Merci encore à TheScepticPuppet pour ce si sublime dessin de King tellement choupi que je fonds à chaque fois que je le vois.
Bonne lecture à vous et restez chez vous.
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Nami était certaine qu'ils n'arriveraient jamais vivant à Whiskey Peak. Cela avait commencé lentement, avec une chaleur écrasante qui les avait étouffés sous son poids, avant de se retrouver brutalement sous une cinquantaine de centimètres de neige ; Sanji avait déblayé pendant que Luffy et Usopp avaient fait des bonhommes de neige puis une bataille (elle n'admettrait jamais à voix haute que le sniper avait un talent artistique indéniable, parce que sa statue avait été de toute beauté) qui avait viré à un entraînement dont elle ne saisissait pas le sens, outre que le D. jetait des boules de neige à Usopp qui devait les éviter les yeux fermés… et qui pour le coup, se manger gratuitement de la poudreuse. Le seul qui était content de ce temps, c'était King qui s'en donnait à cœur joie à sauter dans la poudreuse et à se rouler dedans, pendant que Zoro était indifférent aux changements de climat et continuait à roupiller. Puis, il y avait eu l'orage, et enfin, l'horrible réalisation qu'elle n'était pas prête pour la Grand Line.
C'était une remarque à la fois acerbe et inquiète de Miss Wednesday qui lui avait fait comprendre l'horreur. Elle devait avoir l'œil en permanence sur le log pose, parce qu'en l'espace de cinq minutes, ils avaient réussi à perdre le cap sans qu'elle ne le réalise, alors qu'ils étaient sur une mer calme. Elle avait donc jailli sur le pont pour hurler aux garçons de se mettre à la manœuvre, puisqu'ils devaient faire un 180° afin de retrouver leur route.
- Les vagues se moquent de vous, commenta dédaigneusement Mister 9.
- Vous êtes sûre d'être navigatrice ? s'enquit moqueusement la bleue.
Le sang de Nami se rapprocha dangereusement de son point d'ébullition.
- Que cette erreur vous serve de leçon. Sur cette mer, on ne peut se fier ni aux nuages, ni au vent, ni au ciel, pas plus qu'aux vagues. La seule chose de fiable est votre log pose, c'est compris ?
Il est donc normal que Nami décide que, puisqu'ils étaient forts pour faire la morale, ils pouvaient se permettre de les aider. Ils furent donc envoyés dehors avec son pied au cul en prime, avant qu'elle ne se plante devant la porte de la cuisine pour regarder les garçons en bas dans la neige qui attendaient ses instructions.
- Il faut prendre le vent par tribord ! Usopp, à l'artimon ! Sanji, à la barre ! Luffy, dans les espars ! Dépêchez-vous ! King, dedans !
Tout le monde fila à son poste, Luffy courant à la verticale le long du mât pour rejoindre l'espar alors que le félin se mettait à l'abri dans la cuisine. Sauf que même pas deux minutes plus tard, le vent hivernal changea de température et de direction, venant en sens contraire avec des notes printanières.
Puis, les vagues décidèrent de grossir et un brouillard commença à se former devant eux, cachant presque un iceberg. Luffy s'accrocha d'un bras au mât et se laissa tomber vers l'iceberg pour repousser le Merry et s'assurer qu'ils ne prendraient pas de dégât, mais il n'y parvint pas totalement car l'eau commença à s'infiltrer dans la cale où Usopp se mit au travail pour la réparation.
Le vent forcit subitement, et ils durent carguer les voiles en quatrième vitesse pour qu'ils ne chavirent pas ou qu'elles ne se déchirent pas.
Et dans tout ce désordre, ils étaient encore une fois obligés de changer de direction car l'aiguille avait changé de cap.
Ils n'étaient pas sur la Grand Line depuis longtemps que déjà, ils comprenaient pourquoi on appelait cet endroit le Cimetière des pirates ou la Route de Tous les Périls. Même Luffy avala quelque chose quand Sanji débarqua de la cuisine avec des onigiri pour leurs permettre de reprendre des forces, C'est dire l'énergie dépensée.
Et dans tout ce bordel, on avait un dormeur que rien ne dérangeait.
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Zoro se réveilla en baillant, satisfait de sa sieste et ouvrit les yeux sur le ciel bleu de l'océan tranquille avec ses quelques mouettes qui faisaient la papote à Dawn sur le mât. Le vert se leva de son coin et regarda autour de lui pour voir quasiment tout le monde étalé sur le pont par la fatigue.
- C'est vrai que c'est un beau temps pour faire la sieste, mais qu'est-ce qu'il leur prend de laisser le navire sans surveillance ? grommela le sabreur en faisant quelques pas sur le pont entre les corps inconscients. J'espère qu'on suit le bon cap.
Il s'arrêta devant l'étrange duo qu'ils raccompagnaient chez eux et qui le fixaient avec des yeux de poissons morts.
- Vous êtes bien installés, on vous dérange pas trop ? demanda Zoro.
- T'ES MAL PLACÉ POUR NOUS FAIRE DES REPROCHES ! rugit Mister 9.
Le rire de Luffy fit lever la tête au vert pour voir son capitaine assis en tailleur sur une rambarde et qui utilisait une planche comme support pour écrire.
- T'es certain de ce que tu fais en les ramenant ?
- Oui, t'occupe, rassura Luffy sans lever le nez de ce qu'il écrivait.
Zoro retourna à leurs passagers qui s'étaient assis sur leurs genoux.
- Faut dire qu'ils ont pas l'air d'être des enfants de chœur, commenta le sabreur avec un sourire carnassier en s'asseyant en tailleur devant le duo. C'est quoi vos noms, déjà ?
- Mister 9…
- Miss Wednesday…
Ils étaient assez inquiets devant le comportement de prédateur de Zoro.
- C'est ça… vos noms me rappellent étrangement quelque chose mais j'arrive pas à mettre le doigt dessus. Pourtant, j'ai l'impression de les avoir entendus déjà quelque part…
Un long frisson remonta l'échine de l'étrange couple. Mais avant que le sabreur ne puisse dire autre chose, il se reçut un coup de poing monumental sur le crâne. Une veine palpitant sur le front, il se tourna vers Nami qui était la seule personne à bord qui pouvait avoir le courage et le culot de le frapper ainsi.
- Alors, ça va ? On a bien dormi ? gronda la rousse, folle de rage. On peut dire que tu as un sommeil de plomb toi ! On a eu beau te secouer et de hurler dessous, t'as continué de ronfler comme un bienheureux ! La prochaine fois que tu roupilles pendant une tempête, je te mets à la flotte et je m'en fous de ce que dira le singe là-haut !
Le singe en question se contenta de rire alors que Zoro se retrouvait à devoir soigner un cornet de glace fumant que la sorcière rousse lui avait infligé. Satisfaite, Nami siffla tout le monde afin qu'ils soient tous sur pieds.
- Ne relâchez pas votre attention, on ne sait pas ce qu'il peut se passer ! dit-elle quand elle eut l'attention de tout le monde. Maintenant, nous avons tous réalisé à quel point cette mer est redoutable ! Même une navigatrice aussi expérimentée que moi ne peut s'y repérer !
- T'es certaine que ça va aller ? demanda Usopp de son poste devant la porte de la cale.
- Oh, je ne cache pas que ça ne sera pas facile tous les jours, mais on va s'en sortir ! Et j'en veux pour preuve ceci !
D'un geste théâtral, elle pointa quelque chose à l'horizon.
- Voici la première étape de notre périple ! Île en vue !
Le brouillard s'écarta doucement pour dévoiler une terre d'apparence désertique occupée par des cactus géants qui devaient rivaliser avec Laboon en hauteur.
Ils avaient réussi la traversée jusqu'à cette terre, c'était génial. Mais pas le temps d'observer plus le paysage que leurs passagers sautèrent sur la rambarde du navire avec des sourires arrogants et peu rassurants, restant accroupi dessus pour faire face aux pirates.
- C'est ici que nous vous quittons ! annonça Mister 9.
- Merci pour la balade, les chéris ! salua Miss Wednesday.
- On se reverra certainement si le destin en décide ainsi.
Un dernier sourire froid et moqueur, un « bye bye baby-tachi » et hop, ils sautèrent à la flotte. Luffy haussa un sourcil puis les épaules. Soit, s'ils ne voulaient pas attendre d'être plus proche pour descendre. Sanji repéra l'embouchure d'un fleuve, l'endroit idéal pour entrer dans les terres et trouver un endroit où s'amarrer.
- Pourvu qu'il n'y ait pas de monstres… paniqua Usopp en commençant à trembler.
- On est sur la Grand Line, c'est tout à fait probable, lui rappela Sanji en fumant.
Luffy se contenta de rire en pliant ses lettres.
Comprenant qu'il était temps de partir, Dawn vint se percher sur la rambarde devant la cuisine à côté de Luffy qui lui attacha les lettres à la patte et l'oiseau prit son envol sans demander son reste.
- Ne, Nami, s'il y a des monstres, on pourra fuir, pas vrai ? demanda Usopp avec espoir.
- Non, on devra séjourner un certain temps ici, lui dit la rousse. Il faut que le log mémorise le champ de cette île et pointe vers la suivante. Et ça peut prendre de quelques heures à quelques jours.
- Te fais pas de mouron Usopp, si ça va pas, on leur bottera le cul à ces monstres, soit pas trouble fêtes, mec ! sourit joyeusement Luffy. Alors, on y va ?
- C'est vrai que pour toi et ton comportement suicidaire, c'est parfait cet endroit, maugréa la rousse.
- Luffy a raison, il n'y a pas à hésiter, renchérit Zoro.
Tout le monde ignora la poussée de chevalerie de Sanji ou la subite crise de la maladie « je ne peux pas entrer sur cette île » d'Usopp.
- Si ça peut te rassurer, Nami, vu que King est calme, y doit pas avoir des monstres dans les environs, pointa le D. en montrant son camarade à quatre pattes qui observait l'île en approche avec une vague curiosité.
Tout le monde regarda l'once qui leur rendit leur regard, l'air de dire « Quoi ? ». Oui, King n'était jamais calme s'il y avait un danger immédiat. Ils se dirigèrent donc vers l'embouchure du fleuve pour entrer dans le territoire de Whiskey Peak et ses étranges cactus géants. Le brouillard empêchait de voir les rives, mais plus ils s'enfonçaient, plus ils avaient l'impression d'entendre des personnes qui parlaient depuis la terre. Luffy quitta son perchoir pour aller s'asseoir sur la tête de proue du Merry et se mit une main en visière pour mieux voir. Quand le brouillard se dissipa réellement, ce fut une véritable foule en liesse qui les accueillis sur les rivages, hurlant de joie pour leur souhaiter la bienvenue.
- C'est étrange tout ça, commenta Sanji en jouant d'un air absent avec sa cigarette.
- Quel accueil ! s'étonna Usopp. Et moi qui m'attendais à rencontrer des monstres.
- Je peux être honnête ? demanda Luffy.
- Dis toujours, lui répondit Nami toute aussi perturbée.
- Je préfère encore rencontrer Cthulhu là, maintenant, tout de suite, plutôt que ces gars… ils me rassurent pas.
- C'est un monstre, je suppose ? Je dois dire que je suis presque tentée d'être d'accord avec toi.
Vu comment Zoro porta une main à ses sabres, il devait être du même avis.
A côté, Sanji était aux anges devant les ravissantes demoiselles qui leur souhaitaient la bienvenue et Usopp se prenait pour une star et savourait la parade de bienvenue à leur intention.
Un étrange individu de grande taille avec des cheveux en bigoudis parfaits les accueillit au port, se présentant comme Igarappoi, le maire de Whiskey Peak, leur disant que leur île était réputée pour ses distilleries et la qualité de ses musiciens, et il invitait les pirates à profiter du banquet en leur honneur.
Luffy ne posa pas le pied à terre et même si King avait suivi Usopp et Nami sur le quai, il avait l'air clairement méfiant vu la façon dont il montrait de temps à autres ses crocs.
Sanji et Usopp tombèrent dans le panneau, laissant les trois autres derrières. Nami se tourna vers le maire pour savoir combien de temps mettait le log pose à se mettre à jour.
- Le Log Pose ? Allons, gardons ces questions rébarbatives pour plus tard, lui dit l'homme aux bigoudis. Remettez-vous d'abord de la fatigue du voyage !
Il entraîna Nami de force avec lui, demandant à sa ville une chanson pour les aventuriers, avant de se tourner vers Luffy qui était toujours sur le navire.
- Et vous, brave jeune homme ! Venez donc profiter du banquet !
- Merci mais je suis épuisé, le voyage a été éprouvant. Je vais me coucher, répondit Luffy avec un sourire un peu trop grand.
Avant qu'on ne puisse lui faire la moindre remarque, il disparut dans le navire pour aller réellement se reposer, alors que le soleil se couchait sur Whiskey Peak.
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La lune était haut dans le ciel alors que la fête battait son plein dans Whiskey Peak.
Usopp se pâmait sous l'admiration d'un auditoire captif à qui il narrait les grandes aventures de « Cap'tain Usopp » sur une Calm Belt. A côté, Zoro étalait son dixième adversaire dans un concours de beuverie, essayant de rattraper l'avance de Nami qui en était à sa onzième victime. King, quant à lui, se remplissait la panse comme jamais, au point que le cuistot en tombe d'épuisement. Et derrière, Sanji était au paradis, puisqu'il profitait de la présence de vingt ravissantes et jolies jeunes femmes à la fois.
Pourtant, des ombres se glissaient sournoisement en direction du Merry, avec l'intention de faire autre chose que la fête. Les trois hommes louches échangèrent un regard et montèrent sur le pont. L'un d'eux donna des instructions silencieuses sous forme de gestes et tous se séparèrent. L'un allant vers la cuisine, l'autre vers la cale et le dernier vers la chambre des garçons.
Un premier corps tomba lourdement sur le sol, sans connaissance.
Luffy se concentra sur son Haki pour s'assurer que les deux autres intrus fouillaient toujours le navire, avant de se pencher vers son assaillant. Il le fouilla rapidement, le délesta de son épée, avant de lui retirer la ceinture de son pantalon, le pantalon en lui-même et son tee-shirt. Il déchira d'abord le tee-shirt et l'utilisa pour attacher les mains de l'homme dans son dos, avant de lui immobiliser les bras avec la ceinture qu'il serra au maximum. Puis, avec le pantalon, il lui attacha les pieds.
Satisfait, il attrapa l'épée et se dirigea vers la porte encore ouverte. Il lança le sabre droit sur le pont, le faisant atterrir bruyamment sur les planches.
Les deux autres intrus réagirent.
Luffy tira le corps de son premier adversaire hors de vue dans l'obscurité de la chambre des garçons, et alla se plaquer contre le mur, attendant la suite, un sourire démoniaque sur les lèvres.
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Igarappoi, alias Mister 8, était un bon agent. Il s'était renseigné sur les pirates et il le montra à ses collègues Mister 9, Miss Wednesday et Miss Monday en brandissant une prime froissée de Mugiwara.
- C'est lui le gosse qui est resté à bord ! s'étrangla la femme qui avait fini de se débarrasser de son déguisement de bonne sœur pour dévoiler une musculature de culturiste.
- Comme quoi il ne faut pas se fier aux apparences, lui dit Mister 8.
- Trente millions pour ces gamins ?! s'étonna Mister 9.
- Je suis confuse, avoua Miss Wednesday.
- J'ai déjà envoyé des hommes s'occuper de lui. Il doit être capturé vivant, tout comme ses hommes. Si on les tue, leur prime est réduite de trente pour cent. D'après moi, on veut les exécuter publiquement.
- Je suis désolé de vous décevoir, mais je pense pas que ça soit possible de les déranger. Ils ont eu une rude journée et ils ont besoin de repos, dit une voix venant du haut d'un bâtiment proche.
Et trois corps inconscients tombèrent du ciel, ligotés par leurs vêtements.
Les quatre étranges agents levèrent le nez vers la lune pour voir trois silhouettes sur le toit. Zoro et Luffy y étaient assis. Là où le brun s'appuyait le coude sur un genou dans une expression d'ennui, Zoro avait un sabre au clair contre une de ses épaules. Entre eux, King était assis sur son train arrière en se léchant d'avance les babines.
Des hommes sortirent en courant de la taverne pour les avertir qu'un pirate avait réussi à leur fausser compagnie.
- C'est impossible ! Il était ivre mort !
- Tout aussi possible que vos gars, là, sont des merdes que j'ai mis facilement à terre et que votre tour de comédie était absolument pas crédible, pointa d'une voix lasse Luffy.
- Un homme d'épée digne de ce nom ne se laisse jamais prendre au piège de la boisson, se justifia Zoro.
Autour d'eux, sortant des habitations, des hommes armés apparaissaient. Hommes, femmes, enfants, tous remplissaient les rues, prêts à en découdre.
- Je comprends mieux, en fait, c'est une île pleine de chasseurs de primes, c'est ça ? devina Zoro en se levant. Vous me direz, c'est l'endroit idéal pour coincer tous les pirates heureux d'être sur la Grand Line. Et aucun ne se doute qu'en réalité, c'est une centaine de chasseurs de primes qui vont leur tomber sur le poil.
- On se le joue au Janken ? demanda Luffy qui était toujours assis.
- Je dois tester mes nouvelles lames, si tu n'y vois pas de problème.
- Ok.
Zoro brandit son Wado Ichimonji sur un côté, un sourire encore plus grand sur les lèvres alors que son sang commençait à accélérer dans ses veines à l'idée d'un combat.
- Je suis votre adversaire, Baroque Works !
Tout le monde en bas recula de surprise. Comment Zoro connaissait-il le nom de leur organisation ?
Le sourire de Zoro devint encore plus moqueur.
- Eheheh… c'était censé être un secret ? Vous savez, avant de suivre la tête de nœud à côté de moi, j'étais un chasseur de primes. Qui peut prétendre avoir livré à la Marine le bâtard de Dragon, après tout, si ce n'est l'un des meilleurs chasseurs de primes d'East Blue ?
Luffy lui adressa un regard noir pour le rappel de l'idée stupide qu'il avait eue pour se faire de la monnaie.
- Ce n'est donc pas pour rien que votre organisation m'a contacté pour me joindre à vous. Une organisation dont tous les membres sont anonymes et se cachent derrière des noms de code. Personne ne sait qui est le boss, ni où il se cache. Vous êtes tous de gentils toutous bien obéissants, voilà la vérité derrière votre bande de malfaiteurs au nom stupide de Baroque Works.
Mister 8 retrouva vite son calme, pourtant, malgré les informations de Zoro à leur sujet.
- Voilà qui est très impressionnant, mais hélas, comme vous connaissez notre secret, nous n'aurons d'autre choix que de vous éliminer, annonça d'un air menaçant l'homme aux bigoudis.
- Et perdre trente pour cent de ma prime ? se moqua Luffy.
- Ce soir encore, il y aura deux pierres tombales de plus sur le rocher-cactus.
Pour toute réponse, Zoro sourit un peu plus large.
- TUEZ-LES ! rugit Mister 8.
- Il en manque un !
En effet, le temps de cligner des yeux et Zoro avait disparu de son perchoir.
- Me regardez pas, c'est pas moi votre adversaire, leur dit Luffy en grattouillant le crâne de King.
- Coucou !
Les agents se retournèrent pour voir que Zoro se tenait au milieu d'eux avec une pose arrogante, les bras croisés, souriant d'un air moqueur.
- Alors, on y va ?
En représailles, Ils voulurent lui tirer dessus, mais Zoro n'était déjà plus là. Les pauvres agents s'étaient donc tirés les uns sur les autres. Quelqu'un risqua un regard vers les hauteurs pour voir que Luffy et King avaient disparu eux aussi. Mister 8 allait les encourager à en finir rapidement avec Zoro quand il sentit quelque chose de froid entre ses cheveux, juste à côté de son oreille. L'ancien chasseur de primes était dos à dos avec lui, souriant toujours aussi moqueusement.
- Petite question… tu crois que deux pierres tombales seront suffisantes pour ce soir ?
- Il est là ! Je le tiens ! cria quelqu'un dans le dos de Mister 8.
- Non ! Ne tirez pas ! cria l'agent aux bigoudis.
Il porta son saxophone à ses lèvres et se retourna d'un bond en soufflant dedans. De la sortie de l'instrument, des balles jaillirent à toute vitesse, comme une mitrailleuse. Encore une fois, Zoro était déjà loin.
Zoro s'adossa au mur d'une maison à côté de Luffy qui tenait lui aussi le mur avec les mains dans les poches.
- Tu vas t'en sortir ? demanda le D. en regardant son ami.
- Oui, largement, te fatigue pas pour eux.
- Je suis un monstre, la fatigue, je connais pas.
- En attendant, je dois tester mes lames, donc, reste en dehors de ça.
- Vraiment ?
Luffy lança un bras vers les hauteurs, crochetant la nuque d'un homme qui s'était glissé jusqu'à eux par le toit et le fit tomber brutalement à terre où il s'assomma proprement. Zoro regarda l'homme à terre, puis Luffy qui lui souriait d'un air innocent.
- J'ai besoin d'entraînement, donc, raison de plus pour me débarrasser d'eux seuls. Va réunir les autres, je gère ici.
Et il sauta par la fenêtre de la maison à laquelle ils étaient adossés en dégainant Yukibashiri.
- Fais pas de bobo à la bleue, demanda Luffy avant de s'éloigner.
- TU FAIS CHIER ! lui cria Zoro.
En réponse à son hurlement, des assaillants entrèrent dans la baraque, le forçant à se cacher derrière une table pour ne pas se faire tirer dessus. Il resta accroupi derrière à attendre une accalmie, avant d'agir. D'un seul geste, il découpa la table en deux et envoya les deux morceaux voler vers ses adversaires, passant facilement entre eux, pour finir par s'arrêter sur le seuil de la maison et regarder d'un air satisfait l'épée qu'il avait dans sa main. Très maniable, rien à redire.
D'un seul homme, les agents qu'il venait de dépasser s'effondrèrent dans des mares de sang jaillissant de coupures qu'ils n'avaient pas la dernière fois qu'ils avaient regardé.
Il sortit de la maison, riant en réalisant que le reste de la troupe l'avait retrouvé et se dépêcha d'escalader une échelle pour finir sur le toit, nez à nez avec un bazooka braqué sur lui. Dans une épreuve d'équilibre et de souplesse, il se pencha vers l'arrière pour esquiver le boulet de canon qui fonçait droit sur lui, les jambes encore sur le toit et le reste du corps dans le vide, se tenant de justesse à l'échelle.
Ce n'était pas passé loin.
Il allait se redresser pour affronter les quatre idiots qui voulaient l'attraper, quand il perçut une menace dans son dos et se retourna à moitié pour voir Miss Musclor lui jeter dessus un lourd tonneau d'alcool. Son épée trancha l'air dans un sifflement perçant et un quadruple et mélodieux Gong lui informa qu'il avait réussi à trancher en quatre le tonneau pour que ses adversaires le prennent dans la figure à sa place.
- Si c'est pas malheureux de gâcher ainsi une si bonne boisson, soupira tristement le sabreur.
Il rangea son sabre et s'empara du Kitetsu. Il n'eut pas le temps de s'ajuster à la soif de sang du katana ensorcelé qu'il se retourna d'un bond pour trancher en deux une massue de pierre comme si c'était du beurre. Le propriétaire de la massue s'assomma avec sa propre arme, laissant Zoro ramener le sabre à son visage pour en observer le tranchant. C'était un katana extrêmement effilé qui ne demandait qu'à trancher et tuer. Il devrait être prudent dans son usage à l'avenir.
- Yaaah ! hurla un gosse derrière lui.
Zoro se retourna pour faire sauter de la main de l'enfant un poignard bien trop dangereux pour un gosse de cet âge.
Le gamin poussa un cri de peur et alla se réfugier en pleurant dans les bras d'une nonne à genoux à proximité.
- Mon dieu, ayez pitié de ce pauvre enfant ! supplia la bonne sœur.
Le vert les regarda en silence, le visage fermé. Quand il sembla sur le point de se détourner, la religieuse brandit sa croix en tirant sur la chaîne pour en faire sortir un spray au poivre, avant de sortir une épée et le gosse un pistolet.
- La prochaine fois que vous voulez tester ce piège à con, assurez-vous que votre cible à le cœur pur… leur dit Zoro.
Un sourire beaucoup trop grand apparut sur son visage.
- Et que ce n'est pas un démon…
Du plat de la lame, il assomma le duo.
Luffy n'était pas si loin que ça de la vérité quand il le comparait à une bête sauvage.
Voyant le reste des troupes sur ses talons, il grimpa une autre échelle qui l'amena sur un toit un peu plus haut. Ces amateurs firent l'erreur de le suivre. A peine eut-il mis le pied sur le toit qu'il se retourna vers le premier chasseur sur ses talons qui arrivait en haut de l'échelle. Du pied, Zoro repoussa aisément l'échelle, envoyant chuter dans le vide toute une brochette d'idiots qui avait voulu le suivre. Il profita de la chute de l'objet pour se projeter à son tour dans le vide, rebondir sur le sommet de l'échelle pour se projeter plus loin pour finir souplement sur un nouveau toit de l'autre côté de la rue. Voyant le comité d'accueil, il sortit un second sabre et avec sa technique, fit des ravages sur ses adversaire dès qu'il toucha le sol. Un regard vers les hauteurs lui dit que d'autres personnes venaient de lui sauter dessus depuis la corniche d'une autre baraque. Avec une apparence calme, il traça un cercle dans le sol avec le Kitetsu puis s'éloigna.
- Faîtes attention, le sol n'est pas solide à cet endroit.
Vlam !
Et tout le bon monde passa au travers le trou que le sabreur avait découpé dans le sol.
Un frisson lui remonta le long de la colonne vertébrale.
Par instinct, il se jeta au sol. Juste à temps, parce que Miss Musclor était de retour et elle avait essayé de le frapper avec une échelle. Pas le temps de se relever ou de s'éloigner qu'une main le retourna pour qu'il puisse regarder en face le coup de Brass Kcnuckles qui lui venait dans la figure.
L'impact lui picota légèrement le front alors que le béton se fendait sous sa tête à cause de l'onde de choc.
- C'est fini ? demanda Zoro d'une voix sombre.
Sa main gauche jaillit comme un serpent et saisit le haut du front de la femme, contractant assez ses muscles pour la faire hurler de douleur. Il se releva souplement, sans lâcher Miss Monday qui se vit dans l'obligation de suivre le mouvement. Elle avait beau avoir des mains de la taille d'un couvercle de poubelle et une force herculéenne, elle n'arrivait pas à se défaire de l'étreinte sur son crâne qui menaçait de le lui fendre. Sans perdre son attitude nonchalante, il rangea ses katanas et rangea une main dans sa poche, continuant de regarder sa proie en souffrance d'un air dédaigneux.
- Beh alors ? C'est tout ce que tu sais faire ? Franchement, ça me déçoit, commenta Zoro.
La pression eu raison de la femme qui tourna de l'œil et le vert la balança plus loin.
Seul sur le toit d'une maison, la lune dans son dos, il regarda sa main, presque surpris d'y voir du sang. Lentement, il lécha ses doigts pour le goûter, savourant le goût qu'il n'avait plus senti depuis longtemps sur ses papilles.
Il se tourna à moitié vers les agents de Baroques Works qu'il n'avait pas encore mit au tapis et un sourire morbide apparut sur son visage, dévoilant des crocs peu rassurants et des yeux verts brillant d'une lueur sanglante. Deux pas vers le bord du toit permit à la lune de diffuser son ombre sur le sol en bas. Une ombre cornue à laquelle personne ne prêta attention, trop obnubilé par le kenshi sur le toit.
- Vous savez pourquoi Mugiwara n'a que trente millions de berrys ? C'est parce qu'il s'est foutu de la gueule de la Marine pour qu'ils ne réalisent pas quel genre d'homme il est vraiment, mais aussi parce qu'il cache son démon sous une tonne de chaînes.
Le sourire de Zoro s'agrandit un peu plus alors qu'un petit ricanement à faire froid dans le dos sortait de sa gorge.
- Moi, je suis en paix avec le mien. Alors, Baroque Works, on continue ? Essayez d'y mettre un peu plus de bonne volonté, c'est pas sérieux tout ça.
Il lui restait du ménage à faire.
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Luffy était accroupi dans l'ombre d'une maison, usant de ses années de cavale pour se fondre dans l'environnement. King devait être par-là, à surveiller Usopp. Nami était trop fine pour s'être faîte avoir par un piège aussi stupide, mais son ami, ce n'était pas le cas.
Ses sandales ne faisant presque aucun bruit sur le sol de poussière, il se rapprocha de l'angle du mur et observa les restes du ménage de Zoro. La bête sauvage avait tenu parole, il n'avait pas amoché énormément Miss Wednesday, la sonnant juste assez pour lui donner une vilaine migraine et lui faire reconsidérer l'idée d'attaquer le sabreur qui devait pour le coup profiter d'une bonne bouteille sur un toit.
Le D. se raidit en voyant le duo qui venait d'arriver. Mister 8 les identifia comme Mister 5 et Miss Valentine. Et apparemment, ils étaient généralement plus haut sur la Grand Line pour les ordres de leur boss, donc, ils seraient forcément plus forts que ceux que Zoro avait mis au tapis. L'adolescent fronça des sourcils. Ils n'étaient pas là en renfort. Ils étaient là pour faire taire quelqu'un. Quelqu'un qui avait percé à jour le secret de leur patron. Zoro ? Non, il n'avait que de vagues notions sur l'organisation, rien de plus.
- …Après quelques petites vérifications, il a découvert que des personnes hauts placés originaires d'un certain royaume s'étaient infiltrés dans Baroque Works.
A la façon dont la posture de la fille aux cheveux bleus se raidit très légèrement, Luffy comprit qu'elle devait être l'une des personnes en question. Son attention fut détournée par le manège de Mister 9 en panique qui voulait se défendre des accusations, soi-disant que sa couronne n'était qu'un costume.
Même le dernier des idiots savait qu'il n'avait rien à voir avec la royauté, il n'avait pas l'aura de la noblesse.
Les yeux de Luffy s'arrondirent alors qu'il revenait à la bleue.
Cette fille avait un port de tête et une façon de se tenir qui lui rappelaient Sabo et les quelques nobles qu'il avait croisés à Goa avant sa fuite avec Ace. Elle devait appartenir à la noblesse. Peut-être pas ceux qui appartenaient à la catégorie des pourris, puisqu'ils avaient tous l'air plus stupide les uns que les autres, mais il aurait mis sa main à couper que cette fille avait une éducation de noble.
Le colvert géant poussa un cri inquiet alors que la tension commençait à monter dans la rue.
Il leva le nez vers le ciel pour voir de l'autre côté de la rue Zoro qui était simple spectateur de la scène, une bouteille d'alcool en main qu'il buvait en regardant le déroulé du drama. Sentant le regard de son capitaine, le kenshi le chercha des yeux avant de le trouver. Certain que le vert le voyait, Luffy lui fit le signe de rester discret et de ne pas bouger pour l'instant, avant de se reconcentrer sur la scène.
- Ces espions ne sont nuls autres que deux personnalités du Royaume d'Alabasta qui ont mystérieusement disparu de la circulation.
Mister 8 se releva d'un bond et tira sur les lacets qui lui servaient de cravate, faisant jaillir une mitraillette de ses bigoudis pour attaquer Mister 5. Vu son comportement, il devait être le second représentant de Alabasta à s'être infiltré dans le pays.
- IGARAM ! hurla la bleue alors que l'homme aux bigoudis s'était mis devant elle.
- FUYEZ PRINCESSE ! cria Mister 8.
Mais déjà, Miss Valentine tombait du ciel vers la demoiselle en riant. La princesse n'eut pas le temps d'éviter un coup de pied vers sa tête qui la projeta un peu plus loin, brisant au passage le bijou qui retenait ses cheveux en une haute queue de cheval, laissant les longues mèches cascader librement sur son visage. Un peu plus loin devant elle, "Igaram" s'effondrait après avoir pris des explosions de plein fouet.
- Les espions sont Igaram, chef de la Garde Royale d'Alabasta et la princesse Nefertari Vivi, continua Mister 5.
Et il brandit une photo montrant la même demoiselle avec des vêtements clairement plus riches et un sourire très doux.
En réponse devant la révélation, Mister 9 se prosterna devant sa partenaire.
Il n'avait rien de mieux à foutre au beau milieu d'un combat que de s'incliner devant une princesse ? Mister 5 s'avança tranquillement en se curant le nez.
- Au nom du chef de notre toute puissante organisation, je dois t'éliminer.
Luffy leva un sourcil en voyant la fille sortir un simple slasher comme arme. C'était un joli joujou, mais pas efficace pour un sou. Il devait tout de même admettre qu'elle avait du cran. Elle n'était pas là à attendre sa mort à genoux. Zoro profita du bordel pour sauter de l'autre côté de la rue et rejoindre Luffy pour lui tendre sa bouteille d'alcool.
Sans un mot, le D. accepta la bouteille et en but une gorgée.
C'était mieux qu'un feuilleton denden devant lequel on le mettait quand il était gosse en l'absence de Garp pour qu'il reste calme. Parce que le drama continuait avec Mister 9 qui, au nom de l'amitié, voulut permettre à la princesse Vivi de prendre la fuite, parce qu'ils étaient partenaires depuis assez longtemps pour que sa survie lui importe.
Il était peut-être cool, mais la façon dont il se fit mettre à terre l'était beaucoup moins. Mister 5 avait juste sortit une crotte de nez de sa narine pour l'éjecter vers le galant homme. La rencontre donna lieu à une explosion.
- Les deux ont un akuma no mi, dit Luffy en buvant une nouvelle gorgée d'alcool avant de rendre la bouteille à Zoro. J'ai pas encore identifié celui de la nana, mais l'homme doit être un explosif sur patte.
- C'est ce qui s'appelle être de la dynamite.
Il allait prendre une nouvelle gorgée d'alcool quand il réalisa que quelqu'un s'était agrippé à sa cheville. En baissant les yeux, il s'avéra qu'il s'agissait d'Igaram, qui, en dépit de ses blessures, s'était traîné jusqu'à eux.
- Preux combattant ! haleta l'homme blessé. J'ai pu juger de ton incomparable habileté au sabre ! Aussi, je te prie, écoute ma requête, même si elle te semble folle !
Zoro allait répondre quand il nota que Luffy bougeait à côté de lui. Il lui jeta un regard et le regretta immédiatement devant le sous-entendu vulgaire qu'il était en train de mimer. Il repoussa le D. contre le mur pour qu'il arrête ses conneries et revint à l'homme à ses pieds qui le regardait avec espoir.
- Il m'est impossible de vaincre les agents qui viennent d'arriver car ils sont tous deux doués d'un pouvoir surnaturel !
- Un akuma no mi n'est pas si surnaturel que ça, marmonna Luffy avec une moue.
Il passa totalement à la trappe, parce que la princesse était montée sur le dos du colvert Karoo pour prendre la fuite.
- Je t'en supplie ! Par pitié ! Protège la princesse à ma place ! Si tu la ramènes saine et sauve à la cour du Royaume d'Alabasta, tu toucheras une fabuleuse récompense ! Je te le promets ! je t'en conjure, sauve-la ! Va au secours de la princesse !
Luffy allait répondre quand Nami intervint.
- Oh ? Une récompense, vraiment ?
La navigatrice était assise sur un toit bas derrière les garçons, un grand sourire aux lèvres, heureuse de la bonne affaire qui se profiler à l'horizon.
- On prend l'affaire pour dix milliards de berrys, marché conclu ? sourit-elle.
Le pauvre Igaram faillit bien passer réellement l'arme à gauche devant le prix. La rousse en profita pour sauter du toit pour se mettre au niveau des garçons.
- Je te croyais saoul, remarqua Zoro.
- Tu crois que je suis naïve au point de m'énivrer sur une île aussi louche que celle-ci ? demanda Nami. Y'a que Usopp et Sanji qui se sont fait avoir. Il faut être stupide pour ne pas trouver louche une île qui accueille ainsi des pirates. Je jouais la comédie ! ehehe !
Zoro soupira, laissant la navigatrice reprendre sa négociation :
- Mon offre est à prendre ou à laisser, Mister le Chef de la Garde ! Pour dix milliards de berrys, on la protège. Dépêchez-vous de vous décider si vous tenez à ce que votre petite princesse ne se fasse pas trucider~ !
- Mais je ne suis qu'un soldat ! Je ne possède pas une somme pareille ! défendit Igaram alors que la rouquine s'accroupissait à son niveau.
- Allons, vous n'allez pas me faire croire que votre princesse ne vaut pas ce prix… allez, allez, on aboule le fric !
C'était tout bonnement du racket.
Igaram céda :
- Très bien, tout ce que vous voulez, mais pour le marchandage, voyez directement avec elle !
- Alala, vous voulez vraiment abréger la négociation, n'est-ce pas ?
La rousse se releva en se passant une main dans les cheveux.
- Bon, d'accord, on va la tirer de là. Zoro ! Luffy ! Au boulot !
Bien entendu, Zoro n'avait pas l'intention de se faire exploiter comme ça. Après tout, c'était Nami qui avait accepté ce contrat, pas lui.
- Tu es trop bête, lui dit Nami. L'argent est pour moi, évidemment, mais c'est en votre nom, à toi et les autres que j'ai passé le contrat.
- Personne ne t'a donné ce droit, sale peste !
- Pas la peine de t'énerver pour si peu, ce ne sont que quelques coups de sabres à distribuer…
- Peut-être, mais j'ai pas à me faire exploiter ! Je suis pas comme l'autre cuistot écervelé !
Igaram ne savait que dire ou faire devant la dispute dont il était témoin.
- Je crois que tu as peur de la défaite, c'est tout.
- QUOI ! Répète ça si tu l'oses !
- Pas la peine de faire le fier, espèce de trouillard !
- Mais c'est que tu oses le répéter !
- Tu devrais faire comme Luffy et obéir sans discuter.
Zoro se tût brutalement.
Nami se figea. Elle venait de prononcer le prénom de Luffy devant un gars qui pouvait le répéter à n'importe qui et dire que Mugiwara était bien le fils de Dragon.
Le duo poussa un soupir silencieux quand Igaram n'eut aucune réaction. Ils l'avaient échappé belle. Soit il n'avait pas fait le lien, soit il s'en foutait.
- De toute façon, il est déjà parti pendant que tu négociais, annonça Zoro en montrant l'endroit où Luffy s'était tenu auparavant.
En effet, le D. brillait par son absence.
- La princesse l'intrigue, alors, il l'a suivie, expliqua Zoro. Il a déjà dû la sauver pendant que tu faisais ton manège.
- Il faut vraiment que je lui apprenne à ne pas vouloir sauver la veuve et l'orphelin sans s'assurer une rentrée d'argent derrière. Il a pas compris la définition de ce qu'est un pirate.
- Je pense qu'il la saisit mieux que toi, sorcière.
Et Zoro tourna les talons pour aller certainement voir le spectacle.
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Miss Monday était prête à se sacrifier pour une amie, parce que toute façon, leur échec à l'anéantissement du sabreur ne leur serait pas pardonné. C'est pour ça que son corps fumant tomba au sol. Il ne restait plus rien pour protéger Vivi de ses poursuivants. Mister 5 lui balança une nouvelle crotte de nez et elle savait que malgré la vitesse de Karoo, elle ne pourrait pas l'éviter.
- Rankyaku
Mugiwara sortit de nulle part pour se mettre devant elle, tranchant l'air d'un coup de pied qui divisa en deux la crotte de nez dont les deux morceaux filèrent exploser sur les parois, faisant s'ébouler les pierres du canyon.
- D'où il sort ce gosse ? demanda Miss Valentine.
Pensant qu'il s'agissait d'un ennemi, Vivi commença à faire tourner son slasher.
- Tu arriveras à rien avec ça, lui dit Luffy sans se retourner. Range ton jouet, je suis là pour aider.
- Aider… ? répéta la princesse sans comprendre.
- C'est ce gosse qui a anéanti tout le monde ici ? se moqua Miss Valentines.
- Nan, c'est mon bras droit, il voulait tester ses nouveaux katanas, répondit Luffy.
- Pourquoi tu protèges la princesse d'Alabasta ? Qu'est-ce que ça peut t'apporter ? demanda Mister 5.
- J'en ai envie c'est tout.
Vivi manqua de tomber de sa monture. Ce garçon risquait sa vie pour elle, juste parce qu'il en avait envie !? Même les deux agents trouvaient ça stupide vu qu'ils en rirent.
- Tu vas mourir stupide pour t'opposer à nous par simple envie ? Tu devrais pas rigoler avec ce genre de chose gamin, c'est dangereux ! se moqua Mister 5.
- Les gêneurs, on a tendance à les envoyer six pieds sous terre, lui dit Miss Valentine.
Luffy se contenta d'assembler son bô et de se mettre en garde.
- Tu viens pour le pop-corn, Zoro ? lança-t-il en voyant son bras droit arriver derrière le duo d'agent qui lui jeta un vague regard, ne le jugeant pas comme une menace apparemment.
Zoro eut un grand rire et alla s'asseoir sur une caisse qui marquait la fin de la ville et le début de la zone sauvage et du canyon de l'île.
- Tu vas nous affronter avec ce stupide bout de bois ? Tu es vraiment ridicule, gamin.
Et sur ces mots, Miss Valentine s'envola comme si elle ne pesait rien. Luffy ne s'occupa pas le moins du monde d'elle, fonçant à l'assaut de Mister 5 qui arma un poing qui serait certainement explosif. Le D. pivota hors du chemin du poing quand le bô saisit l'agent dans le ventre, lui coupant le souffle. Il n'y eut aucune explosion.
- Tu disais sur mon bâton ? demanda moqueusement Luffy.
Il décala juste assez sa main gauche pour ne plus l'avoir sur une zone de kairoseki, permettant ainsi d'étirer son poing droit loin derrière lui et l'envoyer voler dans la figure du gars qui fut projeté suffisamment haut pour percuter sa collègue qu'il envoya encore plus haut avec l'explosion qu'il produisit.
- Zoro ! Fais-moi voler !
Le sabreur se mit en cavalier, les mains bien devant lui pour faire la courte-échelle et Luffy courut vers lui. A peine eut-il posé son pied sur les mains de son camarade qu'il fut envoyé valdinguer dans le ciel à son tour. Usant de son Geppou incertain, il parvint à prendre encore un peu de hauteur pour réussir à attraper la cheville de Miss Valentine et l'attira vers lui alors qu'il chutait droit vers Mister 5. Agilement, toujours en étant en apesanteur, le pirate passa dans le dos de sa prise et lui plaqua contre la gorge son arme, l'étranglant presque. Le kairoseki entra en action et la femme reprit son poids normal. L'altitude aidant, son poids augmenta avec la vitesse et Luffy sur son dos, et bientôt, elle tomba sur son partenaire qu'elle entraîna dans sa chute.
Seul le D. se releva de l'expérience aérienne.
Il reprit son arme sur les corps brisés et inconscients, s'épousseta et défit son arme, indifférent à l'air surpris de la princesse.
- Et voilà une affaire réglée.
- Sympa la technique de marche aérienne, complimenta Zoro.
- Je te l'apprendrai, mais désolé de te le dire, mais Sanji l'apprendra plus facilement que toi, sourit Luffy.
- Peuh ! J'en doute.
- Tout est dans les jambes et l'équilibre. Tu es un sabreur, c'est un kickboxeur. CQFD.
Le débat ne continua pas plus parce que Nami débarqua. Elle regarda les deux agents à terre, puis leva un pouce à l'adresse de son capitaine.
- Bon travail Mugiwara !
- Pourquoi vous m'avez sauvée ? demanda Vivi.
Nami se tourna vers elle, des berrys dans les yeux.
- Nous avons un petit contrat à passer, princesse ! Prenons donc le temps de nous asseoir…
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Assis sur des caisses, Vivi écouta les termes du contrat que Nami avait passé avec Igaram pour la sauver. La bleue termina de se refaire une queue de cheval avant de répondre. Et le résultat déçut beaucoup Nami :
- Pas question. Je vous suis reconnaissante de m'avoir sauvée, mais je décline cette affaire de contrat.
- Pourquoi ? Tu es pourtant une princesse ? Ce ne sont que dix petits milliards… minauda Nami.
- Vous connaissez le royaume d'Alabasta ?
- Du tout, répondit Luffy. On débarque de notre cambrousse d'East Blue.
Nami et Zoro le regardèrent avec étonnement.
- Quoi ? C'est pas parce que ma fratrie est déjà sur la Grand Line que je sais tout sur tout ! Je sais juste l'essentiel pour m'en sortir sans trop de difficulté, c'est tout ! se défendit le D. en comprenant ce à quoi ils pensaient.
Ils rapportèrent leur attention sur Vivi qui leur parla donc de son royaume : un des plus grands royaumes civilisés que l'on pouvait rencontrer dans la montée de la Grand Line. Et jusqu'à quelques années en arrière, il était en paix.
- Depuis quelques années, un mouvement révolutionnaire s'est développé au sein de la population.
- Révolutionnaire ? répéta Zoro en devançant son capitaine.
- Un rapport avec l'Armée Révolutionnaire que mène Dragon ? demanda d'une voix tendue Luffy.
- Aucun. Même si je n'approuve pas les méthodes de cet homme, j'admets que le système actuel du Sekai Seifu a besoin d'être revu. Et j'ai déjà assisté à une Rêverie. Les souvenirs que j'en garde sont suffisants pour savoir que je suis bien heureuse qu'aucun de mes ancêtres n'ait accepté de rejoindre MariGeoise pour devenir une lignée de Tenryuubito.
Un frisson de répulsion la traversa.
- Tenryuubito ? répéta Nami.
- Je te ferai le topo plus tard. Disons que ce sont des cons et je suis gentil, résuma Luffy.
- Père a déjà reçu une visite de Dragon-san. J'étais toute petite à l'époque, mais je sais que l'homme a dit à Père de continuer sur la même voie et ils n'auraient aucun problème.
Donc, son foutu donneur de sperme avait un peu de respect pour certains dirigeants, y compris des nobles ? Toujours bon à savoir.
Nami et Zoro échangèrent un regard en voyant Luffy se détendre imperceptiblement.
- Le mouvement révolutionnaire que traverse Alabasta et qui conduit notre pays au bord de la guerre civile est le travail dans l'ombre de Baroque Works, pas de Dragon-san. J'ai découvert ça par hasard il y a longtemps. Mais nos enquêtes n'ont rien donné. Rien n'a jamais filtré, le peuple se fait mener par le bout du nez sans même le réaliser, et autant Père que moi sommes impuissants pour arrêter les choses. C'est pour ça que je me suis tournée vers le fidèle Igaram-san qui a toujours veillé sur moi. Je lui ai fait part de mon idée d'infiltrer les rangs de Baroque Works afin de démasquer l'initiateur du complot et percer ses intentions à jour.
Zoro eut un sourire appréciateur.
- T'es une princesse qui n'a pas froid aux yeux. Si ton père est le même genre de personne que toi, je pense qu'on peut comprendre comment il a réussi à avoir le respect du leader révolutionnaire.
- Mais de ce que ce Igaram m'a raconté, l'objectif de Baroque Works est de fonder une nation idéale, rappela Nami. A moins que…
Ses yeux s'arrondirent en comprenant la réalité et Vivi hocha tristement la tête.
- Celui qui tire les ficelles raconte à ses employés qu'il agit pour fonder une nation idéale, mais en réalité, sa véritable intention est de renverser le royaume d'Alabasta. Je dois donc rentrer chez moi pour leur faire savoir la vérité ! Il faut faire stopper les émeutes avant qu'il ne soit trop tard.
- Pourquoi Alabasta ? demanda Luffy. Ma question est peut-être bête, mais pourquoi forcément ton pays ? Y'en a pas d'autres à proximité ou le tien à quelque chose de particulier ?
- Je l'ignore, soupira Vivi en secouant la tête.
Nami croisa les bras en soupirant.
- Je vois, je comprends mieux la galère. C'est certain qu'un pays au bord de la guerre civile est souvent synonyme de caisse vide.
- Sinon, c'est qui le grand manitou ? demanda Luffy.
Vivi secoua les mains avec panique.
- Vous n'y songez pas ! Je ne peux pas la révéler, ça serait trop dangereux pour vos vies à tous !
Nami approuva en riant.
- Tu as raison ! Ce type cherche à renverser un pays ! Ce doit un fou dangereux, une brute sanguinaire !
- Exactement. Et même si vous êtes très forts, vous ne faîtes pas le poids face au Shichibukai Sir Crocodile !
Tout le monde se figea et Vivi plaqua ses mains sur sa bouche, réalisant qu'elle avait laissé le mot s'échapper. Lentement, le groupe tourna la tête pour voir une étrange loutre en combinaison avec un vautour posé sur un toit. Les deux bêtes échangèrent un regard et ils s'envolèrent.
Nami attrapa Vivi par le col et la secoua comme un prunier, pleurant son effroi et sa panique.
- C'EST MALIN ! ON EST DANS LE PÉTRIN MAINTENANT ! LE VAUTOUR ET LA LOUTRE VONT ALLER RAPPORTER À LEUR CHEF QU'ON CONNAIT LEUR IDENTITÉ !
Et pendant ce temps, derrière, Luffy s'excitait comme une puce à l'idée de pouvoir affronter Crocodile, et Zoro admettait que c'était classe.
- Je suis désolée, ma langue a dérapé ! gémit Vivi qui commençait à être très effrayée par la Nami en colère.
- C'EST PAS UNE EXCUSE ÇA ! TU RÉALISES QUE TU VIENS DE NOUS CONDAMNER À MORT !
Elle lâcha la princesse pour essuyer ses larmes. Elle avait vraiment la frousse. Elle venait tout juste d'arriver sur la Grand Line que déjà, un Shichibukai en avait après elle parce qu'elle connaissait son secret. Elle avait toujours en tête le combat à sens unique avec Mihawk, elle ne voulait pas affronter un homme de cette envergure.
Et l'excitation de Luffy et Zoro devant la situation n'aidait pas ses nerfs.
- Y'en a marre ! J'me casse tant qu'il ne connait pas nos visages ! bougonna la femme.
- Bon voyage, salua Luffy avant de revenir à sa conversation avec Zoro.
Nami continua de s'éloigner avant de tomber sur la loutre et le vautour qui lui coupaient la route. La loutre avait un carnet de dessin en main et elle était apparemment afférée à dessiner dedans. Elle brandit ensuite le résultat, montrant un portrait de Zoro. En tournant la page c'est celui de Nami qui apparut.
La rousse applaudit la qualité des dessins et revint en pleurant vers ses amis.
- ET VOILA ! ON EST FOUTU MAINTENANT !
- Bon retour, salua Luffy avec amusement.
- Et toi ta gueule !
- Où est-ce que tu comptais fuir de toute façon ? se moqua Zoro.
Nami alla s'asseoir dans un coin pour déprimer. Vivi essaya d'aller la consoler, lui promettant même toutes ses économies en dédommagement.
- Soyez rassurés !
Tout le monde tourna la tête pour voir que Igaram venait de les rejoindre avec trois mannequins sous les bras… et après s'être vaguement déguisé en Vivi.
- Oh bordel la tronche ! pouffa Zoro.
- Vous savez, si c'est vraiment vot' kiffe le travestissement, l'un des nakamas de ma sœur est un travesti de talent, il peut vous donner des conseils. J'vous jure, vous voyez sa prime, vous tomberiez dans le panneau ! Je peux demander à Nee-chan de vous mettre en relation, proposa innocemment Luffy.
Zoro dut aller se tenir à un mur pour ne pas tomber par terre de rire. Toujours en PLS, Nami se contenta de renifler et de dire qu'ils étaient tous cinglés. Sans perdre son sérieux, Igaram leur expliqua son intention de se faire passer pour eux pour les protéger des tueurs que le Boss allait envoyer contre eux, et qu'il allait prendre la route vers Alabasta.
- Ah et pour information, il n'a peut-être plus de prime active depuis qu'il a rejoint le Shichibukai, mais il avait quatre-vingt millions de berrys pour sa tête à l'époque. A propos, acceptez-vous d'escorter la princesse jusqu'au royaume d'Alabasta ?
- J'ai rendez-vous là-bas, justement, alors autant en profiter ! sourit largement Luffy.
- BANDE D'INCONSCIENTS ! IL A UNE PRIME QUATRE FOIS PLUS GROSSE QUE CELLE DE ARLONG ! rugit Nami.
- Toujours moins que ma vieille prime.
- Qui a augmenté, précisa Zoro. Je pense que la Marine a pas apprécié d'être persuadée de t'avoir capturé pour qu'ensuite tu t'échappes. Jute dix millions de plus.
Luffy eut un reniflement narquois mais ne dit rien de plus.
- Ano…Igaram-san nous a montré votre prime et elle est de trente millions, ce qui est largement inférieur à celle qu'avait Crocodile, rappela Vivi.
- Il s'agit d'une autre prime que je me traîne depuis des années, rien de bien intéressant… marmonna l'adolescent en agitant une main d'un geste vague.
Pendant ce temps, Igaram avait demandé à Vivi de lui confier l'Eternel Pose qu'elle avait sur elle et qui indiquait Alabasta (ce qui donna lieu pour Nami à une courte leçon sur le sujet de l'Eternel Pose). Igaram allait se faire passer pour eux et prendre la mer directement vers Alabasta, faisant qu'on se lancera directement à sa poursuite. Et pendant ce temps, Vivi prendrait la voie détournée avec les pirates.
- Je n'ai jamais fait la traverser, expliqua Igaram. Mais je pense que deux ou trois escales seront nécessaires le temps que votre log se recharge et indique Alabasta. Je prie pour que nous nous revoyons là-bas sain et sauf.
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Ils accompagnèrent Igaram jusqu'à la sortie du canyon où un petit voilier attendait. Après des adieux et la promesse de prendre soin de Vivi, ils le regardèrent monter à bord de son navire qui prit immédiatement le vent et s'éloigna.
Pendant un instant, ils le regardèrent s'éloigner avant de tourner les talons. Ils devaient réunir leurs propres nakamas.
Mais tout juste eurent-ils tourné les talons qu'une explosion retentit au large. Tout le monde se retourna pour voir le navire, dans lequel Igaram avait embarqué, partir en cendres, la lumière des flammes de l'incendie allongeant les ombres des quatre jeunes.
- Impossible ! Ils sont déjà là !
Luffy regarda le feu avec haine, avant de se tourner vers ses nakamas.
- Igaram est mort en héros ! Si on traîne plus longtemps ici, son sacrifice n'aura servi à rien ! Alors on bouge !
- Nami, le log en est où ? demanda Zoro.
- Il est rechargé ! assura la rousse en montrant l'objet.
- Alors ramasse la princesse et on met les voiles !
- Zoro, tu te perds pas et tu prépares le navire pour qu'on décolle, pendant que je vais chercher Usopp et Sanji ! aboya Luffy.
Luffy disparut dans la ville, laissant Nami sortir Vivi de son état de choc.
- Allez Vivi ! Ne reste pas planter là ! S'ils nous trouvent, on ne fera pas long feu !
La princesse resta sans réaction continuant de fixer le large en se mordant farouchement une lèvre pour lutter contre ses larmes et ses sanglots. Elle fut surprise quand Nami l'enlaça brusquement, juste assez pour lui faire passer qu'elle comprenait sa douleur.
- Sois forte… et aies confiance ! Nous allons te ramener à Alabasta ! Ces quatre garçons sont si forts qu'ils ont réussi à libérer tout East Blue des menaces les plus importantes ! Et crois-moi, tu n'as rien vu de leur puissance ! Alors, Shichibukai ou pas, Crocodile ne fera pas long feu devant eux !
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En voyant Luffy arriver, King bondit immédiatement sur ses pattes.
- On retourne au navire ! Assure-toi que Nami et Vivi y retournent en un seul morceau !
Le félin ne demanda pas son reste et fila hors de la taverne. Le D. attrapa Sanji par une jambe et Usopp par le nez, avant de partir à toute vitesse hors de la salle, les faisant valdinguer derrière lui sans écouter leurs protestations au sujet d'une jambe qui allait être arrachée ou un nez qui allait s'allonger. Aussi, quand il arriva enfin au navire, ses deux passagers étaient assommés, alors, il se contenta de les jeter à Zoro qui finissait de remonter l'ancre à bord.
Des cris de colère leur parvinrent et ils en cherchèrent l'origine pour voir les filles arriver à leur tour en se disputant, King les précédant ave les oreilles allongées sur son crâne d'agacement.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Zoro.
- Son canard géant a disparu alors que d'habitude, il rappliquerait au moindre coup de sifflet, expliqua Nami. Et elle veut qu'on le cherche.
- Mais je peux pas l'abandonner comme ça ! s'indigna Vivi.
- C'est de lui que vous parlez ? s'enquit le sabreur.
Et il pointa du pouce le colvert géant qui vint se placer à ses côtés. L'animal leva une aile en lançant un Coin de salutation.
- Il était déjà à bord quand je suis arrivé.
Les deux femmes étaient énervées par l'animal, et c'était compréhensible. Tout le monde sauta à bord du navire et Vivi leur indiqua un affluant du fleuve qui pouvait être remonté afin de gagner du temps.
- On peut s'attendre à être poursuivis par combien de personnes ? demanda Luffy du haut de l'espar où il était perché.
- Je l'ignore, lui avoua Vivi. Baroque Works compte plus de vingt milles membres dans ses rangs et on trouve plusieurs îlots comme Whiskey Peak dans les environs. Et comme on a découvert l'identité de leur boss, ils vont surement mettre le paquet.
C'est ce moment-là que Sanji et Usopp choisirent pour se réveiller et demander des explications sur pourquoi ils partaient aussi vite, parce qu'eux, ils la trouvaient chouette la ville et ils ne voulaient pas partir immédiatement, surtout qu'il faisait encore nuit.
- Nami, tu leur expliques la situation ? demanda Zoro avec lassitude.
- C'est fait ! assura la rousse.
Et ce devait être efficace parce que le duo était de nouveau allongé au sol avec le crâne fumant.
- Bon ! Présentations… enchaîna Luffy en frappant dans ses mains. La rousse, c'est la navigatrice Nami, tu l'auras compris. C'est aussi de facto la trésorière. C'est avec elle que tu dormiras. Tu utiliseras le lit de ma sœur aînée, on l'a pas encore récupérée, alors, elle va pas se plaindre.
Vivi hocha la tête.
- Le sabreur alcoolique et grognon, c'est Roronoa Zoro, le bras-droit du groupe.
- Oi ! Je suis pas grognon !
- Tu viens juste de prouver que si, lui dit moqueusement Nami.
- T'occupe, ils ont toujours comme ça, rassura Luffy devant l'air dubitatif de la bleue. Le blond, c'est Sanji. Kickboxeur et cuisinier. Et amoureux des femmes. Il peut être lourd dans son romantisme, mais il ne poussera jamais la chose au point d'avoir des gestes déplacés. L'autre, c'est Usopp. Un trouillard, mais tu trouveras pas de meilleur tireur sur ce coin du globe.
- D'accord.
Vivi jeta un regard nerveux au félin qui se frottait avec insistance à ses jambes.
- La peluche, c'est King. Une panthère des neiges. Qui veut d'ailleurs que tu le câlines. L'espèce est en voie d'extinction, et je crois bien qu'il est le dernier en liberté. Trop de braconnage. Je l'ai pris avec moi il y a deux ans, et il était encore un bébé.
- Enchantée King, salua la princesse en s'accroupissant pour caresser la fourrure de l'animal qui eut un ronronnement de bienheureux en réponse ce qui la fit rire.
- Quant à moi, je suis Monkey D. Luffy, mais je préfère que tu n'ébruites pas trop mon nom, d'où le pourquoi mes nakamas m'appellent Mugiwara en public.
- Je ferai attention, assura la princesse. Eh bien, comme vous le savez, je suis Nefertari Vivi, princesse héritière du royaume d'Alabasta.
- Bienvenue à bord ! Bon, maintenant, il faut quitter cet endroit.
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- Sabo ! On te demande au denden !
Sabo détourna la tête de son petit-déjeuner pour regarder le denden qu'on lui déposa devant le nez.
- La conversation n'est pas sécurisée, lui dit son collègue.
Le blond termina d'avaler son jus d'orange, puis entassa des toasts dans une assiette. Il prit le combiné du denden et la conversation en attente fut mise en ligne. En voyant les grands yeux noirs et la petite cicatrice sous l'œil gauche, Sabo sut qui était son correspondant et surtout qu'il ne pouvait pas prendre l'appel au milieu du réfectoire sous peine qu'on sache qu'il n'était plus amnésique.
- Vous êtes bien en ligne avec le responsable. Ne quittez pas, je vais voir si je trouve votre parapluie blanc.
L'animal hocha la tête en silence.
Sabo le prit ensuite sous un bras, entassa d'autres toasts dans son assiette et quitta le réfectoire, traversant à grands pas les couloirs de Baltigo pour rejoindre la salle de communication. Il ferma la porte du pied derrière lui et déposa le denden sur la table à côté du denden mushi blanc. Un toast entre les dents, il relia les deux bestioles avant de se prendre une chaise et de s'asseoir.
- C'est bon, frérot, je suis seul. J'ai pas eu de retour de l'expédition de Dragon à Loguetown, alors ?
« Je pense l'avoir croisé, mais on a pas parlé pour que je puisse le confirmer. J'avais un marine… un logia, au cul. »
- Smoker ?
« C'est ça ! »
- D'où le pourquoi il a pété suffisamment les plombs pour dire merde à ses ordres et prendre la route de la Grand Line. Ah et bonne nouvelle pour toi, le jiji est de retour à Marine Ford. Il a trouvé d'autres victimes que nous pour son sadisme.
Luffy cria de joie avant de rire, et un sourire apparut sur le visage de Sabo. Oui, c'était une bonne nouvelle en toute circonstance de savoir que le malade mental avait trouvé des victimes autres pour ses lubies.
- Sinon, ai-je le plaisir d'être le premier à te souhaiter la bienvenue sur la Route de Tous les Périls, frangin ?
« Yup. »
- Félicitation frérot, te voilà un grand garçon.
« Méchant ! Je devrais te faire la tête. Surtout qu'aucun d'entre vous ne m'a averti pour la baleine. On a failli finir en crêpe dessus. »
- Petit comme tu es, elle aurait pas beaucoup réagi, je pense.
« Gna gna gna »
Sabo ricana et se prit un autre toast.
- Tu voulais quoi que ce soit d'autres ou c'était juste pour prendre des nouvelles de ton grand-frère que tu m'as appelé ?
Le visage de Luffy redevint sérieux et le révolutionnaire continua de mâchonner sa tartine avec une mine perplexe.
« Est-ce que tu aurais une idée de pourquoi on pourrait avoir un intérêt quelconque à renverser le royaume d'Alabasta ? Il doit y avoir pas mal de pays de ce genre sur cette partie de la Grand Line. Pourquoi est-ce qu'il faut que quelqu'un y déclenche une guerre civile afin de le renverser ? »
Le révolutionnaire se laissa aller dans sa chaise, prenant pensivement une nouvelle bouchée de son petit-déjeuner.
- Si c'est pour récupérer un pays pour le faire sien, Drum aurait été plus recommandable. Leur roi est tellement con que ses habitants auraient été prêts à accueillir presque n'importe quoi, du moment que ça les sauvait de ce connard. Cobra-sama est un souverain pacifique, soucieux de son peuple et bon. Je ne vois pas pour…
Quelque chose remonta au crâne du blond qui fronça les sourcils et reposa sa tartine à moitié mangée.
- Reste en ligne.
Il se leva et fit le tour de tous les dendens des environs pour être certain que personne ne pouvait enregistrer la conversation ou les espionner. Il regarda dans les angles de mur, au plafond, sous les meubles, avant d'aller jeter un œil dehors pour s'assurer que le couloir était vide.
Satisfait, Sabo revint vers le denden et baissa la voix.
- Ce que je vais te dire Luffy doit rester dans le cercle familial. On est d'accord ?
Le denden hocha la tête.
- Quand j'ai appris que l'Allumette faisait des recherches sur les Fragments Pnakotiques…
« Attends. »
Il entendit du mouvement et une porte s'ouvrir. Luffy s'adressa à quelqu'un, lui demandant de s'assurer que personne ne vienne interrompre la conversation, avant de refermer la porte et de se rasseoir.
« Donc, tu disais sur les Fragments ? » demanda Luffy en baissant lui aussi la voix.
- Ce n'est pas quelque chose que je devrais savoir, puisque j'ai trouvé cette info dans les affaires de ton donneur de sperme. Il soupçonnerait que des informations au sujet de Yog-Sothoth seraient en la possession de la famille royale. Du genre, le Fragment qui lui serait associé.
Les yeux de Luffy s'arrondirent sous la surprise, avant qu'il ne prenne une mine pensive.
« Tu l'as dit aux filles ? »
- A l'Allumette, mais je sais pas si l'information est remontée jusqu'à l'Aînée, pourquoi ?
« J'ai reçu la visite de Dawn il y a deux jours. L'Aînée disait qu'elle était sur la piste d'un Fragment et qu'elle nous rejoindrait quand elle l'aurait localisé. Quant à l'Allumette, elle m'a donné rendez-vous à Alabasta. Elle doit descendre dans la zone et elle a dit qu'elle pouvait y rester deux semaines avant de devoir décoller. »
- Drum a eu des soucis avec le gars qu'elle traque, c'est normal qu'elle descende dans le coin et Alabasta est pas loin. J'ai pas besoin de te dire d'être prudent, n'est-ce pas, Lu' ?
« Hmhm. »
Sab détourna la tête en sentant quelqu'un approcher de la salle.
- Je vais pas rester plus. J'essaierai de trouver une excuse pour venir te voir, alors, on se voit rapidement. Amuse-toi bien.
« J'y compte bien ! Byye Nii-chan ! »
Le blond raccroch et débrancha le denden. Il le reprit sous son bras et ramassa son assiette de toast alors que Hack entrait dans la pièce.
- La place est libre !
Et il s'en alla en sifflotant.
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.
Smoker resta assis sur sa caisse, les coudes appuyés sur ses genoux, ses cigares fumant légèrement dans le vent alors que le denden noir dans la main de Tashigi se rendormait. La conversation ayant été cryptée, il avait été difficile d'entendre de quoi il était question, mais rien que ce fait disait à Smoker qu'il avait eu un bon flair sur le compte de ce Mugiwara.
Le gamin débarquait dans la Grand Line avec un contact dans l'Armée Révolutionnaire. Il avait reconnu aisément les codes non-cryptés du début de la conversation. Qu'un gamin qui devait sortir de sa campagne sache comment joindre l'Armée, mais en plus, les codes utilisés pour s'adresser à eux, ce n'était pas rassurant.
Puis, il y avait eu le début de la conversation. Elle était banale en apparence, malgré le code pour dire que l'interlocuteur de Mugiwara avait besoin de s'isoler pour s'assurer de protéger leur échange. Cela voulait-il dire que c'était une taupe ? Possible.
Pourtant, cela n'avait en l'apparence rien à voir avec une conversation pour livrer des informations. De que ce que le cryptage lui avait laissé entendre, le Révolutionnaire avait surtout pris des nouvelles du jeune pirate. Mais c'est la suite qui l'avait interpellé. En dépit des grésillements, il avait entendu les mots « renverser royaume », bien que le pays en question fasse partie de ce qu'il n'avait pas pu entendre. Le ton avait suggéré que c'était une question. La réponse du révolutionnaire avait été incompréhensible, outre sur ce qui devait être la fin, jusqu'à ce qu'il se coupe lui-même. Il y avait eu un long silence empli de grésillement, avant qu'il ne revienne et ne se remette à parler en baissant la voix.
Cela voulait dire qu'il allait transmettre une information sensible à un rookie. Pourquoi ? Qu'est-ce que ça pouvait être ?
Tout ce qu'il avait entendu été « kotique » et a ne se rapprochait d'aucun code qu'il connaissait. Mais quel que soit le mot entier, ça avait suffi pour que Mugiwara prenne lui aussi la peine de s'assurer que personne ne les surprendrait.
Ils avaient parlé en code.
Malgré le fait que la conversation soit protégée, ils discutaient d'un sujet assez sensible pour prendre la peine d'utiliser des codes et parler à voix basse. Ils avaient parlé de deux autres personnes, des femmes répondant à l'appellation d'Aînée et d'Allumette, puis il y avait eu le mot Yog et une durée de deux semaines. Il avait aussi été question de traque, mais la conversation était trop brouillée pour que cela fasse le moindre sens.
Mais la toute fin de la conversation lui était restée dans le cerveau, comme imprimée au fer rouge.
La Grand Line n'était pas un parc d'attraction, pourtant, le révolutionnaire avait souhaité à Mugiwara de bien s'amuser. Un autre code ? Peut-être. Aucune personne saine d'esprit ne considérerait qu'un voyage jusqu'au fin fond du monde comme « amusant ». Et malgré les interférences, Mugiwara avait rigolé en réponse, avant de dire au revoir « Nii-chan ».
Est-ce que c'était un code pour désigner le révolutionnaire ou Mugiwara avait bel et bien un frère aîné dans la Révolution ?
