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114 – Edward

Tampa … vendredi 2 juillet 201 46

"Bon sang Em… c'est comme tout prévoir pour un enfant qui va à la plage !" se plaignit Rose, en posant le sac devant la porte d'entrée. "Ballons, tubas, palmes… est-ce que tu as aussi mis des brassards pour apprendre à nager là-dedans ?"

"Ils n'en font pas à ma taille !" constata-t-il, en pliant son énorme biceps.

En souriant je passai mon chemin et me dirigeai vers le piano. J'avais baissé le volume assez bas pour que ça ne dérange pas ceux qui dormaient quand je m'étais levé le premier mais Bella pouvait quand même entendre depuis la cuisine pendant qu'elle préparait le petit-déjeuner.

"Aïe! Merde, "siffla-t-elle et quand je levai la tête elle jetait un regard cinglant à la poêle où le bacon cuisait comme si elle l'avait offensée personnellement.

Pendant que j'allais vers elle, elle avait éteint le feu et poussé la poêle, il y avait une pile chaude de bacon sur une assiette mais c'était la façon dont elle tenait son bras qui m'inquiétait. Elle portait un de mes t-shirts avec un nœud dans le dos et un petit short en jean et je savais pertinemment que son maillot était là-dessous.

"Laisse-moi voir," dis-je, en tendant ma main. Elle posa sa main dans la mienne et il y avait une petite brûlure tout près de son poignet.

"Ça va aller chéri," rit-elle, en levant ses yeux sur moi. "Ce n'est pas la pire brûlure que j'aie eue en cuisinant."

"Ça l'est depuis que je te connais," dis-je en souriant et je la soulevai sur le comptoir. "Fais-moi plaisir, reste tranquille !" lui ordonnai-je, en la menaçant de mon doigt et en souriant quand elle rigola.

J'allai vers le frigo et ouvris la porte du freezer pour attraper un glaçon. Je revins vers elle et posai le cube de glace là où c'était rouge. Ce n'était pas plus grand qu'une gomme au bout d'un crayon mais peu m'importait. Toutes les excuses pour prendre soin d'elle étaient bonnes, pour la toucher… c'était tout ce que je voulais. Le temps passait et j'en détestais chaque seconde.

"Il y a assez de nourriture là pour nourrir toute une armée Mlle Swan," dis-je, ma voix sonna presque comme un reproche.

"Tu es l'Armée," rigola-t-elle, en mordant sa lèvre inférieure et en jouant avec mes plaques d'identification autour de mon cou avec sa main libre.

"Je suis dans l'armée, ma douce," ris-je, en secouant la tête toujours concentré sur la petite blessure. "C'est toute la différence."

Elle resta tranquille un moment et je la regardais, elle ne voulait pas me regarder.

"Bella ?"

"Nous voulions nous assurer que vous auriez assez de bonne nourriture. Pas des pizzas surgelées ou autre fast-food. Je doute que ça ne dépasse une semaine mais…" Son nez se fronça adorablement mais elle laissa échapper un long soupir triste. Ensuite elle commença à parler nerveusement. "C'est tout étiqueté avec les instructions pour le réchauffer. Vous devriez pouvoir gérer ça … au micro-onde. Je te promets de t'envoyer des cookies…"

Ce fut cette dernière partie qui fit trembler mon cœur. Je jetai le glaçon dans l'évier et pris son visage en coupe.

"Arrête," murmurai-je contre son front. "C'est bon chérie. Je comprends." Je soupirai et reculai pour pouvoir la regarder dans ses yeux qui étaient inquiets, tristes et presque larmoyants. "Pas aujourd'hui. D'accord ? Mais merci," dis-je en faisant signe de mon pouce vers le frigo. "J'essaierai de rationner nos repas de façon logistique…"

Elle sourit malgré la façon dont elle s'accrochait à moi. "Ils vont tout manger en une seule fois."

"Crois-moi je le sais," ris-je. "Vous avez-fait tout ça hier ?"

"Non… un peu. J'ai fait comme l'écureuil pendant toute la semaine." Elle rit en haussant une épaule.

"Juste un écureuil…mettant une noisette de côté," chanta Emmett alors qu'ils nous rejoignaient tous. "Pourquoi tu es devenue un rongeur Bellsy ?" demanda-t-il et elle roula des yeux en descendant du comptoir.

Jasper et lui s'étaient tapé le poing avant de s'asseoir au comptoir alors j'ouvris la porte du congélateur pour leur montrer ce que les filles avaient fait.

"Oh !" dirent-ils tous les deux, ils étaient choqués mais ça leur donnait faim et ils avaient une légère expression de tristesse, remarquai-je.

"Qu'est-ce qu'il y a là dedans ?" demanda Emmett en se servant du jus.

"Tout ce que tu aimes," déclara chacune des filles.

"Et des choses en plus," ajouta Bella, en s'asseyant devant son assiette.

"Merci mesdames, " déclara Jasper d'un ton sincère, ses yeux s'attardant sur le frigo puis il se pencha et ébouriffa les cheveux de Bella avant d'embrasser la joue de sa femme.

Je me penchai vers l'oreille de Bella. "Cette conversation n'est pas terminée. Isabella. Juste en pause. Je veux jouer avec toi aujourd'hui et je ne m'attarderai pas sur ce qu'il se passera demain. D'accord ?" demandai-je.

Elle hocha la tête se penchant contre moi.

"Je t'aime tellement chérie. Merci encore."

Elle se retourna, embrassa mes lèvres rapidement en souriant ce qui me fit rire de surprise. "Je t'aime aussi. C'était avec plaisir."

ooo

Seigneur, je ne savais pas ce qui était le plus beau – l'océan ou la brunette qui apparaissait en maillot bleu qui moulait parfaitement toutes ses courbes de façon la plus désirable qui soit.

Certainement la brunette.

Je la reluquai en souriant, et en haussant les épaules puis tournai mon attention vers la plage. C'était vraiment la première fois que je voyais l'océan parce que je n'y avais pas fait attention le jour où les filles étaient venues à la base et c'était un peu intimidant. Je l'avais survolé, vu à la télé et dans des films, j'avais lu aussi mais être là, devant, me faisait sentir très petit et très insignifiant. Il avait toujours été là, d'un profond vert bleuté qui ressemblait être la fin du monde. Le ciel bleu était rempli de nuages blanc gorgés au-dessus de l'eau verte du Golfe du Mexique. De petites vagues écumeuses pas plus hautes que ma cuisse s'écrasaient sur le sable blanc faisant fuir les oiseaux au loin puis repartant vers eux. C'était un constant va et vient, elle s'échouait sur le sable et repartait vers les oiseaux.

Et l'odeur… C'était sain mais dense, de l'air salé avec un million de différents parfums de lotions solaires parce que la plage était sacrément pleine. Mais il y avait aussi des arbres, des fleurs et le plein soleil. Les plages de Clearwater étaient différentes de celles que nous avions à la base parce que la base était à Tampa Bay. Ici nous étions sur le Golfe.

"Tu es déjà venu ici ?" demanda Bella doucement.

Je la regardai et fis non de la tête.

"Il fait chaud. Pas comme sur les plages chez moi."

"Non sans blague ?" demanda Emmett en passant son tee-shirt par-dessus sa tête.

Je fis de même et le jetai sur l'une des couvertures où les filles étaient allongées. "Viens avec moi," demandai-je en lui tendant ma main, mais les trois filles semblaient hypnotisées par quelque chose au loin et ça leur faisait décrocher la mâchoire.

Emmett regarda ce qu'il se passait. "Oh merde…" rigola-t-il avant de chanter, "Je suis trop sexy…"

C'était trop drôle, il était inconscient des regards qu'il provoquait. Il était comme Humpty Dumpty* qui aurait mis un mini maillot et grillé au soleil pendant des années. Il était une publicité à lui tout seul. Non seulement cela mais on aurait dit qu'il venait des années 70. Mais c'était son regard fixé sur toutes les femmes plus jeunes que lui, sa peau tannée et son attitude solennelle qui faisaient sourire tout le monde autour de nous.

"Waouh !" rigola Bella en secouant la tête.

En rigolant je l'aidais à se lever. "Tu m'aimeras toujours quand je serai comme ça ?" lui demandai-je à l'oreille pendant qu'elle couinait et tapait des pieds.

Cette question la fit rire encore plus, sa tête bascula en arrière. "Tu vas mettre un mini maillot aussi chéri ?"

"Qui sait ?" rigolai-je contre son cou en passant légèrement mes dents sur sa peau. "Réponds-moi Isabella."

"Oui," ricana-t-elle, en levant les yeux au ciel et ensuite en regardant l'eau. Elle se tourna et me dit, "je t'aimerai peu importe ce que tu portes… même si ça montre ta géniale et grosse… personnalité."

Elle fit un sourire magnifique et idiot et passa ses bras autour de mon cou et en riant je l'emmenais dans l'eau. Son cri fut coupé dès qu'elle disparut dans l'eau. Mais je n'étais pas stupide putain. Je savais ce qu'elle allait faire et aussitôt ses petites mais fortes mains attrapèrent mon short pour le faire descendre et j'attrapai ses poignets pour la faire remonter.

"Oh non!... n'y pense même pas vilaine vilaine fille !'" ricanai-je, en me mettant dans l'eau chaude.

Elle s'enveloppa autour de moi et je la portai plus loin. "Merde, moi qui voulais voir sous l'eau," rit-elle, en posant ses lèvres sur les miennes.

"Je t'offrirai ce coup d'œil quand tu voudras ma belle mais pas quand les enfants et les vieilles dames sont en train de regarder," chantonnai-je à son oreille, puis j'embrassai son cou, retrouvant son goût salé.

"Ou les gars… et définitivement aucune autre femme…" roucoula-t-elle, en soufflant contre ma mâchoire.

"Sans aucun doute," convins-je, en souriant au ton possessif qui sortit. Mes doigts caressaient chaque centimètre de sa peau que je pouvais toucher sous l'eau. "Humm mais c'est putain… fantastique. Et, gars oh mon, gars j'aime quand tu es mouillée," dis-je en la serrant plus fort.

Elle rit et nous levâmes les yeux quand nous entendîmes qu'on nous appelait. "Ça va être une longue journée, Edward, si tu continues ainsi."

"Tu continues comment ?" demandai-je innocemment, la serrant contre ma queue dure.

"Comme ça !" rit-elle, en m'éclaboussant le visage et s'éloignant à la nage. "Viens chéri, ils veulent faire une partie de foot."

En grognant je fis ce qu'elle dit parce que je ne pouvais pas m'empêcher de la suivre. Mais elle avait raison, ça allait être une sacrée longue journée, avoir à la regarder dans ce maillot de bain.

...

*Humpy Dumpy : personnage d'une comptine anglaise très populaire représenté comme un œuf. On le retrouve dans un chapitre d'Alice au Pays de Merveilles sous le nom français de Rondu Pondu