Et voilà, encore un chapitre ! À l'origine, j'avais dans l'idée d'écrire un oneshot, en tout cas pas plus de 2-3 chapitres, mais apparemment Adrien en a décidé autrement ! Bref, je vous laisse profiter de la suite et, comme d'habitude, je vous encourage à laisser votre commentaire après lecture, ça fait toujours plaisir ! :)


Une fois détransformé, Adrien se laissa tomber sur son lit, dans la pénombre de sa chambre, et poussa un soupir. Plagg flottait non loin de lui, un morceau de camembert entre les pattes, qu'il dévorait tout en scrutant son porteur. Il ne disait rien, mais une étincelle de malice se dessinait dans ses yeux pendant qu'il mastiquait.

— Plagg, qu'est-ce qui m'arrive ? souffla Adrien.

— Je dirais… La puberté.

Le garçon se redressa, l'air outré, pour constater le sourire carnassier qu'arborait son kwami.

— Ce n'est pas drôle, Plagg.

Ce dernier avala le fromage en une dernière bouchée, avant de flotter jusqu'à la tête de son porteur. Il posa une patte compatissante sur sa tête, amusé.

— Bienvenue dans le monde des hommes ! ricana-t-il.

Le kwami s'envola prestement pour éviter la main d'Adrien, qui le repoussait d'un geste agacé. Le garçon reporta son attention vers le plafond plongé dans l'ombre, repassant mentalement les images de sa soirée. Marinette et son air furibond. Marinette et son rougissement incontrôlé. Marinette et son tout petit pyjama…

— Arrh !

Il écarquilla les yeux et frappa ses joues pour chasser cette image.

— Je ne devrais pas penser à elle comme ça ! se sermonna-t-il.

— Comme quoi ? demanda Plagg d'un air innocent.

— Comme… Comme si elle était…

— Jolie ? Attirante ? Désirable ?

Adrien le foudroya du regard et secoua la tête.

— Marinette est mon amie, pas un vulgaire morceau de viande ! s'indigna-t-il.

— Bah, j'ai vu ça des centaines de fois ! soupira Plagg. Crois en mon expérience, les hormones, ça change un chat en lion… Pas étonnant que tu lui rendes visite en pleine nuit !

— Ce ne sont pas les hormones ! protesta Adrien. Marinette est une jolie fille, mais elle est aussi drôle, intelligente, créative, courageuse et…

Et il se tut, parce que le sourire de victoire que lui lançait son kwami répondait à toutes ses questions. Plagg hocha la tête d'un air satisfait avant de s'éloigner en direction de sa réserve de fromage. Il avait fait son œuvre, son porteur n'avait plus besoin de lui.

Adrien le regarda s'éloigner, bouche bée, tandis que le rouge montait brusquement à ses joues. Il se laissa retomber sur le lit, les bras écartés. Avait-il des sentiments pour… Marinette ? C'est vrai qu'il l'avait taquinée plus que de raison cette semaine, mais c'était seulement un jeu : elle était tellement adorable quand elle rougissait ! Il sourit machinalement en repensant à son expression, et le visage de la jeune fille apparut aussitôt dans ses pensées. Son doigt posé contre lui, et ses lèvres si près de lui. Des lèvres qu'il aurait bien voulu goûter.

Il se cacha sous son bras et poussa un soupir. D'ordinaire, une seule fille provoquait de telles émotions en lui. Ladybug. C'était elle qu'il aimait… Il se figura sa silhouette, son regard déterminé, ses yeux… Mais c'est le visage de Marinette qui s'imposa à lui, encore une fois. Il fallait bien se rendre à l'évidence.

Il était tombé amoureux de Marinette.

— Qu'est-ce que je vais faire, maintenant ?

Posé sur le coin du bureau, Plagg goba le dernier morceau de camembert avant de répondre, d'un ton las :

— Ce que tu vas faire ? répéta-t-il. Être heureux, tout simplement.

Mais les choses n'étaient visiblement pas si simples pour Adrien. Il secoua la tête, confus.

— Mais, Plagg… Enfin, c'est Marinette et…

— Et quoi ? Tu l'aimes, elle t'aime, qu'y a-t-il de plus compliqué ? geignit Plagg.

Non, vraiment, ce garçon n'était pas possible ! Enfin, quoi ? C'était pourtant tellement évident ! Ils étaient faits l'un pour l'autre, sous une forme ou une autre, et il n'y avait bien qu'Adrien pour ne pas s'en rendre compte. Plagg adorait son porteur, certes, mais il était désespéré par son aveuglement. Si seulement il avait pu lui dire…

— Je ne peux pas lui faire ça, Plagg ! Même si j'ai vraiment des sentiments pour Marinette… J'aime aussi Ladybug ! Comment pourrais-je avoir l'une sans trahir l'autre ?

Plagg, désemparé, se frappa le crâne de ses pattes avant et secoua la tête. C'était une torture planifiée par Maître Fu, c'était forcément ça. Enfin, puisqu'il ne pouvait pas dire la vérité à Adrien, il devrait trouver autre chose…

— Ladybug t'a déjà dit qu'elle en aimait un autre, il est peut-être temps de passer à autre chose ? Alors que Marinette est amoureuse de toi depuis longtemps, tu le sais… Je dirais même de toi, et de Chat Noir, d'après ce que j'ai entendu la dernière fois… N'est-ce pas ce que tu voudrais ? Quelqu'un qui saurait aimer tes deux facettes ?

Adrien soupira sans répondre, et Plagg espéra que son petit discours avait porté ses fruits. De toute façon, ce n'était que la première étape. Pour la suivante, il aurait besoin de contacter Tikki. Il ne faudrait pas grand-chose pour faire flancher Adrien, et Plagg avait déjà une petite idée en tête…

Lundi matin arriva enfin, et Adrien fut l'un des premiers à entrer en classe. Contrairement à la semaine passée, il n'eut pas besoin de se cacher sous son casque pour éviter les jérémiades de Chloé. Il la salua rapidement, et retrouva Alya ainsi que Nino, enfin remis sur pieds. Il régnait une ambiance joyeuse dans la classe, car la fin d'année approchait à grands pas. Certains parlaient d'organiser un pique-nique le week-end suivant, pour profiter du temps chaud et ensoleillé qui inondait Paris ces derniers jours. Nino était l'un des plus motivés, prévoyant déjà d'apporter sa sono pour ambiancer leur soirée.

De l'autre côté de la porte, Marinette hésitait. Elle gardait les poings serrés d'appréhension le long de ses cuisses. Qu'est-ce qu'il lui avait pris d'écouter Tikki, ce matin ? Depuis quand un kwami pouvait-il donner des conseils vestimentaires ? Enfin il fallait bien qu'elle assume ses choix. Et puis, ce n'était pas si terrible, finalement. Un pantalon taille basse noir, un débardeur… Ce n'était rien de bien méchant, et il faisait chaud ! D'ailleurs, la plupart des autres filles du collège étaient en robe d'été, alors elle n'avait vraiment pas à avoir honte de sa tenue. Elle se décida donc finalement à entrer en classe, et ce fut à ce moment qu'Adrien perdit le fil de sa conversation avec Nino.

Oh. Mon. Dieu.

Il ne pouvait détacher ses yeux de Marinette. Ce jean moulant, ce bustier à bretelles (à BRETELLES !) mélangeant le noir et le vert acidulé, tout comme la tenue de Chat Noir. Le décolleté était parsemé de dentelle verte, un ruban de la même teinte longeait son buste juste sous sa poitrine, et le tissu descendait juste au-dessous du nombril, laissant apercevoir un peu de son ventre avant le jean. Une parcelle de peau à découvert, tout comme avec son petit pyjama…

— Adrien, tu m'écoutes, mon pote ?

Nino le regardait avec un drôle d'air, sans comprendre l'expression de son ami. Il n'y eut bien qu'Alya pour suivre le regard d'Adrien et esquisser un sourire victorieux du coin des lèvres.

— Salut Marinette ! Enfin à l'heure au collège ? fit-elle en direction de son amie.

La jeune fille les rejoignit en rougissant et eut un petit rire.

— Oui, il n'est jamais trop tard pour ne plus être en retard ! répondit-elle en tirant la langue.

Non, non, non. Ce genre d'expression, conjugué à ce genre de tenue, ça ne devrait pas être autorisé. Adrien sentait une drôle de chaleur remonter dans son cou et gagner ses joues, et avait le plus grand mal à détacher son regard de sa silhouette. Bon sang, de près, c'était encore pire ! Est-ce qu'il rêvait, ou est-ce que ces épaules dénudées lui faisaient des signes ?

— Il est vraiment sympa, ce petit haut. C'est toi qui l'as fait ? demanda Alya. Je crois qu'il plaît beaucoup à Adrien !

À ces mots, le jeune homme sursauta comme un chat pris en faute et passa une main derrière la nuque, gêné.

— Qui ça, moi ? Oui, euh… Non… Enfin, c'est vrai que c'est… sympa !

Pitié, qu'on l'enterre !

Alya ricana discrètement, tandis que Marinette rougissait jusqu'aux oreilles et détournait les yeux.

— C'est juste un débardeur que j'ai customisé !

— C'est vraiment top ! reprit Alya. Et aux couleurs de Chat Noir, en plus ! Il ne manque que le grelot autour du cou…

Marinette baissa davantage les yeux et ajouta d'une petite voix :

— J'ai failli le mettre ce matin, mais avec un collier de satin autour du cou, ça faisait vraiment trop déguisement d'Halloween !

Un collier en satin ?! Un grelot ?!

Ça y est, Adrien avait atteint le point de non-retour. Encore un mot de sa part, et c'était la combustion spontanée, il en était certain. Rien ne fut plus difficile, à ce moment précis, que de détourner les yeux et de s'asseoir sur sa chaise. Il le fallait, pourtant, pour sa santé mentale. Mais, même sans avoir l'objet du dési… du délit sous les yeux, il n'en menait pas large.

Il plongea le regard dans son cahier pendant que le reste de la classe prenait place pour le début du cours, mais toute son attention était accaparée par ce qui se passait un rang derrière lui. Il sentait une chaleur pulser dans sa nuque et ses oreilles, et il se doutait bien de la couleur qu'avait dû prendre sa peau.

Et puis, il entendait la voix de Marinette qui chuchotait, et cela n'arrangeait rien à sa situation. Il pouvait deviner ses joues rosies, ses yeux brillants, ses épaules dénudées qui dodelinaient pendant qu'elle riait avec Alya. Il crut entendre son prénom dans leur conversation, et se ratatina davantage sur son siège, comme un enfant pris en faute.

Pendant ce temps, bien à l'abri dans le sac d'Adrien, Plagg plaquait les pattes sur son visage pour étouffer son rire.