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17 – Bella

Seattle… vendredi 23 avril 2010, 20 h 16

"J'ai essayé au début de garder tout ça sympathique entre nous mais il se trouve que je ne peux pas. Et je ne sais pas ce que ça signifie."

"J'ai essayé d'être un gentleman dans notre relation mais j'ai peur que quand nous nous parlerons demain tout ce que j'ai commencé à ressentir pour toi sera partout sur mon visage."

Je m'assis sur le canapé fixant la télévision sans la voir et mon esprit retourne vers le dernier mail d'Edward – et ces deux lignes en particulier. Dire que ces mots m'avaient touchée serait un euphémisme. C'était fou – je savais que ça l'était! - mais il semblait qu'il ressentait la même chose que moi…

Nous étions passés de l'amitié à… quelque chose de plus.

C'était effrayant de voir à quelle vitesse mes sentiments avaient changé pour un homme que je n'avais jamais rencontré. Dès la première lettre j'avais été intriguée. Son sens de l'humour – comparer son ex à la sorcière de l'ouest, bon sang, c'était brillant. J'avais appris qu'il aimait lire et qu'il appréciait la musique autant que moi - qu'il soit musicien rajoutait un bonus. Il semblait avoir de la personnalité à revendre.

Puis quand il m'avait appelée chef cookies en me taquinant et me disant que tous ses biscuits n'avaient pas fait le voyage, il m'avait fait bien rire… rire comme une fillette de douze ans.

Pendant les deux derniers mois, l'attirance que je ressentais pour Edward – sans savoir combien il était beau physiquement – avait continué à croître. Connaitre l'histoire de ses parents et celle de Carlos Mendez, qu'il avait perdu à Kandahar m'avait montré qu'il était un homme bien. Quelqu'un d'autre ne se serait pas occupé de son père comme il l'avait fait alors qu'il n'avait que dix-huit ans, un autre n'aurait pas été si affecté par la mort d'un membre de son équipe – comme je lui avais dit, c'était la guerre et il y avait des conséquences. Mais non, il pensait à la femme du jeune soldat et à leur futur enfant. Quand il m'a dit qu'il avait écrit une lettre à la femme du soldat j'avais été incapable de retenir mes larmes sachant combien il se débattait avec ce fait que ce jeune homme avait toute la vie devant lui et qu'il était mort à sa place. Seul un homme bon peut ressentir les choses de cette façon et être en mesure de les exprimer. Edward l'avait fait. D'une certaine façon il me rappelait Charlie parce que mon père est le gars le plus droit que je connaisse.

Nous avions les mêmes goûts en matière de films, de musique et nous semblions apprécier nos taquineries et notre flirt – et j'aimais ça. Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas été capable d'apprécier tous les aspects d'une conversation avec un homme qui ne pensait pas seulement à me mettre dans son lit. Edward pouvait me suivre, me faire aller plus loin et c'était vachement sexy et fascinant.

Mes pensées revinrent vers son dernier mail. J'étais heureuse de ne l'avoir ouvert qu'après les cours parce que n'étais pas sûre que j'aurais pu rester efficace pour le reste de la journée…

"Mais je ne peux pas te faire de promesses, Bella et putain, ça m'énerve vraiment beaucoup. Tu pourrais te trouver un homme, un qui pourrait être là-bas avec toi. Tu mérites un avenir et je ne peux pas t'en promettre un. Tu dois savoir toutes ces choses avant que nous nous retrouvions sur sKyPe demain et je te laisse une porte de sortie parce que tu la mérites … mais j'y serai quand même. Même la guerre ne pourra pas m'en empêcher."

Il m'avait donné beaucoup à réfléchir. La connexion que nous avions était forte ainsi que ce que je ressentais pour lui, il était intelligent, drôle, sexy, pouvais-je continuer dans ce sens… peu importe ce que c'était … avec lui? Je vivais chaque jour avec l'inquiétude que quelque chose puisse arriver à Charlie à cause de son travail. Pouvais-je vivre avec le fait - pour au moins six mois - qu'Edward soit coincé dans une zone de guerre et qu'à chaque instant il pouvait se faire tuer?

La pensée de le perdre ainsi fit monter une boule dans ma gorge et je respirai profondément pour m'empêcher de partir en courant vers la salle de bain et rendre le déjeuner que j'avais pris plus tôt. Si quelque chose lui arrivait ça me dévasterait… et arrêter maintenant serait inutile.

Une expression stupéfaite passa sur mon visage tandis que je réalisais ce que ça signifiait.

J'étais déjà complètement amoureuse d'Edward Masen, inconditionnellement et irrévocablement.

Je me dégageai du plaid que j'avais pris et roulai sur le côté regardant le plafond, essayant d'éclaircir ce que je ressentais.

Deux heures plus tard, je regardai l'heure et décidai qu'il n'était pas trop tard pour appeler les filles. J'avais besoin d'un conseil et, en tant qu'épouses de soldats, elles seraient parfaites pour cela. J'attrapai le téléphone et composai le numéro d'Alice en premier.

"Bella!" s'écria-t-elle, me faisant éloigner le téléphone de mon oreille et rigoler. "Quoi de neuf?"

"Hé ne quitte pas. J'appelle Rose."

Elle acquiesça et je composai le numéro de Rose sur l'autre ligne, elle répondit après deux sonneries.

"Désolée j'étais en train de faire rentrer les chiens," dit-elle essoufflée. "J'ai dû courir au téléphone."

"Pas de problème. Alice est là aussi."

Elles se saluèrent rapidement et puis Rose dit : "Vas-y parle. Qu'est-ce qu'il se passe?"

"Rien de grave," m'empressai-je de les rassurer. "J'ai besoin… d'un bon conseil."

Je m'enfonçai plus profondément dans le canapé, pris une inspiration profonde et admis devant elle ce que je venais de réaliser quelques heures plus tôt.

"Je pense que je suis tombée amoureuse d'Edward."