Bistouri, Radiateur, Losange, Hache

10h20.

« Tes parents n'ont pas peur que tu voyages seul ?

- Je n'ai pas de parents. Ils nous ont abandonné ma sœur et moi.

- Ah… Et pourquoi est-ce que tu étais seule à Aladia ?

- La politesse veut qu'on ne pose pas autant de questions à une dame, fait remarquer la petite en relevant le menton hautainement.

- 'Une dame' ? pouffa-t-il. Ne me fais pas rire, tu n'es qu'une gamine.

- C'est celui qui dit qui l'est !

- Tu vois, cette réplique même prouve que j'ai raison, sourit-il. »

La gamine rougit et arracha violemment la tête d'un de ses bonbons à défaut de pouvoir le faire en vrai à Kid.

« J'habite dans un orphelinat à Aladia. Ma sœur a dû quitter l'établissement à ses 18 ans. Elle a trouvé un travail et un appart' mais pour l'instant je ne peux pas m'installer avec elle parce que nos dépenses reviendraient à deux de ses payes par mois. Alors je reste à l'orphelinat et vais lui rendre visite de temps en temps.

- Hm, je vois.

- Et toi ? Pourquoi voulais-tu aller à Elubiel ?

- Arf. C'est une longue et curieuse histoire parsemée de problèmes et de malchance, plaisanta-t-il.

- Vas-y, raconte, s'intéressa la petite.

- Si tu y tiens. De toute façon nous avons quelques heures devant nous. Alors, tout a commencé […] »

12h00.

La petite fille avait enfin cessé de rire de toutes les mésaventures de Kid. Elle mastiquait à présent bruyamment les nounours en guimauve. Un voyageur la dévisageait depuis déjà un bon moment mais la petite ne s'en préoccupait pas le moins du monde. Au contraire de Kid qui se sentait épié en même temps que son petit compagnon de voyage…

« Je pense que tu devrais fermer la bouche quand tu mâches, finit-il par demander.

- Pourquoi ?

- Parce que ça fait du bruit et c'est dégoûtant pour certaines personnes autour de toi.

- Mais c'est comme ça que je mange. Je respire mal par le nez. »

« Bon. » Si la petite fille ne pouvait pas faire autrement alors Kid allait s'occuper du voyageur espion…

« Monsieur, arrêtez de nous fixer comme ça s'il vous plaît.

- Alors dîtes lui de fermer la bouche quand elle mange !

- Elle n'arrive pas à respirer par le nez.

- Ca m'est égal ! Vous dérangez les autres !

- Par « les autres », vous parlez de vous ? »

Au moins deux autres passagers se retournèrent pour manifester leur gêne eux aussi. Kid capitula.

« Ok-ok. Justine, arrête de manger pour le moment et tout sera résolu.

- Mais j'ai encore faim !

- Alors mange la bouche fermée, râla un voyageur.

- Non !

- Si !

- Justine… souffla Kid d'un air blasé. Les gens s'énervent vraiment pour rien, pensa-t-il.

- Mais j'ai encore faim… J'ai encore faim, j'ai encore faim, j'ai encore faim !

- Ok ! Stop. Ne recommence pas à pleurer, supplia Kid. Viens, on va changer de place. »

Il grogna intérieurement. Il était si bien installé sa place était bien chaude et il avait enfin trouvé une position où ses côtes ne le faisaient pas trop souffrir mais les voyageurs commençaient à perdre patience. Une fois encore, il se demandait pourquoi il ne tenait pas tête à ce genre de personnes. D'après l'expression 'Ce sont les plus gênés qui s'en vont', Kid aurait dû rester et les voyageurs auraient dû partir.

L'homme en colère ajouta : « Voilà encore un jeune père qui n'a pas su élever son enfant correctement. Pff. » Kid revint sur ses pas plus rapidement qu'il ne s'en allait. Il attrapa le col du voyageur et le souleva de son siège.

« Vos parents ne vous ont jamais appris qu'il ne fallait pas juger les autres sans connaître leurs histoires ? A moins que vous ne soyez orphelin vous aussi ? Ce n'est pas ma fille alors quand on ne sait pas de quoi on parle, on se tait. Compris ? »

Un silence s'installa, laissant raisonner le bruit du train dans le wagon.

« Compris ? répéta le rouquin en attente d'une confirmation.

- O-oui ! Désolé.

- Pff. C'est à cause de gens comme vous que je regrette d'être dans cette société, maugréa-t-il en partant. »

13h50.

N'ayant pas trouvé de place dans les autres compartiments, Justine s'est assise par terre et Kid est resté debout jusqu'à la fin du voyage.

« Je veux m'arracher les côtes… »

14h05.

Une quinzaine de minutes avant l'arrivée du train, une contrôleuse faisait sa ronde. Kid la voyait approcher et réalisait qu'il avait embarqué 'clandestinement' à bord du train.

« Mais attend… je n'ai pas de billet pour ce train ! »

Lorsqu'il commença à paniquer il était déjà trop tard.

« Bonjour Monsieur, Mademoiselle. Contrôle des billets s'il vous plaît. »

Justine tendit son billet sans le moindre problème. Pendant ce temps, Kid faisait semblant de chercher le sien. En réalité, des milliers de petits Kid couraient dans son cerveau pour tenter de trouver une solution. La solution la plus simple était le mensonge mais le rouquin en était incapable…

« Monsieur, votre billet s'il vous plaît ?

- Euh, oui-oui… je le cherche.

[…]

- Monsieur il me reste 3 wagons à faire avant l'arrivée du train, je n'ai pas le temps d'attendre. Avez-vous un billet ? Répondez-moi honnêtement ça ira plus vite.

- Oui ! Bien sûr que j'ai un billet ! Voilà… »

Il tendit le morceau de papier en tremblant légèrement.

« C'est un billet pour un autre train ça Monsieur.

- Non ! Ah bon ? C'est vrai ? J'ai dû me tromper en l'achetant… Zut ! »

Justine leva les yeux au ciel tellement le jeu d'acteur était mauvais.

« Bon, je vais vous donner une amende Monsieur.

- Non-non-non ! Attendez ! En fait euh…

- C'est de ma faute, intervint Justine. Il devait partir pour Elubiel mais j'avais oublié mon doudou alors il a sauté dans le train et les portes se sont refermées avant qu'il n'ait eu le temps de descendre. »

La contrôleuse écoutait la petite sans quitter Kid du regard.

« C'est bon. Je passe pour cette fois. Vous avez votre billet valide pour Elubiel.

- Vraiment ? s'étonna Kid.

- Oui. Étant donné que le billet est au même prix, on va dire que vous avez payé. Mais faites attention la prochaine fois.

- Oui Madame ! Merci beaucoup !

- Le train arrivera à Grindam dans 10 minutes. Vérifiez que vous n'oubliez rien derrière vous. Bonne journée. »

Kid s'inclina –non sans mal à cause de ses douleurs- avant de souffler de soulagement.

Il venait d'avoir de la chance. « De la chance ? Moi ? Impossible. Que va-t-il m'arriver ?... »

14h30.

A peine descendu du train, une femme hurla « Justiiiiiiiine » en agitant les bras comme une excitée à l'autre bout du quai. Et Dieu seul sait que ce quai était long…

« Oh regarde ! C'est ma sœur !

- Je n'avais pas deviné, dit-il d'un ton sarcastique. A force de courir comme ça elle va se fatiguer avant d'arriver jusqu'à nous.

- Oh non ! Tu vas voir Nalha a plus d'énergie que n'importe qui ! »

Jouant des coudes parmi la foule d'arrivants, la fameuse Nalha fonça sur sa petite sœur pour la soulever comme une plume. Justine n'était pas épaisse mais Kid restait tout de même étonné de la force de la jeune femme. Celle-ci ne prêtait pas attention à Kid.

« Tu as fait bon voyage ? Comment vas-tu ? Tu as faim ? J'ai tout préparé à l'appart' ! Et un nouveau square a ouvert en bas de chez moi, tu voudras aller le voir ?

- Grande sœur ! Calme-toi ! Laisse-moi le temps d'arriver. Il faut déjà que je m'installe.

- Oh oui pardon. »

La petite semblait plus mature que la grande.

La ressemblance entre les deux filles ne laissait pas l'ombre d'un doute. Elles étaient bien sœurs. De longs cheveux bruns, lisses, des yeux bleus océans… « C'est Justine dans quelques années. »

Perdu dans son analyse des ressemblances, le rouquin ne s'apercevait pas qu'il était en train de détailler les deux sœurs de la tête aux pieds.

« Bah ne vous gênez pas surtout ! Pervers ! Vous voulez notre photo ?!

- Quoi ?... Ah non ! Non-non ce n'est pas ce que vous croyez !

- Dégagez avant que j'appelle la police !

- Non ! Grande sœur ! C'est un ami, il s'appelle Kid. Il est venu avec moi dans le train.

- Il t'a touché ?

- Hein ? Mais non voyons, souffla Justine. Il m'a aidé à la gare parce que mes bonbons nounours étaient coincés dans la machine du coup il a loupé son train et pendant qu'il attendait son deuxième train il m'a accompagné jusqu'au mien mais j'avais oublié mon doudou sur un banc alors il a sauté dans le train pour me le rendre et les portes se sont refermées avant qu'il ne ressorte.

- Waw. Je n'ai jamais vu un mec avec autant de poisse.

- Il s'est aussi fait contrôler dans le train, rajouta Justine.

- En plus ?! Il doit y avoir un contrôle tous les 36 du mois dans ce train pourtant.

- Oui. Alors tu vois, je lui ai dit que tu pourrais lui faire à manger au moins pour le remercier…

- Hm. Je ne sais pas. Il nous a regardées avec un air pervers tout à l'heure !

- Je ne suis pas un pervers, râla Kid.

- Comment peut-on en être certaines ?! »

« L'habit ne fait pas le moine. » pensa-t-il. Kid avait l'habitude d'être jugé par rapport à son physique. Ses cheveux rouges le faisaient passer pour un voyou. Son regard noir, souligné par quelques cernes de temps à autre, accentuait la chose. Il admettait lui-même qu'il n'aimerait pas se croiser dans une ruelle la nuit. Mais de-là à le traiter de pervers… « Elle y va fort. »

« C'est vrai, vous n'avez aucune raison de me croire. Je vous laisse. Passez une bonne journée.

- Mais attend ! Je veux que tu restes ! Pourquoi vous ne vous aimez pas ? Reste ! »

Justine commença alors à pleurer une nouvelle fois en s'accrochant à la jambe de Kid.

« Lâche-moi voyons !

- Je veux que tu restes !

- Arrête ! Je t'ai déjà dit de ne pas chialer ! Ça fait du bruit, mal aux oreilles et t'as de la morve qui coule c'est dégueulasse !

- Ça ne va pas de lui dire ça ?! s'indigna Nalha.

- Quoi ? Il faut lui dire la vérité. Pleurer ne sert à rien dans la vie. Personne ne viendra à son secours plus tard juste parce qu'elle verse une larme, dit-il sèchement. »

La grande sœur observait Kid avec un air choqué et perplexe. Le rouquin tenta de reprendre un ton plus neutre. Il se pencha vers Justine pour l'aider à se relever.

« Justine, appela-t-il en posant doucement sa main sur la tête de la fillette. Arrête de pleurer d'accord ? Ta sœur et moi on ne se connait pas. Ce n'est pas pour autant qu'on ne s'aime pas. »

Nalha et lui s'observèrent un instant.

« Tu sais, les adultes sont compliqués, expliqua Kid. Les enfants deviennent amis facilement avec tout le monde mais les adultes, eux, ils ont perdus leurs réflexes d'enfants et il arrive parfois qu'ils ne savent plus comment devenir amis avec les autres alors ça prend plus de temps.

- C'est vrai ?

- Oui. Mais ta sœur et moi on va devenir amis. N'est-ce pas ? »

Il adressa un rictus à Nalha qui répondit pareillement.

« Bien sûr.

- Génial ! Alors il peut venir manger à la maison ? »

La jeune femme accepta mais elle n'avait toujours pas confiance. Les nombreux changements d'attitudes de Kid en quelques minutes la laissaient perplexe. D'abord son regard étrange sur les jeunes filles, ensuite la contrariété et la déception d'être traité de pervers. Puis cette frustration et cette tristesse mal dissimulée dans ses paroles dures et sèches. Et pour finir la douceur pour calmer Justine…

Elle n'avait jamais vu de personne comme lui. Était-il lunatique ? Ou une de ces personnes bipolaires ?

15h.

« Bienvenue chez nous, annonça froidement Nalha. »

L'appartement était simple. Très petit. Une pièce principale avec la place pour une minuscule cuisine, un lit et une table deux places.

« Où sont les toilettes ?

- Au bout du couloir.

- Le couloir ? »

Kid observa rapidement l'appartement. Il comprit après quelques secondes.

« Ah, toilettes communes ?

- Oui. Salle de bain et toilettes pour les 5 appartements de l'étage.

- Ok…

- Ça pose un problème ?

- Non. »

En réalité oui. Ça posait un problème à Kid. Il était très pudique lorsqu'il s'agissait d'aller aux toilettes...

21h30.

Après une fin d'après-midi au parc, Nalha avait offert un dîner à Kid comme promis. Ils étaient enfin devenus amis.

« Bon, je vais y aller.

- Déjà ?

- Je ne vais pas vous déranger plus longtemps, ta sœur a sûrement envie de profiter de toi toute seule, sourit-il.

- Dors ici !

- Je ne pense pas qu'il y est la place… sans vouloir vous offenser.

- Non, rigola Nalha, c'est vrai qu'on est déjà un peu à l'étroit en étant assis.

- Je viendrais vous voir demain. Il faut que je m'organise pour rentrer alors je suis sûrement ici pour un ou deux jours encore.

- Cool ! Il pourra revenir hein Nalha ?

- Oui maintenant que je sais que ce n'est pas un pervers, plaisanta-t-elle.

- Encore heureux.

- L'hôtel le plus proche est à 4km. Il n'y a aucun bus, ça va aller ?

- Oui, no problem ! Bonne soirée. »

« No problem ? J'en ai plein le dos de marcher ! Je crois que je pourrais même dormir dans la rue ! »

Il s'arrêta en plein milieu du trottoir pour observer un petit coin à l'abri des regards… Un bruit étrange le dissuada. « Non, je ne suis pas fatigué à ce point-là finalement… »

22h20.

« Bonsoiiiiir Monsieur ! Vous me semblez fatigué !

- Bonsoir… »

L'hôtelier était étrangement énergique et souriant à l'extrême.

« …oui effectivement, je suis un peu fatigué. Est-ce qu'il vous reste des chambres ?

- Une ! Vous avez de la chance ! Suiiiivez-moi, je vais prendre votre sac. »

De la chance ? Encore une fois ?

Une chambre spacieuse, une salle de bain avec baignoire, des toilettes individuelles, un lit doux et moelleux. Il avait enfin VRAIMENT de la chance !

« Voilà Monsiiiieur ! Je vous souhaite une bonne nuiiiit ! »

Il claqua la porte sans attendre de réponses.

Kid avait mérité un bon bain.

23h00.

Il faisait plus chaud dans la chambre que dans la salle de bain. Même en caleçon, il faisait tellement chaud dans la pièce que le rouquin n'arrivait pas à dormir.

Il appela l'accueil.

« Bonsoir, je suis désolé mais je crois qu'il y a un problème avec le chauffage dans ma chambre…

- On fait venir quelqu'un tout de suite Monsieur. »

Il ouvrit les fenêtres pour aérer.

23h30.

On frappa hâtivement à la porte. « Ce doit être le réparateur. Il a pris son temps et maintenant il tambourine à ma porte ? Grr. » Kid déverrouilla la serrure et n'eut même pas le temps de râler que la personne entra brusquement dans sa chambre en le poussant pour refermer directement derrière lui. Kid tomba sur les fesses. Ses côtes le faisant toujours autant souffrir, il se recroquevilla sur lui-même. Ce n'est que quelques minutes après, lorsque la douleur lui laissait enfin le temps de réfléchir qu'il releva la tête pour observer l'intrus.

Un homme brun, était posté là, devant sa porte d'entrée.

« Vous n'êtes pas le réparateur » devina Kid.

Une oreille sur la porte, l'homme fit signe à Kid de se taire.

Des bruits de pas venaient du couloir. Visiblement, cinq ou six personnes parcouraient le corridor de long en large. Le rouquin s'en fichait, il se releva et commença son interrogatoire mais le brun le cloua au sol, le bâillonnant d'une main sur la bouche et l'immobilisant sans mal avec l'autre. Jamais le rouquin ne s'était senti aussi impuissant face à quelqu'un. Il avait beau se débattre, il ne pouvait bouger d'un millimètre. Le brun était littéralement assis sur lui et ne se préoccupait pas de sa position alors que le rouquin était en caleçon au-dessous.

La douleur dans son abdomen le rappelant à l'ordre, Kid finit par arrêter de se débattre. Le brun relâcha alors la pression de sa main, pensant que la victime allait coopérer…

« A L'AI-HMMHM !

- Chhut ! » intima le brun en reposant sa main sans même regarder Kid.

Les bruits de pas dans le couloir s'arrêtèrent devant la porte de la chambre. La tension était palpable. Kid sentit le brun se raidir d'un coup. Inconsciemment, ce dernier resserra sa prise autour des poignets de Kid qui grimaça. Un long moment de silence s'en suivit. « On pourrait croire à un film d'action où le ''héros'' se cache pour échapper aux méchants. » pensa-t-il intérieurement. Il en profita pour détailler son agresseur. Une trentaine d'année. Mâchoire masculine et barbe de trois jours. Deux boucles d'oreilles dorées à une oreille. Des yeux gris clairs. Belle gueule. « Le genre d'homme à avoir toutes les filles à ses pieds » pensa-t-il en soupirant, légèrement jaloux. Son souffle attira l'attention du brun qui prêta pour la première fois attention à Kid. Il observa à son tour l'homme sous lui, s'attardant plus longuement sur les hématomes de son torse, avant de reposer son regard mystérieux dans celui de Kid. Les personnes derrière la porte s'éloignèrent enfin. Le brun souffla de soulagement.

« Je vais te lâcher. »

Kid sursauta à l'entente de la voix. A ce moment précis, il ne savait pas quelle attitude il allait adopter. Il n'aurait pas le temps de se relever et de fuir, son agresseur le rattraperait à coup sûr.

« Je vais te lâcher, reprend le brun, à conditions que tu ne fasses pas de bruit. Je ne te veux aucun mal. Compris ? »

Hurler ne servirait à rien non plus et quelque chose lui faisait penser que les hommes à l'extérieur étaient peut-être moins gentils que celui qui l'immobilisait.

Kid opina donc de la tête et son agresseur tient parole en le libérant. Il s'assied par terre, s'adossant à une armoire pendant que Kid prenait soin de mettre une distance de sécurité entre eux.

« Je suis désolé, je ne voulais pas te mêler à ça.

- Qui es-tu ?

- Il ne vaut mieux pas que tu le saches. »

Le brun chercha un instant quelque chose dans sa veste en daim noir avant d'en sortir un bistouri de chirurgien. Kid blêmit à vue d'œil en s'imaginant le pire.

« N'aie pas peur, comme je te l'ai dit je ne te veux aucun mal, je n'ai pas sorti ça pour toi mais pour moi.

- … ? »

L'homme déchira un morceau de son pantalon au niveau de sa cuisse. « Une blessure par balle ? »

« Si tu es sensible tu ne devrais pas regarder » sourit le blessé avant de prendre de grandes respirations pour se préparer mentalement. Il s'entailla ensuite la cuisse pour aller chercher le projectile toujours bloqué. Il mit un moment et dût s'y prendre à plusieurs fois pour ôter la balle.

En sueur et à bout de force, il soupira en laissant tomber sa tête contre le meuble derrière lui. Kid avait assisté à toute la scène et la rancune envers son agresseur avait disparu. Au contraire, à présent il le plaignait.

« Est-ce que tu as une serviette ? Avant que je me vide de mon sang, demanda le brun avec un sourire forcé. »

Le rouquin se leva pour chercher une serviette et l'enrouler autour de la blessure.

« Merci. »

Un long silence s'installa. Le brun avait fermé les yeux et Kid l'observait sans trop savoir quoi faire. Finalement, quelqu'un frappa à la porte. Les deux hommes sursautèrent.

« Bonsoir, c'est le technicien, on m'a dit que vous aviez un problème de radiateur ?... Je suis désolé pour le retard, deux autres chambres ont eu le même problème…

- J'arrive, répondit automatiquement Kid avant de réaliser la situation. »

Le brun jeta un long regard inquiet et plein de réprobation à Kid qui comprit immédiatement qu'il devait gérer la situation.

« Je- euh non en fait je… une minute je m'habille ! Et merde ! chuchota-t-il.

- Dis-lui de partir ! souffla le brun.

- Trop tard j'ai dit oui ! Alors euh…

- Aide-moi à me lever, je vais aller dans la salle de bain.

- Oui !… Non ! Attends, viens plutôt ici ! »

Il fallait réfléchir vite et Kid découvrit qu'il était finalement assez doué pour ça. Il traîna le brun dans son lit et le recouvrit avec les draps. Il enfila un pantalon et se dirigea vers la porte avant de voir la trace de sang par terre. « Merde-merde-merde ! Euuuuuh… tes vêtements ! Enlève-les !

- Quoi ? s'étonna le brun.

- Dépêche-toi ! »

Kid aida le brun à ôter rapidement sa veste et son tee-shirt pour les jeter sur la tache de sang par terre. Il sortit ensuite l'un de ses caleçons qu'il posa négligemment au pied du lit. Il inspira et ouvrit la porte comme si de rien n'était.

« Bonsoir, excusez-moi. Entrez.

- Bonsoir, je suis désolé, certains radiateurs n'ont pas encore été changé et ils s'activent sans qu'on leur demande mais je vais régler ça ce sera rapide. »

Le mécanicien entra donc. Il s'étonna en voyant les vêtements éparpillés partout mais surtout en apercevant un autre homme nu dans le lit.

« B-bonsoir, dit-il, gêné.

- 'soir, répondit le brun très à l'aise.

- Je- ça sera rapide, je ne vous dérangerais pas longtemps je vais simplement regarder le chauffage ici et celui de la salle de bain.

- Faites, je vous en prie, sourit le brun. »

Le technicien finit son travail en silence et repartit les joues rouges.

« Bonne idée le coup du couple gay, complimenta le brun.

- Merci. »

Il retira le drap et fut pris d'un vertige en se levant, Kid le rattrapa pour le rasseoir sur le lit. Il lui apporta un verre d'eau. « Pourquoi est-ce que je suis gentil avec lui ? » se demanda-t-il.

« Pourquoi t'es gentil avec moi ?

- C'est justement ce que je me demandais.

- Hm. Quelqu'un de normal aurait sûrement déjà appelé la police. Dis-moi… cette mise en scène… tu es réellement gay ?

- Non je te rassure. C'est simplement la seule solution qui m'est venue à l'esprit.

- Ok. »

Le brun s'allongea et Kid se passa une main sur le visage. Il observa ensuite ses poignets rougis par la poigne du brun. Des bleus se formaient déjà à quelques endroits.

Une telle coïncidence n'était pas possible. « Je dois être maudit. La probabilité pour que ce genre de situation arrive est d'une sur un million ! On est pas dans un putain de film ! » s'énerva-t-il intérieurement.

« Qui es-tu ? redemanda Kid plus sèchement.

- Je te l'ai déjà dit, il vaut mieux pour toi que tu ne le saches p-

- Ok alors sors de ma chambre.

- Quoi ?

- Je ne veux pas d'inconnu dans ma chambre. Sors d'ici.

- Mais je suis blessé, je me disais que je pouvais me reposer ici juste-

- Parle ou sors d'ici. »

Le blessé pesa le pour et le contre avant de capituler.

« Je m'appelle Law.

- C'était qui ces gars dehors ?

- Des personnes à ma recherche.

- Pourquoi ?

- … »

Le brun garda le silence, prenant soin d'observer son interlocuteur. Ce dernier avait les traits tendus. Ses yeux en disaient long sur sa fatigue et son état mental. Les muscles de sa mâchoire étaient contractés et visibles.

« Bien, grogna Kid. La sécurité de l'hôtel se fera sûrement un plaisir de t'aider à sortir. »

Il attrapa le téléphone sur la table de chevet mais le brun sauta sur le combiné.

« Attend-attend ! Je vais t'expliquer. Calme-toi. »

Kid en avait marre. Mais en même temps il voulait savoir. Il partit donc s'asseoir en attendant la suite.

« Je suis recherché par la mafia japonaise.

- Les yakuzas ? Rien que ça ?

- Ouais… je suis un livreur un peu 'spécial' si tu vois ce que je veux dire… je travaille pour les grandes pointures du monde caché et pour la première fois de ma carrière il se trouve que j'ai malencontreusement perdu un objet pendant ma livraison.

- Et donc ? Pourquoi ne pas simplement dire la vérité ? Que tu as perdu le paquet.

- Si c'était aussi simple, soupira-t-il. Je leur ai dit.

- Et alors qu'est-ce qu'il y a ? Tu vas me dire que c'était un truc inestimable et que tu dois payer de ta vie ou ce genre de connerie d'honneur à la japonaise ?

- Haha non. Mais ils ne me croient pas. Ils pensent que je l'ai volé.

- …C'est le cas ?

- Non ! dit-il d'un air offensé. Je suis livreur pas voleur.

- Pff je n'en sais rien moi je ne te connais pas !

- C'est vrai.

- Et tu ne penses pas que fuir n'a fait qu'accentuer le doute sur ta culpabilité ?

- Probablement mais je préfère fuir en attendant de trouver une solution plutôt que de me faire torturer pour quelque chose dont je ne suis pas coupable. Pas toi ? »

Kid haussa les épaules. Sur ce point il ne pouvait pas le pointer du doigt, n'importe qui aurait fait la même chose.

« Et c'était quoi cette chose que tu devais livrer ?

- Une bague de fiançailles. »

Kid passa sa main dans ses cheveux puis sur son visage en soufflant.

« Tu te fous de ma gueule ?

- Non.

- Donc tu me dis que tu es un livreur pour les yakuzas-

- Pas seulement, sourit-il fièrement.

- Ouais-ouais un livreur 'pour les pointures du monde caché', dit-il avec des guillemets. Donc un livreur qui a perdu une bague de fiançailles et qui est, à cause de ça, recherché par les yakuzas ?

- La fameuse bague de fiançailles est plus qu'une bague de fiançailles en réalité. Elle a été faite par le fils de la mafia russe pour la fille du chef des yakuzas.

- QUOI ? s'exclama Kid avec des yeux ronds.

- C'est cette bague qui devait sceller l'alliance entre les mafieux japonais et les russes.

- Et tu l'as perdu ?!

- Oui, dit-il en haussant les épaules comme si ce n'était pas si grave que ça. »

Un nombre incalculable de scénarios passaient dans la tête du rouquin. Cet homme allait lui apporter des ennuis. Le laisser en plan dans la chambre et s'éloigner de lui était la meilleure solution. Il ramassa ses affaires.

« Qu'est-ce que tu fais ?

- Je me casse. Je te laisse dans ta merde, j'ai eu mon lot d'aventures depuis une semaine déjà alors je ne veux pas en plus être pris dans une guerre de mafieux.

- Hm, je ne veux pas te casser tes petits espoirs mais ça m'étonnerait que les yakuzas soient partis. Et même si c'était le cas ils ont dû demander, ou plutôt obtenir de force, le nom de toutes les personnes de l'étage avant de partir.

- Ce qui veut dire ?

- Tu es fiché. Désolé. »

Il avait sûrement raison encore une fois. Kid se figea en le réalisant. Il laissa tomber lourdement son sac à ses pieds. « Je suis mort. » pensa-t-il en fixant un petit losange de mosaïque sur le mur de la salle de bain devant lui. Il se traîna jusqu'au fauteuil de la chambre et s'avachi littéralement dedans, se faisant mal lui-même en ayant oublié de faire attention à ses blessures. C'est le brun qui le sortit de ses pensées.

« Tu t'appelles comment ?

- En quoi ça te regarde ?

- Je n'aime pas être dans la chambre d'un inconnu, tenta-t-il de plaisanter.

- Kid, grommela-t-il.

- Enchanté Kid !

- Tss.

- Cache ta joie.

- Qu'y a-t-il d'étonnant dans mon attitude ?! Un fou débarque dans ma chambre en plein milieu de la nuit, il pisse le sang sur la moquette, se charcute la jambe pour s'enlever une balle avant de m'annoncer qu'il est recherché par les yakuzas et que bientôt sûrement moi aussi tout ça parce qu'IL a perdu une bague de fiançailles qui devait unir les deux plus grands groupes mafieux qui existent ! Excuse-moi de ne pas sauter de joie ! »

Ses fractures lui faisaient mal, il se tient automatiquement les côtes et se rassied à bout de souffle. Ça y est, il venait de lâcher la pression un court instant mais ça lui avait fait du bien.

« Tu pars au quart de tour, remarqua le brun en souriant d'un air taquin.

- Pff...

- Ces hématomes sur ton corps et ton nez tordu. Tu as dû passer un sale moment ?

- Ce n'est pas ton problème.

- Tu veux que je regarde ?

- T'es médecin peut-être ? grogna Kid.

- Et oui ! Livreur la nuit et chirurgien le jour, sourit-il. »

Le rouquin n'arrivait plus du tout à le cerner. Pourquoi un type comme lui avait besoin d'être livreur pour des gangsters ? La chirurgie ne payait pas assez ? Il n'avait pas du tout la dégaine d'un chirurgien.

« Je sais ce que tu es en train de penser. Mais non, je ne te mens pas. Je ne mens jamais. Enfin sauf à mes patients quelques fois, je m'amuse à les faire baliser avant de leur annoncer la bonne nouvelle. Une fois j'ai dit à un homme en salle de réveil que je m'étais trompé de patient et que je lui avais fait une vasectomie alors qu'il venait pour se faire enlever l'appendicite. J'aurais dû filmer sa tête, sourit-il sadiquement en replongeant dans ses souvenirs.

- Quelque chose ne tourne pas rond chez ce type… grimaça-t-il.

- Quoi qu'il en soit, je suis un bon chirurgien, j'ai des doigts de fée je saurais sûrement soulager ta douleur.

- Pff, merci mais j'ai déjà vu un médecin. J'ai deux côtes abimées et une petite fêlure à l'avant-bras.

- Ah oui ? Et qu'est-ce qu'il a fait ?

- Il m'a donné des antidouleurs.

- Ah ! Typique des nouveaux ça ! Ils règlent tout avec les médocs maintenant. Viens. »

Il fit signe à Kid de venir sur le lit.

« Viens-là je te dis. Je ne vais pas te tuer et tu n'as rien à perdre. »

Pour la troisième fois de la soirée, le brun avait raison. Kid se leva donc.

« Allonge-toi sur le ventre.

- Sur le ventre ?

- Oui. La partie devant toi. Où tu as ton nombril, se moqua le brun.

- Ha. Ha. Très drôle, rougit l'autre. »

Il s'exécuta doucement. Surveillant toujours du coin de l'œil le brun à côté de lui.

« T'es prêt ? demanda le chirurgien.

- Ouais. »

Le médecin se redressa et enjamba Kid pour venir s'asseoir sur lui.

« Qu-qu'est-ce que tu fais ? s'inquiéta-t-il.

- Eh bien ça va être difficile pour moi d'opérer si je reste sur le côté. »

Kid n'était pas à l'aise dans cette position, il était clairement dominé par le médecin et encore une fois il ne pouvait pas bouger.

Avant que Kid n'ait le temps de répondre, Law appuya son coude sur un point sous son omoplate droite. Le rouquin lâcha un gémissement de plaisir et s'enfouit la tête dans l'oreiller, rouge de honte d'avoir sorti un son aussi indécent devant un inconnu.

« Ne sois pas gêné, c'est normal. J'appuie sur des points sensibles pour ouvrir des portes dans ton corps que l'on appelle des Cambats. C'est une méthode datant de l'antiquité. I Cambats dans le corps, lorsqu'ils sont ouverts, le corps trouve un équilibre parfait et se régénère plus rapidement. Certaines personnes sont plus réceptives que d'autres pendant cette pratique. »

Kid grogna dans l'oreiller tandis que le brun continua sa manipulation.

Quelques minutes plus tard, Kid s'était habitué aux pressions exercées, il allait presque s'endormir.

« Tourne-toi sur le dos.

- Je suis trop bien là, soupira-t-il. »

Le brun tourna donc de force son patient.

« Aïe ! râla Kid.

- C'est pour ton bien, se justifia Law. »

Le brun avait un grand sourire sadique sur le visage. Ses yeux parcouraient les muscles de Kid et sur le moment ce dernier crut voir les pupilles du médecin se dilater.

« Je ne t'ai pas demandé mais… toi… tu n'es pas…

- Quoi ?

- Tu sais… ce que tu m'as demandé tout à l'heure…

- Hm ?

- Tu n'es pas gay ?

- Ah, non.

- Ok, soupira-t-il soulagé en s'installant plus confortablement.

- Je suis bi, avoua-t-il très sereinement.

- Pardon ? »

Kid tenta de se redresser mais fut ramener d'un geste de la main sur le lit, il n'eut même pas le temps de réaliser la situation.

« Attention ça risque de piquer un peu, déclara Law.

- De quo-AH ! PU**** DE M**** !

- Je t'avais prévenu.

- Pourquoi t'as fait ça ?!

- C'est la deuxième partie du processus, ça s'appelle la méthode de la Hache. Toutes les portes ont été ouvertes pendant la méthode des Cambats mais je dois maintenant réactiver la douleur en appuyant fermement sur les points à guérir pour que ton énergie se focalise dessus.

- Ah bah la douleur est réactivée là merc-AAAH ! BORD** DE MER** ! Arrête ça maintenant !

- Pas encore. Donne-moi ton bras.

- Non !

- Raah quelle chochotte. »

Il attrapa sans mal le bras du patient et le fit craquer un grand coup.

« C'est fini ! Tu verras demain ça ira beaucoup mieux.

- …

- Hey ? Attend… Tu pleures ?

- Non ! grogna le rouquin en posant son bras sur ses yeux. »

Une larme coula sur sa joue et un petit rire raisonna dans la chambre.

« Ça te fait marrer toi ?! Espèce de cinglé ! J'ai vraiment mal ! hurla Kid. »

Les yeux gris clairs du médecin se posèrent sur son patient avec une douceur étrange, bienveillante et chaleureuse. Il se saisit du poignet de Kid pour l'amener jusqu'à ses lèvres où il déposa un baiser sur les petits hématomes.

« Je ne savais pas que tu pouvais être si mignon… Si je n'étais pas blessé je t'aurais certainement sauté dessus, sourit le brun avec une lueur d'excitation dans les yeux. »

La voix rauque et la soudaine déclaration du médecin, sans parler de sa position, firent rougir Kid qui retira rapidement sa main et tenta de pousser Law toujours assis sur lui. Ce dernier céda et se recoucha sous le drap.

« Dors bien, dit-il en éteignant la lumière. »

2h13.

Le brun bougeait beaucoup dans son sommeil et ses paroles tourmentaient le rouquin qui était incapable de dormir, il se réveillait à chaque mouvement en ayant peur qu'on lui saute dessus.

« Qu'est-ce qu'il voulait dire par me sauter dessus ? Il ne voulait quand même pas dire….. ? Bon. Dès demain je m'éloigne de… ah non… j'oubliais la mafia… » se rappela-t-il, « Qu'est-ce que je vais faire ? Je ne peux pas suivre ce mec ! Mais en même temps, est-ce que j'ai vraiment le choix ?! Je verrais avec lui demain. »

3h00.

Un liquide chaud vint réveiller Kid qui avait enfin réussi à fermer les yeux plus de 30 minutes.

« Qu'est-ce que c'est ? »

Il tâta le matelas.

« C'est trempé. Tu n'as quand même pas pissé ?! » demanda-t-il à son voisin qui ne répondit pas.

Il alluma la lumière et leva le drap d'un coup. Ce n'était pas de l'urine mais du sang.

« Mais qu'est-ce que c'est ? Ah ta blessure s'est rouverte... Tu m'entends ?... Law ? »

Il attrapa le visage du brun qui ne réagissait pas. Il était brûlant de fièvre. Kid lui colla quelques claques qui eurent pour effet de le réveiller quelques secondes.

« T'as de la fièvre ! T'es malade ?! Et tu pisses le sang !

- Hémorragie… aiguille… fil…, souffla-t-il.

- Ok-ok attends je t'apporte ça ! »

Louis avait pensé à lui donner un kit de voyage avec du fil, une aiguille et un nécessaire médical. Kid s'en saisit et retourna donc vers Law en lui tendant les outils.

« Tiens, du fil et une aiguille ! »

Il lui plaça dans les mains mais Law n'avait même plus la force de tenir l'aiguille. Kid savait pertinemment que le brun n'était pas en état de se recoudre lui-même mais il savait également que s'il appelait les urgences, la mafia le saurait et le brun serait condamné aussi.

« Recoud, demanda faiblement Law avant de fermer les yeux.

- Non-non-non ! Ne ferme pas les yeux ! Rouvre les yeux ! Rouvre tes putains d'yeux Law ! Je n'veux pas ta mort sur la conscience ! Merde Law ! Je ne sais pas coudre moi ! »

Plus rien. Il avait perdu connaissance. Kid retira le pantalon du brun et enfila difficilement le fil sur l'aiguille. Il regardait maintenant le médecin inanimé et la blessure en train de saigner. « Alors j'ai déjà fait des ourlets sur un rideau… mais ce n'est pas pareil ! Pourquoi je pense à ça ?! s'énerva-t-il en panique. Bon calme-toi Kid. Quand faut y aller, faut y aller ! » Il piqua dans la chaire…

3h30.

L'hémorragie était stoppée. Kid avait fait un pansement, donné un médicament pour la fièvre et mis une serviette humide sur le front de Law. Il ne lui restait plus qu'à attendre.