Re! parce qu'il fallait que j'oublie les règles d'usage... Rien ne m'appartient, sauf cette histoire et les personnages inventés, le reste est à Tite Kubo et Sakurako Gokurakuin. Voici donc la partie du chapitre avec les shinigamis. Bonne lecture ^^
oOoOoOo
POV Shinigamis
Cela faisait des années que la guerre avait éclaté entre les humains et ces créatures de nature spirituelle… Et l'expression « des années » était plutôt faible pour définir le temps qui avait couru depuis sa fin. Trois siècles. La voilà, la vérité. Trois cent longues années avaient coulé ainsi qu'un ruisseau le long de son lit depuis que la querelle entre ces deux « races » avait éclaté, puis touché à son terme. En réalité, les Dieux de la Mort avaient répondu à un appel à l'aide de ces créatures, mais ils finirent par renoncer à leur venir en aide lorsqu'ils les virent acculés.
Ainsi ceux-ci commencèrent à disparaître, à abandonner tout espoir, toute volonté de vivre… se suicidant pour certains disparaissant de la surface de la terre pour les autres. De là, cette « race » nourrit une aversion pour ces impudents sabreurs qui se croyaient tout permis, y compris le droit de les laisser périr aux mains de leurs ennemis.
Cela faisait maintenant des centaines d'années que cette histoire peu glorieuse était restée enfouie dans le passé. Un tabou. Personne n'avait le droit d'en parler et encore moins aux générations futures… Shigekuni Genryûsai Yamamoto, le doyen des Dieux de la Mort et Capitaine général des Treize Armées de la Cour, avait non seulement prohibé son évocation, mais également menacé quiconque en touchait le moindre mot de prison ferme pendant le nombre d'années qu'avait duré cette atroce dispute interraciale.
Si bien que cette tragique histoire avait fini par sombrer dans les abysses sans fond de l'oubli. Les archives elles-mêmes ne rendaient aucun compte de ce qu'il s'était passé durant ces années sombres et funestes, ce qui laissait en quelque sorte un « trou » dans l'histoire des événements de la Soul Society.
Il se passait une belle journée bien ensoleillée au sien du Seireitei, tandis que les Shinigamis vaquaient à leurs occupations habituelles… qu'il s'agît de paperasse, d'administration, d'entraînements ou encore de missions accomplies ou à accomplir…
Certains Capitaines buvaient le thé sur une terrasse ou au bord du toit du bâtiment de leur division affectée, des apprentis se battaient entre eux à coups de sabres ou contre des mannequins de bois, des soldats s'exerçaient à méditer avec leur sabre posé en travers des genoux…
La paix, la joie régnaient, flottaient dans l'atmosphère légère de cette société puissant qui imposait ses lois sur les deux mondes… mais un endroit, un petit endroit en particulier, voyait sa quiétude perturbée par un message plutôt alarmant.
Le vieux Yamamoto, tournant le dos au messager et regardant le mur en face de lui avec la tête en biais et les yeux fermés, ne dit qu'une seule phrase :
-Envoie-moi les soldats que je vais t'énumérer…
Jûshirô Ukitake, le Capitaine de la Treizième Division, était installé sur la pelouse aux alentours de son bâtiment avec son collègue Shunsui Kyôraku, en train de boire une chope de saké.
« Paraît-il que le Capitaine Hitsugaya est parti au Monde des Vivants à Karakura afin d'y calmer des hostilités ? » s'enquit Shunsui.
« Exact. Ça fait un petit moment déjà, ces tensions devaient être plutôt fortes pour être capables de le maintenir de telle façon… » Répondit Jûshirô.
« Papi Yama a-t-il envoyé d'autres soldats ? »
« Héhé, la flemmardise fait de toi le dernier au courant, Kyôraku ? » se moqua le Capitaine aux cheveux de neige avant de reprendre : « Apparemment, le jeune Kurosaki serait lui aussi de la partie, mais ça ne semble pas vraiment lui être d'une très grande aide… »
« L'ennemi est si fort que ça ? »
« Seul Tôshirô pourrait nous le dire… Les autres Shinigamis ne sont pas au courant des détails, juste qu'il a été affecté à la mission de freiner des ardeurs des habitants d'en bas. »
Shunsui jeta alors à son ami de toujours un regard plus grave, plus sombre… Cela suffit à Jûshirô pour savoir l'hypothèse qu'il avait l'intention d'émettre.
« Je ne préférerais pas en parler maintenant, même si le Maître n'est pas derrière nous » il se retourna par précaution malgré tout.
« Pourtant cela expliquerait bien des choses… »
« Nous ne pourrons en savoir plus tant que le Capitaine Hitsugaya ne sera pas rentré de sa mission maintenant changeons de sujet de discussion, je te prie. »
Ils n'eurent pas le temps d'achever la déviation de la conversation qu'ils entendirent quelqu'un arriver devant eux, mettant un genou en terre par respect et tournant le regard vers le sol.
« Le Capitaine Commandant Yamamoto vous convoque, messieurs. C'est une urgence. Il vous demande de laisser vos activités en suspens et de venir le voir aussitôt que possible. »
Jûshirô adoptant ainsi la même expression que Shunsui, les deux Capitaines se levèrent et disparurent du champ de vision du messager, le laissant seul.
Byakuya Kuchiki, Capitaine de la Sixième Division et chef du clan noble Kuchiki par succession, se trouvait comme toujours dans sa loge, en seiza, face tournée vers le mur à l'opposé de sa porte et les yeux fermés.
Aussitôt que le messager effleurât le sol à l'extérieur de sa loge avec seulement les premiers millimètres du bout de son pied, il l'apostropha calmement, comme toujours, et lui ôtant la parole :
« Qu'y a-t-il ? »
Le messager le regarda un moment avant de se ressaisir et de délivrer enfin son message après avoir légèrement déglutit avec le plus de discrétion possible.
« Le Général en chef Yamamoto vous demande. »
Byakuya entrouvrit les yeux et, sans faire pivoter sa tête d'un millimètre, tourna les pupilles dans la direction du messager.
Celui-ci n'attendit pas que le chef des Kuchiki le lui demande pour poursuivre et terminer son message :
« C'est une urgence, il ne tolérera aucun retard ! Il vous demande de laisser vos activités en suspens et de venir rejoindre les autres Capitaine pour vous entretenir avec lui. »
« Je vois… Merci. Vous pouvez disposer. »
« Merci, Capitaine ! »
Et il disparut, laissant Byakuya seul dans sa loge, refermant les yeux et, poussant un soupir, se redressant doucement. Il sortit ensuite de sa loge et disparut comme l'avaient fait Jûshirô et Shunsui.
Sajin Komamura, capitaine félin de la Septième Division, s'était lancé depuis quelques heures dans une énième séance de recueillement sur la tombe de l'amie du traître Tôsen Kaname. Les yeux fermés et dans le plus grand et le plus compact des silences, il ne perçut pas tout de suite l'arrivée du messager qui vint perturber sa méditation.
« Capitaine Komamura ! » s'exclama l'homme après avoir atterri derrière lui.
« Qu'y a-t-il de si urgent pour que vous osiez venir perturber ma méditation ? » grogna le renard.
« Le Général Yamamoto vous appelle ! »
Son oreille frémit et il ouvrit les yeux, ce avant de se redresser d'un coup et de se tourner vers l'être qui lui transmettait l'appel de son bienfaiteur, le regardant du haut de sa personne. « Que dis-tu ? »
« Le Général Yamamoto vous convoque ! Réunion d'urgence ! Il vous veut dans ses locaux le plus tôt possible ! »
« Bien. Merci ! »
Ce après quoi Sajin disparut, laissant le messager seul.
Les quatre Capitaine ayant été ainsi convoqués dans la plus grande urgence par le père des Treize Armées de la Cour, celui-ci s'avança vers eux, la main appuyée sur sa canne et ses petits yeux perçants parcourant chacun des quatre guerriers spirituels avec attention et charisme.
« Bien. Merci de vous être tous présentés aussitôt que mon appel est arrivé jusqu'à vous. Je suppose que vous êtes tous au courant de la situation du Capitaine Tôshirô Hitsugaya, je me trompe ? »
« Oui, Capitaine, il a été envoyé en mission au Monde des Vivants, » répondit Jûshirô avec son plus grand sérieux.
« C'est exact. »
« Mais pourquoi ne sommes-nous que quatre à avoir été convoqués ? » s'enquit Shunsui.
« Je ne tiens pas à envoyer tous les renforts du Seireitei en un seul coup. »
« Mais alors pourquoi ne pas solliciter les Vice-Capitaines ? » s'étonna Komamura.
« Tout simplement parce que je ne fais pas confiance à ces braves gens pour s'en sortir vivants face à des ennemis ayant été capables de tenir en respect le jeune Ichigo Kurosaki et le Capitaine Tôshirô Hitsugaya. »
Ce à quoi les quatre capitaines restèrent stupéfaits, les traits figés par la surprise et l'inquiétude… seul Byakuya ne se contenta que d'un soulèvement des paupières supérieures.
« Il semblerait que la guerre que nous avons tenté d'enfouir au plus profond des entrailles du passé et du secret est en train de ressurgir de façon irrémédiable… » continua Yamamoto sans se préoccuper de la réaction de ses Capitaines.
« La guerre entre… » commença Jûshirô sans oser aller plus loin.
« C'est exact. Je crois que le temps est venu de réparer nos erreurs du passé. Ces êtres ont nourri une haine sans borne à notre égard et nous allons devoir régler notre dette. Je veux revoir le Capitaine Hitsugaya vivant, ainsi que Ichigo Kurosaki. Si nous arrivons à une guerre, cette fois nous ne pourrons la contourner. »
Le visage ruisselant déjà de sueur, trois Capitaines sur quatre baissèrent la tête en se plongeant dans un véritable océan de réflexion, agité comme par temps de violente tempête.
« Sommes-nous autorisés à utiliser nos plus grands moyens si nécessaire ? » s'enquit finalement Byakuya de son ton sempiternellement calme.
« Je préfère que vous emmeniez avec vous un communicateur portable, comme lors du premier contact avec les Arrancars. J'exige un rapport de chacun de vous à chaque heure, ou à chaque minute si la situation l'exige. Je vous appose également une limite pour vous permettre de solliciter le Bankai en cas de réel besoin… Mais je veux surtout connaître l'évolution de la situation, pour que je puisse prendre la bonne décision dans les temps ! Est-ce que c'est clair pour vous tous ? »
« Oui, Capitaine Commandant ! » répondirent-ils tous en chœur.
« Bien. Venez donc avec moi, ensuite vous pourrez disposer… »
Ainsi l'accompagnèrent-ils dans un autre endroit afin de se faire poser la limite et se faire fournir le communicateur portable. Le processus dura une dizaine de minutes à l'issue desquelles les quatre soldats quittèrent enfin la loge du Capitaine général Yamamoto et traversèrent la Soul Society afin de pouvoir ouvrir la Senkaimon à l'abri des regards.
« Bon… souffla Shunsui. Je pense que vous êtes trous prêts ? Parés à faire feu ? »
Un simple hochement de tête de la part des ses trois collègues lui suffit amplement comme seule réponse.
« Bien… »
Il tendit son sabre devant lui, le fit pivoter, puis la porte traversant le monde s'ouvrit à eux, leur offrant l'ouverture et le passage pour se rendre sur les lieux des hostilités.
« Eh bien nous sommes partis… »
Le haori blanc, symbole du Capitanat, flottant élégamment dans l'air de la Soul Society, ils s'engagèrent tous en même temps dans le passage…
