Bonjour !

Bonne année, bonne santé, j'espère que vous avez pas trop fait d'excès durant les fêtes et que la reprise n'a pas été trop dure (pour moi, ça a été un calvaire, mais j'ai survécu).

Donc, aujourd'hui, on se retrouve aujourd'hui pour arriver au prochain membre d'équipage. Sanji acceptera-t-il le cookie ? La réponse aujourd'hui ! Par contre, je suis déception, personne n'a vu l'allusion à SDA dans le dernier chapitre !

Cyrielle13 : Quel enthousiasme ! Alors, on a la suite ! Je suis heureuse de savoir que tu aimes mon nouveau Luffy et King. / Eh bien, des chasseurs de primes peuvent bien être natif d'East Blue. Tu peux pas passer comme ça d'un océan à l'autre, donc, sauf s'ils s'aventurent dans la Grand Line (ce qui pour beaucoup est une promesse de mort) ils sont obligés de chasser les petits criminels du coin. Pas folichon, mais ça fait bouillir la marmite./ Le chemin inverse, c'est le même qu'à l'aller. Tu fais un arrêt au Red Port et tu demandes à passer par en haut, ou alors, tu te fais enrober (avec un enrobeur à bord ou au Red Port). L'enrobement doit être refait à chaque voyage./ Oui, le sourire Colgate était voulu, contente qu'il ait eu son succès.

Poulpelotte : Heureuse de voir que tu aimes ce Luffy sombre./ Sanji aura BEAUCOUP de travail.

Chiyukisa : Eh bien, je vais jouer beaucoup sur cette relation, j'espère que ça te plaira.

Maenas : Luffy n'est plus l'idiot du canon. Bon, c'est toujours pas un gros cerveau, mais il est plus conscient de ce qu'il se passe autour de lui. Et il est surtout quelqu'un qui n'a pas l'intention de se soumettre à quelqu'un d'autres.

Lilylys : Quand on le voit comme ça, on dirait pas, mais Luffy est un homme jugé dangereux./ Le cas de Nami va vite avancer, tu vas voir :)

Rose-Eliade : Heureuse de le savoir.

Kathelen : Impossible d'avoir un denden mushi, ils sont mangés avant qu'on puisse découvrir leurs capacités./ C'est pas la première crise avec le Haoshoku et ça sera ni la dernière, ni la plus violente/ J'imaginais pas avoir touché aussi prêt avec un personnage de fiction, désolée pour le "désagrément"./ J'imaginais pas non plus qu'on puisse à ce point sentir ses émotions durant le combat.

TheSepticPuppet : Au plaisir :)

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Usopp trouvait la scène assez cocasse.

Non, vraiment.

Le gars le plus traqué d'East Blue l'avait pris à son bord comme membre de son équipage. Le garçon, au premier abord, était effrayant et refermé une force surprenante, sans parler de ses capacités qu'il dévoilait très lentement (le D. avait pris sur lui de leur apprendre le principe du Free Runing et Usopp adorait l'idée, en plus d'être heureux de découvrir qu'il avait de l'avance sur le sabreur dans le domaine). Nami avait refusé l'entraînement, et Luffy ne l'avait pas forcé.

« Elle n'a pas mangé le cookie, donc, pour l'instant, on collabore, donc, elle n'a aucune obligation envers moi » avait dit le jeune homme.

En bref, Luffy était un homme franchement à craindre.

Et pourtant, il était là, dans la cuisine/salle à manger du Going Merry à enlacer presque amoureusement un denden mushi sous l'air blasé de King qui essayait de dormir à proximité, démontrant une personnalité assez amicale et presque infantile très étonnante venant de la personne la plus crainte de cet océan.

- Tu devais pas appeler ton informateur ? s'enquit Usopp qui hésitait à sauver le pauvre denden de l'embrasse de Luffy.

- 'Suis pas fou pour le faire à proximité d'une base marine ! s'indigna le brun avec des yeux ronds devant l'idée saugrenue. Je vais attendre le retour de Zoro et Nami pour le faire, quand on aura levé l'ancre. J'ai bien assez vu ces dernières années pour me permettre d'être un minimum paranoïaque.

Luffy reposa néanmoins le denden sur la table et ressortit la liste de primes qu'il avait trié quelques jours avant.

- Comment t'as fait pour survivre aux deux traques ?

- La chance et la compagnie. Les deux fois, j'étais avec une femme que je peux considérer comme une grande sœur. Je suis jamais resté longtemps au même endroit. Et j'ai limité mes visites dans les villes. J'y allais seulement quand j'avais besoin de matériel de soins ou de nouveaux vêtements. Ou de lecture. Ouep, lecture. Parce que, c'est bien beau d'avoir des sœurs passionnées d'histoire ancienne, ça gonfle au bout d'un moment ! Les bandes dessinées, même si ça se lit vite, c'est sympa ! Y'a de la couleur, de la vie quoi !

- Ouais, j'comprends, moi aussi j'aime bien les BD.

Et ils passèrent la demi-heure suivante à parler super héros et génies du mal, Luffy parlant de son admiration sans limite pour Daredevil et Usopp de son affection particulière pour Spiderman. C'est ainsi que les retrouvèrent Zoro et Nami en revenant de leur livraison de Jango à la base marine.

- Et ça se dit pirate ? commenta la rouquine en voyant le sujet de conversation.

Les deux jeunes clignèrent des yeux d'un air perplexe en direction de la jeune femme alors que Zoro se glissait à la table pour déposer devant son capitaine une bourse pleine de billets.

- Je l'ai pas laissé porter l'argent, on n'en aurait plus jamais vu la couleur, informa le sabreur.

Le brun remercia son bras droit et piocha l'argent dans la bourse, ignorant l'expression vexée de la rousse, comptant aisément le montant, avant d'en donner la moitié à Nami.

- Ta part, comme convenu. Je vais ranger ça et on lève l'ancre.

La rouquine eut une grimace devant le partage mais hocha la tête en recomptant les billets pendant que Luffy quittait la pièce.

- Il veut pacifier East Blue avant de partir ? s'enquit Usopp en jetant un œil aux primes que le D. avait sorti précédemment.

- Nan, il veut qu'on ait un peu de rond pour un départ correct dans la Grand Line, lui répondit Zoro.

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Luffy s'était installé tranquillement sur la tête de proue du navire, une sorte de tête de mouton ou de bélier, il ne savait pas trop, mais il aimait bien ce coin. Ainsi assis en tailleurs, dos à l'océan, il posa le denden sur ses genoux, les primes dans ses mains et regarda Nami sortir de son sac quelques cartes sommaires de l'océan qui lui servait plus d'aide-mémoire qu'autre chose. Zoro était à proximité avec King, appuyait contre le mât, apparemment en train de dormir avec le félin, pendant que Usopp était assis sur la rambarde proche du brun, le regardant faire avec curiosité.

Cela faisait un moment que le denden sonnait dans le vide et le D. avait même commencé à se ronger le pouce d'inquiétude. Pour souffler silencieuse de soulagement quand on décrocha enfin.

« Librairie populaire de Shabaody, j'écoute » annonça une voix de femme.

Nami fronça les sourcils en entendant ça, mais Zoro lui donna un petit coup avec l'un des fourreaux de son sabre, lui faisant signe de se taire et d'observer.

Parce qu'une chose est certaine, Luffy était nerveux.

- Euh… je… bonjour déjà.

La femme à l'autre bout eu un rire et lui rendit le bonjour.

- Je suis désolé, il fait un mauvais temps et j'ai laissé mon parapluie chez vous. Il est tout blanc.

Luffy eu une grimace alors que la réceptionniste lui disait qu'ils ne l'avaient pas retrouvé à l'accueil mais qu'un de ses collègues l'aurait certainement vu.

« Vous désirez un renseignement ? »

- Je… j'voudrais parler à… comment qu'il m'a dit déjà… euh…

Luffy se frotta le front, luttant pour se rappeler, avant de claquer des doigts.

- Je crois que c'est votre responsable du personnel et chef de rayonnage pour la culture et les traditions de la noblesse.

« Hmhm. Je dois lui dire que ça vient de qui ? »

- Mugiwara.

« Restez en ligne, Mugiwara-san, merci ! »

Et une petite musique d'attente se fit entendre et la voleuse explosa enfin :

- Tu parlais d'un informateur et tu contactes une librairie ?! Mais qu'est-ce que tu fabriques !?

- Si je peux me permettre, ça m'a tout l'air d'être des codes, pointa Usopp. C'est ça ?

Il regarda Luffy qui confirma de la tête l'exactitude de la supposition du tireur.

- T'appel quel organisme exactement pour avoir besoin de codes secrets et te rendre aussi nerveux ? demanda donc la jeune femme.

- Celle que j'apprécierais bien si le patron n'était pas un couard qui a abandonné ses responsabilités à l'homme le plus dingue de cette terre, Nami.

« Même si je suis d'accord sur le discours, je lui dois la vie et c'est mon boss, Luffy, merci au moins d'avoir pitié de moi. Je sais pas qui de toi ou elle est le pire à ce sujet. J'ai branché l'escargot blanc et j'ai bien fait comprendre à mes collègues que s'ils ne voulaient pas que je rende leur vie misérable, ils avaient intérêt à me foutre la paix. » annonça une voix masculine dans le denden qui avait cessé de jouer sa petite musique.

C'est tout ce qu'il fallut pour que Luffy perde sa nervosité et se mette à sourire comme un malade devant les yeux bleus et pétillants du denden.

- Hey ! nii-chan ! Content de t'entendre !

Usopp en perdit sa mâchoire.

Luffy avait un frère ?! Dragon avait eu non pas, un, mais deux enfants ?! Il avait dit que ses soeurs étaient adoptives mais là...

Sans se détourner du denden aux yeux bleus et au sourire malicieux, le capitaine du navire fit non du doigt à son tireur tout en continuant sa conversation :

- Je suis un petit-frère gentil et tu m'adores énormément, sans compter que t'es mon grand-frère favoris.

« Je suis ton seul frère. »

- Joker, l'Allumette est un garçon manqué.

« Elle va adorer ton commentaire quand je le lui rapporterai. Arrête tes bêtises et ouvre grand tes oreilles, j'ai ce que tu veux, je me suis préparé et bien renseigné. On veut tous éviter que tu te fracasses la figure royalement, d'où les conseils et recommandations qu'on t'a envoyés. »

- Shihi ! J'ai la meilleure fratrie du monde !

« La plus recherchée et déjantée surtout. T'es prêt ? »

- Hm !

« Ok, d'abord, t'en es où en Haki ? »

- Bon en sensitif mais j'arrive pas à garder longtemps l'armement. Oui, je sais, c'est à travailler.

« Punch ? »

- Je brise aisément les murs.

« Arme ? Même que l'Allumette ? »

- Hm.

« Félicitation, frangin, t'es le gars le plus dangereux d'East Blue ! T'as un moyen de refiler les primes sans te faire chopper ? »

- On a déjà empoché celle d'un certain Jango.

« Ce gars ?! Tu peux faire mieux, frérot. Franchement ! Je doute que Doke no Baggy soit à la hauteur pour toi, mais c'est déjà mieux, et y'a le prestige de son cv pour bien te faire mousser. »

Luffy adressa un regard froid au denden.

- J'ai failli craquer en le rencontrant. Je le revois, je le bute.

« Il a dit ou fait quoi pour que tu perdes les pédales ? » s'enquit le denden en fronçant les sourcils.

- Demande à l'Allumette et tu auras des pages et des pages descriptives du sort qu'elle réserve à ce gars. J'ai fait des cauchemars pendant des mois après avoir lu sa lettre à ce sujet. Qui lui a mis dans les mains un manuel sur la torture !?

« Fais-moi penser à te toucher deux mots au sujet de l'Allumette à la fin. Bon, Baggy est à exclure donc et je verrais avec elle le pourquoi du comment… hmm, t'as vu les primes ? »

- Rapidement mais pas toutes.

« Alors t'as pas vu ce cher Bluejam…» ricana le grand frère.

- Il est toujours vivant ?!

« Faut croire ! Et quatre millions pour sa tête. C'est pas énorme, mais c'est déjà ça.»

- On le trouve où ? demanda Nami.

- Dawn, mon île natale, s'il a pas bougé. J'aurais jamais cru qu'il aurait survécu à l'incendie. Après, tu me diras, on est pas allé s'aventurer dans le Grey Terminal après le passage des Tenryuubito. Aaaah, douce vengeance~...souffla Luffy avec un regard dans le vague.

Nami regarda le ciel, calcula leur position et grimaça.

- Il nous faudrait faire presque demi-tour et voyager une semaine et demi avec beau temps pour aller là-bas, estima-t-elle.

- Don Krieg est pas plus intéressant ? proposa Zoro en se levant pour prendre les primes dans les mains de son capitaine. Si Luffy est l'homme le plus fort d'East Blue, alors, il a pas grand-chose à craindre du gars.

- Combien ? s'enquit Usopp.

- Dix-sept millions, répondit l'ancien chasseur de prime en montrant l'affiche de l'homme.

« A exclure, il est plus en East Blue pour l'instant, même s'il risque de redescendre le mois prochain. J'ai cru comprendre qu'il avait dérangé un Shichibukai dans sa sieste. »

L'amusement du jeune homme de l'autre côté du denden était évident alors que Nami et Usopp fixaient l'escargot avec horreur.

- Ça sent l'expérience, nota Zoro.

« Les trucs improbables arrivent sur la Grand Line au quotidien. Katakuri, l'un des fils de Big Mum, a failli griller à point par Hiken no Ace pour l'avoir dérangé durant un tête à tête avec Fushisho Marco. Katakuri fait plus d'un milliard et Ace la moitié. Tu me diras, les commandants de Shirohige bougent pas trop leur cul pour faire grimper leur prime, alors on est pas très certain de leur force réel. Et je sais que Hiken vaut plus de ses cinq cent cinquante millions de prime.»

- Yep, définitivement l'expérience ! sourit machiavéliquement Luffy.

« C'est arrivé qu'une fois et j'ai bu la tasse en représailles, nuance ! Les plages de toutes les îles estivales ne leur appartiennent pas, merde, surtout si c'est pour s'envoyer en l'air !»

Luffy secoua la tête avec amusement en partageant un sourire avec Zoro qui ricanait légèrement et revinrent au denden qui était en dépression.

- Tu recommandes qui, sinon ? demanda le D.

Le denden se redressa. On entendit un bruissement de papier et le frère de Luffy se manifesta de nouveau.

« Alvida à la massue, cinq millions berrys. »

- Laisse tomber, je lui ai déjà botté le cul, donc, l'info n'est plus d'actualité. Si j'avais su, j'aurais pris la grosse vache avec moi, avant de rencontrer Zoro.

Le denden continua de parcourir les primes, grommelant des "trop faibles" ou des "vaut pas le coup", avant de s'arrêter. Et le silence.

- Nii-chan ? T'es toujours là ?

« Oui. Je réfléchi, mais je vois pas d'autre truc qui puisse être un vrai défi pour toi, outre te frotter à des marines, mais là, on veut une prime, donc… »

- Tu songes à qui ?

« Un ancien des Taiyou. Koala m'a dit que si les gyojins avaient si mauvaise réputation, c'était en parti à cause de lui. Vu qu'elle a pu rentrer chez elle grâce à Fisher Tiger et Jinbe-san, je suis enclin à la croire. »

Nami s'était figée en entendant les mots « gyojins » et avait commencé à pâlir en entendant le nom de Jinbe.

- Qui et combien ?

« Trente millions pour Arlong. Mais là, y'a une forte chance que tu empiètes sur mes plates-bandes et sur celle du Shichibukai Jinbe et certainement donc celles des Shirohige. »

- S'ils ont une réclamation, je-

- Non.

Tout le monde regarda Nami qui venait de parler d'un ton tranchant et catégorique.

- C'est de la folie ! Sa prime est la plus haute d'East Blue ! Même les marines ne se risquent pas ! C'est trop dangereux ! Du suicide ! protesta la rousse.

Luffy cligna des yeux devant la véhémence.

« Lu', s'il te plaît, passe le denden à cette demoiselle. »

Le jeune homme étira son bras et déposa le denden devant le nez de Nami qui prit le combiné.

« C'est quoi ton nom ? » demanda l'homme à l'autre bout du fil.

- Nami, mais…

« Moi c'est Sabo. Luffy a fait attention depuis tout à l'heure à ne donner ni nom, ni poste, mais je vais le faire. Je suis Révolutionnaire, et même assez bien placé. Luffy, pas de reniflement narquois, c'est pas polie. »

Le garçon roula des yeux mais ne répondit pas.

« Donc, pour revenir au sujet, la marine n'a pas peur de Arlong, mais de Jinbe-san. Ils préfèrent sacrifier le malheureux archipel de Konomi au joug de ce malade et de son équipage, par peur de ce que Jinbe-san pourrait faire derrière si on s'en prenait à Arlong. Et pour ça, ils ferment les yeux sur les pots de vin qu'un certain Nezumi perçoit pour laisser filtrer des informations dans les deux sens. On en est au point où on serait presque tenté de demander à la Commandante des Armées de l'Est d'intervenir. Et on demande que rarement à Belo Betty de faire ça dans un coin aussi surveiller. Si Luffy intervient, certes, ça attirera l'attention de la Marine, mais ça sera un moyen pour lui de savoir où il se tient vraiment par rapport au niveau de la Grand Line, tout en aidant des gens qui en ont besoin. »

- C'est… c'est de la folie pure. Il va se faire tuer ! Quel genre de frère êtes-vous pour envoyer Luffy à la mort !?

« Celui qui sait exactement là où il se situe sur l'échelle de puissance. Si tu n'as pas fois en ton capitaine, c'est un autre souci, mais-. »

- C'est pas mon capitaine !

- Elle a pas voulu le cookie, clarifia Luffy. C'est une question de temps. J'ai eu l'Allumette à l'usure, je l'aurai elle aussi ! Nihi !

« Si tu le dis, frangin. Je recommande définitivement Arlong. Après, le choix est tien. Profil bas à Loguetown, ok ? »

- Oui, Sab' !

On toqua à la porte de l'autre côté du denden et Sabo cria un « minute » avant de revenir à la conversation en baissant drastiquement la voix :

« Je peux pas m'attarder, j'ai l'impression. Trois choses. Le Jiji devrait descendre sous peu dans East Blue, évite-le autant que possible, ou tu finiras au Shichibukai sans comprendre le pourquoi du comment. »

Luffy eu une grimace à la seule pensée.

« Ensuite, c'est ton géniteur qui descend. Cette rencontre, y'a de forte chance que tu ne puisses pas l'éviter. Ton vieux doit déjà être en bas. J'avais aucun moyen de te prévenir avant puisque j'ai appris le mouvement qu'une fois Dawn parti. »

- L'Allumette le sait ?

« Nan, j'ai pas réussi à la contactée. Ma dernière demande est à son sujet, justement. J'ai eu un de ses potes en ligne. J'ai pas cherché plus de détails, c'est une affaire interne à leur équipage, mais elle est en train de faire une grosse connerie. Si tu la vois, elle doit remonter fissa. Tout le monde se fait du souci et apparemment, elle a une idée stupide dans le crâne. C'est un ordre conjoint de son Oyaji et de son mec. »

- Pourquoi son mec l'a pas poursuivi, justement ?

« Ils l'ont enfermé dans sa cabine avec du kairoseki. »

- Wow, ça doit être ultra grave ! Je ferais passer le message.

« Prends soin de toi, frérot. J'attends de voir la Une. »

- Tu seras pas déçu. Ce fut un plaisir nii-chan ! À bientôt !

« Je t'attends dans le Shin Sekai, Luffy ».

Et les deux frères raccrochèrent.

Luffy ramena son bras à lui et sauta de son siège pour aller s'accroupir devant Nami, les bras sur ses genoux.

- Ton frère est tombé sur la tête. Je sais pas ce qu'il vise, Luffy, mais ne fait pas ça. Arlong est un monstre, insista Nami en croisant les bras sur sa poitrine.

- Tu dis ça parce que c'est un gyojin, parce que c'est un pirate ou parce qu'il a fait quelque chose qui mérite ce titre ? s'enquit le chapeau de paille en la fixant avec ses grands yeux noirs.

Nami se leva d'un bond et parti d'un pas raide vers la cabine qu'elle avait fait sienne, claquant la porte derrière elle.

- Ok, elle a une dent contre lui, devina Usopp.

Il prit le tas de prime abandonné sur le sol et fouilla dedans pour trouver Arlong. Il frissonna devant l'air de l'individu et le montra à Luffy.

- T'es certain de pouvoir le faire ?

- Si Sabo le pense, alors, c'est que je le peux.

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Nami ne bougea pas de là où elle s'était recroquevillée sur sa couche quand on toqua à la porte. Elle ne répondit même pas. Quelqu'un soupira, identifiant son visiteur comme Luffy, et se laissa tomber sur le sol devant sa porte, s'appuyant à la porte.

- Laisse-moi, demanda la rousse d'une voix sans timbre.

- Je suis très bien devant cette porte.

- Qu'est-ce que tu veux ?

- Discuter ?

- Tu vas te faire tuer.

- Ce sont les risques du métier. Et tu sais, Sab' m'aurait pas orienté sur ce gars s'il pensait que j'en avais pas les capacités.

La rousse soupira et se leva du lit pour aller ouvrir à Luffy. Le garçon tomba sur le dos dans la pièce quand son dossier se barra et regarda la rouquine sans cligner des yeux. King marcha sur son camarade à terre et sauta sur le lit pour s'asseoir, sa queue s'agitant doucement autour de ses pattes.

- Tu n'as donc pas peur de mourir ?

- Comme je l'ai déjà dit à Coby, avant de rencontrer Zoro, je préfère mourir pour mes rêves que pour un crime que je n'ai pas commis. Mais il y a autre chose avant ça. Mes rêves, je m'en balance quand il s'agit de mes amis et de ma famille.

Souplement, il partit dans une roulade arrière pour se remettre sur pieds et fit face à la jeune femme. La rouquine soupira et alla se rasseoir sur son lit.

- Il arrivera un jour où je tomberais sur plus gros que moi, aussi, continua le jeune pirate en fermant la porte. Un jour où je mordrais plus que je ne peux avaler. En allant pas à pas, je peux voir à partir d'où mes compétences sont insuffisantes et agir en conséquent. Je préfère voir ici, en East Blue ce que je vaux et découvrir mes faiblesses, plutôt que le réaliser trop tard.

Il se tira une chaise et s'assit à l'envers, regardant son amie caresser la fourrure du félin qui s'allongea sur ses jambes en ronronnant.

- Ces cent millions, c'est à cause de ce Arlong ? devina Luffy.

La jeune femme continua de caresser la fourrure du félin, se concentrant sur sa douceur pour essayer de se détacher du reste.

- Nami.

La demoiselle releva la tête.

- J'ai passé neuf ans en cavale. Assez longtemps pour savoir que le monde est cruel.

Il croisa ses bras sur le dossier de la chaise et appuya son visage dessus avec un sourire de coin.

- Je suis le bâtard de Dragon, après tout.

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Zoro ouvrit un œil de sa sieste quand Luffy revint sur le pont, sans son chapeau et sans King, détournant Usopp de l'inventaire de sa sacoche. Les deux jeunes regardèrent leur capitaine s'adossait à la rambarde qui soutenait la tête de proue. Le bois gémit sous sa poigne tremblante alors que ses cheveux masquaient partiellement son visage.

- Qu'est-ce qu'il en est ? demanda Zoro.

- Elle est de Cocoyashi, l'une des îles de l'archipel de Konomi. C'est la plus grosse, mais aussi celle où Arlong a posé son cul pour garder en otage toute la population de ces îles. Il la force à travailler pour lui en tant que navigatrice et cartographe. Si elle réunit cent millions, il laissera son île tranquille, raconta Luffy en essayant de garder le contrôle de sa voix.

- Donc ?

- Perso, je doute qu'il accepte de partir pour cette somme, mais ça vaut le coup d'essayer. Sans parler que ça nous fera de la liquidité. On va attendre qu'elle retrouve son calme, puis on fera voile jusqu'à la base marine la plus proche.

- Pour y faire quoi ? demanda le tireur avec perplexité.

- C'est évident, sourit moqueusement le sabreur. Pour toucher les cent vingt millions de la descendance de Dragon !

- Et par la suite, je m'échapperai ! sourit largement le D.

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Nami sorti sur le pont avec King, le chapeau de Luffy sur son crâne, pour voir Usopp et Zoro qui fixaient le haut du mât. Elle leva le nez en tenant le chapeau de paille pour qu'il ne tombe pas, et remarqua Luffy tout en haut du mât en train d'attacher un pavillon noir à son sommet qu'il laissa rouler. Il se laissa agilement glisser le long du bois pour toucher le sol et abrita ses yeux du soleil pour voir le résultat.

- On fera les voiles une fois qu'on aura l'argent, sinon, on aura trop de problèmes. En tout cas, bon travail Usopp, félicita le capitaine avec une petite tape dans le dos du tireur.

- Merci ! J'ai toujours eu un don pour le dessin ! Tout petit déjà, je faisais des graffitis sur les murs des voisins ! sourit largement le jeune homme qui avait les bras croisés et encore un gros pinceau en main.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Nami.

Les garçons ne firent aucun commentaire sur ses yeux rouges et son teint pâle alors que la rousse retirait son chapeau en les rejoignant.

- Outre que Luffy a un don abominable en dessin ? demanda Zoro. Usopp vient de faire notre drapeau noir. Luffy a dit qu'on le déroulerait et qu'on ferait les voiles une fois notre visite à une base de la marine.

La jeune femme fronça les sourcils, ne comprenant pas le pourquoi de la nécessité de cette visite.

- C'est cent millions qu'il te faut, non ? Luffy va se livrer le temps d'obtenir cette somme avant de prendre la clef des champs, informa Usopp.

- Tu vas vraiment faire ça ?! Mais tu es fou !

- Possible. Mais je peux me le permettre parce qu'on est encore en East Blue, et que les chances qu'on tombe sur une prison haute-sécurité sont faibles, marmonna le D.

Il rangea les mains dans ses poches en haussant des épaules.

- Tu es une amie. Je vais pas rester les bras croisés quand les miens sont dans la détresse. Si c'est pas suffisant de lui donner l'argent qu'il réclame, eh bien, je lui botterais les fesses. Alors, miss navigatrice, où est la base navale la plus proche, outre celle qu'on a laissé, parce que ça sera juste absolument suspect de m'y livrer ?

Il prit des mains de Nami son précieux chapeau et le reposa sur la tête de la jeune femme en lui souriant.

- Je te le confie quelque temps ! Nihi !

Elle regarda autour du pont, mais les deux autres hommes semblaient déterminer à l'aider aussi. Usopp avait une pose brave avec les bras croisés et le nez en l'air, même si ses genoux faisaient des castagnettes. Zoro jouait machinalement avec un de ses sabres, son visage fermé à toute lecture.

- On est tous les trois avec toi, assura Luffy avec un sourire.

Un miaulement leur fit baisser la tête.

- Oui, pardon, King. Tous les quatre.

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Devant un verre d'eau au citron (toujours faire le plein de vitamine C pour éviter le scorbut), une carte étalée sur le pont de nouveau, Nami observa les alentours, puis le soleil, avant de mettre son doigt sur un point de la carte.

- Nous sommes actuellement ici. Il n'y a pas beaucoup de base marines dans les environs. La plus proche, c'est Loguetown.

- A exclure pour le coup qu'on veut faire, Nee-chan m'a dit que le capitaine en poste là-bas n'est pas un moins que rien, il risquerait d'avoir des soupçons sur le coup, fit Luffy en secouant la tête.

- C'est ton frère qui le lui a dit ? s'enquit Zoro.

- L'inverse de ce que je sais. Je crois que ça fait partie de la raison pour laquelle elle en a après le Héros de la Marine, mais elle m'en a pas dit plus.

La seule femme du groupe regarda le duo, puis Usopp qui eut une moue disant qu'il ne savait pas de quoi ils parlaient, mais passa sur l'affaire. Maintenant qu'elle savait vraiment avec qui elle naviguait, elle comprenait sa précaution sur son identité et celle de ses proches, alors, autant laisser l'affaire glisser. Comme pour l'origine de la prime, elle aurait ses réponses à un moment ou un autre. La demoiselle fit glisser son doigt sur un autre coin de la carte, plus au nord.

- On a celle-ci, sinon. Plus en retrait et un peu plus loin de l'archipel. Mais je me souviens qu'elle est assez grosse pour qu'on puisse espérer qu'ils nous reversent la somme totale de ta prime. Il nous faudra une bonne semaine et demi pour remonter jusqu'à Cocoyashi par la suite. Mais je pense pas que le détour sera inutile pour autant. J'ai entendu parler d'un restaurant flottant dans les environs. On pourrait y trouver un chef potable pour l'équipage.

- Le Baratie ? reconnu Usopp. Des voyageurs en parlaient de temps à autres. Les cuistots sont assez fous et puissants pour repousser des pirates qui ne veulent pas payer. Leur cuisine est bonne, mais le service client déplorable.

- Parfaitement ce qu'il nous faut ! sourit largement Zoro.

- On fera un croché là-bas, alors, décida Luffy. Une fois l'affaire de Nami résolu, puisqu'on aura cuistot et navigatrice, on file à Loguetown, puis pour la Grand Line. Des objections ?

- Outre que c'est toujours de la folie ce plan, je sais que t'en détourner est peine perdue, soupira la rousse. Si je ne me trompe pas, on devrait en avoir pour deux trois jours de navigations pour atteindre le Baratie, si jamais il n'a pas bougé.

- Et d'entraînement !

Tout le monde regarda Luffy sans comprendre mais le garçon se contenta de sourire largement.

- Soyez sérieux, on va pour la Grand Line ! Youhou ! L'océan des Shichibukai et des Yonkou ! Le Cimetière des Pirates ! L'Enfer ! Vous croyez vraiment que ça sera une promenade de santé ? Va falloir augmenter nos capacités ! Ce qui veut dire, entraînement.

- Pourquoi je sens que je vais regretter ma décision de vous suivre ? soupira la rouquine en se prenant la tête dans une main, son coude sur la table.

- T'as pas encore mangé le cookie, tu peux changer d'avis, lui pointa Zoro.

- C'est quoi ce délire, sur les cookies, d'ailleurs ?

- Un pari fait avec mon sauveur, sourit Luffy. La personne qui m'a offert mon bô.

Devant les points d'interrogations de tout le monde, Luffy raconta l'histoire en jouant avec son verre à moitié vide :

- A l'époque, il n'y avait plus que moi et ma frangine. Sabo avait disparu, on le pensait mort, et ma sœur aînée n'était pas encore là. Nos primes sont sorties et ça a été l'enfer. Les voiles marines étaient déjà à l'horizon quand notre nounou a réalisé ce qu'il se passait. Elle a brûlé nos photos pour s'assurer que personne ne saurait à quoi on ressemble, avant de nous mettre sur une barque et de nous pousser vers le large. J'avais huit ans et Nee-chan venait d'en avoir douze. On était en plein hiver. On a échoué sur une île déserte, sous la neige. Elle est tombée malade. Je savais pas quoi faire, elle était en train de mourir et j'étais qu'un gamin à qui elle disait de ne pas s'en faire. Puis ils sont arrivés. Ray-san et Robin. Ils étaient descendus spécifiquement de la Grand Line pour nous chercher. Pour Robin, c'était par curiosité et Ray-san, pour rectifier l'erreur de son meilleur ami. Sans eux, on n'aurait pas survécu à l'hiver. Quand Ray-san est reparti au bout d'un an, Robin est restée. Elle est devenue notre sœur aînée. Avant son départ, il nous avait raconté tout un tas d'histoires sur les aventures de Gol D. Roger pour qu'on ait une idée des dangers qui nous attendraient sur la route. En les prenant pour base, on a parié un passage gratuit pour le Shin Sekai qu'on serait capable de faire quelque chose de stupide que n'a jamais fait le Roi des Pirates. D'un côté, on doit se distinguer de lui pour nous prouver plus fort et digne du titre qu'il ne l'a été, et de l'autre, prouver qu'on est plus barge en faisant des choses auxquels il n'aurait pas pensé.

- Et le cookie, donc ? demanda Usopp sans voir l'air abasourdit des deux autres.

- Le cookie symbolique du recrutement est mon idée stupide ! Roger n'y a pas songé, donc, c'est valide ! Nihi !

Nami s'administra un facepalm bien sentit alors que Zoro secouait la tête.

- Et ta sœur ? continua le tireur.

- Réussir à tromper les plus grandes puissances du monde sur son genre correct ! D'après Sabo, que ce soit au Gouvernement Mondial, dans la Marine ou dans la Révolution, partout, il est noté qu'elle est un homme ! Roger s'est jamais travesti dans son ascension au pouvoir !

- J'admets que c'est fort et elle a plus de mérite que toi et ton cookie, pointa la voleuse.

- HEY ! C'est pas facile de le faire manger ce cookie ! La preuve en est que tu l'as toujours pas fait !

Elle roula des yeux pour toute réponse.

- Passage gratuit dans le Shin Sekai ? T'entend quoi par-là ? demanda Zoro.

- On doit affronter deux fois la Red Line pour finir à Raftell. D'abord, pour entrer sur la Grand Line, puis à mi-chemin. Et c'est pas Reverse Mountain qu'on a cette fois, c'est l'île Gyojin. Pouf ! Sous l'eau ! Alors soit t'es suicidaire et t'as du fric à gaspiller pour t'offrir un autre navire au Red Port de l'autre côté de la Red Line, soit tu te trouves un artisan correct pour t'enduire le navire pour passer sous le barrage de roche et atterrir de l'autre côté de la Red Line, dans ce qu'on appelle le Shin Sekai, l'océan des Yonkou.

Luffy offrit un sourire angélique à Nami.

- Nee-chan est déjà là-bas et elle m'a dit que ça coûte uuuultra cher, Nami. Un simple cookie pour une économie phéééénoménale~…

- Je verrais avec tes sœurs pour ça.

- Ton frère a dit qu'elle était descendue, se rappela Zoro d'un air pensif.

- On est doué pour avoir des idées stupides, tous les deux. On a causé les cheveux blancs de Robin-nee-chan. Mais ça doit être grave pour qu'ils en soient réduit à séquestrer son mec pour l'empêcher de la suivre.

.


.

Le Baratie était un sympathique restaurant ressemblant à un poisson, dont le corps correspondait à la salle et à des terrasses pour qui voulait manger en extérieur. Apparemment, le restaurant était assez réputé pour qu'un lieutenant de la Marine embarque sa conquête manger quelque chose durant son jour de repos.

Quand un homme avec un sourire suspect leur demanda s'ils avaient de l'argent pour payer, Luffy se contenta de brandir une liasse de billets.

- Vous acceptez les animaux ? demanda le jeune homme.

- Non monsieur le client ! sourit largement le grand baraqué.

- Une possibilité d'avoir une assiette de viande pour la peluche vivante qui attend sur mon navire ? Cru ou cuite, peu importe.

- Le client est roi, tant qu'il paye !

Ouep, service client pourave.

Le groupe alla s'asseoir dans un coin avec Luffy qui enfonça nerveusement son chapeau sur son crâne.

- On cherchera notre homme quand il y aura moins de monde, dit-il en se mettant à la table désignée par l'homme qui les avait accueillis.

Le groupe s'installa et se saisi du menu, écoutant d'une oreille distraite le lieutenant Fullbody parlait à sa compagne pendant qu'un blond en costard cravate, une cigarette au bec, faisait le service. Il attira d'ailleurs rapidement l'attention de Luffy plus que le marine.

Juste par sa démarche. Il avait beau être assez grand et mince, mais il bougeait avec une étrange grâce et surtout, avec une aisance et vivacité assez dingue. Presque comme s'il connaissait ses jambes plus qu'un humain normal faisant qu'il n'avait quasiment pas besoin de toucher le sol pour avancer.

Le D. donna un coup sous la table à Zoro, s'attirant un regard noir du sabreur par-dessus sa carte.

- Le serveur, regarde les jambes.

Toute la table se concentra sur les jambes du blond qui était interpellé par Fullbody pour confirmer le type de vin qu'on lui avait servi à lui et à sa conquête.

- Kick boxeur, tu penses ? devina le bras droit.

- De quoi vous parlez ? demanda Nami.

- Le blond est un combattant. Ou du moins, il a de l'entraînement, explicita le kenshi. Ses jambes le disent.

- Kick boxeur ? répéta Usopp. Il utilise principalement ses jambes pour se battre, c'est ça ?

Les deux experts hochèrent la tête.

- Étrange technique, mais soit, marmonna Luffy.

La voix de Fullbody résonna dans toute la salle :

- Cette saveur est excise ! C'est un Indusbourgstein millésimé, j'en mettrais ma main au feu ! GARCON ! Dites-moi si je me trompe !

Le serveur, une assiette de soupe en équilibre parfait sur le crâne et une autre dans sa main gauche, la main droite dans sa poche, arriva pour lui répondre avec un sourire moqueur qui allait parfaitement avec sa cigarette et de l'amusement dans son seul œil visible (l'autre étant caché sous ses cheveux blonds) :

- Vous êtes complètement à côté de la plaque. Et pour votre information, vous saurez que je ne suis pas un garçon, mais le second maître-coq de ce resto. Tout le personnel de service a foutu le camp hier.

Il s'arrêta devant la table et sans renverser la moindre goute, il y déposa les deux assiettes de soupes.

- Voilà votre commande. Mangez pendant que c'est chaud.

Et il s'éloigna avec la même habilité que précédemment, laissant sur son passage les rires des clients devant la honte que s'était infligé Fullbody. Même le groupe de pirates avait un grand sourire.

- J'l'aime bien ! sourit Usopp.

- Il manque pas d'air, approuva Nami.

Le blond vint vers eux à cet instant pour prendre leur commande et offrit un magnifique sourire à Nami.

- Que voilà délicieuse créature ! Moi, Sanji second maître-coq de ce restaurant, m'assurerai de vous offrir le meilleur des festins ! déclama avec passion le blond.

- Oh, c'est tellement gentil, mais c'est si cher, sourit la rousse d'un air innocent.

- Ne vous en faîtes pas, gente dame, votre sourire est le seul paiement nécessaire.

- Vous êtes si aimable, Sanji-san !

Et elle papillonna ses yeux faisant jaillir l'œil du blond de son orbite pour lui faire prendre l'apparence d'un cœur. Ce fut trop pour Zoro qui ne put s'empêcher de rire à gorge déployer devant la crédulité du cuistot. Pour le coup, le blond cessa son manège et sourit au vert, serrant les dents pour se forcer à rester polie.

- Par contre, pour vous, c'est payant. Et double du prix pour toi, le marimo !

- Comment tu m'as appelé ! rouspéta le vert en se redressant sur son siège, une veine palpitante sur son front.

- Arrête ton manège, Sanji et fait ton boulot ! rouspéta quelqu'un en jetant un chiffon à l'arrière du crâne du jeune homme.

Un vieillard avec une immense toque de chef venait de sortir des cuisines, claudiquant jusqu'à la table avec sa jambe de bois.

- C'est vous qui avez une bête à nourrir ? s'enquit l'homme imposant avec ses moustaches blonde tressés.

- C'est pour moi, répondit Luffy.

- Montre-moi la bestiole.

Sanji leva son sourcil vrillé de perplexité mais revint à sa prise de commande alors que le D. se levait.

- Tu vas manger quelque chose ? demanda Zoro bien au courant de l'appétit presque inexistant de son capitaine.

- La même chose que toi, mais une portion largement plus petite. Je doute que vous vouliez finir mon assiette, et j'aime pas gaspiller la nourriture.

La lueur dans l'œil des deux blonds disait qu'il venait, il ne savait pas très bien comment, de gagner un peu de leur respect. Enfonçant de nouveau son chapeau de paille pour que personne ne le reconnaisse, le jeune pirate conduisit le cuisinier jusqu'à l'extérieur où le navire était amarré.

- T'es le second D. que je croise avec un appétit microscopique. C'est la nouvelle mode ?

Luffy se figea sur le seuil au commentaire et se tourna à moitié vers l'homme essayant de rester calme.

- Je suis un ancien du milieu et ma prime est toujours active, même si je me suis rangé et qu'on m'a oublié. J'ai aucun intérêt à te vendre, expliqua le vieux blond. Ta frangine est passée par ici sur la route pour Loguetown. Elle voulait savoir si j'avais un cuistot qui n'a pas froid aux yeux et qui n'a rien contre la Révolution.

- Merci nee-chan, grommela Luffy en reprenant sa route vers son navire.

- Elle a pensé à toi, tu devrais être content.

- Elle veut me couver, nuance.

- Elle pourrait aussi s'occuper juste d'elle. Être la fille de Roger est déjà pas facile à vivre. Heureusement que l'autre idiot était absent pour faire des courses, sinon, je pense pas que j'aurais encore un restaurant aujourd'hui. Elle m'a pas l'air d'être le genre de femme a apprécié la drague.

Oh ça non ! Ace n'était pas assez féminine pour apprécier qu'on la charme et chouchoute comme le faisait ce Sanji avec Nami. Comment ce Marco avait-il réussi à passer l'obstacle, c'était une bonne question.

Luffy sauta sur son navire et regarda le cuisinier le suivre avec aisance.

- KING ! DEBOUT FEIGNASSE !

Le félin pencha la tête depuis son perchoir sur l'un des espars, regardant son ami d'un air ensommeillé. Le cuisinier pencha la tête sur le côté, évaluant son poids, son âge et sa taille, avant d'hocher la tête.

- C'est un mâle ?

- Hm.

- J'ai ce qu'il faut, je lui apporte ça.

- Merci…

- Zeff. Propriétaire et premier maître coq du restaurant. Et si tu cherches un homme…

- J'ai déjà mes yeux sur votre second, je pense.

L'homme eu un sourire.

- Je m'en doutais. Si t'arrives à le convaincre, il est à toi.

Luffy eu un grand sourire et revint dans le restaurant avec le grand patron. Celui-ci récupéra le chiffon que lui relança Sanji avant de disparaître dans les cuisines, laissant le D. retournait à sa table.

- La peluche vorace aura sa part ? s'enquit Nami.

- Yep !

- Autre chose à rajouter ? demanda Sanji en finalisant la commande.

Tout le monde lui dit que c'était bon et le jeune homme s'éloigna. Il était sur le point de disparaître en cuisine quand Fullbody le rappela :

- GARCOOOON !

Sanji soupira, se détourna de son objectif et revint vers la table :

- Je vous ai déjà dit de ne pas m'appeler "garçon".

C'est là qu'il remarqua la ravissante demoiselle qui accompagnait le lieutenant. Et rebelote pour la drague, avec cette fois, une proposition pour la belle dame de venir boire un verre de vin avec lui en réserve. La demoiselle eu un petit rire, clairement pas insensible au tour de charme du blondinet.

- Dites donc ! gronda Fullbody pour ravoir l'attention de Sanji. Il y a quelque chose qui flotte dans ma soupe !

- Ah bon ? s'étonna le blond.

Le marine montra son assiette du doigt.

- Dîtes-moi ce que c'est cet insecte !

C'était sous-estimé le charmant jeune homme avec la langue décidément bien vive.

- Navré, cher client, je n'ai pas la moindre idée. Je ne m'y connais vraiment pas en insectes.

Et cela, il le dit avec un grand sourire et une main sur le cœur.

Même le rendez-vous du lieutenant se marrait devant le commentaire.

Luffy enfonça encore plus son chapeau sur son crâne quand Fullbody s'énerva au point de briser la table avec son poing d'acier, faisant crier la jeune femme. Le jeune cuisinier ne souriait plus, regardant les débris à terre.

- On ne se moque pas de moi impunément, gronda le marine en menaçant le blond de son poing.

Plus personne ne riait à présent. La peur avait pris la place de l'ambiance joviale du restaurant.

- Si vous aviez retiré cet insecte, vous auriez pu boire votre soupe, pointa calmement Sanji.

- Quoi ?! C'est comme ça qu'on traite les clients dans ce restaurant ?! Je vais t'apprendre les bonnes manières cuistot de mes deux !

L'homme était tellement fou de rage qu'il ignora totalement les tentatives de son rendez-vous pour le calmer.

- Ce n'était pas la peine de gâcher cette soupe, gronda Sanji en serrant les dents sur sa cigarette.

Là, ce n'était plus les clients qui étaient en panique, mais les cuisiniers.

Et avec raison, parce que ce qu'il fit ensuite, prouva les soupçons des pirates sur sa méthode de combat. Avec une souplesse inimaginable, il remonta un de ses pieds aux semelles bien renforcés pour shooter dans la mâchoire de l'homme, lui brisant une première dent, avant d'enchaîner sur un coup de pied circulaire avec une fluidité hallucinante qui en fit tomber une seconde.

En moins de deux, Fullboy était à terre, le visage tellement ensanglanté que du sang dégoulinait jusqu'au bout de ses doigts. D'un geste négligeant, le regard empli de colère, Sanji le saisi par la gorge en le soulevant du sol à bout de bras.

- Chercher des crosses à un cuistot en pleine mer est une conduite suicidaire, tâche de t'en souvenir. Je ne supporte pas qu'on gaspille la nourriture.

Fullbody n'était pas en état de dire quoique ce soit tellement il avait la frousse.

- Ok, c'est décidé, il a gagné un cookie, annonça Luffy.

- Non ! non non ! Je m'y oppose ! informa Zoro en agitant ses mains pour montrer son désaccord.

C'est là que l'homme qui les avait accueillis à leur arriver débarqua de son détour aux toilettes et se figea en voyant la scène, les yeux exorbités.

- QUOOOIIII ! LACHE CE CLIENT ! SANJI !

Le blond jeta un vague œil par-dessus son épaule au cuisinier bien musclé qui venait de se manifester.

- Ce n'est pas une façon de traiter la clientèle ! Par-dessus le marché, ce type est un lieutenant de la Marine !

- T'occupes pas d'ça, Patty, gronda le plus jeune d'un ton désinvolte. Cette histoire ne te concerne pas.

Le dénommé Patty était tellement remonté qu'il soufflait carrément par les narines comme un taureau.

- Ne me parle pas sur ce ton, gamin ! Qu'est-ce qui t'a pris de faire ça ?! Je t'ai pourtant répété cent fois de respecter la clientèle !

- Client ou pas, ce type a renversé la soupe que je lui ai servi! rétorqua le blond sans se démonter quand son collègue vint se planter devant lui.

Sans regarder ce qu'il faisait, il se débarrassa de Fullbody et remis les mains dans ses poches pour mieux s'adresser à son coéquipier :

- Je lui apprends simplement à ne pas gaspiller la nourriture.

Slurp

Tout le monde se tourna vers les restes de la table et il eut quelques cris de peur en réalisant la présence du fauve qui lécher le sol et les reste de la soupe. Sanji regarda l'animal faire et un sourire étira ses lèvres alors que Luffy fondait dans son siège en maudissant l'estomac de son compagnon à quatre pattes.

- C'est bon, bonhomme ? demanda le blond.

L'animal poussa un miaulement avant de retourner à sa tâche.

- Attend, je vais te retirer les morceaux de l'assiette, tu vas te faire mal, sinon.

Et sans peur, toujours souriant, le jeune homme alla s'accroupir auprès des restes de la soupe pour retirer les débris de porcelaine coupante, avant d'ébouriffer la fourrure de la créature pour la laisser manger.

- Les animaux sont interdis dans le restaurant ! rouspéta Patty.

- Ouais ben, il a faim et il comprend qu'on ne gaspille pas la nourriture, lui au moins.

Dans son coin, Fullbody toussa, attirant de nouveau l'attention des deux hommes.

- Eurgh… c'est la première fois que je vois un restaurant où les serveurs se permettent de tabasser les clients… je vais prévenir le gouvernement et faire fermer ce resto de cinglés !

Sanji se releva, la fumée de sa cigarette dansant devant son œil bleu et meurtrier.

- Dans ce cas… je ne te laisserai pas sortir d'ici vivant.

- Quoi ?!

Tout un tas de cuisiniers jaillirent dans la salle pour empêcher le blond de descendre le lieutenant. Parce que vu la taille de la veine sur son front et la façon dont son sourcil en escargot était froncé, il allait vraiment le mettre en pièce.

C'est là que le patron ressortit des cuisines et avisa la scène.

- Je vais faire sortir King, annonça Zoro en se levant. Inutile d'attirer l'attention sur toi.

- Tu as toute ma reconnaissance, gémit le D. quelque part sous la table.

Zeff donna l'assiette à Zoro et claudiqua jusqu'aux cuisiniers en lutte.

- C'est toi qui as semé toute cette pagaille dans mon restaurant, Sanji ? gronda le propriétaire.

- Fous-moi la paix, kusou jiji ! gronda le blondinet.

- Bien entendu que c'est lui ! rugit Patty derrière Sanji. Regardez dans quel état il a mis ce crétin de client !

- TU VEUX MA FAILLITE OU QUOI ?! rouspéta le vieil homme.

Sanji se prit dans la figure un joli coup de la jambe de bois du chef. Le sabreur contourna largement la zone de combat, un sourire satisfait de voir le blondinet s'en prendre une belle, puis parvint jusqu'à King. Celui-ci leva le nez du sol où il ne restait plus aucune goutte de soupe pour fixer avec des yeux brillants le bon gros kilo de viande avec des herbes, juteuse et bien cuite, que tenait le sabreur.

- Si tu veux ça, faut sortir mon gros. Allez ! On remonte à bord !

Sans protester, la panthère fila vers la sortie avant le vert, attendant avec joie son repas. Le sabreur sauta par-dessus Fullboy quand Zeff l'éjecta du passage avec un autre coup de sa jambe de bois et continua sa route vers le Merry.

Luffy reprit le risque de sortir de sous la table pour regarder ce qu'il restait du spectacle.

Ce restaurant était totalement barge au point qu'on puisse douter du fait que ce soit de vrais cuisiniers. Ils s'en foutaient que ce soit devant les clients, ils étaient près à se battre n'importe où.

Et comme s'il n'y avait pas déjà assez de problème dans le restaurant, d'autres arrivèrent depuis l'extérieur. Un simple matelot arriva en courant, le visage en sang.

- Plutôt agité, ce resto, nota le D. Vous trouvez pas que ça manque de pop-corn ?

- Je le sens mal, avoua le tireur.

- Idem, renchérit Nami en levant une main.

L'attention du chapeau de paille revint vers le matelot qui signaler la fuite de leur prisonnier.

- Dire que nous avons dû nous mettre à sept pour capturer cet homme de main du redoutable capitaine Krieg ! gémit le pauvre soldat.

- C'est impossible ! Ce type était déjà mort de faim quand nous l'avons capturé et on ne lui a rien donné à manger depuis trois jours ! protesta Fullbody en se relevant. Il n'avait plus assez de force pour s'échapper !

Le D. pencha la tête sur le côté. Krieg était donc redescendu plus vite que ne l'avait pensé Sabo. Il regarda la peur sur le visage de tous. Ce pirate avait la réputation d'être le plus cruel de cet océan. La voleuse donna un coup de coude au tireur et lui montra ce que leur capitaine venait de poser à côté de son assiette : son arme, encore défaite.

Il devait sentir venir les problèmes.

Comme pour le prouver, un coup de feu se fit entendre dans le restaurant et le matelot s'effondra, dévoilant quelqu'un à l'extérieur.

- Voilà un nouveau client, nota Patty d'un ton dédaigneux.

- Pourvu qu'il se tienne tranquille celui-là, grommela Zeff.

Sanji se contenta d'expirer une bouffée de tabac, pas plus ému que ça par le corps sur leur paillasson et l'homme armé sur le seuil. Lentement, le nouveau venu pénétra dans les lieux, trainant sa silhouette maigre et épuisée jusqu'à une table. Zoro revint à cet instant avec l'assiette vide et regarda le mort, puis l'homme qui venait de se laisser tomber sur une chaise. Un œil à Luffy qui, même si prêt à bondir, était toujours assis, lui dit de ne pas s'en occuper pour l'instant. Il donna l'assiette vide à Zeff et retourna s'asseoir.

Patty s'avança, battant des cils avec un énorme sourire hypocrite qui criait clairement « j'me fou d'ta gueule et tu le sais ».

- Qu'est-ce qu'on vous sert, face de cul ? demanda avec entrain le cuisinier.

La vulgarité du cuistot avait de quoi choquer.

- N'importe quoi fera l'affaire, assura le pirate en posant un pied sur la table, les mains dans ses poches. Mais grouille-toi d'apporter d'la bouffe parce que j'ai l'estomac sur les talons.

« Ce cuistot va se faire descendre » était l'idée dans le crâne de tout le monde.

- Excusez-moi de cette impolitesse, sac à merde, mais avez-vous de quoi payer ? demanda l'homme avec toujours son immense sourire.

En réponse il se retrouva avec le canon d'un flingue entre les deux yeux.

- Vous acceptez le plomb ?

Le cuisinier perdit son sourire.

- Pas d'argent, n'est-ce pas ?

Et ses énormes poings finirent sur le crâne du pirate avec tant de force qu'il en brisa une chaise. Pas d'argent voulait dire qu'il n'était pas un client.

L'estomac de l'homme se manifesta de façon bien claire.

Luffy allait se lever mais Usopp le fit se rasseoir.

- N'attire pas l'attention, Luffy, personne ne t'a identifié pour l'instant ! chuchota son ami entre ses dents serrées.

Zeff croisa le regard du jeune homme et secoua la tête avec un sourire de coin, montrant Sanji étrangement silencieux dont la cigarette continuait de fumer entre ses lèvres.

Après un passage à tabac en bonne et due forme, Patty eu un semblant de révérence devant les applaudissements des convives.

- Et voilà le travail ! Vous pouvez poursuivre votre repas en toute tranquillité !

Le D. regarda avec curiosité Sanji disparaître en cuisine alors qu'on tirait le pirate affamé dehors.

- Je reviens, souffla le jeune homme en se levant.

- N'attire pas l'attention sur toi si on veut réaliser ce plan, rappela à l'ordre Nami.

- T'en fait pas.

.


.

Gin était en train d'essayer de faire taire son estomac quand une délicieuse odeur vint lui chatouiller les narines. Quelqu'un s'approcha de lui et une assiette fumante et appétissante apparut devant son nez avec un bon gros verre d'eau. Perplexe, il releva la tête pour voir Sanji s'asseoir contre la rambarde extérieure du restaurant, une cigarette fumante en main.

- Mange, se contenta de dire le blond.

Le pirate regarda de nouveau l'assiette et juste l'odeur lui mettait l'eau à la bouche. C'était trop !

L'assiette disparu entre ses mais alors qu'il se mettait à dévorer son contenu, pleurant de bonheur en mangeant, remerciant le jeune cuisinier entre deux bouchés.

- Tais-toi et mange, sourit largement Sanji en se mettant sa cigarette entre les dents.

Depuis le balcon au-dessus, Luffy observait la scène en souriant.

- Définitivement un cookie, souffla le jeune homme.

Rien ne valait les compétences d'un cuisinier qui connaissait la faim.

- Yo.

Le duo en bas leva la tête pour voir le brun qui s'était assis au bord de la rambarde.

- 'Suis le patron de la peluche vivante. Sanji, c'est ça ? sourit Luffy, les mains dans ses poches.

- Les animaux sont pas admis et tu devrais le nourrir plus souvent, lui pointa le cuisiner. Le kusou jiji tient à ce restaurant plus qu'à sa propre vie, ça aurait été con que ton animal l'abîme.

Le D. se laissa souplement tomber à leur niveau pour venir s'asseoir sur une rambarde plus proche.

- King a l'estomac que je n'ai plus. Il n'est jamais rassasié. Il fait que ça. Dormir et bouffer.

- Alors pourquoi tu te balades avec cette bête ? C'est un animal sauvage, rend-lui ça liberté.

Le jeune pirate secoua la tête.

- C'est le dernier en liberté, justement. Les autres sont tous en zoo. L'espèce est menacée d'extinction. Trop de braconnage dans le nord. Il me suit partout depuis qu'on s'est rencontré, j'ai pas le cœur à l'abandonner quand on est ensemble depuis si longtemps, même si ça signifie qu'il engloutisse les réserves.

- Qu'est-ce que tu fais ici ? s'enquit Gin en intervenant dans la conversation.

- Pirate. A la recherche d'un cuisinier compétent.

- Comme l'était le vieux, se rappela Sanji avec une esquisse de sourire. Tout le monde a le sang chaud à bord du restaurant. Même si ça donne lieu à des crises comme tout à l'heure, ça a l'avantage de s'assurer que le restaurant survive aux assauts des bandits. On est pas très loin de l'entrée de la Grand Line, donc, ça grouille pas mal en pirates dans le coin.

- J'vois l'genre, comprit le brun.

- La vie à bord est plutôt agitée, on a même des clients qui viennent spécialement pour voir nos bagarres. Malheureusement, les serveurs à mi-temps ont tellement la frousse qu'ils finissent tous par foutre le camp.

- Je vois.

- On a plus de cuisiniers qu'il n'en faut, mais pas de serveur. Donc, si tu vois un cuistot qui t'intéresse, fais-le savoir au kusou jiji, mais je doute que même si le boss le laisse partir, on te suive pour autant.

- Ce qui tombe très bien, parce que j'ai déjà vu quelqu'un et que le boss m'a dit qu'il pouvait s'en aller ! sourit largement Luffy.

Sanji ferma les yeux. Depuis trois ans, le vieux lui jetait des indices de plus en plus gros pour lui faire comprendre qu'il devrait un jour quitter le navire.

- Si c'est de moi que tu parles, je ne peux pas partir, navré. Trouve quelqu'un d'autre.

- Et pourquoi ?

- Parce que.

- C'est pas un argument !

- Va t'faire voir chez les marines !

- Déjà prévu, mais c'est toujours pas une excuse ! qu'est-ce qui te retient, merde !? Même ton boss m'a dit de te prendre avec moi !

Le cuisinier commençait à en avoir marre de ce gars. Franchement, pourquoi il insistait ?! Il avait dit non !

- Lâche-moi la grappe, j'ai pas à te raconter mon histoire ! rouspéta le blond.

- Plutôt devenir révolutionnaire que de laisser tomber !

- Fais-moi signe quand je dois chanter La Marseillaise.

Long silence.

Très long silence.

- Quoi ? demanda Sanji.

Luffy regarda Gin mais celui-ci secoua la tête pour dire que ça ne lui parlait pas non plus.

- Peu importe ! finit par dire Luffy. J'en ai décidé ainsi !

- Tu t'prends pour qui, l'fils de Roger ?

- Non, pour l'autre bâtard d'East Blue, celui de Dragon.

- T'as quelque chose avec les Révolutionnaire, mon gars, tu devrais abandonner la piraterie pour eux, plutôt.

- Certainement pas ! Hors de question que je courbe l'échine et passe sous les ordres de ce salaud de Dragon !

Gin leva la main à cet instant. Le capitaine pirate le pointa du doigt, l'invitant à parler.

- C'est quoi ton nom ? Moi, c'est Gin, le bras droit de Krieg.

- Mugiwara m'ira très bien, j'ai une prime déjà active sous mon vrai nom et je préfère qu'on évite pour l'instant le rapprochement puisqu'elle n'a pas tronche dessus.

- Comment c'est possible ? s'étonna le blond.

- On m'l'a collé quand j'avais huit ans.

Le D. fit un geste de la main pour dire que ce n'était pas important. Gin resta un instant perplexe, soupira et laissa le sujet de côté.

- Pirate donc. A la recherche de trésor, c'est ça ?

- Aventures plutôt, mais je vise le One Piece. Donc, bibi met les voiles pour la Grand Line quand la tête de mule aura plié ses affaires !

- Mais me fait pas chier, je reste ici ! rouspéta le cuisinier.

La simple mention de la Grand Line suffit à faire blanchir Gin.

- T'embête pas, j'ai entendu ce refrain plus d'une fois, lui pointa le jeune pirate en devinant ce qu'il allait dire.

- T'es encore jeune, ça serait bête de mourir sans profiter de la vie. Les mers du globe sont vastes, tu peux naviguer toute ta vie sans jamais mettre les pieds dans cette route maudite.

- Elle t'a brisé, n'est ce pas ? La Grand Line. Ça se lit sur ton visage.

Pour toute réponse, Gin se recroquevilla sur lui-même.

- Je pensais pas que les hommes du fameux Krieg était de tels trouillards, commenta Sanji.

- C'est pas une question de couardise ou de courage, Sanji, lui dit Luffy. La Grand Line te brise les genoux. Soit t'arrive à avancer malgré tout, puis à te relever, soit tu te fais emporter. Si c'était aussi simple, ça n'aurait pas autant de valeur de la conquérir.

- Pourquoi vouloir le faire, alors ?

- On m'a condamné pour un crime stupide, je pense pouvoir me permettre de mourir pour un rêve tout aussi stupide.

- Point accordé.

.


.

Ils regardèrent Gin s'en allait après un énième remerciement à l'instant où Zeff débarqua, cherchant le « stupide gamin » qu'était Sanji. L'assiette et le verre vide finir à la flotte, détruisant les preuves du repas gratuit offert par le blond.

Luffy eu un sourire.

Il avait de plus en plus envie de prendre ce gars dans la bande.

- Bon, tu le prends ou pas !? demanda Zeff en voyant le sourire du brun.

- Non mais c'est pas bientôt fini, oui, de vouloir me pousser dehors ! protesta Sanji en se tournant vers son patron sur le balcon au-dessus de leur tête.

- C'est une occasion inespérée ! fais-toi donc pirate, j'ai pas besoin de toi sur ce bateau !

- Tu crois vraiment pouvoir me chasser aussi facilement ? T'as pas un peu oublié que je suis le second maître coq de ce rafiot ?!

- Tu n'arrêtes pas de créer des embrouilles avec les clients et dès que tu vois une femme, tu ne peux pas t'empêcher de lui faire ton numéro de charme. Les plats que tu cuisines n'ont rien de formidable et tu n'arrives même pas à t'entendre avec les autres cuistots. En bref, une charge inutile pour le restaurant ! Quitte ce navire en vitesse ! Deviens ce que tu veux, mais je ne te veux plus ici !

En un saut, Sanji fut à l'étage, juste à côté de son chef, le saisissant pas le col.

- C'est bon, t'as dit tout ce que tu avais à dire, vieux croulant ?! Que tu m'insultes passe encore, mais je ne te permets pas de critiquer ma cuisine ! Et je te préviens que tu auras beau raconter tout ce que tu veux, je continuerai à travailler à bord de ce restaurant ! T'as compris ?!

Luffy avait presque l'impression de revoir une tentative de communication infructueuse entre Garp et lui, voir Ace. Il crispa les yeux quand Zeff abattit Sanji sur la rambarde avec facilité.

- Misérable cornichon ! Tu oublies à qui tu parles ! Je vais t'apprendre les bonnes manières !

Oui, définitivement une communication dysfonctionnelle entre eux.

Alors que Zeff s'éloignait, Sanji se releva pour lui crier après :

- TU PEUX TOUJOURS ESSAYER DE ME CHASSER MAIS JE NE QUITTERAI JAMAIS CE RESTAURANT ! JUSQU'À CE QU'ON ENTERRE TA VIEILLE CARCASSE !

- C'est pas demain la veille, il me reste encore une centaine d'année à vivre, lui répondit Zeff.

Et il claqua la porte derrière lui.

Sanji poussa un profond soupir mais resta là à fumer.

Luffy se hissa aisément à l'étage du cuistot et se dirigea vers la porte.

- Il te veut plus ici, et moi, j'ai besoin de gars comme toi. T'en fait pas, je repasserai.

- Barres-toi, grogna Sanji.

En sifflotant, Luffy rejoignit ses nakamas et se rassit à sa place et commença sa lutte avec son estomac pour manger sa maigre assiette sans tout rendre.

- Alors ? demanda Usopp.

- Une mule, mais je l'aurai. J'ai eu ma sœur cadette à l'usure, il tombera aussi. Combien jusqu'à la base la plus proche, Nami ? Usopp, j'échange tes champignons contre la moitié de mon rôti.

Avec joie, Usopp fit passer son assiette à son ami qui récupéra les champignons et lui donna presque plus de la moitié de sa viande.

- Pourquoi tu me poses la question ? demanda la rousse.

- Parce que je compte faire quelque chose d'utile pendant qu'il mijote. On va récupérer ma prime, ça sera déjà ça de fait. Combien de temps aller et retour ?

- Deux trois jours, mais Luffy, je le répète, c'est de la folie.

- On finit et on décolle.

.


.

Zoro avait foi en Luffy.

Mais honnêtement, il était d'accord avec Nami, c'était du suicide.

Le jeune homme avait laissé son chapeau de paille à la rousse et avait changé son tee-shirt sous sa veste pour un haut à manche longue afin de masquer son tatouage. Des fers aux poignets, sa capuche sur le crâne, il se faisait passer pour inconscient sur l'épaule du sabreur alors qu'Usopp les conduisait jusqu'au bureau de la base marine, laissant la rousse à bord pour s'assurer qu'ils soient prêts à décoller à tout moment.

- On fait un truc ultra stupide, marmonna Usopp en jouant nerveusement avec la lanière de sa sacoche.

- Si tu continues à être aussi nerveux, on va se faire prendre, alors calmes-toi, rappela à l'ordre le kenshi entre ses dents. On y est, donc, plus moyen de reculer.

Le tireur souffla par le nez pour se donner du courage, arrangeant ses lunettes sur son crâne et s'avança jusqu'aux portes et le soldat d'accueil.

- Bureau des primes ? demanda Zoro derrière lui.

- Vous êtes ?

- Roronoa Zoro.

Le marine sortit d'un tiroir de son bureau une liste, la parcourut avant de hocher la tête et de leur pointer une porte un peu plus loin. Les deux pirates incognito le remercièrent et Usopp, familier avec les problèmes d'orientation du vert, s'assura que celui-ci ne se perde pas dans le couloir. Ils s'arrêtèrent devant la porte indiquée, le cœur battant. C'était l'instant fatidique.

Le plus jeune toqua à la porte et on les autorisa à entrer.

Le soldat dans le bureau se leva et les salua avant de regarder Luffy.

- C'est votre prise ?

- Coup de chance, il s'est évanoui en plein repas, pas eu besoin de causer un scandale ou de nous battre, menti Usopp avec un sourire un brin crispé.

- Montrez-moi ça.

Sans la moindre délicatesse, Zoro laissa tomber Luffy à terre qui n'eut aucune réaction et lui retira sa capuche.

- Son visage ne m'est pas familier, commenta le marine en fronçant les sourcils. C'est censé être qui ?

De tous les problèmes qui pouvaient leur tomber dessus, voilà qu'il fallait qu'on ne reconnaisse même pas la ressemblance du D. avec son père.

- Vous vous foutez de moi ?! s'énerva le sabreur. C'est le fils de Dragon !

Le marine écarquilla les yeux et se précipita à son bureau pour parcourir toutes les primes et prendre celle de Dragon pour la comparer au visage de Luffy. Il la jeta sur son bureau pour venir ensuite serrer la main de Zoro et Usopp avec entrain.

- Vous avez rendu un fier service à la communauté, à East Blue et au monde entier ! Je vais m'empresser de faire une déclaration à la presse ! Nos citoyens peuvent désormais dormir en paix avec ce monstre derrière les barreaux !

- Avant tout ça, on veut notre argent, pointa le vert.

- Oui, bien entendu ! Un instant !

Le soldat quitta son bureau pour appeler un de ses collègues en poste un peu plus loin, lui disant de faire très attention au prisonnier, qu'il était dangereux et tout et tout, avant que Luffy ne soit traîné ailleurs par sa capuche, laissant Usopp et Zoro dans le bureau avec un marine souriant jusqu'aux oreilles.

- Bien ! Donc, c'est cent vingt millions, c'est bien ça ?!

.


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Luffy n'avait pas bougé d'une oreille depuis qu'on l'avait mis en cellule.

Il était concentré sur une chose : son Haki.

Avachi sur le sol, les paupières closes, il suivait le mouvement de Usopp et Zoro, attendant qu'ils s'éloignent de la base pour faire sa part. Lentement, leur présence se fit plus dure à localiser, prouvant qu'ils commençaient à être assez loin des environs. Le prisonnier prit le risque d'ouvrir un peu un œil, juste assez pour voir, mais pas assez pour qu'on le remarque.

Il y avait deux gardes devant sa cellule, et ils lui tournaient le dos. Juste au-dessus de la couchette à l'opposer de la porte de la cellule, un soupirail avec de simples barreaux lui faisait de l'œil. Même un enfant n'aurait pas réussi à se glisser entre les barreaux, mais ça ne serait pas une difficulté pour lui qui était un élastique sur patte. Il hésita puis un sourire machiavélique se dessina sur ses lèvres. Il se redressa et étira assez ses mains pour que les bracelets tombent de ses poignets. L'erreur de ne pas avoir cherché à voir s'il n'avait pas un akuma no mi venait de se payer, puisque c'était les mêmes fers que Zoro lui avait mis. Aussi silencieusement que possible, il se hissa sur la couchette et jeta un œil à l'extérieur tout en retirant ses claquettes. Une patrouille passa devant son nez dans le bruit mat de leurs bottes avant de tourner à un angle hors de vue. Luffy fit passer ses chaussures à l'extérieur, puis un bras, s'étirant et s'aplatissant suffisamment pour se glisser dans l'ouverture.

Un hoquet de surprise l'alerta pour voir une fillette de six ans certainement le regarder faire avec des yeux ronds. Luffy se tira totalement de sa cellule et offrit à la gamine un grand sourire avant de lever un doigt à ses lèvres avec un clin d'œil. La demoiselle cligna des yeux, perplexes, mais déjà, le pirate s'était rechaussé et avait mis sa capuche sur la tête pour s'en aller aussi tranquillement que possible.

Il savait que s'il courrait, il attirerait l'attention des gens. Il ne pouvait que marcher la tête basse comme s'il avait quelque chose à faire. Plus de chance qu'on le laisse tranquille. Il sentait son cœur battre à la chamade et un sourire maniaque sur ses lèvres qui grandissait à chaque soldat passé dans la rue. Bientôt, le port se présenta à ses yeux avec une Nami nerveuse qui faisait les cents pas sur le pont du Merry.

- Yo ! J't'ai manqué !? sourit le brun en sautant à bord.

Il se prit un coup de poing digne des démonstrations d'affection de Garp sur le crâne, l'envoyant les quatre fers en l'air contre le mât.

- On décolle avant qu'ils ne réalisent les choses ! exigea la rouquine.

Les deux autres hommes, qui avaient eu un soupir de soulagement en voyant le retour de leur capitaine, se mirent immédiatement au travail.

Quand l'alarme sonna, le navire n'était déjà plus dans le port, même s'ils n'étaient pas encore sortis d'affaire.

- Plus jamais ça ! haleta Usopp. J'ai cru qu'on allait se faire griller !

- Jusqu'à ce qu'on réalise que j'ai un akuma no mi, je pourrais continuer de faire ce genre de tour… Aaaaaaaaah ! C'était amusant ! sourit largement le D.

- PAS DU TOUT ! rouspéta Nami en lui infligeant une nouvelle bosse sur le crâne. J'AI CRU QUE J'ALLAIS MOURIR DE STRESS !

Le jeune homme se massa le crâne, une moue sur le visage, se demandant si la jeune femme n'usait pas inconsciemment du Busoshoku pour être capable de faire aussi mal. L'attention de tous se tourna vers Zoro qui déposa une lourde valise devant eux, sur le pont. Il ouvrit sans rien dire les attaches, dévoilant des liasses de billets. Le pirate déglutit et serra contre lui King quand il vint se joindre à la réunion.

C'était la première fois qu'il voyait autant d'argent.

Et cet argent, c'était son prix, sa valeur, le montant qu'on attribuait à sa simple existence.

Brusquement, il comprenait pourquoi la prime de ses sœurs stagnait autant et surtout, pourquoi elles n'avaient pas cherché à en faire augmenter le prix.

Même si ça signifiait qu'il était assez dangereux pour qu'on paye des gens pour sa peau, cette monétisation de son droit de vivre ou mourir le rendait malade.

Obtenir l'argent avait été drôle, mais la signification de cette somme, beaucoup moins.

Il resserra d'instinct ses bras autour de son compagnon à quatre pattes, regardant la voleuse compter fébrilement la somme. Finalement, elle déglutit et laissa quatre liasses à part qu'elle tendit à Luffy.

- Vingt millions.

- Ils serviront à Loguetown pour le ravitaillement, souffla le capitaine.

Zoro s'en saisit et se leva.

- Je vais les rangers.

Le D. lui jeta un regard reconnaissant.

Nami boucla la valise de nouveau avec les cent millions restants, les yeux dans le vague, une main crispée sur son biceps. A cet instant, la féroce navigatrice avait l'air vulnérable et blessée.

- On récupère Sanji et on file chez toi. Et s'il n'est pas content, Arlong aura bientôt besoin d'un dentier. J'aime pas me battre, en général, mais là, s'il le faut, j'hésiterai pas.

Avec un regard larmoyant, la rousse remercia faiblement Luffy.

- Range l'argent.

.


.

Zeff eut un sourire de coin quand Patty lui annonça que le quatuor de l'autre jour était revenu, comme ils l'avaient dit.

- Prépare tes affaires, sale gosse, ton équipage est venu te chercher ! lança le vieil homme à Sanji qui était en cuisine.

- Crève et on en rediscutera, sale schnock ! rétorqua le jeune homme.

Le patron secoua la tête et sorti en salle pour voir le même groupe à la même table.

- Affaire ou consommation ? demanda le vieil homme.

Luffy regarda ses amis qui passèrent leur commande.

- Vu que les journaux grondent sur l'incompétence de la Marine à garder en cellule le criminel le plus rechercher d'East Blue, je suppose que t'as l'argent pour payer, gamin.

- Cette somme- là sert à autre chose. Sanji est où ?

Zeff allait lui répondre quand le cuisinier en question sorti par curiosité dans la salle en entendant des cris au sujet de la présence à l'extérieur du navire amiral de Don Krieg.

- J'ai pas l'impression qu'il soit là pour remercier Sanji pour le repas, marmonna le D. avec une moue.

Définitivement dire à Sabo que ses informateurs avaient du retard parce que le gars semblait bel et bien de retour en East Blue.

Après, vu la gueule du navire, il était certain qu'ils avaient vu la Grand Line. Le vaisseau tenait plus d'une épave plutôt que d'un fier navire pirate. A les voir, on croirait presque qu'ils avaient survécu à un ouragan.

Encore une fois, Gin se tenait sur le seuil, sauf que cette fois, il avait avec lui un pirate à bout de force ultra bien fringué.

Le terrible capitaine Krieg.

- Il a pas l'air aussi terrible que je le pensais, marmonna Usopp. Il fait même presque pitié.

- La faim Usopp. La faim et la soif peuvent te mettre l'homme le plus coriace à genoux, souffla l'autre brun en inclinant son chapeau sur son visage.

Krieg s'effondra, réclamant eau et nourriture.

Il avait pitié de l'homme.

Son estomac se contracta, lui rappelant ces longues années de famine qu'il avait réussi à traverser en se forçant à être raisonnable avec la nourriture. Il ferma les yeux, essayant de rester sourd aux commentaires des clients et des cuisiniers. Aucun d'eux n'avaient eu à craindre la faim et la soif. Tous pouvaient manger à leur faim, ils n'avaient pas conscience de l'horreur que pouvait traverser cet homme. Ok il y avait un risque qu'il attaque le navire une fois qu'il aurait de nouveau ses forces, mais là, il était question d'être simplement humain !

Sans compter que l'homme se mit à genoux, la tête au sol, pour avoir à manger. Il était prêt à tout pour manger. Et surtout, capable de manger n'importe quoi. Mais cela ne fit que dégouter tout le monde. Aucune compassion.

Des cœurs de pierres.

- Dégage de là, Patty !

VLAM !

Patty se prit par derrière le talon de Sanji dans la figure ce qui le poussa aisément du chemin, permettant au blond d'aller jusqu'aux deux pirates. Là, il tendit à Gin une assiette de nourriture et une bouteille de rhum pour Krieg, avant que les engueulades ne se mettent à pleuvoir sur le blond et ce qu'il avait fait. Krieg avait une mauvaise réputation. C'était un homme sanguinaire, fourbe et vile, prêt à tous les stratagèmes pour parvenir à ses fins. En le laissant mourir de faim, ils auraient débarrassé le monde d'un monstre sanguinaire.

Et comme pour prouver raison à sa réputation, tout juste rassasié, Krieg releva son immense carrure et frappa Sanji par un coup bien envoyé de son bras, ce qui fit que le blond se retrouva à valdinguer plus loin dans la salle.

- Capitaine ! Vous m'aviez promis de ne pas piller ce restaurant ! C'est pour ça que j'ai accepté de vous y conduire ! En plus, c'est celui qui m'a sauvé la vie que vous venez d'assommer ! s'exclama Gin.

- Ah ! fit Krieg avec une voix forte. Ça fait du bien d'avoir le ventre plein ! Je me sens revivre !

Il attrapa l'épaule de son camarade avec une telle poigne qu'il manqua de la lui briser, le faisant rugir de douleur.

Luffy alla s'asseoir tranquillement sur la table sous laquelle Sanji avait fini sa glissade et se pencha en avant, les mains dans les poches, pour voir le blond sous la nappe.

- Toujours vivant ?

- Il faut plus que ça pour m'avoir, grommela le cuisinier en se tirant de là.

En attendant, Krieg avait décidé de faire de ce restaurant son nouveau navire, ce qui causa la fuite massive des clients.

- Mon galion est dans un sale état. Il me faut un nouveau navire, expliqua Krieg. Et celui-ci fera très bien l'affaire. Mais je ne vous jette pas à l'eau tout de suite, j'ai encore besoin de vous. I mon bord une centaine d'hommes, blessés et à moitié morts de faim. Vous allez commencer par préparer une centaine de rations que vous leur porterez. Il y en a déjà beaucoup qui ont rendu l'âme, alors, dépêchez-vous de vous mettre au travail !

- Luffy ! Pssst !

Luffy tourna la tête vers Nami qui se cachait derrière une table avec Usopp pendant que Zoro aidait Gin à se relever. La rousse pointa son ami du doigt, puis Krieg, enfin Sanji qui se relevait et Gin, avant de porter son doigt à sa tempe. Le message devait vouloir dire « tu penses pouvoir faire ce gars alors qu'il a mis Sanji et son propre nakama dans cet état ? t'es barge ! ». Le D. se contenta de lui sourire de toutes ses dents.

Les cuisiniers n'étaient pas d'accord avec cette sommation, mais Krieg ne comptait pas les laisser discuter. Ils allaient lui obéir, ou mourir sur le champ. Alors que Gin sanglotait des excuses sur la tournure de la situation, Sanji allait déjà vers la cuisine.

- Bon sang ! Qu'est-ce qui t'a pris de lui filer à manger ?! Oi ! Sanji ! Où tu vas comme ça ?! gronda Patty en se relevant.

Le jeune coq essuya le sang sur le coin de sa bouche avant de répondre :

- C'est évident, je vais en cuisine. Il reste encore cent rations à faire.

Personne ne comprenait ce qui passait par la tête du blondinet, mais le D. eut un soupir en secouant la tête.

Trop bon, trop con.

Tous les cuisiniers sortirent des flingues de leur tablier et braquèrent leur collègue avec, ne le surprenant qu'à moitié.

- T'es au service de Krieg ou quoi ?! On ne te laissera pas entrer dans les cuisines ! On en a ras le bol de tes conneries ! Ça a assez duré comme ça !

Le jeune cuistot avait l'air pas du tout impressionné. Il écarta les bras, les invitant à tirer, un maigre sourire au coin des lèvres.

- Allez-y ! Tirez donc si vous voulez m'arrêter ! leur dit-il. Je sais très bien que Krieg est le pirate le plus cruel qui soit, mais j'en ai rien à carrer ! Je ne me soucie pas de ce qui peut arriver.

Le sourire devint un rictus haineux.

- Le travail d'un coq, c'est de nourrir ceux qui ont faim !

Alors que Luffy applaudissait les principes du blond, Patty arrivait par derrière pour assommer le jeune homme avec ses immenses poings. Il l'envoya à terre, mais pas dans les bras de Morphée. Deux cuisiniers se précipitèrent vers le jeune homme au sol pour l'empêcher de bouger.

- Sanji ! Je sais que tu sers ta cuisine en cachette aux clients indésirables que je chasse du restaurant ! gronda l'énorme cuisinier. Je ne sais pas lequel de nous deux à raison, mais cette fois, tu vas trop loin ! Mon devoir est de protéger le restaurant et tu as déjà commis trop de dégâts ! Notre adversaire est peut-être le redoutable capitaine Krieg, mais seul contre nous tous, il n'a aucune chance !

Et le cuisinier dévoila une sorte de bazooka customiser pour ressembler à une crevette et tira avec sur le capitaine pirate, faisant secouer la tête au D., toujours assis, devant l'inutilité de la chose. Krieg fut envoyé dans un nuage de poussière et de suie contre la rambarde, où il resta immobile.

- Zut, j'ai cassé la porte, grommela Patty. Le patron va me passer un savon.

- Mais non, lui dit un de ses collègues. Tu as fait ça pour protéger le restaurant, il ne dira rien.

Sanji avait autre chose en tête que l'état du restaurant.

- Qu'est-ce que tu comptes faire des hommes qui restent sur le galion de Krieg ?

Patty eu un sourire vicieux, suggérant de les recouvrir d'huile pour les faire frire.

- Je doute que ça arrivera, intervint Luffy en montrant du doigt l'entrée du restaurant.

Tout le monde se retourna dans cette direction pour voir Krieg debout, le buste prit dans une armure métallique à la teinte dorée qu'il avait dû porter sous ses vêtements. Les cuisiniers foncèrent à l'assaut avec des fourches et diverses armes, mais Krieg dévoila que son armure avait des flingues intégrés. Des flingues chargés.

Bras de titane, torse de métal, poings de diamants.

L'homme avait des armes et des protections partout sur son corps.

Pourtant, quelqu'un le fit taire alors qu'il allait s'étaler un peu plus dans son discours de méchant qui disait pourquoi il était le plus fort.

Luffy venait d'apparaître devant lui, lui tenant fermement la bouche avec sa main, le visage obscurcit par son chapeau. Surpris, Krieg chercha à se débattre mais sans succès.

- Avant de t'embourber dans un discours pour nous faire voir ta gloire et tout le merdier, tu vas bien m'écouter, parce que j'ai pas envie de me répéter. On est en train de te préparer à bouffer pour tes hommes. Alors, tu vas prendre cette nourriture qu'on t'offre gracieusement, puis te barrer. Capiche ? Parce que si je te revois par ici, tu cracheras de la paille jusqu'à la fin de tes jours.

Il le repoussa contre la barrière et se tourna vers Zeff qui venait d'arriver avec un énorme sac de nourriture, surprenant ses cuisiniers outre Sanji.

- Il y a dans ce sac de quoi rassasier tes hommes, alors, dépêches-toi d'aller leur porter. Fais comme le gamin l'a dit et barres-toi.

- Zeff-san ! Qu'est-ce qui vous prend ?! Patron ! Pourquoi lui donner cette nourriture !? Si ses hommes retrouvent leurs forces, il les enverra attaquer notre bateau !

- Peuh ! Y'a aucune chance ! gronda le premier maître coq. Je doute qu'ils aient encore assez de hargne pour nous attaquer après ce qu'ils ont découvert en s'aventurant sur la Route de Tous les Périls.

Il se détourna de Krieg, toujours aussi impassible.

Mais ça fit courir un frisson chez tout le monde. Le terrifiant Krieg n'avait pas réussi à traverser la route de tous les périls. Il y avait de forte chance que le galion se soit fait mettre en pièce en s'aventurant là-bas.

Pourtant, le pirate n'était resté que sur une seule chose.

Le nom du propriétaire du restaurant : Zeff. Comme Akahashi Zeff, l'homme aux Jambes Rouges. Le fameux capitaine cuisinier que tout le monde pensait mort.

- Tu sauras que les vieux, quand ils prennent leur retraite, ils se reconvertissent souvent dans autre chose pour se fondre dans la masse afin d'avoir la paix, lui expliqua Luffy en se rasseyant sur le bord d'une table.

- Qui es-tu, toi ?

- Mugiwara m'ira très bien, tête de con.

- Je ne suis plus ce Zeff. Aujourd'hui, je ne suis plus que le patron de ce restaurant flottant et ça me convient très bien, lui dit le vieux cuisinier.

Krieg ne pouvait que rire. Ça puait la reconversion forcer à cause de sa jambe de bois, parce que pour d'un kick boxeur qui était capable de briser le roc et l'acier avec la puissance phénoménale de ses jambes, c'était forcément handicapant.

Sanji se mit à grogner devant les insultes envers Zeff, mais le vieil homme se contenta de refaire face à Krieg, montrant ses mains.

- Je ne peux peut-être plus me battre, mais tant que j'ai mes deux mains, je peux toujours faire la cuisine. Arrête donc avec tes insinuations et dis-moi ce que tu veux !

Krieg voulait son ancien journal de bord. Après tout, Zeff avait survécu un an sur la Grand Line et en était revenu indemne. Le carnet dans lequel son périple avait été consigné serait une source d'information sans limite. Informations qui lui permettraient de tromper la mer. Il avait eu des hommes de valeurs. Des armes. Tout. Mais pas d'informations. Pas assez. Et ce qu'il cherchait, il le trouverait dans le carnet de bord de l'ex-pirate.

Luffy avait dû mal à ne pas rire. Vraiment.

- Une fois le carnet de Zeff en ma possession, je retournerai sur la route des toutes les périls et je réussirai là où même le bâtard de Roger a échoué ! Je m'emparerai du One Piece !

Ok, là, il allait le regretter.

- D'une, Ace a juste trouvé quelque chose qui a plus de valeur à ses yeux que Raftell, donc, le traite pas de raté sans savoir. De deux, je pense t'avoir déjà dit de prendre cette nourriture et de dégager le plancher. Je te laisse encore une chance de t'en sortir tranquillement, intervint Mugiwara.

D'un geste souple du poignet, Luffy reforma son bô et se planta devant Krieg.

- Le One Piece est à moi. Je serai le Roi des Pirates. C'est pas toi, une chiffe molle qui n'a rien pigé aux règles du jeu, qui prendra mon trône.

- Dis pas n'importe quoi ! s'exclama Patty. Tu vas te faire tuer !

- Je le dis souvent en ce moment, mais je vais me répéter. Je préfère crever pour mes rêves et mes nakamas plutôt que pour un crime que je n'ai pas commis, rétorqua le brun sans se détourner de Krieg. Je raconte pas de conneries. C'est une promesse, mon rêve. La plus stricte vérité. Avant que tu ne commences à faire des menaces et tout, rappels-toi de qui t'a fait taire tout à l'heure. Ok ?

Avec un sourire moqueur, le D. tapota la joue de Krieg, avant d'afficher un air froid.

- Dégage le plancher.

La voix de Usopp s'éleva par-dessus la cohue :

- Vous avez entendu ça ? Même Krieg n'a pas réussi à navire là-bas ! Laissons tomber notre projet, c'est de la folie !

- Dans d'autres circonstances, j'aurai été d'accord, mais je doute qu'on puisse détourner la tête de mule de son objectif, soupira Nami. Avec la connerie qu'il nous a fait faire récemment, je sais que c'est impossible.

- Bouclez-la ! rouspéta Zoro.

Le groupe de Luffy était de nouveau assis à sa table. Les plus peureux avaient compris que leur capitaine contrôler la situation, alors, pas de quoi s'en faire. Cependant, leur conversation avait attiré l'attention de tout le restaurant.

- Luffy, ne le cherche pas, s'il te plaît, demanda Nami en joignant ses mains au-dessus de sa tête.

Le D. se raidit et jeta un regard noir à la rousse par-dessus son épaule, alors qu'Usopp lui mettait la main sur la bouche. De toute façon, elle avait réalisé son erreur au vu de ses yeux ronds d'horreur. Bien heureusement, outre Zeff, personne ne fit le rapprochement. Pas que ça change beaucoup. Mais au moins, il pouvait de nouveau respirer.

- T'en fait pas, Nami, je gère la situation. Ce gentil monsieur va ramasser sa bouffe et se barrer. Ne ?

Le D. offrit un sourire bien grand et hypocrite à Krieg qui se contenta de lui rire au nez.

- C'est ça ton équipage ! se moqua l'homme. Vous faîtes une belle bande d'avortons !

- J'ai deux nakamas et demi en plus, patate !

- J'espère que tu ne me comptes pas dans le lot, lui lança Sanji de là où il était assis sur le sol.

- Et demi ? répéta Patty.

- La peluche morfale compte difficilement comme un membre à part entière, pointa Luffy en haussant des épaules.

Krieg péta un plomb :

- TU CROIS QU'À SIX, VOUS POURREZ NAVIGUER SUR LA GRAND LINE ?! CETTE ZONE EST LA PLUS DANGEREUSE QUE TU NE L'IMAGINES, MICROBE ! EN À PEINE SEPT JOURS, TOUTE MA FLOTTE ET MES CINQ MILLES HOMMES ONT ÉTÉ QUASIMENT ANÉANTIE !

- Et pourtant la sixième membre du groupe est déjà sur la Grand Line à nous attendre depuis un an et demi. Conclusion, t'as pas compris que c'est pas le jeu de qui a la plus grosse mais de celui qui en a le plus, là-bas.

Zeff ne pouvait que ricaner devant la façon dont Luffy tenait tête à Krieg, démontant ses idées pour l'enrager un peu plus. Zoro eu un sourire carnassier en écoutant la conversation. Il avait franchement hâte d'y être.

- Ta présomption m'insupporte ! gronda Krieg. J'ai horreurs des petits arrogants dans ton genre ! Tu ferais mieux de changer de ton si tu ne veux pas que je t'étripe !

- Je suis arrogant, orgueilleux et suicidaire ! Viens me chercher ! lui rétorqua le D. en écartant les bras.

Mais Krieg se contenta de ramasser la nourriture, ignorant le défi de Luffy. Il s'en alla en leur disant d'abandonner le navire s'ils ne voulaient pas nourrir les poissons.