Merci pour vos retours, ça me fait extrêmement plaisir ! J'ai l'habitude d'écrire des histoires, mais c'est la première fois que j'écris une fanfic, et de lire vos remarques m'encourage à continuer, alors n'hésitez pas à commenter :)
Marinette, affalée sur son lit, était incapable de fermer les yeux. Elle contemplait le visage d'Adrien, suspendu au plafond au-dessus d'elle, et se demandant par quel miracle il lui adressait encore la parole. Elle s'était ridiculisée tant de fois cette semaine !
D'abord, il y avait eu l'incident à la bibliothèque, et Adrien qui s'était si adorablement inquiété pour elle. Elle avait réussi à ne pas tomber à la renverse, et c'était déjà un miracle en soi. Et puis, il y avait eu le cours de sport, pendant lequel Adrien s'était proposé pour être son partenaire pendant les figures en équilibre. Comment refuser ? Avec l'absence de Nino, il perdait son comparse habituel… Mais elle n'avait pas tenu longtemps en équilibre. Comment l'aurait-elle pu, alors qu'il la tenait par les chevilles ? Ses mains, sur ses CHEVILLES ! Il avait juste émis un petit rire, même pas moqueur, et puis il avait tendu la main pour la relever. Un ange, ce garçon.
Et ça avait continué plusieurs fois cette semaine. Il était resté avec elle et Alya, pendant la pause déjeuner (il avait même voulu goûter à son sandwich, fait avec le pain de son père !). Il avait fait équipe avec elles au labo de chimie (et quel bonheur de sentir son parfum quand ils s'échangeaient le microscope !). Il avait frôlé sa main en partageant son parapluie (parce qu'elle ne retrouvait plus le sien, alors qu'elle était persuadée de l'avoir pris). Elle s'était rendue chaque fois plus ridicule, mélangeant les mots, devenant rouge comme une tomate, restant là à le contempler… Et Adrien, chaque fois, avait eu ce sourire au coin des lèvres… À bien y réfléchir, il y avait quelque chose de nouveau dans ce sourire. Il n'était pas moqueur, mais il y avait quelque chose dans ces yeux… Une étincelle de malice qui lui faisait penser à Chat Noir.
Non, non, non !
Elle voulait chasser cette idée, chasser le visage de son partenaire, en vain. Depuis ce fameux rêve, en début de semaine, il trottait sans arrêt dans ses pensées. Comment avait-elle pu ? Comment son cerveau avait-il pu imaginer pareil scénario ? Elle refusait de croire qu'elle était attirée par le super-héros, mais elle rougissait en repensant aux images qui avaient traversé son esprit cette nuit-là… Leurs regards, à tous les deux. Leurs baisers. Leurs mains…
Non, non, non ! Marinette serra son coussin contre sa poitrine en secouant la tête. Elle devait oublier ce rêve absurde. Elle avait honte rien que d'y penser. Comment avait-elle pu imaginer Adrien et Chat Noir ensemble, avec elle ? Ce rêve n'avait aucun sens, et il ne voulait absolument rien dire. Tikki avait tort, forcément !
— Tu sais, Marinette, les rêves peuvent parfois nous montrer une vérité que nous voulons nous cacher, avait suggéré son kwami.
Marinette ne voulait pas y croire. Elle, attirée par Chat Noir ? Pfff ! C'était absurde. Il n'y avait qu'Adrien à ses yeux. Lui seul. Pour s'en convaincre, elle s'exclama :
— Chat Noir n'a rien à voir avec Adrien !
Elle ne s'attendait certainement pas à entendre une voix fendre la nuit pour lui répondre :
— On parle de moi, princesse ?
Marinette poussa un cri de surprise et projeta son coussin droit vers l'intrus qui avait glissé sa tête par l'ouverture du velux. Il fut surpris par la force du projectile qui percuta son visage et perdit l'équilibre, retombant mollement sur la terrasse, un peu sonné.
Ok, c'était mérité.
Chat Noir passa une main sur son visage et ramassa le coussin en laissant échapper un rire. Il se tut en relevant les yeux, car Marinette bondissait hors de sa chambre, aussi surprise que furieuse.
— Chat Noir ?! Mais qu'est-ce que tu faisais au-dessus de ma fenêtre ? s'exclama-t-elle, mains sur les hanches.
Il se remit sur pied et passa le bras derrière la tête, gêné. Qu'est-ce qu'il faisait là ? Il ne savait plus trop, finalement. Simplement… Il s'était amusé toute la semaine à l'observer, à la taquiner, découvrant chaque jour de nouvelles expressions sur son visage. Un sourire béat quand elle l'observait sans savoir qu'il l'avait repérée. Un tremblement dans sa main quand ils avaient tenu ensemble un parapluie. Une étincelle dans le regard quand leurs épaules s'étaient frôlées… Sans oublier tous ses rougissements incontrôlés, ses chutes plus ou moins provoquées, ses lapsus qui lui échappaient quand elle bégayait devant lui… Il avait agi bêtement, aussi joueur qu'un chat, en provoquant chaque jour davantage de réactions, et il n'arrivait plus à s'arrêter. Le jeu était trop addictif.
Et puis samedi était arrivé, enchaînant les shootings, les leçons de piano et de mandarin… Et Adrien s'était ennuyé ferme. Il n'avait eu qu'une envie, tout ce temps : filer par la fenêtre et s'amuser à la surprendre, encore une fois.
— Désolé, Marinette, répondit-il, je ne voulais pas te faire peur ! Je passais simplement par là pendant ma ronde, quand j'ai vu de la lumière à ta fenêtre… Je me suis dit que, si tu n'arrivais pas à dormir, tu ne serais pas contre un peu de compagnie !
Elle ne se laissa pas amadouer par le sourire de coquin qu'il lui lançait et leva les yeux au ciel, avant de marcher droit sur lui. Il écarquilla les yeux, surpris par son air déterminé, et se demanda si elle allait s'en prendre à lui. Bizarrement, cette idée le réjouissait plus qu'elle n'aurait dû. La faute à sa tenue, sans doute : un débardeur un peu trop petit, un short un peu trop court, et voilà que l'imagination d'Adrien filait dans une direction inattendue.
Cependant, Marinette s'arrêta avant de le toucher, et se contenta d'arracher le coussin qu'il tenait encore entre ses mains. Elle le plaqua aussitôt contre son ventre, autant pour cacher sa peau à découvert, que pour éviter qu'il découvre le visage charmeur de celui qui figurait sur le tissu. Adrien releva la tête, surpris par l'idée qui lui avait traversé l'esprit, et croisa le regard noir de la jeune fille. Elle secoua la tête en soupirant.
— Tu ne peux pas débarquer en pleine nuit chez toutes les filles de Paris, Chat Noir. Super-héros ou pas !
Oh, cet air furibond ! Elle ne l'avait jamais regardé comme ça quand il était Adrien… Et bizarrement, cela ne faisait que l'amuser davantage.
— Je ne cours pas tous les toits de Paris, Princesse. Seulement celui où l'on soupire mon nom pendant la nuit…
Ses mots firent hoqueter Marinette de surprise, et son visage se teinta d'une belle couleur rougeoyante tandis qu'elle se souvenait de son rêve. Ça remontait déjà à plusieurs jours, et Tikki lui aurait dit si elle avait parlé pendant son sommeil… Chat Noir ne pouvait pas l'avoir entendue soupirer son nom, tout de même ? Elle secoua la tête, rejetant cette idée, et foudroya le félin du regard.
— Je ne soupirais pas ton nom ! protesta-t-elle. J'énonçais simplement un fait !
— Je savais bien que tu pensais à moi, remarqua-t-il, réjoui.
— Penser à ?… Je… Non !
Il se fendit d'un sourire devant son air offusqué et ajouta, l'air de rien :
— En revanche, je n'apprécie guère d'être comparé à cet… Adrien. Aurais-je donc un rival dans le cœur de ma Princesse ?
Elle s'empourpra davantage, comme si c'était seulement possible, et resserra ses bras sur le coussin qu'elle tenait fermement contre son ventre.
— C'est un ami, se défendit-elle. Juste un ami. Tout comme toi.
— Ouch, gémit-il. Juste un ami, Princesse ? Moi qui pensais hanter tes rêves…
Elle cacha sa gêne en levant les yeux au ciel d'un air blasé, et secoua la tête.
— Chat Noir…
— Je ne plaisante pas, protesta-t-il. Je serais ravi de te tenir compagnie dans ton sommeil… Surtout que, contrairement à moi, ce petit pyjama ne doit pas tenir bien chaud.
Elle gonfla les joues et fronça les sourcils de colère avant de lui lancer le coussin au visage à nouveau. Cette fois, il évita le projectile et s'esclaffa.
— Si tu voulais me chasser, ce n'est pas en te découvrant davantage que tu vas y arriver !
— Bonne nuit, Chat Noir ! siffla-t-elle en se retournant.
Elle marcha d'un bon pas en direction de sa fenêtre et il se surprit à attarder son regard sur ses reins dénudés, avant de se ressaisir.
— Pardon, Marinette ! fit-il d'une voix mielleuse. Je te promets de mieux me tenir !
Elle s'arrêta et s'attarda un moment, hésitante. Finalement, elle poussa un soupir et se tourna de nouveau vers lui.
— Qu'est-ce que tu veux, Chat Noir ?
— Juste profiter un instant de ta compagnie, répondit-il, pour me sentir moins seul.
Cette fois, il n'arborait aucun sourire malin, et Marinette décela la sincérité dans sa voix. Il avait beau jouer les charmeurs, ce qu'il chérissait le plus, c'était de passer un peu de temps avec elle pour tromper sa solitude. Il détestait les week-ends, seul chez lui, loin du collège et de ses amis. Il y avait bien sûr les patrouilles avec Ladybug, mais… Elle était bien trop distante, bien trop inaccessible. Celle qui lui avait redonné le sourire, ces derniers temps, c'était plutôt Marinette.
Il eut peur d'avoir été trop loin ce soir, et qu'elle décide de le laisser là. Mais, contre toute attente, elle s'avança de nouveau vers lui. Elle marcha d'un pas déterminé jusqu'à n'être plus qu'à un pas de lui et pinça les lèvres en l'observant.
— Ch'il-te-plaît ? ajouta-t-il pour l'amadouer.
Elle aurait voulu rester de marbre, mais il devina un sourire éphémère au coin de ses lèvres.
— Il fallait commencer par là… souffla-t-elle. Maintenant, dis-moi la vérité, Chat Noir…
Il écarquilla les yeux, surpris par sa demande.
— Quelle vérité ? répéta-t-il en sentant le rouge monter à ses joues.
Elle posa un index accusateur sur son torse et le jaugea du regard.
— Tu es surtout venu profiter des restes de viennoiseries, je me trompe ?
Il ressentit un frémissement dans sa poitrine quand elle le toucha de son doigt, de même qu'un grand soulagement à sa question. Il se prit au jeu et attrapa sa main en retour, avant de poser une main sur son cœur, l'air blessé.
— Je suis un gentleman, pas un vulgaire chat de gouttière, plaida-t-il d'un ton faussement meurtri. Je ne saurais mendier pour de la nourriture !
Sans chercher à dégager son bras, elle esquissa un sourire. Elle pencha la tête vers lui, jusqu'à n'être plus qu'à quelques centimètres de son visage, et lui lança d'un air de défi :
— C'est dommage, j'aurais pu céder à un matou affamé.
Il ouvrit la bouche, mais aucun son ne dépassa ses lèvres. Il avait la gorge sèche, le cœur qui cognait dans sa poitrine, et un tiraillement étrange dans le ventre. C'était peut-être dû à la malice dans ses yeux bleus, à son parfum de vanille qui chatouillait ses narines, à la douceur de ses lèvres si près des siennes… ou à tout ça en même temps.
Bien trop vite, elle se détacha de lui. Elle recula d'un pas, un air de victoire sur le visage.
— Le chat a perdu sa langue ? ricana-t-elle avant d'appuyer son doigt sur son nez, amusée. C'est bien ce que je pensais. Allez, va, je vais te chercher un petit quelque chose à manger.
Elle fila aussitôt par la fenêtre de sa chambre, pour aller récupérer des croissants invendus à la boulangerie, sans lui faire la moindre remarque sur le rouge qui montait à ses joues. Adrien, quant à lui, resta planté comme un idiot, à se demander ce qui venait de lui arriver. À regretter qu'elle se soit éloignée. À regretter de ne pas l'avoir embrassée.
Oh, boy.
Il était vraiment fichu.
