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142 – Edward
Seattle ... Dimanche, 12 septembre 2010 à 08 h 14
"Bella," chantai-je, posant des baisers à l'arrière de sa tête.
"Non, non, non," protesta-t-elle dans son oreiller, tirant les couvertures sur nos têtes. "Nous ne sommes pas encore réveillés. Si nous sommes réveillés alors cela signifie que tu vas partir aujourd'hui."
"Oh, ma douce… " ris-je en gémissant, la retournant pour l'avoir en face, laissant les couvertures sur nous. "C'est juste deux semaines et demie, bébé. Nous allons surmonter cela, "murmurai-je, poussant les cheveux de son visage. "Cela n'est rien par rapport à avant."
"Je sais," soupira-t-elle, un petit sourire relevant à peine les coins de sa bouche comme elle touchait chaque partie de mon visage. "Je suis prête à tout pour te garder."
En souriant, je lui dis, "Crois-moi, je suis prêt à être gardé." Je laissai tomber des baisers sur son front, le bout de son nez et chaque joue, appuyant enfin mes lèvres sur les siennes. "J'ai hâte de revenir à la maison, mon amour. Je ne peux pas attendre de voir combien de temps il me faudra pour te rendre folle. "
Elle rit en roulant des yeux.
"Non, je suis sérieux," ris-je, faisant glisser mes doigts de haut en bas de sa colonne vertébrale. "Tu n'as aucune idée... je pourrais presser le tube de dentifrice au milieu, je pourrais boire directement à la bouteille de lait ou je pourrais éparpiller mes vêtements dans toute la maison. Tu ne sais pas…"
Bella rit, sa tête retombant. "Est-ce que tu le fais ?"
"Je ne vais pas te le dire," soufflai-je de façon spectaculaire. "Tu devras attendre pour le voir."
"Edward," rit-elle. "Je m'en fous de ces choses."
"Ah, tu dis cela maintenant mais attends…" lui dis-je. "Peut-être que je vise mal dans la cuvette des toilettes."
"Tu ne le fais pas !" dit-elle en ricanant.
"C'est que tu ne l'as pas vu," répliquai-je, embrassant son cou. "Je fais gaffe quand je suis près de toi."
"Edward, tais-toi !" rit-elle finalement, enroulant ses bras autour de moi. "Juste ferme-là ..."
"Allez, ma belle," chantonnai-je, me blottissant dans son cou. "Je te dois encore un cadeau d'anniversaire mais je ne peux pas te le donner, à moins que tu me laisses t'emmener pour le petit-déjeuner."
"Chéri, tu es mon cadeau," insista-t-elle, semblant mal à l'aise. "Le fait que tu sois venu ici est plus que suffisant."
"A peine," bafouillai-je, n, tapotant sa cuisse et en tirant les couvertures vers le bas. "On se lève, Mlle Swan. Je ne veux pas perdre une seule minute avec toi avant de devoir partir. Ok ? "
"OK," soupira-t-elle, se penchant pour déposer un baiser sur mes lèvres. "Je t'aime."
"Je t'aime aussi, ma douce." Je soupirai de contentement. "Prends ta douche avec moi." Je ne lui donnais pas la chance de répondre. Je me levai, arrachant les couvertures et les jetant au sol. "Maintenant, Isabella," lui ordonnai-je, la saisissant par la cheville.
Son cri de rire me fit sourire mais je n'en avais pas fini. Je me penchai pour l'attraper et la lançai sur mon épaule pour la porter dans la salle de bains.
ooo
Les façons dont je voulais la gâter étaient innombrables. Venir à Seattle pour son anniversaire était juste une petite chose. J'aurais pu organiser une fête mais je savais qu'elle serait bouleversée qu'Em et Jazz ne soient pas là. Je pourrais lui acheter un gâteau géant mais merde, elle faisait la meilleure pâtisserie que n'importe laquelle des boutiques, alors quoi ? Fleurs, serpentins, clowns, télégramme chantant… tout cela aurait été trop... mais pas assez.
"Puis-je vous aider, monsieur ?" me demanda l'hôtesse quand je regardai par-dessus mon épaule.
J'étais sensé être aux toilettes, pas en mission ultra secrète.
Heureusement, Bella était assise dans le coin le plus éloigné.
"Je voudrai une bougie d'anniversaire. S'il vous plaît, dites-moi que vous en avez une," suppliai-je, en essayant de ne pas remarquer que mon uniforme attirait l'attention.
"Je peux faire mieux que ça," rit-elle. "Les serveurs peuvent venir avec un gâteau en chantant."
"Oh, non. Elle me tuerait !" Je ris, secouant la tête. "Juste une bougie… si vous en avez une."
L'hôtesse, dont le badge disait qu'elle s'appelait Ambre, sourit et hocha la tête. "Donnez-moi une seconde. Je suis sûre que nous avons ça."
Elle revint une minute plus tard, portant une seule bougie rose et des allumettes. "Si vous ne voulez pas de gâteau, alors ..." dit-elle en riant.
"Non, ça c'est la partie facile," l'assurai-je, en montrant le buffet. "Merci."
"Elle a de la chance," déclara Ambre, en regardant autour de la salle à manger.
"C'est moi qui ait de la chance," lui dis-je, tournant sur mes talons pour saisir rapidement une assiette à dessert et un seul cookie aux raisins.
Bella regardait vers l'eau quand je revins à la table. Je mis l'assiette avec la bougie et le cookie en face d'elle, avec la petite boîte contenant son présent.
"Joyeux anniversaire, Bella," dis-je doucement, m'asseyant à côté d'elle.
"Edward," rit-elle doucement, en regardant entre moi et le cookie. "Joli montage, chéri."
"Je le pense aussi," soufflai-je exagérément. "C'est probablement loin d'être aussi bon que les tiens mais j'aime le symbolisme," lui expliquai-je, souriant quand elle rit de nouveau. "Fais un vœu, ma douce."
Si c'était moi, je souhaiterais que les prochaines deux semaines et demi passent en un clin d'œil. A en juger par le regard sur son visage juste avant qu'elle souffle la bougie, j'étais sûr que son souhait était la même.
"Tout ce qui peut être dans une boite si petite est généralement beaucoup trop…" gronda Bella, me toisant avec perspicacité.
"C'est absurde," me moquai-je, en levant les yeux au ciel. "Il suffit de l'ouvrir."
Bella ouvrit la boîte de velours noir, révélant une chaîne fragile avec un pendentif. "Oh, chéri, c'est magnifique."
"Ils appellent cela un pendentif de voyage*," lui dis-je dans un murmure contre sa tempe. "C'est censé représenter plusieurs étapes d'une relation. Cela semblait approprié. Nous avons vécu beaucoup de choses mais nous avons encore toute une vie pour ... "
"Je l'aime. Je te remercie," dit-elle dans un souffle, embrassant rapidement mes lèvres avant de regarder le pendentif.
"Maintenant," lui dis-je, tournant son visage vers le mien avec mes doigts sous son menton, "Je sais que, entre maintenant et quand je viendrai à la maison, tu vas probablement porter mes plaques d'identification mais après ... peut-être cela à la place ?"
Elle était déjà en train de hocher la tête avant que je finisse ma question. "Oui définitivement." Le téléphone de Bella vibra sur la table et elle jeta un coup d'œil. "Les filles sont en chemin," déclara-t-elle, la voix chancelante mais maîtrisée.
Je hochai la tête, avalant difficilement. "Bon, eh bien, nous allons sortir d'ici. Nous allons récupérer nos affaires et les retrouver devant l'hôtel."
Le trajet dans l'ascenseur fut silencieux, Bella était penchée vers moi, le visage enfoui dans mon cou et mes bras tout autour d'elle. Je remarquai que cette fois, il n'y avait aucune sensation de panique à mon départ, comme à Tampa, juste une simple réticence à arrêter de se toucher, de mémoriser chaque petite chose devant cette dernière séparation.
La chambre n'avait pas encore été nettoyée et je dus retenir un petit rire en voyant la pagaille… les couvertures tordues et jetées sur le sol, les serviettes abandonnées sur le lit, une chemise ici, une paire de sous-vêtements par là. C'était fou.
"Waouh, nous sommes des craspecs," Bella rit doucement.
"C'est bon de le savoir maintenant," murmurai-je, haussant une épaule.
"Ouais, quelque chose sur lequel tu devras travailler une fois que tu seras à la maison," déclara-t-elle avec un sourire doux et idiot.
"Absolument," ricanai-je. "Viens. Allons ramasser nos affaires, mon amour."
Il nous fallut juste quelques minutes pour réunir nos affaires, nous n'avions pas grand-chose de toute de façon. Bien que je me sois assuré qu'elle ait les deux chemises que j'avais portées ce week-end.
Une fois que tous nos sacs furent empilés devant la porte, je m'assis au bord du lit.
"Viens ici," lui dis-je, la tirant pour qu'elle soit entre mes jambes mais elle choisit de s'asseoir sur mes genoux, mes plaques d'identification dans ses mains. Je les lui pris, les passai par sa tête et remis ses cheveux en place.
"Ça y est, Bella," murmurai-je, mes doigts jouant avec les plaques. "Il n'y a pas de retour après ça. La prochaine fois, c'est permanent."
"J'ai ton piano en otage," dit-elle avec un sourire quand qu'elle passa ses doigts dans mes cheveux. "C'est la dernière fois que je peux supporter de t'abandonner. Je n'en peux plus d'attendre que permanent soit enfin là."
Riant une fois de plus, je hochai la tête. "Bien," soupirai-je, l'attirant plus près par la chaîne autour de son cou. Son front tomba contre le mien, ses cheveux autour de nous. "Cette dernière ligne droite sera bientôt terminée, amour. Je promets. Peux-tu t'y accrocher pour moi ?"
Elle hocha la tête, les larmes dans ses yeux. "Tu vas me manquer de toute façon. Je ne peux pas empêcher cela, Edward."
"Je sais, bébé. Moi aussi," admis-je, mes yeux verrouillés avec ses yeux chauds, bruns et humides.
Cédant enfin, je l'embrassai. Rudement. Mes mains s'enfilèrent dans ses cheveux, détestant l'idée de la laisser aller, de ne pas la voir mais la fin, putain, en valait la peine. Je l'embrassai longuement avec ma langue, essayant de mémoriser son goût... avec des inspirations profondes contre sa joue pour juste prendre sa belle odeur autant que je le pouvais. Je devais retenir cette sensation de ses mains dans mes cheveux, son poids sur mes genoux et les gémissements doux contre ma peau. Je devais les retenir parce que malgré le fait que ce soit seulement deux semaines et demie, ça allait être tout de même deux putain de semaines et demie.
Nous nous séparâmes lorsque nos deux téléphones sonnèrent…le mien signalant que je devais me diriger vers l'aéroport, le sien que les filles étaient en train d'attendre en bas.
"Je t'aime... beaucoup," soufflai-je, berçant son visage entre mes mains. "M'entends-tu, Mlle Swan ?"
Elle hocha la tête, reniflant un peu. "Je t'aime aussi."
Je soupirai, pensant qu'elle était de plus en plus belle à chaque fois que je la regardais, qu'elle riait, était pensive... ou comme maintenant, en pleurs. "Ne pleure pas amour. Ce n'est rien, tu te souviens ?"
Elle hocha la tête, se penchant contre mes mains alors que j'essuyai délicatement ses larmes. "Appelle-moi quand tu atterris ?" dit-elle en se levant.
"Certainement," jurai-je, enroulant un bras autour de ses épaules en ramassant nos sacs. "Et demain pour ton vrai anniversaire, également... et tous les jours jusqu'à ce que je revienne."
"Et e-mail, texto ..."
"… pigeon voyageur." Nous rîmes tous les deux en même temps.
Lorsque nous descendîmes je lâchai un soupir de soulagement voyant Rose et Alice dans le hall. Je savais que dès que je serai parti, ma fille se lâcherait, qu'elle gardait son sang-froid pour moi. Je les étreignis, incapable de lâcher la main de Bella pour le moment, pour les remercier de leur aide. Leur expression montrait qu'elles savaient qu'elle avait besoin d'elles. Alice offrit de demander au valet de ramener ma voiture de location pour moi devant l'hôtel.
Me tournant vers Bella, je pris son visage entre mes mains. "Pas de larme, ma douce," murmurai-je, embrassant son front. "Ça me fait mal de te voir pleurer. C'est la dernière fois. Tu sais cela non ?"
Elle hocha la tête, enroulant ses bras autour de mon cou.
"Dis-le, Bella. Dis-le, et pense-le vraiment," ordonnai-je doucement.
"La dernière fois," dit-elle, en souriant enfin.
Je souris, enroulant mes bras tout autour d'elle et la serrai fort. "Tu es courageuse."
Avec un peu plus de "tu vas me manquer" et "Je t'aime," je la reposai finalement par terre.
Je déposai un baiser sur son front, en chuchotant, "Prépare-toi, Isabella...je pisse sur la cuvette… je te le dis ..."
Son ricanement se transforma en rire plus adorable que jamais. "Tais-toi, Edward. Juste ... appelle-moi quand tu atterris."
Mon "Oui, madame" sortit avec un petit rire, j'embrassai ses lèvres rapidement et pris mes sacs, me séparant d'elle pour ce que je savais être la dernière fois.
…
* A journey pendant : un pendentif qui symbolise les épreuves que deux personnes ont dû affronter pour arriver à être ensemble.
