Merci à Wado21, Racx4400, deryous50, Elowlie, Akilie et Mikashita98 pour vos reviews.

Bonne lecture.


Chapitre 60

Les traits de la beauté

Sanji souffla la fumée de sa cigarette qui se dispersa en volutes au-dessus de la vallée qu'il dominait du regard. Le paysage de l'île attenante à celle que l'équipage venait de quitter contrastait avec sa voisine. A quelques centaines de mètres à peine l'une de l'autre, tout les séparait pourtant.

Alors que la précédente grouillait de détrousseurs au beau milieu de la ville et de malfrats notoires dont ils avaient eux-mêmes pu constater la cupidité, celle-ci était calme et campagnarde. Le même climat printanier y régnait mais le panorama qu'il observait en ce début d'après-midi sur le village en contrebas était à couper le souffle. Angie n'avait pas menti au capitaine malgré leurs doutes : cette île était un véritable trésor, au moins concernant son environnement.

Après leur départ en trombe du club de la jeune femme, Nami avait ordonné de mettre les voiles et puisque le Log-Pose n'était pas encore rechargé, ils s'étaient dirigés à vue vers l'île toute proche. Ayant constaté sa tranquillité, l'équipage du chapeau de paille s'était dès le lendemain aventuré sur la côte et avait rapidement repéré un petit village à l'ombre d'une haute colline. Au sommet, un vieux monastère accueillait des touristes et Franky, Nami, Robin, Chopper et Brook le visitaient actuellement.

Le cuisinier avait quant à lui décidé de profiter du paysage et d'une cigarette bien méritée après l'ascension de la colline et ses autres compagnons se promenaient dans le jardin du monastère à quelques pas de lui.

"Avec ces lunettes, on dirait une autre personne! s'étonna soudain Luffy.

- Si tu ajoutes une poêle, ils pourront pas se tromper, intervint Zoro.

- Ooooh!" firent le sniper et le capitaine autour de lui.

Sanji jeta un coup d'oeil nonchalant à ses amis avant de sentir ses yeux s'écarquiller devant la scène qui se jouait devant lui. Son mégot lui échappa de la bouche et il bondit vers eux.

"Qu'est-ce que vous faites, bandes de demeurés?!"

Le cuisinier détailla sombrement le panneau d'affichage en bordure du jardin devant lequel ses compagnons se tenaient et où s'étalaient plusieurs dizaines d'avis de recherche. Dont le sien, désormais affublé d'une paire de lunettes et d'une… casserole? Le cuisinier se tourna vers le sabreur qui tenait encore le marqueur noir ayant servi à commettre ce forfait, réprimant difficilement sa colère. Indifférent à la crispation de ses traits, celui-ci haussa les épaules.

"Ussop voulait voir ce que tu donnerais avec des lunettes mais on te reconnaissait pas. J'ai rajouté la poêle."

Comme Sanji le dévisageait d'un air interdit, il fronça les sourcils.

"Parce que t'es cuistot. Poêle = cuistot," lui expliqua-t-il en tapotant son dessin avec le marqueur pour lui faire comprendre son raisonnement.

Sanji l'observa d'un oeil vide une seconde encore avant d'exploser et d'arracher l'avis pour en faire des confettis.

"J'vous demande pas de me démontrer votre âge mental avec vos dessins débiles! Ce type sur cet avis, c'est même pas moi de toute façon! hurla-t-il, blême de fureur.

- Je reconnais que le dessin laisse à désirer mais c'est forcément toi qu'ils ont voulu représenter, marmonna Ussop en détaillant un autre avis du cuisinier à quelques centimètres de son précédent homologue désormais en miettes.

- Les enfoirés!"

Le blond détruisit en un éclair toutes les affiches à son nom sous le regard composé de ses compagnons d'équipage.

"J'vois pas ce qu'il te faut, bougonna ensuite le sniper en regardant le blond mettre le feu aux derniers bouts de papier avant de vouloir enterrer les cendres. Si t'es pas reconnaissable, t'auras pas d'ennui, c'est quand même intéressant.

- Mais je veux être connu! éructa Sanji. Je veux que tout le monde sache que le meilleur cuisinier de Grand Line sera celui qui découvrira All Blue!"

Le tireur d'élite soupira en regardant son ami vérifier ensuite précautionneusement que pas un seul avis n'avait échappé à l'autodafé. Finalement, Luffy s'approcha de lui, les yeux brillants.

"Sanji, dessinons ton propre avis de recherche!"

Son cuisinier suspendit ses gestes un instant avant qu'un air déterminé n'éclaire son visage.

"Enfin, une bonne idée, capitaine! Donne-moi ça, toi."

Il arracha le marqueur des doigts du bretteur et le lança au canonnier qui fronça les sourcils.

"Ussop, fais plusieurs croquis de face, de profil et de trois-quarts. Je choisirai le meilleur et on l'enverra à la Marine! Je vais enfin avoir un avis de recherche à la hauteur de ma beauté et de ma personnalité!

- Euh, d'accord. J'imagine qu'ils seront surpris mais pourquoi pas…"


Sanji examina consciencieusement les trois portraits sélectionnés dans chaque catégorie qui s'étalaient devant lui. Ussop les avait punaisés sur le tableau d'affichage afin qu'ils soient facilement comparés et visibles par ses trois camarades.

"Celui de profil n'est pas le meilleur, reconnut le sniper. D'un côté, on ne voit pas ton visage à cause de tes cheveux et de l'autre, on dirait un escargot. Il faut dire que je suis pas dessinateur professionnel...

- Au moins, le sourcil en vrille est reconnaissable là, commenta Zoro, pince sans rire.

- J'aime bien celui-là! montra alors Luffy en désignant celui de trois-quarts.

- Moi aussi, approuva le concerné.

- On dirait pas un avis de recherche!", ajouta le capitaine en riant.

En effet, la pause du cuisinier évoquait plutôt une séance photo à l'image de celle de la navigatrice des chapeaux de paille sur son propre avis de recherche.

"Cuistot, ça va donner des idées à pas mal de gens, je te le déconseille, fit le sabreur.

- Qu'est-ce que tu veux dire? grogna le blond.

- On dirait que tu veux allumer tout ce qui bouge", précisa-t-il tranquillement.

Sanji le dévisagea avec agacement.

"T'as l'esprit mal placé, je pense aux spectatrices, moi! Leur donner matière à fantasmer lorsqu'elles croiseront mon avis de recherche...

- T'oublies que dans la Marine, parmi les chasseurs de prime et les pirates, il y a davantage d'hommes et ce sont eux qui regardent le plus les avis de recherche. Mais si ça te dérange pas …"

A ces mots, le cuisinier reporta brutalement son regard vers le dessin pour le détailler scrupuleusement à la lumière de ce nouvel éclairage. Oui, il avait ouvert un peu le col de sa chemise pour mettre en valeur son torse, les femmes adoraient les hommes finement musclés. Et c'était vrai qu'il regardait le dessinateur d'un air déterminé et avec... un sourire aguicheur. Pour inciter les jeunes femmes à l'imaginer à leurs côtés.

Sanji réprima un cri et arracha le portrait de trois quart.

"On oublie celui-là! Ussop, débarrasse-toi de tous les brouillons de cette copie et assure-toi de bien les détruire!"

Zoro observa ensuite stoïquement la soudaine hystérie du blond qui rassemblait tous les papiers volants comme si sa vie en dépendait. Devant ce spectacle, le sniper soupira et Luffy éclata de rire.

"Celui-là alors!"

Le garçon au chapeau de paille désigna l'affiche de face et Sanji se résigna.

"C'est la plus classique mais j'imagine que c'est la plus identifiable…

- Hé, vous là-bas!"

Les quatre amis se retournèrent vers le monastère et aperçurent une imposante escouade de Marines venir à leur rencontre, un Commodore à leur tête. Derrière la troupe, Sanji vit leurs autres compagnons sur le seuil du bâtiment tenter de leur faire de grands signes pour les prévenir mais il était trop tard.

Avant qu'ils n'aient pu faire un geste, ils se retrouvèrent dos au panneau d'affichage, les Marines leur coupant la route.

"Vos têtes me disent quelque chose, fit le Commodore en s'approchant, les détaillant des pieds à la tête.

- Moi, c'est Luffy!" s'exclama aussitôt le capitaine et Ussop lui mit un coup dans les côtes pour le faire taire.

Le chef des officiers plissa les yeux et tenta de voir le panneau d'affichage que Sanji s'efforçait de masquer de son mieux.

"Luffy… Comme le chapeau de paille? demanda finalement le Marine.

- Non, non! C'est un hasard! tenta d'intervenir le sniper avec un pauvre sourire.

- Ouais, c'est moi! Et je vais devenir le Roi des Pirates! répondit pourtant le concerné avec un sourire éclatant.

- Intéressant", fit le Commodore, tout sourire à son tour.

Zoro se raidit et ses doigts frôlèrent ses lames tandis qu'Ussop se mordait les lèvres pour ne pas pleurer, maudissant son capitaine sur dix générations.

"Il y a des tas de portraits d'ce type!" fit soudain un officier en débarquant à leurs côtés.

Le sniper eut un cri étouffé quand il remarqua que ses feuilles de dessin s'étaient envolées et que la tête de Sanji s'affichait maintenant partout par terre.

"Bizarre, cet avis doit être récent. Je ne l'ai jamais vu", constata le Commodore en l'examinant.

Sanji remarqua alors que leurs autres compagnons déguerpissaient discrètement depuis la porte du monastère et il se sentit soulagé. Le nombre de Marines était tout de même important et savoir les filles hors de danger était un élément non négligeable le concernant.

"Quatre membre d'un équipage aussi connu, j'ai de la chance", se réjouit le Commodore.

Le blond reporta son attention vers son ennemi qui les toisait d'un grand sourire méprisant. L'imbécile.

"Je suis ravi que tu saches te servir de tes yeux, mon grand, répliqua-t-il en s'allumant une cigarette. Mais maintenant si tu le permets, on va se casser d'ici."

A ces mots cependant, le Commodore fit un signe de la main et les quatre amis se retrouvèrent braqués par des armes diverses.

"J'ai des armes en granit marin, des filets et des tasers, expliqua-t-il d'un air confiant. Je vous conseille de filer dr-

- Gum-Gum Maillet!"

Le capitaine enroula ses deux bras autour du Marine en chef, l'empêchant instantanément de bouger. Le garçon au chapeau de paille se colla ensuite à lui et lui offrit son plus grand sourire avant de le faire tournoyer à toute allure en déroulant ses bras. Le Commodore s'écroula au sol, le coeur au bord des lèvres, et Zoro en profita pour dégainer en un éclair.

"Technique à trois sabres. La Passe du Loup."

Son attaque lui permit d'esquiver la salve de balles lancée dans sa direction et de contre attaquer, repoussant une vingtaine de soldats. Sanji arma alors son pied et se positionna du côté opposé tandis qu'Ussop se plaquait à terre, affolé.

"Parage Shot."

Les officiers trop près de lui se prirent une série de coups de pieds en plein visage, le cuisinier leur refaisant le portrait à tour de jambes.

"Ca vous apprendra à vous référer à des avis de recherche! gronda-t-il en accentuant la puissance de ses attaques, laissant les Marines défigurés.

- Fog Tempo!"

Le coeur du blond fit un bond dans sa poitrine et il retira son mégot de sa bouche à l'entente de cette voix. Il se baissa ensuite habilement pour éviter le coup d'un soldat dans sa direction qui le croyait distrait et dans le même temps, il remarqua qu'un brouillard dense se formait désormais autour d'eux à la place du ciel bleu quelques secondes plus tôt.

"J'ai compris, Nami-chérie."

Le cuisinier jeta sa cigarette et attrapa vivement le sniper qui rampait par terre pour le remettre sur pied avant de se tourner vers son capitaine et son second qui distribuaient toujours autant de coups malgré la visibilité de plus en plus réduite.

"On dégage, les deux idiots! aboya-t-il. Nami-chérie et Robin d'amour nous attendent sur le Sunny."

Luffy hocha la tête tout en esquivant un tir.

"On y va!"

Il se mit à courir pour dévaler la colline vers le village et Ussop s'élança derrière lui, priant pour ne pas se prendre une balle perdue. Sanji attrapa alors le bras du sabreur qui menaçait de partir dans la mauvaise direction et ils s'enfoncèrent à leur tour dans le brouillard qui les fit entièrement disparaître.


"Luffy, grouille-toi, c'est pas le moment!" lui hurla Sanji.

Les soldats de la Marine avaient vite compris la stratégie de l'équipage et s'étaient lancés à leur poursuite tant bien que mal. Arrivés au village, le ciel était à nouveau clair et Ussop était entré par la porte arrière du premier bâtiment venu mais Luffy avait été attiré par un stand de nourriture en bord de rue et il tendait déjà un billet au commerçant contre dix brochettes fumantes.

Son cuisinier bifurqua d'un coup sec pour le récupérer, le bruit de la course de leurs ennemis se rapprochant. Il l'attrapa violemment par le cou et le capitaine fut jeté à l'intérieur de leur abri improvisé, ses brochettes dans les mains.

"On est où?" grogna Zoro pendant que ses compagnons reprenaient leurs souffles.

Un air humide flottait dans l'air et Ussop fronça le nez.

"Ca sent la piscine, remarqua Luffy en mastiquant bruyamment.

- Oui mais l'air est salé, constata le sniper, toujours essoufflé. Peut-être des bains de mer?"

Soudain, un bruit de bottes caractéristique se fit entendre à l'extérieur et la poignée de la porte bougea.

"On bouge, peu importe où on est", décida le blond.

Les quatre amis empruntèrent un escalier au hasard et Sanji réalisa rapidement qu'ils étaient effectivement dans un établissement de bains de mer. Ils finirent même par pénétrer directement au niveau des bassins et sans ralentir, ils commencèrent à slalomer entre les serviettes.

"Ch'est trop bon, fit le garçon au chapeau de paille en avalant une autre brochette de viande derrière son cuisinier.

- Arrête de bouffer et magne-toi, ils vont nous voir!"

Sanji attrapa Luffy par le bras et se prépara à accélérer l'allure lorsque son regard fut stoppé par la vision de dizaines de corps à moitié dénudés et offensés quant à leur présence. Apparemment, ces bains de mer étaient réservés aux femmes.

"Ohhhh, mon Dieu, je dois être au paradis! se pâma le blond, se ramollissant à vue d'oeil.

- Sanji, qu'est-ce que tu fais? s'inquiéta son capitaine qui le tenait trop près du bord de l'eau.

- Mesdemoiselles, je suis votre humble serviteur!

- Ahhh!"

Le garçon au chapeau de paille tomba à l'eau pendant que le cuisinier se jetait aux pieds de la jeune fille la plus proche de lui, un sourire béat aux lèvres.

"Merde, Luffy!"

Zoro jeta ses sabres au sniper qui manqua de s'étaler en les rattrapant puis il plongea dans le bassin pour sauver son capitaine qui coulait comme une pierre. Il le hissa ensuite sur le bord tandis qu'il foudroyait son compagnon du regard.

"Imbécile de cuistot! Tu peux pas faire attention?!

- La ferme, tronche de cactus! grinça le blond.

- Les gars, faut pas qu'on reste ici", leur rappela Ussop alors qu'il aidait Luffy à recracher toute l'eau de ses poumons.

Le sabreur sortit du bassin pour ôter avec agacement son tee-shirt détrempé. Il était en train de l'essorer lorsqu'un cri admiratif général s'éleva dans les airs. Les quatre garçons relevèrent la tête, incrédules, et constatèrent que toutes les demoiselles alentours bavaient littéralement devant les pectoraux luisants de l'escrimeur.

"Tu es si courageux!

- Tu as sauvé ton ami, c'est tellement beau!

- Quelle force, tu t'entraines souvent?"

Zoro fronça les sourcils au fur et à mesure que les jeunes femmes se rapprochaient avidement de lui. Il n'était pas contre quelques compliments mais là, il pressentait que le fan club pouvait devenir incontrôlable.

"Faut que j'y aille, marmonna-t-il.

- Oh, ne sois pas si pressé! Tu ne veux pas te reposer un peu?

- T'es un touriste? Je peux te faire visiter la ville!

- La piscine est interdite aux hommes mais pour toi, on peut faire une exception…"

Ussop tourna la tête au son d'une porte qui claque et frisa la panique au vu des silhouettes de l'autre côté de la vitre.

"La Marine! On est foutu!" s'écria-t-il.

Voyant le bretteur se crisper à son tour, une jeune femme le poussa à nouveau dans le bassin avant de l'y rejoindre au milieu d'autres jeunes filles pendant que d'autres balançaient Sanji, Luffy et Ussop derrière un petit comptoir de rafraîchissements.

"Mesdames, bien le bonsoir, fit le Commodore en rentrant d'un pas vif. Nous sommes à la recherche de quatre dangereux crimin-

- Oh, Commodore, un peu de respect! s'indigna une femme brune. C'est une piscine pour femmes ici!

- Je m'excuse mais-

- Vous pensez pas qu'on aurait vu si quatre hommes avaient déboulé ici? ajouta une autre.

- Croyez-moi, ils n'auraient pas fait long feu", ricana une troisième.

L'officier recula d'un pas sous le grondement populaire avant de scanner rapidement l'environnement des yeux et ne détectant rien de suspect, il s'inclina.

"Je vous prie de m'excuser pour le dérangement, mesdames."

Sur ce, il tourna les talons et rebroussa chemin, ses soldats derrière lui.

Dès qu'ils eurent complètement disparus, Zoro émergea de la piscine, suffoquant. Il nagea ensuite vers le bord et s'y accouda afin de reprendre son souffle.

"Beau prince des mers, tu es sûr que tu ne veux pas rester?" l'aguicha la jeune femme qui l'avait poussé à l'eau.

L'épéiste se hissa prestement hors du bassin et rejoignit ses compagnons qui étaient sortis de leur cachette à leur tour, soulagés. Les baigneuses se rapprochèrent alors du groupe pour les entourer.

"C'est vraiment gentil de nous avoir aidés! les remercia le capitaine avec enthousiasme.

- Oui, on n'aurait pas pu s'en sortir sans vous! approuva Ussop tandis qu'il rendait ses lames à leur propriétaire.

- Vous avez de la chance d'avoir un copain si beau gosse, constata une petite rousse. D'habitude, les hommes qui pénètrent ici prennent cher.

- Votre coeur n'a d'égal que votre beauté! papillonna le cuisinier bien qu'aucune demoiselle ne le regarde.

- Prends ma serviette si tu veux t'essuyer, proposa alors une belle blonde au sabreur.

- Merci."

Zoro se frictionna le dos et les cheveux et toutes les jeunes femmes poussèrent un nouveau cri d'admiration.

"Ses cheveux sont trop sexy! se pâma l'une d'elles.

- Avec ses sabres à la ceinture, il n'y a pas d'image plus virile!

- Et son petit air grognon est tout simplement irrésistible...

- Bon, ça va, on peut y aller?" grogna Sanji, définitivement agacé d'être ainsi ignoré au profit du bretteur.

Zoro lui jeta un coup d'oeil amusé avant qu'un énorme sourire n'étire ses lèvres. Il tenait là une occasion unique de voler la vedette au blond auprès de sa si précieuse gente féminine. Sous le choc, Sanji le vit alors secouer ses cheveux avec désinvolture, faisant s'envoler les dernières gouttelettes en tous sens autour de lui. Celles-ci atterrirent le long de sa nuque et de son torse, glissant paresseusement tout le long de son corps jusqu'à ses abdominaux.

Les jeunes femmes suivirent le trajet des gouttes d'eau les yeux écarquillés et le souffle court, au plus grand dam du cuisinier qui commençait à ressentir des picotements de jalousie en plus de ceux de la déception à l'idée d'être aussi invisible aux yeux de ces superbes créatures.

"Ouais… On peut y aller", fit tranquillement l'escrimeur après quelques instants supplémentaires à se laisser dévorer des yeux.

Il rendit ensuite sa serviette à la blonde tremblante, renfila son tee-shirt et traversa d'un pas royal le reste de la piscine, ses amis lui emboitant le pas tandis que les regards ne le quittaient pas.

Le sabreur eut même la chance de ne pas se tromper de direction et une fois à l'extérieur, ses amis constatèrent qu'ils semblaient enfin être tranquilles.

"Wow, je savais pas que t'avais un tel succès auprès des filles, lui fit remarquer le tireur d'élite alors qu'ils prenaient la direction de la côte pour rejoindre le Sunny.

- Ouais, c'est vachement utile!" approuva Luffy, ravi de la tournure de la situation.

Le cuisinier demeura silencieux derrière eux et se contenta de sortir une cigarette de son paquet. L'épéiste lui lança pourtant un sourire narquois que le blond tenta de ne pas voir, occupé à allumer son mégot.


"Toujours vexé, cuistot?" le nargua le bretteur avec un sourire carnassier.

Dès qu'ils étaient rentrés sur le Sunny, Nami avait manœuvré pour faire disparaître le bateau de l'autre côté de l'île tout en restant dans la zone magnétique afin que le Log-Pose finisse de recharger. Avec l'avancée de la soirée, Franky s'était alors proposé pour rester de garde et enclencher leur prochaine destination dès que possible. Les autres membres de l'équipage étant partis rapidement se coucher, le sabreur s'était glissé dans la cuisine à la recherche de son compagnon qui terminait la vaisselle.

Celui-ci haussa les épaules en signe d'indifférence à sa question et voulut attraper son torchon pour essuyer le contour de l'évier lorsque Zoro l'immobilisa afin qu'il lui fasse face.

"Sois pas mauvais joueur, lui souffla-t-il en déposant ses lèvres dans son cou. C'est pas ma faute si je suis plus beau que toi et que ces filles l'ont remarqué...

- T'es pas plus beau que moi et je suis pas mauvais joueur, grogna le cuisinier en tentant de se dégager.

- Si tu l'es. Mauvais joueur."

L'escrimeur descendit ses mains le long de son torse à travers le tissu de la chemise tout en poursuivant ses baisers mais Sanji refusait de répondre à ses attentions.

"Tu vas me laisser profiter de ton corps sans rien dire? lui murmura-t-il à l'oreille tandis que ses doigts déboutonnaient son vêtement.

- Qu'est-ce que ça changera? T'as l'habitude de claquer des doigts pour avoir qui tu veux dans ton lit, non? répliqua le blond d'un ton acerbe.

- Cuistot jaloux, ricana le sabreur.

- Comme si je pouvais être jaloux à cause d'une tronche de cactus comme la tienne! nia Sanji en déposant rageusement son torchon. Je m'étonne simplement que ces demoiselles se soient laissé avoir…

- Tu m'en diras tant…"

Zoro attrapa les hanches de son compagnon puis s'empara fermement de sa bouche, sa langue franchissant la frontière boudeuse des lèvres du cuisinier. Il accentua rapidement son baiser en resserrant sa prise sur sa taille et esquissa un sourire quand il sentit Sanji enfin lui répondre. Impatient, il dégagea alors complètement sa chemise à présent ouverte et caressa son ventre avec avidité.

"Tu veux qu'on aille sous la douche? lui demanda-t-il, le souffle court. Ca te rappellera des souvenirs…

- Imbécile… Si tu crois que t'es… si beau que ça, t-tu te goures, balbutia le blond contre sa peau, sensible malgré lui à ses caresses.

- D'accord, faisons-le ici alors.

- Ici?"

Sanji se redressa légèrement, surpris, mais Zoro le plaqua avidement contre la table heureusement débarrassée.

"Ca fait longtemps. Ca me rappelle notre première fois…"

Le cuisinier sentit un frisson remonter le long de sa colonne vertébrale au son de la voix rauque du sabreur avant de frémir intensément lorsque l'homme posa ses mains puissantes de chaque côté de ses hanches sur la surface de bois. Zoro se pencha alors brutalement pour mieux reprendre possession de sa bouche tout en se frottant contre lui, excitant délicieusement leurs entrejambes.

Sanji agrippa les épaules de son amant pour mieux se caler et rendit vivement son baiser au sabreur pour la première fois de leur échange pendant que ses jambes s'enroulaient autour de sa taille. Le bretteur accentua ensuite rapidement ses mouvements de bassin, arrachant d'agréables sons au blond entre ses bras.

Finalement, le cuisinier abandonna sa rancoeur au moment où l'épéiste déposait sa bouche contre son torse tandis que lui-même plongeait ses doigts dans les cheveux vert de son amant, diablement sexy comme l'avait fait remarquer une jeune femme un peu plus tôt…


Zoro releva la tête, le souffle haché, et avala sa salive tant bien que mal.

Cet enfoiré de cuistot était foutrement beau.

Ca lui faisait encore un peu mal de l'admettre mais il ne le niait plus depuis longtemps. Sa peau blanche et son corps finement musclé l'attiraient comme un aimant. Il aurait voulu ne jamais sortir de cette foutue cuisine.

Le voir s'essouffler un peu plus sous lui à chacun de ses coups de rein ne faisait que confirmer cette réalité. Ses lèvres entrouvertes sous ses gémissements se répercutaient aux siens. Ses joues rougies par l'effort et le plaisir vidaient toute pensée logique de sa tête. Ses yeux voilés de désir l'encourageaient à redoubler d'intensité. Son corps tout entier l'appelait sans retenue à la luxure.

Au paroxysme de la sensation, Zoro remarqua que les muscles de son amant se contractaient violemment autour de lui, l'entraînant à son tour dans un tourbillon dévastateur et libérateur. Reprenant ensuite sa respiration contre son épaule qu'il avait mordue, le sabreur ne put s'empêcher d'ancrer son regard dans le sien et un frisson le parcourut.

Il avait enfin fait le bon choix. Comment avait-il fait pour hésiter quelques jours auparavant déjà ? Comme s'il voulait qu'un autre que lui puisse profiter de ce corps alangui et du sentiment inouï d'être à l'origine de sa jouissance. Comme s'il était imaginable qu'autre chose lui fasse ressentir ne serait-ce qu'un dixième de l'émotion que lui envoyait le blond quand il ne regardait que lui. Comme s'il était possible que ce défi lui échappe.

Plutôt crever.

Il se redressa lentement et se retira, laissant son compagnon toujours haletant sur la table. Il résista à l'envie de déposer un baiser sur son front, geste un peu trop tendre à son goût mais à la place, il se pencha à nouveau et embrassa passionnément ses lèvres encore gonflées avant de reprendre définitivement son souffle, son front posé contre le sien.

Oui, Sanji était beau, mais il n'était pas prêt de le lui avouer. Tout du moins, pas avec des mots.


Je sais que la scène de la piscine était presque cartoonesque mais vraiment, je n'avais pas envie de la modifier car j'ai aimé mettre Zoro et les autres dans cette situation. Etant donné certains accents comiques de l'oeuvre originale, je me suis dit que ça pouvait passer.

En espérant que ça vous a plu!