RESTEZ CHEZ VOUS!

Le message est compris ? Parfait, on peut commencer ! Merci encore à tous et à toutes pour suivre encore aujourd'hui cette fic. C'est un plaisir de tout les jours de lire vos retours.

Donc, vu qu'on est confiné, je vous donne une nouvelle bonne raison de rester chez vous avec de la lecture. Oui, c'est bien un nouveau chapitre pour vous ! Alors, faîtes la chose intelligente, respectez l'ordre de confinement et ne mettez pas vos vies et celles des autres en danger.

On se retrouve bientôt pour une suite !

Lun'Art : Oui, King, on a envie de lui faire des câlins. c'est une grosse peluche duveteuse./ Oui, j'ai pas mal raccourcit l'affaire de Kokoyashi. Mais disons que tout l'intérêt qu'il y avait dans le canon est déjà résolu plus tôt, donc, on va pas le tirer plus en longueur. / Le cookie est important dans cette histoire. Passage gratos dans le Shin Sekai, quand même ! Eh-oh !/ C'est un plaisir, ma chère.

Yz3ut3 : Nous y voici sur la suite !

Akira Makkuro : King est loin d'avoir montré tout son potentiel. Il n'est pas qu'un chat tout mignon et espiègle. Il est très jeune et toute sa vie, il l'a passé avec Luffy qui était en cavale. Cela a forcément laissé des traces./ Si je pars d'un point qui dit qu'ils sont dans la merde, on peut pas attendre d'eux de la naïveté. C'est stupide.

TheSepticPuppet : C'est un plaisir !

: Pour Reiju, la réponse est non et pour les cookies, il faut être méritant !

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture et à très bientôt !

Ah, et encore une fois :

RESTEZ CHEZ VOUS BORDEL DE MERDE !

Voilà

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La pauvre mouette n'avait rien demandé. Elle ne faisait que rendre service en livrant le journal partout sur les océans. Mais elle regrettait de s'être arrêtée sur ce navire. Non seulement, cette rousse lui faisait des reproches sur le prix en augmentation, mais en plus, il y avait cette monstruosité. Cette grosse chose moutonneuse, aux dents et griffes trop longues pour son goût, la regardait comme si elle était un pigeon à la broche.

Nami adressa un regard noir à la mouette qui tremblait nettement sur la table à côté d'elle. Elle tourna ensuite la tête vers King qui avait posé ses pattes sur le bord de la table, très près de l'oiseau. Chaque coup de langue sur ses babines faisait trembler un peu plus le volatile.

Un sourire apparut sur ses lèvres de la jeune femme qui revint à l'oiseau et rangea sa pièce.

- On va dire que je m'assure qu'il ne te mange pas si tu me laisses avoir gratuitement mon journal. Nous avons un accord ?

Le facteur prit dans sa sacoche un journal, le déposa sur la table et prit son envol sans demander la monnaie, pour la plus grande déception de King.

- Bon chat, approuva la rousse.

Elle se laissa aller dans sa chaise avec un sourire.

- T'as rien de mieux à faire que d'effrayer le livreur ? Pour une maigre augmentation ? demanda Usopp qui jouait l'apprenti chimiste à proximité.

- Peut-être, mais si tu additionnes ça avec l'achat quotidien du journal, ça fait quand même une coquette somme !

- Tu sais que tu n'as plus besoin d'amasser d'argent, à présent.

- Tu rigoles ! Maintenant que j'ai plus besoin de libérer mon île natale, je peux enfin dépenser de l'argent pour moi ! Je veux bien être pirate mais hors de question de vivre dans la misère !

Elle se retourna sur son siège pour donner un coup de journal sur le crâne du jeune homme qui travaillait sur l'amélioration de ses billes « tabasco ». Pour le coup, le contenu de son éprouvette termina dans son œil, le faisant hurler de douleur.

- Je pense que tu as le bon dosage, Usopp, commenta Luffy qui lisait une de ses bande-dessinées sur la tête de proue, ignorant totalement les hurlements de son ami.

King bailla longuement et alla s'allonger à côté de Zoro qui faisait sa sieste dans l'ombre des mandariniers de Nami. Un léger coup de vent se perdit dans le journal que la rousse venait d'ouvrir, faisant voler une feuille.

- Qu'est-ce que c'est ? s'enquit Sanji qui venait déposer une boisson sur la table de la demoiselle. Une publicité ?

Luffy referma sa lecture et descendit de la tête de proue pour ramasser le papier d'apparence parcheminée. Nami et Sanji se redressèrent pour voir le contenu par-dessus son épaule. Ce fut un triple cri de surprise qui réveilla en sursaut les deux dormeurs.

Entre les mains du jeune capitaine, son propre portrait lui souriait moqueusement en lui adressant un doigt d'honneur sous son chapeau de paille, mettant bien en valeur le RAS sur son poignet. Lentement, Luffy baissa les yeux et son sourire s'agrandit largement en voyant le nom dessous.

Mugiwara.

- YEEEAAAH ! J'AI GWAKE LA MARINE ! hurla l'adolescent.

Il abandonna sa prime pour foncer sur Zoro et le prendre dans une drôle de danse où le sabreur faisait plus office de poupée de chiffon pour le coup puisqu'il ne comprenait pas énormément la situation. Sainte Nami avec son poing sacré intervint donc pour ramener le calme.

- Trente millions, c'est une belle somme, admit Sanji.

- La seconde plus haute d'East Blue, pointa Zoro en récupérant la prime une fois qu'on l'eut relâché.

- C'est qui la première ? demanda Usopp qui avait fini par calmer la douleur de son œil.

Zoro pointa Luffy du pouce qui gémissait dans un coin du pont avec une bosse de la taille d'un œuf d'autruche sur le crâne. C'est vrai qu'on avait tendance à oublier que Luffy restait le fils de Dragon, donc, le garçon le plus dangereux d'East Blue. Il devait donc être le premier pirate avec deux primes pour sa tête.

- C'est pas le plus grave, informa la rousse en reprenant le journal. Je pense pas qu'on aura le temps de trouver un médecin.

Luffy se détourna du coin où il boudait pour se rapprocher. La Une du journal massacra sa bonne humeur. On venait de relancer la chasse à l'homme. On n'avait toujours aucun visage pour le nom de Monkey D. Luffy, mais on savait qu'il était bien vivant et en activité. Des vices-amiraux étaient envoyés en East Blue.

- Wouhawe, parmi les gars qui se déplacent, on a même le héros Genkotsu no Garp, remarqua Sanji en tirant sur sa cigarette, un plateau sous le bras.

Il continua de parcourir l'article que brandissait Nami en faisant la lecture dans sa barbe.

- QUOI ! Mais c'est le gars qui a envoyé Gold Roger à l'échafaud ! s'étrangla Usopp en pleine panique. IIIIIIH ! On va mourir !

Luffy était tellement choqué par ce qu'il venait d'entendre qu'il ne songea même pas à rectifier l'erreur. Il arracha le journal de la main de Nami et descendit la liste des marines cités pour la traque de sa peau. Garp faisait bien partie du nombre.

- Nami, combien de temps pour atteindre Loguetown ? demanda l'adolescent d'une voix blanche.

- On y sera demain en début d'après-midi.

- On s'attarde pas. On fait un maximum de provisions et de réserves pour le matériel et on décolle. Hors de question qu'on croise la route de ce jiji.

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Quelque part sur la Grand Line

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Assise à la tarasse d'un café, une femme lisait le journal en savourant un capuccino, un lourd sac de voyage à ses pieds sous la table. Calmement, malgré le pli soucieux sur son front large, elle lisait le journal, avant de le refermer et de prendre sa tasse encore chaude pour la siroter, regardant la prime de Luffy qu'elle déposa à côté de la première page.

- Il est temps, donc ? souffla-t-elle en remettant ses lunettes de soleil sur son nez.

Elle acheva sa boisson, ignorant les regards curieux des passants sur son sac qui venait de s'ouvrir tout seul apparemment.

- Cela fait longtemps, j'ai tellement hâte.

Elle baissa sa main sous la table pour recevoir à temps son porte-monnaie qui sauta seul dedans. Elle récupéra de quoi payer la boisson qu'elle venait d'achever, déposa l'addition dans le cendrier inutilisé de sa table avant de se lever. Elle roula le journal avant de plier précieusement la prime de Mugiwara. Son sac s'était refermé seul quand elle le récupéra. Elle le passa à son épaule et s'en alla tranquillement, se contentant d'ajuster l'étoffe bleu nuit qu'elle avait autour de son crâne pour retenir ses longs cheveux noirs.

Elle avait un rendez-vous qu'elle ne voulait en aucun cas louper.

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Plus haut sur la Grand Line

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Mihawk avait fait un long chemin pour une seule chose. Et l'île tropicale où il avait mis les pieds lui disait bien que ce stupide rouquin n'avait pas perdu qu'un bras en East Blue. Quelques-unes de ses facultés mentales avaient dû fondre au passage.

Ou alors, tout l'alcool qu'il passait son temps à consommer avait fini par lui bousiller le cerveau.

Le pirate lambda de l'équipage avait suffisamment hurlé pour avertir tous les anciens de la bande, faisant que Shanks et les autres n'étaient certainement pas surpris de le voir débarquer.

Ce n'est pas pour autant qu'ils se levèrent pour l'accueillir quand il les trouva dans leur semblant de campement.

- Voyez-vous ça… Taka no Me qui vient nous rendre visite sur notre charmante petite île, nota Shanks avec une voix froide. Tu es averti, je ne suis pas de très bonne humeur aujourd'hui. Donc… tu es venu pour te battre ?

Mauvaise humeur ? Il devait se remettre d'une sacrée gueule de bois ou il n'avait plus d'alcool à disposition… à moins qu'on l'en ait privé, tout simplement.

- Peuh ! contre un manchot ? Je n'aurais pas fait tout ce chemin pour une idée aussi stupide.

Il tira de sa poche la prime de Mugiwara soigneusement pliée en quatre et la déplia pour la brandir à l'attention des pirates. Cela attira immédiatement Shanks.

- Je reviens d'East Blue où j'ai rencontré un groupe de pirates assez amusant. Le jeune capitaine m'a rappelé cette fameuse histoire que tu m'avais raconté sur les circonstances de la perte de ton bras. Tu sais, au sujet de ce gamin que tu avais rencontré dans un trou perdu…

Mihawk s'avança juste assez pour que Shanks puisse attraper la prime tendue à bout de bras, permettant aux anciens de son équipage de s'agglutiner autour de lui pour voir l'image.

- Tu remarqueras que le nom et le montant sont différents par rapport à celle de l'héritier de Dragon, glissa Mihawk.

Un immense sourire féroce se dessina sur le visage du rouquin.

- Bien joué Luffy pour cette entrée en matière, souffla-t-il. Je t'attends, gamin.

Il se leva et annonça bruyamment que ce soir, ils feraient une fête et que le saké coulerait à flot en célébration.

- Du saké !? s'indigna Yassop. Tu vas pas boire alors que tu as râlé à cause de ta gueule de bois toute la journée !

Comme quoi, ce rouquin restait toujours aussi désespérant.

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Encore ailleurs sur la Grand Line

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Une jeune adulte était à moitié caché derrière des tours et de tours de vaisselle, utilisant quelques marines inconscients comme repose pied. Se balançant doucement sur les deux pieds arrière de sa chaise, Portgas D. Ace mâchonnait une arête de poisson en lisant le journal. Arrivée à la dernière page, l'unique enfant de Gol D. Roger soupira et referma le journal pour revenir à la première page, son chapeau orange provocateur masquant le pli soucieux sur son front. De la main qui ne tenait pas le journal, la jeune travestie se saisit de la prime de Luffy, un sourire amusé et attendri détendant son visage en regardant le brun sur l'image.

- Bien joué, Lu. Très bien joué. Et très belle pose.

Elle roula le journal pour le ranger dans son sac et plia soigneusement la prime pour la ranger avec. Elle devrait peut-être appeler le Moby pour demander à un de ses nakamas qu'on lui garde un exemplaire de la prime qu'elle puisse l'épinglée au mur au-dessus de son bureau. Quoique vu la façon dont elle avait cassé les oreilles à tout le monde au sujet de Luffy, l'un de ses merveilleux ami/e, si ce n'est son chéri, se ferait peut-être un plaisir de lui en laisser une de côté.

La première véritable prime de son tout petit-frère méritait d'être mise sous verre.

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Du côté d'East Blue.

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C'était la folie au village. Il y a longtemps que Makino n'avait pas entendu autant de rire dans son bar. Même si on avait râlé après elle et le maire pour ne pas leur avoir dit que Luffy était passé, voir sa prime dans le journal avait été une bonne raison de faire la fête. Ils l'avaient cru mort, seul, effrayé ou Dieu seul savait, quelque part en East Blue, alors que là, après tout ce temps, son visage leur apparaissait enfin, souriant, serein et brillant de santé. Leur Luffy était toujours vivant. Et peu importe ce qu'il adviendrait dans le futur, ils seraient toujours derrière lui pour le soutenir.

Dans toute cette joie, il y avait toujours un éternelle grincheux.

Woop espérait que Garp arriverait à ramener Luffy sur le droit chemin. Ce serait bête que l'adolescent se fasse tuer parce qu'il avait choisi le crime.

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Luffy avait réussi à persuader King de rester à bord. L'île était trop peuplée, la présence du félin poserait plus de soucis qu'autre chose.

Juste sur le quai, devant l'arche qui portait le nom de la ville devant eux, l'adolescent sentait son cœur battre à tout rompre dans sa gorge.

La ville du commencement et de la fin.

Là où Gol D. Roger avait vu le jour et perdu la vie.

Là où un homme sur sa fin avait lancé le début de l'Âge d'Or des Pirates.

Chacun partit de son côté, devant faire des courses particulières (Luffy eut pitié de Zoro quand Nami se proposa de lui prêter de l'argent à un taux d'intérêt de 150% et lui refila une partie de l'argent de sa prime qui finalement servait à quelque chose), se promettant de se retrouver rapidement ici.

Pour la première partie des courses, Luffy avait fait équipe avec Nami pour acheter de quoi installer un second couchage dans la cabine. Vu qu'ils allaient mettre un pied sur la Grand Line, sa sœur aînée pouvait les rejoindre à tout moment, il fallait donc prévoir de quoi accueillir une seconde femme à bord. Une fois la checklist accomplie avec tout ce qu'il faut pour son aînée, l'adolescent s'était décidé de faire une petite balade.

Il voulait voir l'échafaud.

A quelques rues de là, Zoro arpentait le pavement, son sabre à la ceinture, regardant autour de lui à la recherche d'un armurier. Des bruits de dispute proches l'interpelèrent. Deux grands zouaves, des criminels du dimanche, faisaient des menaces à une jeune femme aux cheveux bleu sombre coupés en carré. Ce qui attira l'attention du jeune homme, c'est qu'elle avait un katana dans ses bras. Voyant les deux gros malabars sur le point de s'en prendre à elle, le vert se prépara à dégainer mais elle pivota rapidement sur ses appuis et son propre katana trancha aisément l'air.

En moins d'une minute, l'affaire était déjà de l'histoire ancienne.

- Aaaahh ! aaaah ! paniqua la femme en battant l'air de ses bras.

En voulant se redresser, elle avait entamé son équilibre. Résultat prévisible, elle s'étala face contre terre, la tête à quelques centimètres de Zoro. Elle se redressa en gémissant et se mit à chercher quelque chose à l'aveuglette sur le sol, sourde aux rires et moqueries des passants. Remarquant les lunettes à l'épaisse monture bleue marine, le vert les ramassa avant de s'accroupir devant la jeune femme et de les lui donner.

- Oi ! C'est ça que tu cherches ?

Elle releva la tête, dévoilant un visage rond aux grands yeux noirs et des joues rouges d'embarras. Elle prit les lunettes avec un sourire de soulagement, ne réalisant pas du tout que le vert était figé sur place, comme frappée par la foudre.

La femme devant ses yeux était la copie conforme de sa défunte amie.

Si Kuina n'était pas morte, aujourd'hui, elle aurait très certainement ressemblé à ça.

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Les mains croisées derrière la nuque, Luffy faisait face à l'échafaud où Gol D. Roger était mort.

C'était assez incroyable qu'Ace n'y ait pas mis le feu.

Ou peut-être qu'elle avait senti, comme lui, l'émotion intense dans le pavement. La mémoire des pierres et des lieux qui se rappelaient du jour où l'Âge d'Or des pirates avait vu le jour. Ou simplement qu'elle ne l'avait pas fait par respect envers Shanks et Ray-san. Après tout, même si elle détestait son père, cet homme avait été leur capitaine. Et même si Luffy ne l'avouerait jamais à voix haute, surtout devant la tournure égoïste de la chose, il était reconnaissant qu'Ace n'ait jamais été confié à Rayleigh, parce que sans les évènements qui avaient découlé de la mort de Roger, il savait très bien qu'il n'aurait jamais connu ceux qu'il considérait comme sa famille.

Devant la plate-forme d'exécution, Luffy se sentait si petit, si minuscule.

Il n'y avait plus la foule autour de lui. Seulement lui et l'édifice de bois.

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Zoro était encore tout chamboulé de cette rencontre avec le sosie de Kuina. Bon sang ! Autant par le physique que par ses capacités à l'épée, c'était perturbant !

Il finit par trouver une armurerie et dès qu'il entra, son regard tomba sur des katanas et épées en tout genre. Parfait ! Justement ce qu'il cherchait. Il répondit en grognant à l'adresse du vendeur en allant le rejoindre au comptoir pour lui montrer les deux cent mille berrys que lui avait donné Luffy pour trouver d'autres sabres afin de compléter son armement. Immédiatement, le sourire du vendeur fondit en une moue déçue, presque dégoûtée. Le vert l'entendait presque le traiter d'amateur tellement il le pensait fort.

- Tout ce que je peux te vendre avec cette somme misérable, c'est deux vieux coupes choux avec une lame émoussée.

C'était déjà bien que Luffy lui ait refilé cet argent. Si ça avait été Nami, il aurait eu moins et avec un taux d'intérêt exorbitant. Il réfléchirait plus tard pour en avoir des mieux, mais pour l'instant, il ferait avec. C'est là que le regard narquois du vendeur se porta à la ceinture du sabreur et s'alluma en se posant sur la garde du katana blanc. Il se mit presque à trembler.

Quand il demanda à voir la lame, Zoro était déjà méfiant devant son comportement et son ton faussement calme. Avec beaucoup d'hésitation, il le retira de sa ceinture et le déposa sur le comptoir avec des yeux plissés. Cet homme ne vivrait pas longtemps s'il essayait de lui voler cette lame. L'inquiétude de Zoro monta d'un cran en voyant la tête que tira l'armurier alors qu'il venait tout juste de commencer à retirer la lame de son fourreau. Certes, l'homme se reprit très vite, mais l'ancien chasseur de pirates avait un mauvais pressentiment. Cette arme était-elle si exceptionnelle, outre la valeur que lui-même y accordait ?

- Cette arme ne vaut pas un clou, conclut l'armurier d'un ton détaché en la remettant dans son fourreau.

Zoro l'attrapa par le col et le secoua.

- Répète un peu pour voir !

- Par-pardon !

C'est là que l'homme lui proposa carrément de lui racheter l'arme.

- Je t'en offre deux cent mille berrys ! Comme ça, tu pourras t'acheter trois épées de cent mille berrys pièces qui auront toujours une meilleure qualité que cette lame, lui proposa le vendeur.

- Et puis quoi encore ?!

- Bon, tu m'es sympathique, je veux bien monter jusqu'à trois cents !

- Non.

Le vendeur était vraiment désespéré, ça se voyait. Surtout quand il proposa six cent cinquante pour la lame. Pour qu'il monte autant le prix, c'est que le vieux katana de Kuina devait avoir une sacrée valeur. Mais il s'en foutait. Il tenait bien trop à cette épée pour la revendre. Il allait lui demander de la lui rendre quand il fut légèrement bousculé au comptoir, pour voir la fille de tout à l'heure lui prendre sa place.

- Whaaa ! Regardez-moi ça ! C'est bien le sabre auquel je pense !? s'émerveilla-t-elle.

Et apparemment, le vendeur appréciait tout aussi peu que Zoro la présence de la jeune escrimeuse. Sans demander à quiconque, elle prit la lame en main, la ressortit de son fourreau et examina le tranchant de l'arme en remontant ses lunettes sur son front.

- Mais oui ! C'est le Wadô Ichimonji ! Quelle belle lame bien droite !

- Oh oui… rien d'extraordinaire, tout de même… marmonna nerveusement le vendeur.

La bleue en sembla vexée. Elle sortit de sa poche un calepin qu'elle parcourut pour expliquer en quoi le katana était tout sauf ordinaire.

- Cette lame compte parmi les vingt et un plus grand katana du monde ! Tenez, d'après mes notes, on estime son prix à dix millions de berrys ! dit-elle.

D'où le pourquoi le vendeur avait absolument tenu à lui racheter cette lame. Avec une belle marge dans la poche tout de même.

- Saleté ! s'indigna le vendeur. Ça t'amuse de saboter mes affaires !

La femme ne comprenait pas ce qu'elle avait fait de mal, après tout, elle n'avait fait que les informer de la vraie valeur de cette lame d'exception. Elle rattrapa de justesse un autre katana dans son fourreau baptisé que l'homme lui lança.

- J'ai fini d'affuter ton Shigure ! Alors, débarrasse le plancher !

Seulement, la maladresse de la jeune femme fit qu'elle tomba à la renverse dans un présentoir.

- Mais regarde où tu marches bon sang ! s'énerva le vendeur. Range-moi ça et sort de ma boutique ! Et toi !

Il tourna un regard noir à l'adresse de Zoro qui remettait à sa ceinture son arme.

- Tu as de la chance que cette nana soit bavarde ! C'est une lame d'immense valeur et un amateur tel que toi n'est pas digne de la porter ! C'est une injure à cette arme d'exception !

Il pointa du doigt des tonneaux dans un coin.

- Ce sont les armes à cinquante et cent milles berrys ! Prends-en deux et revient me voir !

Zoro n'avait aucune idée de pourquoi cet homme s'énervait. Vraiment.

En ruminant silencieusement, il se dirigea vers les tonneaux en question en jetant un regard boudeur à la femme qui le reconnut pour l'avoir aidé tout à l'heure.

- Vous aussi vous aimez les sabres ? sourit-elle.

- Hm, répondit Zoro sans rien dire en regardant la lame de chaque sabre sur lesquels il mettait la main.

- Trois sabres à la ceinture, ça me rappelle ce chasseur de primes assez célèbre.

- Voyez-vous ça.

- Il s'appelle Roronoa, ça ne vous dit rien ?

- J'ai entendu ce nom récemment.

- C'est un fameux escrimeur, réputé dans tout East Blue, continua-t-elle. Mais ce n'est qu'un brigand ! Il se sert de ses armes pour gagner de l'argent de vile façon, je ne peux tolérer ça !

Avec un regard triste, elle observa son propre katana dans ses bras.

- Quelle triste époque… pourquoi le mal doit-il être aussi fort ? Tous les plus grands escrimeurs sont des personnages qui ont mal tourné. Quand ce ne sont pas des pirates, ce sont des chasseurs de primes. Et ils se servent des meilleures lames de notre monde pour accomplir leurs méfaits. Ce n'est pas le sort que méritent de telles armes.

- Ils ont peut-être leur raison, lui dit Zoro. Quand les temps changent, les hommes aussi.

- Personnellement, je les accueille à bras ouverts ces forbans ! rumina le vendeur qui écoutait la conversation depuis son poste au comptoir. Autrefois, ma boutique brouillait de pirates qui voulaient se rendre sur la route de tous les périls ! Mais depuis que l'autre monstre est arrivé en ville, j'ai plus le moindre client ! C'est la galère monstrueuse pour les affaires !

- Le colonel n'est pas un monstre ! défendit la femme.

- Il a mangé un akuma no mi, donc, oui, ça en est un ! Et de toute façon, qu'est-ce que ça peut faire ! Il est ici en punition ! Je suis certain que s'il avait débarqué plus tôt, j'aurais pas eu mon dernier gros client ! ça m'aurait fait un gros coup de pub en disant que le dernier équipage que j'ai servi utilise désormais mes armes dans l'équipage des Shirohige ! Mais j'ai même pas pu en profiter à cause de ce foutu colonel !

Zoro engrangea les informations dans son cerveau en silence.

- Je vais continuer de m'entraîner avec mon sabre ! Et un jour viendra où je sauverai toutes les lames de renoms qui sont tombées dans les mains des criminels ! leur dit la femme avec détermination.

Drôle d'ambition, mais si ça lui faisait plaisir. Mais ça incluait aussi le sabre de Zoro et il le lui fit remarquer.

- Non ! du tout ! N'allez pas croire que je cherche à collectionner tous les katanas ! le rassura-t-elle. C'est juste que je ne supporte pas de les voir entre de mauvaises mains !

Un miaulement attira leur attention et tout le monde baissa les yeux pour voir la grosse peluche vivante qui s'était campée devant un tonneau en particulier qu'il fixait avec méfiance.

- D'où ça sort ça ?! s'exclama le vendeur.

- C'est une panthère des neiges ! L'espèce est en voie d'extinction ! reconnut la femme. Ils sont connus pour leur caractère amical et leur manque de méfiance envers l'homme, ce qui a facilité grandement leur chasse.

Zoro soupira et posa un genou à terre pour caresser la fourrure de l'once.

- Qu'est-ce qu'on va faire de toi, King, hein ? On t'a pas dit de rester sur le navire ?

L'animal se contenta d'agiter sa queue en donnant un coup de museau sur le tonneau.

- Il est à vous ? demanda la femme en s'accroupissant aussi avec une certaine fascination.

- Pas vraiment. Un de mes camarades l'a adopté il y a plus de deux ans.

King donna un coup de patte au bord du tonneau en miaulant.

- Quelque chose dedans t'intéresse, bonhomme ? demanda Zoro en gratouillant le crâne du félin.

Tashigi se redressa et observa les armes dans le tonneau que l'animal désignait avant de pousser une exclamation. Elle sortit son calepin qu'elle feuilleta avec fébrilité et récupéra un katana dans le tas.

- C'est le Sandai Kitetsu ! Une lame de cette envergure à cinquante mille berrys, c'est incroyable !

Zoro remarqua que King montrait les dents à la lame et avec curiosité, il la cueillit des mains de l'experte. Dans sa main, il avait l'impression que le fourreau palpitait comme un cœur.

- Le premier de cette série fait partie des armes de premier rang ! disait-elle avec fébrilité.

- Ce sabre n'est pas à vendre, c'est une erreur, leur dit le propriétaire d'une voix dure.

- Vraiment ? s'exclama la femme avec une étrange déception. C'est triste, ça aurait fait une bonne affaire.

Sans un mot, le vert fit glisser la lame hors de son fourreau et sentit une soif de sang et de mort émaner de la lame. C'était une arme pour tuer, pour faire pleuvoir le sang sur son passage. Et elle avait soif. Très soif.

- Ce katana est maudit, comprit Zoro en le brandissant devant lui pour apprécier la taille et son tranchant.

- Vous le saviez ? s'étonna le vendeur.

- Non, je l'ai senti. C'est certainement ça qui rend King aussi nerveux.

- Tu as bien deviné en tout cas. Certes, les Kitetsu sont des lames d'exception, mais ils sont tous maudits. Tous les grands escrimeurs qui ont mis ce sabre à leur ceinture ont connu une fin atroce. Seul les fous osent continuer à utiliser les Kitetsu aujourd'hui. Ce sabre conduit inéluctablement son manieur à sa mort. Une sorcière est passée en ville y'a quelques années et m'a recommandé de m'en débarrasser rapidement si je ne voulais pas que la malchance s'ancre définitivement chez moi.

Mais Zoro se foutait de tout ça, tout comme des excuses de la femme pour avoir approuvé la lame. Ce katana lui plaisait énormément. Il leva la lame un peu au-dessus de sa tête pour apprécier la façon dont la lumière se reflétait dessus avec une teinte d'un bleu éthéré et glacé.

- Tu en penses quoi, toi, hein, King ? Moi, elle me plaît bien, sourit le vert.

King n'avait pas l'air emballé par l'idée. Non, vraiment.

- Je crois que je vais la prendre !

- Pauvre fou ! Pas question que je te le vende ! Tout le monde m'accusera de t'envoyer à l'abattoir !

- Alors, faisons un test ! sourit férocement Zoro. Ma bonne étoile contre la malédiction de ce sabre ! Tant pis si ma chance m'abandonne, c'est que le destin en aura voulu ainsi !

Et il jeta le sabre en l'air avant de tendre son bras sur le côté, poing fermé, avec calme. Il savait qu'il ne pouvait pas échouer ce test, il était destiné à devenir le plus grand des sabreurs, il ne perdrait pas ici.

Les paupières closes, il écouta la lame fendre l'air dans sa chute, tournoyant rapidement vers le bras tendu. Le vendeur essayait de le raisonner, lui disant qu'il allait y laisser son bras, alors que la femme hurlait sa terreur. Mais Zoro resta immobile et serein.

Comme au ralenti, tout le monde regarda le sabre retomber sur le membre, le dos de la lame glissant de façon inoffensive sur le bras tendu, avant de terminer sa rotation et de s'enfoncer dans le sol comme dans du beurre.

Doucement, King se rapprocha de la lame et la renifla avec méfiance, avant que Zoro ne la retire du sol.

- Je la prends, annonça le vert. Oi, onna, trouve-moi un autre sabre.

La femme était tombée à genoux devant la scène qui venait de se dérouler sous ses yeux. Le vendeur était lui aussi sur le cul. Il se releva brutalement et lui demanda d'attendre avant de disparaître dans l'arrière-boutique. Il revint rapidement avec un sabre à la garde et au fourreau d'un noir laqué qu'il posa sur son comptoir.

- C'est un sabre long à lame courbée. Yubashiri est son nom. C'est un sabre remarquable et tranchant comme pas deux ! lui présenta fièrement le vendeur. Ma boutique n'est pas grande, mais je peux t'assurer que c'est le meilleur sabre que j'ai.

- C'est bien beau, mais j'ai juste deux cent mille berrys en poche, lui rappela Zoro alors que King allait rejoindre le comptoir pour renifler l'arme.

- Te tracasse pas pour ça. Je t'en fais cadeau avec le Kitetsu. Et je m'excuse aussi d'avoir voulu t'arnaquer tout à l'heure, il y a fort longtemps que je n'avais pas rencontré quelqu'un de ta trempe. Quand je te vois, je comprends pourquoi on dit que les sabres choisissent leurs manieurs. Alors, prends ces armes et je te souhaite toute la chance du monde pour ton futur.

King attrapa délicatement l'arme entre ses crocs, descendit du comptoir et alla se dresser sur ses pattes arrière pour poser celles de devant sur le ventre de Zoro, comme pour lui donner l'arme.

- Je te fais confiance, la peluche, lui dit le vert en récupérant le katana.

Il le mit à sa taille et salua le reste de la boutique pour suivre l'once à l'extérieur. Au moins, ça avait été une après-midi fructueuse. Et il n'y avait pas à dire, on était bien mieux avec trois katanas au lieu d'un. La demoiselle le regarda partir avec un sourire incrédule devant ce qu'elle venait de voir.

- Les bras m'en tombent.

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Il n'y avait pas à dire, la vue était tout bonnement fabuleuse. Luffy avait une main en visière alors qu'il observait la grande place depuis le sommet de l'échafaud, ignorant la foule de badauds qui était en train de se rassembler en bas. Il ignora l'agent qui lui disait de descendre du sommet, préférant continuer à observer les lieux. C'était fabuleux. Vraiment.

- Salut Mugiwara ! J'en ai mis du temps pour te retrouver !

Luffy baissa la tête vers le sol pour voir une étrange femme d'âge mûr se tenir sur le corps de l'agent qui lui avait dit de descendre. Vu que tout le monde prenait la fuite, le pauvre homme avait dû subir une attaque aussi inattendue que violente.

Mais tout ça ne disait pas qui était la gonzesse en bas.

Parce que d'accord, ça y est, il avait une prime, mais d'une, il n'était pas encore assez célèbre pour qu'on le reconnaisse ainsi et deux, sa façon de parler disait qu'elle le connaissait déjà.

Sa perplexité devait se deviner dans son silence, vu qu'elle enchaîna :

- Allons, ne me dit pas que tu as oublié mon si beau visage !

Il haussa un sourcil alors que tous les hommes autour semblaient sous le charme de la brune. Non, non, elle ne lui disait rien du tout.

- Tu me veux quoi ? demanda Luffy du haut de son perchoir.

Il ne descendit pas pour autant. Non, il se contenta de se pencher à moitié dans le vide avec les mains accrochés à sa nuque.

- Quelle tristesse… j'ai disparu de ta mémoire alors que toi, tu es resté graver dans la mienne. Après tout, tu es le premier homme à avoir osé lever la main sur mon joli minois !

Il voyait encore moins !

- Le coup que tu m'as donné ce jour-là… continua la brune en portant une main à son visage de dessous son chapeau.

Et elle adressa un sourire qu'elle voulait certainement ravageur à Luffy.

- … m'a toute retourné !

Les hommes de la foule étaient tous hors-jeu avec ce sourire charmeur. Elle venait de se faire élire la femme la plus belle de tous les océans !

- Tous les mâles du monde sont à mes pieds ! sourit l'étrange inconnue. Mais moi, je préfère les hommes qui me résistent. Je ferai de toi mon jouet, Mugiwara.

Luffy croisa les bras devant son visage en secouant la tête.

- Va t'faire soigner ! Et tu me donnes ton nom quand tu veux, vieille vache !

- COMMENT OSES-TU ! s'indigna-t-elle.

La discussion fut coupée court par la sécurité de la ville qui se décida d'intervenir pour arrêter la femme parce qu'elle avait agressé un agent dans l'exercice de ses fonctions. On demanda d'ailleurs au passage à Luffy de descendre vraiment de l'échafaud.

Sauf que ces pauvres messieurs, eh bien, ils n'allèrent pas bien loin, parce que ces pauvres agents de la fonction publique se mangèrent un morceau de fontaine en plein dans les dents, ce qui fit un sacré ménage. Et alors que la ravissante brune élancée allait se faire embrocher par le marbre, celui-ci rebondit carrément sur elle sans lui faire le moindre mal pour percuter un bâtiment un peu plus loin.

Pas mal, il voulait bien le lui accorder.

La femme se tourna vers l'origine de ce semblant d'attaque avec un sourire narquois.

- Tu pourrais faire un peu plus attention, non ?

- Désolé, j'y suis allé un peu trop fort, ma très chère Lady Alvidia ! répondit une voix familière.

Quelques hommes dans des capes s'avancèrent, cachés par leurs capuchons. Luffy fronça les sourcils. Pourquoi cette voix lui donnait un tel sentiment de rage ?

- Je veux bien avoir perdu mes taches de rousseur, mais je peux pas avoir tant changer pour que tu ne sois plus capable de me reconnaître ! C'est moi, Alvidia, pauvre attardé mental ! rouspéta la femme.

Luffy cligna des yeux. Ça faisait quoi… deux semaines ? Même avec le régime le plus drastique de la création, il était impossible que la femme aux belles formes à ses pieds soit le mastodonte qu'il avait envoyé valser !

- Je veux pas dire, mais c'est de l'usurpation d'identité, pointa Luffy. Alvida était plus…

Il gonfla les joues et écarta les bras pour imager comment était la femme qu'il connaissait. Quand elle retira sa cape claire avec des petits cœurs, elle montra une silhouette vraiment différente par rapport à la pirate qu'il connaissait. Tout s'expliqua par sa consommation d'un akuma no mi.

Les océans étaient tellement mystérieux… réussir faire un changement aussi flagrant, tout de même, ce n'était pas rien !

- Peu importe ! Pour être à mon service, il va falloir que tu te battes contre une de tes vieilles connaissances ! lui dit la femme en montrant du bras l'un des hommes encapuchonnés.

- C'est pas du détournement de mineur, ça ?

- Comme on se retrouva, sale môme ! cria la voix d'homme de tout à l'heure.

Les capes volèrent, dévoilant Buggy avec ses hommes. L'adolescent plissa les yeux et serra les poings. C'était mauvais. Très mauvais. Il perdait un temps précieux. D'un moment à l'autre, on ferait des remarques sur sa ressemblance à Dragon. A côté, il sentait son sang commençait à bouillir dans ses veines. Il ne voulait pas péter une durite devant autant de monde, il ne voulait pas qu'on associe cette image de violence et de soif de sang à la personnalité de Mugiwara.

Non, ça ne lui plaisait pas.

Tout autour, les passant effrayés ne pouvaient même pas fuir puisqu'ils étaient mis en joue par les pirates de Buggy.

Et avant que Luffy ne puisse décider de faire quoi que ce soit, il se retrouva coincé sous une plaque qui l'emprisonna contre le bois de l'échafaud et l'acrobate que Zoro avait affronté vint s'asseoir dessus, le bloquant un peu plus.

Il avait un foutu mauvais pressentiment.

- Prépare-toi, Mugiwara ! Ton exécution publique va commencer ! annonça Buggy. J'espère que tu apprécies l'idée de mourir là où est mort Roger !

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Sanji était heureux d'avoir croisé Usopp au marché, parce que ce thon éléphant était assez encombrant par sa taille, alors, avoir une seconde paire de bras pour le ramener au navire, c'était parfait ! Pendant que le tireur râlait de devoir porter la partie la plus lourde, le cuisinier lui racontait les trucs étranges qu'il avait croisés en ville, notamment un lion géant monté par un drôle de gars. Cependant, il fallait être aveugle pour ne pas voir que les rues commençaient à se vider. Ils retrouvèrent Nami avec un énorme sac imperméable sur le dos, un œil sur un baromètre de poche, puis Zoro qui se baladait avec King.

- Il devait pas rester à bord ? s'étonna Usopp en montrant du menton la peluche vivante.

- Il est venu me rejoindre et m'a aidé à choisir mes armes, expliqua le sabreur en haussant les épaules.

- Il manque quelqu'un, il est passé où ? Il était pas avec toi, Nami-swan ? s'enquit Sanji de là où il portait la queue du gigantesque poisson.

- On a fait les courses pour que sa sœur puisse s'installer, après, il est parti de son côté voire l'échafaud, répondit la rousse. Il faut qu'on se dépêche de partir, une tempête arrive.

- L'échafaud est sur la grande place, on devrait pas le louper. Allons le chercher.

Zoro ordonna King de retourner au navire. Le félin n'avait pas très envie d'obéir, mais il finit par courber l'échine. Le reste du groupe se dirigea donc vers les lieux de l'exécution.

Et ils apprécièrent très peu la sympathique surprise de voir Luffy prisonnier de l'échafaud, la tête à moitié écrasée contre la plateforme par un pied.

Comment est-ce que cet idiot était parvenu à se mettre dans un pétrin pareil ?

- ACCUSE MUGIWARA ! POUR LE CRIME IMPARDONNABLE DE M'AVOIR RIDICULISE, TU ES CONDAMNE A AVOIR UNE MORT FLASHY !

- Yeeah… grommela Luffy sans le moindre enthousiasme. Bon, t'as fini de faire joujou ?

- On fait pas joujou sale môme ! lui cria Buggy. Tu vas mourir ici et maintenant ! VOUS TOUS EN BAS !

Buggy se retourna de nouveau vers les pauvres citadins de Loguetown, les bras grands ouverts comme pour présenter un spectacle.

- OUVREZ GRAND VOS YEUX ! BUGGY-SAMA VA EXECUTER LA SENTENCE !

Et au-dessus de leur tête, de gros rouleaux nuageux commençaient à se former.

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Depuis une fenêtre donnant sur la grande place, un colonel de la Marine était en train d'observer la scène tout en fumant deux cigares à la fois. Avec sa main gantée, il frotta son crâne aux cheveux courts et gris. Ça ressemblait à un règlement de compte entre pirate.

- On fonce dans le tas, colonel Smoker ? demanda l'un de ses sous-fifres.

- Surtout pas, pas de précipitation, refusa Smoker en croisant les bras sur sa poitrine laissée découverte par son gros blouson grisé et moutonneux.

- Mais si nous n'agissons pas, nous…commença un autre marine.

Il choisit intelligemment de la boucler quand il reçut un regard menaçant de son supérieur.

- Je crois avoir fait mes preuves depuis qu'on m'a mis ici. Je suis pas mon prédécesseur, je n'ai encore jamais laissé de pirates quitter la ville. Et ça ne commencera pas aujourd'hui !

Et il rapporta son attention sur la grande place. Le gamin sur l'échafaud n'était qu'un adolescent. Misère, on les faisait de plus en plus jeunes les pirates de nos jours. Quelle triste époque. Mais il avait choisi sa voie, il devait en payer le prix.

- Dès que la tête du gosse avec le chapeau de paille tombe, tout le monde fonce sur Buggy et Alvidia, et on neutralise leur bande.

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L'orage grondait au-dessus de leur tête, lourd, menaçant, comme si les hommes avaient offensé le ciel d'une façon ou d'une autre.

- Tu as une dernière parole ? Profites-en, on a plein de monde pour t'écouter ! ricana Buggy.

Dernières paroles ? Soit.

Coupant la parole au clown qui avait l'intention d'en placer une, Luffy prit le ciel et les hommes à témoins de ce qu'il était et de ce qu'il serait.

- JE SERAI LE ROI DES PIRATES !

Et il n'y avait pas à en douter.

Le hurlement était si puissant que Buggy manqua de tomber.

Ce fut d'abord la surprise, puis les rires. A la lisière de la mort, on pensait qu'il devait raconter des conneries à cause de la peur.

Mais quelle peur ? Il n'avait pas peur. Il acceptait les faits. La planche de bois contre sa nuque et ses poignets ne lui permettait pas de s'étirer suffisamment pour s'échapper. Il était à la merci de Buggy et il l'acceptait. A quoi bon avoir peur quand le résultat était inévitable ?

Et même s'il avait eu une vie courte et peu d'aventures, il était heureux de ses rencontres.

Il entendit vaguement Sanji et Zoro essayer de se frayer un chemin dans la foule pour empêcher son exécution, mais il savait pertinemment qu'il était trop tard, Buggy avait déjà son sabre au-dessus de sa tête.

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- Colonel ! Roronoa Zoro est là ! informa un des soldats.

- Comment ?! Dans cette ville ! s'étrangla Tashigi qui se tenait à proximité de son supérieur.

- La capture du bâtard de Dragon ne lui a pas suffi, faut croire, grogna Smoker. Ces charognards de chasseurs de crimes sont toujours appâtés par les gains !

- C'est que… nous… nous avons reçu une information… une information selon laquelle…

- Bon tu accouches ou pas ! gronda Smoker à l'adresse du pauvre soldat.

- Eh bien, il ferait partie de la bande de Mugiwara !

- NANI !

Tashigi s'empara des jumelles et les pointa vers la grande place.

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Sanji et Zoro n'avaient qu'une idée en tête : détruire l'échafaud.

Au diable le monument historique, la vie de leur capitaine était en jeu !

Le duo évacuait les vagues d'ennemis de leur chemin dans l'espoir d'arriver à temps, grinçant des dents pendant que Buggy disait qu'il allait faire sauter la tête de Luffy.

Ils ne faisaient que lutter contre l'inévitable. Mais Luffy en était heureux. Des gens s'étaient assez attachés à lui pour lutter autant contre le destin afin de lui sauver la peau. Dommage que tout s'arrête ici. Mais il avait été heureux.

- Zoro ! Sanji ! Nami ! Usopp !

« Sabo, Ace et toi aussi Robin… »

Luffy adressa un sourire resplendissant, remerciant ses amis des deux merveilleuses semaines qu'il avait vécues en leur compagnie.

- Wari ! J'suis mort ! Game over pour moi !

Et il adressa à la foule un sourire encore plus grand, encore plus éblouissant, plein de bonheur et de joie, allant jusqu'à rire doucement.

Et juste à l'instant où la lame de Buggy toucha sa nuque, la foudre tomba du ciel.

Un éclair aveuglant qui ne tarda pas à embraser l'échafaud.

Rapidement, le vieux bois s'alluma comme un feu de joie, devenant une tour de flammes qui s'effondra dans un fracas assourdissant sur le sol.

Puis, les vannes du ciel s'ouvrirent, déversant le déluge sur les décombres fumant de la plateforme d'exécution.

Personne n'osa briser le chant des éléments.

Tous étaient stupéfiés par ce qu'il venait de sa passer, alors que, voletant doucement dans le vent, un vieux chapeau de paille dansait une ronde molle pour retomber enfin sur le pavement.

Une main s'en saisit et bientôt, le couvre-chef retrouva sa place sur le crâne ébouriffé de Luffy.

- Aahhaha ! C'est ce que j'appelle une exécution ! rit Luffy. Quel cul ! Yeaaah ! J'suis toujours vivant !

Et il recommença à rire devant le regard abasourdi de Zoro et Sanji.

- Oi, tu crois en Dieu ? demanda le blond à son camarade.

- Dis pas de connerie, on a autre chose à foutre pour l'instant, comme fuir, par exemple ! rouspéta Zoro. Et toi, franchement, t'en loupes pas une ! Comment tu t'y es pris ?

- Pas la moindre idée, avoua franchement Luffy.

Un ordre d'encerclement réveilla tout le monde et le trio prit ses jambes à son cou pour rejoindre le port et leur navire.

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Smoker regarda la fuite du trio en fumant, ses sourcils méchamment froncés.

Dans sa tête, il conservait l'image de ce jeune homme au chapeau de paille, avec son rire et son immense sourire.

Il avait été sur le point d'y passer, pourquoi diable s'était-il mis à rire ?!

Il était tout bonnement impossible qu'il ait su qu'il allait être sauvé.

Il avait… il avait simplement compris que sa vie s'arrêtait là. Il l'avait accepté… et il avait ri.

Et il y a vingt-deux ans, exactement au même endroit, un autre pirate avait ri et souri devant son exécution : Gol D. Roger.

Le rapport de ses hommes le fit grincer des dents. Avec cette pluie torrentielle, la poudre était mouillée, forçant les soldats à retourner à la caserne pour changer d'équipement. Si on rajoutait en plus de ça un vent en poupe, tous les éléments étaient réunis pour pouvoir prendre le large.

Les éléments eux-mêmes s'étaient rangés du côté de ce Mugiwara.

Mais il ne le laisserait pas s'en sortir ainsi.

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Les marines étaient collants et la pluie le rendait irritable.

S'ils n'étaient pas aussi pressés, Luffy se serait bien arrêté pour leur mettre une rouste.

C'est là qu'ils trouvèrent sur leur chemin d'une femme avec un blouson de jean bleu sombre sur une chemise à fleur. Le katana à sa main disait qu'elle n'était pas là pour rigoler.

- Sergent-chef Tashigi ! hurlèrent les marines.

Et c'était une femme en colère qui en voulait à Zoro de s'être moqué d'elle plus tôt dans la journée en ne lui disant pas qu'il était le Roronoa Zoro.

- Ta petite-copine ?! demanda Luffy alors qu'ils fonçaient droit sur elle. Tu m'avais pas dit que t'avais une nana chez les marines !

- Arrête avec tes conneries ! rouspéta Zoro.

- Qu'as-tu fait à cette ravissante demoiselle, sale mufle ! aboya Sanji.

Tashigi se mit en garde, prête à dégainer.

- Je vais te reprendre le Wadô Ichimonji !

Zoro referma sa main sur le sabre en question avec un sourire féroce.

- Tu peux toujours courir ! rétorqua-t-il à la marine.

Et en un instant, profitant des pavements humides, Zoro bondit en avant dans une belle glissade qui le fit arriver au corps à corps avec Tashigi, lui bloquant toute possibilité de se mettre sur la route des deux autres.

- Filez devant, je vous rattrape ! leur dit le vert.

- Te perds pas ! lui recommanda Luffy.

- TA GUEULE ! rugit Zoro en virant au rouge.

Tirant un Sanji hystérique derrière lui, Luffy accéléra le pas.

Ils laissèrent bientôt les deux sabreurs dans leur passe d'arme qui devait virer à la dispute si on en croyait les cris qui finissaient par leur venir. Sauf que voilà, quelqu'un d'autre les attendaient.

Un homme trempé de pluie et pourtant impressionnant avec sa carrure toute de muscles.

A quelques mètres du nouveau venu, Luffy s'arrêta.

- Oi, qu'est-ce que tu fabriques ? lui demanda Sanji en s'arrêtant lui aussi.

- Je t'attendais, Mugiwara. Je suis au regret de te dire que ta route s'arrête ici, annonça l'homme.

- Je peux savoir qui veut m'arrêter ? s'enquit calmement le chapeau de paille en sortant son arme de sa ceinture.

Il l'assembla rapidement et se mit en garde.

- Colonel Smoker. On me surnomme le Chasseur Blanc. Pose ton arme, elle ne servira à rien contre moi.

- Sanji… fais l'tour. Reste pas là.

En fronçant les sourcils, Sanji recula doucement de ce qui allait devenir une zone de combat, regardant son capitaine retirer ses claquettes pour les mettre dans sa ceinture.

- Il n'a pas de prime, il ne m'intéresse pas, annonça Smoker en tirant sur ses cigares.

- Cool, j'ai toujours rêvé de rencontrer un marine intègre ! s'exclama joyeusement Luffy.

Les deux poings de Smoker foncèrent vers lui sous la forme de deux longues colonnes de fumée. Luffy passa sous elles et se précipita vers Smoker pour lui asséner son bô dans le ventre, lui coupant le souffle et l'usage de ses pouvoirs. D'une main gantée, il repoussa l'arme de la peau de son ventre et se saisit de la jitte dans son dos.

- Comment un gamin comme toi a fait pour mettre la main sur une arme en kairoseki ? grogna Smoker.

- Comme je l'ai déjà dit au gros pif, j'ai des contacts.

Luffy sauta en arrière juste assez loin pour éviter un coup de jitte… qui ne vint jamais.

Quelqu'un venait d'atterrir sur Smoker, le plaquant au sol, une main tenant fermement en place celle de Smoker pour l'empêcher de dégainer.

L'adolescent pencha la tête sur le côté.

- Dare da anta ? demanda-t-il à l'inconnu sous sa cape sombre, clairement perplexe.

Par précaution, il se remit en garde.

Le Chasseur Blanc tourna assez la tête pour voir qui se mettait en travers de son chemin et il eut une vue directe sous la capuche.

- Toi ?! Tu oses te présenter devant moi alors que le Gouvernement Mondial veut ta peau et celle de ton bâtard ?!

Luffy fronça les sourcils.

Bâtard ? Cet homme était recherché et son enfant aussi ? Est-ce que…

- Le monde attend notre réponse, dit l'inconnu à Luffy.

Une bourrasque s'engouffra brutalement dans l'artère, prenant Luffy en plein ventre avec Sanji et Zoro qui commençait à peine à les rejoindre. Le trio s'envola loin vers le port. Ce fut un miracle qu'ils parviennent à retrouver le navire avant qu'il ne soit inaccessible.