.

62 - Edward

Base aérienne de Ramstein, Allemagne ... lundi 31 mai 2010 à 19 h 26

"Hey, Sergent !" appela Emmett tandis que je passai mes doigts sur ma tête où mes cheveux poussaient de plus en plus. "Va appeler Bells, et après nous sortirons boire une bière, d'accord ? "

"Ouais, je vais le faire," soupirai-je, le cœur douloureux d'envie de parler à ma copine.

Je n'en avais rien à foutre de sortir ou pas, vraiment, mais une bière me paraissait sacrément bien. Nous n'avions pas pu boire en Afghanistan, alors nous allions profiter du peu de cette liberté que l'Allemagne nous offrait. De plus, après le sable, la chaleur et le désert, le vert luxuriant de l'Allemagne était trop attirant pour résister.

J'allai jusqu'à l'endroit où nous pouvions utiliser le téléphone et tombai dans un fauteuil. Mes doigts ne pouvaient pas composer le numéro de Bella assez rapidement.

"Bonjour ?" répondit-elle.

"Hé, ma belle," soupirai-je juste au soulagement que sa voix m'apportait.

"Salut chéri !" chanta-t-elle, semblant heureuse et parfaite. "Où es-tu ?"

"Nous avons atterri ici, à Ramstein, la nuit dernière et la première chose que nous avons faite s'est d'assister à un premier cours ce matin," lui dis-je. "Nous venons juste d'avoir la chance de finalement respirer tranquillement. Comment te sens-tu, ma petite fille à la gueule de bois ?" ris-je.

"Oh," gémit-elle. "C'était horrible, Edward. Crois-moi quand je dis que nous avons fêté pour vous, nous, et probablement des gens qu'on ne connaît même pas. Je vais mieux aujourd'hui mais je suis reconnaissante que tu ne m'aies pas vue samedi."

Je ris et gémis de sympathie pour elle. "Pauvre chose. J'ai dit célébrer, ma chérie, pas t'intoxiquer à l'alcool."

Elle rit. "Je sais, mais on n'a pas pu s'en empêcher. Savoir que vous - les gars - êtes sortis de ce désert était trop. Je ne pense pas pouvoir t'expliquer ce que le fait que vous les gars soyez sortis de là-bas signifie pour nous ".

"Je le sais, bébé. Crois-moi," soupirai-je, en m'enfonçant dans mon fauteuil. "Mon Dieu, ta voix m'a manqué. J'ai lu tes mails, mais raconte-moi quand même ce que j'ai raté."

"Ok," ricana-t-elle, avant de faire exactement ce que je lui demandais. Elle redit tout ce qu'elle avait fait depuis la dernière fois où nous avions parlé au téléphone - la fin de son année scolaire, le bonheur d'entendre que les gars et moi partions d'Afghanistan, la beuverie, le nettoyage de sa salle de classe, la nouvelle attitude de Mike envers elle et la réception des choses que je lui avais envoyées.

"Oh, chéri, il sentait si bon," rit-elle, et je pus imaginer, le doux, tremblement lent de sa tête avec ses joues qui rougissent.

"Je ne sais pas comment ça se fait," ris-je, en haussant les épaules. "Ce n'est pas comme si je portais de l'eau de Cologne ou quoi que ce soit."

Un gémissement sourd retentit sur la ligne. "Vraiment ? Tu sens naturellement de cette façon ?"

Encore une fois, je ris. "Je ne sais pas, Bella. Peut-être que c'est mon savon ou le détergent ou quelque chose. Je n'ai dormi dans cette chose qu'une fois, en fait !"

"Eh bien, j'en veux un autre !" rit-elle. "Je t'enverrai celui-là de nouveau lorsque tu seras Tampa et on fera un échange."

"Pas de problème, ma chérie," dis-je avec un sourire, pensant qu'elle pourrait avoir toute ma garde-robe si c'est ça qui la rendait heureuse.

"Quoi que tu veuilles. C'est à toi."

"Alors combien de temps restes-tu là, chéri ?" demanda-t-elle et je pouvais l'entendre bouger à l'autre bout de la ligne.

"Juste la semaine. Nous avons quelques classes parce que nous avons besoin de cette nouvelle formation. Ils vont nous apprendre à enseigner aux autres. Puis ils nous donnent le temps de décompresser, aussi. Nous venons juste d'être retirés du combat et ils veulent s'assurer que nous sommes tous ... ok, mentalement et physiquement."

"Un autre bilan, Sergent ?" demanda-t-elle mais il y avait un ronronnement dans sa voix qui me fit sourire.

"Ouais, quelque chose comme ça. Ça ressemblera davantage à une évaluation. Une fois que nous serons déclarés aptes et que nous aurons fini cet apprentissage, nous partirons à la fin de la semaine, probablement vendredi ou samedi," expliquai-je.

"Et puis... retour sur le sol américain ?"

"Oui, le sol américain, ma belle," la rassurai-je. "Au moins, il y a seulement neuf heures de décalage entre nous pour l'instant. Bientôt, il n'y en aura plus que trois. Ça diminue."

"Lentement," murmura-t-elle, mais je pouvais entendre le sourire dans sa voix.

"Ouais, lentement, mon amour," ricanai-je. "Ce qui me rappelle ... Jasper a passé quelques coups de fil aujourd'hui. Nous avons décidé de louer une maison à Tampa en dehors de la base. Ce sera mieux ainsi - un peu plus ... normal. Nous sommes fatigués de voir tout le monde en sous-vêtements."

Le rire doux qui fait écho sur la ligne me fit rire parce que je savais que j'avais laissé une porte grande ouverte.

"Hmm, Sergent... Je ne peux même pas m'imaginer être fatiguée de te voir en sous-vêtements. Je ne peux pas sympathiser, vraiment ..." Sa fausse sincérité était vraiment trop drôle.

"Chut, toi ! Petite chose sexy. Imagine dix hommes malodorants à la fin de la journée, tous en train de se gratter le cul et de péter. Allez dis-le ... " ris-je, en laissant ma tête retomber sur le dossier du fauteuil.

"Non," dit-elle, mettant accent sur la dernière consonne. "Je ne peux pas aller plus loin que toi dans les sous-vêtements, Edward. Désolée. Et je refuse absolument de penser aux sons désagréables d'Emmett. Il peut être un tel porc."

"Oui, et bien... maintenant tu peux voir le problème," lui dis-je. "On parle trop d'Emmett… Merci beaucoup."

"Eh eh," se moqua- t-elle. "Non, non, non... Je ne t'écoute pas... la, la, la."

En riant, je secouai la tête. "Je t'aime, fille stupide."

"Je t'aime aussi." Elle soupira profondément. "Tu dois y aller, non ?"

Je grimaçai, débattant de dire aux gars d'y aller sans moi mais j'avais promis à tous mes hommes que nous nous retrouverions au pub du coin. Par l'enfer, je préfèrerai parler toute la nuit avec Bella mais une promesse est une promesse.

"Oui, chérie. Les gars veulent aller boire une bière et je leur promis que j'irai. C'est la première fois depuis très longtemps que nous pouvons sortir," expliquai-je, en espérant qu'elle n'était pas en colère.

"Sortir ? Où ?"

"Il y a un pub dans le coin, non loin de la base, les soldats y vont. Il est censé être très bon et on y parle anglais," répondis-je, en fronçant les sourcils quand l'autre extrémité de la ligne devint très calme.

"Ok," concéda-t-elle doucement. "Je vais t'écrire ce soir afin que tu aies quelque chose pour demain. Je sais que tu seras occupé cette semaine. Réponds quand tu le pourras ? " La dernière chose qu'elle dit ressemblait à une question.

"Toujours, tu le sais." Je fronçai les sourcils mais je levai ma tête quand j'entendis mon prénom.

"Sergent ! Allons-y mec !" tonna Emmett. "Salut, Bells !" cria-t-il pratiquement au téléphone dans ma main.

"Tais-toi, Emmett," craquai-je, en le repoussant. "Bella, je ..."

"...dois y aller !" finit-elle pour moi. "Prends soin de toi, Edward. Je t'aime."

Avant que je puisse dire quelque chose, elle avait raccroché.

Ils sont enfin sortis de la zone de guerre … mais qu'arrive-t-il a Bella … A vos claviers ?