.

46 - Edward

Afghanistan ... mercredi 19 mai 2010 à 17 h 20

Je frottai ma poitrine en attendant la connexion. Les docs m'avaient dépouillé de mon T-shirt et de mon treillis, m'avaient donné quelque chose pour la douleur et m'avaient mis au repos pendant quelques jours. Putain, si seulement cette merde n'était pas si douloureuse !

L'appel se connecta et je jure devant Dieu, que jamais je n'avais vu une plus belle et triste chose de toute ma vie. Malgré ses yeux rouges, gonflés et ce qui semblait de nouvelles larmes se former, Bella était juste... parfaite. Ses yeux rencontrèrent les miens et toute ma douleur se fana parce que la sienne était plus importante. Elle essayait sacrément dur de retenir ses larmes.

"Hey, chérie," soupirai-je, assis un peu en avant. "Je suis désolé qu'ils t'aient réveillée..."

"Juste ... dis-moi que tu vas bien, Edward," m'interrompit-elle et une larme glissa lentement sur sa joue. "C'est tout ce que je demande."

"Oh, bébé, s'il te plaît ne pleure pas. Je vais bien. Je te promets," jurai-je, en frottant mon visage. "Je suis juste un peu amoché, c'est tout."

"Montre-moi," m'ordonna-t-elle, en fronçant les sourcils, et elle était encore putain magnifique, tout en colère et inquiète et autoritaire.

"Maintenant, Sergent !"

"Te montrer ?" demandai-je en souriant. "Bella, ce n'est pas ce genre de coup de fil."

"Edward Masen, si tu ne me montres pas que tu vas bien, je te jure..." Elle souffla sa colère, mais je pouvais voir qu'elle était toujours inquiète. "Ce n'est pas le bon moment de la jouer sexy et mignon. Montre. Moi."

"OK," soupirai-je, en gémissant et grimaçant en tirant sur ma chemise.

Je savais pertinemment que cette merde semblait pire que c'était, même si ça faisait un mal fou. Un hématome long, noir et bleu - avec un peu de rouge pour faire bonne mesure – gisant sur ma poitrine. Une ou deux de mes côtes supérieures semblaient gonflées et cassées mais elles ne l'étaient pas, mes côtes avaient juste pris le choc.

"Que s'est-il passé ?" chuchota-t-elle, des larmes coulaient de son visage et ses yeux suivaient mes mains qui baissaient la chemise.

"Qu'est-ce que t'a dit Alice, mon amour ?" demandai-je, assis à nouveau.

"Je préfère l'entendre de toi."

"Ok," je lui dis tout ce qu'il s'était passé, y compris à propos de Wells. " Putain s'est passé si près, Bella," chuchotai-je, en secouant la tête, la regardant à peine, et tout à coup tout ce qui m'avait effrayé se précipita hors de moi dans un souffle. "Putain, tout ce que je veux c'est venir à toi. C'est tout ! C'est tout. Et il semble que toutes les putains de chances sont contre moi. Que faire si... je veux dire... Que faire si ? J'ai encore quatre mois et demi dans cette merde !"

Un sanglot éclata dans l'ordinateur et je me sentis tout à coup comme un trou du cul.

"Bébé, s'il te plaît, s'il te plaît, ne pleure pas. Je suis désolé," la suppliai-je, voulant la saisir, mais je n'attrapai que les bords de ce putain de bureau. "Je ne voulais pas. J'ai eu tellement peur... Je vais tout foutre en l'air, je le sais."

"Edward," dit-elle en secouant la tête lentement. Les larmes étaient un flux régulier maintenant, et j'aurais donné n'importe quoi pour être en mesure de les essuyer puisqu'après tout c'était ma faute si elles étaient là. "Tu ne vas rien foutre en l'air," souffla-t-elle mais elle ne me regardait pas. Elle regardait ses mains. "Tu ne peux pas faire cela. Tu ne peux pas le faire," radota-t-elle. J'avais peur qu'elle soit en état de choc. C'était comme si elle ne me parlait même pas. "Tu dois être en sécurité, bébé. S'il te plaît. Je t'aime... et rien ne peut t'arriver. Je ne peux pas te perdre. "

Je me rassis vraiment, mes yeux regardant son visage. Je n'étais même pas sûr qu'elle sache ce qu'elle avait dit. Mon cœur explosa dans ma poitrine, ce qui en fait, fit mal contre mes côtes, mais maintenant je devais la calmer parce qu'elle avait besoin de savoir qu'elle n'était pas seule.

"Bella, mon amour ... regarde-moi. Regarde l'ordinateur," lui dis-je, d'une voix aussi calme que je pus, mes mains serrées en poings, parce putain, je voulais la toucher ! Les yeux bruns, doux et inquiets se levèrent vers moi et je pris une profonde inspiration et soufflai, juste pour essayer de calmer mon cœur. "Je suis désolé de t'avoir fait si peur. Je suis désolé que nous soyons tous les deux paniqués." Je souris, en inclinant ma tête vers elle. "Prends une grande inspiration et laisse-la sortir pour moi, ma chérie."

Elle fit comme je lui demandai, essuyant ses larmes avec le dos de sa main. "Tu vas bien ?" demanda-t-elle à nouveau, la voix rauque mais toujours aussi belle.

Je ris, hochant la tête lentement, parce qu'elle était trop douce et mignonne. "Oui. Je te promets. J'ai baissé ma garde pour une fraction de seconde... "

"Eh bien, ne le refais plus !" ordonna-t-elle, en fronçant les sourcils vers moi. "Je le pense, bébé. S'il te plaît ?"

Au lieu de répondre à sa question, je répliquai avec la mienne. "Nous pouvons le faire, non ? Nous pouvons traverser cela ? Nous pouvons endurer l'enfer pour aller au paradis, non ?"

Enfin, elle fit un sourire, un petit rire doux lui échappa. "Oui, mais..." Ses mains recourbées en face de l'écran, comme si elle essayait de m'atteindre à travers l'ordinateur. "Tu dois être très prudent, Edward. Je suis désolée, je ne gère pas ça très bien... tu es mon premier petit-ami à haut risque."

Je ris, en secouant la tête, parce qu'elle avait retrouvé son sens de l'humour. "Tu es parfaite, magnifique. En fait, je m'attendais à ce que tu fuies à cent à l'heure".

"Non, je ne peux pas," soupira-t-elle, en souriant tendrement et en posant son menton sur ses mains. "Tu es coincé avec moi, Sergent."

"Ouais, je vois ça," ricanai-je, en frottant un peu ma poitrine mais mon sourire s'effaça tandis que je la regardais.

Bien que nous ayons eu peur tous les deux, elle était toujours là. Elle était là depuis le début, m'avait montré que je n'étais pas seul et qu'elle n'allait pas partir.

"Mon Dieu, putain tu es si belle, Bella," soupirai-je, finalement m'abandonnant à ce truc qui se passait entre nous. Je ne pouvais plus lutter. "Et je t'aime aussi."