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102 – Edward

Tampa… samedi 26 juin 201 34

"Où est Edward?" demanda Jasper, pendant que Bella posait le plat de pancakes devant lui et que j'ouvrai la porte d'entrée.

"Il est allé faire une course ce matin," leur dit-elle gardant un visage parfaitement impassible parce que personne n'avait besoin de savoir ce que j'étais allé faire, d'autant plus que c'était ma voiture que nous prendrions aujourd'hui.

"Il a dit qu'il reviendrait vite," dit-elle précipitamment quand Emmett ouvrit la bouche pour se plaindre. "Quand il aura mangé, nous partirons. C'est promis."

Je dus sourire parce qu'elle leur parlait comme s'ils étaient des enfants et qu'elle prenait soin d'eux, les nourrissait et ébouriffait leurs cheveux. Pas étonnant qu'ils l'adorent comme leur petite sœur.

Elle était aussi belle ce matin qu'hier soir, cette fois-ci elle était habillée confortablement. Elle portait un joli petit short kaki et un débardeur vert bleu, ses cheveux étaient attachés en queue de cheval. Pendant une fraction de seconde je sentis de la déception quand je vis qu'elle avait camouflé mon suçon sur son cou avec du maquillage mais je supposai que c'était pour le mieux. Je suis sûr que nous n'aurions pas fini d'en entendre parler.

Je fermai la porte, les faisant tous se retourner.

"Il est là !" déclara Bella rayonnante, en me faisant un clin d'œil et en se tournant vers Emmett. "Tu vois ? Je te l'avais dit. Arrête d'agir comme si c'était la fin du monde. Nous irons à ce satané zoo. Vos femmes ne sont pas encore prêtes."

"Ouais, mais…" commença Emmett mais il se tut quand elle leva un sourcil menaçant vers lui.

En riant je pris le siège çà côté de Jasper, au comptoir de la cuisine, et embrassai Bella quand une tasse de café noir et une assiette pleine de pancakes et de saucisses atterrit devant moi.

"Merci mon cœur," ricanai-je, en me penchant pour qu'elle m'embrasse sur la joue.

"Trop tôt pour les démonstrations d'affection en public," marmonna Emmett, en riant quand Bella lui répondit.

"Peut-être… mais est-ce trop tôt pour que je cuisine, hein ?" dit-elle d'une voix trop douce qui lui fit tirer son assiette à lui pour la protéger. "Peut-être que tu es un peu hypocrite. Dois-je te rappeler la fois où Rose et toi nous avez fait expulser de l'International House of Pancakes ? Hein ?" Elle se tourna vers moi. "Ils s'étaient sautés dessus comme des fous dans une cabine à quatre heures du matin."

Je ris ainsi que Jasper qui dit : "Oh oui… je me souviens bien de cela."

"Ne soyez pas jaloux !" se moqua Rose, en riant quand elle arriva dans la cuisine avec Alice, habillées comme Bella.

"Jalouse ? J'étais ivre et affamée !" Elle se mit à rire en roulant des yeux.

"Donc pas jalouse," rigola Alice. "C'était comme regarder un documentaire du National Géographic sur l'accouplement des singes."

Tout le monde explosa hystériquement de rire y compris le couple en question qui n'était pas vexé.

Une fois que tout le monde eut fini de manger et que la cuisine fut rangée – par Alice et moi – je retrouvai Bella dans ma chambre en train de se chausser.

"La voiture était dans quel état ?" rigola-t-elle, ses joues se teintant de rose.

Je ris en soulevant un sourcil et en m'asseyant pour mettre mes chaussures. "Assez moche ma belle," lui dis-je, souriant comme le fier idiot que j'étais. Elle s'approcha entre mes jambes et je ne pus m'empêcher d'embrasser l'endroit sur son cou où ma marque était maintenant camouflée. "Ça sent drôlement bon ici cependant," ronronnai-je, en suivant le contour de son oreille avec mon nez. "Comme nous deux. J'ai détesté avoir à nettoyer… vraiment," lui dis-je à voix basse pendant que mes mains se promenaient sur ses douces jambes nues. "Le court trajet de cinq minutes m'a fait bander."

Bella se mit à rire, un rire doux et sexy avec de la coquinerie. "Tu as donné un pourboire, n'est-ce pas ?"

"Oui tout à fait," rigolai-je, en hochant la tête. "Viens là, amour. Jouons," dis-je, en effleurant ses cuisses jusqu'à la bordure de son short pour m'assurer qu'elle avait bien suivi ma recommandation.

Elle attrapa mes mains en rigolant. "Non Edward. Je n'en porte pas mais ça veut dire que tu ne peux pas ruiner mon short !"

Je lui souris machiavéliquement en haussant les épaules. "Je peux essayer."

"Non!" souffla-t-elle catégoriquement, en tirant sur mes mains jusqu'à ce que je me lève. "Allons-y."

"Très bien," concédai-je, en me levant. "Je ne peux pas attendre qu'Emmett t'énerve. Peut-être que tu pourras le jeter dans la cage aux lions ou autre chose d'aussi déplaisant."

ooo

Je regardais depuis le banc où je m'étais assis quand j'entendis les filles crier. C'était drôle, toutes les trois plus Emmett étaient recouverts de perroquets aux couleurs vives qui buvaient quelque chose dans les minuscules tasses qu'ils tenaient. Tout cela rendait Emmett bien plus grand et les filles simplement trop mignonnes.

"Vous savez c'est juste comme un niveau de Angry Birds !" tonna Emmett, en s'approchant d'un oiseau et j'aurai pu jurer que les yeux de l'oiseau s'écarquillèrent de peur.

"Em, ne t'avise pas !" criâmes-nous tous ensemble, ce qui les fit s'envoler vers quelqu'un d'autre.

Il rit en secouant la tête et roulant des yeux. "Je n'allais pas le faire !" sourit-il. "Et puis en plus il n'y a pas de cochons verts à tuer dans le coin."

"Incroyable," murmura Jasper en arrivant avec d'autres petites tasses.

Je regardai ma jambe quand l'un des oiseaux atterrit sur mon genou. "Tu as choisi le bon gars mon petit vieux ou vieille. Comment doit-on t'appeler ?" lui demandai-je alors qu'il penchait sa tête bleue et rouge pour m'observer. "Je n'ai rien pour toi."

"Ici mon cœur," rigola Bella, en me tendant une tasse pour qu'il puisse boire, elle put s'asseoir à côté de moi.

"C'est quoi la suite, ma belle ?" lui demandai-je, en embrassant son épaule bronzée, pas que je m'ennuyais parce que la journée avait été incroyablement relaxante et sans contrainte.

Nous avions ri, joué, et sûrement ennuyé tout le monde dans ce satané zoo. Mais peu nous importait. Jasper avait sympathisé avec un orang-outang qui lui avait jeté un sac de jute pour qu'il le lui renvoie. Les filles avaient détesté l'exposition des serpents mais nous avions tous aimé les grands félins. Il y avait une telle puissance et royauté dans leurs regards, leur façon de se déplacer et leur respiration haletante.

"Toboggan !" suggérèrent Rose et Alice en s'approchant.

"Euh… non," dit Bella catégorique. "Vous avez vu les gens qui sortent de cette chose ? Ils sont trempés. Pas une chance que j'y aille."

"Mais il fait chaud !" gémit Alice.

"Et bien vas-y," dit Bella, en se moquant et en gémissant aussi puis elle se tourna vers moi. "Non ça n'arrivera pas. Pas de sous-vêtements… et mon maquillage n'y survivrait pas," rigola-t-elle dans un murmure, en montrant son cou.

Il y avait un côté de moi qui pourrait être fier de cela mais je ne pus que rire avec elle.

"La ferme, vilain," rit-elle s'approchant de moi, ce qui fit décoller l'oiseau de ma jambe.

"Regarde. Tu as fait partir mon petit copain," plaisantai-je, en roulant des yeux et en passant mon bras sur ses épaules. "Viens là amour. Ils peuvent bien aller se mouiller et tout ce qu'ils veulent. Il me faut une glace."

"Puits sans fond," dit-elle, en riant en se mettant debout, m'entrainant avec elle.

Il y avait une file d'attente considérable pour le toboggan mais ils décidèrent quand même d'attendre. Bella et moi nous assîmes à coté partageant un cône glacé. Elle s'assit de côté, ses jambes prises entre les miennes.

Seigneur qu'il était facile d'être avec elle. Ça avait été instantané et je ne pouvais pas m'empêcher de me vautrer dans cette chance que j'avais. L'alchimie, toute cette facilité… entre nous tout était parfait. Ça avait simplement commencé par une lettre. Le fait qu'elle allait me laisser dans une semaine me fit la rapprocher et glisser mes doigts sur ses genoux alors qu'elle me regardait avec un drôle de petit sourire sur le visage.

J'attrapai sa queue de cheval, et jouait avec, l'enroulant autour de ma main encore et encore.

"Je me demande quelle est l'histoire de tous ces gens ?" dit-elle doucement, en léchant la glace et me la rendant ensuite. "Je veux dire… cet homme et cette femme là-bas près de la clôture. Depuis combien de temps penses-tu qu'ils soient ensemble ?"

Je souris et regardai le couple dont elle parlait. Si je devais deviner j'aurais dit qu'ils avaient entre soixante et soixante-dix ans – plutôt soixante-dix. Je haussai les épaules en grignotant le cône

"Peut-être toujours," supposai-je. "Ou peut-être est-ce un nouveau départ. Peut-être qu'ils sont tous les deux veufs ou divorcés."

"Peut-être," songea-t-elle, en posant sa tête sur mon épaule et caressant l'ourlet de mon t-shirt." Vingt questions Edward," dit-elle doucement sans me regarder.

Je posai un baiser sur le dessus de sa tête en riant un peu. "Ce que tu veux dire c'est qu'on n'est pas à court de questions ?" contrai-je, en embrassant à nouveau ses cheveux qui sentaient le soleil, d'être restés toute la journée dehors.

"Et non," rit-elle, en tapant dans l'estomac pour jouer.

"Je le crois pas."

Elle leva la tête me regard dans les yeux. "Est-ce que tu t'étais attendu à ça ?" demanda-t-elle, en faisant un geste entre nous. "Quand nous avons commencé… tu pensais que nous pourrions…" elle laissa la phrase sans fin comme si elle essayait de trouver la bonne façon de finir cette question mais je savais ce qu'elle voulait dire.

"Non," dis-je rapidement, en embrassant ses lèvres. "Je ne savais pas quoi en attendre, ça ne m'était jamais arrivé. Tout ça c'est tout et encore plus mon cœur. Je ne savais pas que ça pouvait être comme ça, encore moins avec quelqu'un que je n'avais jamais rencontré. Et ensuite, je t'ai vue et…" Je déglutis difficilement en secouant la tête et en soupirant longuement. "Non. Non je ne m'y attendais pas," constatai-je. "Tu es plus que ce que j'aurais pu espérer et je ne savais même pas que ça pouvait exister et je t'aime de plus en plus…" Je haussai les épaules ne sachant pas comment le dire autrement. Mon amour était immense – vraiment démesuré mais en même temps foutrement simple.

Elle embrassa mes lèvres, sans me regarder, ses yeux étaient emplis de larmes. "Je t'aime aussi chérie." Elle fit une grimace, son nez se fronça adorablement. "Ces deux semaines passent trop vite, pas vrai ?"

"Ouais," grognai-je, en jetant ce qu'il restait du cône dans la poubelle à côté de moi et la tirant sur mes genoux pour la tenir contre moi. "Je te promets chérie, de travailler à ce que tu te souviennes de chaque seconde. Je refuse de prendre ce cadeau d'anniversaire comme acquis car c'était vraiment le meilleur que j'aie jamais eu. Chacun de mes moments libres est à toi. Ensuite nous devrons tenir encore quelques mois… moins d'une centaine de jours. Et Bella… je rentre à la maison pour toi. Tu comprends ?"

Elle hocha la tête et prit mon visage en coupe. "Oui," respira-t-elle contre mes lèvres.

J'appuyai mon front contre le sien et je dis. "Tu connais les règles, réponds d'abord à ta question."

Elle rit doucement. "Euh… non. C'est faux. Tu n'es pas le seul à avoir eu un cadeau sergent. Mais je ne peux pas attendre que tu sois à la maison avec moi."

Je souris tapotant le côté de sa jambe. "Bien. Moi non plus ma douce… moi non plus."