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24 - Edward

Afghanistan… mercredi 12 mai 2010 à 15 h 23

J'avais passé dix-sept jours loin de la base… loin du téléphone, des mails, de la musique, des photos de Bella, autres que celle que j'avais photocopiée et que j'avais usée de l'avoir sortie au moins un million de fois. La base se rapprochait tandis que nous roulions sur la route défoncée.

17 jours. 408 heures. 24 480 minutes. 1 468 000 secondes. Une blessure par balle. Deux victimes de brûlures mineures. Pas de perte.

… dans mon équipe. Il y en avait eu plein de notre côté ou du leur, sans parler des civils qui s'étaient retrouvés coincés au milieu en essayant juste de vivre leurs vies. Une unité des Forces Spéciales était enfin arrivée et avaient mis à terre les derniers enfoirés qui se cachaient dans un petit immeuble. Mon équipe avait assisté à la démolition et au nettoyage et on nous avait renvoyé à la base une fois que ça avait été fini.

"Très jolie," entendis-je, j'avais presque complètement oublié que le Lieutenant Stephens était assis à côté de moi.

"Il me semble aussi," dis-je, incapable de retenir mon sourire et je glissai la photo très usée dans la poche sur ma poitrine. "Elle doit probablement être malade d'inquiétude."

"Nan, Sergent," ajouta Jasper en réponse. "Ali et Rose prendront soin d'elle. Je te promets mec."

Je hochai la tête et regardai par-dessus le hayon, pas la peine de discuter parce que je n'étais pas sûr. J'avais gardé en tête quand j'étais loin, que quand je reviendrai j'aurai un e-mail qui m'attendrait et qui m'annoncerait que toute cette chose entre Bella et moi était terminée. Que la crainte, l'inquiétude et l'attente étaient trop difficiles pour elle. Ou même pire… qu'elle avait trouvé quelqu'un d'autre.

Le camion passa l'entrée et nous arrivâmes. J'allai me lever mais Stephens m'arrêta. Il avait l'air fatigué, il avait des cheveux gris sur les tempes, je ne les avais jamais remarqués auparavant.

"Une seconde Sergent," dit-il en laissant les autres hommes descendre du camion. Quand nous fûmes seuls il dit, "vous avez fait un travail fantastique là-bas fiston. Ne croyez pas que ce soit passé inaperçu."

"Monsieur. Merci monsieur," répondis-je, en hochant la tête.

Il sourit en secouant la tête et me tapa dans le dos. "Allez appeler votre copine. Vous pouvez aller dans le bureau si vous voulez."

Je le remerciai, arborant sans doute le plus beau des sourires mais il ne dit rien tandis que je me précipitai vers le baraquement. Sur mon lit il y avait un colis. Alors que la plupart des hommes voulaient probablement se doucher, mettre des vêtements propres et dormir, la seule chose que je voulais c'était parler à Bella.

J'ouvris rapidement ma cantine, pris mon ordinateur et le colis sur mon lit et allai dans le bureau du commandant. Je jetai un coup d'œil à l'horloge, je savais bien qu'il était trop tôt pour l'appeler mais je voulais l'avoir avant qu'elle ne parte pour le travail.

L'ordinateur démarra et j'ouvris le colis, je savais qu'elle avait envoyé des cookies. Je souris en voyant les différentes choses qu'elle m'avait envoyées mais ce qui m'intéressait en premier c'était les biscuits. J'avalais deux snikerdoodles en ouvrant ma boite mail. Je fus choqué de ne pas voir un mais pas moins de six emails venant d'elle, chacun avec des dates différentes. Une fois que je les eus lus - deux fois - j'avais mangé plusieurs biscuits mais rien ne pouvait calmer la douleur dans ma poitrine. J'attrapai le téléphone et composai le numéro.

"Allô ?" une voix surprise et endormie me répondit.

"Bella," soufflai-je, ma tête tapant contre le mur derrière moi en faisant un bruit sourd.

Elle haleta tout à fait réveillée à présent. "Edward ! Tu vas bien. Tu es rentré," constata-t-elle mais ça ressemblait à des questions aussi.

"Tout ça est vrai ma belle," souris-je, me sentant complet pour la première fois depuis ce qui me semblait être une éternité. "J'ai eu tes cookies," marmonnai-je, en en prenant un autre.

Son rire était doux et heureux. "Il y a plus que les cookies chéri, " plaisanta-t-elle.

"J'en suis sûr," dis-je en rigolant et en fermant les yeux. "Raconte-moi ce que j'ai manqué. J'ai lu tes mails mais… raconte-moi simplement."

Je voulais me perdre dans sa voix et elle fut divinement parfaite me laissant exactement le faire. Elle commença à la minute où nous nous étions séparés devant l'ordinateur et me raconta tout ce qu'il s'était passé pendant deux semaines. De l'histoire des pâtes ratées jusqu'à ce qu'elle faisait au jour le jour avec ses élèves, jusqu'à son ennui de n'avoir pas de nouvelles de moi. Chaque mot semblait être le paradis.

"Dieu, tu m'as manqué," murmura-t-elle et j'entendis toute l'émotion dans sa voix. "Je n'arrive pas à croire à quel point…"

"Tu m'as manqué aussi ma belle," murmurai-je, en secouant la tête sachant combien ces mots étaient vrais. "C'est trop Bella? Est-ce que tu peux vraiment supporter ça ? Moi ?"

"Oh je crois pouvoir te gérer Masen," promit-elle et je rigolai à sa taquinerie sexy.

"Je ne peux pas attendre de te voir essayer," ricanai-je et je me mis à regarder dans le colis pour voir des puzzles, un jeu de cartes, des lunettes de soleil. Quand je tombai sur une enveloppe remplie de photos d'elle ma respiration s'arrêta complètement. "Seigneur Bella…"

Sa réponse fut un rire délicieusement diabolique. "Maintenant bébé ? Ça y est, tu viens de trouver les photos ?"

"Incroyable," grognai-je de désir, parce qu'elle m'avait envoyé des photos d'elle, dans de la dentelle noire sexy comme l'enfer. "Tu es la chose la plus sexy qu'il m'ait été donnée de voir. Je ne peux pas attendre de poser mes mains sur toi…"