Salut à tous !

Et voilà le chapitre 15 avec la rencontre avec Murtagh.

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Remarques :

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Je suis dans les temps ! Finis le chapitre à deux heures du mat' hier et relu cet aprem après avoir eu l'avis de ma bêta.

Faut que j'arrête d'écrire à deux heures du mat'...

Serpent d'Ombre : merci du com' Tu verras la rencontre ici et j'espère qu'elle sera à ton goût.

LunaMidnight15 : Bienvenue et je suis contente que mes histoire te plaisent ! Perso, la fin d'Eragon m'a un peu déçue, on a pleins de questions sans réponses et Eragon ne s'est pas tapé sa princesse.

Morgane93, Luffynette, Yseute : merci pour vos com', ça fait plaisir à voir.

Fox Lacus : Pourquoi est-ce qu'il se dévoilerait ? Il peut parfaitement bien passer pour un simple inventeur – magicien sans être dragonnier. Merci pour ton com'.

J'espère que la suite vous plaira !

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Bonne lecture.

Pilou.

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Chapitre 15 : Réunion familiale.

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Ils voyagèrent pour quelques jours supplémentaires en direction de Dras-Leona en attendant de voir le nom de Murtagh sur la carte ou la baguette pointer vers leur gauche. Ils arrivèrent finalement en vue de la ville et Eragon se figea instantanément en faisant s'arrêter son cheval. Aragorn et Brom se tournèrent vers lui avec surprise et inquiétude, surtout en voyant qu'il était blanc comme un linge et semblait malade. Eragon descendit en tremblant de son cheval et s'effondra à quatre pattes avant de rendre le contenu de son estomac en tremblant. Aragorn se précipita vers lui en voyant ça.

« Eragon ! Qu'est-ce que tu as ? »

« Qu'est-ce qu'il se passe petit homme ? »

_ La... la ville, fit-il d'une voix roque. Elle...

Il frissonna avant de serrer ses bras contre son torse en se balançant d'avant en arrière, la sensation ne voulant pas le quitter. Aragorn comprit que ça devait avoir quelque chose à voir avec la proximité de la ville et souleva son frère. Brom vint l'aider à le mettre sur un cheval et ils s'éloignèrent au galop jusqu'à un bosquet d'arbre où ils s'arrêtèrent en voyant le garçon reprendre un peu de couleurs. Aragorn le fit s'asseoir contre un arbre et lui donna à boire alors que Saphira atterrissait dans la clairière, inquiète pour son dragonnier.

_ Eragon ? Tu vas mieux ?

_ Un peu. Désolé.

« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Tu as été attaqué ? Tu es malade ? »

_ Non, c'est juste... La ville, elle est...

Il fronça les sourcils, essayant de trouver les mots pour décrire la sensation qu'il avait eut lorsque la ville était arrivée à portée de ses sens d'empathe.

_ Elle est malsaine, murmura-t-il finalement. On pouvait à peine la voir, mais j'avais l'impression d'être noyé dans du goudron de douleur, de sadisme, de maladie et de désespoir. Il y avait d'autres émotions négative mais c'était trop, beaucoup trop. Les âmes de cette ville sont tellement négatives que Dras-Leona elle-même a développé une aura si malsaine, si noire, qu'elle contamine et perverti tout ceux qui s'en approchent trop longtemps. C'était horrible.

Il frissonna encore au souvenir et Aragorn se hâta de l'enrouler dans une couverture et de le rapprocher du feu que Brom avait allumé. Le vieil homme était inquiet de la réaction violente de son fils et demanda doucement :

_ Est-ce que tu peux continuer ?

Eragon secoua la tête avant de répondre :

_ Je ne pense pas. Et je ne crois pas que ce soit prudent de laisser Ara trop s'en approcher, son âme n'est pas assez stable pour le moment pour qu'il ne soit pas influencé. La ville pourrait contrer l'influence positive que mon âme a sur la sienne.

_ Je vois...

Si Eragon ne pouvait pas continuer et qu'il refusait que Aragorn ne s'approche de la ville, alors il savait qu'il ne pourra pas les faire bouger. Et la ville semblait vraiment avoir un effet négatif sur son aîné. Il sortit la carte pour voir si le nom qu'ils cherchaient était apparu et l'aperçu à la frontière du périmètre couvert par le sort. Cependant, il était trop proche de la ville, même si hors d'elle, pour que les garçons puissent aller le voir. Mais il y avait moins d'une journée à cheval pour le rejoindre.

_ Murtagh est à un peu moins d'une journée à cheval, moins si je pousse Feu-de-Neige. Je peux aller le chercher seul et le ramener ici, il n'est même pas dans la ville.

_ Tu es sûr ? Et si tu te faisais attaquer en chemin ?

_ Je verrais les ennemis venir sur la carte et je sais me défendre. Ne me prenez pas pour un vieillard sans défense. Ou avez-vous oublier qui vous a appris à vous battre ?

_ Désolé, on est juste inquiet.

_ Je sais. Montez le camp et utilisez la wardstone, je serais de retour demain soir au plus tard.

Ils hochèrent la tête, pas vraiment content à l'idée de voir leur père partir seul, mais sachant qu'il pouvait se débrouiller, après tout, il était le fondateur des Vardens, un ancien dragonnier et avait réussi à tué Morzan et trois autres parjures. Brom s'en sortira.

Ils montèrent le camp en silence et Eragon retourna à ses expériences avec ses runes et des cartes pour essayer de créer une carte d'Alagaësia interactive. Il voulait pouvoir avoir une carte du pays où il pourrait zoomer en sélectionnant une zone et avoir une carte plus détaillée, et une fois le zoom suffisant, pouvoir voir les noms des personnes présentes à l'endroit. Il voyait aussi pour ajouter une fonction pour retrouver des personnes enregistrées au préalable qu'importe l'endroit où elles se trouvent sur la carte. Mais c'était déjà plus compliqué. Il n'avait pas de base pour le sort de détection, donc tout ce qu'il pouvait faire pour le moment était de trouver un moyen d'en augmenter la portée. Il travaillait déjà sur un système de wardstone à placer dans plusieurs endroit du pays et à relier à la carte pour ça, mais ça prendra du temps et il ne pourras le faire que lorsque la guerre sera terminée et qu'il aura du temps.

Pour le moment, il allait se contenter de la détection proche. Il allait aussi utiliser un sceau de sang pour faire en sorte que seules les personnes autorisées et avec le mot de passe (Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises) puissent voir la carte, pour tout les autres elle sera une simple carte ordinaire sans fonctions spéciales. Il utilisera un sceau similaire pour le sort de traque afin que la carte puisse retrouver les gens à partir de leur sang qu'importe la distance.

Il avait déjà le sort pour la détection et le système de zoom n'était pas difficile à mettre en place, il fallait juste qu'il retrace toutes les différentes cartes au bon endroit et qu'il les lient à la chaîne de runes pour éviter que les lignes ne se superposent. C'était un travail long et fatiguant, mais ça l'occupait et l'empêchait de penser à Dras-Leona.

_ Eragon, qu'est-ce qu'il y a ?

Il leva la tête de son travail pour regarder son frère qui avait posé son livre et le fixait avec calme.

_ Quoi ?

_ Je sens une perturbation dans ta force, donc parle jeune Padawan, qu'y a-t-il ?

Eragon pouffa de rire devant l'utilisation des termes de Star Wars avant de se calmer et de fixer le feu pensivement. Saphira releva la tête et lui donna un léger coup de museau.

« Qu'y a-t-il petit homme ? »

« C'est... compliqué. »

« Avec toi ça l'est toujours. » commenta Aragorn. « Mais pourquoi cette fois ? »

« Est-ce que... Est-ce que vouloir brûler Dras-Leona jusqu'à ce qu'il ne reste qu'un cratère fumant fait de moi quelqu'un de mauvais ? Cette ville est tellement tintée que... »

« Eragon, tu me poses vraiment cette question ? Tu sais que je ferais ce genre de chose juste pour m'amuser si tu n'étais pas là pour me l'interdire. »

« Je ne pense pas que tu puisses être mauvais. » dit Saphira. « Tu es raisonnable et vouloir détruire cette ville parce que tu la trouve tintée est normale. »

« Mais c'est contre ma morale ! Et si je le fais, alors quel argument j'aurais pour empêcher Ara de faire le même genre de chose ? »

« L'argument que tu ne fais jamais rien sans raison, contrairement à moi. Et me parle pas de moral, toi et moi on sait tous les deux que tu peux parfaitement l'ignorer si tu le désir. »

« Mais Eragon a des cauchemars quand il tue et n'aime pas faire du mal aux gens. » fit Saphira, sans vraiment comprendre. « Comment est-ce qu'il peut ignorer sa morale comme ça ? »

« Parce que ma morale est artificielle... Lorsque j'ai des cauchemars, c'est plus à cause du faits que... »

« Que tu es terrifié à l'idée de devenir un monstre et de ne plus être accepté. Saphira, avant cette vie, Harry Potter était un orphelin qui vivait dans une maison abusive. Son seul moyen de défense était de réprimer ses émotions, de voler pour se nourrir et obtenir des choses de premières nécessités et d'autres choses dans ce genre. Il n'avait pour but que survivre car aux yeux de tout le quartier, il était un délinquant, un rat des rues qui tournerait forcément mal, un sale petit monstre. Et pour survivre, il était prêt à faire n'importe quoi et n'avait aucune moralité, aucune limite. Mais quand il a appris qu'il était un sorcier, qu'il n'était pas un monstre, qu'il avait la possibilité de vivre dans un monde où tout le monde était comme lui, il a mis sa personnalité dans un placard métaphorique. Il était le héros, et s'il ne voulait pas être rejeté, s'il voulait être accepté, avoir des amis, il devait être un héros et donc avoir une morale. Pendant sept ans, il a prétendu, il s'est créé une image de héros en se basant sur la première personne qu'il a rencontré dans le train, Ronald Weasley. Il s'est imposé une morale, s'est imposé une personnalité, s'est imposé un code de conduite, tout ça parce qu'il voulait être accepté, parce qu'il voulait pouvoir relâcher son contrôle sur ses émotions et sentiments sans avoir peur d'être blessé et brisé comme les Dursley l'avaient fait pour lui. Alors il s'est construit cette identité, il a créé Harry Potter, le Survivant et héro du monde sorcier. Mais quand il a appris que pour vaincre Voldemort, il devrait mourir, il a décidé d'abandonner son rôle et de rester mort, d'aller de l'avant avec moi. Et c'est comme ça qu'on a atterri ici. Eragon peut ignorer sa morale et redevenir ce qu'il était avant de devenir le Survivant, mais il est toujours terrifié à l'idée d'être rejeté par ceux à qui il tient. Il est toujours terrifié à l'idée d'être seul. »

« Stupide. » dit la dragonne. « Eragon, tu es mon dragonnier et je resterais toujours à tes côtés et à ceux d'Aragorn, qu'importe ce que vous ferez ou vos décisions. Je resterais toujours à vos côtés. »

« Et je resterais toujours aux vôtres. » ajouta Aragorn. « Eragon, tu ne dois plus avoir peur de montrer qui tu es vraiment, tu le sais ? Tu n'est plus Harry Potter le monstre ou Harry Potter le Survivant, tu es Eragon fils de Brom, dragonnier de Saphira et mon frère. Tu es qui tu veux être. »

Le garçon les observa tous les deux avec incertitude. Qui était-il ? Qui voulait-il être ? Sa plus grande peur était d'être seul, mais avec Aragorn et Saphira, il ne sera jamais seul. Il les avais tous les deux à ses côtés. Mais dans ce cas, qu'est-ce qu'il pouvait être ? Monstre et Héro avait été ses deux identités et les deux l'affectaient et formaient ce qu'il était. Il ne voulait plus être privé de ses émotions ou de son empathie. Mais il ne voulait pas non plus continuer de ressentir de la culpabilité ou de la peur à l'idée d'être rejeté pour ne pas être moralement correct. Il voulait pouvoir laisser sa vraie personnalité libre. Le problème était qu'il ne savait pas ce qu'était sa personnalité, il avait beau pouvoir entendre la mélodie des autres, il ne savait rien de sa propre âme, de qui il était vraiment.

« Je ne sais pas... Je ne sais pas qui je suis, ce que je suis. Comment suis-je sensé être moi-même si je ne sais même pas qui je suis ? »

« En te laissant aller. Tu veux cramer la ville, très bien. On t'y aidera, mais une fois que la guerre aura commencé, autant ne pas attirer l'attention sur nous pour le moment. » répondit simplement Aragorn.

« N'ai plus peur d'être rejeté pour tes actes. Tu peux te battre et te défendre en tuant tes ennemis, ils le méritent pour avoir oser s'en prendre à vous, arrête de te prendre la tête avec ça. » ajouta Saphira.

« Je ne suis pas un combattant, je déteste être sous les projecteurs. »

« Alors agit dans l'ombre. » fit Aragorn d'un don disant que c'était évidant. « Tu peux continuer d'agir pour le bien, pour la liberté et toutes ces conneries, mais tu n'es pas obligé de le faire en suivant les règles ou en ayant une morale. Je sais que moi je ne le fais que parce que ça protège notre liberté et qu'être un bon dragonnier protégeant la veuve et l'orphelin nous donnera moins d'ennemis et qu'il y aura moins de personne prêtes à nous mettre des bâtons dans les roues et essayer de nous empêcher de faire ce que l'on veut. Agit dans l'ombre pour défendre la lumière. »

« Tu veux dire, comme... un assassin ? »

« Pourquoi pas ? Pour tous tu es le gentil et inoffensif Eragon sans réel talent pour le combat mais doué pour fabriquer des choses et les enchanter. Et lorsque personne ne regarde, tu deviens mon ombre qui nous protège et qui agit hors de la lumière pour servir nos intérêts. Tu peux être qui tu veux. »

Il y réfléchit un moment avant de hocher lentement la tête.

« Okay... Je vais essayer de me relâcher un peu plus. Mais ne pense pas que ça te donne la permission de faire des conneries ! Je continuerais de d'empêcher de trop faire ressortir Voldemort, compris !? »

« Oui. Je ne m'attendais pas à autre chose de ta part. »

« Bien. Mais... vous resterez toujours à mes côtés ? »

« Toujours, aujourd'hui et à jamais. » fit Aragorn. « Nous sommes frère, dans cette vie et dans toutes celles qui suivront si nous continuons ce trucs de réincarnation. Nous sommes frère et jamais je ne te laisserais tomber. »

« Vous êtes mes dragonniers, je resterais toujours avec vous. Je vous ai choisi et vous ne vous débarrasserez pas de moi. »

Il sourit doucement en entendant ça avant de lever un bras vers Aragorn. Son frère leva les yeux au ciel mais accepta quand même de venir se blottir avec lui sous la couverture et les deux garçons s'installèrent contre la dragonne pour se reposer.

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-sSs-

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Brom jeta un dernier regard à la carte avant de marmonner :

_ Méfaits accomplis.

Le parchemin redevint une simple carte entre ses mains. Il n'y avait personne aux alentours mis à part Murtagh et son cheval, mais il resta quand même sur ses gardes alors qu'il se dirigeait vers le jeune homme.

Il le trouva un peu à l'écart de la route, assis devant un feu de camp. Il portait des habits usagés et respirait le calme et la confiance en soi. Il avait un arc posé à côté de lui, une longue épée à la ceinture et la poignée d'une dague dépassait d'une de ses bottes. Son visage était encadré par des mèches de cheveux bruns et il avait un air farouche dans les yeux. Un cheval gris était attaché à un arbre non loin de lui. Quand Murtagh l'entendit s'avancer vers lui, il se releva aussitôt, la main sur la garde de son épée, son arc dans l'autre main et le regard méfiant.

_ Qui êtes-vous ?

_ Je m'appelle Brom. Je crois que tu me connais, Murtagh.

_ Brom ? Celui qui a aidé à dérober un œuf de dragon au roi et qui a traversé l'Empire avec ? Celui qui a tué Morzan ?

_ Celui-là, oui. Mais tu me connais aussi sous le nom d'Eren le jardinier, si tu te souviens de l'époque où tu vivais encore avec ta mère.

Murtagh fronça les sourcils en essayant de se souvenirs, mais il n'avait que très peu de souvenirs de cette époque, il n'avait après tout que trois ans quand sa mère est morte. Il finit par secouer la tête.

_ Non, je n'ai pas beaucoup de souvenir de ce temps. Vous travailliez au manoir ?

_ Comme espion pour les Vardens. Mais ce n'est pas important pour le moment, je connais deux personnes qui veulent te rencontrer.

_ Et où sont-elles ? Pourquoi est-ce que je devrais vous faire confiance ? Est-ce que vous avez une preuve de votre identité ?

Brom sortit un long paquet de ses sacs de selle et le déballa pour dévoiler Zar'roc qu'il avait pris à Aragorn au cas où.

_ Est-ce que ça te suffit ?

Lorsque Murtagh vit la lame, son visage s'assombrit et un éclat de fureur traversa son regard même si la douleur y était prédominante.

_ C'est l'épée de Morzan. Très bien, je vous crois. Où sont ces personnes ?

_ Ils sont à un peu moins d'une journée à cheval. Tu n'as peut-être aucune raison de me faire confiance, mais si tu fuis l'Empire, je peux t'aider.

_ Pourquoi le feriez-vous alors que je suis le fils de Morzan ?

_ Parce que tu es aussi le fils de Selena.

_ Qu'est-ce que ma mère a à voir dans cette histoire ?

_ Tout, vraiment. Si tu me suis, je t'expliquerais quand nous aurons retrouvé les jumeaux, je préfère ne pas les laisser seuls trop longtemps, ils ont un don inouï pour s'attirer des ennuis.

_ Pourquoi ne vous ont-ils pas accompagné ?

Tout en posant sa question, Murtagh s'était dirigé vers son cheval pour ranger ses affaires. Il allait voir ce que le vieil homme lui voulait et qui étaient ces mystérieux jumeaux, sa curiosité légèrement éveillée par la mention de sa mère. Il voulait savoir ce qu'elle avait à voir dans cette histoire.

_ L'un d'eux est un empath et ne peut pas s'approcher de Dras-Leona sans se sentir mal.

_ Comment est-ce que vous m'avez trouvé ?

_ Les jumeaux ne sont pas mauvais pour traquer quelqu'un avec un peu de magie.

Ils se mirent en route, Brom allant aussitôt au galop en direction du bosquet où il avait laissé ses fils. Murtagh hésita une dernière fois avant de suivre le vieil homme. Il n'avait rien de mieux à faire pour le moment, et qui sait ? Peut-être qu'il le mènera à l'œuf de dragon, voir à un dragonnier.

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-sSs-

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Eragon était en train de préparer à manger pour quatre quand Brom les contacta mentalement pour qu'ils retirent la protection de la wardstone. Aragorn la désactiva et ils virent bientôt deux cavaliers entrer dans la clairière. Dès qu'ils furent entrés, le cadet réactiva la pierre de protection et Eragon posa son couteau avec lequel il découpait des morceaux de viande. Les deux arrivants mirent pieds à terre et attachèrent leurs montures, les dessellant au passage.

Les jumeaux fixèrent leur demi-frère avec intérêt, qui lui était occupé à regarder Saphira avec curiosité, méfiance et une pointe d'émerveillement.

_ Alors l'œuf a éclot, murmura-t-il. Je n'ai pourtant entendu aucune rumeur parlant d'un nouveau dragonnier, juste celles disant que l'œuf était de nouveau perdu.

_ C'est parce qu'on a pris soin de cacher l'existence de Saphira, répondit Aragorn.

Murtagh se tourna finalement vers les deux jumeaux assis près du feu, l'un visiblement en train de cuisiner, l'autre ayant un livre sur les genoux. Il hocha la tête dans leur direction avant de dire :

_ Je suis Murtagh, Brom m'a dit que vous vouliez me voir. Qui êtes vous ?

Les jumeaux échangèrent un regard avant que celui avec le livre ne dise d'un ton résigné et exaspéré :

_ Évidemment que Brom n'a rien expliqué, c'est beaucoup trop demandé que de dévoiler un secret ou deux.

_ C'est vous qui vouliez le voir, répliqua le vieil homme en s'asseyant devant le feu.

Murtagh fit de même et leva un sourcil vers les jumeaux, attendant. Les garçons finirent par dire en même temps :

_ On est Eragon et Aragorn, fils de Brom et Selena.

Il y eut un silence alors que Murtagh se demandait s'il avait bien entendu. Eragon haussa les épaules avant de se remettre à cuisiner alors qu'Aragorn disait nonchalamment :

_ Pour faire court, Brom est allé espionner chez Morzan, s'est rapproché de Selena pour avoir des infos, les deux sont tombés amoureux, Brom lui a dévoilé son identité et elle a décidé de l'aider. Et nous voilà.

_ Notre mère nous a laissé dans son village d'origine, poursuivit Eragon, avant de retourner au manoir pour te récupérer, mais elle n'a pas survécu au voyage et quand Brom est arrivé, les hommes du roi t'avaient déjà emmené.

Murtagh les fixa un instant, essayant de voir les signes d'un mensonge ou d'une mauvaise farce, mais les deux étaient sérieux. Il avait vraiment deux demi-frères qui avaient grandis loin de la capitale. Sa mère les avait mis en sécurité alors que lui... Mais...

_ Comment peux-tu savoir qu'elle voulait m'emmener aussi ?

Eragon eut l'air soudainement gêné et se mit à jouer avec une bague portant une vieille pierre noires usée qu'il avait à son doigt.

_ J'ai... comment dire...

_ Tu as utilisé cette pierre ! s'exclama Aragorn. Eragon, on s'était mis d'accord pour ne pas l'utiliser.

_ Mais c'était juste une fois. Et je voulais juste savoir un ou deux trucs, c'est tout...

_ Je devrais vraiment te la confisquer et l'envoyer dans la mer...

_ Tu sais que je pourrais l'invoquer aussitôt après.

_ Excusez-moi, mais quelle pierre ?

Eragon leva la main pour montrer la bague qui s'y trouvait. Il tapota la pierre et dit :

_ C'est une vieille pierre qui permet de parler brièvement aux morts. Et il se pourrait que je l'ai utilisée une fois pour parler avec notre mère.

_ Impossible.

Il haussa les épaules en reprenant sa tache.

_ Crois-moi si tu veux, ce n'est pas mon problème.

_ Eragon, dit Brom. Qu'est-ce que tu sens ?

Le garçon leva les yeux avant de pencher la tête sur le côté.

_ Hum... Rien de spéciale. S'il était notre ennemis je l'aurais déjà dis. Il est juste confus, en colère et curieux.

Murtagh eut un mouvement de recule depuis sa position en face du garçon. Il vérifia trois fois ses défenses, mais elles étaient toujours en place et aussi solide que d'habitude. Comment est-ce qu'il pouvait savoir ?

_ Est-ce que tu viens juste de lire mes pensées ?

_ Non, je suis juste un empath, je peux lire l'âme des gens et capter leurs émotions les plus fortes, même sans essayer de les toucher avec mon esprit. C'est assez ennuyeux quand il y a trop d'être vivants autour de moi, ça peut parfois devenir particulièrement confus. Et parfois, j'ai des réactions vraiment négatives à certaines choses, comme Dras-Leona.

Il frissonna de nouveau au souvenir de la ville et une expression de dégoût passa brièvement sur son visage. Il finit par prendre quatre écuelles et servir le dîné sans un mot. Murtagh les observait avec méfiance, se demandant s'il pouvait vraiment leur faire confiance.

_ Vous comptez rejoindre les Vardens.

_ On compte s'allier à eux, acquiesça Aragorn. Je tiens à ma liberté et celle d'Era, or, Galbatorix essayera de faire de nous ses esclaves s'il nous trouve. Donc le tuer est le moyen le plus simple de garder notre liberté. Les Vardens se battent déjà contre lui donc autant suivre le mouvement pour se débarrasser de lui avec un seule grosse guerre civile plutôt que de le tuer simplement et laisser les nobles se battre entre eux pour savoir qui prendra sa place.

_ Tu ne fais pas ça dans une tentative de sauver le pays ?

Aragorn eut un reniflement amusé avant de répondre :

_ Je me fiches bien de qui gouverne ou quel genre de système politique il y a en place. Si quelqu'un met notre liberté en danger, je l'élimine, c'est aussi simple que ça. Je ne suis pas un héro prêt à se sacrifier pour la veuve et l'orphelin, loin de là.

_ Et qu'est-ce qui me dis que tu n'essayeras pas de prendre sa place et que tu ne seras pas pire ?

_ Eragon ne serait pas content si je le faisais et je ne veux pas le contrarier. Il serait capable de me priver de sa cuisine pour l'éternité si je le faisais et comme on a un lien mentale, il pourra aussi me torturer mentalement sans le moindre problème jusqu'à ce que j'arrête mes conneries.

Murtagh leva un sourcil, regardant l'écuelle qu'il n'avait pas touchée et se demandant si cette cuisine valait vraiment le sort du pays. Il hésita avant d'en prendre une bouchée et cligna des yeux, surpris. C'était meilleur que ce qu'il mangeait à Urû'baen ! Et c'était juste un ragoût fait sur un feu de camp. Il se demandait ce que ça donnerait si Eragon avait accès à une cuisine équipée. C'était délicieux, mais de là à refuser de dominer le pays juste pour ne pas en être privé, il avait quelques doutes.

_ Qu'est-ce que tu comptes faire, toi ?

_ Je ne sais pas encore, je pourchassais les Ra'zacs dans l'espoir de tomber sur l'œuf et l'utiliser comme prix de passage au Surda ou à l'Est. Mais comme il a visiblement éclot...

_ Pourquoi ne pas rejoindre les Vardens avec nous ?

_ Bien sûr, le fils de Morzan chez les Vardens, fit-il avec sarcasme. Je suis certain que ça va extrêmement bien se passer.

_ Il suffit de ne pas dire que tu es le fils de Morzan, fit Eragon.

_ Je lui ressemble trop physiquement pour qu'on ne fasse pas le lien et je suis sûr que certain hauts placés savent pour mon existence. Rejoindre les Vardens, même avec vous, serait du suicide pur et simple.

Les jumeaux échangèrent un regard avant de se tourner vers lui avec des sourires malicieux qui l'inquiétèrent un peu. Eragon sortit quelque chose de derrière lui et lui montra. Il leva un sourcil devant le lapin mort.

_ Comment va ce lapin ?

_ Il est mort.

_ Non, il est vivant.

Il allait répondre quand son esprit sembla s'éclairer et qu'il vit que le lapin était en effet vivant alors qu'il aurait juré le contraire juste avant.

_ Qu'est-ce que... ?

_ On a ce sort incroyablement utile, commença Aragorn.

_ Qui permet de cacher n'importe quel secret.

_ Et quand on dit n'importe quel secret.

_ C'est n'importe quel secret.

_ Et seul le gardien du secret peut le dévoiler.

_ Tous ceux connaissant le secret ou qui le découvrent par la suite.

_ L'oublient aussitôt, tant que le gardien ne le leur a pas donné.

_ Donc imagine si on l'utilise pour cacher tout lien que tu pourrais avoir avec Morzan.

Il cligna des yeux, un peu désorienté par la manière de parler des jumeaux et perturbé par leurs sourires malicieux. Puis, ce qu'ils venaient de dire s'imprima dans son esprit et il murmura :

_ Impossible.

_ Rien n'est impossible avec la magie.

_ Tu as vu Schrodi pourtant, dit Eragon. Tu as cru qu'il était mort jusqu'à ce qu'on te dise qu'il était vivant. Même s'il bouge ou se nourrit, ceux qui ne sont pas dans le secret penseront qu'il est mort.

_ On peut lancer le sort dès ce soir et tu seras le gardien avec Eragon, poursuivit Aragorn.

_ Alors, qu'est-ce que tu en dis ? Rejoindre les Vardens avec nous et semer le chaos le tout sans avoir à te soucier d'être reconnu comme le fils de Morzan. Plutôt intéressant, non ?

Murtagh les fixa, réfléchissant à toute vitesse. Cette proposition ouvrait tellement de possibilités ! Si ils pouvaient vraiment faire ça, alors il sera libre ! Il jeta un regard à Brom qui observait l'échange en silence.

_ Vous seriez prêt à m'emmener chez les Vardens dans l'anonymat, juste comme ça ?

_ Eragon a dit que c'était bon, répondit le vieil homme. J'ai suffisamment confiance en sa capacité à juger les gens pour te laisser une chance. Après, c'est à toi de faire en sorte de ne pas la gâcher.

Il réfléchit encore. Il n'avait rien contre le système, il savait juste que le roi était ce qui pourrissait tout de l'intérieur. Rejoindre les Vardens était une option, même s'il ne partageait pas forcément leurs croyances ou leur position politique. Et avec ce sort...

_ D'accord.

Il allait tenter sa chance avec eux. Au pire, l'aventure sera sûrement très intéressante.

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Merci d'avoir lu !

J'espère que ça vous a plu !

Un p'tit com' ?

Pilou.