Salut à tous !

Voici donc la suite. Y se passe pas grand chose mais voilà.

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Remarques :

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Je crois que j'en ai traumatisé plus d'un avec ma description des jumeaux.

Pour ceux qui ne le savent pas encore, je poste ici toutes les deux semaines.

Al, Al et Al : merci des commentaires ! Évitez de me faire un autel quand même.

Brom roxe et est le meilleur !

Comme dit dans un chapitre précédent, ça ne sera pas un Arya X Eragon

Karozthor : chaussette

Eragon ne devient pas plus insensible, il a juste décidé de se relâcher un peu, surtout concernant les âmes teintées. Il a toujours son code morale et sa retenue, mais il arrête aussi d'hésiter à faire ce qu'il faut pour éliminer les âmes qu'il considère comme mauvaises.

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Bonne lecture.

J'espère que ça vous plaira.

Pilou.

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Chapitre 19 : Encore une choppe.

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Eragon fut réveillé par une migraine tonitruante et grogna en se tournant sur le côté. Il pouvait entendre des milliers d'âmes qui lui martelaient le crâne non loin de là et leur excitation était beaucoup trop bruyant à son goût.

« Eragon ? Ça va ? » demanda Saphira.

« Je crois que je comprends ce qu'on ressent quand on a la gueule de bois... »

« Beaucoup d'âme ? » fit son frère.

« Toutes aussi excitées que des fans de Quidditch lors de la finale de la coupe du monde. »

« Je compatis. Tu peux tenir debout. »

« Yeah, je crois. »

Eragon ouvrit les yeux et s'assit avec difficultés, la tête comme une enclume. Brom, Murtagh et Aragorn étaient déjà debout et le vieil homme discutait avec Orik. Le nain finit par hocher la tête et se dirigea vers Eragon, l'aidant à se relever en le soulevant avec force.

_ Brom m'a demandé de t'emmener dans les tunnels plus calmes tout en bas. Tu peux marcher ?

_ Yeah, je crois. Désolé du dérangement.

_ Ce n'est rien. Je suis Orik fils de Thrifk.

_ Eragon fils de Brom. Tu es au service des Knurlan ou des Vardens ?

_ Les deux. Mais ma loyauté va d'abord à mon roi Hrothgar.

_ Je vois.

_ Pourquoi cette question ?

_ Juste curieux de savoir comment les choses fonctionnent entre Knurlan et Vardens. Et il faut que je me distrais sinon ma tête va exploser...

_ Brom a dit que tu étais empathe et qu'il y avait trop de personnes là-haut pour toi.

Il hocha la tête en suivant le nain dans des escaliers menant dans une partie plus profonde des montagnes. Les âmes surexcitées pesaient toujours sur ses sens, mais il pouvait plus facilement les ignorer avec la distance et la fraîcheur des passages souterrains soulageait légèrement sa migraine.

_ Je peux sentir les âmes des êtres vivantes autour de moi, leurs émotions et leurs intentions à mon encontre. C'est souvent très générale, mais quand il y a beaucoup de vivants dans un endroit avec des émotions fortes, ça me donne la migraine.

_ Tu ne peux pas prendre d'anti-douleur ?

_ Je suis immunisé. Et la magie fonctionne mal sur la douleur mentale. Mais là, ça va un peu mieux.

_ Très bien. Ton frère et toi ne semblez pas aimer les jumeaux.

_ Je doute que qui que ce soit puisse apprécier des âmes aussi teintées. Et sérieusement, ils sont chauves ! Tu nous imagine mon frère et moi, chauves ? On dirait des rats galeux a qui on aurait appris à tenir debout et à parler.

Orik éclata de rire à la comparaison et commenta :

_ Au moins, vous avez tous les deux l'air plus amicales que les jumeaux.

_ Comment ils s'appellent au fait ?

_ Personne ne le sait. Deynor, le prédécesseur d'Ajihad est celui qui les a laissé rester à cause de leurs capacités en magie. Brom ne les connaît pas parce qu'ils n'étaient pas encore aussi importants lorsqu'il était encore présent à Tronjheim. Ce sont des canailles, mais ils peuvent servir.

_ Sauf s'ils sont des espions et travaillent pour l'Empire.

Le nain s'arrêta et le fixa d'un regard grave en disant :

_ Ce sont de graves accusations que tu portes là. Où sont tes preuves ?

_ Ils sont teintés, un mélange de malice pure et leur esprit est délabré et malsain.

Il frissonna ne repensant aux jumeaux et eu une grimace de dégoût.

_ Des êtres aussi profondément mauvais ne peuvent pas être honnêtement avec les Vardens, ils auraient plus leur place avec Galbatorix. Mais tu as raison, mis à part les sensations que je perçois, on n'a aucune preuves. Pour le moment.

_ Tu sembles sûr qu'il y a un espion, voir plus.

_ Il y a toujours des espions quand deux camps se font la guerre. Mais on a découvert pendant notre voyage qu'il y avait au moins deux espions très haut placés avec accès aux noms des marchands aidant les Vardens et à d'autres informations secrètes disponibles pour seulement quelques personnes.

_ Je vois.

Ils se remirent en route et Eragon jeta un coup d'œil à l'esprit de son frère, il semblait bien s'amuser. Il savait que Aragorn aimait être sous le feu des projecteurs et Saphira était une comédienne née qui adorait qu'on l'admire.

_ J'y pense... Est-ce que vous avez un bassin d'eau assez grand pour que Saphira puisse s'y baigner ?

_ Oeí, acquiesça Orik. Vous allez donner un bain à la dragonne ?

_ Yeah, on lui a promis. Elle est particulièrement vaine et adore quand on la récure de la queue à la tête. Le pire c'est quand elle mange des moutons, elle ne peut pas digérer la laine qui reste coincée dans ses crocs et l'odeur est quasiment impossible à faire disparaître sans utiliser la magie.

Le nain rit de nouveau en les guidant vers des escaliers montant cette fois.

_ On est presque arrivé au bureau d'Ajihad. Et je pense que vos problèmes de laine ne vont pas se régler de ci-tôt, on n'a quasiment que du bétail laineux ici.

_ Barzul. Je songe sérieusement à laisser Aragorn en charge de ses crocs pour la durée du séjour. Je suis sûr que je peux lui faire assez de chantage affectif pour qu'il le fasse.

_ Chantage affectif ?

_ Disons qu'il aime particulièrement bien ma cuisine et qu'il déteste quand j'arrête de lui faire à manger. Et puis, c'est lui le dragonnier, pas moi.

_ Tu comptes lui faire à manger ici ?

_ Ba oui, pourquoi pas ?

_ Je doute que les cuisiniers laisseront le frère du dragonnier faire une tache aussi manuelle que cuisiner.

_ Je les convaincrais. C'est des Knurlan ou des humains ?

_ Knurlan. Les quatre milles humains qui vivent ici sont quasiment tous des combattants. Il y en a certains qui ont emmené leur famille ici, mais là plupart des civiles vivent au Surda sous la protection du roi Orin. Mais en quoi est-ce important l'espèce des cuisiniers ?

_ Juste pour savoir. Tu crois qu'ils accepteraient de parier l'utilisation de leurs cuisines sur un concours de boisson ?

_ Oeí, mais je doute que tu puisses battre un Knurlan à la boisson !

_ Mon frère et moi n'aimons pas le mot impossible, répondit-il malicieusement.

Orik lui jeta un regard dubitatif et amusé avant de le conduire dans un dernier couloir menant à une porte gardée par deux humains. Il pouvait sentir Brom et les autres derrières elle, ainsi que Arya, les jumeaux et un humain qu'il ne connaissait pas. C'était sûrement Ajihad.

Il avait remarqué que les nains avaient un air plus grave et profond que les humains avec des touches de terre et un bruit de fond lui rappelant la forge de Horst. Un peuple forgeron et proche de la terre.

Orik frappa à la porte et entra avec lui sans attendre. Le bureau était élégant, construit sur deux niveaux et tapissé d'étagères en bois de cèdre. Un escalier en fer forgé montait à un petit balcon, où étaient disposées deux chaises et une table de lecture. Des lanternes blanches étaient accrochées aux murs et au plafond, de sorte qu'on pouvait lire un livre n'importe où dans la pièce. Le sol de pierre était recouvert d'un tapis ovale au motif compliqué. À l'extrémité de la pièce, il y avait un grand bureau en noyer derrière lequel était assis un grand homme noir au crâne rasé et à la barbe noire taillée avec soin. Les autres occupants de la pièces étaient assis face à lui, sauf les jumeaux qui étaient derrière l'escalier. Saphira prenait une bonne partie de la pièce et était installée de manière protectrice derrière Aragorn, Brom et Murtagh.

L'homme noir se leva et leur fit signe de s'asseoir sur les deux chaises restantes.

_ Orik, merci d'avoir guidé Eragon. Eragon, je suis Ajihad.

_ Enchanté, m'sieur Ajihad. Désolé pour le contretemps.

_ Ce n'est rien, Brom m'a expliqué. Et appelle-moi juste Ajihad.

_ Comme vous voudrez m'sieur Ajihad, répondit-il en s'asseyant.

Aragorn eut un reniflement amusé et échangea un regard avec son frère.

« Tu vas mieux ? »

« La migraine est supportable, pas plus forte que d'habitude. »

« D'accord. »

Après ça, Brom, Arya et Ajihad parlèrent pendant un moment, expliquant comment l'œuf de Saphira s'était retrouvé sur la Crête et ce qu'il s'était passé pendant leur voyage. Lorsque Brom eut terminé, Ajihad fut pensif un instant avant de dire :

_ Ce sont de biens graves nouvelles que vous apportez. Non seulement des Urgals contrôlés, et probablement menés, par un Ombre vont nous attaquer dans les jours qui suivent, mais il y a des espions plus haut placé qu'on le pensait.

_ Oui, acquiesça Brom. C'est pour cela que je voudrais que tous ceux ayant accès à ce genre d'information jure en ancien langage de ne pas travailler pour l'Empire. Et je dois dire que je suis déçu par ta décision de laisser deux personnes qui ne sont pas sous serment s'occuper de sonder l'esprit de tous ceux qui arrivent à Farthen Dûr.

_ Je sais, mais avec le retrait des elfes du traité suite à la disparition de Arya, on ne peux plus vraiment se permettre de faire dans la demi-mesure.

_ Peut-être. Mais cela ne t'empêchait pas de leur faire jurer certains serments.

_ Personne ici ne connais assez d'ancien langage pour ça.

_ Je connais les mots qu'ils faut. On peut donc s'en charger tout de suite, répondit le vieil homme.

Les jumeaux se rapprochèrent aussitôt, l'un d'eux disant :

_ Ajihad, je doute que ce soit nécessaire, nos services...

_ Il y a au minimum deux espions hauts placés, le coupa l'homme. Je refuse de prendre plus de risques, Brom a raison et je compte bien faire jurer de ne pas servir Galbatorix à tous les hauts placés, vous compris.

Aragorn eut un sourire malicieux en ajoutant d'une voix mielleuse :

_ Ne me dites pas que vous n'êtes pas capable de dire ces petits mots ? Ce n'est pourtant pas si compliqué. Je ne travaille pas, n'ai jamais travaillé et ne travaillerais jamais pour Galbatorix ou l'Empire. Voyez ? Simple comme bonjour.

Les jumeau rougirent de colère face à la moquerie déguisée en défis, le tout cachant un piège évident. Eragon eut un sourire en coin et se concentra sur les deux âmes teintées, attendant qu'ils agissent en premier. Il avait appris un petit tour facile à faire en s'entraînant sur des animaux. Il pouvait, s'il le voulait, serrer une âme dans une étreinte magique, comme s'il la tenait dans son poing fermé, et ainsi immobiliser son propriétaire, quand il ne l'arrachait tout bonnement pas du corps. C'était assez barbare et rudimentaire, mais il pensait que c'était la base de la nécromancie.

Et comme ils l'avaient prévu, les jumeaux se préparèrent à utiliser la magie pour soit les tuer, soit s'enfuir, probablement les deux. Mais avant qu'ils n'aient pu dire un mot pour concentrer la magie qui venait de les envahir, Eragon ferma brutalement le poing. Ils poussèrent un cri de douleur et s'effondrèrent, inconscients. Arya fit passer son regard entre les deux frères et demanda :

_ Qu'est-ce que vous avez fait ?

_ Ils sont juste inconscients, répondit Aragorn. Un petit sort inoffensif.

_ Ils allaient attaquer, pas vrai ? fit Ajihad.

_ Oui, répondit Eragon. Ce qui veut dire qu'ils ont probablement laisser passer des espions lorsqu'ils étaient chargés des tests.

_ Barzul, fit Orik. Tu avais raison alors.

Eragon lui sourit simplement en répondant :

_ Bien sûr qu'on avait raison.

_ Maintenant il faut trouver les autres espions. Et les interroger ne sera pas facile, grommela Ajihad. Ils sont nos magiciens les plus puissants et ils sont les plus doués dans l'art de l'esprit.

_ Je peux m'en charger si vous voulez, commenta joyeusement Aragorn. Je sais comment tirer les vers du nez des gens.

Il avait un sourire malicieux et une lueur d'amusement dans le regard. Brom soupira avant de hocher la tête.

_ Je suppose que tu arriveras à en tirer quelque chose. Mais pas de torture.

Aragorn eut faussement l'air offensé.

_ Brom ! Enfin ! Jamais je ne songerais à faire du mal à d'autres êtres humains de façon malicieuse.

_ On l'a déjà dis, on est des anges. Et un héros digne de ce nom ne torture pas, acquiesça Eragon.

_ Ça nous désole vraiment que tu puisse penser aussi bassement de moi, termina son frère.

Brom se contenta de lever un sourcil et de dire d'un ton blasé :

_ Bien sûr, je vous connais comme si je vous avais fait.

Ils échangèrent un regard et Eragon commenta :

_ Il marque un point.

_ Pas faux. Même si quasiment tous ceux qui le connaissent ont l'air de penser qu'il n'a pas la moindre idée de comment ces choses fonctionnent.

_ Tu m'étonne, leur tête quand on dit qu'on est ses fils est toujours hilarante.

Ils furent interrompu par un raclement de gorge venant d'Arya. Elle fixa Aragorn avec suspicion et demanda lentement :

_ Tu serais prêt à torturer pour obtenir des informations ?

Le garçon haussa nonchalamment les épaules en répondant :

_ Bien sûr, si je ne suis pas capable d'obtenir ce que je veux en fouillant leurs esprits. Mais comme je suis un expert dans l'art de l'esprit, je n'ai généralement pas besoin de recourir à des moyens drastiques.

Elle eut une expression contrariée à ça mais Ajihad interrompu tout ce qu'elle aurait pu dire en disant :

_ Il vaudrait mieux éviter de laisser savoir que tu as ce genre de disposition.

_ Je sais, fit Aragorn. Eragon m'a fait une liste de ce que devrait et ne devrait pas faire un héros. Ne pas torturer les gens est en numéro deux, juste derrière ne pas massacrer ceux qui m'ennuient trop de la façon la plus brutale possible.

_ Bon à savoir, commenta Orik. J'espère que tu ne seras pas un second Galbatorix.

_ Je suis d'accord avec Orik, dit Arya. Qu'est-ce qui nous garantie que tu ne seras pas comme Galbatorix ? Tu ne sembles pas avoir beaucoup de morale.

_ Ce n'est pas que je n'ai pas beaucoup de morale, mais que je n'en ai pas du tout. Eragon me sers de référence dans ce domaine parce que je suis incapable d'empathie ou de me soucier de mon prochain. Mais ça ne veut pas dire que je suis mauvais pour autant ou que je deviendrais comme le Wyrdfell. Personnellement, je me fiches de qui gouverne le pays, du temps que cette personne n'est pas suffisamment stupide pour essayer de nous voler notre liberté à mon frère et moi. Je tuerais sans la moindre hésitation ceux qui essayeront de nous enchaîner et Galbatorix est l'une de ces personnes, donc il est mon ennemis. C'est aussi simple que ça.

_ Donc tu te bas avec nous contre Galbatorix, dit Ajihad. Mais pas pour nous.

_ Exactement.

_ Très bien, je peux fonctionner avec ça, dit l'homme. Orik, tu penses que ton roi acceptera ça ?

_ Je pense, oui. Beaucoup voudront essayer de mettre Aragorn de notre côté, mais le roi sait quand il ne faut pas dépasser les limites, on n'essayera pas de forcer une soumission.

_ Vous êtes libre d'essayer de me piéger, commenta joyeusement Aragorn. J'apprécie de bons petits jeux mentaux de politique de temps en temps et je ne suis pas contre l'idée de danser avec ceux qui essayeront d'obtenir ma loyauté. Je suis contre ceux qui essayent de me soumettre par la force.

_ C'est noté, fit le nain. Si tu cherches des casses-tête, je suis sûr que certains d'entre nous pourront t'en offrir.

_ Merveilleux, dit-il avec enthousiasme.

_ Je doute que la reine accepte ça aussi facilement, répliqua Arya. Tu as admis clairement être dangereux et ne servir que tes propres intérêts, je doute qu'on puisse faire confiance à quelqu'un comme toi.

_ Je ne demande pas à ce que vous me faites confiance. À vrai dire j'en ai rien à faire, que vous me fassiez confiance ou non, je suis le seul dragonnier disponible qui veut bien se battre contre Galbatorix, ou plus précisément, qui peut se battre contre lui. Ce n'est pas comme si vous aviez le choix dans l'histoire. Je pourrais tout aussi bien prendre ma famille et les emmener à l'est en vous laissant vous débrouiller.

_ Alors pourquoi ne pas le faire ?

_ Parce que, Dröttningu, fit-il d'un ton moqueur. Je ne suis pas un lâche et je sais que les miens ne veulent pas quitter leur terre de naissance. Et je refuse de fuir devant un adversaire aussi intéressant que Galbatorix, après tout, j'aime les défis et briser l'impossible.

_ Brom, comment peux-tu accepté ça ?

_ Je connais les jumeaux depuis qu'ils sont nés, Aragorn a toujours été comme ça, on ne peut pas le changer. Mais, même s'il n'en a pas l'air, il fera ce qui est juste. Ne serais-ce parce que pour ne pas contrarier Eragon.

_ C'est vrai, fit Eragon. Pour Ara et moi, la famille est importante, presque autant que notre liberté. Ara m'écoute et contrairement à lui, j'ai une morale et je suis un pacifiste. Il n'y aura pas de problème, tant qu'on ne nous enchaîne pas.

Aya semblait encore vouloir débattre de ça, mais Brom parvint à la convaincre d'en discuter plus tard avec lui. Les jumeaux espéraient vraiment qu'il arriverait à la convaincre qu'Aragorn n'était pas le mal incarné. Il était juste un peu spécial.

Après cela, Ajihad fit arrêter les jumeaux et ils continuèrent de discuter pour mettre en place les nouvelles décisions et planifier un test pour Aragorn et Eragon le lendemain.

Lorsqu'ils eurent finit de parler, Orik les guida jusqu'à la sortie de la cité où Saphira s'envola pour aller se reposer dans la maison des dragons au-dessus d'Isidar Mithrim. Arya était partie en chemin, laissant les trois frères et Brom suivre le nain dans la cité. La population avait diminué, chacun retournant à ses affaires, Eragon avait donc un peu moins la migraine et pouvait marcher à la surface sans s'effondrer à cause d'elle. Il était fasciné par l'étoile de saphir qui était magnifique et il écouta avec attention alors qu'Orik leur racontait son histoire. Ajihad le leur avait assigné comme guide, même si Brom n'en avait pas vraiment besoin, et les jumeaux appréciaient de plus en plus le nain.

La cité quant à elle était vraiment magnifique, le hall centrale était immense et ils pouvaient voir un escalier en colimaçon qui montait tout en haut jusqu'à Isidar Mithrim. Lorsque Aragorn demanda comment ils communiquaient en cas d'urgence de haut en bas, Orik leur expliqua qu'ils utilisaient des systèmes de signaux lumineux.

_ L'escalier que vous voyez est appelé Vol Turin, je suppose que vous savez ce que ça veut dire ?

_ L'escalier sans fin, répondit Murtagh. Brom nous a appris un peu de Knurlan.

En effet, le vieil homme avait pris soin d'apprendre un peu de la langue à son beau-fils pendant leur voyage ainsi que des généralités sur Farthen Dûr et Tronjheim.

_ Exactement. Il existe aussi une autre voie, rarement utilisée. Lorsqu'on a bâti Vol Turin, un conduit polie a été creusé à côté et il forme comme un toboggan géant qui descend du haut de la montagne.

À ça, les jumeaux échangèrent un regard et eurent un sourire excité. Brom leur mit par réflexe un taquet derrière la tête chacun.

_ N'y pensez même pas.

_ Mais Brom !

_ Non, c'est trop dangereux. Ces conduits n'ont pas été fait pour des humains.

_ Justement, le plus amusant...

_ Est dans le risque !

_ Je vous le déconseille, dit Orik. Vous seriez projetés dans les escaliers, contre les arches ou dans le vide. C'est une façon stupide de mourir.

_ Personnellement, je ne risque pas grand chose si je suis éjecté dans le vide, commenta Eragon.

_ Ce n'est pas une raison pour le faire, répliqua Brom d'un ton sec. Je veux que vous me promettiez de ne pas utiliser ces conduits à moins que ce soit un cas d'extrême urgence. Et par là, je parle de ce que je considère une extrême urgence, est-ce clair ?

_ Oui père, on promet, firent-ils d'un ton déçu.

« Rabat-joie. »

« Je suis d'accord avec lui. » répliqua Saphira. « Vous vous attirez beaucoup trop facilement des ennuis ! Pas la peine d'essayer de vous rompre le cou stupidement comme ça. »

« Mais Saphira ! Je risque rien moi, je peux toujours me transformer en plein vol. »

« Ce n'est pas une raison ! »

« Rabat-joie. »

Orik leva un sourcil et demanda curieusement :

_ Pourquoi ça ne serait pas un problème pour Eragon de se faire éjecter ?

_ Je peux me transformer en corbeau.

_ Pardon ?

_ Excuses acceptées.

_ Je voulais dire, comment est-ce que c'est possible par Guntéra !?

_ J'ai dis qu'on n'aimais pas le mot « impossible » non ?

_ Mais... Je n'ai jamais entendu de changeurs de formes à part les chats-garous.

_ Crois-moi Orik, dit Murtagh, les jumeaux ne respectent aucune règle prédéfinie et n'ont absolument rien de normal. Au début, on est très souvent surpris, puis on apprends vite à s'y faire et à juste ne plus y prêter attention parce que, même si ce qu'ils font est considéré comme impossible, on se dit que c'est les jumeaux et donc que c'est normal dans leur cas. Ne te pose pas trop de question sur le pourquoi et le comment, ça ne te donnera que des migraines.

_ Tu parles d'expérience ?

_ Malheureusement.

Le nain jeta un œil à Brom qui hocha la tête.

_ Murtagh a raison, dis-toi juste que c'est les jumeaux et que tout est possible avec eux, ça t'évitera les migraines.

_ Je commence à comprendre pourquoi Arya ne vous apprécie pas, si vous défiez autant la logique et la réalité... Vous êtes un peu chaotique tous les deux ?

_ On n'est pas un peu chaotique.

_ On est le chaos personnifié.

_ Mais est-ce que c'est vraiment un problème ?

Orik eut un reniflement amusé et répondit :

_ Non, on ne risque pas de s'ennuyer avec vous.

Sa réponse fut deux sourires de Cheshire. Ils arrivèrent rapidement aux cuisines et Eragon observa calmement la pièce. Elle était grande et toute en longueur, remplie de rangées de tables en pierre taillées pour des nains. Des flammes dansaient dans les fours de pierre placés derrière un grand comptoir autour desquels s'activaient quelques nains. Orik fit s'approcher un nain au visage rude et le leur présenta :

_ Voici Bofur, fils de Nori, le cuisinier en chef.

Aragorn le salua et demanda :

_ Est-ce qu'il est possible qu'Eragon nous fasse à manger ? Je ne doute pas des talents des cuisiniers ici, mais mon frère reste le meilleur.

Le nain s'offusqua et leur dit clairement que ce n'était pas la place d'Eragon d'utiliser leur cuisine. Le garçon eut juste un sourire entendu et dit calmement :

_ Et si on régler ça sur un parie ?

_ Quel genre de parie ?

_ Un concours de boisson. Si je gagne, je peux cuisiner ici autant que je veux et si je perds, on mangera ce que vous faites.

Le nain eut un sourire carnassier en entendant ça et d'autre ricanèrent, échangeant dans leur langue sur l'audace et la stupidité du jeune humain.

_ Comme tu voudras. On va jouer ça sur notre hydromel le plus fort.

_ Très bien.

Eragon et le cuisinier en chef s'assirent face à face à une table pendant que Brom, Aragorn et Murtagh s'appuyaient contre le mur derrière le garçon et qu'Orik servait de juge. Murtagh demanda tout bas à Brom :

_ Mais... Eragon n'est pas... ?

_ Si.

_ Et tu ne leur dit pas ?

_ Il se trouve que j'apprécie sa cuisine.

Murtagh eut un sourire amusé avant de regarder le spectacle. On apporta des tonneaux d'hydromel et ils commencèrent à boire, choppe pour choppe.

Trois tonneaux plus tard, Eragon fut déclaré vainqueur, pour le plus grands plaisir des humains qui étaient arrivées pendant le concours et regardaient avec attention et sous l'incrédulité des autres nains. Il s'excusa un instant pour aller aux toilettes avant de revenir pour faire à manger.

La soirée se déroula ensuite tranquillement et les jumeaux allèrent à la maison des dragons pour s'installer. Le sommet était une pièce circulaire sans toit. Le long du mur s'ouvraient des grottes obscures de diverses tailles et un immense pont en arcade menait hors du refuge. Saphira avait choisi une cavité de taille moyenne plutôt profonde. Près du fond, il y avait un large matelas pour Saphira et un lit se trouvait juste à côté. Apparemment on n'avait pas pris en compte la présence d'Eragon, mais ça ne les dérangeait pas, ils dormaient suffisamment souvent ensemble pour ne pas y prêter attention.

Ils se déshabillèrent et s'allongèrent avant de discuter silencieusement de la journée et de ce qui allait suivre. Ils finirent par s'endormirent avec une certaine détermination à taper sur les nerfs d'Arya le plus possible. Ses réactions étaient amusantes.

Le lendemain, ils seront tester physiquement et magiquement. Ça allait être fun.

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Merci d'avoir lu !

Un p'tit com' ?

Pilou.