Merci à Luma-az, Racx4400, Wado21, deryous50, Mikashita98, Akilie, Elowlie, Lijovanchan, Laacy et MiaoiFuki pour vos reviews.
Bonne lecture.
Réponse aux reviews anonymes:
Laacy: J'en reviens pas de la vitesse à laquelle tu as lu! Et je te remercie sincèrement d'avoir pris le temps de me donner ton avis si régulièrement car ça m'a permis de voir l'évolution de tes attentes et de ton avis. Le réalisme est ma principale préoccupation alors je suis ravie si tu retrouves tes personnages préférés ici! Tu ne m'as pas dit ce que tu pensais de l'évolution du couple Nami/Luffy finalement? Comme tu ne l'aimes pas trop de base, je me demande ce que tu en as pensé. Tu as vu, j'enchaine les hauts et les bas, mais c'est pour mieux les faire évoluer! Un grand merci en tout cas et j'espère que les quelques chapitres qui restent te plairont tout autant.
Chapitre 66
Une question de douceur
"On expire doucement et on se redresse."
Sanji, Brook, Ussop et Luffy plièrent les genoux tout en relevant les bras pour se remettre debout dans leur position initiale.
"Maintenant, on va étirer la colonne, reprit le petit renne. Levez vos bras vers le ciel et mettez-vous sur la pointe des pieds. Ensuite, rejetez vos bras en arrière afin d'assouplir votre dos."
A nouveau, les quatre amis s'exécutèrent et Chopper observa leurs mouvements d'un oeil critique pendant qu'il déambulait entre eux sur le pont du Sunny.
"Attention à ton équilibre, Brook. Contracte tes abdominaux."
- Mes muscles abdominaux ont disparu depuis longtemps, se désola le squelette en tentant de ne pas bouger.
- Oh, c'est vrai, se rappela le médecin, embêté. Eh bien… fais comme tu peux."
Il passa ensuite vers le tireur d'élite qui se concentrait tellement qu'il en oubliait de respirer.
"Prends de grandes inspirations ou tu vas augmenter ta pression artérielle, Ussop."
Le canonnier souffla doucement mais ne relâcha pas son effort, attentif aux consignes.
"Regarde ce que je peux faire, Chopper!"
Le garçon au chapeau de paille étira ses bras jusqu'au sol et plia son dos en deux à l'envers, un large sourire aux lèvres.
"Luffy, ce n'est pas du yoga si tu utilises ton fruit du démon, lui reprocha le renne. Prends exemple sur Sanji, il a une très belle posture."
Le blond à ses côtés se tenait en effet parfaitement stable, sa respiration ample et régulière, et le capitaine tenta de réellement l'imiter cette fois.
"Très bien, on va passer à l'étirement des épaules", décida Chopper au bout d'une minute.
Un peu plus loin derrière eux, Franky se massa la nuque.
"Je me suis vraiment fait mal, maugréa-t-il. Ca passe pas...
- Quelle idée de faire du yoga alors que t'es à moitié en ferraille, grinça Zoro qui somnolait contre le mât à quelques pas.
- Je voulais participer, se renfrogna le cyborg.
- Zoro a raison, c'était stupide, trancha Nami sur son transat tandis qu'elle observait sa carte.
- Je suis sûre que notre médecin pourra te proposer un remède si tu lui en parles", suggéra Robin en buvant son thé sur son propre transat.
- Je sais pas, on dirait que je suis rouillé, soupira Franky.
- Si tu as besoin de te détendre, je peux te faire d'excellents massages, ajouta l'archéologue.
- Avec tous tes bras, ça doit être sensass! s'enthousiasma le charpentier.
- Absolument.
- J'ai hâte de voir tes talents!
- Avec plaisir."
Zoro ouvrit un oeil étonné devant la tournure de la discussion et il croisa le regard tout aussi surpris de Nami. Finalement, il secoua la tête et tenta d'oublier la conversation de ses amis en laissant ses propres pensées l'envelopper.
Depuis dix jours que l'équipage avait repris la mer, Chopper avait autorisé le cuisinier à se lever de plus en plus. Pour l'aider à dissiper ses douleurs et pour solliciter ses muscles le plus progressivement possible, il lui proposait désormais chaque matin plusieurs exercices de yoga. Une partie de ses amis s'était rapidement pris au jeu et avait voulu participer, ce que Chopper avait naturellement encouragé jusqu'à ce que Franky ne se blesse trois jours auparavant. Il avait alors rejoint Nami, Robin et Zoro pendant les entraînements quotidiens du reste de l'équipage.
Le sabreur observa d'un oeil distrait la silhouette du cuisinier qui exécutait cette fois des torsions croisées. Chopper vérifiait qu'il ne se baissait pas trop brutalement afin de stimuler ses vertèbres lentement et le blond s'appliquait consciencieusement à reproduire des gestes doux et harmonieux.
Zoro savait que le cuisinier mettait toute son énergie à récupérer. Dès qu'il avait pu, il avait ainsi repris possession de toutes ses activités. Le premier jour avait été vraiment éprouvant pour parvenir à tenir le rythme malgré la fragilité de son dos et lorsque le bretteur l'avait rejoint dans leur chambre à la nuit tombée, il s'était demandé si informer Chopper de l'état de son compagnon ne serait pas mieux au vu de son épuisement. Cependant, il avait vu à cet instant dans le regard du blond une demande muette qu'il n'avait pas pu ignorer. Sa culpabilité l'avait fait hésiter une seconde puis il s'était rappelé que Sanji ne s'était jamais mis en travers de son chemin pour l'obliger à se reposer. Le cuisinier avait souvent protesté et lui avait même parfois reproché vertement son attitude mais il n'avait jamais fait davantage. Il le laissait toujours avoir le dernier mot.
Alors Zoro avait fait de même ce soir-là. Il l'avait laissé s'endormir contre lui sans un mot et le lendemain matin lorsqu'il s'était réveillé, le blond avait déjà filé préparer le petit déjeuner. La journée avait été un moins rude pour lui et les jours suivants s'étaient déroulés de mieux en mieux.
La seule incertitude du sabreur à présent concernait l'évolution de leurs relations physiques. En effet, depuis qu'il avait attaqué sans le vouloir son compagnon, ils n'avaient rien entrepris de trop poussé. Pourtant, il ne pouvait pas dire que Sanji évitait délibérément cet aspect. Ainsi, avant d'être autorisé à regagner sa propre chambre, le blond l'avait entraîné dans l'infirmerie sur le matelas d'eau et les deux amants avaient commencé à s'amuser jusqu'à ce que Zoro ne s'appuie plus franchement sur le lit. Le poids combiné de leurs deux corps avait alors percé le matelas et ils s'étaient retrouvés mouillés, douchant instantanément leur désir. Le cuisinier avait ensuite dû trouver un prétexte à Chopper pour justifier l'état de l'infirmerie le lendemain…
Le jour suivant, Sanji avait été autorisé à davantage se relever et ensuite, tous ses efforts s'étaient concentrés sur son rétablissement, le laissant trop fatigué dès qu'il regagnait enfin sa chambre.
Zoro ne s'en plaignait pas mais voyant le cuisinier retrouver la santé, il ne pouvait s'empêcher d'avoir un léger doute. Sanji se montrait étonnamment conciliant à son égard, ne cherchant pas à pousser leurs échanges ou même à réclamer de prendre le dessus suite à sa dernière blessure. Etant donné les circonstances, le bretteur n'était pas sûr de pouvoir le lui refuser mais il n'en faisait rien.
Alors il se réjouissait de cette situation tout en s'interrogeant néanmoins sur ses implications. Le blond avait-il une quelconque appréhension le concernant depuis l'incident du démon? Il lui avait assuré avoir mis de côté son agression mais l'avait-il réellement dépassée? Avait-elle déclenchée un changement en lui quant à son désir pour l'escrimeur?
Zoro soupira avant de fermer les yeux à nouveau dans l'espoir de se reposer. A ses côtés, il entendait l'échange paisible de ses trois amis et il se laissa emporter par le roulis du Sunny. Il se posait trop de questions et ça ne lui ressemblait pas.
Le sabreur observa sans un mot le cuisinier reprendre son souffle dans ses bras au-dessous de lui au milieu des ombres de la nuit filtrant par la fenêtre de leur chambre. Il relâcha sa main autour du membre de son amant et celui-ci soupira. Il se redressa ensuite pour s'essuyer et constata que le sommeil menaçait de prendre possession de son compagnon. Lui-même avait la respiration haletante devant le spectacle que lui avait offert son amant mais contrairement à lui, son désir était toujours aussi évident. Pourtant, ce n'est pas ce qui le préoccupait et il soupira intérieurement.
Lorsqu'il était venu chercher de quoi boire ce soir, le cuisinier finissait la vaisselle et tandis qu'il lui servait un verre, il n'avait pas manqué l'oeil pétillant du blond sur lui. Se sentant définitivement sur la même longueur d'onde, il avait décidé de reporter la fin de son entrainement à plus tard et le cuisinier n'avait pas tardé à l'emmener vers leur chambre. Et là, alors que l'escrimeur pensait le voir prendre le contrôle tandis qu'il s'était laissé basculer sur le lit, Sanji l'avait une fois de plus laissé prendre les choses en main. Presque déçu, l'épéiste n'en avait pas moins fait de son mieux pour le contenter mais ses questionnements revenaient maintenant le perturber et il voulait en avoir le coeur net.
"Qu'est-ce qui t'arrives, cuistot de malheur?" lui lança-t-il alors en contemplant gravement sa silhouette assombrie.
Le blond lui jeta un regard étonné en retour.
"T'as l'air... ailleurs, tenta de préciser le sabreur.
- T'as l'impression que j'étais où là, à ton avis?" répondit le cuisinier en esquissant un sourire.
Zoro secoua la tête et déposa son mouchoir sur sa table de chevet. Il se rallongea ensuite sur le côté et se redressa sur un bras pour mieux l'observer.
"Sérieusement. T'as même pas résisté tout à l'heure et… les autres fois non plus. Depuis… tu sais quoi."
Face à lui, Sanji fronça les sourcils et se tourna un peu plus vers lui à son tour.
"Qu'est-ce que tu veux dire?
- Ca te ressemble pas de lâcher l'affaire, pointa le bretteur. Alors je me demandais… Peut-être que ça a changé des choses pour toi finalement…"
Surpris par ses propos, le cuisinier dévisagea une seconde son compagnon avant de secouer la tête, un sourire aux lèvres.
"Ca n'a rien à voir, promis."
Il se rapprocha alors de l'épéiste et le fit rouler sur le dos pour s'installer au-dessus de lui. Déposant sa tête sur son torse, il ferma les yeux.
"Alors quoi?" insista l'escrimeur.
Sanji bougea mollement contre son peau.
"Je veux y aller doucement, c'est tout.
- Tu as mal? s'enquit le sabreur en fronçant les sourcils.
- Non. Enfin, oui mais je pense que ça irait si on faisait attention."
Zoro demeura silencieux mais le blond sentit son incompréhension.
"Je ne veux pas te forcer, tête d'algue, fit-il finalement tandis que ses doigts jouait sur ses hanches.
- Me forcer? Moi?"
Le bretteur s'était légèrement redressé sous le coup de la surprise et Sanji fut obligé de se relever un peu à son tour.
"Oui, toi. C'est toi le plus sensible de nous deux, tu sais."
Comme Zoro le dévisageait toujours, le cuisinier eut un petit rire et déposa un baiser sonore sur son épaule avant de se laisser retomber à sa place sur le matelas.
"Réfléchis, lui expliqua-t-il, un petit air supérieur au coin des lèvres. Si on le faisait tout de suite, il faudrait y aller doucement et être doux avec quelqu'un, c'est lui transmettre ce qu'on ressent. T'es pas prêt pour ça et c'est exactement pour cette raison que t'as paniqué la dernière fois. Alors j'attends, je suis pas pressé. Dès que je serai davantage rétabli, on n'aura pas à prendre autant de précaution."
A ces mots, Zoro se figea, incrédule. Alors si Sanji le laissait diriger depuis des jours, ce n'était pas pour se protéger mais pour le préserver, lui? Il repensa alors à l'intensité de leurs ébats juste avant qu'il ne ressente le besoin de se mettre en retrait ainsi qu'au premier baiser qu'ils avaient échangé après leur réconciliation. A la tornade que le cuisinier avait déclenché en lui à chaque fois par ses gestes et ses regards. La douceur était-elle une facette de leur relation leur permettant d'exprimer sans mot l'étendue de leurs sentiments?
Il s'agissait effectivement de moments pendant lesquels il s'était senti vulnérable et dont il avait voulu se protéger. Encore une fois à cet instant, son corps s'était exprimé sans qu'il n'en est conscience, comme lorsqu'il avait fait passer à Sanji son envie de s'investir dans leur relation sans qu'il ne s'en aperçoive. Pourtant aujourd'hui, la situation était différente. Il avait conscience de ce par quoi il était passé et il acceptait ce qu'il ressentait. Il lui restait simplement à s'autoriser à l'exprimer. Il ne perdait ainsi pas de vue sa volonté de maîtriser chaque parcelle de son être afin d'être à la hauteur de son rêve et de la promesse qu'il avait faite au cuisinier.
"Je veux essayer."
Perdant son petit sourire, Sanji le dévisagea avec étonnement.
"Comment ça?
- Je veux le faire, je veux faire ça… doucement."
Le blond fronça alors les sourcils.
"Ne prends pas ça comme un défi, tête d'algue. Il faut que tu sois prêt sinon ça ne marchera pas.
- Je suis prêt, protesta le sabreur. C'est juste… Je sais pas comment faire…"
Le cuisinier se redressa en position assise et étudia un instant ses traits contrariés avant de hocher la tête.
"Si tu es sûr de toi, j'ai une idée. Tu te souviens que tu voulais que je t'apprenne à apprivoiser tes sentiments?"
Zoro acquiesça en plongeant son regard dans le sien et Sanji sentit un frisson remonter le long de sa colonne vertébrale.
"D'accord alors… Comme tu as l'habitude de faire confiance à ton corps, je voudrais que tu te concentres uniquement sur les ressentis et les émotions que je vais faire passer à ton corps. De cette manière, je pourrais diriger et aller à mon rythme sans que tu n'aies à craindre d'y aller trop fort et je pense que ce serait un bon début...
- Comment tu vas faire?" s'étonna le sabreur en se redressant sur ses avants bras.
- Eh bien… Prendre son temps permet de faire passer d'autres sensations que le plaisir brut lié à l'acte. Des sensations davantage liées à ce que l'on ressent selon ce que l'autre veut transmettre, lui expliqua le cuisinier en espérant ne pas rougir.
- Ce qu'on ressent…"
Sanji hocha la tête pour échapper une seconde au regard intense du bretteur avant de reprendre la parole sérieusement.
"Ne brûle pas d'étape. Repère seulement ce que je veux te transmettre, ce sera suffisant. Ensuite, si tu te sens prêt, la prochaine fois tu essayeras à ton tour..."
Le sabreur acquiesça lentement et Sanji sentit brutalement son coeur accélérer dans sa poitrine.
"OK. Une dernière chose alors…"
Il se pencha vers le bord du lit et chercha à tâtons par terre quelque chose avant de se redresser, le bandana de l'escrimeur en main. Ce dernier se tendit instinctivement à sa vue mais son compagnon secoua la tête.
"Je vais pas t'attacher, t'es loin d'être prêt pour ça. Mais si tu es d'accord, je voudrais que tu aies les yeux bandés. Ca t'obligera à ne penser qu'aux sensations que je te donne et… ce sera plus facile aussi pour moi."
Devant le regard presque embarrassé de son amant, le sabreur ne put qu'acquiescer. C'était après tout une bonne idée. Il était habitué à laisser son corps s'exprimer et l'idée de se priver d'un sens pour en affuter un autre lui plaisait.
Il se redressa ensuite pour être à sa hauteur et ferma les yeux, lui donnant l'autorisation de commencer. Sanji plaça le morceau de tissu tout en tentant de maîtriser ses gestes tremblants sous le coup de l'émotion. Il l'attacha derrière sa tête et observa son compagnon un instant. Zoro comptait sur lui ce soir alors il n'avait pas le droit à l'erreur. Le cuisinier s'avança alors lentement et embrassa tendrement ses lèvres.
"Tu es prêt?" lui souffla-t-il.
Comme le sabreur approuvait, il déposa soudain ses mains sur ses épaules.
"Si c'est trop pour toi, dis-le-moi. Je ne veux pas retourner en arrière…"
Le bretteur secoua fermement la tête et attrapa sa nuque pour placer son front contre le sien, lui signifiant ainsi la sincérité de ses paroles malgré l'absence de son regard.
"Je te le dirai."
Comme la main de l'escrimeur se relâchait, Sanji expira doucement pour se détendre à son tour. L'excitation et l'appréhension mêlées l'envahissaient mais il avait envie de guider le bretteur, de lui faire prendre conscience de l'étendue des possibilités qu'ils pouvaient encore vivre ensemble. Il allait traduire ce qu'il ressentait pour lui sous forme de caresses et de baisers. Il avait en réalité tellement de choses à lui dire qui ne franchiraient probablement jamais la frontière de ses lèvres. Et pourtant ce soir, il pouvait s'exprimer totalement. C'était une occasion inespérée bien que légèrement angoissante au vu de ce qu'il s'apprêtait à livrer de lui-même.
Sanji repoussa doucement son compagnons afin qu'il se rallonge et il s'installa sur ses hanches. Les muscles du sabreur étaient contractés sous sa peau et sa respiration tendue. Il devait probablement tenter d'anticiper ses gestes et leurs sens. Le blond décida alors de ne pas le faire attendre davantage et il déposa ses lèvres sur son front pour le remercier. Le remercier de sa confiance et de son attitude des derniers jours à son égard, de sa prévenance mais aussi de sa présence malgré la culpabilité qu'il ressentait toujours au fond de lui.
Zoro demeura parfaitement immobile et le cuisinier descendit vers le creux de son cou. Ici, l'odeur de l'escrimeur le submergeait et la vie tressaillait sous sa langue là où sa veine palpitait. C'était peut-être l'endroit de son corps qu'il préférait. Celui qui lui rappelait le plus l'essence même de son compagnon. Ses lèvres tremblèrent contre sa peau fine et il ferma les yeux. Il savait que Zoro ne pouvait pas le voir mais ses pensées avaient une telle force qu'il craignait que le sabreur ne les entende.
Lorsqu'il se redressa quelques minutes plus tard, le souffle du bretteur s'était relâché et alourdi, et Sanji suivit lentement la ligne de sa cicatrice qui lui barrait le torse en diagonale du bout de la langue. Le sabreur frémit et le cuisinier y fit glisser sa bouche plus lentement encore. Il ne savait pas exactement ce que Zoro ressentait à cet endroit et peut-être sa peau blessée était-elle toujours douloureuse. Il embrassa pourtant intensément chaque parcelle de son corps abîmé. Cette cicatrice était un souvenir immuable de l'engagement de Zoro envers son rêve et en cela, il la chérissait. Il avait toujours admiré sa détermination et sa ténacité et même si sa blessure avait failli lui coûter la vie, sa cicatrice lui prouverait toujours que Zoro était bel et bien en vie. Et en cela, il la révérait plus encore.
L'escrimeur bougea lorsque la langue de son compagnon atteignit son nombril et le cuisinier se prit à sourire contre sa peau chaude. Zoro était sensible. Bien plus qu'il n'aurait voulu l'admettre. Il fit ensuite jouer ses mains le long des hanches de l'épéiste, caressant et massant les contours de sa taille de plus en plus fébrilement malgré lui. Il voulait que le sabreur ressente ce que lui-même éprouvait pour lui mais cet état réveillait également son désir.
Le corps de Zoro était une montagne de muscles ciselée à la perfection à ses yeux. Idéal pour ses mains lorsqu'il les déposait dans le creux de ses reins, fabuleux pour ses lèvres lorsqu'il l'embrassait et idyllique pour son propre corps lorsque l'escrimeur se fondait dans le sien.
Soudain, le bretteur avala bruyamment sa salive, le souffle entrecoupé, et Sanji en ressentit un violent frisson. Il remonta brutalement vers sa bouche et s'empara de ses lèvres, réclamant au sabreur tout ce qu'il pourrait lui donner : sa passion, son désir, sa chaleur. Et même son amour s'il le souhaitait aussi.
Zoro plaqua alors brutalement ses mains sur sa taille, faisant entrer en contact leurs entrejambes, et le blond gémit en se mordant les lèvres. Il ne voulait pas brusquer son partenaire mais...
"Z-Zoro…
- Je vais bien. Continue…"
Sanji embrassa à nouveau les lèvres entrouvertes de son amant avant de souffler profondément. Il devait se calmer et continuer à faire profiter le sabreur. Il se décolla du corps chaud sous le sien et frissonna. Il s'empara ensuite du membre de l'escrimeur et commença à y imprimer de lents va-et-vient tout en dévorant son cou. Il entendit la respiration de Zoro s'alourdir encore et il releva la tête, profitant de son masque pour l'observer tout à loisir. Comme il aimait savoir le bretteur au bord de l'extase sous ses doigts. Il ne se lassait pas de voir le grand manieur de sabres perdre son souffle sous ses caresses.
L'une des mains de l'épéiste se referma bientôt sur la sienne pour lui faire prendre de la vitesse et le cuisinier le laissa faire un instant, s'abreuvant de l'image érotique que lui renvoyait ainsi son compagnon. Finalement cependant, il enroula ses doigts aux siens pour retirer leurs mains et le bretteur soupira doucement. Le blond en profita pour embrasser un à un les doigts du sabreur qui se figea brutalement à cette attention. Sanji sentait ses joues le brûler mais le fait de savoir que Zoro ne pouvait pas le regarder le libérait. Il observait souvent les mains du sabreur. Elles lui étaient aussi précieuses que les siennes pour cuisiner et il était souvent fasciné par leur dextérité à manier ses épées.
Lorsqu'il relâcha sa main, le bretteur la laissa glisser le long du corps de son amant et s'arrêter sur son ventre qu'il caressa légèrement. Sanji se redressa ensuite pour se glisser entre ses jambes et tandis qu'il reprenait le membre de son amant en main, il y fit également glisser sa langue lentement. Pour une fois, le cuisinier ne cherchait pas à lui faire perdre le contrôle, il voulait simplement lui donner un plaisir unique en lui faisant partager son propre désir. Il poursuivit donc un moment l'association langoureuse de sa bouche et de sa main, s'enivrant des soupirs de bien-être et des gémissements rauques de son amant.
Pourtant au bout d'un moment, il sentit la respiration du sabreur s'accélérer et ses hanches se soulever au rythme de ses caresses. Ses mouvements délibérément ralentis semblaient lui être aussi savoureux qu'insupportables et le cuisinier redoubla de lenteur, approfondissant encore ses gestes en le caressant du bout des doigts.
"J'peux plus", souffla soudain Zoro d'une voix éraillée en se redressant pour saisir le cuisinier dans ses bras afin de l'embrasser fiévreusement.
Le blond lui rendit son baiser, souriant contre ses lèvres.
"J'en ai pas fini avec toi, tête d'algue, répondit-il contre sa bouche. Assieds-toi."
L'escrimeur se redressa tant bien que mal et appuya son dos contre le mur tandis que le cuisinier s'agenouillait autour de lui.
"Je t'attends, cuistot", murmura-t-il alors en l'attirant contre lui.
En réponse, Sanji fit jouer sa langue contre son oreille, faisant tinter au passage ses trois boucles avant de remuer lentement ses hanches contre celles de son compagnon. Celui-ci se tendit et tenta de le rapprocher plus encore mais Sanji se détacha alors pour observer le visage de l'escrimeur à quelques centimètres du sien. Zoro tentait de contenir son souffle trop rapide et la sueur commençait à s'accumulait sur son front et autour de son bandana. Sanji passa alors sa main droite dans ses cheveux humides avant de la faire glisser jusqu'à sa joue. L'épéiste s'immobilisa à nouveau, dans l'attente de son prochain geste, et le blond observa seulement leurs deux corps réunis ainsi que le torse puissant de son amant qui prenait de grandes inspirations. Il se pencha ensuite vers ses lèvres et ferma les yeux, utilisant son autre main derrière sa nuque pour le guider vers lui.
Leurs langues se rencontrèrent avec impatience, l'intensité de leur contact brouillant leurs autres perceptions. A cet instant, Sanji lâcha prise. Il voulait dire au sabreur à quel point il ne connaissait pas de sensation plus exquise, à quel point il souhaitait qu'il la ressente lui aussi dans ses bras. Sa langue chercha la sienne pour mieux venir s'enrouler contre elle, lui transmettant sa frénésie et son ravissement à ce simple touché. Le corps du sabreur était son territoire et sa bouche en était le droit d'entrée alors il confiait à son compagnon toutes ses exigences et ses attentes lorsqu'ils s'embrassaient. Tous ses espoirs.
Le sabreur accentua lui aussi leur baiser en remontant ses propres mains dans le dos du cuisinier et le mouvement incita inconsciemment Sanji à soulever à nouveau ses hanches. Zoro étouffa un grognement sourd contre sa bouche et ils se séparèrent finalement hors d'haleine.
"Ca suffit les préliminaires, cuistot. Si tu continues comme ça, j'vais pas pouvoir me retenir plus longtemps..."
Sanji eut un sourire et s'étira pour attraper leur petite bouteille de gel.
"Dans ce cas, ça va être à toi de jouer", susurra-t-il au sabreur.
Il se souleva un peu et en versa largement dans sa main avant d'en enduire le membre palpitant de l'escrimeur.
"C'est pas risqué? lui demanda ce dernier en le sentant faire.
- Non, je vais y aller doucement."
Zoro hocha la tête et le blond s'abaissa progressivement sur lui. Pour autant, il dut s'arrêter rapidement et le bretteur chercha son membre pour le détendre, les muscles des bras frémissant sous la pression qu'il devait ressentir. Sanji bougea malgré lui à son geste et il resserra la prise de ses jambes autour de son compagnon, faisant naturellement accélérer les mouvements du bretteur. Il s'abaissa davantage et ôta finalement la main du sabreur sur son corps. S'il se perdait trop vite dans la jouissance, il ne parviendrait pas à faire passer à son compagnon tout ce qu'il voulait.
Soulevant doucement ses hanches, le cuisinier sentit le souffle de Zoro se couper tandis qu'il entamait de puissants va-et-vient sur son membre. Chaque fois qu'il retombait lentement, il s'autorisait à aller un peu plus loin, s'assurant que son dos n'en souffrait pas mais aussi et surtout que Zoro ressentait longuement chaque mouvement de sa part. D'ailleurs à ce niveau-là, les mains du sabreur se crispèrent promptement autour de sa taille, tremblant et enfonçant ses doigts dans sa peau comme pour mieux se rattacher encore à la réalité.
Sanji étouffa un gémissement lorsqu'il retomba entièrement sur le sexe du sabreur et contre lui, le corps de l'épéiste tressaillit. Il se força alors à s'arrêter, prenant pleinement conscience du membre pleinement en lui et des muscles tendus à l'extrême sous la peau de son amant.
Après quelques instants, il se remit lentement à bouger et posa ses mains sur le mur de chaque côté de la tête du sabreur pour y prendre appui. La puissance de ses cuisses le soulevait sans effort et il s'abandonna dans la contemplation du sabreur sous lui. Son ventre contracté, ses pectoraux luisant de sueur, sa bouche entrouverte à la recherche d'air mais contenant tout de même ses gémissements. Sanji enroula alors totalement ses jambes autour de la taille du sabreur et accentua ainsi le roulement de ses hanches lorsque le sabreur fit glisser ses mains au bas de son dos. L'escrimeur se mordit les lèvres sous le plaisir des frictions de leurs corps l'un contre l'autre et le blond plongea vers son cou, se sentant aspiré par la jouissance à son tour. Dans peu de temps, il ne pourrait plus cantonner ses mouvements à ce rythme langoureux.
Zoro laissa retomber sa tête contre le mur et Sanji trembla. Il se sentait tellement bien entre les bras du sabreur qui se refermaient convulsivement autour de lui. Il savourait le frottement délicieux de son membre contre son ventre et la respiration de Zoro dans son cou. Il attrapa alors le visage de l'escrimeur entre ses mains et déposa brusquement ses lèvres sur les siennes, la respiration haletante. C'est ainsi qu'il voulait amener le sabreur à l'orgasme. Dans ses bras, sous ses hanches et au milieu d'un baiser qui lui couperait le souffle. Un baiser durant lequel sa langue domina entièrement celle du bretteur et qui l'envahit sous une avalanche de sensation. Un baiser qui s'alimentait du feu de la passion qu'ils avaient l'un pour l'autre.
Le bretteur remonta alors ses propres mains et plaqua le visage du blond plus près encore, ses lèvres désormais tremblantes contre les siennes. Sanji augmenta l'allure de son bassin et Zoro se fondit dans ses bras tandis que la jouissance le rattrapait enfin. Il agrippa férocement son compagnon contre lui et le blond avala son gémissement ultime. Sentant le corps du sabreur se contracter sous le sien, Sanji attrapa son propre membre et l'orgasme le rattrapa quelques secondes plus tard.
Zoro se réveilla seul le lendemain matin. Il n'avait aucune idée de l'heure et il n'avait même pas entendu le cuisinier s'en aller. Il se souleva un peu, tendant l'oreille. Il était peut-être encore tôt car il n'entendait aucun bruit sur le bateau. Se rallongeant tranquillement, il se remémora les évènements de la veille.
Il s'était bien attendu à quelque chose d'intense et de déstabilisant mais pas à ce qu'il avait vécu. Il avait littéralement cru exploser au fur et à mesure que Sanji le touchait et il avait dû faire un réel effort pour ne pas renverser le blond sur le matelas pour le posséder violemment. Etonnamment, ce n'était pas seulement la crainte de lui faire mal qui l'avait arrêté mais aussi et surtout la découverte surprenante du plaisir qu'il retirait à l'idée d'être un tel objet de désir pour son compagnon. De désir et d'adoration. Il connaissait la faim dévorante que pouvait ressentir le blond à son égard mais jamais encore il n'avait connu de gestes si tendres et voluptueux. C'était une douceur exquise qui l'avait enveloppé, le déposant dans une oasis de quiétude et d'ivresse où chaque caresse lui rappelait à quel point son corps était chéri, où chaque baiser lui chantait l'attachement que son compagnon lui portait.
Alors il lui avait abandonné le pouvoir bien volontiers, étourdi d'être l'objet de tant d'attentions. L'orgasme avait été dévastateur et l'avait laissé haletant un bon moment. Il avait ensuite voulu dire quelque chose au blond qui reprenait son souffle à quelques centimètres de sa bouche mais rien d'adéquat ne lui était venu et il était resté empli d'émotions indéfinissables.
"Debout, tête d'algue!" fit soudain Sanji en pénétrant dans la chambre.
Zoro rouvrit les yeux, émergeant doucement de sa rêverie pour voir le cuisinier déposer un plateau devant lui. Il se redressa alors, alléché mais intrigué.
"Depuis quand j'ai droit à un petit-déjeuner au lit?
- Depuis qu'on va bientôt déjeuner.
- Il est quelle heure?
- Onze heures passée.
- Merde!
- Ouais, t'avais du sommeil à rattraper on dirait, plaisanta le blond. Nami a proposé que tu sautes le repas mais moi, je sais ce que t'as fait hier et je sais que t'as besoin de reprendre des forces.
- Tu m'étonnes."
La sabreur commença à engloutir son repas avec appétit avant de finalement relever précautionneusement la tête vers le cuisinier qui s'était assis sur le lit non loin de lui.
"A propos d'hier…"
Le blond tourna son regard vers lui, attentif. ll ne regrettait pas de s'être dévoilé au sabreur comme il l'avait fait la veille mais il espérait simplement que celui-ci ne serait pas trop effrayé par la profondeur de ses sentiments. Car il en était bien conscient, même s'il n'avait pas dit un mot, il s'était exprimé très clairement.
"C'était… intéressant, reprit l'escrimeur après un instant de silence.
- Intéressant?"
Sanji fronça les sourcils et Zoro hocha la tête.
"C'était intéressant et… intense.
- Trop intense?
- Non, juste intense. Je m'y attendais pas mais… c'était bien."
Le cuisinier le contempla quelques secondes avant de se relever, un sourire indulgent au coin des lèvres. Zoro tentait encore probablement d'analyser tout ce qu'ils avaient vécu en termes de connaissances de lui-même et l'important demeurait qu'il n'avait pas fui ni ne s'était senti trop envahi par l'expression de ses sentiments. Ils progressaient.
"Ne traîne pas trop, tête d'algue. Je ferai plus d'exception pour toi", fit-il en prenant finalement la porte.
Le sabreur approuva distraitement et le regarda s'en aller tout en réattaquant tranquillement son repas. Il avait compris quelque chose de très important la veille. La douceur avait cela de contradictoire qu'elle infligeait une torture délicieuse, un agréable tourment et une irrésistible tentation. Elle appelait à la mesure, à la délicatesse et à la tendresse malgré l'impatience, l'âpreté et la férocité de ce qu'il ressentait. Elle exigeait de la maîtrise en même temps que de l'abandon, de la confiance mêlée à la folie du moment.
Un nouveau monde.
Un véritable numéro d'équilibriste.
Et cette nuit, il l'avait touché du bout des doigts cet équilibre dont Sanji lui avait parlé. Il avait ressenti la passion du cuisinier à son égard, son envie de lui donner du plaisir parce qu'il désirait son corps mais aussi parce qu'il le désirait lui, Roronoa Zoro. Second de l'équipage au chapeau de paille, futur meilleur sabreur du monde, démon sanguinaire chasseur de pirates, rustre léthargique à jamais perdu, buveur invétéré insensible et combattant inconscient à la fierté démesurée.
Zoro prit alors une minute pour remercier silencieusement le cuisinier de lui avoir fait ressentir un tel tourbillon de sentiments. Il était à la fois touché et reconnaissant envers cette mise à nue qu'il lui avait offerte et permis de partager.
"C'est pas un combat comme tu en as l'habitude, tête d'algue.
Y a aucun avantage alors? On est juste condamné à les subir?
Il y a des avantages. A la hauteur des inconvénients."
Oui, il était prêt à recommencer. Si cet équilibre lui permettait d'atteindre ce genre de sensations aussi imprévues qu'inespérées, il n'avait pas envie de s'arrêter.
C'était la déclaration d'amour de Sanji à Zoro.
Peut-être pas sous la forme que vous attendiez mais j'espère qu'elle vous a plu quand même. Il lui a permis d'ouvrir une nouvelle porte et maintenant, c'est à Zoro de jouer...
