Merci à Fleur d'Ange pour ses reviews et à Polka60 pour sa correction de ce chapitre ! Bonne lecture !

III. Girls don't like girls


Destinatrices : ''Les Garces de Serpentard''


Pansy écrit :

Quelqu'un peut expliquer à Lavande Brown que les gloussements stupides n'ont jamais été un moyen efficace pour attirer les garçons ?

Millicent écrit :

Je ne sais pas ce qui est le plus barbant. Voir Brown rire comme une truie sur le point de mettre bas ou ce cours d'Histoire de la Magie.

Tracey écrit :

Gerbant. Je suis quasiment sûre de l'avoir vue déboutonner un bouton supplémentaire de sa chemise d'uniforme avant de s'asseoir à côté du nouveau – elle est collée à lui depuis le début des cours.

Pansy écrit :

Brown n'est qu'une sombre pute, c'est de notoriété publique.

Millicent écrit :

Alors Daphné, on ignore ses meilleures amies ? Nous n'avons pas encore eu ton opinion sur la question.

Tracey écrit :

Elle ne nous écoute pas. Elle a l'air d'être complètement subjuguée par Binns et le cours.

Pansy écrit :

Je parie qu'elle est encore en train de ruminer sur la fête de vendredi soir et la provocation de Weasley. Elle est d'humeur encore plus exécrable que d'habitude, depuis.

Millicent écrit :

En tout cas, elle est en train de rater une conversation des plus profondes. Je vais essayer d'attirer son attention.

Daphné écrit :

Tu n'avais pas besoin de me mettre un coup de coude dans les côtes pour attirer mon attention, Millicent. Et non, Pansy, je ne rumine pas sur la stupidité de Weasley. Je ne lui donne même pas un mois dans cette école avant qu'elle demande à se faire transférer ailleurs.

Pansy écrit :

Ça c'est ma Daphné. Délicieusement garce. Quel est le plan ?

Daphné écrit :

Je vais la détruire. Elle va regretter d'avoir mis les pieds dans cette école.

Pansy écrit :

Ça s'annonce terriblement excitant, sortez le popcorn !


La sonnerie annonçant la fin du double cours d'Histoire de la magie retentit enfin et tous les élèves s'empressèrent de ranger leurs affaires avant de quitter la salle de classe. La moitié des élèves avait somnolé pendant la leçon et l'autre moitié avait profité de la nonchalance de Binns pour terminer leurs devoirs de Sortilèges, à rendre pour le lendemain. Seules les têtes de classe, comme Hermione Granger, Ernie Macmillan ou encore Blaise Zabini semblaient immunisés contre les discours soporifiques du professeur fantôme.

Tracey Davis referma son journal personnel d'un coup sec et quitta à son tour la pièce, avant de se diriger vers son cours de Runes. Aucune de ses amies n'avaient choisi ce cours optionnel et Tracey faisait parfois l'effort de se socialiser avec d'autres élèves.

Malgré ce qu'on pouvait penser d'elle, Tracey n'était pas une peste sans cœur. Elle laissait plutôt ce rôle à Pansy et Daphné qui y trouvaient un plaisir évident. Certains la pensaient faible, sans personnalité et on clamait généralement qu'elle était influencée par les autres filles de son groupe.

Aucun d'entre eux ne savaient que Daphné et les autres filles avaient été les premières à l'accepter, à son arrivée à Poudlard. Lorsque sa famille avait emménagé au Royaume-Uni, à ses douze ans, elle avait eu du mal à s'acclimater à la culture de ce nouveau pays, si loin de son île d'origine, Trinité-et-Tobago. Daphné l'avait immédiatement prise sous son aile et Tracey avait trouvé un certain réconfort à l'idée d'être épaulée par cette fille inconnue. Malgré ce qu'on pouvait dire de Tracey et de ses amies, elles étaient toutes loyales les unes envers les autres et se protégeaient avec virulence.

Les premières années au Royaume-Uni avaient été difficiles. Il avait fallu s'habituer à ce mode de vie totalement différent de ce qu'elle avait connu auparavant. Elle avait finalement fini par adopter cette nouvelle culture.

Les parents de Tracey, particulièrement son père, avaient observé ce changement d'un œil mauvais. Desomond Davis, son père, était un homme conservateur, profondément attaché aux traditions de son pays d'origine. Peu importait le nouvel environnement dans lequel sa famille vivait désormais, il était primordial pour lui que ses enfants reçoivent la même éducation que la sienne. Pour une raison inconnue, il était toutefois moins strict avec Clive et Fitzroy, les frères cadets de Tracey.

« C'est parce que tu es l'aînée et que tu es une femme, répondait sa mère, Eralia Davis, lorsque Tracey l'interrogeait sur la question. « La vie n'est pas la même pour une femme et elle a besoin d'être protégée. »

Évidemment, sa mère avait toujours été une femme entretenue et soumise à son mari.

Tracey peinait parfois à accepter le manque de flexibilité de ses parents mais elle n'avait jamais osé élever la voix ni s'opposer à leurs ordres de manière frontale. Sans doute était-ce son envie d'éviter à tout prix le conflit. Quoi qu'il en soit, elle avait parfois l'impression de vivre une double vie. Il y avait la fille qu'elle était devant ses parents, une Tracey sage, polie et renfermée. L'autre Tracey, elle, vivait comme bon l'entendait et n'avait de compte à rendre à personne.

Tout avait changé durant l'été dernier. Son père lui avait annoncé que sa majorité signifiait qu'il était temps qu'elle se marie. L'idée de se retrouver mariée avec un homme qu'elle connaissait à peine lui avait retourné l'estomac et elle avait passé deux jours à sangloter dans son lit.

Merlin, l'idée même de toucher quelqu'un du sexe opposé l'écœurait. Et pas seulement parce qu'elle avait une peur bleue des germes, non. Les garçons n'étaient intéressés que par une chose, en particulier à leur âge.

Le Sexe.

Rien que le mot la faisait frissonner intérieurement et lui provoquait des sueurs froides.

Tous les adolescents de son entourage – ses meilleures amies y compris - semblaient animés par des hormones qui ôtaient leur capacité à prendre des décisions réfléchies.

Il y avait bien eu Zacarias Smith, pendant sa quatrième année. Poussée par ses amies et lassée d'être sans cesse qualifiée de ''coincée'', elle avait accepté son rendez-vous à Pré-au-Lard. L'après-midi s'était révélée être un vaste fiasco. Tracey avait lestement tenté d'éviter ses tentatives de rapprochement et, lorsqu'il avait tenté de l'embrasser dans le salon de thé de Madame Pieddodu, elle avait lâché un hurlement strident. Tous les regards s'étaient tournés dans leur direction.

Zacharias, lui, l'avait regardée comme une malade mentale. Pansy et Millicent s'étaient esclaffées pendant une semaine entière après le désastre. Seule Daphné était restée de marbre, et s'était contentée de lui jeter un regard troublé. Daphné était d'ailleurs la seule de ses amies au courant de la demande récente du père de Tracey.

« Fugue. » avait-elle dit. « Viens vivre chez nous. Mon père t'adore, il accepterait en un clin d'œil. »

Au début, l'idée de Daphné avait paru séduisante. Après tout, Tracey venait de fêter ses dix-sept ans, ce qui faisait d'elle une sorcière majeure, libre d'aller où elle le souhaitait sans l'autorisation de son père. Mais la réalité l'avait bien vite rattrapée. Elle était jeune, sans argent, sans toit et l'idée de s'imposer chez la famille de sa meilleure-amie était embarrassante. Si elle voulait vraiment s'échapper du joug de son père, il fallait qu'elle soit totalement indépendante. Assurer son avenir était donc désormais sa priorité.

Tracey entra dans la salle où se déroulait son cours de Runes et s'installa sur l'un des bancs de la pièce, avant de sortir son grimoire.

« Cette année, la partie théorique de vos examens d'ASPICs sera basée sur un travail de recherche. Vous devrez rendre un parchemin de cent pages sur le sujet de votre choix. Il faudra ensuite présenter votre travail au panel d'instructeurs en mai prochain. » expliqua le professeur Bathsheda Babbling. « Vous travaillerez également en binôme tout au long de l'année sur ce projet. Vous pouvez donc choisir votre partenaire, aujourd'hui. »

Tracey tourna la tête. Seule une dizaine d'élèves de septième année avaient choisi de garder l'Étude des Runes en cours optionnel et tout le monde sembla rapidement trouver son binôme. Elle n'avait habituellement pas ce genre de problèmes avec ses amies. Elle était toujours assurée d'avoir un binôme avec Pansy, Daphné et Millicent. Cette fois, toutefois, aucune de ses amies n'assistait au cours.

« Miss Davis, Miss Lovegood, vous êtes les seules étudiantes sans binômes. Vous pourrez donc travailler ensemble à partir de la semaine prochaine. » proposa gentiment Babbing avant de se diriger vers le tableau pour continuer le cours.

Tracey grimaça lorsqu'elle vit Luna Lovegood lui faire un signe de la main. Elle ignora le sourire avenant que cette dernière lança dans sa direction. Elle ouvrit son journal personnel et s'empressa d'y griffonner un message.


Destinatrices : ''Mes comparses favorites''


Tracey écrit :

Tuez-moi, vite.

Pansy écrit :

Tu as le choix. Guillotine ou Potion de Mort Subite ?

Tracey écrit :

Le moyen le plus rapide. J'ai juste besoin de disparaître de la surface de cette terre. Je dois travailler sur un devoir de recherche avec Loufoca Lovegood pour le reste de l'année.

Daphné écrit :

L'horreur - dis à la prof que tu veux redoubler.

Pansy écrit :

Je suis sûre que si tu lui expliques calmement la situation, elle comprendra. Dis-lui que tu as peur d'être contaminée par le style vestimentaire douteux de Lovegood. Je vous l'assure, c'est une maladie, ce genre de choses.

Millicent écrit :

Ou dis-lui de faire tout le boulot en lui promettant qu'on arrêtera de lui faire la misère. C'est un marché qu'elle ne pourra pas refuser.

Pansy écrit :

Mais Millie… Ce que tu viens de dire est…intelligent.

Tracey écrit :

Ce n'est pas une mauvaise idée, à vrai dire. Honnêtement, je pourrais me passer de tout ce travail additionnel.

Pansy écrit :

Mais harceler Lovegood est l'un de mes passe-temps favoris. Qu'est-ce je vais faire de mes jeudi après-midi en Potions ?

Daphné écrit :

On la remplacera par Weasley.

Pansy écrit :

J'adore ta façon de penser, Daphné.

Tracey écrit :

Adjugé vendu. Que ferais-je sans vous ?

Millicent écrit :

Le travail d'équipe fait des miracles.


Ginny Weasley inscrivit son nom sur la liste d'intéressés pour les sélections de Quidditch puis recula de quelques mètres pour observer le panneau d'affichage avec satisfaction. L'idée de rejoindre l'équipe de Quidditch de Gryffondor était terriblement excitante. Son ancienne école était trop petite pour avoir un championnat digne de ce nom, et développer ses compétences en vol pendant l'année scolaire s'était révélé compliqué.

« Tu penses avoir une chance ? » demanda une voix traînante derrière elle. « Le niveau est élevé. »

Elle se retourna et son regard tomba sur un garçon blond qui la dépassait d'une tête. Il l'observait avec une lueur railleuse dans les yeux. Elle reconnut les couleurs de Serpentard sur son uniforme. Ginny darda un regard impérieux dans sa direction.

« Et qu'est-ce qui te fait penser que je ne suis pas à la hauteur ? » demanda-t-elle avec froideur.

« Absolument rien. C'est pour ça que je te pose la question. » dit-il sur le ton de l'évidence, un rictus moqueur se dessinant au coin de ses lèvres minces.

Après seulement quelques mots échangés avec ce type, Ginny décréta qu'elle ne l'appréciait guère. Quelque chose chez lui l'agaçait profondément. Probablement ce petit air satisfait et supérieur qu'il arborait.

Elle fronça les sourcils lorsqu'elle le vit poser un parchemin sur le panneau d'affichage. Elle inclina la tête, parcourant le papier en diagonale. Il s'agissait de la feuille d'inscription pour les sélections de Quidditch de Serpentard.

« Tu joues pour Serpentard ? » questionna Ginny, avec curiosité.

« Je suis le Capitaine de l'équipe, oui. » informa-t-il d'un ton qu'elle trouva un peu pompeux.

« Quel poste ? » interrogea Ginny.

« Attrapeur. » répondit-il.

« Tu as de la chance. » clama Ginny.

Il arqua un sourcil, visiblement décontenancé par son commentaire.

« Car ce n'est pas le poste auquel je joue. Sinon, je t'aurais montré ce qu'on appelle un niveau élevé. » dit-elle avec morgue.

Les yeux du garçon s'agrandirent, et il afficha un air offusqué, probablement piqué par les paroles de Ginny.

« Tu as la langue bien pendue… » dit-il en jetant un regard bref au parchemin sur lequel elle avait apposé son nom quelques instants plutôt. « …Ginevra. »

« Ginny. » rectifia-t-elle immédiatement en grimaçant.

Elle détestait qu'on la nomme par son prénom complet.

« J'imagine qu'on se reverra sur le terrain, dans ce cas. Si tu es sélectionnée, bien évidemment. » ajouta-t-il avec sarcasme avant de s'éloigner.

Elle l'observa tandis qu'il disparaissait totalement de sa vue, au détour du Hall principal.

« Si tu es sélectionnée, bien évidemment. » imita—t-elle en faisant mine de caqueter. « Imbécile. »

Elle retrouva Ron dans la Grande Salle, installé à la table des Gryffondor.

« Alors ? » interrogea-t-il d'un ton plein d'énergie, à son arrivée.

C'était Ron qui avait entendu parler des sélections. Son nouveau voisin de dortoir, Harry Potter, était le capitaine de l'équipe de Gryffondor. Ron était également féru de Quidditch, comme le reste de leur famille. Il jouait au poste de Gardien tandis que Ginny plébiscitait celui de Poursuiveuse.

Aussi loin qu'elle s'en souvienne, ils avaient toujours partagé les mêmes passe-temps. Ron n'était pas seulement son frère jumeau, il était également son meilleur ami et son partenaire de crime depuis leur plus tendre enfance. Lorsqu'elle avait dû quitter son ancienne école, il avait insisté auprès de leurs parents pour la suivre. Lorsqu'elle avait été répartie à Gryffondor, il avait évidemment choisi la même maison que Ginny. Ils étaient inséparables.

« J'espère qu'on sera pris. » dit Ron avec enthousiasme avant d'attraper l'assiette de pommes de terre posée devant lui.

Quelques secondes plus tard, ils furent rejoints par Hermione Granger, qui comme à son habitude, semblait au bord de l'anxiété.

« Que se passe-t-il, Hermione ? La bibliothécaire ne t'a laissé emprunter que dix livres à la fois ? » demanda Ginny avec sarcasme.

« Non, j'ai croisé Parkinson dans les couloirs. » annonça Hermione, l'air préoccupé.

« Et ? »

« Et rien. Elle n'a pas fait un seul commentaire déplacé, pas une insulte, même pas un regard hostile. » répondit Hermione en fronçant les sourcils, visiblement agitée. « Juste rien. »

Ron et Ginny échangèrent un regard désemparé, tous les deux confus par le problème d'Hermione.

« Vous ne la connaissez pas. D'habitude, il faut toujours qu'elle fasse un commentaire. Je suis sûre qu'elle prépare quelque chose. » assura nerveusement Hermione. « Après ce qu'il s'est passé vendredi soir, c'est évident qu'elles ont une idée derrière la tête. »

« Je les ai remises à leur place, voilà ce qu'il s'est passé, Hermione. » rappela Ginny d'un ton dédaigneux. « Elles ont vu que leurs intimidations ne fonctionnaient pas sur moi. Ces filles ne sont que du vent et des fausses menaces, rien de plus. Vous avez peur d'elles sans raison. »

Hermione secoua la tête, visiblement peu convaincue par les affirmations de Ginny.

« Cela fait déjà trois jours et il ne s'est rien passé. Et la vérité, c'est qu'il ne se passera rien. » déclara Ginny avec assurance.

A la fin du déjeuner, Ginny entendit des exclamations excitées autour d'elle et elle vit une masse d'élèves se diriger vers les portes de la Grande Salle.

« Que se passe-t-il ? » demanda-t-elle en levant un sourcil.

« C'est l'heure de la session d'informations pour l'élection de Miss Fondatrice. » informa Hermione, rangeant précipitamment son livre de Métamorphoses dans son sac.

« Tu y vas ? » demanda Ginny, abasourdie.

Hermione hocha la tête et Ginny lui jeta un regard décontenancé. Elle n'imaginait pas que Hermione Granger puisse être intéressée par ce genre de trivialités.

« Quoi ? C'est juste une session d'informations. » lança Hermione en rougissant. « Je n'ai pas le droit de m'informer ? »

Ginny haussa les épaules.

« J'y vais aussi dans ce cas. Je m'ennuie à mourir. » admit-elle.

Il serait probablement divertissant de voir une bande d'écervelées s'arracher les cheveux pour une élection ridicule. La salle de cours qui accueillait la session d'informations avait été métamorphosée pour accueillir une cinquantaine d'élèves. On avait ôté les bureaux au profit de bancs disposés un peu partout dans la pièce. La salle était pleine à craquer et plusieurs élèves luttaient pour obtenir une place sur les bancs. Hermione et Ginny trouvèrent des places libres près de Luna Lovegood qui leur fit de grands signes de la main.

« Ne me dis pas que tu es aussi intéressée, Luna ? » demanda Ginny en ouvrant de grands yeux. « J'avais une meilleure opinion de vous, les filles. »

Ginny fit mine de secouer la tête, feignant la déception avant de rire devant la mine outrée d'Hermione. Elle perdit toutefois son sourire lorsqu'elle vit les Quatre entrer dans la pièce, Daphné Greengrass à leur tête. Elles se dirigèrent immédiatement vers le premier rang et Pansy Parkinson fit signe à un groupe de filles de sixième année de libérer les places. Elles s'exécutèrent sans broncher, suivant l'ordre silencieux de Pansy, puis allèrent s'adosser contre mur le plus proche. Ginny serra les dents à la vue de la scène.

« Je déteste ces pestes. » murmura-t-elle avec irritation. « Pour qui se prennent-elles ? »

« Ne dis rien. » murmura Hermione d'une voix implorante.

Ginny n'eut pas le loisir de répliquer car le professeur McGonagall entra dans la pièce, sa longue robe de sorcière virevoltant sur son passage.

« Je suis heureuse de constater que l'élection Miss Fondatrice est autant plébiscitée, cette année. Avant toute chose, je tiens à préciser que cette élection n'est ouverte qu'aux élèves majeures. Si vous n'avez pas encore dix-sept ans, vous pouvez quitter la pièce. » indiqua McGonagall.

Des soupirs de protestation se firent entendre parmi les élèves et des dizaines d'étudiantes quittèrent la pièce, affichant des mines déçues. Il ne resta plus que des septièmes années et une poignée de sixièmes années.

« L'élection de la Miss Fondatrice est l'une des coutumes les plus anciennes de Poudlard. Traditionnellement, il s'agissait d'un titre sans responsabilités particulières. Cette année, toutefois, après de longues discussions avec le corps enseignant, nous avons décidé de changer la tradition. Ce rôle sera désormais un titre honorifique avec des véritables responsabilités et des pouvoirs au sein de l'école. » expliqua McGonagall.

Elle agita sa baguette magique d'un geste gracieux et une statue apparut dans la pièce, portant une banderole noire et blanche sur son épaule, où les mots Miss Fondatrice étaient inscrits en lettres calligraphiées.

« Miss Fondatrice représente la grandeur de notre école. Elle doit être distinguée, spirituelle, intelligente, engagée au profit de l'éducation et représenter les intérêts et la réputation de Poudlard à l'extérieur. Évidemment, un grand pouvoir implique des responsabilités importantes et il est donc primordial que la Miss potentielle montre qu'elle sera en mesure de les gérer. Le processus de sélection sera donc extrêmement compétitif. » apprit McGonagall.

Elle se dirigea ensuite vers le large tableau noir et y traça des mots à l'aide de sa baguette.

« La sélection se déroulera en trois étapes. En premier lieu, les présélections. L'objectif de cette étape est de s'assurer que la candidate sélectionnée soit plébiscitée par ses camarades. La Miss Fondatrice doit être appréciée de ses condisciples et leur inspirer confiance. Après tout, les initiatives sur lesquelles elle travaillera avec la Direction impacteront directement les élèves. Lors de cette étape, ce sera le reste de l'école qui aura la possibilité de nominer les candidates à l'élection. »

« Cela veut dire qu'on ne peut pas tout simplement s'inscrire ? » demanda une élève, affichant une moue déçue.

« Exactement, Miss Bones. » confirma McGonagall d'un ton tranquille. « Seules les étudiantes ayant obtenu les votes d'au moins 5 autres étudiants pourront être présélectionnées. Chaque élève n'a le droit qu'un à vote. Et seuls les élèves à partir de quatrième année seront autorisés à voter. »

Des murmures jaillirent dans toute l'audience et McGonagall se racla la gorge pour faire revenir le silence dans la pièce.

« La seconde étape sera la présentation du programme de chacune des candidates. Devant un panel de juges, vous devrez expliquer pourquoi vous souhaitez être élue, les changements que vous comptez instaurer dans l'école et ce qui vous motive. Les candidates seront ensuite chargées de faire campagne durant les semaines suivantes afin de gagner des points. » poursuivit la Directrice-adjointe.

Elle ajouta un Trois sur le tableau, à l'aide de sa baguette.

« La troisième étape aura lieu pendant le Bal d'Hiver. Il s'agira de la présentation des résultats de votre campagne. Le jury prendra ensuite sa décision finale et couronnera la Miss Fondatrice pendant cette soirée. La nouvelle Miss Fondatrice prendra officiellement ses fonctions en janvier, au retour des vacances de Noël. Elle présidera le comité jusqu'au mois de Juin. L'élection sera encadrée par un panel de juges et présidée par moi-même avec l'assistance du professeur Black. Le jury sera composé de membres du personnel de l'école ainsi que d'intervenants extérieurs. »

On entendit des gloussements à la mention du professeur Black.

« Nous attendons un certain nombre de qualités chez la Miss Fondatrice. Excellente communication, écoute, flexibilité, résistance au stress, fiabilité et capacité à s'exprimer avec aise devant de larges audiences. Évidemment, il sera aussi primordial de faire preuve d'esprit d'équipe. » acheva McGonagall.

« Une brebis à cinq pattes, en somme. » commenta Ginny à voix basse, d'un ton railleur.

Luna pouffa et Hermione lui adressa un regard réprobateur.

« Des questions ? » interrogea McGonagall à l'attention de l'assemblée.

Plus d'une vingtaine de mains se levèrent et le reste de l'heure fut un questions-réponses pendant lequel McGonagall dû répondre à un mélange de questions sensées et d'autres plus stupides.

A la fin de la session, l'élection de la Miss Fondatrice devint le sujet de discussion principal parmi la communauté féminine de Poudlard. Les présélections qu'avait mentionnées McGonagall semblaient sujettes à controverse. Hermione Granger, par exemple, estimait qu'il n'était pas sain d'être sélectionnée sur un élément aussi injuste que la popularité.

« Je ne comprends pas pourquoi le parcours académique n'entre pas dans le processus de présélection. » se plaignit-t-elle.

« Je voterai pour toi, Hermione. » assura Ginny d'un ton las.

Elle était fatiguée d'entendre Hermione se plaindre à longueur de journée d'un système qu'elle jugeait « totalement discriminant. »

En vérité, Ginny avait d'autres priorités, notamment les sélections de Quidditch pour intégrer l'équipe de Gryffondor. Le jour des sélections, elle se présenta dans le stade où une vingtaine d'élèves surexcités et nerveux s'entassaient devant Harry Potter, le capitaine.

« Les sélections d'aujourd'hui se feront avec des balais d'entraînement – pour égaliser les chances. » indiqua Harry. « Coote vous donnera un balai dans les vestiaires. »

Ginny reçut un Comet 260 de la part du dénommé Coote – un balai un peu dépassé mais connu pour sa longévité.

Ron passa dans le premier groupe. Il s'agissait d'un match de dix minutes où des membres de l'équipe s'opposaient à une équipe de membres potentiels. Dans les tribunes, Ginny hurla des encouragements à l'adresse de son frère. La performance de Ron fut excellente – il ne laissa passer que deux buts et réussit à attraper la plupart des tirs que les poursuiveurs jetèrent en direction de ses anneaux.

« Bien joué, petit frère. » le félicita Ginny en lui donnant une tape enthousiaste sur l'épaule, lorsqu'il se posa sur le sol.

Il avait été bien meilleur que le gardien de l'équipe adverse et elle ne se faisait aucun doute sur sa sélection.

« Deuxième groupe. » appela Harry.

« Montre leur ce que tu sais faire. » l'encouragea Ron.

Elle lui adressa un clin d'œil avant de se diriger d'un pas confiant vers le reste du groupe. D'un geste assuré, elle enfourcha son balai et donna une impulsion sur le sol avec son pied gauche. Elle s'envola dans les airs, savourant le vent agréable qui lui caressait désormais le visage. Cette fois, il s'agissait d'un quatre-quatre. Chaque équipe était composée de deux poursuiveurs, d'un gardien et d'un batteur.

Lorsque le sifflet retentit et qu'Harry Potter lâcha le souaffle dans les airs, Ginny se précipita à toute vitesse sur la balle. Sans difficulté, elle attrapa l'objet la première. Sa coéquipière, une dénommée Demelza, s'engagea à sa suite, et dans une ligne parallèle parfaite, elles se dirigèrent vers les buts adverses, effectuant des passes rapides pour désarçonner le gardien. A quelques mètres des buts, Ginny saisit sa chance et elle envoya le souaffle en direction de l'anneau gauche. Pour une raison obscure, son balai changea légèrement de trajectoire et elle rata le but de quelques mètres.

Ginny jura bruyamment puis secoua la tête en reprenant son vol. Elle était probablement un peu rouillée. Cela faisait plusieurs semaines qu'elle n'était pas montée sur un balai. Elle grimaça lorsque l'équipe adverse, marqua son premier tir.

« Je vais attraper le souaffle. Fais-en sorte de te positionner en dessous de moi lorsqu'on sera devant les buts. Je laisserai tomber le souaffle et tu pourras tenter de marquer. » dit-elle à Demelza qui hocha la tête.

Encore une fois, elle n'eut pas de difficulté à se saisir du souaffle des mains de l'équipe adverse quand l'un des poursuiveurs se baissa pour éviter un cognard. Elle poursuivit sa course folle, évitant à son tour un cognard, en direction des buts. Son balai fit alors un bond étrange, et elle manqua de tomber. Elle se rattrapa in extremis au manche et relâcha le souaffle qui fut récupéré par les adversaires.

« Qu'est-ce que tu fais ? » lui hurla Demelza d'un ton furieux.

« Je ne sais pas ce qu'il se passe, je crois que mon balai a un problème. » s'écria Ginny, agitée.

Sa coéquipière leva les yeux au ciel, peu convaincue par son excuse, et arbora un air qui signifiait clairement « Mais oui, bien sûr. »

La panique commença lentement à envahir Ginny lorsqu'elle réalisa qu'ils étaient déjà à la moitié du mini match et qu'elle n'avait pas marqué un seul but. Elle n'avait même pas pu faire l'une de ses figures favorites, pour montrer ses compétences de vol.

Elle inspira profondément. Elle ne devait pas laisser le stress la submerger.

« Tu peux le faire. » dit-elle à voix haute, pour s'encourager.

Le destin, pourtant, ne sembla pas être en sa faveur. A plusieurs reprises, son balai eut des réactions étranges lorsqu'elle se trouva en possession du souaffle. Sa coéquipière cessa de lui faire des passes, pensant visiblement que Ginny n'avait pas le contrôle de son balai.

Il ne restait qu'une minute lorsque Ginny eut de nouveau le souaffle entre ses mains. D'un air résolu, elle se pencha sur son balai, le souaffle fermement tenu par son bras droit et elle vola en direction des buts.

Aussitôt, son balai freina brusquement sans raison. Lorsqu'elle tourna la tête et qu'elle vit un cognard s'approcher à toute vitesse dans sa direction, elle sut qu'il était déjà trop tard. Elle sentit un coup violent au niveau de sa poitrine. Sous la force de l'impact, elle fut propulsée à quelques mètres et son balai perdit de l'altitude rapidement. Elle parvint à reprendre le contrôle de ce dernier à quelques mètres du sol. Lorsque ses pieds touchèrent le terrain, elle relâcha son balai sur la pelouse et se laissa tomber sur les genoux, le souffle coupé à cause de la douleur.

Elle entendit le sifflet, au loin, et elle se mordit les lèvres, à la fois enragée et frustrée par sa performance sur le terrain.

« Ginny, tu vas bien ? » demanda la voix inquiète de Ron, à ses côtés quelques instants plus tard. « Que s'est-il passé, là-haut ? »

« Je…je ne sais pas, j'ai complètement perdu le contrôle de mon balai. » bredouilla-t-elle d'une voix saccadée.

Ron l'aida à se relever et ils furent bientôt entourés par le reste des joueurs. Elle garda les yeux résolument rivés au sol, réprimant l'envie de pleurer de rage et de dépit.

« Bien joué, tout le monde. J'ai pris ma décision. » annonça Harry. « Nous avions trois postes libres dans l'équipe. Ronald Weasley, tu seras notre nouveau gardien. »

Ron laissa échapper une exclamation de joie.

« Seamus Finnigan sera notre nouveau batteur. Et le poste de poursuiveuse revient à… »

Ginny retint son souffle, un infime espoir encore présent dans son esprit.

« Demelza Robbins. » acheva Harry. « Félicitations à tous. Les autres, je suis désolé, ça ne sera pas pour cette année, mais bravo d'avoir tenté. »

Ginny fut envahie par la déception alors qu'elle réalisait qu'elle avait raté son unique chance d'intégrer l'équipe. Était-ce le karma ? Un moyen de l'univers pour la punir de ses actes passés ? Merlin seul savait qu'elle avait des choses à se reprocher. Elle leva les yeux vers Ron et croisa son regard inquiet. Elle esquissa un sourire forcé.

« Félicitations, frangin. » dit-elle d'un ton qu'elle essaya de rendre enjoué.

Ron ne sembla pas se laisser berner. Évidemment, elle savait que son frère pouvait lire à travers les lignes mais elle ne voulait pas lui gâcher son bonheur.

« Gin… » commença-t-il.

« Je vais prendre une douche, on se voit plus tard. » coupa-t-elle, l'empêchant d'ajouter quoi que ce soit.

Elle fit volte-face et se dirigea à grandes enjambées vers les vestiaires, les poings serrés. Elle fut la dernière à sortir des douches, trop occupée à ressasser sa performance pathétique dans sa tête. Lorsqu'elle quitta enfin les vestiaires, elle sursauta en voyant une silhouette apparaître face à elle.

« Pour l'amour de Merlin. » pensa-t-elle lorsqu'elle vit de qui il s'agissait.

Daphné Greengrass et sa bande d'écervelées se trouvaient face à elle. Fallait-il vraiment qu'elle tombe sur ces idiotes à cet instant précis de la journée ? Décidément, l'univers complotait réellement contre elle. Voulaient-elles être les premières à se réjouir de son échec ?

« Je ne suis pas d'humeur. » dit-elle d'un ton sombre, tentant de passer devant Daphné, et prenant le soin d'éviter son regard.

« Weasley, tu dois être tellement déçue – je sais à quel point tu voulais être prise. » susurra Daphné d'une voix faussement complaisante.

Ginny serra les dents.

« Ces balais sont décidément peu fiables. » ajouta Daphné, moqueuse.

Ginny se figea en entendant ses paroles. Elle se retourna lentement, la compréhension la frappant en plein visage. Cela n'avait pas été une coïncidence. Si son balai avait agi de manière aussi étrange, c'était pour une raison bien précise.

« Vous avez trafiqué mon balai ? » demanda Ginny, même si elle connaissait déjà la réponse.

Daphné se contenta d'esquisser un rictus mauvais en guise de réponse.

« Vous êtes complètement folles ? Vous auriez pu me tuer ! » s'écria Ginny avec colère, ses joues désormais rougies sous la contrariété.

« Crois-moi, Weaslette. Si j'avais vraiment voulu te faire du mal, tu ne serais pas debout en train de t'adresser à moi. » assura vicieusement Daphné.

Elle s'approcha de Ginny et cette dernière, par réflexe, recula de quelques centimètres. Son dos se retrouva contre un mur de pierre froide. Sa baguette magique était dans son sac et il serait compliqué de la dégainer dans cette position. Elle était seule contre ces quatre hyènes.

Le visage de Daphné se retrouva à quelques centimètres du sien. Daphné leva sa main en direction de son visage et ses doigts jouèrent avec l'une des mèches de cheveux de Ginny qui s'était échappée de sa queue de cheval désordonnée.

« Considère ça comme un avant-goût, Weasley. Tu n'as encore rien vu. Je veux que tu comprennes contre qui tu joues. » assena-t-elle d'une voix glaciale. « Tu vas regretter toute ta vie ton choix stupide. Je vais te détruire. »

Daphné recula, lui adressant un dernier regard empli de malveillance et elle s'éloigna, ses amies sur ses talons. Ginny resta adossée contre le mur, le cœur battant, se demandant dans quelle situation elle s'était encore mise.

Fin du chapitre

J'espère que ce chapitre vous a plu. Le prochain s'intitulera Sweet Little Lies. A la semaine prochaine !