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Chapitre 65 - Bella

De : Bella Swan

A : EA Masen

Envoyé : mardi 01 Juin 2010 à 12 h 32

Reçu : mardi 01 Juin 2010 à 21 h 32

Sujet : Putain, je suis tellement stupide ...

Bébé, je suis tellement désolée. Je te jure que je ne voulais pas douter de toi ou de tes sentiments pour moi. Si tu n'es pas trop en colère contre moi, pouvons-nous nous parler sur sKyPe ?

Ou même simplement... au téléphone ? J'ai besoin de te voir ou au moins d'entendre ta voix.

Je t'aime ...

ooo

Seattle... mardi 01 Juin 2010 à 12 h 47

Après avoir envoyé le mail à Edward, je me recroquevillais sur le canapé avec l'ordi portable - sKyPe ouvert et connecté - mon téléphone portable et une boîte de mouchoirs à moitié vide. Je portais son t-shirt depuis que je m'étais changée pour aller au lit la veille et pendant que j'attendais de voir s'il allait me contacter tout de suite, je faisais tourner ses plaques d'identification entre mes doigts.

J'avais vraiment été idiote. Je n'avais vraiment aucune excuse pour cela, vraiment... J'avais peur, mes insécurités avaient refait surface et je nous avais laissés tomber. Je lui avais fait du mal, je pouvais le dire et cette pensée me tuait. Je ne pouvais qu'espérer maintenant qu'il me permettrait de faire…

Le bruit dans mes haut-parleurs portables indiquant un appel entrant me sortit de mes pensées. D'une main tremblante, j'appuyai sur Accepter, puis j'attendis, en rongeant mon ongle pendant que la connexion se faisait.

Quelques instants plus tard, Edward apparut sur mon écran. Il avait l'air aussi émotionnellement secoué que moi et les larmes jaillirent à nouveau, sachant que c'était moi qui lui avais fait ça.

"Oh, Bella," soupira-t-il, en passant sa main sur sa tête tandis que je séchais mes larmes avec le dos de ma main. "Ne pleure pas, mon amour. Nous allons traverser tout ça, je te le promets. "

J'acquiesçai en reniflant. "Je sais. Edward, je suis désolée. Je n'ai vraiment aucune excuse, sauf mes vieilles peurs qui ont resurgi. Je n'ai jamais été assez bien alors pour un moment, j'ai pensé que ce serait mieux de te donner une porte de sortie, de te laisser partir, plutôt que d'affronter le déchirement plus tard si tu décidais que je n'en valais plus la peine... que ce que tu ressentais était dû à la guerre et ce que tu éprouvais à l'époque n'était pas la réalité."

Il secoua la tête, pendant que je parlais. "Ma chérie, il n'y a rien à propos de ce que je ressens pour toi qui n'est pas réel. L'Afghanistan, Seattle, la lune, maintenant, dans cinquante ans à partir de maintenant... Où que je sois, peu importe où, cela ne changera jamais, putain. Tu dois comprendre cela, Isabella. Tu es faite pour moi, bébé."

Pliant mes genoux, j'enroulai mes bras autour d'eux et posai mon menton dessus, calme tandis que je le regardais. Il était torse nu, exposant les contusions qui commençaient à s'estomper et à devenir jaunes et vertes, les yeux écarquillés et sincères pendant qu'il regardait droit dans mon âme à travers la caméra.

Hochant la tête à nouveau, je murmurai, "Je te crois, Edward je veux toutes ces choses avec toi, je les veux trop. Je les veux tellement que ça me fait peur. Je n'ai jamais ressenti ça pour quelqu'un avant et je suppose que quand j'ai réalisé que tu avais d'autres choix, je pensais que tu choisiras quelqu'un d'autre. Ça ne serait pas la première fois qu'un homme choisirait quelqu'un d'autre que moi."

"Ce putain de chien," grogna Edward, me faisant sursauter quand il abattit son poing sur le bureau à côté de son ordinateur portable, faisant trembler l'écran. "Bella, ma chérie, tu vaux cent fois plus que ce trou de cul. C'est le fils de pute le plus stupide de la planète de ne pas t'avoir chéri quand il t'avait. Crois-moi quand je te dis que je ne vais nulle part."

Je pleurai encore, mes larmes ruisselant sur mon visage et sur le t-shirt qui couvrait mes genoux.

La voix d'Edward devint douce. "Je t'aime, Bella, plus que je ne le croyais possible. Aucune distance ou zone de guerre ne pourra changer cela. S'il te plaît, dis-moi que tu me crois, ma chérie. Ça me tue de penser que tu ne le sais pas."

"Non ! Non, Edward, je le sais. Je n'ai jamais pensé cela. J'ai juste..." Je m'arrêtai, me rendant compte que ce que j'avais l'intention de dire n'était pas important. "Tu sais quoi ? Il n'y a vraiment pas d'excuse ni de raison. Ce qui importe, c'est que je suis une idiote, je sais que tu m'aimes et je t'aime tout autant. Peux-tu me pardonner d'avoir paniqué pour si peu ? "

Le lent sourire qui orna son visage me réchauffa directement le cœur. "Bébé, il n'y a rien à pardonner. Tant que tu ne doutes pas de mon amour pour toi ou de ta capacité à être aimée à nouveau, ça se passera bien. Et Bella ? "

"Humm ?"

"Je vais passer le reste de ma vie à te prouver à quel point tu es aimée, donc prépare-toi pour cela ..."

Je ris doucement, en lui souriant. "Je peux gérer cela," lui promis-je.

"Bien."

Nous restâmes silencieux pendant une minute, profitant juste de l'instant, avant que je pense à quelque chose.

"Hey, Sergent... tu n'as pas répondu à cette question : les filles et moi on peut faire le voyage en Floride pour vous voir à la sortie d'avion ?" Je souris malicieusement jusqu'à ce que je voie son sourire faiblir.

Il soupira. "Je suis désolé, ma chérie. Je déteste te le dire mais j'ai vérifié avec les gars ici. Nous allons rentrer par un avion-cargo, pas sur un vol commercial et ils ne permettent pas aux civils de venir vers ces avions."

Les larmes me montèrent aux yeux de nouveau ce qui me fit soudainement réaliser à quel point j'avais hâte de le voir.

"Je ne pense pas pouvoir attendre octobre pour te voir en personne," murmurai-je, séchant les quelques larmes qui étaient tombées. "Je ne suis même pas sûre de pouvoir attendre jusqu'à mon voyage pour voir ma mère plus tard cet été."

Frottant son visage avec une main, Edward secoua la tête. "Je ne peux pas, non plus, mon amour," fit-il en écho, le visage peiné. "Nous trouverons un moyen, Isabella. Parle avec les filles, vois avec Charlie et ta mère. Les gars et moi allons voir comment ça se passe au travail. Je suis sûr que nous serons occupés au début mais je parie que ça va se calmer rapidement. Nous pourrons parler d'une visite le mois prochain, ok ? "

J'acquiesçai, me mordant la lèvre inférieure pour un moment afin d'empêcher plus de larmes et je souris ce qui fit sourire Edward aussi.

Il détourna les yeux pendant une seconde et quand il regarda derrière lui, le sourire fut remplacé par un petit froncement de sourcils. "Je suis désolé, ma dulcinée. Je dois y aller. Il y en a d'autres qui attendent d'avoir un peu de vie privée dans cette petite pièce et j'ai besoin de dormir un peu. Nous avons une autre séance de formation le matin avant cinq heures."

J'acquiesçai en soupirant. "C'est très bien," lui dis-je en souriant doucement. "Cela signifie que ce jour qui passe te rapproche un peu plus de la maison."

Il sourit. "C'est vrai, Mlle Swan. Nous allons bien maintenant ?"

"Mieux que bien," l'assurai-je. "Envoie un mail quand tu peux ?"

"Dès que j'ai fini ma journée, mon amour, je te le promets."

"Je t'aime, Edward," murmurai-je, tendant la main pour toucher sa joue sur l'écran, souhaitant que ce soit sa peau et pas seulement son image sur l'ordinateur portable.

"Pour le reste de ma vie, Isabella," dit-il fermement, en touchant sa poitrine où était son cœur.

Je tendis la main pour raccrocher mais je souris juste avant d'appuyer sur le bouton. "Oh, et Sergent ?" Lorsqu'il souleva un sourcil, je le taquinai, "Une maison et des chambres individuelles ? Pas assez privé pour ce que je veux faire avec toi mais ça va le faire... pour l'instant."

Je retins mon rire à son expression stupéfaite jusqu'à ce que j'appuie sur le bouton pour me déconnecter puis je ris en roulant sur le dos, essuyant les larmes fraiches de mes yeux, me sentant plus détendue et soulagée que depuis presque vingt-quatre heures.