Merci à Elowlie, Lijovanchan, Wado21, MiaoiFuki, Akilie, deryous50, Racx4400, Luma-az, Typone Lady et Agalys-Erwael pour vos reviews.
Bonne lecture.
Chapitre 61
Poison intérieur
"J'aimerais vraiment trouver celle-là!"
Le sabreur releva la tête vers l'illustration que lui montrait Chopper. Assis sur l'herbe du pont du Sunny pour nettoyer ses sabres, il aperçut l'image d'une fleur mauve tandis qu'il suspendait pour quelques instants son activité.
"Elle est rare?
- Oui! C'est une Marléas Ignicias et elle a des propriétés très variées : anti-inflammatoires, expectorantes ou encore antispasmodique et sédative! Ce serait une chance d'en avoir!"
Le médecin de bord replongea dans son livre avec excitation et Zoro observa son petit compagnon, un sourire au coin des lèvres. L'équipage du chapeau de paille avait repris la mer près d'une semaine auparavant et la veille, Nami avait annoncé que leur prochaine destination serait l'île Fortis.
Depuis cet instant, Chopper ne tenait plus en place. Il avait ressorti de son infirmerie un épais manuscrit où étaient soigneusement consigné des centaines d'informations sur les plantes médicinales dont il tournait les pages sans discontinuer.
L'île Fortis était une île assez vaste et en grande partie sauvage. Elle était réputée pour son port de pêche mais Doctorine avait toujours parlé à son petit apprenti des trésors que recelait l'île pour les guérisseurs en tout genre. La pharmacopée y était très développée et les habitants commercialisaient bon nombre de remèdes pour le grand public. Cependant, Chopper avait été élevé par une doctoresse pointilleuse et exigeante. Ainsi, il préférait lui aussi préparer ses remèdes lui-même et il avait donc décidé qu'il partirait en quête du maximum de fleurs et de plantes directement dans leur habitat naturel pour une meilleure qualité.
Ussop, Luffy, Franky, Brook et Sanji étaient plus intéressés par la visite du port de pêche et les filles par la possibilité de faire les boutiques alors Zoro avait proposé au renne de l'accompagner. Au comble de la joie, celui-ci l'entretenait à présent sur toutes les fleurs qu'ils étaient susceptibles de croiser et bien que le bretteur ait peu de patience en général, son ami réussissait l'exploit de l'attendrir par sa passion et son innocence.
"Oh, et regarde celle-là! s'enthousiasma le médecin en désignant une grosse fleur rouge. Surtout si tu la vois, il faudra me le dire!
- D'accord, Chopper.
- J'ai tellement hâte qu'on arrive! s'exclama-t-il ensuite, impatient.
- Dans quelques heures selon Nami", répondit le sabreur.
A ces mots, Chopper se figea brutalement.
"J'ai complètement oublié de faire l'état de mes réserves habituelles! s'épouvanta-t-il. Je me suis concentré uniquement sur des herbes spécifiques mais si je n'ai plus de plantes basiques, je ne pourrais rien en faire!"
Le renne fila aussi sec vers son infirmerie et Zoro attrapa tranquillement ses lames pour reprendre sa tâche. Il savait que quoi qu'il arrive, Chopper serait fin prêt au moment de débarquer.
"Cette pêcherie est impressionnante, nota Franky.
- La taille de ses écluses à poisson est incroyable", ajouta le cuisinier.
En compagnie de Brook, Luffy et Ussop, les deux amis avaient fait le tour de la capitainerie du port et visitaient à présent la pêcherie de l'île. La configuration naturelle des lieux en forme de cuvette peu profonde et ouverte sur la côte permettait de piéger les poissons à marée descendante en refermant le passage avec des pierres. Les pêcheurs pouvaient ensuite se déplacer à pieds pour ramasser les poissons.
"Ils ont également des cabanes sur pilotis! s'étonna Brook.
- Sûrement pour la pêche au carrelet, répondit Sanji. En général, c'est ouvert aux non-professionnels pour leur propre consommation.
- On pourrait en louer une, c'est la saison! proposa alors Ussop.
- Ca peut être intéressant, reconnut le blond. Nous serons sûrs de la fraîcheur des produits et on n'aurait pas besoin de passer à la poissonnerie.
- Génial! s'exclama Luffy. On pourra goûter aussi?!
- Je crois qu'ils font des dégustations de fruits de mer sur le port, se rappela Franky. Nami nous a donné rendez-vous dans une auberge à la sortie de la ville alors on pourra y faire un tour en attendant que Sanji prépare ce qu'on aura pêché.
- Dépêchez-vous!" s'enthousiasma le capitaine.
Il se rua alors vers les cabanes en pilotis tandis que ses amis le suivaient plus paisiblement, prenant le temps d'admirer les marais salants un peu plus loin.
"Il y a encore une violette!"
Chopper trottina vers la fleur avant de la déterrer délicatement puis de la glisser dans un sachet qu'il déposa dans son sac, les yeux brillants.
"Cette île est un véritable paradis!"
Zoro jeta un coup d'oeil distrait à son environnement. Ils avaient gravi plusieurs collines et parcouru de nombreuses vallées depuis près de quatre heures qu'ils arpentaient la partie sauvage de l'île. Le sabreur se sentait bien. Le soleil brillait sans les écraser de chaleur et ils croisaient régulièrement un cours d'eau qui leur permettait de se rafraîchir. Le silence et la nature étaient leurs seuls compagnons depuis leur départ en début d'après-midi et cela lui convenait parfaitement. A ses côtés, le petit renne courait d'un bout à l'autre des sentiers terreux pour ramasser et s'émerveiller devant chaque plante. L'escrimeur pressentait d'ailleurs que son ami n'allait pas tarder à s'écrouler d'épuisement. Cependant pour l'instant, il poursuivait sa route avec entrain et ne semblait pas près de vouloir faire demi-tour.
"Oh, une racine de gougier!"
Le médecin se précipita vers sa trouvaille avant de sortir son livre pour vérifier ses informations.
"Non, ce n'est pas la saison, soupira-t-il ensuite. Mieux vaut ne pas la prendre, je risquerais d'empêcher la pollinisation à cette période..."
L'épéiste approuva en silence et Chopper se releva, en quête d'un nouveau trésor.
Ils marchèrent pendant un bon moment encore avant que le petit renne ne se laisse enfin tomber au pied d'un arbre en bordure du chemin.
"Faisons une pause, le soleil est haut et il faut nous hydrater", décréta-t-il.
Zoro hocha la tête et déposa le sac qu'il transportait à ses pieds. Il en sortit des gourdes et deux petites boîtes.
"Le cuistot a fait des encas", lui montra-t-il.
Il lui tendit alors le sien, orné d'une belle étiquette à son nom.
"Oh, il pense à tout!"
Le médecin ôta le couvercle avec gourmandise et se dandina de joie en découvrant son contenu.
"Des nougats et du gâteau à la fraise, c'est génial!"
Le petit renne avala goulument un morceau de nougat avant de jeter un coup d'oeil au sabreur qui ouvrait sa propre boîte.
"Qu'est-ce que tu as, toi? s'enquit-il avec curiosité.
- Des sushis et du concombre mariné.
- Sanji nous connait vraiment bien! se réjouit le médecin en enfournant une bouchée de gâteau à la fraise. Et sa nourriture est certainement l'une des meilleures du monde! Je suis sûr que son restaurant sur All Blue aura un succès fou, tu ne crois pas?"
Zoro se contenta de hausser les épaules tout en croquant dans un sushi au thon rouge. Bien sûr que la bouffe du cuistot était délicieuse mais le blond n'avait pas besoin que tout le monde le lui répète à longueur de journée : cet idiot allait prendre la grosse tête. Son compagnon avait déjà un caractère insupportable et un égo surdimensionné alors…
"Oh, regarde, Zoro! C'est une étoile de cerisier!"
Chopper s'était relevé d'un bond, tendant le doigt vers un arbre un peu plus loin au milieu des hautes herbes. Parmi les branches, une fleur unique, rouge et blanche, trônait comme une invitation à la cueillir. Le renne s'élança dans sa direction avant de s'immobiliser rapidement au bord du chemin caillouteux, embêté.
"Qu'est-ce qu'il y a? lui demanda le bretteur en rangeant sa boîte pour le rejoindre.
- On ne peut pas s'approcher, on dirait un marécage", lui montra son ami.
En effet, à la lisière du sentier, le terrain devenait boueux et les plantes se raréfiaient. Chopper prit un bâton pour en sonder la profondeur et ce dernier s'enfonça sur plus de cinquante centimètres.
"Quel dommage, cette fleur est un antiseptique ultra puissant, se désola le médecin qui s'apprêtait à se détourner.
- Attends, j'ai une idée, l'arrêta le sabreur en sortant l'une de ses lames.
- C'est vrai?!" s'enthousiasma son ami à ses côtés.
Zoro se positionna pour évaluer sa cible. Il s'agissait de ne pas y aller trop fort sans quoi il n'aurait rien à ramener à Chopper…
"Technique à un sabre. Trente-six Klesha Slash!"
La lame tourbillonna avant de sectionner d'un coup sec la branche où reposait la fleur et celle-ci tomba au pied de l'arbre, heureusement sans s'abîmer.
"J'y vais", déclara-t-il en rengainant son sabre.
L'épéiste rejoignit l'arbre en quelques enjambées mais il n'évita pas de s'enfoncer à chaque fois dans la terre meuble. Le retour acheva de l'engluer et c'est les jambes couvertes de boue jusqu'aux genoux qu'il présenta la fleur au petit médecin.
"Merci, Zoro!"
Ravi, il s'en saisit pendant que Zoro déposait ses sabres sur le sol.
"Je te les laisse le temps de me rincer dans le cours d'eau qu'on vient de dépasser.
- D'accord!"
L'escrimeur s'éloigna et Chopper continua d'observer son trésor avec un sourire béat, inconscient du reste du monde. C'est ainsi qu'il ne se rendit compte que trop tard que trois individus patibulaires avaient surgi sur le chemin derrière lui et avant qu'il n'ait pu faire un seul geste, ils s'étaient emparés des sabres de l'épéiste et s'étaient mis à courir.
"Rendez-les moi tout de suite, ils ne sont pas à vous!"
Chopper abandonna son sac et sa fleur pour se ruer à leur poursuite.
"Et tu vas faire quoi, le raton laveur? Venir les reprendre?" ricana un gros homme brun en se retournant à moitié, les sabres en main.
Le petit renne utilisa alors sa transformation Walk Point pour les rejoindre en quelques secondes puis leur barrer la route. Les trois hommes s'immobilisèrent, le souffle court et contrarié. Un grand blond repoussa alors le médecin d'un coup de pied en plein poitrail et Chopper tomba sur le sentier poussiéreux. Ses acolytes s'esclaffèrent mais le renne ne comptait pas se laisser faire.
"Je vous interdis de partir avec ces sabres! Heavy Point!"
Sa nouvelle taille de colosse musclé surpris ses assaillants qui le dévisagèrent. Avant qu'ils ne puissent réagir, Chopper fonça vers son adversaire principal et le gros homme brun voltigea en arrière, assommé. Les sabres de Zoro lui échappèrent et le renne se rua vers eux.
"Tu veux qu'on te taille en beefsteak? gronda le troisième complice en sortant un couteau acéré pour lui faire face.
- Je veux seulement les sabres, répliqua Chopper en les serrant contre lui.
- Pas question, le monstre. Ils vont nous rapporter un max."
L'homme avança brutalement son arme qui atteignit sa cible au niveau de son flanc droit. Chopper sursauta lorsque la lame lacéra sa chaire et il eut un cri étranglé. Il tomba à genoux et le sang de sa blessure goutta sur le sol à côté des fourreaux des épées du sabreur. Il ne les lâcha pas pour autant. Les deux hommes toujours debout se jetèrent alors sur lui et tentèrent de les lui arracher.
Le renne tint bon malgré sa blessure et il serra les dents sous le coup de la douleur tandis que ses assaillants le poussaient et le tiraient en tous sens. Sa respiration devenait hachée et sa vision se troublait mais il ne voulait pas renoncer et ses doigts se crispèrent sur le fourreau des lames jusqu'à s'en faire mal.
"Je ne vous laisserai pas toucher à ces sabres", marmonna-t-il.
Au bout d'un moment, voyant que l'animal blessé avait toujours de la force à revendre, les deux hommes commencèrent à se jeter des regards inquiets.
"Faut qu'on se tire, marmonna le grand blond en observant le gros homme brun se relever lentement à quelques pas.
- Putain, tu vas les lâcher, oui!"
L'homme au couteau envoya alors un énorme coup de pied au médecin qui le reçut en pleine figure. Sous le choc, Chopper partit en arrière sans pouvoir s'en empêcher. Il tenta pourtant de conserver son emprise sur les sabres et les agrippa vaillamment. Malheureusement, sa prise était inégale et avec son déséquilibre, il sentit que l'un des trois lui échappait. Il tenta immédiatement de se redresser mais le blond en profita pour lui subtiliser l'épée qui menaçait de tomber.
"Ca ira, barrons-nous d'ici!"
Chopper tenta de les poursuivre à nouveau, affolé, alors que les trois hommes s'enfuyaient en emportant le sabre blanc de l'escrimeur.
"Non, attendez! Revenez!"
Le renne se remit à courir maladroitement, les jambes tremblantes et le ventre maculé de sang. Il serra de plus belle les deux dernières épées contre lui et s'obligea à accélérer.
"Chopper?"
Zoro tourna sur lui-même une nouvelle fois, les sourcils froncés. Il était certain qu'il s'agissait de l'endroit où il avait laissé le petit renne, il voyait même l'arbre sur lequel il avait récupéré sa fleur. Où était passé le médecin?
Le sabreur fit quelques pas au hasard sur le sentier avant de soudainement se figer. Du sang. Une flaque conséquente puis quelques traces ça et là, suggérant que la personne tentait de se déplacer malgré sa blessure. Immédiatement sur le qui-vive, le bretteur eut le réflexe de chercher ses lames à sa taille mais elles étaient absentes. Il décida alors de suivre les traces, tentant par tous les moyens de repousser la vague d'inquiétude qui montait en lui.
Une minute plus tard, il reconnut la forme humaine de Chopper affalée face contre terre au milieu du chemin et il bondit vers lui.
"Bon sang, Chopper!"
Il le retourna doucement et vit son visage ruisselant de larmes.
"Tu as mal? Tu es blessé? s'enquit-il en cherchant sa blessure du regard.
- J-je suis tel-tellement désolé, Z-Zoro", hoqueta le petit renne.
Le sabreur fixa son ami, de plus en plus inquiet.
"Qu'est-ce qu'ils t'ont fait?"
- Je n'ai p-pas réussi à les arr-arrêter. Je s-suis désolé….
- Mais qu'est-ce que tu racontes?"
Le médecin prit soudain une grande inspiration pour stopper ses pleurs puis relâcha lentement ses doigts pour libérer les deux lames de l'escrimeur à ses côtés. A leur vue, le coeur de Zoro manqua un battement et en un éclair, tout s'assembla dans sa tête.
"Chopper…
- Ils sont partis vers l'est, balbutia-t-il en tentant de se redresser.
- Chopper.
- En continuant sur ce chemin, ils ne devraient pas être loin...
- Chopper!"
Le petit renne s'immobilisa et leva des yeux confus vers son ami.
"Tu perds du sang", lui rappela calmement l'escrimeur.
Le médecin baissa les yeux sur sa blessure, semblant soudain se remémorer sa condition.
"Ils avaient un couteau…
- D'accord. Je vais te ramener au Sunny et avec toutes tes plantes, tu vas forcément réussir à te soigner. Nami ou Robin devrait pouvoir aider, décida le bretteur en s'approchant pour le prendre dans ses bras.
- Ma blessure n'est pas si grave, je peux attendre, le coupa alors le petit renne en se redressant brutalement.
- Qu'est-ce que tu veux dire? fit le sabreur en fronçant les sourcils.
- Il faut que tu ailles le récupérer tout de suite, Zoro. Ils veulent le vendre, tu n'auras pas d'autres chances."
L'escrimeur dévisagea son ami, le coeur coupé en deux. Ce sabre était son bien le plus précieux mais aujourd'hui, la vie de son compagnon d'équipage était peut-être en danger. Il n'avait pas le droit d'hésiter.
Voyant l'incertitude danser dans ses yeux, Chopper décida de hausser le ton.
"Zoro, je suis médecin, je te dis que ça va aller! Au lieu de perdre du temps, va chercher ton sabre et reviens le plus vite possible!"
Ce dernier continua de l'observer sans un mot et Chopper finit par pousser vers lui ses deux autres épées, la patte tremblante.
"Plus vite tu seras revenu, plus vite on pourra rentrer", insista-t-il d'une voix suppliante.
Zoro referma finalement la main sur ses sabres et se redressa lentement, le visage fermé.
"J'en ai pas pour longtemps."
Son ami lui adressa un faible sourire et le sabreur détala. Chopper reprit alors sa forme initiale avant de se laisser retomber au sol, épuisé.
"Il est déjà 20 heures, ils en mettent du temps", ronchonna Nami.
La navigatrice et l'archéologue avaient retrouvé Sanji, Franky, Brook, Ussop et Luffy deux heures plus tôt à l'auberge qu'elles avaient réservée un peu à l'écart de la ville. Les garçons avaient ramené des quantités industrielles de poissons qu'ils avaient stockés sur le Sunny mais Luffy avait tout de même tenu à ce que son cuisinier lui prépare l'énorme crabe qu'il avait pêché. Le jeune homme avait donc négocié avec l'aubergiste qui avait fini par lui proposer d'utiliser le barbecue ainsi que la table extérieure dans le jardin.
Cela faisait ainsi près de trente minutes que le repas était prêt mais sans nouvelle de leurs deux derniers compagnons, Luffy s'était vu refusé la table et il harcelait désormais constamment son cuisinier.
"Chopper semblait tellement heureux, je pense qu'il n'a pas vu l'heure passer, sourit Robin en sirotant un verre sous les reflets du soleil couchant.
- Qu'ils se dépêchent, j'ai faim moi aussi", bougonna son amie.
- Nami-chérie, veux-tu un apéritif pour patienter?! lui proposa aussitôt le blond. J'ai d'excellents petits toasts que je peux réchauffer!
- S'il te plait, Sanji, approuva-t-elle avec un soupir. Et s'ils ne sont pas là d'ici vingt minutes, tant pis pour eux.
- A tes ordres!"
Le cuisinier fonça chercher les petits pains qu'il avait pris à la boulangerie en revenant du port et il finissait de les garnir de rillettes de poisson tout en empêchant Luffy de les lui subtiliser lorsqu'un cri épouvanté le fit sursauter.
Il se retourna et la vision d'horreur qui l'accueillit lui fit lâcher son couteau. Il vit alors son capitaine se précipiter vers son second qui tenait le corps ensanglanté de Chopper contre lui. Le sabreur portait son bandana et ses vêtements étaient maculés de sang eux aussi. Le temps que le blond ne le rejoigne à son tour, tout le monde s'était rassemblé autour d'eux.
"Oh, non, Chopper! s'affola Brook en découvrant son état.
- Ca va, tenta de les rassurer le petit renne malgré son visage couvert de sueur.
- Qu'est-ce qui s'est passé? demanda Sanji, inquiet.
- On verra ça plus tard, le coupa Nami. Chopper, où es-tu blessé?
- Une plaie au flanc droit d'une dizaine de centimètres causée par une lame sûrement empoisonnée, grimaça le médecin. J'ai des vertiges et des palpitations. Je ne pense pas que mes organes soient touchés et… je dois avoir ce qu'il faut sur le Sunny mais il va me manquer de l'algraé…
- Où est-ce qu'on peut en trouver? s'enquit immédiatement Luffy.
- S-Sur l'île.
- J'y vais! lui assura aussitôt son capitaine. Dis-moi à quoi ça ressemble!
- P-pas la peine, Luffy. C'est une fleur qui se referme la nuit, il faudra attendre demain matin sans quoi tu ne pourras pas la reconnaître... J'ai une photo dans mon livre…
- On ira chercher cette fleur demain, approuva Nami. En attendant, on va faire de notre mieux.
- Je vais chercher tes médicaments au Sunny! proposa Ussop.
- Je peux préparer de l'eau chaude pour les infusions! suggéra à son tour le squelette.
- Et moi je m'occupe de voir avec le patron pour avoir des linges propres, ajouta le cyborg.
- Parfait. Robin, emmenons-le dans l'auberge en attendant", conclut la navigatrice.
Les multiples mains de la jeune femme prirent délicatement la place des bras de l'escrimeur autour du renne et le dirigèrent à l'intérieur tandis qu'Ussop, Brook et Franky filaient vers leurs tâches respectives au pas de course.
Restés seuls, Luffy et Sanji se tournèrent vers le bretteur aussi immobile qu'une statue et qui n'avait pas décoché un mot depuis son arrivée.
"Zoro, qu'est-ce qui s'est passé? lui demanda son capitaine.
- Des voleurs. Ils ont voulu prendre mes sabres, répondit mécaniquement son second.
- Prendre tes sabres? s'étonna le cuisinier.
- J'avais de la boue partout et je les ai laissé à Chopper pour aller me rincer dans un cours d'eau. Trois types ont rappliqué et il a voulu les empêcher de partir avec. Le temps que je revienne, il n'y avait plus personne et j'ai découvert Chopper plus loin. Il était blessé.
- Pourquoi tu es dans cet état toi aussi? le pressa le blond en désignant son tee-shirt ensanglanté. Ils t'ont attaqué?
- Non. Ils avaient pris mon sabre et je suis allé le récupérer, continua le bretteur d'une voix atone. Le temps que je retrouve Chopper et que je revienne ici, il a perdu beaucoup de sang."
Le silence s'abattit sur les trois compagnons et Sanji n'osa imaginer combien de temps le sabreur avait dû tourner pour retrouver son chemin tandis que le petit renne s'affaiblissait dans ses bras...
"Où sont-ils? demanda soudain Luffy en fronçant les sourcils.
- Ils ont une planque un peu plus loin dans les collines. J'ai pas cherché à les poursuivre, j'ai juste récupéré mon sabre.
- Tu as bien fait, approuva le capitaine. Le plus important est d'aider Chopper mais demain, on ira s'occuper d'eux après avoir trouvé la fleur!"
A ces mots, Luffy se dirigea à son tour vers l'auberge et Sanji observa un peu plus longuement son compagnon d'un oeil méfiant. Il sentait qu'il n'était pas dans son état normal.
"Qu'est-ce qu'il y a? lui demanda-t-il comme le silence se prolongeait à nouveau.
- Rien."
Le sabreur allait se détourner mais le blond lui saisit le bras, plongeant son regard dans le sien.
"Zoro."
Le regard de l'escrimeur sous son bandana se durcit une seconde et il serra les dents avant de finalement détourner les yeux.
"Ils avaient pris le Wadô et Chopper m'a demandé d'aller le récupérer.
- C'est ce que tu as fait, approuva le cuisinier.
- Oui mais il pourrait mourir. J'aurais pas dû."
La main du cuisinier se resserra alors autour de son bras qu'il n'avait pas quitté.
"Si Chopper t'a dit d'y aller, il fallait que tu y ailles.
- J'ai perdu du temps.
- Chopper va s'en sortir, tête d'algue. C'est un excellent médecin, il sait ce qu'il fait."
Le sabreur secoua la tête, sortant doucement de la torpeur qui l'avait engourdi depuis des heures.
"J'ai besoin de faire un tour."
Sanji relâcha la pression de sa main et regarda le bretteur s'éloigner en bordure du jardin de l'auberge. Il soupira ensuite puis se dirigea vers le repas qui les attendait toujours pour le réchauffer.
"Zoro est dans un état pas possible, constata Nami en reposant sa fourchette.
- On dirait un lion en cage", approuva Ussop, mal à l'aise.
L'équipage s'était finalement réuni autour de la table et le repas s'était déroulé de manière beaucoup plus calme que prévu. Même Luffy qui continuait de dévorer les restes de crabe à belle dents était silencieux.
Chopper avait été installé dans la chambre des filles et elles avaient suivi ses instructions pour nettoyer sa plaie et préparer les premiers remèdes en attendant la potion du lendemain. De son côté, l'épéiste avait saisi deux de ses sabres et tranchait l'air sans discontinuer, refusant même de se joindre à eux pour manger.
"Il s'en veut pour Chopper, soupira Franky en aidant le cuisinier à rassembler les assiettes.
- Ses sabres sont également très précieux pour lui, il a dû craindre de ne plus jamais les retrouver", ajouta Brook.
Nami secoua la tête.
"Chopper n'est pas en danger d'après lui. Sa blessure est peu profonde et au vu de ses symptômes, il a réussi à déterminer le poison dans lequel la lame a été trempée. Il n'est pas mortel mais… il fait atrocement souffrir."
Ses amis baissèrent la tête à cette révélation.
"Notre médecin a préféré prolonger un peu sa souffrance plutôt que prendre le risque de voir son compagnon d'équipage perdre un bien inestimable, leur fit remarquer Robin. C'est un geste admirable mais culpabilisant.
- J'imagine bien que ça n'a pas dû être facile mais il n'empêche qu'il fait peur à tout le monde, grimaça Nami en voyant un couple contourner prudemment le bretteur pour rentrer dans l'auberge. Si ça continue, on va nous demander de partir et le Log-Pose n'est pas rechargé. Il faut qu'on reste en ville le temps que Chopper se rétablisse, c'est impératif.
- Ne t'inquiète pas, Nami-chérie, je vais aller lui parler dès que j'aurais fini", lui proposa alors Sanji en terminant de rassembler les couverts.
La jeune femme approuva d'un hochement de tête et chacun se dépêcha alors d'aider le blond à débarrasser.
Sanji observa longuement la silhouette nerveuse du sabreur tout en tirant une dernière fois sur sa cigarette. Celui-ci abattait ses lames en tous sens de manière de plus en plus anarchique autour de lui et il était temps qu'il intervienne. Il jeta donc son mégot et s'approcha d'un pas vif.
"Chopper a trouvé le poison qui l'a infecté, il n'est pas mortel."
Zoro ne répondit pas et envoya un nouveau coup de sabre trancher le vide face à lui.
"J'irai chercher cette fleur demain, gronda le bretteur.
- Si ça te fait plaisir."
Zoro redoubla de vigueur sur sa lame et Sanji fronça les sourcils.
"Pourquoi t'es toujours en colère, tête d'algue? s'impatienta-t-il. Tu as tes sabres et Chopper va s'en sortir, qu'est-ce que tu veux de plus? Si t'es frustré parce que t'as pas pu leur en coller une et que t'as besoin de te battre, j'suis tout disposé à t'en mettre une mais faut qu'on aille un peu plus loin. Tu fais peur aux clients et on a besoin de rester ici le temps que Chopper aille mieux."
Son compagnon demeura muet mais se figea brutalement, le regard toujours assombri par son bandana et le blond soupira. Zoro était dans un état second et il décida de changer de tactique. Il connaissait la force de son amant et là, il sentait qu'il pourrait y laisser des plumes.
"Vois-le bon côté des choses, Luffy ne va pas les laisser s'en tirer comme ça", tenta-t-il.
Loin de l'apaiser, à ces paroles les épaules de Zoro s'affaissèrent brusquement et son regard se fit lointain.
"Tout ça était inutile. J'aurais dû ramener Chopper tout de suite puisque de toute façon, j'ai perdu le Wadô."
Sanji se figea à son tour, retenant son souffle tout en cherchant sur le visage de l'escrimeur une explication logique à sa déclaration.
"Qu'est-ce que tu racontes?"
Zoro sortit doucement son sabre de son fourreau. Sa garde était toujours d'un blanc immaculé et sous l'éclat de la lune, il éblouit le cuisinier. Le sabreur lui désigna ensuite des fêlures tout le long de sa lame.
"Ces enfoirés voulaient le faire fondre pour récupérer le métal et le revendre au marché noir. Quand je suis arrivé, ils l'avaient coincé sur un tréteau et le faisait chauffer à blanc. Quelques minutes de plus et…"
Le regard du sabreur sous son bandana se voila et Sanji sentit un frisson involontaire remonter le long de sa colonne vertébrale.
"Je ne pourrai plus jamais combattre avec ce sabre."
Le cuisinier contempla les yeux vides du sabreur, sous le choc. Il comprenait mieux son attitude étrange à présent. Pourtant, il ne voulait pas accepter une telle fatalité et il se pencha pour examiner à nouveau l'épée, à la recherche de la moindre idée.
"Est-ce qu'on ne peut pas… Je ne sais pas, le réparer?
- Il faudrait y aller dès demain pour tenter de stopper le processus de destruction. La lame a été abîmée en profondeur et il peut se briser définitivement d'une minute à l'autre. Il faudrait quelqu'un qui s'y connaît et… je n'ai pas le temps. Chopper est plus important", répondit doucement le bretteur en couvant son sabre des yeux.
Le blond tenta de croiser son regard, inquiet, mais Zoro haussa mollement les épaules en se détournant.
"C'est pas si grave, reprit-il comme pour se convaincre. Je pensais que je battrais Mihawk avec cette épée mais je la garderai finalement en souvenir le plus longtemps possible. C'est mieux que de ne l'avoir jamais revue..."
La main du cuisinier agrippa alors brutalement la sienne.
"Zoro, confie-moi le Wadô. J'irais le porter à réparer si tu veux."
L'épéiste releva la tête vers son compagnon, surpris.
"Comment ça?
- Demain, tu iras chercher cette fleur et botter le cul de ces connards avec Luffy et moi, je m'occuperai de ton sabre. Qu'est-ce que tu en dis?"
L'escrimeur reporta son attention vers sa lame un instant, semblant chercher dans ses jeux de lumière la réponse à la demande de son compagnon.
"Je suis conscient de ne pas être un expert mais t'as ma parole que le type en prendra soin, insista Sanji, le regard déterminé. Je sais à quel point ce sabre compte pour toi."
A ces mots, l'épéiste plongea son regard dans le sien avant de fermer les yeux, acquiesçant imperceptiblement.
"Merci."
Le cuisinier hocha la tête et lui prit lentement son épée des mains avant de la faire glisser dans son fourreau avec un soin infini. Il attrapa ensuite son bandana et le lui retira doucement. Zoro se laissa faire mais son visage était redevenu inexpressif.
"Viens te coucher maintenant, lui souffla finalement le blond. Je vais nous trouver une chambre où on sera tranquille."
Lorsque Sanji et Zoro débarquèrent dans celle qui leur était réservée avec Ussop quelques minutes plus tard, ce dernier sursauta.
"Salut, les gars! C'est bien que tu sois revenu, Zoro! Même si t'as pas l'air… mieux, grimaça-t-il en remarquant son attitude fermée.
- Comment va Chopper? s'enquit le cuisinier en déposant l'épée qu'il tenait toujours sur le petit bureau de bois.
- Pour l'instant, il dort dans la chambre des filles, répondit son ami. Luffy, Brook et Franky sont dans celle d'à côté.
- D'accord. Tu devrais aller les rejoindre.
- Hein?"
Ussop considéra les deux hommes une seconde avant que Sanji ne désigne son compagnon du menton.
"Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, Zoro n'est pas dans son assiette ce soir alors ce serait préférable de lui laisser un peu d'espace si tu vois ce que je veux dire."
Le canonnier jeta un coup d'oeil au sabreur dont le regard toujours aussi sombre le fit reculer d'un pas.
"O-OK. Pas-pas de problème. Je vous laisse!"
Ussop se précipita vers la porte et la referma derrière lui, laissant le cuisinier ôter sa veste et montrer la porte de la salle de bain au bretteur.
"Prends une douche, ça te fera du bien.
- Hm."
Zoro se dirigea sans un mot de plus vers la petite pièce adjacente et s'y enferma. Sanji en profita alors pour aller lui chercher l'assiette qu'il lui avait mise de côté et il la déposa sur le bureau non loin de son sabre. Il poussa ensuite deux lits l'un contre l'autre pour en créer un plus grand avant de se laisser tomber dessus, pensif.
Il avait pris une sacrée responsabilité en promettant au sabreur de s'occuper de son épée mais il comptait bien réussir sa mission. Zoro était d'une loyauté sans faille vis à vis de ses compagnons d'équipage et il ferait tout pour que Chopper soit guéri au plus vite, même si cela signifiait perdre du temps pour porter le Wadô à réparer, et quitte à le laisser se détruire. S'il pouvait mettre toutes les chances de son côté, le cuisinier était prêt à le tenter sachant à quel point il tenait à son arme.
Zoro sortit de la salle de bain à ce moment-là, une simple serviette autour des hanches mais l'air toujours aussi fermé. Le blond lui indiqua alors son assiette qu'il attrapa sans un mot, l'engloutissant en quelques bouchées.
"T'es blessé, constata le cuisinier en avisant deux longues traces rouges le long de son dos. Je croyais que vous ne vous étiez pas battus?"
Le sabreur haussa les épaules et reposa son assiette vide.
"J'ai détruit leur bicoque, c'est tout."
Sanji se releva et fouilla une seconde dans son sac. Il en ressortit du désinfectant et une pommade puis fit signe à Zoro de se retourner mais celui-ci refusa.
"C'est rien.
- Tu veux prendre le risque que ça s'infecte? répliqua le blond.
J'en ai pas besoin.
- Je sais que je ne suis pas aussi doué que Chopper mais faudra bien que ça soit fait en attendant qu'il soit de nouveau sur pied!"
L'épéiste serra la mâchoire mais finit par se retourner et le cuisinier désinfecta les deux estafilades heureusement peu profondes avant d'étaler la crème cicatrisante le plus doucement possible. Lorsqu'il eut fini, il allait autoriser le sabreur tendu à s'échapper de son contact quand il posa doucement sa main dans le creux de ses reins.
"Tout n'est pas perdu, Zoro."
L'escrimeur ignora ses paroles et s'éloigna pour aller s'installer contre le rebord de la fenêtre, les yeux rivés vers la nuit. Sanji retint un soupir et enleva sa chemise et sa cravate avant de s'installer sur le lit. Il éteignit la lumière et tâcha de dormir un peu.
Lorsqu'il se réveilla une heure plus tard, Zoro n'avait pas bougé et avait toujours le regard perdu à l'extérieur. Le blond décida alors de se relever et vint se poster derrière lui, les ombres de la nuit jouant sur leurs peaux.
"Viens te coucher, tête d'algue..."
Il posa sa main sur son épaule gauche et fit un petit mouvement circulaire de ses doigts pour tenter de le relaxer. Comme le sabreur ne bougeait pas, il posa son autre main sur son épaule droite et accentua ses gestes.
"T'as besoin de te détendre…"
Le cuisinier poursuivit ses manipulations tandis que l'épéiste demeurait désespérément immobile et silencieux mais au moins, il ne le repoussait pas. Au fur et à mesure, Sanji ne se rendit pas compte que ses mouvements devenaient plus lents et plus doux, s'attardant même au niveau du torse et du ventre de son compagnon. Quand il sentit enfin les muscles tendus se relâcher sous ses doigts, il se colla contre son dos et déposa de petits baisers sur sa nuque. Zoro commença à frissonner mais il ne bougea pas pour autant et le blond descendit vers ses épaules tout en accentuant ses caresses au niveau de son ventre.
Enfin, le sabreur se retourna vers lui et le contempla un moment en silence. Le cuisinier reprenait doucement son souffle, envisageant de se jeter sur les lèvres de son amant mais préférant le laisser maître de la suite des événements pour ce soir.
Heureusement pour lui, une seconde plus tard, Zoro l'attira brutalement contre son torse et l'embrassa violemment, plaquant très vite son corps tout entier contre le sien. En un temps record, il se débarrassa de leurs derniers vêtements et poussa le blond sur le lit, l'emprisonnant immédiatement sous lui.
Sanji ne songea pas à lui reprocher son comportement brusque comme il l'aurait probablement fait en d'autres circonstances. Au contraire, il se rapprocha du sabreur de lui-même et l'invita à prendre la main sur la suite, heureux de le voir enfin réagir. Pourtant, Zoro s'immobilisa à nouveau rapidement, le regard lointain, et Sanji ravala son irrésistible envie de poursuivre leur corps à corps. A la place, il attira son compagnon contre lui d'une simple pression sur l'épaule pour l'inviter à se laisser aller. Zoro sembla alors reprendre conscience de leurs positions et tenta de poursuivre où il s'était arrêté mais Sanji le stoppa.
"C'est pas le moment, tête d'algue. Repose-toi.
- J'en ai envie, protesta-t-il.
- Ton corps peut-être mais pas ta tête", lui expliqua patiemment le blond.
Le bretteur le dévisagea un instant avant de se laisser tomber à côté de lui, vaincu, et de soupirer longuement, les yeux rivés au plafond.
Sanji hésita sur la conduite à tenir. Zoro n'avait certainement pas envie de parler le connaissant mais il voulait tout de même lui prouver qu'il le soutenait à sa manière. Finalement, il repoussa le sabreur jusqu'à ce qu'il lui tourne le dos et s'enroula derrière lui, se calant agréablement contre sa peau chaude. Il remonta ensuite le drap sur eux et déposa un baiser sur sa nuque avant de fermer les yeux. Si l'escrimeur avait trouvé le procédé étrange, il n'avait pas protesté et le cuisinier resserra ses bras autour de son corps, espérant qu'ils trouveraient tous deux le sommeil cette nuit.
Beaucoup de choses dans ce chapitre…
J'espère qu'il n'était pas trop lourd.
La suite la semaine prochaine :)
