quelques instants cependant, il se redressa, les muscles tremblants. S'il continuait ainsi, il n'allait pas tenir bien longtemps et il ne voulait surtout pas gâcher leur plaisir en cédant trop rapidement. Le corps alangui du blond à quelques centimètres du sien ne l'aidait pourtant pas à rester calme et lorsque ce dernier tenta de le ramener vers lui grâce à la puissance de ses jambes, l'épéiste dût faire appel à toute sa volonté pour ne pas craquer.
"A-attends…"
Ne quittant pas Sanji des yeux, Zoro chercha à tâtons le lubrifiant tombé entre les draps et s'en enduisit les doigts avant de les présenter à l'entrée de l'intimité de son amant. Malgré le désir évident qu'il ressentait, celui-ci se contracta rapidement autour de lui et le sabreur redoubla de lenteur, essayant d'oublier l'envie dévorante au creux de ses reins devant l'image du cuisinier qui s'offrait à lui.
Enfin, le corps du blond se détendit et les soupirs de plaisir l'envahir à nouveau. Ses yeux embrumés cherchèrent alors ceux du sabreur et ce dernier sut exactement ce que son compagnon lui demandait. Au comble de l'impatience, il se positionna entre ses jambes et accompagna ses hanches tandis qu'il le pénétrait d'un seul coup de rein. Sentant que le blond luttait pour faire refluer la douleur, il se saisit ensuite de son membre pour lui imprimer des mouvements de va-et-vient et ainsi détourner son esprit.
Le cuisinier se mit bientôt à bouger contre lui et Zoro sentit ses derniers freins céder. Il commença à se déhancher, se mordant les lèvres pour ne pas jouir immédiatement. L'abstinence et les émotions liées aux derniers évènements décuplaient ses ressentis. Son bassin accéléra encore l'allure sans qu'il s'en aperçoive et il se laissa brutalement tomber sur ses avants bras pour mieux se saisir des lèvres de son amant en un baiser fougueux. Les ongles de Sanji sur ses épaules lui intimaient de garder le rythme comme en témoignaient également ses soupirs de plus en plus rapprochés au milieu de leurs souffles courts.
Zoro déposa sa tête à la jonction de son cou et de son épaule et Sanji enroula l'un de ses bras autour de sa nuque pour le maintenir contre lui. Le sabreur grogna alors de plaisir face aux sensations qui se démultipliaient en lui et il plaqua à nouveau ses lèvres contre celles du blond qui lui rendit violemment son baiser, avalant et partageant leurs gémissements respectifs.
Après quelques instants, le sabreur se redressa légèrement pour mettre davantage encore d'intensité dans ses mouvements. D'un coup de hanche puissant, il arracha un cri à son compagnon qui se cambra sous l'effet de surprise et du plaisir cumulés. Rendu fiévreux par l'euphorie de son amant, l'escrimeur maintint la cadence et ses gestes devinrent rapidement erratiques. Sous lui, le cuisinier se perdait dans la jouissance et s'agrippaient de toutes ses forces au montant du lit.
Bien plus vite qu'il ne l'aurait voulu, Zoro sentit finalement l'extase le frapper et il ne put retenir un grognement sourd lorsqu'il se déversa dans un dernier coup de bassin. Sentant l'orgasme de son compagnon en lui, le blond atteignit également sa limite et il se délivra sur son ventre dans un cri étouffé contre l'épaule du sabreur.
Hagard, le bretteur se laissa bientôt retomber sur le cuisinier pour reprendre son souffle avant de l'embrasser passionnément et Sanji lui rendit furieusement son baiser malgré le poids qui lui comprimait les poumons. Enfin, Zoro se redressa sur ses avants bras pour se retirer mais il conserva sa position afin de contempler intensément son compagnon durant de longues secondes.
Finalement, il baissa la tête pour la déposer dans le creux de son épaule et souffla contre sa peau luisante de sueur.
"Apprends-moi, Sanji..."
Le blond ajusta son regard encore embué par le plaisir vers son amant à demi-caché contre lui.
"Quoi donc?
Apprends-moi à traduire ce que je ressens. A le transformer en force. Apprends-moi à te garder auprès de moi."
Le cuisinier passa alors lentement sa main dans ses cheveux vert et humides à la base de sa nuque et Zoro frissonna.
"Je t'apprendrai."
Il souleva ensuite un peu sa tête et leurs lèvres se joignirent à nouveau. Le bretteur se laissa bercer par le rythme lent et profond de son compagnon qui continuait à caresser distraitement ses cheveux. Il ressentait des émotions incroyables à ce simple geste et combiné à toutes celles qu'il avait éprouvé tout au long de ces derniers jours, il se sentait tout bonnement épuisé. Il se décala finalement sur le côté et fit glisser le drap sur eux avant d'attirer le corps du cuisinier contre lui et de fermer les yeux, comblé.
Sanji reprit doucement ses esprits entre les bras de l'épéiste et il sentit le sommeil le happer à son tour. Installé confortablement contre son corps chaud et rassurant, il aurait voulu lutter pour profiter encore de sa chance mais la fatigue était la plus forte et il s'endormit quelques minutes plus tard.
La réconciliation est complète, et j'espère que vous l'avez appréciée. J'ai tenté de faire cohabiter à la fois un peu de tendresse et de l'intensité sans pour autant oublier leur rudesse naturelle l'un envers l'autre.
La semaine prochaine, place à des scènes plus légères et à l'autre couple de l'histoire!
Sinon, vous avez remarqué, je ne préviens plus pour les lemons… Je trouve que ça spoile trop et l'histoire est rating M alors je pense que c'est suffisant.
