Salut salut !
Enfin de retour.
Va vraiment falloir que je crée un planning pour mes post moi...
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Remarques :
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Ce chapitre ne contient pas grand chose d'intéressant et les trois quart des dialogues viennent des livres. Mais j'espère qu'il vous plaira quand même.
Le chapitre suivant de « 1000 perles blanches » est en cours d'écriture. J'essayerais de le poster dans la semaine.
Le prologue de la suite du Nécromancien est écris. Et j'ai une bêta. Je posterais quand j'aurais au moins deux chapitres d'avance.
Je crois que c'est tout sur mes fics...
Review :
Yeah, Orik est cool, je l'aime bien.
Et oui, je fais des ref à Tolkien. Mais faut dire que LoTR et Le Hobbit sont géniaux.
Ce chapitre est beaucoup plus long que ma moyenne. 9 pages au lieu de 5 ou 6.
Merci pour vos com' ! Ça fait vraiment plaisir à voir.
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Bonne lecture.
Pilou.
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Chapitre 20 : Fricai Andlát, sköliro, ingeitum
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Lorsque les jumeaux se réveillèrent, les couvertures étaient par terre, mais la grotte était suffisamment chauffée pour que ça ne pose pas de problème. Ils pouvaient entendre Saphira qui dormait toujours à côté d'eux et la laissèrent tranquille. Ils sortirent et trouvèrent la source dont avait parlé Orik le jour précédent. Le bassin était plus que suffisamment large pour qu'ils puissent s'y baigner et ils en profitèrent aussitôt. Ils n'avaient pas vraiment eu le temps de se débarrasser de la saleté du voyage la veille, ils étaient donc bien content de pouvoir le faire là.
Lorsqu'ils furent habillés, Aragorn portant l'un de ses uniformes bleu et sobre, Eragon une tenue similaire mais grise et sans armoiries, Eragon sentit deux âmes familières et se maudit pour ne pas les avoir remarquées plus tôt.
« Ara. »
« Quoi ? »
« Angela est ici ! »
« Vraiment ? Tu sais où ? »
« L'étage juste en dessous. D'ailleurs, je pense que Solembum nous attends pour nous servir de guide. »
Aragorn grogna. Même s'ils adoraient Angela, ils n'aimaient pas beaucoup le chat-garou. Il n'avait pas arrêté de les harceler à Teirm en leur posant des questions, particulièrement sur Eragon, et en ne répondant jamais aux leurs. Pas qu'ils aient répondus aux questions du chat, mais ça avait quand même été ennuyeux. Cependant, avant qu'ils ne quittent Teirm, il avait offert une flûte en argent finement ciselée à Eragon en lui disant qu'il pourrait en avoir besoin. Ça aurait été utile en effet, si Eragon savait jouer de la flûte. Comme ce n'était pas le cas, il allait devoir attendre d'être chez les elfes pour trouver quelqu'un qui voudra bien lui apprendre.
Ils s'avancèrent vers le chat-garou qui attendait au pied de l'arche qui conduisait à la cité.
« Bonjour Solembum. » fit Eragon. « Tu es venu nous guider vers Angela. »
« Apparemment, Fricai Andlát. »
Puis, le chat partit. Les jumeaux le suivirent, Eragon sachant où aller. Il était quand même exaspéré par le surnom que lui avait donné le chat. Fricai Andlát était le nom d'un champignon vénéneux et signifiait « Ami de la mort », ce qui montrait encore une fois que le chat-garou avait, d'une certaine façon, conscience de son statu involontaire de Maître de la Mort.
« Je déteste vraiment quand il m'appelle comme ça. »
« Que veux-tu, Era, tu es le Maître de la Mort, tu n'y peux rien. »
« Tu veux que je le mange, petit homme ? »
« Je doute que ce soit une bonne idée, Saphira. » répliqua Eragon. « C'est un chat-garou. Au fait, ça ne te dérange pas qu'on visite Angela ? »
« Non, c'est bon, je suis très bien ici. Revenez quand vous aurez finis. »
« Bien sûr, ma belle. » dit Aragorn.
« Et n'oubliez pas votre promesse ! »
« Saphira ! Comme si on pouvait oublier une promesse qu'on t'a faite ! » s'exclama Eragon d'un ton faussement indigné.
« Je te ferais savoir qu'on tient toujours parole. » ajouta Aragorn.
« Je voulais juste être certaine que vous n'oublieriez pas par accident. »
Ils échangèrent un regard amusé. Leur dragonne était vraiment une diva. Mais, encore une fois, elle le méritait totalement.
Le couloir dans lequel ils se trouvaient était poussiéreux et clairement abandonné et isolé. Eragon aimait bien être aussi haut, ça mettait beaucoup de distance entre lui et la foule qu'il pouvait sentir tout en dessous d'eux, ce qui empêchait ses migraines. Ils suivirent le chat-garou jusqu'à une porte devant laquelle il miaula, la faisant s'ouvrir aussitôt. Mais avant que les jumeaux ne puissent entrer, elle se referma. Aragorn soupira avant de lever la main pour frapper, mais la porte s'ouvrit avant qu'il n'achève son geste, laissant s'échapper un flot de lumière chaude.
Ils entrèrent dans la petite suite de deux pièces aux teintes ocres, richement ornées de bois sculpté et de plantes grimpantes. Des lanternes brillaient, accrochées aux murs et au plafond, éclairant les nombreux objets éparpillés et empilés dans tous les coins. La chambre qu'ils pouvaient voir dans le fond avait un lit à baldaquin qui disparaissait presque sous une montagne de fleures.
Assise dans un fauteuil de cuir en centre de la pièce principale, Angela leur offrit un sourire et dit joyeusement :
_ Eragon ! Aragorn ! Comment vont mes deux magiciens préférés ? Lequel de vous deux est le dragonnier ? Comment s'est passé votre voyage ? Est-ce que vous avez rencontrer des Lapins cornus carnivores ?
_Bonjour Angela !
_ On est aussi content de te voir.
_ Et je suis le dragonnier, fit Aragorn. Ma dragonne s'appelle Saphira.
_ Saphira... j'aime bien ce nom, il convient bien à une dragonne, surtout la votre.
Ils sourirent avant de s'installer par terre devant elle, entre deux cornus où bouillonnaient des potions verdâtres qu'Aragorn observa avec intérêt.
_ Est-ce que c'est ce que je pense ?
_ Cela dépend de ce à quoi tu penses.
_ Je pense que c'est ce que je pense, mais après je ne sais pas à quoi tu penses donc c'est pour ça que je demande.
_ Je ne sais pas à quoi tu penses moi non plus, donc je ne pourrais que supposer que je sais, ce qui est très dangereux car supposer sans preuve ou expérience scientifique et approfondie peut mener à de mauvaises conclusions, souvent catastrophiques.
_ Dans ce cas je devrais peut-être dire ce à quoi je pense ou le mystère ne sera jamais levé.
_ Effectivement, ça serait une solution possible parmi tant d'autre. Ou tu peux me laisser lire tes pensées, mais ça serait un peu trop privée pour répondre à cette simple question.
_ Bien entendu.
Il hocha la tête avec un sourire alors qu'Eragon levait les yeux au ciel. Il se décida donc à demander :
_ Donc, est-ce que c'est une potion permettant de changer la couleur des cheveux ?
_ Effectivement, ton œil est toujours aussi aiguisé, Argetlam. Est-ce que vous voulez du thé ? Je veux vraiment entendre tout ce qu'il s'est passé pour vous depuis que vous avez quitté Teirm.
Ils hochèrent la tête et acceptèrent une tasse de thé avant de relater leurs aventures. Angela les écouta attentivement, restant silencieuse tout du long. Lorsqu'ils eurent fini, elle se laissa aller dans son siège, l'air pensive.
_ C'est étrange, mais le nom de Murtagh me dit quelque chose, même si je ne parviens pas à mettre le doigt sur quoi exactement. C'est comme si on m'avait pris cette connaissance par magie sans que je ne m'en rende compte. Vous n'avez pas idée de ce que c'est ?
_ Non, pas la moindre idée, fit Aragorn. Et puis, Murtagh est notre demi-frère, on sait qu'on peut lui faire confiance.
Elle émit un petit son contemplatif avant de commenter :
_ Ceci mis à part, votre récit apporte des nouvelles fascinantes. Je savais que Galbatorix était allié à Durza, mais de là à penser qu'il se servirait de lui pour enchanter les urgals pour qu'ils lui servent d'armée... Un tel enchantement a dû demander beaucoup de temps et d'énergie. Durza est sans doute la plus grande menace pour les Vardens, si l'on excepte Galbatorix.
_ On sait, dit Aragorn. Même si la magie nous viens facilement, ça ne sera pas suffisent pour vaincre un Ombre.
Eragon hocha la tête pour soutenir les propos de son frère. Ils savaient pertinemment que leur magie était totalement au-dessus de tout, mais c'était seulement leur magie et leurs capacités psychiques. Physiquement parlant, ils restaient humains. Des humains forts, mais des humains quand même. Et même les elfes avaient du mal à tuer un Ombre. Seules deux personnes étaient connues pour avoir réussi un tel exploit, Laetri l'elfe et Irnstad le dragonnier, et y avoir survécu. Ils avaient beau pouvoir booster leurs capacités physiques temporairement pour être presque au niveau d'un elfe, ça leur prenait de l'énergie et ils ne pouvaient booster qu'une partie de leur corps. C'était utile pour une attaque rapide et déterminante, mais pas pour un duel qui pouvait durer.
Ils n'étaient pas invincibles et ils le savaient. Tout comme ils savaient que se reposer entièrement sur leur magie était stupide car certains ennemis ne pouvaient être vaincus par magie.
Angela reprit la parole :
_ Je déteste les Ombres. Ils pratiquent la plus sacrilège des magies, après la nécromancie. J'aimerais leur enfoncer un pieu dans le cœur et les jeter en pâture aux porcs !
Eragon grimaça et réprima un mouvement de recul face à sa véhémence contre les nécromanciens. Il était, techniquement parlant, un nécromancien.
Aragorn, voyant que le sujet mettait son frère mal à l'aise, dévia la conversation :
_ Et donc, qu'est-ce qui nous vaut l'honneur de ta présence à Tronjheim ?
_ J'aime être là où les choses intéressantes se passent. Je n'aime pas beaucoup Farthen Dûr, trop humide à mon goût. Et les gens sont tous si sérieux et si dignes, c'est à croire qu'ils ne savent pas vivre ! Ils sont tous probablement promis à une mort tragique, quoi qu'il en soit.
Elle poussa un long soupir et les jumeaux échangèrent un regard amusé avant de lui faire un sourire malicieux.
_ Ne t'en fait pas, Angela.
_ On compte bien semer le chaos.
_ Et casser leur monotonie quotidienne.
_ Après tout, on est les jumeaux chaotiques !
Elle éclata de rire et ils la suivirent. Puis elle commenta d'un ton amusé :
_ J'ai hâte de voir ça. Surtout lorsque tous ces nobles et dirigeants pompeux essayeront de mettre la main sur Aragorn.
Aragorn eut un rictus positivement démoniaque à ça et hocha la tête.
_ Oh, tu ne seras pas déçue.
_ Et puis, de ce que j'ai entendu, vous avez déjà créé des problèmes. Ou plutôt, vous avez résolu un problème.
_ Tu parles des jumeaux ? Je dois les interroger aujourd'hui pour essayer de voir ce qu'ils savent. Pour le moment, ils sont maintenus dans un coma artificiel pour éviter qu'ils n'essayent de s'enfuir ou de se tuer.
_ Je parle bien de ces deux drajl. Je ne leur ai jamais accordé la moindre once de confiance et vous avez prouvé hier à quel point j'avais raison. Quand je suis arrivée, j'ai eu une semaine de tranquillité avant que le garde m'ayant laisser entrer ne se mette à parler. J'ai été harcelée par tout les magiciens du coin, même s'ils méritent à peine ce nom, et surtout par ces drajl qui se mêlent de tout. J'ai fini par les menacer de les changer en crapaud... pardon, en amphibien, mais comme ça ne suffisait pas, j'ai fini par venir ici. C'est tranquille et isolé, personne n'aime monter aussi haut.
_ J'avoue que j'aime aussi être dans le coin, commenta Eragon. Mes capacités d'empathie me donnent de sérieuses migraines et je suis bien content d'être éloigné du gros de la foule. D'habitude ça ne me dérange pas trop, mais quand il y a beaucoup de personne qui ressentent la même émotion forte dans un seul endroit, c'est à peine si j'arrive à rester conscient. Et je sens qu'il y aura beaucoup de cas comme celui-là avec Aragorn et son statu de dragonnier.
_ Tu veux tester certains de mes anti-douleurs ? J'en ai développé de nouveau depuis la dernière fois.
_ Pourquoi pas, mais je doute qu'ils fonctionnent.
Elle hocha la tête mais alla quand même chercher trois fioles dans une caisse posée dans un coin et Eragon les mis dans sa poches.
Ils discutèrent encore un moment, mais les jumeaux durent partir quand Saphira leur annonça qu'un nain était là pour eux. Aragorn laissa donc tomber sa discussion sur les bienfaits d'ajouter de la coriandre à un breuvage de racine de mandragore et de langue de triton pour en augmenter l'efficacité.
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-sSs-
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Un nain les attendait effectivement devant le refuge. Il s'inclina et murmura :
_ Argetlam. Frère d'Argetlam.
Il avait un accent à couper au couteau et ses paroles suivantes ne firent que confirmer ce fait.
_ Bien, réveillés. Knurla Orik attendre vous.
_ Vous savez qu'on parle aussi le knurlan, fit Aragorn dans la langue naine.
Le nain les regarda avec surprise avant de faire un sourire en coin et de répondre dans sa langue :
_ C'est bon à savoir Argetlam. Orik vous attends devant la porte Nord. Le roi veut vous voir.
_ D'accord, dans ce cas on va y aller. Merci d'être venu nous prévenir, répondit Eragon dans la même langue.
Le nain s'inclina une dernière fois et s'en alla. Les jumeaux échangèrent un regard avant de monter sur Saphira qui se mit à descendre tranquillement en spirale vers la base de la montagne.
Dés qu'ils eurent atterrit, Orik couru vers eux et les salua.
_ Mon roi Hrothgar désire vous rencontrer tous les trois. Il a déjà parlé avec Brom et sait à quoi s'attendre. Dépêchez-vous, nous devons nous presser.
Ils trottinèrent derrière le nain dans Tronjheim, Saphira suivant sans difficultés. Les couloirs étaient bondés et on leur jetait beaucoup de regards, surtout quand les badauds se rendirent compte qu'il y avait deux jumeaux et que l'un d'eux devait être le dragonnier sans qu'ils puissent deviner qui.
_ Où allons-nous ?
_ Dans la salle du trône, sous la ville, répondit Orik sans ralentir. Ça sera une audience privée en signe d'otho, de bonne fois. Vous n'avez pas à vous adresser à lui de manière spécifique, mais soyez respectueux. Hrothgar est prompt à la colère, quoique sage. Il est aussi habile à lire dans l'esprit des humains, aussi ne parle-t-il qu'avec à-propos.
_ Un bon politicien, commenta joyeusement Aragorn. Ça risque d'être intéressant.
Lorsqu'ils arrivèrent dans le hall centrale de Tronjheim, ils furent entourés par la foule. Et avant qu'ils ne puissent poursuivre leur chemin, une vieille femme s'avança devant eux en tenant un petit ballot dans ses mains. Elle s'adressa à Eragon d'une voix rauque et désespérée :
_ Argetlam, s'il te plaît écoute ma supplique.
Eragon lui sourit avant de désigner Aragorn.
_ Je suis désolé, mais le dragonnier est mon frère, Aragorn. Moi, je suis Eragon. C'est à lui qu'il faut vous adresser.
Elle se tourna aussitôt vers Aragorn qui était ennuyé mais ne le montrait pas, gardant un visage neutre. Ce fut jusqu'à ce qu'elle tende le paquet qu'elle tenait et qu'un linge ne tombe en révélant le visage d'un bébé. Il pâlit très légèrement à ce moment-là. Eragon savait que son frère était très inconfortable avec les enfants en bas âge, particulièrement s'ils avaient moins de deux ans. Il ne savait pas trop si ça venait de sa défaite face à Harry Potter ou de son enfance à l'orphelinat, il n'avait jamais vraiment demandé. Ce qu'il savait, c'était qu'Aragorn refusait de s'en approcher de trop.
_ Cette enfant n'a pas de parents. Elle n'a que moi pour prendre soin d'elle, et je suis si faible... Bénis-la de tout ton pouvoir, Argetlam. Bénis-la et porte-lui chance.
Aragorn jeta un regard apeuré à son frère, pas que d'autre puisse le voir facilement, mais Eragon le connaissait bien.
« Qu'est-ce que je fais ? Je n'ai jamais bénis personne moi ! Maudit, oui, mais jamais bénis ! Et elle est toute petite et... Eragon ! Qu'est-ce que je fais ? »
« Calme-toi. Tu poses juste une main sur son front et tu dis une bénédiction. »
« Mais quoi ?! »
Eragon réfléchit un instant avant de dire :
« Atra guliä un ilian tauthr ono atra ono skölir fra rauthr. « Que la chance et le bonheur t'accompagne et puisse-tu être protégée du malheur. » Ça devrait le faire, non ? »
« Oui, tu as raison. Merci. »
« Attendez ! » fit Saphira. « Si je me souviens bien des cours de Brom, ça ne serait pas sköliro au lieu de skölir ? »
Ils y réfléchirent une seconde et Aragorn hocha la tête.
« Tu as raison Saphira. Heureusement qu'une de nous trois sais penser. »
« Oups, désolé. J'oublie parfois ma conjugaison. » fit Eragon.
Aragorn leva les yeux au ciel puis se tourna vers l'enfant. Quand il fallait y aller, fallait y aller. Il posa une main sur son front et prononça la formule adéquat. La femme le remercia avant de s'en aller, la foule l'entourant pour voir l'enfant bénis. Ils en profitèrent pour reprendre rapidement leur chemin.
« Plus jamais... »
« Arrête, me dis pas que tu as peur des enfants. »
« J'en ai pas peur ! Mais je ne sais absolument pas comment me comporter avec eux si ce n'est pas pour les tuer. »
Eragon leva les yeux au ciel avant de masser sa tempe. Saphira lui donna un petit coup de museau en demandant :
« Tu vas bien ? »
« Oui, juste une légère migraine. »
Orik les guida dans un escalier finissant cent pieds sous terre devant deux portes de granite ornées d'une couronne à sept pointes.
Sept nains montaient la garde de chaque côté des battants. Ils brandissaient des pioches polies et portaient des ceinturons incrustés de diamants. Lorsqu'ils s'approchèrent, les nains frappèrent le sol avec les manches de leurs pioches. Un bruit profond se répercuta, montant le long des escaliers et les portes s'ouvrirent vers l'intérieur. Un hall sombre s'étendait devant eux, de la longueur d'un jet de flèche. Les murs étaient bordés par des stalagmites et des stalactites, toutes plus épaisses qu'un homme. Des rares lanternes diffusaient une lumière tamisée. Le sol brun était lisse et plat. Au bout, on distinguait un trône noir sur lequel une silhouette immobile attendait.
Aragorn émit un sifflement mentale et commenta :
« Wow, ça, c'est du décorum. Je l'apprécie déjà. »
« C'est vrai que c'est une sacré mise en scène, intimidante et mystérieuse, tout ce qu'il faut pour intriguer et demander le respect sans émettre un son. » ajouta Eragon.
Orik s'inclina et dit :
_ Le roi vous attend.
Ils hochèrent la tête et s'avancèrent dans la pièce, les porte se refermant derrière eux, les laissant seuls avec le roi dans la salle obscure. Le bruit de leur pas retentissait dans le hall et ils pouvaient voir le long des murs, entre les stalactites et stalagmites, des statues de rois nains couronnés et assis sur leur trône. Ils regardaient devant eux, les traits de leurs visages figés dans des expressions féroces. Un nom était ciselé en runes naines sous leurs pieds.
Ils passèrent devant une quarantaine de statues et quelques alcôves vides avant de s'arrêter devant Hrothgar. Il était lui-même assis comme une statue sur son trône surélevé et taillé dans un seul bloc de marbre noir. Celui-ci était uni, sans le moindre ornement et découpé avec précision.
Le roi portait en guise de couronne un casque incrusté de rubis et de diamants. Son visage sévère et buriné par le temps était marqué par de longues années d'expérience. Ses yeux brillaient d'intelligence et son regard perçant ne laissait aucun doute quant à ses capacités de jugement. Il portait une côte de maille brillante et sa barbe blanche était retenue par sa ceinture. Sur ses genoux reposait un marteaux de guerre impressionnant dont la tête était décorée du symbole du clan d'Orik, le clan des forgerons.
« J'aime définitivement son sens du décorum. » fit Aragorn.
« Je m'en doute. » répondit son frère.
Les jumeaux s'inclinèrent rapidement sans pour autant se soumettre et Aragorn dit en langue naine :
_ Roi Hrothgar, je suis le dragonnier Aragorn et voici mon frère Eragon et ma dragonne Saphira.
Le roi eut un sursaut, comme s'il venait de s'éveiller d'un long sommeil. Il les fixa d'un long regard dur, puis dis d'une voix gutturale dans la même langue :
_ Argetlam, Brom m'a beaucoup parlé de vous trois. Je n'ai pas pu vous rencontrer avant, comme l'a fait Ajihad, car je devais négocier avec mes ennemis des autres clans. Ils exigeaient que je vous refuse l'asile à tous les trois et que je vous chasse de Farthen Dûr. Il m'a fallu beaucoup d'efforts et de persuasions pour les convaincre de changer d'avis. Et ce que m'a dis votre père n'arrange pas la situation.
_ Je vous remercie et m'excuse pour les soucis qu'ont causés notre arrivée. Quant à moi, je ne changerais pas pour plaire à qui que ce soit. S'ils ne sont pas content avec moi, ce n'est pas mon problème.
_ Non, c'est le mien. Cependant, je peux accepter tes raisons pour joindre la lutte contre Galbatorix et les conditions de ton alliance. Sois juste préparé à l'hostilité de certains clans, particulièrement celui des Larmes d'Anhûin.
_ Je m'en doute. Et qu'ils viennent, je n'ai pas peur d'une petite confrontation. Je sais que le Az Sweldn rak Anhûin haït les dragonniers avec passions et je me suis déjà préparé à leur hostilité.
Le roi hocha la tête, semblant être satisfait de sa réponse.
_ Bien, au moins tu es prévenu. Brom et Ajihad m'ont dis que tu n'avais aucune intention de prendre le trône de Galbatorix et je ne peux qu'approuver cette décision. Nul peuple devrait être gouverné par un chef trop jeune ou immortel. Le temps des dragonniers est passé, Argetlam, ils ne régneront plus jamais, même si les autres œufs que détient Galbatorix viennent à éclore.
_ Si on vous a parlé de nous, alors on a dû vous dire notre tendance à ignorer les mots comme « impossible » ou « jamais » et à défier toutes les attentes, répliqua Aragorn. Je compte bien recréer l'ordre des dragonniers et Eragon a pour plan de fonder une école de magie. On s'assurera juste que, cette fois, aucun de nos élèves ne puisse utiliser ses dons pour faire le mal. L'impossible n'est simplement que très difficile pour nous.
Le roi eut l'air amusé à ça.
_ Dans ce cas, j'attendrais de voir ce qu'il advient de vous et ce que vous accomplirez.
Puis il fixa le côté d'Aragorn où Zar'roc se trouvait.
_ Je vois que tu portes l'épée d'un ennemis. Je n'aime pas la voir, mais j'aimerais l'examiner, dit-il en tendant la main.
Aragorn haussa les épaules et la tira de son fourreau avant de la présenter au roi, pommeau en avant. Hrothgar la saisit et posa un œil d'expert sur la lame rouge. L'acier refléta la lumière vive de la lanterne. Le roi nain testa la pointe sur sa paume, puis il dit :
_ Une arme forgée de main de maître. Les elfes choisissent rarement de forger des épées. Mais quand il le font, le résultat reste inégalable. C'est une lame maudite, je ne me réjouis pas de la voir dans mon royaume. Cependant, porte-la si telle est ta volonté. Peut-être son destin changera-t-il.
Il rendit Zar'roc à Aragorn qui la rangea dans son fourreau avant de dire :
_ Je ne compte m'en servir que le temps qu'Eragon apprenne à m'en forger une meilleur.
_ Ah oui !
Le roi nain se tourna vers Eragon qui était resté silencieux pendant tout l'échange.
_ Eragon, fils de Brom, ton père m'a dit que tu comptais apprendre à forger en arrivant ici. À quel point es-tu déterminé à te dévouer à cet art ?
_ Lorsque j'entreprends quelque chose, je le fais jusqu'au bout. Je veux apprendre la ferronnerie et l'orfèvrerie, non seulement pour faire une arme à mon frère, mais aussi pour pouvoir créer certaines de mes inventions dont j'ai les plans dans mon journal.
_ Un autre se serait contenté de demandé à Rhunön, celle qui a forgé toutes les épées de dragonnier, de faire une arme. Et pourquoi ne pas montrer tes plans à des forgerons déjà remplis d'expérience ?
_ On n'est jamais mieux servit que par sois-même. Ce sont mes inventions, c'est à moi de les créer. Et je refuse que mon frère se batte avec du matériel que je n'aurais pas fabriqué et enchanté moi-même. J'apprendrais à forger et je lui ferais une épée.
Le roi hocha la tête avec approbation avant de dire :
_ Dis donc à mon neveu de t'emmener voir Gurdil. C'est l'un de nos meilleurs forgerons et il saura te former.
_ Votre neveu ?
_ Orik, le plus jeune fils de ma sœur. J'espère qu'il vous a bien servit en tant que guide jusque là.
_ Il a été un excellent guide, acquiesça Aragorn. Et on l'apprécie aussi, il a un bon caractère.
_ Et il semble arriver à suivre naturellement nos excentricités, ce qui n'est pas le cas de tous.
_ Tant mieux ! s'exclama le roi. Malheureusement, je ne peux parler avec vous davantage. Mes conseillers m'attendent, il me faut m'occuper de certaines affaires. Toutefois, je vous direz ceci : si vous souhaitez que les nains de mon royaume vous soutiennent, il faudra faire vos preuves. Les actes sont de biens meilleurs discours que de simples paroles. Nous avons une longue histoire et ne prenons pas de décision hâtives. Votre maîtrise de notre langue est déjà un bon point en votre faveur, mais ça ne suffira pas à vous faire une place définitive.
_ Nous garderons ceci à l'esprit, répondirent-ils en s'inclinant.
Le roi hocha la tête, satisfait et les congédia. Ils sortirent et retrouvèrent Orik de l'autre côté des portes. Le nain avait l'air anxieux et demanda aussitôt en les guidant dans l'escalier :
_ Tout s'est bien passé ? Vous a-t-on reçu favorablement ?
_ Tout s'est très bien passé, sourit Eragon. Il m'a demandé de te dire de m'introduire auprès de Gurdil.
Orik hocha la tête et dit :
_ Je le ferais après votre test. Gurdil est bourru et intraitable, mais un bon forgeron et un bon professeur.
_ Personnellement, commenta Aragorn, j'adore sa salle du trône et son sens du décorum.
Orik eut un petit rire et lui répondit :
_ Je m'assurerais de lui dire. Venez, vous devez avoir faim.
Ils le suivirent tranquillement dans les couloirs en direction de la cuisine pour prendre un petit déjeuner tardif.
« Je n'aimerais pas que Hrothgar soit fâché contre nous. » commenta Saphira.
« Moi non plus. » commenta Eragon. « Je me demande ce qu'il a pensé de toi. Il n'a pas l'air de tenir les dragonniers ou les dragons en haute estime. »
« D'après Brom, les nains n'ont jamais apprécié les dragons et se plaignaient toujours des dragonniers, même s'ils reconnaissaient leur utilité dans le maintient de la paix. » fit Aragorn.
« Dans tous les cas, il a bien fait de garder le silence sur son avis. » dit Saphira. « Après tout, il ne m'arrive qu'au genou. »
Ils sourirent face à ça, leur dragonne ne changera jamais.
Une fois dans les cuisines, Eragon se mit au travail. Ils devaient manger et rejoindre Brom au terrain d'entraînement pour leur test. Leur journée s'annonçait vraiment chargée.
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Merci d'avoir lu !
Un p'tit com' ?
Pilou.
