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PROLOGUE

Bella

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Seattle … samedi 6 février 2010 à 14 h 13

"Attends, attends, attends," soufflai-je en secouant la tête. "Quelqu'un a vraiment écrit ça à l'un des gars de leur équipe?"

J'étais chez moi avec Alice et Rose, mes meilleures amies. Jasper et Emmett, leurs maris et mes amis aussi, servaient actuellement en Afghanistan.

Alice hocha la tête, paraissant dégoûtée. "Ouais, la garce le blâme pour cela. Parce qu'il a rejoint l'armée, elle doit rester avec lui et être seule – elle le trompe, d'après Jasper."

Je secouai la tête incrédule. "Comment sait-il qu'elle le trompe? Elle l'a dit?"

Rose ricana. "Comme si cette écervelée pouvait admettre cela. Bien sûr que non. Emmett a dit que le sergent avait appelé une de leurs amies communes qui avait mentionné quelque chose concernant un professeur et des crédits supplémentaires… elle fit trainer en longueur les mots 'crédits supplémentaires', en roulant des yeux.

"C'est affreux," murmurai-je, surtout pour moi-même.

Les soldats avaient déjà une vie assez difficile. Des milliers de kilomètres loin de leurs amis et de leur famille, entourés par le désert ou la jungle et au beau milieu d'une zone de guerre. Et se faire traiter ainsi… Alice avait raison, garce lui convenait très bien. Se faire traiter de la sorte était horrible.

"Il va mieux," Rose ricana et Alice souffla. "Emmett et Jasper l'ont convaincu de lui envoyer tout un tas de photos de femmes sexy…"

"Jaz dit qu'ils ont récolté une cinquante de photos!" intervint Alice en riant.

"Et il les lui a envoyé avec la sienne en lui disant qu'il avait écrit à toutes ces femmes, qu'il n'arrivait plus à se souvenir laquelle était la sienne, donc il lui a demandé de la récupérer et de lui renvoyer le reste," conclut Rose d'un air satisfait. "C'est Emmett qui a eu l'idée des photos et Jaz a trouvé ce qu'il fallait écrire."

"Seigneur… c'est très mal. Génial mais très mal," admis-je.

"N'est-ce pas?" Alice sourit. "Je plains presque cette fille."

En secouant la tête je m'abstins de dire quoi que ce soit. Je savais par les histoires que Charlie – mon père – racontait, ainsi que par celles que j'avais entendues de la bouche d'Emmett et de Jasper, comment la vie des soldats au jour le jour pouvait être. Et à mon avis la garce n'avait que ce qu'elle méritait… et elle avait de la chance que ce ne soit pas pire.

"Je me sens tellement mal pour lui," dis-je après une minute. "Je me demande…" Je pinçai ma lèvre inférieure en réfléchissant.

"Tu te demandes...?" demanda Alice après un instant de silence.

"Vous savez des choses sur lui?"

"Il aime lire," répondit Rose la première. "Emmett dit qu'il est toujours en train d'emprunter des livres à quelqu'un."

Alice regarda Rose et hocha la tête avant d'en revenir à moi. "Je sais qu'il aime la musique. J'ai envoyé des écouteurs pour son iPod une fois qu'ils étaient cassés. Jasper les a vu dans la poubelle et savait à qui ils appartenaient alors il m'a demandé de lui en procurer d'autres."

"Pourquoi?" dit Rose en fronçant les sourcils.

Je haussai les épaules et dis : "Je pensais lui envoyer un colis. Je sais que Charlie aimait en recevoir et je sais que vos maris apprécient les vôtres. Je me sens tellement mal pour lui et je voudrais qu'il sache qu'il n'est pas seul… que quelqu'un pense à lui et le remercie pour son travail … pas comme l'autre."

Les filles approuvèrent et sourirent.

"C'est une idée géniale, Bells," dit Alice. "Je t'envoie son adresse dès que je rentre."

"Est-ce que tu vas lui envoyer des cookies?" sourit Rose. "Si tu le fais, tu as intérêt à en mettre pour les gars. Ça fait un bon moment qu'il n'en ont pas eu."

"Oui j'enverrai des cookies," ris-je. "Mais je ne peux pas promettre qu'ils en auront. Et si j'en faisais pour eux? Vous pourriez en mettre dans votre prochain colis?"

Elles acquiescèrent et ensuite nous nous installâmes pour regarder le film que nous avions choisi.

OOO

Le dimanche je me levai et décidai que j'allais faire des cookies, j'allai donc acheter ce que je pourrai mettre dans le colis du Sergent Masen le lundi matin.

Je savais que je ne pouvais pas acheter des biscuits avec des pépites de chocolat, elles allaient fondre. Après avoir vérifié rapidement je réalisai que j'avais tout ce qu'il fallait pour faire mes cookies à la cannelle qui sont non seulement délicieux mais qui supporteraient le voyage.

Un peu plus d'une heure après, la cuisine était propre et je sortis la plaque à biscuits du four. Je savais que je devais attendre jusqu'à ce qu'ils aient refroidis et je savais que je ne devrais pas en goûter du tout – mais ils sentaient et paraissaient si délicieux que je ne pus pas m'en empêcher et j'en pris deux en jonglant avec parce qu'ils étaient extrêmement chauds. Ils fondirent délicieusement dans ma bouche.

Je les laissai refroidir pendant que j'allais me préparer pour faire des courses.

OOO

Le centre commercial était toujours bien fréquenté même le dimanche après-midi. C'était pénible d'être au milieu de cette foule mais j'avais des choses amusantes à mettre dans le chariot. J'avais fait quelques recherches en ligne pour savoir ce qu'il fallait que j'achète : déodorant, dentifrice, mousse à raser, crème solaire, des lingettes… ainsi que d'autres produits d'hygiène courants.

Je fis une halte dans le rayon des films. Je pensais acheter quelques livres mais je décidais d'aller à la librairie. Ils auraient un choix plus vaste et il y aurait moins de monde.

Tout cela plus des biscuits ferait un colis correct, pensai-je, venant d'un complet étranger. Je voulais écrire une lettre pour l'inclure dans le colis en lui disant que s'il avait besoin de quelque chose de spécifique qu'il me le fasse savoir. J'espérai qu'il comprendrait que même s'il ne me connaissait pas, je le soutenais, lui et ses hommes et que je m'en occuperai tant qu'ils seraient là-bas.

Si ça le faisait sourire et lui donnait un peu d'espoir tant mieux.