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88 – Edward
Tampa… vendredi 18 juin à 20 h 13
Je pris une longue et lente gorgée de ma bière en regardant à l'intérieur du club. Mon but n'était pas de me souler mais il fallait que je digère cette très longue semaine et cette émotion difficile qui m'était parvenue à cause du coup de fil de Bella, juste avant que nous quittions la maison.
La seule chose qui pouvait me déranger dans ce club surchargé c'était…
"Hey les gars vous dansez ?"
Je posai mes yeux sur un Emmett souriant avant de les relever vers les deux filles qui s'étaient approchées. Elles étaient blondes, jolies d'une certaine façon, elles agissaient, étaient habillées et parlaient simplement comme toutes les autres filles ici mais je secouai simplement la tête.
"Non merci, mesdames," dit Emmett aussi poli que je l'étais mais ça n'empêcha pas les regards boudeurs qu'elles nous firent quand elles s'éloignèrent, comme les filles qui étaient venues moins de dix minutes avant elles.
Jasper regarda son téléphone et le rangea très vite avant de prendre une gorgée de sa bière.
"Rien ?" demandai-je, parce qu'aucun des deux n'avaient reçu de nouvelles de leurs femmes et elles devaient être arrivées chez Charlie à présent.
"Nan," répondit-il en regardant dans la salle en souriant et en haussant les épaules. "Ne t'inquiète pas. Elles vont bien."
Je pris une grande lampée de ma bière et mon cœur se serra en entendant la chanson qui commençait : Come Home de One République. C'était l'une des chansons tristes et douces que Bella m'avait envoyée. Je reposai ma bière et envisageai d'aller faire un tour dehors au moins jusqu'à ce que la chanson se termine.
"Hey mon beau puis-je avoir cette danse ?" entendis-je derrière moi.
Je soupirai, mes épaules s'affaissèrent jusqu'à ce que je regarde les gars face à moi. Jasper essayait, comme un diable, de cacher son sourire mais je pouvais encore le voir tandis qu'il se concentrait sur la bouteille de bière qu'il tenait dans ses mains. Emmett souriait en attendant que je réponde à la demande.
Je secouai déjà la tête avant de la voir mais quand je me tournai je me figeai. C'était un rêve que j'avais fait des millions de fois au cours des derniers mois. Je pensai que j'avais déjà sûrement bu trop de bière.
Là, debout, c'était Bella. Ma Bella dans toute sa perfection.
Seigneur, elle était éblouissante. Ses doux yeux bruns avaient des taches d'or – quelque chose qu'aucune photo ni caméra n'avait pu capturer – tandis qu'elle me regardait nerveusement. Ses cheveux avaient un léger reflet rouge mais seulement quand les lumières brillaient sur elle d'une certaine manière. Mais c'était le mordillement soucieux de sa lèvre inférieure qui me ramena à la réalité.
"Bella ?" soufflai-je, en descendant de mon tabouret de bar, voyant tout juste deux autres femmes rejoindre Emmett et Jasper. "Tu es … ici ?"
Elle rigola et hocha la tête et je le jure devant dieu c'était encore mieux de l'entendre directement qu'au téléphone. "Oui je suis ici. Joyeux anniversaire, Edward."
"Ouais… bon anniversaire Edward," entendis-je derrière moi.
Ma tête se tourna et je les vis tous les quatre qui me souriaient. Je reconnus Alice et Rose, je les avais vues en photo des milliers de fois mais ils nous laissèrent seuls, je me tournai vers Bella incapable de me retenir de la toucher.
Avec le dos de mes doigts, j'effleurai sa joue et dis, "Je ne rêve pas, n'est-ce pas ? Je ne suis pas chez moi abruti par l'alcool ?"
Bella rit. "Non chéri. Tu es réveillé."
"Bien," rigolai-je, en me rapprochant tout près d'elle. Je passai mes bras autour d'elle et la soulevai, inhalant son odeur parfaite et pure tandis qu'elle poussait un petit cri de surprise mais ses bras s'enroulèrent autour de moi. "Seigneur je n'arrive pas à croire que tu aies fait ça !"
"J'ai eu de l'aide," murmura-t-elle, contre ma mâchoire et une sensation d'électricité parcourut tout mon corps. " Et je te promets de tout raconter mais je voudrais vraiment danser…"
En riant je la reposai sur ses pieds. "Tout ce que tu veux… viens."
Je pris sa main et entrelaçai nos doigts et c'était parfait. C'était comme enfiler mon jeans préféré. Rien ne m'avait jamais paru aussi confortable jusqu'à présent.
Trouvant un petit espace libre, je la pris contre moi, ne laissant pas le moindre espace entre nous. Aussi longtemps qu'elle serait avec moi et tant qu'elle me laisserait le faire je n'arrêterai pas de la toucher.
J'avais un million de questions sur le bout de la langue mais rien ne sortait tandis que je regardais cette magnifique fille dans mes bras, qui me regardait aussi, mordillant sa lèvre, encore. Je la connaissais suffisamment bien pour savoir que quelque chose l'inquiétait.
"Nerveuse ?" demandai-je, en attrapant ses bras et en les posant autour de mon cou, comme ça elle était encore plus près de moi. Son corps s'adaptait parfaitement au mien comme si elle était ma moitié manquante.
"Un peu," ricana-t-elle, son petit nez se fronça adorablement. "J'étais très excitée de te faire cette surprise jusqu'à ce que nous soyons très proches de toi et puis plein de choses me sont passées par la tête en même temps."
J'acquiesçai, cela expliquait sûrement son cauchemar.
"Et toi ?" demanda-t-elle.
Je ris en haussant les épaules. "Je ne sais pas amour. Je crois que je suis encore sous le choc. Et tu es encore plus belle en personne," lui dis-je honnêtement, arrivant finalement à toucher ses cheveux, ces cheveux sur lesquels j'avais fantasmé pendant de longs mois. Je les éloignai de son visage et c'était tout aussi doux que ce que j'avais imaginé, des fils de soie entre mes doigts.
Bella rougit et rit un peu tandis qu'elle caressait mon visage avec ses petits doigts, mon sourcil puis ma mâchoire, l'os de ma joue puis elle caressa mes cheveux. C'était naturel, facile comme si elle faisait ça depuis longtemps.
"Tu es si sexy," rit-elle, ses yeux ne quittaient jamais les miens tandis qu'elle répétait ces mêmes mots, ceux qu'elle avait dits la première fois qu'elle m'avait vu en photo. "Mais encore mieux en personne chéri."
Et simplement ainsi… toute la nervosité se dissipa. Comme lors de notre première conversation sur sKyPe, comme à chaque coup de fil, chaque lettre, chaque putain d'e-mail : c'était nous tout simplement. Nous rîmes et je ne pus m'empêcher de la serrer un peu plus, mon front tomba contre le sien.
Je savais que la chanson était presque finie et je n'avais aucune indication pour la suivante mais j'avais seulement une question.
"Pourquoi ?" murmurai-je mais elle m'entendit et elle comprit immédiatement.
"Parce que nous le pouvions, parce que je ne pouvais plus attendre et parce que ton anniversaire semblait l'occasion parfaite," chuchota-t-elle. "Parce que je t'aime…"
"Putain, je t'aime aussi," respirai-je, mes yeux ne quittant jamais le brun doux tandis que je disais les mots les plus vrais que j'aie jamais prononcés. En fait j'étais sacrément sûr que je venais de tomber amoureux d'elle à nouveau. Au lieu que ce soit lentement comme ce qu'il s'était passé pendant ces longs mois où nous nous étions écrit, c'était le coup de foudre, en un putain d'instant, comme être écrasé par un camion. "Bella, chérie, je…"
"Embrasse-moi, Edward," m'ordonna-t-elle dans un souffle et ça y était, elle m'avait simplement demandé de faire la seule chose que je voulais faire.
En cet instant nous ne dansions plus, nous nous balancions tout juste en musique. Doucement sans jamais quitter son front du mien, j'effleurai ses lèvres des miennes. Je voulais vraiment savourer ce moment et je le jure devant dieu, j'essayai mais c'était impossible. Je balayai ses lèvres des miennes, celle du haut puis celle du bas et je revins en haut, je perdis toute retenue lorsque la langue de Bella se glissa dehors et que ses petits doigts fermes tirèrent sur mes cheveux.
Je me reculai juste assez pour pouvoir glisser ma main derrière sa nuque. Son doux gémissement me stimula et ma langue glissa langoureusement avec la sienne, tourbillonnant, dégustant, affirmant. Essayant de tout faire pour ne pas la dévorer vivante sur la piste de danse, je ne peux m'empêcher de me délecter de son goût de menthe et de Bella, qui ne ressemblait à rien de ce que j'avais goûté auparavant et dont je ne pourrais plus jamais me passer. Nos nez se touchèrent pendant que nos têtes bougeaient. Maintenant que je l'avais dans mes bras, je n'étais plus sûr de pouvoir arrêter, surtout quand sa main était dans mes cheveux et que l'autre tirait sur ma chemise.
Mon corps s'alluma comme le filament d'une ampoule, ma peau picota à cette sensation : elle contre moi, ses lèvres sur les miennes. C'était beau, parfait, une douloureuse torture parce que même si je ne le voulais pas il fallait que je m'éloigne un peu.
La chanson changea et j'avais raison, elle était plus rapide, plus optimiste et elle freina le désir qui bouillait en moi. Une caresse supplémentaire sur ses lèvres et sur son front, je soupirai en fermant les yeux.
"C'est le meilleur cadeau d'anniversaire que j'aie jamais eu," murmurai-je dans ses cheveux, sur le côté de sa tête en souriant quand elle se mit à rire doucement. "Combien de temps puis-je espérer te garder?" lui demandai-je à l'oreille avant de la regarder, elle était resplendissante.
"Deux semaines," gloussa-t-elle, et le rougissement envahit ses joues. "Juste assez longtemps pour que tu sois fatigué de moi."
"Jamais," marmonnai-je exagérément contre son cou, incapable de ne pas l'embrasser parce qu'elle était là, sentant la fleur et le péché et toutes ces choses dont j'avais besoin pour continuer à respirer.
"Je suis contente que tu penses ça, chéri." Elle prit ma main et me tira derrière elle en levant les yeux pour trouver nos amis dans la salle bondée. "Viens mon beau. Allons retrouver les autres et on vous expliquera comment on en est arrivées là."
