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33 - Bella
Seattle ... vendredi 12 mai 2010 à 15h52
"Allez, ma fille. Dépêche-toi !" dit Rose en entrant dans ma salle de classe.
Ça faisait dix minutes que je rangeais et que les enfants étaient partis mais Rose avait terminé une heure avant nous, elle était là depuis que les enfants étaient sortis.
"J'ai fini," soufflai-je, d'un air espiègle. "Où est Alice ?"
"Ici," répondit-elle, passant sous le bras de Rose, en s'appuyant contre la porte. "Tu es prête, Bells ? "
Hochant la tête, j'attrapai mon sac à main et le sac avec mon ordinateur portable, vérifiant que mon tiroir du haut était fermé à clé avant de venir vers les filles. "Mon sac est dans ma voiture. On prend toujours ta voiture, Rose ?"
"Ouais, et non, j'ai déjà mis ton sac dans mon coffre. Veux-tu laisser ta voiture à la maison en premier ?"
J'y réfléchis pendant une minute. "Alice, on est plus près de chez toi. Puis-je la laisser là-bas ?"
"Ouais," répondit-elle, déjà dans le couloir, alors que je fermai la porte derrière moi. "Il faut que je laisse la mienne aussi, alors on se retrouve devant chez moi."
Nous nous séparâmes pour aller vers nos voitures puis Rose et moi suivîmes Alice pour sortir du parking.
OOO
Pendant la première heure, nous parlâmes de l'école, puis rattrapâmes les derniers potins sur nos hommes et décidâmes de ce que nous voulions faire à Forks - tout simplement nous détendre et laisser Charlie prendre soin de nous.
Quand le silence tomba dans la voiture, je sortis finalement mon téléphone et ouvris mon e-mail. Je sentis les papillons dans mon estomac à nouveau quand je vis que j'avais deux mails d'Edward. Je me demandai combien de temps cela allait durer - combien de temps serais-je nerveuse et excitée et combien de temps allais-je ressentir toutes sortes d'émotions quand il m'appellerait ou m'écrirait. Toujours, j'espère. C'était quelque chose que je n'avais jamais ressenti avant.
Au moment où je terminai le premier mail qu'il m'avait envoyé avant de m'appeler ce matin, j'étais en larmes silencieuses. Son câlin virtuel était plus que mon esprit fatigué pouvait gérer sans pleurer. Quand les filles, le souffle coupé, me demandèrent ce qu'il se passait, je secouai juste la tête en levant un doigt, pour leur signifier que j'avais besoin d'une minute. Et je retournai à la lecture du mail.
"Putain de merde !" J'ouvris la bouche, ma mâchoire prête à tomber. "Rose, gare cette putain de voiture sur le côté..."
Aussi vite qu'elle put elle gara la voiture sur le côté de la route, je pense que Rose était inquiète que quelque chose de terrible ne soit arrivé.
Les cris qui résonnèrent à l'intérieur de sa BMW quand je tournai l'ordinateur pour leur montrer les photos qu'Edward avait envoyées, étaient presque assourdissants.
"Bon sang !" gronda Rose. "Nos hommes sont renversants, n'est-ce pas ?"
Alice hocha la tête bêtement, ses yeux sur Jasper sur la photo du trio, un gros plan sur leurs visages avec des sourires sexy. Et je compris ... le sourire d'Edward m'embrasa spontanément.
Après avoir promis de leur envoyer celles avec Em et Jasper, je fermai ce mail en ouvrant rapidement le second, qu'il avait envoyé quelques heures après le premier, après notre trop courte conversation téléphonique.
Ma respiration s'accéléra, mon cœur pulsa plus vite à l'idée d'un colis d'Edward. Et... est-il possible qu'il m'ait envoyé un de ses t-shirts ? Oh putain... J'allais peut-être ne pas survivre à cela.
L'histoire de son père - surtout en sachant ce qui était arrivé seulement quelques années après, fit monter les larmes à mes yeux, à nouveau. J'étais vraiment contente qu'il ait de bons souvenirs de son père. Je ne savais pas ce que j'aurais fait mais savoir qu'Edward n'avait plus aucun de ses parents était juste sacrément triste.
Pour le reste de notre voyage, je lus nos anciens e-mails et regardai toutes les photos de nouveau. Ce n'était pas la même chose que lui parler au téléphone mais pour l'instant ça suffirait.
OOO
De : Bella Swan
A : EAMasen
Envoyé : vendredi 14 mai 2010 à 19 h 40
Reçu : samedi 15 mai 2010 à 07 h 40
Sujet : Saine et sauve
Salut bébé,
Je voulais juste te dire que nous sommes arrivées saines et sauves à Forks. Mon père n'a pas bien compris pourquoi je ne pouvais pas m'installer avec lui pour discuter tout de suite... mdr. Je lui ai juste donné une excuse (je ne me souviens même pas ce que j'ai dit – certainement une absurdité, j'en suis sûre) puis j'ai couru à l'étage pour démarrer l'ordinateur portable pour pouvoir t'envoyer un e-mail. Je sais que je vais devoir m'expliquer quand je redescendrai mais ... Je ne suis pas inquiète à ce sujet. Il t'aimera sachant que tu me rends aussi heureuse, avant même de te rencontrer en personne.
Oui, c'est étrange d'être appelé dans le bureau du lieutenant. Je suis sûre qu'il n'y a rien à craindre. On dirait qu'il te respecte et pense que tu fais de l'excellent travail. Il voulait probablement juste vérifier, s'assurer si tu pensais que tout allait bien :)
Voyons voir... souvenir préféré de mon enfance ? Je dirais que les deux ont un lien. Emménager avec mon père quand j'ai commencé le secondaire était super. Nous n'avions pas été très proches car je ne venais le voir que quelques fois par an et c'était si bon de pouvoir passer du temps avec lui, d'apprendre à nous connaitre. Je me souviens aussi d'un été quand j'avais ... environ huit ans, je crois… Ma mère était vraiment dans la poterie cet été-là, et il y avait une foire artisanale à Phoenix (à l'intérieur, bien sûr, parce qu'il faisait trop chaud dehors). Elle m'avait pris avec elle, elle essayait de vendre ses trucs et à la fin de la deuxième journée, je m'ennuyais alors j'ai voulu explorer. Elle a fermé boutique (elle avait vendu seulement une seule pièce ... et purée, ce truc était un canard vraiment bizarre ...) nous avons traîné dans le reste de la foire. Il y avait un tas de choses interactives pour les enfants et elle était là, avec moi, tout le temps, jouant comme si elle avait mon âge. C'est l'un de mes souvenirs préférés avec ma mère, quand je n'avais pas à être l'adulte. J'ai pu agir comme un enfant et c'était ok pour elle d'agir comme un enfant, aussi.
Ok, rapidement "20 Questions" maintenant c'est à moi ... moment le plus gênant ? * sourire * Pour moi, je dois dire que c'était à l'école, avant de venir vivre avec mon père, quand je suis sortie des toilettes de l'école, non seulement avec ma jupe coincée dans ma culotte mais le papier de toilette traînant derrière moi collé à ma chaussure. J'aie été mortifiée tout le temps que je suis restée là-bas. Avec le recul, je peux voir la drôlerie de la situation... mais à cette époque-là ? Pas vraiment ;)
Charlie m'appelle, donc il faut que j'y aille. On se parle bientôt ?
Ta Bella,
P.S. C'est quand ton anniversaire ? Est-ce que je l'ai manqué depuis que nous avons commencé à parler ? Xoxo
