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116 – Edward

Tampa… samedi 3 juillet 2010 - 1 : 47

Putain, je ne pouvais pas dormir. Enfer, je ne voulais pas dormir. Mais je ne pouvais pas rester au lit non plus car mon besoin constant de toucher Bella allait finir par la réveiller. Je me penchai et posai un long et doux baiser sur le derrière de sa tête, elle était couchée sur le ventre. J'arrangeai les draps autour d'elle et je sortis doucement du lit.

Aussi vite et aussi doucement que je pus j'enfilai un short cargo puis sortis de la chambre sans jeter un dernier coup d'œil au lit. Je voulais me souvenir de lui comme ça – avec ce à quoi je tenais le plus, la seule chose qui comptait. Ses cheveux bruns éparpillés sur les oreillers avec un léger reflet rouge dû au soleil. Des épaules lisses, son dos sexy, de belles jambes et un derrière parfaitement rond tout empêtré dans les draps bleus. Ma poitrine me faisait mal de savoir que je n'allais plus la voir pendant trois putain de longs mois et tout à coup je détestais mon travail. Je voulais qu'il soit fini. Je voulais que tout ça soit derrière nous.

J'allais jusqu'à la cuisine et attrapai une bouteille d'eau puis marchai vers mon piano. Je l'ouvris et m'assurai que la musique était assez basse – c'était un très gros avantage d'avoir un piano électrique au lieu de mon grand baby. Avec lui je ne pouvais pas régler le volume.

Je commençai par les classiques comme je le faisais d'habitude puis j'allai vers mes propres compositions. Je jouais le morceau de ma mère en essayant de me concentrer sur les bons souvenirs d'elle : ma mère aurait adoré Bella. Elle aurait trouvé son humour idiot très attachant et elle aurait ri de bon cœur avec elle. Elle aurait trouvé que la patience et la force de Bella étaient de très beaux traits de caractère, elles se ressemblaient beaucoup. Et elles se seraient très bien entendues dans la cuisine.

Mes doigts trouvèrent le morceau que j'avais écrit dans ma tête dès la première lettre de Bella. C'était les émotions que j'avais ressenties depuis le début. C'était le choc, l'espoir, l'humour et même l'amour. C'était léger et taquin. Ça parlait de crainte – que les lettres ou les appels s'arrêtent, de ne pas revenir de ce désert et que les sentiments que je ressentais pour une fille que je n'avais jamais rencontrée n'aient pas le moindre sens. Ensuite ça parlait de sa beauté et de son rire, de voix sensuelles et de murmures et enfin de ce besoin dévorant. Ça finissait de manière solide mais pour moi ça ne semblait pas fini. En soupirant et en passant une main dans mes cheveux en fixant les touches blanches et noires face à moi, je supposais que ce n'était pas réellement fini. Je posais mes coudes sur le dessus du piano et tirai sur mes cheveux de frustration et de tristesse. Putain je voulais juste la garder !

"C'était joli," entendis-je de l'autre côté du salon et je levai la tête pour voir ma copine debout dans mon t-shirt.

"C'est toi," dis-je doucement en souriant pendant qu'elle s'approchait. "Je l'avais dès ta première lettre," expliquai-je, en tapotant ma tempe. "Tu devrais dormir ma douce," murmurai-je, me tournant sur le banc pour pouvoir la prendre entre mes jambes. "Je suis désolé de t'avoir réveillée…"

"La seule chose qui m'ait réveillée c'est le lit vide," dit-elle, avec un doux sourire triste et elle se pencha pour embrasser mon front. "Tu ne peux pas dormir ?" demanda-t-elle, dans mes cheveux comme j'enroulais mes bras autour d'elle.

"Non," marmonnai-je contre sa poitrine, m'enfouissant dans sa chaleur, son odeur et son amour.

Ses doigts doux passèrent dans mes cheveux et en même temps dans mon dos. Je n'étais pas sûr si c'était pour me réconforter moi ou pour se réconforter elle-même. Mais je savais aussi que je m'en moquais parce que ça ne marchait pas vraiment. Je voulais casser quelque chose, m'accrocher à elle, m'enfuir avec elle ou pleurer. Je ne pense pas qu'il y ait un ordre de préférence pour toute cette merde.

Enfin elle chuchota : "Rejoue-le Edward. S'il te plait ?"

J'acquiesçai et me dégageai d'elle. Elle s'assit à côté de moi et je recommençai à jouer son morceau. Quand ce fut fini je me tournai et vis des larmes couler sur ses joues.

"L'ouverture de Bella ?" renifla-t-elle en essayant de sourire.

"Ouais," ricanai-je en essuyant ses larmes de mes pouces. "Pas en si bémol cependant."

Son doux rire me fit poser son front contre le mien et balayer mes lèvres contre les siennes. Elles étaient douces et salées. Et c'est tout ce que je pus faire pour ne pas me perdre en elle.

"Je t'aime," murmura-t-elle en me regardant.

Cette simple putain de constatation déclencha tout. Ma poitrine me fit mal, mon cœur tapa et ma respiration devint difficile. Et j'étais presque sûr que mon cœur se fissurait en grand.

"Je ne sais pas comment te laisser partir, Bella," lâchai-je dans un murmure, toujours conscient que nous étions les seuls debout aussi tard. "J'ai essayé toute cette putain de semaine de faire bonne figure et je ne sais toujours pas comment faire" J'essayais de me ressaisir quand elle posa une main de chaque côté de mon visage. "J'ai marché sans jamais regarder en arrière et je sais que ce n'est que temporaire mais je ne sais pas comment faire !"'

"Je sais. Moi aussi," dit-elle, encore plus de larmes glissant sur son beau visage.

"J'ai quitté ma ville natale, les gens qui m'importaient, même Tanya et rien de tout cela n'a compté,'" continuai-je, en la saisissant par le t-shirt parce que je craignais de lui faire mal. "Rien ne comptait. Rien de tout cela ne me manque mais je ne sais même pas si je peux respirer sans toi," avouai-je, cherchant des réponses dans ses yeux larmoyants et n'y trouvant que de la compréhension et de la tristesse tout comme moi.

"Nous devons essayer, chéri," exhorta-t-elle, essayant de paraitre forte et y parvenant presque. "Ce n'est pas long.. En fait c'est moins de temps qu'il nous a fallu pour nous voir."

J'avais envie de hurler en réponse qu'avant je ne savais pas ce que c'était, que rien ni personne ne m'avait manqué. C'était plus que de la sentir au lit avec moi ou qu'elle me submergeait, de m'enfouir au plus profond d'elle comme si nous ne faisions lus qu'un. C'était seulement cette facilité avec laquelle nous étions ensemble simplement. C'était les rire et le remplissage des vides qui allait me manquer, elle les remplissait et vice versa. C'était ce sentiment de complète perfection sachant que quand je rentrerai à la maison elle serait là.

Et maintenant, elle n'y serait plus… pendant trois mois. La maison serait de l'autre côté du pays sans moi et bien que je sois très reconnaissant d'être aussi près ça faisait extrêmement mal.

"Viens," grognai-je en me levant si rapidement que je fis presque basculer le banc parce qu'il y avait une chose que je devais faire.

J'enlaçai nos doigts et nous amenai dans ma chambre, fermant et verrouillant la porte derrière nous. J'allais vers la table de chevet pour trouver quelque chose que j'avais gardé pour elle. Je la fis asseoir sur le bord du lit et m'agenouillai devant elle.

"Au début je ne savais pas si je vivrais assez longtemps pour voir ce beau visage et je ne pouvais pas te promettre quoi que ce soit," dis-je en prenant son visage en coupe. "Maintenant … Isabella Swan je te promets tout." J'ouvris la petite boite dans ma main et en sortis une bague, m'assurant qu'elle irait sur sa main droite… pas la gauche. "Ceci est la promesse que je te fais, chérie. Je te donnerai tout. Je te le jure. Tout. Quand j'en aurai fini ici, quand je reviendrai vers toi, rien ne nous arrêtera. D'accord ?" demandai-je en prenant sa main et embrassant la bague. "Nous nous ferons une nouvelle vie ensemble."

"Edward," sanglota-t-elle, en hochant la tête mais c'est tout ce qu'elle dit parce que je me relevai et retirai gentiment nos vêtements pour retourner au lit.

Il n'y eut pas d'autres mots parce que je ne pouvais pas en trouver. Je m'installai dans le berceau de ses cuisses et laissai tomber mon poids sur elle. Notre baiser était profond, désespéré, coupé de halètements mais nos mains étaient lentes, s'attardant sur chaque centimètre de peau, de muscle comme pour les graver dans nos esprits et dans nos cœurs. Je glissai lentement en elle nos respirations haletantes, nos lèvres se touchant à peine.

Je pris mon temps pour l'aimer, gardant un rythme lent et profond, pendant que mes mains caressaient ses cuisses, ses hanches, ses cotes et ses seins. J'essayai de mémoriser chaque expression de son visage – de ses yeux sombres à ses lèvres gonflées, jusqu'à son cou étiré quand elle se cambra en jouissant.

"Attends-moi," suppliai-je, en passant mes mains sur ses bras pour enlacer nos mains au-dessus de sa tête. "Promets-moi que tu m'attendras, Bella," priai-je, pas sûr de savoir si je parlais de notre moment présent ou de nos vies en général – les deux sans doute – et elle me répondit de la même façon.

"Toujours Edward… Je te le promets," haleta-t-elle, une larme coulant sur sa joue quand enfin j'enfouis mon visage dans son cou lui disant de se laisser aller.