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107 – Bella

Tampa… Mardi 29 juin 2010 à 19 h 19

Ecouter Edward pendant qu'il traitait avec la sorcière était à la fois gratifiant et sexy mais ça m'a aussi déchiré le cœur. Quand elle a soulevé ce que je craignais - la connexion qu'il avait avec ses parents et son histoire avec eux à Chicago - il avait fallu que je me détourne. Bien sûr nous en avions parlé mais quand il lui avait affirmé que chez lui c'était où j'étais, ça avait fait accélérer mon cœur et mes yeux s'étaient posés sur son visage féroce mais doux. Et ensuite il l'avait remercié parce que c'était grâce à elle que nous nous étions trouvés. J'avais du mal à m'empêcher de rire. Mais la réalité de tout ça me frappa ensuite de nouveau – toutes mes larmes et mes inquiétudes – et je me mis à sangloter une fois de plus.

Au moment où il raccrocha et reposa le téléphone sur la table de chevet je pus sentir cette pression derrière mes yeux une fois de plus.

Edward se pencha, posa une main contre le mur derrière ma tête alors que l'autre saisissait ses plaques d'identification que j'avais passées avant de me mettre au lit et posa son front contre le mien. "Vas-tu me dire ce qu'il t'arrive, amour ?" demanda-t-il sa voix était un murmure. "Dis-moi pourquoi tu as perdu ta foi en moi avec seulement un seul mot d'elle ? Je pensais avoir rendu parfaitement clair ce que je ressentais pour toi."

Son ton me fit presque mal et je ne pus retenir mes larmes. Je les sentais couler mais je ne fis rien pour les essuyer. Je gardai mes yeux baissés incapable de le regarder - j'avais peur de ce que j'allais voir parce que j'avais honte d'avoir laissé la sorcière m'atteindre. "Je suis désolée, Edward… Ce n'était qu'un seul mot. C'est tout ce qu'elle a dit."

Edward soupira doucement me reprenant dans ses bras et il se mit au lit avec moi. Je sentis des baisers sur mon front puis j'entendis sa voix presque suppliante quand il demanda, "Dis-moi ma douce. A quoi penses-tu?"

Finalement je le regardai, mes yeux dans les siens. Il paraissait triste, inquiet … mais l'amour irradiait quasiment de lui à chaque respiration qu'il exhalait et ça fit repartir mes larmes de plus belle.

Il soupira, me serrant plus fort contre lui. "Oh bébé je t'en prie," grogna-t-il doucement. "Parle-moi, Bella. Je t'en prie. Tu me tues là, ma douce. Ne sais-tu pas combien je t'aime ?"

Je hochai la tête avec conviction et levai ma main pour essuyer mes larmes, souhaitant qu'elles cessent mais elles ne le firent pas. "Je sais Edward. Seigneur, tu me le montres à chaque minute de chaque jour."

"Alors qu'est-ce qui ne va pas ?" Il posa sa main sur ma joue pour en chasser l'humidité. "Qu'est-ce qui provoque ces larmes ?"

"On ne se connait que depuis quatre mois… et il y a deux mois qu'on s'est vus sur sKyPe pour la première fois. Je sais que tu m'aimes Edward. Je le sais. Mais comment cet amour est censé surpasser celui qui tu as éprouvé pendant dix-huit ans et les souvenirs de tes parents ?" Je pris une inspiration tremblante, en secouant la tête quand il commença à parler. Il fallait que tout cela sorte à présent ou alors je serai incapable de me débarrasser de cette idée. "T… Tanya a raison. Elle et ses parents sont les derniers liens que tu as avec ton passé, les souvenirs de ton enfance et tes parents. Tu as besoin de garder ces liens. Tes souvenirs et tes parents sont importants et si tu la laisses, tu abandonnes ces liens aussi."

Après un moment de silence Edward posa son doigt sous mon menton pour me relever la tête ainsi j'étais obligée de regarder ses beaux yeux tristes.

"Puis-je parler maintenant ?" demanda-t-il solennellement.

Je lui fis un petit rire mouillé et acquiesçai.

"Bien, parce que j'ai des choses à dire et je veux m'assurer que tu écoutes bien."

Il se redressa et s'appuya contre la tête de lit. Il me prit sur ses genoux, j'étais à califourchon sur ses cuisses. Il prit ma tête entre ses mains et ne me quitta pas du regard. Ses mains étaient douces, ses pouces caressaient mes joues et ses yeux étaient chauds tandis qu'ils fixaient les miens.

"D'abord," commença-t-il doucement. "Il n'y a pas de compétition. Je garderai toujours des souvenirs de mes parents, peu importe où j'irai vivre. Les souvenirs ne sont pas stockés dans une ville ou une autre, Isabella. Les souvenirs de mes parents sont dans ma tête et dans mon cœur. Ils sont toujours avec moi, peu importe que je sois à Chicago, en Afghanistan ou à Forks.

"Ensuite… il faut que tu te souviennes, ma douce, que mes souvenirs ne sont pas tous très bons. Il y a des choses que je ne veux pas revivre jour après jour. Oui, j'ai eu des souvenirs heureux quand j'étais jeune." Il soupira passant ses mains sur mes épaules avant de les faire glisser sur mes bras jusqu'à mes cuisses qu'il frotta doucement. "Chicago… ou même Tanya…" son nom sortit comme un ricanement avant qu'il se contrôle à nouveau. "Ce sont des rappels non seulement des bons moments mais aussi des mauvais. De la maladie de ma mère, de sa disparation. De mon père se repliant sur lui-même et se soûlant jusqu'à la mort au lieu de m'aider quand j'en avais le plus besoin. Ce sentiment d'être sans famille…"

Je sentis mon cœur se briser pour lui une fois de plus, en pensant à l'adolescent en colère et effrayé qu'il avait dû être, spécialement quand son père s'était comporté comme il l'avait fait… Je passai ma main dans ses cheveux, grattant légèrement son crâne comme je savais qu'il aimait. Mon autre main prit son visage en coupe comme il l'avait fait avec moi, pour essayer de le réconforter.

"Seigneur Bella," grogna-t-il. "Tu ne sais pas ? La première fois que j'ai pu penser à Chicago sans ressentir de la tristesse et de la colère c'était quand je t'ai rencontrée. Quand je t'ai parlé de tout ça, de ma mère qui m'apprenait à jouer au piano, comment je jouais pour elle quand elle était malade… ça m'a fait me souvenir des bonnes choses. L'amour. C'est toi qui as ramené de la joie et ma famille, Isabella. Pas Chicago et certainement pas Ta…"

Chaque chose qu'il me disait me réchauffait de l'intérieur. Je ne pus plus en supporter davantage... j'avais besoin de lui montrer que je comprenais… que j'en avais fini avec les inquiétudes du passé. Je me penchai, appuyant ma poitrine contre la sienne et l'embrassai.

Avec un gémissement contre mes lèvres, Edward me serra dans ses bras, m'écrasant contre lui. Ses lèvres étaient douces, presque impérieuses, me guidant dans ce baiser. Il avait le goût de la menthe et du soda et tout cela était Edward. Quand il passa une main dans mes cheveux, il tira dessus gentiment, inclinant ma tête pour avoir plus de place pour poser des baisers. Son autre main était occupée sur ma jambe, se déplaçant du genou à la cuisse, son pouce effleurant la dentelle de ma culotte avant de redescendre.

Il saturait tous mes sens : son contact dans mes cheveux, quand il caressait ma cuisse, son odeur quand j'inspirai, son goût quand nos langues dansaient et la sensation de ses muscles – les muscles forts de ses cuisses sous les miennes, sa poitrine et ses bras et épaules que ma main n'arrêtaient pas de caresser… je n'arrivai pas à en avoir assez. Je fis des cercles avec mes hanches, tout à coup avide de lui.

Sa main monta sur ma hanche et commença à m'aider à faire le mouvement, me tirant vers le bas pour augmenter le contact dont j'avais besoin.

Puis son estomac gronda – pas simplement le rappel qu'il n'avait pas mangé mais un gros grondement qui semblait dire, "J'ai faim maintenant !"

"Ignore-le," dit Edward quand je m'éloignais en riant. "Je n'ai pas faim."

Je déposai un autre baiser sur ses lèvres à présent boudeuses et secouai la tête. "Si, tu as faim. On pourra reprendre ça…" et je fis un signe entre nous "… un peu plus tard. Maintenant ? Il est l'heure d'aller dîner."

Ses sourcils se rapprochèrent et il parut intéressé. "Tu n'as pas mangé non plus ma douce ?"

Me sentant timide, je secouai la tête à nouveau. "Non, on vous attendait puis la sorcière a appelé et…"

Edward rit au surnom et posa un autre baiser sur mes lèvres. "Allons donc, ma belle. Allons leur montrer que tu vas bien et dînons. Ensuite nous pourrons revenir ici et reprendre là où nous avons arrêté, d'accord ?"

Je soupirai en acquiesçant. "Bien."

Avec un dernier baiser, je descendis du lit, trouvai mon short et pris sa main pour qu'il m'amène dans la salle à manger.