Yo !
Je ne savais pas comment faire le voyage vers la capitale alors j'ai juste résumé le tout en un chapitre de longue narration.
Prochain chap, arrivée à la capitale !
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Remarques :
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Hadsher : ils vont aller dans d'autres mondes de la même manière qu'il sont arrivés en Alagaësia, en mourant.
Necromagus : vas savoir... Les connaissant, ça ne serait pas étonnant.
PetitLutin22 : il est pyromane parce qu'il aime faire exploser des trucs, et accessoirement y mettre le feu.
Ils parlent l'humain en générale pour permettre à Orik de comprendre, mais il arrive aussi qu'ils communiquent en ancien langage. Mais c'est pas vraiment important, donc n'y prêtez pas attention.
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Bonne lecture !
Pilou.
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Chapitre 27 : L'alcoolisme est actuellement bon pour quelque chose.
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Les nains partirent dés la première heure le matin suivant et le reste du groupe se prépara à partir. Il avait été décidé que Narí et Lifaen seraient les deux elfes les accompagnants, Arya promettant d'envoyer deux nouveaux gardes à Ceris une fois à Sílthrim. Mais lorsqu'ils arrivèrent au hallier, un léger problème se présenta à eux. Il n'y avait que deux canoës de trois places et ils étaient sept. Les jumeaux échangèrent un regard avant de rapidement faire une partie de pierre-papier-ciseaux, qu'Aragorn perdit lamentablement. Eragon sourit joyeusement avant de donner Minh et Schrodi à son frère et de se transformer en corbeau devant le regard incrédule de leurs gardes elfes. Il se posa tranquillement sur l'épaule de Aragorn et ce dernier fixa les autres :
_ On y va ?
Après dix minutes d'explications qui finirent par être résumées par « C'est les jumeaux », ils purent se mettre en route, Eragon dormant sur les genoux de son frère pendant une bonne partie du trajet pendant que Saphira nageait joyeusement dans l'eau.
Au fil du voyage, plus ils se rapprochaient du centre de la forêt, plus la migraine d'Eragon grandissait à cause de l'orchestre de la forêt, dirigé par Menoa. C'est pour cela qu'il passa quasiment tout son temps à dormir sous forme animal sur l'épaule ou les genoux de son frère ou sous sa forme humaine la nuit. Les autres commençaient sérieusement à s'inquiéter de son état quasi-catatonique, mais il n'avait pas l'énergie nécessaire pour les rassurer. Il avait mal à la tête et devait utiliser toutes ses forces pour ne pas se faire emporter par la symphonie qui l'entourait et pour la repousser le plus profondément possible dans son esprit.
Aragorn discutait souvent avec les elfes, s'amusant de leur manière de s'exprimer avec des circonlocutions et des aphorismes et jouait souvent à des jeux de mots avec eux quand ils ne s'extasiaient pas face à Saphira, ne s'inquiétaient pas pour Eragon ou ne restaient pas silencieux pendant des heures dans leur contemplation de la forêt. Il aimait leurs combats verbales, c'était rare de trouver des gens qui pouvaient jouer avec les mots comme lui et il semblerait que les elfes, contrairement à ce que Arya laissait paraître, étaient expert dans l'art de la rhétorique. Il supposait que c'était ce qui arrivait quand on utilisait une langue avec laquelle on ne peut pas mentir. On apprenait à donner des demi-vérités et à parler de façon détournée. Eragon manquait vraiment une sacré expérience en dormant en permanence, mais il pouvait comprendre qu'il ait du mal à s'acclimater, surtout si la musique de la forêt était aussi forte que son frère en donnait l'air.
Il entendit un grognement venant de son frère endormit à côté de lui et le vit ouvrir lentement les yeux.
« Réveillé ? Tu as faim ? »
« Oui. Toujours mal à la tête, le forêt a l'air plus vivante qu'avant, quelque chose se prépare... »
« Des ennuis ? » demanda Saphira qui n'aimait vraiment pas être loin d'eux, surtout si des ennuis se profilaient à l'horizon.
« Non... L'air est... festif ? Excité ? Je sais pas vraiment, rien de mal en tout cas. Où on est ? »
« Pas loin de Sílthrim, sur la rive du lac. »
« Je vois. »
Aragorn lui tendit une écuelle et Eragon mangea rapidement avant de demander à voix haute :
_ Il n'y aurait pas quelque chose de spécial qui arrive ?
_ Pourquoi demandes-tu ça ? fit Narí.
_ La forêt... Elle est excité, vivante et... je sais pas, il y a comme un air d'anticipation.
_ Tu peux sentir les émotions de la forêt ?
Il hocha faiblement la tête à la question de Lifaen.
_ Elle est vivante, des millions de vies vivant toutes en symbiose et au rythme de Menoa, murmura-t-il, ayant du mal à rester conscient sous la fatigue. Plus on s'approche du cœur, plus sa présence est lourde et difficile à ignorer.
_ Quand vous nous avez dit que tu étais empathe, fit Arya, je pensais que c'était seulement avec les humains, les nains, les elfes et les urgals...
_ Non, tous les être vivants. Je peux les sentir, les entendre. Le forêt est un immense orchestre jouant au rythme du cœur et absorbant toutes les mélodies individuelles. J'ai du mal à ne pas m'y perdre...
Il était allongé, la tête posée sur les genoux de son frère pour un peu de soutient mais luttait visiblement pour rester conscient, le regard un peu fiévreux. Il ferma les yeux un moment avant de demander, toujours aussi faiblement :
_ Pourquoi la forêt est plus vivante cette nuit ?
_ C'est le Dagshelgr, fit Lifaen.
Arya se redressa brusquement, elle ne pensait pas qu'ils étaient aussi près de la fête. Mais les chants qui commencèrent à s'élever de la direction de Sílthrim prouvèrent les dires de Lifaen. Les trois elfes se hâtèrent de mettre des protections autour des trois humains et du nain pour qu'ils ne soient pas affectés. Eragon s'était de toute façon rendormi et Aragorn avait une meilleur maîtrise de son esprit que ça.
Ils passèrent la nuit à écouter la musique et l'agitation de la forêt. Saphira était aussi grandement affectée par la magie des célébration, mais Aragorn parvint à la garder relativement calme pendant la durée du chant.
Le lendemain matin, Narí et Lifaen allèrent à la ville pour récupérer des chevaux pour tout le monde. Eragon n'avait pas suffisamment de conscience ou de force pour se transformer alors, Aragorn le fit monter devant lui sur son cheval et ils se mirent de nouveau en route, son frère se réveillant de temps en temps et Aragorn en profita à chaque fois pour lui faire manger un peu et boire. Il ne faudrait pas qu'il devienne déshydraté ou affamé à cause de la surcharge de ses sens.
Il pouvait facilement sentir l'inquiétude de Saphira vis à vis de son deuxième dragonnier, mais il y avait aussi une tristesse et un trouble profond dissimulés juste en dessous. Comme la dragonne ne semblait pas pressée d'en parler, Aragorn prit l'initiative de demander :
« Tout vas bien ? »
« Oui, je m'inquiète juste pour le petit-homme. Peut-être que si on le laisse se reposer pendant un moment, le temps qu'il s'habitue à la pression... »
« Je doute que ça suffise, surtout si on se remet en route juste après. Et je sais que quelque chose te trouble, je ne suis peut-être pas aussi émotionnel ou empathique que Era, mais si tu as des problèmes, je suis là pour toi. Après tout, nous sommes partenaires. »
Il y eut un long moment de silence, puis Saphira confia :
« C'est juste... Je me suis rendue compte de quelque chose cette nuit. Chaque créature, qu'elle soit innocente ou monstrueuse, a un compagnon ou une compagne de son espèce. Or, moi, je n'en ai pas. »
« Il y a Glaedr, tu sais. Brom nous a parlé de lui et Oromis. Même s'il est un peu vieux pour toi, tu n'as que huit mois après tout. C'est trop jeune pour penser à d'autres mâles, jeune fille ! » la sermonna-t-il faussement.
Sa remarque lui valu un éclat d'amusement dans leur lien et un court rire de la dragonne. Il sourit en voyant qu'il avait réussi, ne serais-ce que brièvement, à la faire sourire.
« Je sais. Mais, comme tu l'as dis, il est vieux et probablement pas intéressé par une jeune dragonne comme moi. Et rien ne garantis qu'on s'entendra. Je suis vraiment seule. »
« Tu nous as Era et moi. Et si c'est d'autres dragons que tu veux, il y a toujours les deux œufs restants de Galbatorix et les terres de l'Est. Les dragons sont ici depuis des millénaires, rien ne dit qu'ils n'ont jamais migré vers l'Est ou d'autres terres éloignées. Et si ça se trouve, un dragonnier malin a... »
Il ne finit pas sa phrase et ils restèrent silencieux un moment, perdus dans leurs pensées, puis :
« On parlait de quoi, déjà ? »
« Des œufs de Galbatorix et de l'Est. »
« Je suis quasiment certain qu'y avait autre chose... Toujours est-il, si ça se trouve un dragonnier malin a... »
Un nouveau long silence. Puis, Aragorn eut un grognement irrité. Brom se tourna vers lui et lui jeta un regard interrogateur. Il soupira et dit :
_ Je crois que je comprends ce que les gens doivent ressentir quand ils voient Schrodi pour la première fois.
_ Pourquoi ?
_ Saphira et moi, on parle de la quasi-extinction des dragons. Je lui dis qu'il y a toujours les œufs de Galbatorix et peut-être qu'il y a des dragons à l'Est et après, je veux ajouter quelque chose, mais je bug et on perd le fil de la conversation et oublie à moitié de quoi on parlait. Deux fois de suite.
_ Donc, un fidelius, ou une variante en ancien langage si ce n'est pas vous qui l'avez lancé, ce que vous avez déclaré d'infaisable sans d'énormes quantités d'énergie, au passage, a été placé par quelqu'un sur quelque chose en rapport avec les dragons.
_ Ouais. La troisième possibilité que je peux voir c'est si un dragonnier malin a...
Ils perdirent le fil de la conversation et Brom demanda dix minutes plus tard :
_ Tu disais quoi ?
_ Je hais le gars qui a trouvé comment lancer un fidelius en ancien langage, c'est frustrant d'oublier ce dont je veux parler.
_ Est-ce que ça veut dire que Era et toi, vous allez arrêter d'utiliser le sort de façon aléatoire ?
Aragorn y réfléchit un moment avant de secouer la tête :
_ Na, c'est trop amusant quand c'est nous qui le faisons.
_ C'est ce que je pensais.
La conversation se finit là et Aragorn se tourna de nouveau vers Saphira.
« Dans tous les cas, s'il existe d'autres dragons, on les trouvera, promis. »
« Merci. »
« Ce n'est rien. Du temps que tu ne vas pas fangirliser sur Glaedr quand on le rencontrera. »
« Je ne suis pas du genre à fangirliser, merci bien ! » dit-elle avec dédain. Elle avait vu des fangirls dans les souvenirs des jumeaux et ne voulait vraiment pas leur ressembler, merci bien. Elle avait sa fierté.
« Juste pour être sûr. Et je te préviens tout de suite, si ça arrive malgré tout, Era et moi on te le fera remarquer et on ne te laissera jamais l'oublier. »
« Je le sais. Je vous connais. »
Il hocha la tête de façon décisive et le reste de la journée se passa dans le calme.
Le soir venu, Eragon était assez cohérent pour manger un repas chaud et rester assis par lui-même, mais il préféra éviter de trop parler. Il avait toujours mal à la tête et la présence de la forêt restait très oppressante. Aragorn lui fit part de la situation avec Saphira et le possible fidelius sur quelque chose concernant les dragons, mais le jeune homme était trop fatigué pour y réfléchir et se contenta de stocker l'information dans un coin de son esprit.
Lifaen les approcha après le repas et leur montra une bouteille qu'il avait sortie d'un de ses sacs.
_ Ceci est du faelnirv, une boisson elfique distillé à base de baies de sureau écrasées et de rayons de lune filés. S'il en est besoin, un homme fort peut voyager trois jours durant sans rien avaler d'autre. Narí et moi, on pense que ça peut peut-être t'aider, Eragon-vodhr.
_ Je ne suis pas du tout affecté par l'alcool, mais je suppose que ça ne peut pas faire de mal d'essayer, marmonna-t-il.
Il redressa sa tête de l'épaule de son frère, contre qui il s'appuyait fortement pour rester assis, et accepta le gobelet qu'on lui tendit avant de boire une gorgée du faelnirv. Il écarquilla les yeux avant de boire tout le gobelet en quelques goulées. Aragorn leva un sourcil et eut un rictus amusé en commentant :
_ Quelque chose me dit que c'est efficace.
_ C'est... Je peux toujours sentir la forêt et entendre son chant, mais mon esprit est totalement clair, murmura-t-il d'un ton stupéfait.
Il n'avait plus mal à la tête, la musique était repoussée au fond de son esprit et il ne s'était jamais sentit aussi bien, en tout cas, pas depuis qu'il avait pris conscience de ses capacités et avait commencé à entendre clairement les mélodies. Il regarda le gobelet, puis la bouteille avec révérence.
_ Dis-moi que tu as de quoi tenir jusqu'à Ellesméra.
_ Je devrais avoir assez de bouteilles, oui, répondit-il. Mais il faudra faire attention à ne pas en abuser.
_ Je ne suis pas affecté par l'alcool.
_ Les alcools humains ou nains peut-être, mais il s'agit d'alcool elfique, fit remarquer Narí. Un humain normal se retrouve rapidement ivre avec parfois moins d'un verre.
_ Le mot important étant « normal », marmonna Brom dans sa barbe.
_ Non, croyez-moi, si je peux ne pas être affecté quand Saphira partage son ivresse quand elle bois et si je peux battre des nains à la boisson en ayant juste besoin de faire quelques poses pour me soulager, je pense que je peux facilement tenir votre alcool. Quand je dis que je ne suis pas affecté par l'alcool, c'est que je ne suis pas du tout affecté.
_ Attends, fit Orik. Tu veux dire que tu es naturellement immunisé à l'alcool ?
_ Euh... Oui, c'est ce que je viens de dire.
_ Est-ce que ça compte comme de la triche pour les concours de boisson ? Tu en as gagné beaucoup à Farthen Dûr.
Eragon haussa les épaules avec un sourire absolument pas désolé ou repentant et eut le culot de dire avec son air le plus innocent :
_ On ne m'a jamais demandé si j'étais immunisé, juste si j'utilisais la magie pour me protéger des effets. Ce n'est pas ma faute si personne n'y a pensé.
Orik lui jeta le regard le moins impressionné qu'ils avaient vu le nain leur donner et commenta sarcastiquement :
_ Évidemment, c'est de notre faute pour ne pas avoir songé à une chose sensée être impossible.
_ Désolé, mais je n'ai pas compris le dernier mot, fit innocemment Eragon. J'ai bien peur qu'il ne soit pas dans mon vocabulaire.
Orik eut un esclaffement amusé à ça et commenta à Brom :
_ Tes fils sont vraiment le contraire de normal.
_ C'est ce que je me tue à répéter depuis le début, répondit-il d'un ton fatigué et exaspéré, mais ayant quand même une pointe d'affection pour les jumeaux. En tout cas, je suis content qu'on ai trouvé une solution pour le problème d'Eragon.
Le garçon hocha la tête joyeusement en regardant la bouteille que tenait toujours Lifaen avec adoration.
_ Crois-moi, père, j'en suis cent fois plus soulagé. Plus de migraines et l'esprit actuellement clair sans supprimer totalement mes sens, ce truc est un faiseur de miracle. Rappelle-moi de toujours en avoir une bouteille ou deux sur moi.
_ Je m'assurerais qu'on t'en fournisse régulièrement, acquiesça son père. Mais fais quand même attention, on ne sait jamais si le faelnirv peut actuellement te rendre ivre.
Il hocha simplement la tête et Lifaen fini par accepter de lui donner la bouteille. Eragon la rangea avec révérence dans l'une des bourses à sa ceinture avec le gobelet. Il allait définitivement apprendre à faire cette boisson, même s'il devait voler la recette aux elfes.
« Tu sais je trouve ça amusant que ce soit une boisson à base de baies de sureaux qui soit la solution à l'un de tes problème. Considérant le fait que tu as ce problème à cause de tes pouvoirs de Maître de la Mort et que la baguette est faite de sureau. » commenta Aragorn.
« Sur ce point-là, je suis d'accord. Mais je n'en ai sérieusement rien à faire. Le faelnirv est ma nouvelle boisson favorite. »
« Je suis soulagée de voir que tu vas mieux, petit-homme. Nos vols commençaient à me manquer. »
« J'irais voler avec toi demain, si le temps nous le permet. »
« Merveilleux ! »
Eragon se coucha heureux et soulagé de ne plus devoir en permanence lutter pour ne pas être emporté par la symphonie de la forêt.
Le lendemain, Eragon prit un nouveau gobelet de faelnirv dès son réveil car les effets s'étaient déjà dissipés. Il lança aussi un sort pour savoir l'heure et en prit note, pour voir combien de temps un gobelet tiendrait avant que les effets ne se tarissent. Puis, ils se remirent en route, les deux jumeaux pouvant participer aux discussions autour d'eux et leurs gardes elfes s'intéressant plus à Eragon, maintenant qu'il était assez cohérent pour tenir une vraie conversation avec eux.
Le chemin vers Ellesméra était encore long, mais il était définitivement plus agréable pour les jumeaux, maintenant qu'ils étaient de nouveau ensembles.
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Merci d'avoir lu !
Votre avis ?
C'est écris au milieu de la nuit, donc faites pas attention aux fautes.
Pilou.
