Scintigraphie, Péripatéticienne, Têtard, Peinture
18h.
Louis débordait de joie. Au contraire de Kid.
« Alors ? Tu viens d'où ?
- North Blue.
- Je ne connais pas. C'est loin ?
- Bonne question-Aïe ! »
Une bosse sur la route vint secouer la camionnette et arracher un râle au rouquin.
« Ça va ? s'inquiéta l'autre.
- Ouais… tu penses que tu pourrais me déposer dans un hôpital ?
- Bien sûr ! Je peux te demander ce que tu t'es fait ? Si ce n'est pas trop indiscret. »
Allez savoir comment, Louis avait gagné la confiance de Kid en quelques mots. Ce dernier lui raconta donc toutes ses péripéties.
18h58.
« Et donc ils ont voulu te soigner avec une poule ! s'esclaffa le blond.
- Ouais, c'était horrible et au final ça ne m'a pas beaucoup aidé.
- Tu m'étonnes. Tu sais, je ne pensais pas que tu venais de vivre tout ça. Honnêtement, en voyant ton nez abîmé et ton œil au beurre noir je me suis demandé si tu étais un voyou qui aimait se battre et j'ai hésité à te prendre pendant quelques secondes.
- Qu'est-ce qui t'a fait changer d'avis ?
- Tes cheveux.
- …Pardon ?
- Ils sont incroyables !
- Ne te moque pas, souffla-t-il un peu exaspéré.
- Non, sérieusement ! Tu me laisserais te coiffer ? En échange je te paye à manger ! »
Il observa le conducteur et comprit qu'il était sérieux. « C'est vraiment un coiffeur professionnel ?...Bah, de toute façon je n'ai rien à perdre… à part mes cheveux... »
« C'est d'accord. J'accepte le deal.
- Génial ! Je vais te faire un soin d'abord et après je te désépaissirais un peu cette touffe et puis […] »
Louis continua à s'exciter pendant quelques dizaines de minutes en expliquant ce qu'il réservait à Kid.
19h20.
« Nous sommes arrivés. »
Lagbard était une ville commerçante et touristique. Ses petites maisons, ses rues pavées et ses allées fleuries lui donnaient un côté frais, estival et chaleureux. Même la devanture rose pâle de l'hôpital ne choqua pas Kid dans ce décor et pourtant il détestait le rose. « Le rose est un rouge fade ! » Il adorait le rouge… pas le rose.
« Je t'accompagne, annonça Louis.
- Ne te sens pas obligé de venir, je peux-
- Non 't'inquiètes ! De toute façon je dois te payer à manger et te coiffer.
- Ah, je pensais que tu avais oublié.
- Eh non ! Haha, allons-y. »
19h30.
« Suivant, approchez s'il vous plaît. »
L'hôtesse d'accueil était inexpressive, elle ne prit même pas la peine de relever la tête pour regarder les patients elle saisissait déjà tout une fiche dans son ordinateur. « Voir des personnes malades ou accidentées toute la journée ne doit pas être facile… il faut avoir un sacré caractère pour supporter tout ça. Je ne pourrais pas » se dit Kid en avançant vers le bureau.
« Bonjour. Je vais vous demander votre carte d'identité, carte vitale et mutuelle s'il vous plaît.
- Je me suis fait tabasser, on m'a volé mes papiers.
- Avez-vous porté plainte ?
- Non. »
Elle releva enfin la tête de son écran pour jeter un regard dédaigneux au patient.
« Pff… Indiquez-moi les parties où vous avez mal et évaluez la douleur sur une échelle de 1 à 10.
- Le nez, je dirais 4 sur 10. L'avant-bras gauche, 3 sur 10. Les côtes, 8 sur 10.
- Bien. Veuillez remplir cette feuille et patientez en salle d'attente, on viendra vous chercher. »
20h40.
Une infirmière entra dans la salle d'attente.
« Monsieur Eustass Kid ?
- Enfin ! pensa-t-il. Oui ?
- Veuillez me suivre, nous allons faire une scintigraphie osseuse. »
Il obéit et laissa Louis dans la petite pièce avec une dizaine de malades. L'infirmière était assez costaude, brune avec des joues rouges rebondies. Elle avait le genre de visage qui faisait penser qu'elle devait être une personne gentille et aimable avec tout le monde en toute circonstance.
« Allongez-vous. »
Elle aida le rouquin à s'installer sur une table d'examen et lui enroula un élastique autour du bras. Elle sortit ensuite une seringue.
« Qu'est-ce que c'est ?
- Un produit qui peut se comparer au calcium que l'on a dans les os. Il se fixe sur vos os et nous permet de déceler plus facilement les fractures lors de la radio.
- Hm.
- Vous avez peur des aiguilles ?
- Non. »
Les aiguilles n'effrayaient pas Kid, il aimait simplement savoir ce qu'on injectait dans son corps.
« Tant mieux, sourit l'infirmière. Si je vous demande c'est parce que j'ai vu des grands gaillards, encore plus grands que vous, pleurer et appeler leurs mères tellement ils avaient peur d'une petite piqûre ! On met parfois 30 minutes pour pouvoir piquer ces patients ! Je vous jure c'est un vrai calvaire cette phobie.
- J'imagine, pouffa-t-il légèrement.
- Que voulez-vous, les phobies ne se contrôlent pas ! »
C'est vrai. Les phobies sont des maladies. « Mais des petites piqûres ne peuvent pas faire grand mal, il ne faut pas exagérer. » Il s'imagina ensuite face à sa phobie… Un frisson lui parcourut l'échine mais il l'oublia vite quand l'infirmière rata sa première piqûre. Puis la deuxième avant de changer de bras. Et la troisième. Et finalement :
« Désolée ! Vos veines ne sont pas faciles à piquer ! Mais c'est terminé, j'ai enfin réussi. Vous allez devoir patienter un peu pour que le produit se répande entièrement dans votre organisme. Un médecin passera vous voir. Je vous laisse, j'ai d'autres patients à traumatiser, plaisante-t-elle en s'en allant.
- Merci. »
21h40.
'Patienter un peu' avait-elle dit. Ça faisait une heure que le rouquin était sur cette table d'examen. « Les hôpitaux sont tellement chiants. Comme le boulot… »
22h30.
« Bon ! Là ça suffit, ils se foutent de ma gueule ! »
Kid s'apprêtait à sortir lorsqu'il se prit la porte dans le nez.
« Bordel ! jura-t-il.
- Monsieur ? Que faites-vous debout ?
- J'allais venir vous chercher ! Putain vous m'avez repété le nez.
- Désolé, dit-il sans vraiment trop y prêter attention. Il y a des mouchoirs derrière vous, prenez-en un et rasseyez-vous. Je suis votre médecin, je venais faire la radio…
- Ah génial, dit-il ironiquement.
- …mais nous allons attendre que votre nez ne saigne plus avant de faire l'examen, je reviendrais-
- Quoi ?! HOP-HOP-HOP ! Non ! Vous restez ici ! »
Kid sentit son sang bouillonner. Ce fût trop pour lui.
« Ça fait 2 heures que je reste là sans rien branler ! Sans compter les heures dans la salle d'attente ! Vous savez ce que j'ai vécu en 2 jours ? Hein ?! Non ! J'en ai marre, j'ai la dalle et j'ai un mal de chien ! Alors faites votre travail et occupez-vous de moi.
- Mais je-
- Faites-moi. Votre. Putain. De radio. »
Il avait dit ça sur un ton menaçant, séparant chaque mot, en saisissant le col du médecin. Ce dernier faisait moins le fier devant le regard noir du patient.
« Je-je vais rester, ne vous inquiétez pas Monsieur. On va faire la radio, ce sera rapide, d'accord ? Lâchez-moi…. s'il vous plaît, supplia-t-il. »
Le rouquin grogna et laissa le médecin s'agiter dans tous les sens.
Pendant la radio, Kid repensait à la manière dont il venait d'agir. Pour une fois depuis longtemps, il s'était enfin reconnu. Ça lui faisait du bien ! Depuis des années, il avait fermé sa bouche. Il avait perdu ses deux premiers boulots à cause de sa 'grande gueule' alors lorsqu'on lui a proposé son travail actuel, il a décidé de s'écraser un peu… beaucoup… trop. Il était devenu un mouton assis à un bureau. « Il est temps de se réveiller. »
00h10.
Retour dans la salle d'attente avec les résultats en main.
« Voilà Monsieur, n'oubliez pas de bien vous hydrater pour éliminer le produit. Au revoir Monsieur ! Portez-vous bien Monsieur ! »
Le médecin se hâtait de retourner vers son bureau, en sécurité. Louis rejoint Kid.
« Alors ?
- 2 côtes cassées. Le nez aussi. L'avant-bras immobilisé par une attèle. Ils m'ont donné des antidouleurs et une sorte de ceinture ou corset si je dois marcher beaucoup. Mais je dois éviter de bouger d'après eux.
- Ils t'ont gardé longtemps quand même.
- Arf. Ne m'en parle pas.
- Qu'est-ce que tu lui as fait à ce pauvre médecin ? Il a l'air traumatisé, rigole le blond.
- Il a été trop long, répondit-il sans plus d'explications.
- Ok… Allons-y !
- Où ?
- Manger !
- À cette heure-là je ne pense pas que beaucoup de restaurants nous acceptent.
- Fast-food alors ! Mac Do ? Oh ça fait trop longtemps que je n'ai pas mangé Mac Do ! Enfin… tu n'aimes peut-être pas ça ? s'inquiéta-t-il soudain.
- Si j'aime ça.
- Trop cool ! Alors tu sais ce que tu vas prendre ? Et tu crois qu'ils ont encore leurs petits cadeaux dans les boîtes là ? Ce serait trop bien ! Si y'en a j'en veux, s'excitait-il.
- C'est pour les enfants…
- Et alors ? Je n'ai que 30 ans, rigole-t-il. »
La bonne humeur du blond contamina le roux qui se mit à rire.
1h12.
Cela faisait un bail qu'il n'avait pas mangé. Ils ont tous les deux commandé trois hamburgers. Et une boîte cadeau en plus pour Louis qui avait gagné une figurine Pokémon.
1h20.
« On va être obligé de se garer ici visiblement, il n'y a pas de place. On doit être à 10 minutes à pied de l'appart'. Ça va aller pour marcher ?
- Oui, oui 't'inquiètes. De toute façon ça fait deux jours que je marche avec l'impression d'un pieu dans le thorax alors je ne suis plus à 10 minutes près. Je crois que je vais même commencer à m'habituer à la douleur, plaisante-t-il. »
Sur le chemin :
« T'entend ça ? demande le rouquin.
- Quoi ?... Non je n'entends rien.
- Ça vient de là. »
Louis suivit Kid jusqu'à une petite ruelle sombre. Seul un lampadaire éclairait le début de la ruelle. Au bout, deux hommes étaient en train de harceler une femme.
« Allez ma jolie, montre-nous la marchandise !
- Arrêtez, pleurait la femme.
- T'es une pute alors fait ton travail ! »
L'un des deux se prit une gifle qui raisonna dans le silence de la nuit.
« Ne m'appelez pas comme ça ! cria la femme.
- Tu vas me le payer sale garce ! »
Louis et Kid assistaient à la scène sans bouger. « Il faudrait l'aider » souffla Louis avant d'être rattrapé par le bras par son ami.
« Attend ! C'est cool d'avoir un élan héroïque comme ça mais on ne peut pas y aller sans plan.
- Pourquoi ? Ils sont deux et nous aussi ! On s'approche et on les tabasse !
- Non ! Pour l'instant je suis estropié je te rappelle et je me vois mal affronter un mec directement dans mon état.
- Ok alors tu proposes quoi ?
- Eh bien… »
« Hey ! Salut les mecs, lança Kid au bout de la ruelle avec le plus d'assurance dont il pouvait faire preuve. Vous vous amusez bien à ce que je vois ?
- Casses-toi connard ! répondit aimablement un des agresseurs.
- Je peux venir jouer avec vous ?
- On ne s'amuse qu'entre nous et je t'ai dit de te barrer d'ici ! Tu 'comprends pas notre langue ?!
- Ah, vous êtes homo ? Pourquoi vous l'emmerdez alors ?
- Qu'est-ce qu'il a dit là ? s'indigna le premier agresseur.
- Il nous a traités de PD !
- Ce n'est pas une honte d'être homo vous savez.
- Mais il nous cherche ce connard ! Attend un peu, bouge pas ! Tu vas voir si on est PD ! »
La femme continuait de pleurer tandis que les hommes venaient à grands pas vers Kid. La nervosité de ce dernier était visible sur son visage. Il ne bougeait pas mais ce n'était pas l'envie de fuir qui lui manquait ! « Pense à la femme Kid, si tu t'en vas maintenant elle sera sûrement violée et peut-être morte demain matin alors courage, tu peux le faire, chuchotait Louis, caché au coin de la rue.
- ….Maintenant ! » cria-t-il à Louis.
Le blond frappa l'un des deux hommes avec un couvercle de poubelle en ferraille ce qui eut pour effet de l'assommer quelques secondes ! Il se relevait néanmoins pour se battre contre Louis.
Le deuxième homme avançait toujours vers Kid, bien décidé à le frapper. Le rouquin évita le premier coup de poing mais sa lenteur joua contre lui et il se prit le deuxième directement dans le ventre.
« Alors ! Vas-y ! Traite moi de PD encore une fois ! »
Kid était à terre avec une impression de déjà vu. « Ça devient trop fréquent », râla-t-il. Louis était trop occupé par son combat plus loin.
« Bordel mec je vais te faire morfler tu vas regretter » souriait le cinglé déjà en train d'imaginer la tête de sa victime lorsqu'il en aurait fini avec lui. Il le frappa et l'attrapa par les cheveux pour lui relever la tête.
« J'allais me faire une pute ! C'est un truc de PD ça tu crois ?! Est-ce que les PD se font des putes ? Hein ?! Répond !
- …Toi oui apparemment, dit-il avec un sourire provocateur sur le visage.
- Tu peux dire adieu à- »
Un gros choc retentit et l'agresseur tomba dans les vapes.
« Qu'est-ce que…
- 'Pute' c'est vulgaire, expliqua la femme qui venait de sauver Kid en l'assommant avec un bout de bois. Dans notre métier on préfère être appelées 'filles de joie'. Ou péripatéticienne si tu veux à la limite. »
Louis termina vainqueur.
« Kid ! Ça va ?!
- Nan, pas trop, pouffa-t-il en s'asseyant par terre.
- On doit retourner à l'hosto ?
- Nan, j'ai assez donné comme ça… en plus le médecin voudra sûrement pas me revoir, sourit-il en repensant à la panique sur le visage de celui-ci.
- Tu veux de l'aide pour te lever ?
- Laisse-moi une minute. Juste une minute…
- Ok… »
La femme était à côté et observait la scène à bout de souffle. Elle sanglotait et se laissa tomber à genoux. Son corps entier tremblait, encore terrorisée par la situation.
« Je suis désolée, répétait-elle.
- Ah ne vous inquiétez pas, moi je n'ai rien et lui il était déjà dans cet état avant, expliqua Louis.
- Euh… ouais…
- Je suis quand même désolée, pleurait-elle maintenant à chaudes larmes. »
Kid n'avait jamais apprécié voir les gens pleurer. Encore moins des femmes. Ça le mettait mal à l'aise. Heureusement, Louis géra la situation.
« Allons, calmez-vous, on est tous vivants et ces deux gros lourds ont eu ce qu'ils méritaient alors tout est bien qui finit bien non ?
- Je suis désolée…
- C'est bon, on oublie !... Montrez-moi votre sourire s'il vous plaît, demanda-t-il avec une moue suppliante, je suis sûr qu'il est magnifique. Au contraire du mec qui est en train d'agoniser à côté de nous, plaisanta-t-il.
- Hey ! Je t'entends !
- Oups » Louis réussit à voler un sourire à la femme.
« Comment vous vous appelez ?
- Jena.
- Vous habitez par ici ?
- Non… On doit venir me chercher demain matin… Je devais… passer la nuit avec un client…
- Ah… hum… »
Tous les trois étaient gênés par cette déclaration. C'est Kid qui osa reprendre la parole en se levant.
« T'as un canap' Louis ?
- Euh ouais ?
- Alors c'est réglé. On y va. »
Il tendait la main à Jena qui hésita avant de la saisir. Elle venait d'échapper à deux hommes alors ce n'était pas pour aller chez deux autres…
« On va dormir sur le canapé ne vous inquiétez pas. Pas vrai Louis ?
- Euh… oui-oui ! Bien sûr !
- Marché conclu ? »
Finalement, Jena accepta en souriant. « Merci. »
2h13.
L'appartement était petit. C'est tout ce que Kid eut le temps de constater avant de s'allonger sur le lit et de fermer les yeux.
7h48.
La porte claque. « Quelqu'un est parti ? ». Il se demanda un instant où il était et se rappela ses aventures. Il avait toujours l'impression d'avoir rêvé tout ça. Ça ne ressemblait tellement pas à sa vie de mouton…
Le petit salon était cosy et épuré. Le canapé lit déplié occupait la moitié de la pièce. Kid se sentait comme dans un cocon. Depuis la première fois depuis 3 jours, il pouvait se reposer ! Il était tôt et rien ne l'empêchait de faire une grasse mat'.
8h15.
Impossible de se rendormir.
Il se leva doucement, s'étirant autant que ses côtes le lui permettaient. Un mot sur la table disait « Je suis parti m'occuper de mes clients, ce sera ton tour ce soir ! Il y a une pharmacie à deux rues d'ici pour tes médicaments. PS : Prends des vêtements dans mon armoire et mets les tiens à la poubelle ! Si je vois encore une fois ton tee-shirt trop court et ton pantalon moche je te vomis dessus ! À ce soir. »
Il choisit un jean et une chemise rouge et noir dans le placard de Louis avant de se diriger vers la salle de bain. « Est-ce que Jena est encore là ? » Il frappa à la porte de la chambre. Aucune réponse. Il ouvre lentement le lit est vide. « Bon, dit-il en haussant les épaules, j'espère qu'elle va mieux. »
8h30.
« Il n'y a pas à dire, une bonne douche chaude c'est quand même mieux qu'un bain froid ! »
8h50.
À quelques mètres de la pharmacie, perdue dans ses pensées, Kid ne voit même pas les deux enfants qui arrivent en courant vers lui. L'un d'eux ne regarde pas devant lui, trop occupé à prévenir sa mère : « On va à l'étang pour attraper des têtards maman à tout à l'heure ! ». Il bouscule Kid et tombent tous les deux. Le gamin s'excuse immédiatement et s'en va en courant, effrayé par le regard noir de Kid.
Ce dernier se redresse avant de se recevoir un pot de peinture rose.
« Mais vous ne pouvez pas faire attention ?! râla le peintre qui venait de percuter Kid.
- Pardon… ? C'est vous qui m'avez renversé de la peinture dessus !
- Mais c'est de votre faute ! Pourquoi restez-vous devant la porte de notre atelier de peinture ?!
- Je viens de me faire renverser par un gamin ! hurle-t-il.
- Qu'est-ce que ça peut me faire ?! Renversé ou non, vous n'avez pas à bloquer l'entrée du bâtiment !
- Je… »
Les nombreuses rides sur le front du peintre indiquaient à Kid qu'il ne servait à rien de discuter plus. Il s'en alla donc avec sa chemise tachée et essuya maladroitement la peinture qui avait giclé sur son visage.
9h20.
Retour à l'appartement. Kid se sert un verre d'eau avec son antidouleur et retire sa chemise.
« J'espère que la peinture va partir… Où est-ce qu'il range sa lessive ? »
