Oui oui, pour répondre à vos commentaires : une suite est prévue ! Je ne sais pas jusqu'où ça ira, ni à quel rythme je les posterais, mais c'est en cours de travail. Alors, en espérant que la suite sera à la hauteur de vos attentes, bonne lecture !
C'était comme si son corps entier était soudain gelé. Il sentait chacun de ses muscles contractés et son cœur battait la chamade. Adrien n'osait plus faire un geste mais, dans le même temps, il sentait une chaleur monter dans sa poitrine. À chaque battement de cœur, elle semblait s'amplifier et grimper jusqu'à ses joues. Marinette avait rêvé de lui ?
Il voulait croire qu'il avait mal compris. Après tout, la jeune fille ne cessait de répéter à Alya qu'il ne s'agissait que d'un rêve, que ça ne voulait rien dire, et surtout, que ce n'était pas aussi tordu que ce qu'elle semblait imaginer… Mais d'un autre côté, il avait bien entendu le début de leur conversation, et il ne pouvait renier que tout faisait sens.
« Tu n'es pas ridicule, Marinette. Tu es juste… désespérément amoureuse ! »
« Chaque fois que je lui parle… Ce n'est qu'une bouillie de mots qui sort de ma bouche. »
Il repensait à toutes ces fois où Marinette avait voulu lui parler mais où les mots s'étaient mélangés. Il attendait toujours patiemment qu'elle arrive à s'exprimer, sans se moquer de sa maladresse, parce qu'il voulait vraiment lui montrer qu'il était son ami. Il avait cru que c'était parce qu'elle était timide. Il avait cru qu'elle était juste maladroite. Mais il venait de comprendre que la raison était tout autre.
Marinette. Était. Amoureuse. De. Lui.
Il ne s'était écoulé que quelques secondes depuis la grande révélation, et Adrien se demandait bien comment il allait pouvoir reprendre un visage normal après cela. Heureusement pour lui, un surveillant entra au même moment dans la classe et leur annonça que le professeur était absent, et qu'ils devaient se rendre en salle d'étude en attendant le prochain cours. Aussitôt, un brouhaha joyeux remplit la salle et toute la classe s'empressa d'évacuer les lieux. Adrien attendit quelques instants, le temps de reprendre son calme, espérant sortir le dernier… Puis il sentit une main se poser sur son bras et sursauta en se tournant vers Marinette, qui lui lançait un sourire timide. Il retira brusquement son casque et se redressa.
— Marinette ! Oh, bon… bonjour… bafouilla-t-il.
— Bonsoir… euh, bonjour Adrien. Désolée de te désir… de te déranger, pardon. Ha, ha.
Elle poussa un soupir, surprit Alya qui lui lançait des signes d'encouragement, et reprit avec plus d'assurance :
— Désolée, tu n'as pas dû entendre avec ton casque, mais le prof est absent. Et comme Nino n'est pas là… Je voulais, enfin si tu veux, si tu n'as rien de mieux à faire… Bref, tu veux venir avec moi à la bibliothèque ? Avec nous, je veux dire ! Alya et moi ! Pas juste nous deux, hein, non, bien sûr…
Elle semblait désespérée par sa propre maladresse, les joues rougies par l'effort que cela lui avait demandé, et Adrien se demanda comment il avait pu être aveugle aussi longtemps. Elle restait plantée devant lui, se tordant les doigts, incapable de soutenir son regard… Bon sang, et c'était lui qui lui faisait cet effet ?
Il avait ouvert la bouche, mais encore aucun mot n'était sorti, et il continuait de la regarder. Alors, Marinette pencha la tête vers lui, soudain inquiète.
— Adrien ? Tout va bien ? Tu es malade ? demanda-t-elle en levant la main vers son front.
Son geste acheva de le réveiller, et Adrien bondit sur ses pieds avant qu'elle n'eût le temps de le toucher.
— Non, non, ça va ! fit-il en passant machinalement la main derrière la tête. Juste un peu fatigué… Merci, mais… Je vais faire un tour aux toilettes, je vous rejoins plus tard, peut-être ?
Le bras de Marinette retomba mollement le long de son corps, et Adrien s'en voulut d'avoir réagi aussi brusquement, car il devinait qu'il l'avait blessée. Pourtant, elle lui lança un sourire et hocha la tête.
— Bon, je te laisse alors. À plus tard, peut-être.
Elle fila avec Alya sans se retourner, et Adrien contempla la salle vide avec un lourd sentiment de culpabilité. Ce n'était sans doute pas la première fois qu'il la blessait sans s'en rendre compte. Dire qu'elle faisait tant d'efforts, et que lui avait été si stupide !
Et puis il n'avait aucune idée de la façon dont il devait réagir. Mais de voir ses doigts s'approcher de lui… Il n'aurait pas pu sentir sa main sur son front sans devenir rouge écarlate, il en était certain. Déjà qu'il sentait la chaleur pulser dans ses joues !
Avec un soupir, il attrapa son casque et le fourra au fond de son sac, sans égard pour Plagg qui s'envola pour l'éviter. Le kwami aurait pu râler de sa brusquerie, mais quand Adrien le vit flotter devant lui avec un air malicieux, il comprit que ses problèmes ne faisaient que commencer.
— Plagg, pas un mot !
Le kwami croisa les pattes en prenant un air d'ange.
— Quoi ? Je n'allais rien dire !
Adrien lui lança un regard sceptique et Plagg haussa les épaules, avant de se tourner vers son porteur, le visage fendu d'un sourire.
— Après tout, tu as déjà entendu tout ce qu'il fallait, non ? siffla-t-il en se retenant de rire.
— Plagg…
Le kwami n'ajouta rien mais son rire étouffé continua de s'échapper du sac d'Adrien quand il quitta la salle de classe en traînant des pieds. Il n'eut pas le courage de rejoindre les filles immédiatement. Il fallait d'abord lui laisser le temps de digérer l'information qu'il venait d'obtenir. Alors, il fit un détour par les toilettes, se posa devant le lavabo, l'esprit en vrac. Il devait faire le point sur la situation. Bon.
Marinette ne le détestait pas, comme il avait pu le penser, et c'était le point positif. En revanche, elle était apparemment « désespérément amoureuse » de lui. Une fois la surprise passée, il devait se rendre à l'évidence : c'était plutôt flatteur. Il sentait une vague de chaleur gonfler dans sa poitrine, et un sourire naître au coin de ses lèvres. Ce n'était pas comme avec toutes ces groupies qui le harcelaient ou le pourchassaient dans la rue. Marinette n'était pas une de ses fans, mais une de ses amies. Une fille intelligente, forte, juste… Et plutôt mignonne, à y repenser.
Il restait toujours éperdument amoureux de Ladybug mais… Savoir qu'une fille comme Marinette pouvait tomber sous le charme d'un type aussi banal qu'Adrien Agreste, voilà qui lui boostait le moral. Alors il se décocha un sourire dans le miroir, digne du plus félin des héros. Que ferait Chat Noir, dans cette situation ?
Quand il rejoignit la bibliothèque, l'heure était déjà presque écoulée. Il repéra le duo de filles autour d'une table, au fond de la salle. Alya tentait de réconforter une Marinette affalée sur la table, qui ressassait la manière dont Adrien avait bondi au contact de sa main. Il ne pouvait décemment pas la laisser ainsi se méprendre… Alors il se dépêcha de les rejoindre et, plutôt que de s'installer en bout de table, il tira la chaise juste à la gauche de Marinette.
— L'offre tient toujours ? demanda-t-il en prenant place à ses côtés.
Marinette fit un bond sur sa chaise, et le regarda s'asseoir à côté d'elle avec des yeux émerveillés. C'était incroyable, ce changement radical dans son expression ! Un instant, elle se lamentait et, la seconde suivante, elle rayonnait en rougissant jusqu'aux oreilles… Adrien fut incapable de retenir le sourire au coin de ses lèvres, amusé par sa transformation.
— Bien… Bien sûr Adrien, tu peux rester avec moi pour toujours, soupira-t-elle avant de se reprendre : tu peux rester avec nous aujourd'hui, je veux dire ! À la bibliothèque, avec Alya et moi, haha.
Une fois de plus, Adrien songea à quel point il avait été stupidement aveugle. Et sourd, apparemment.
— Merci, Marinette, répondit-il. Vous révisez pour le contrôle de physique ?
— Oui, répondit Alya, enfin on essaye. Marinette a beaucoup de mal à comprendre ces histoires d'ion dans la mesure du Ph…
— Ah oui ? Je peux peut-être t'aider ?
Appuyée sur sa main, le coude posé sur la table, elle continuait de le dévorer des yeux sans trouver les bons mots pour répondre. Adrien se pencha donc vers son cahier sans attendre sa réponse pour vérifier ce qu'elle avait noté. Bingo !
— Tu as inversé les ions hydrogène et les ions hydroxyde, pas étonnant que tu ne comprennes pas, remarqua-t-il. Laisse-moi corriger ça…
Il se pencha davantage vers son amie pour piocher un stylo dans sa trousse et, du même coup, colla son épaule à celle de Marinette. La réaction de cette dernière fut instantanée : son coude flancha et elle bascula la tête vers la table, avant de se redresser, rouge comme une pivoine.
— Marinette, tu vas bien ? demanda-t-il.
Il fronça les sourcils en la regardant, et leva la main pour toucher son front.
— Tu me parais chaude, tu n'as pas de fièvre, dis-moi ?
Non, là, vraiment, il était allé trop loin. Il avait voulu simplement lui montrer qu'il n'était pas vexé, et se faire pardonner son geste brusque de tout à l'heure… Il en avait trop fait sans doute. Elle était rouge comme jamais, la bouche ouverte, stupéfaite par son geste. Elle n'avait pas de fièvre, mais vu la chaleur qui pulsait sous la paume d'Adrien, on aurait pu le croire.
— Non, tout va bien ! s'exclama Marinette d'une voix haut perchée. Je ne suis pas malade, mais…merci de t'inquiéter, Adrien !
— Tu es sûre que ça va, alors ?
— Oui, oui, je suis juste… fatiguée ! Je manque de sommeil, c'est tout !
Alya, qui était restée silencieuse et fascinée par leur échange, ne put s'empêcher de pouffer à ces mots, et ajouta une remarque à demi-mots :
— C'est ça de recevoir des visites dans ses rêves…
— Alya !
La blogueuse se cacha dans ses mains pour rire et même Adrien fut obligé de se détourner pour cacher le sourire qui naissait sur ses lèvres.
Oh, bon sang.
Il était fichu.
Mais comment résister ? Savoir que c'était lui qui provoquait ces réactions, c'était tellement… tentant…
