Salut !
Ouch, sacré retard... Mais qui dit vacances, dit fainéantise !
.
Remarques :
.
Alors, oui, Eragon va apprendre les bases de la ferronnerie avec un nain, Gurdil.
J'aime mettre des chansons en tête.
La bénédiction a fonctionné comme elle devait et donc la petite va avoir une super vie sans aucun lien avec la guerre.
Merci pour vos commentaires, ça fait vraiment plaisir de voir que ma fic plaît !
Et pour ceux qui ne lisent pas « 1000 perles blanches » : la suite du Nécro ne sera pas dans cette fiction. Ça sera une fiction totalement séparée.
Sinon, j'ai commencé une fiction sporadique « La loi de Murphy » pour ceux que ça intéressent.
.
Bonne lecture !
Pilou.
.
.
Chapitre 21 : Le grand amour d'Aragorn.
.
Ils prirent un rapide petit déjeuner, puis Orik les conduisit au terrain d'entraînement. Il leur dit en chemin :
_ Il y a beaucoup de monde là-bas, donc Eragon, si tu as un problème, dis-le. Ce serait mieux si Saphira ne venait pas, histoire de ne pas trop attirer l'attention, mais je suppose qu'elle veut venir.
« Un peu que je viens ! Ils seraient capables de se faire tuer si je ne les surveillais pas. »
_ Hey ! C'est Eragon qui attire les ennuis, pas moi !
_ Ara ! Et puis, il y aura Brom pour s'occuper des dégâts collatéraux.
« Je viens quand même. »
Ils levèrent les yeux au ciel et Orik ricana un peu, les interactions entre les trois étaient toujours aussi intéressantes.
_ Au fait, tu as vu Murtagh ?
_ Oeí, il était à la bibliothèque avec Nasuada, la fille d'Ajihad.
_ Bibliothèque ? Fit aussitôt Aragorn. Vous avez une bibliothèque ?
_ Oeí ! La plus grande d'Alagaësia. D'après Brom, celle à la capitale des elfes est de taille semblable et il se pourrait que le roi en ait une grande lui aussi, mais la nôtre est la plus vieille et la mieux remplie.
Eragon pouvait presque voir son frère saliver mentalement à l'idée de cette bibliothèque. Et il osait dire qu'il n'était pas un Serdaigle caché. Si il le laissait faire, il était certain qu'Aragorn vivrait dans une bibliothèque.
_ Je veux la voir, fit aussitôt Aragorn.
_ Je pourrais t'y guider cet après-midi, dit simplement Orik.
« Je te préviens tout de suite, Ara, si tu ne te pointes pas aux repas à heures fixes, tu te débrouilles pour trouver à manger. Et t'as intérêt d'être à la grotte pendant la nuit. Ou dans le lit d'une conquête. Du temps que tu dors et ne passes pas ta vie dans la bibliothèque. »
« Tu exagères Eragon, je ne suis pas comme ça du tout ! Je sais qu'il faut manger et dormir. »
« Rappelles-moi qui refusait de sortir de la bibliothèque de Jeod et qui j'ai dû tirer de force de la pièce pour aller manger et dormir ? J'ai même dû mettre une barrière temporaire pour t'empêcher d'y aller de nuit ! »
« On te connaît, petit Homme. »
Aragorn poussa un grognement ennuyé et les coupa tous les deux de son esprit, pour leur plus grand amusement.
« Il boude. »
« Il l'a cherché. »
« Tu paries que je suis obligé de lui rappeler régulièrement qu'un être humain a besoin de trois repas par jour et d'un minimum de six heures de sommeil par nuit ? »
La dragonne se contenta de rire alors qu'ils arrivaient au terrain d'entraînement. Le fracas désordonné des combats était fort et il pouvait voir au moins deux cent Vardens en train de s'entraîner au maniement d'armes diverses, allant de l'épée au fléau en passant par la fourche, et de boucliers de formes et tailles variées. Ils portaient tous une forme d'armure et Eragon les observa avec intérêt pour voir le style de l'époque. Il essayait aussi très fortement d'ignorer la cacophonie d'autant d'âme dans un seul endroit. Heureusement que les soldats étaient trop pris par leurs entraînements pour leur accorder plus d'un regard et que leur concentration cachait tout autre émotion. Il pouvait cependant facilement sentir la légère surprise à sa vue, mais il se doutait que toute la ville-montagne était au courant de son existence, après tout, rien ne voyageait plus vite que les rumeurs. Il le savait bien, il avait eu beaucoup d'expériences avec le RIP (Réseau d'Informations de Poudlard) quand il était à l'école avec toutes ces rumeurs qui couraient sur lui.
Il y avait des nains et des humains, mais les deux peuples ne se mélangeaient pas vraiment. Dans le fond, ils pouvaient voir une vaste rangée d'archers qui tiraient sur des mannequins de chiffon.
Les jumeaux cherchèrent Brom ou Arya du regard et les virent en compagnie d'un homme barbu dont la tête et les solides épaules étaient recouvertes par une coiffe de maille et ayant le reste de son corps protégé par une grossière combinaison en cuir de bœuf, encore parsemée de poils. L'énorme épée dans son dos devait bien faire la taille d'Eragon et Aragorn ne put s'empêcher de commenter :
« Tu sais, j'ai toujours pensé que plus l'épée est longue et large, plus son manieur avait quelque chose à compenser. »
« Dans ce cas, tu as plus à compenser que moi. »
« Ouche, c'était petit ça, Era. »
« Tu me tends une perche là, tu sais ? »
« Et elle est très... »
« Silence vous deux ! C'est ennuyeux... Et vous êtes jumeaux, donc identiques. »
« Si on ne peut plus plaisanter. » grommela Eragon.
« Vous n'avez qu'à faire des plaisanteries moins grossières. »
« On ne peut pas faire plus grossier que sa combinaison. Regarde-moi ça, il reste des poils de bœufs. » commenta Aragorn.
« Tu m'étonnes... Il aurait pu avoir la décence de s'en faire une correcte. » acquiesça Eragon.
Saphira soupira en les entendant et se coucha à côté du terrain avec un grognement. Ses garçons étaient parfois de vrais idiots...
Les jumeaux ricanèrent à leurs conneries et rejoignirent le petit groupe de trois. Eragon leur fit un sourire avant de les saluer joyeusement :
_ Bonjour à tous ! Belle journée non ?
_ Qu'est-ce que vous avez encore fait comme connerie ?
_Brom ! Qu'est-ce qui te fait dire qu'on a fait une connerie ?
_ Votre bonne humeur, vos ricanement en arrivant et le fait que j'ai entendu dire que tu avais fait une bénédiction, Aragorn.
_ D'accord, je plaide coupable pour la bénédiction, fit Aragorn.
_ Il était d'ailleurs en train de totalement paniquer à l'intérieur, commenta Eragon. Qui aurait cru qu'un sadique sociopathe se baignant dans le sang de ses ennemis en riant comme un dément serait totalement paniqué à l'idée de s'approcher d'un nouveau-né ?
_ Je ne paniquais pas ! Et je ne fais pas tout ce que tu viens de dire ! Tu sais à quel point c'est difficile de laver le sang des vêtements ?
_ Tu paniquais Ara, avoues-le.
Brom toussota avant que la discussion ne puisse se poursuivre et ils pouvaient voir les personnes qui avaient écouté et qui hésitaient entre être amusées ou perturbées par les paroles d'Eragon. Le vieil homme reprit la parole :
_ Aragorn, tu es paniqué à l'idée de t'approcher d'un enfant de moins de deux ans, on l'a tous vu au village, donc ce n'est pas la peine d'essayer de nier.
_ Exactement, c'est comme quand il insiste qu'il n'est pas cleptomane, acquiesça Eragon.
_ Clepto-quoi ? demanda Arya.
_ Cleptomane, ça veut dire qu'il ne peut pas s'empêcher de voler, expliqua Eragon. Donc si tu as des petits objets qui disparaissent, c'est probablement lui qui les a pris.
_ Je ne suis pas clepto !
_ Bien sûr, fit Eragon d'un ton sarcastique. Et les livres que tu as piqués dans la bibliothèque de Jeod ?
_ Je te ferais dire que je les ai copiés par magie avant de les prendre.
_ En laissant les copies là-bas.
_ Et alors ? Les originaux sont de bien meilleure qualité !
Brom les interrompit de nouveau avec un air clairement amusé sur le visage.
_ Les tendances cleptomanes de Aragorn misent à part, concernant cette bénédiction, est-ce que je peux avoir les paroles exactes que tu as prononcé ?
Aragorn grommela un peu, mais répondit quand même en donnant la phrase utilisée. Brom hocha la tête, satisfait en commentant :
_ Bien, au moins tu ne l'as pas maudite sans faire exprès.
_ Évidemment ! Si je maudis quelqu'un, ce sera volontaire et pas autrement.
_ Euh... Ara, je crois qu'un héros n'est pas sensé maudire des gens.
_ Tu plaisantes j'espère ? Même les ennemis ?
_ Yeah. Je crois que c'est dans le code du héros, tu sais, ne pas faire ce que l'ennemi ferait, tout ça, tout ça.
_ Et après tu t'étonnes que les héros gagnent toujours sur un coup de chance improbable. Parce que généralement, les méthodes ennemies sont beaucoup plus efficaces.
_ Oui, mais c'est pas la méthode des « gentils » donc il risque d'y avoir des gens bien pensants et avec un balais profondément enfoncé là où le soleil ne brille jamais, qui te diront toujours que c'est pas bien sur un ton déçu et finiront par te traiter comme le prochain seigneur des ténèbres en devenir.
_ Tu sais, c'était plus facile d'être le vilain de l'histoire...
_ Je suppose, au moins tu pouvais faire ce que tu voulais sans qu'on vienne t'emmerder en permanence parce que c'est pas bien.
_ Et si je choisi d'être un anti-héros ? Comme Deadpool ?
_ Si seulement ce comics était sorti plus tôt pour que je le prenne comme modèle... Mais ouais, tu peux définitivement faire comme lui.
Arya regarda Brom, Orik et Fredric et demanda :
_ Est-ce que vous avez la moindre idée de ce dont ils parlent ?
_ Plus ou moins, répondit Brom.
_ Est-ce qu'il discutent vraiment des règles à suivre pour un héros comme si cette guerre était un jeu ? demanda Fredric d'un ton incrédule.
_ Oui, dit Brom avec un soupir las. Ils ne prennent jamais rien au sérieux.
_ Je doute toujours que ce soit une bonne chose qu'Aragorn soit le Dragonnier, fit Arya.
_ On ne peut plus y faire grand chose, répondit simplement Brom. Les garçons !
Les deux jumeaux se tournèrent vers leur père et levèrent un sourcil en synchronisation.
_ Oui Brom ?
_ Je vous présente Fredric, l'un des maîtres d'armes des Vardens. Il supervisera le test pour Ajihad. Arya va vous tester magiquement et physiquement.
_ Attend, « vous » ? Ça veut dire que je dois aussi passer un test ?
_ Bien sûr, répondit Arya. Il faut savoir ce dont tu es capable pour être sûr que tu ne seras pas un point faible pour ton frère, au vue de votre lien.
_ Mais... Je ne suis pas un soldat ou un combattant ! On s'est mis d'accord pour que je ne participe à aucun combat.
_ Eragon, fit doucement Brom. Tu ne participera à aucun combat, ce test est juste pour voir si tu peux te défendre si on t'attaque et que ton frère et Saphira ne sont pas là pour te protéger.
Eragon soupira avant de hocher la tête. Il voulait garder ses compétences secrètes le plus possible. Un bon assassin ne laissait pas voir qu'il était un assassin.
Arya commença par les tester individuellement à la magie, leur demandant de faire des exercices de plus en plus compliqués. Les jumeaux s'exécutèrent docilement, prenant même la peine d'utiliser l'ancien langage. Après tout, ils ne connaissaient pas encore tous les espions du roi, donc il valait mieux que leurs dons en magie informulés restent cachés pour le moment. Ils passèrent haut la main sans s'épuiser et réussirent même à invoquer l'essence d'un anneau d'argent. L'elfe était bien obligée d'être impressionnée par leurs capacités. Mais, en même temps, ce n'était pas leur manque de capacité qu'elle n'aimait pas, c'était leur caractère et leur comportement. Et si Brom disait vrai, ce dont elle ne doutait pas, alors ils se retenaient dans le test et ne montraient pas la vraie étendue de leurs pouvoirs.
Le vrai test fut celui du combat physique. Comme ils l'avaient dis à Angela, la force des jumeaux reposait sur leur magie. Aragorn était peut-être doué à l'épée, mais c'était dans les limites de son corps humain. Et Eragon maîtrisait à peine l'épée et n'avait pas une vraie formation dans le maniement de la dague, Brom n'ayant quasiment rien pu lui apprendre dans cet art, le forçant à apprendre tout seul en se battant contre Aragorn et leur père.
Aragorn fut le premier à passer.
Lorsque les deux adversaires se firent face, lames protégées et tenues dans leurs mains gauches respectives, le silence se fit, un cercle de spectateur se formant autour d'eux. Les Vardens étaient intrigués et voulaient voir ce que ce dragonnier valait.
Arya s'attendait à ce qu'Aragorn plaisante ou joue, comme il semblait en avoir l'habitude, mais à la place, elle se retrouva face à un guerrier sérieux. Il avait le visage fermé et ses yeux suivaient les moindres de ses mouvements, le regard acéré et alerte, le corps détendu pour pouvoir parer à toute possibilité rapidement, et l'épée tenue d'une main ferme. L'aura qu'il dégageait avait aussi changée. Elle n'était plus joueuse ou indifférente, elle avait l'impression de se retrouver face à un prédateur surveillant sa proie, attendant le bon moment pour frapper, comme un chat jouant avec une souris. Mais elle n'était pas une souris.
Le combat s'engagea et Aragorn fit de son mieux pour suivre le rythme de l'elfe. Il pouvait voir qu'elle se retenait légèrement pour ne pas le vaincre immédiatement, pour qu'il puisse montrer ce qu'il savait faire. Il eut un sourire carnassier, il allait lui montrer. Il utilisa son énergie spirituelle pour améliorer ses capacités dans le haut de son corps et se mit à enchaîner les attaques les unes après les autres, privilégiant l'esquive quand il le pouvait et déviant l'épée de l'elfe au lieu d'essayer de parer quand il ne pouvait pas bouger assez vite. Il passait d'une feinte à l'autre, multipliant les bottes, les combinant et les modifiant de toutes les manières possibles, utilisant même des coups au corps à corps qu'il avait appris en affrontant son frère à la dague.
Ils étaient plongés dans une chorégraphie mortelle et dangereuse et le sourire sauvage du dragonnier ne le quitta pas une seconde. Il avait beau savoir qu'il perdait et que l'elfe était plus forte, il appréciait énormément le combat, justement parce qu'elle était plus forte et représentait donc un défi. Il aimait pouvoir se mesurer à quelqu'un qui pouvait tenir contre lui et qui le mettait en difficulté, parce que ça lui permettait de s'améliorer et de devenir de plus en plus fort.
Il ne savait plus depuis combien de temps il luttait contre l'elfe, mais elle finit par le battre et placer sa lame sur sa gorge. Il pouvait entendre les applaudissements de la foule et le rugissement de Saphira, mais Aragorn ne s'en soucia pas. Il éclata de rire en se laissant tomber au sol et commenta joyeusement :
_ Il faudra qu'on recommence ça Dröttningu ! Mais cette fois, sans que tu ne te retiennes.
Il la regarda avec le regard brillant d'excitation et le même sourire sauvage qu'il avait gardé pendant tout le combat. Arya leva un sourcil, comprenant visiblement mal l'éclat dans son regard, avant de répondre sèchement :
_ Tu es reçu, Dragonnier. Peut-être qu'on s'affrontera de nouveau.
Il eut un reniflement amusé en se redressant et dit en ancien langage :
_ Ne t'en fais pas princesse, je ne te faisais pas d'avances, j'aime juste me battre contre quelqu'un qui peut me donner un vrai défi. Tu es beaucoup trop sérieuse pour moi de toute façon.
Il lui fit un clin d'œil malicieux et elle leva les yeux au ciel. Puis, il se leva et se dirigea vers Saphira, frappant au passage dans la main d'Eragon qui s'avança dans le cercle pour faire face à l'elfe. Aragorn prit une gourde que lui tendait Brom et bu de longues goulées d'eau alors que Fredric le félicitait :
_ Alors, ça, c'est de l'escrime ! J'ai appris quelques nouveaux enchaînements en vous regardant. Et l'elfe... stupéfiante !
_ Attends de voir mon frère manier ses dagues, commenta Aragorn. Il est peut-être passable à l'épée, mais il est doué avec ses couteaux.
Le silence se fit de nouveau en voyant Eragon sortir ses deux dagues et les protéger avec sa magie. Arya et lui se mirent en garde et Eragon s'efforça d'enfermer sa migraine dans un coin de son esprit. L'excitation de la foule le submergeait légèrement. Il ferma les yeux brièvement pour se concentrer et s'efforça de n'entendre que la mélodie boisée de l'elfe en face de lui. Il rouvrit les yeux en expirant lentement et se concentra totalement sur son adversaire. Arya prit ce moment comme sa permission pour commencer le test et attaqua.
Il tomba dans une posture familière et commença à parer et attaquer en se servant de ses dagues et de son corps, mêlant des attaques au corps à corps et celles de ses lames. Il se concentrait uniquement sur l'elfe en face de lui, n'écoutant que sa mélodie, ne voyant que ses mouvements et manipulant rapidement son énergie psychique pour donner des petits boost de vitesse ici et là quand il en avait besoin. Son style se portait plus sur l'esquive et la déviation d'attaque pour donner des coups précis et létaux que sur l'escrime réelle, raison pour laquelle il préférait la dague à l'épée.
Au bout d'un moment, à force de se concentrer sur la mélodie d'Arya, il commença à caler sa respiration sur celle de l'elfe, puis à s'harmoniser avec sa mélodie pour prévoir où elle allait attaquer ensuite.
Arya était surprise, elle savait qu'elle avait l'avantage, mais à un moment du combat, elle put littéralement voir le garçon changer de posture. Il prévoyait ses attaque avec encore plus de précision qu'auparavant et parvenait à bouger hors du chemin quasiment à chaque fois. Brom lui avait dit qu'Eragon n'était pas un guerrier et détestait tuer. Alors pourquoi est-ce que le garçon qu'elle affrontait avait-il l'aura d'un assassin, froide et létale. Elle pouvait quasiment voir la mort dans le regard de l'adolescent.
Brom avait raison, il n'était pas un guerrier. Il avait le potentiel d'un assassin.
Elle termina le combat rapidement après cette révélation, arrêtant totalement de se retenir et désarmant Eragon avec rapidité avant de pointer son épée sur son cou.
Eragon cligna des yeux à la fin du combat, se réveillant de la transe dans laquelle il était tombé lorsqu'il s'était synchronisé à Arya. C'est à ce moment-là que les émotions de la foule le submergèrent brutalement et il tomba à genoux en portant ses mains à sa tête en poussant un léger cri de douleur.
Aragorn, en voyant son frère s'effondrer en se tenant la tête, se précipita vers lui et essaya de lui parler, oralement et mentalement, mais il ne répondait pas. Saphira se précipita vers eux et Brom et Aragorn mirent le garçon sur le dos de la dragonne qui décolla aussitôt pour l'emmener au calme dans leur grotte.
Fredric s'avança et demanda, surpris, comme le reste, par la réaction étrange d'Eragon.
_ Qu'est-ce qui vient de se passer ?
_ Eragon est un empathe, c'est l'une des raisons principales pour lesquelles il ne doit pas se battre. Il contrôle mal la portée de son don et serait totalement submergé par les émotions de deux armées sur un champ de bataille. Il a réussi à ignorer la foule autour de lui en se concentrant uniquement sur Arya, mais quand sa concentration s'est brisée à la fin du combat, tout lui est tombé dessus brutalement. Il risque d'être endormi pour un moment.
_ Je vois, fit le maître d'arme.
Arya s'approcha d'eux et fixa Brom et Aragorn avant de dire en ancien langage :
_ Vous avez raison, il n'est pas un guerrier. Ce que j'ai combattu était un assassin.
Brom fronça les sourcils avant de dire lentement :
_ Peut-être qu'il en a le potentiel. Mais Eragon n'aime pas tuer et je l'ai vu suffisamment de fois faire des cauchemars à ce sujet pour en être sûr.
_ Et j'espère que tu as raison sur ce point, acquiesça Arya.
Brom hocha la tête et Aragorn ne leur prêta pas plus attention. Il était juste content qu'ils ne se doutent pas de la décision d'Eragon de suivre la profession pour laquelle il était doué.
Il se tourna plutôt vers Orik, et lui demanda de le conduire à la bibliothèque. Le nain accepta et l'y conduisit aussitôt.
Lorsqu'ils arrivèrent, Aragorn resta figé un instant devant l'immense salle. Des rangées de colonnades gracieuses s'élevaient jusqu'à se perdre vers le faîte sombre et divisé en cinq étages. Entre les piliers, des étagères de marbre noir étaient disposées dos à dos. Des casiers de rouleaux couvraient les murs, reliés par d'étroite passerelles qu'on rejoignait au moyen de trois escaliers en colimaçon. À intervalles réguliers, le long des murs, des bancs de pierre étaient installés face à face. Devant, il y avait des tables basses dont les pieds semblaient prendre racine à même le sol.
Des livres et parchemins innombrables étaient conservés dans la pièce. La bibliothèque était tellement plus grande et majestueuse que celle de Poudlard et l'odeur de parchemin vieillit et d'encre titillait plaisamment ses narines. Tellement de connaissances dans un seul endroit.
_ Voici le véritable héritage de notre race, déclara Orik. Ici sont conservés les écrits de nos plus grands rois et de nos plus grands savants, depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours. Ici sont aussi préservés les chansons et les récits composés par nos artisans. Cette bibliothèque est peut-être notre bien le plus précieux. Mais il n'y a pas que nos ouvrages : tu y trouveras aussi des œuvres d'humains. Ceux de ta race ne vivent pas longtemps, mais ils écrivent beaucoup ! Nous n'avons presque rien des elfes. Eux gardent jalousement leurs secrets !
Aragorn hocha lentement la tête, n'écoutant que d'une oreille distraite. Il murmura doucement, d'un ton révérencieux :
_ Je crois que je suis amoureux...
Orik eut un reniflement amusé à la réaction du dragonnier et Murtagh qui arrivait avec une jeune fille noire qui devait être Nasuada commenta d'un ton amusé :
_ Voilà ce qui explique pourquoi tu passes ton temps à courir d'une conquête à l'autre, tu n'as de place dans ton cœur que pour des livres.
Aragorn hocha la tête, sans l'écouter. Ils pouvaient voir qu'il mourrait d'envie de disparaître dans les rayonnages. Orik eut pitié de lui et dit :
_ Tu peux rester autant de temps que tu veux, Argetlam.
Aragorn ne se le fit pas dire deux fois et disparut dans l'immense pièce.
Murtagh rit doucement avant de commenter à Nasuada :
_ Et ça, c'était mon plus jeune frère et le dragonnier. D'après Eragon, si Aragorn le pouvait, il vivrait dans une bibliothèque.
_ Au vue de sa réaction, ça ne m'étonnerait pas que ce soit vrai.
Murtagh hocha la tête avant de se tourner vers Orik.
_ Est-ce que tu sais où est Eragon ?
_ Il est à la maison des dragons, les émotions de la foule lors du test étaient trop fortes pour lui.
_ Je vois, dans ce cas je lui rendrais visite plus tard.
Les deux jeunes gens se séparèrent du nain qui décida de profiter de son temps libre pour s'entraîner. Le dragonnier pourra bien retrouver son chemin tout seul, s'il décidait de sortir un jour de la bibliothèque.
.
.
Merci d'avoir lu !
Votre avis ?
Pilou.
