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149 – Bella
Seattle… samedi 2 octobre 2010 19 h 52
J'étais incapable de ne pas lui donner un autre baiser avant qu'il ouvre littéralement la porte de notre avenir. J'étais tellement excitée de l'avoir ici… de l'avoir à la maison… que je pouvais tout juste le supporter. Mon monde se réduisait à lui pour le moment, nous étions front contre front et j'essayai à l'aveugle d'approcher sa main vers la serrure de la porte.
Lorsqu'elle fut déverrouillée et que la poignée tourna je lui donnai un petit coup de coude et caressai le petit sourire sur ses lèvres avec les miennes.
"Bienvenue à la maison Sergent."
Edward fit un sourire qui allait d'une oreille à l'autre. Le bonheur que je vis sur son visage me coupa le souffle et je ne pouvais pas m'empêcher de faire de même en me tournant dans ses bras et en entrant dans la maison. Sa main était sur ma hanche. Dès que le clic de la fermeture retentit dans la petite entrée, son autre main se posa sur mon autre hanche et il se rapprocha, appuyant son corps contre le mien.
Je pris un moment pour regarder autour essayant de voir la maison d'un nouveau point de vue. L'entrée ouvre directement sur le séjour, que j'avais laissé allumé pour ne pas que nous arrivions dans une maison plongée dans l'obscurité. C'était un peu trop plein avec mon mobilier et celui que j'avais reçu d'Edward. Je savais que la peinture avait besoin d'être rafraichie – elle était de couleur crème et j'avais nettoyé les murs une quinzaine de jours auparavant mais ça n'avait pas été repeint depuis que j'avais déménagé ça faisait deux ans. Pourtant … il était à la maison.
"Donc ceci est notre séjour, "dis-je, brisant enfin le silence et en insistant sur le notre dans la description.
Edward bougea et se mit à côté de moi, gardant un bras autour de ma taille pour me tenir contre lui. "Honnêtement c'est juste comme je l'imaginais, " dit-il en regardant la pièce. "Je veux dire je l'ai vu un peu sur ton ordinateur mais le voir en vrai est quelque chose de tout à fait différent."
Il nous dirigea vers la télé en regardant les photos dans les cadres que j'avais disséminés sur les étagères – tous les deux, mes amis, Charlie, Renée, Phil… et enfin l'une de lui et de ses parents qu'il m'avait envoyé pour que je la garde. Avec un seul doigt, il traça le cadre avec légèreté, tristesse, regret et des flashs d'amour sur son visage.
"Merci, "murmura-t-il tranquille. "Cela signifie beaucoup de la voir ici avec toutes tes photos importantes."
"Elle est importante aussi Edward," lui dis-je honnêtement. "C'était ta famille. Ceci est ta maison à présent. Tu mérites d'avoir ta famille, ici, avec toi."
Il m'attira plus près de lui, me posant un baiser sur le haut de la tête, avant d'exhaler une respiration longue et tremblante.
Après avoir regardé ce mélange de photos et de musique, il continua d'avancer dans la pièce regardant les autres photos que j'avais accrochées au mur, le vieux quilt de ma grand-mère était posé sur le dos du canapé, les livres éparpillés sur le bout de la table.
Enfin il caressa le cuir usé du vieux fauteuil de son père. Je lui laissais le calme dont il semblait avoir besoin. Je savais que voir les affaires de ses parents ramènerait des souvenirs, bons et mauvais et s'il avait besoin de temps pour gérer tout ça, je voulais le lui donner. Après tout il était ici maintenant, nous avions tout le temps que nous voulions.
"Il va bien ici, pas vrai ?" songea-t-il à voix haute, lui jetant un dernier regard avant de se tourner vers moi. Il m'embrassa doucement et murmura contre mes lèvres, "Merci d'avoir fait rentrer mes affaires dans ta maison ma belle."
Je souris et pris son visage dans ma paume, caressant sa joue avec mon doigt, "Notre maison maintenant, tu te souviens ?"
Il sourit en hochant la tête. "Notre maison. Tu m'en montres davantage ?"
En riant doucement je m'éloignai de lui et lui pris la main. "Alors viens. La salle à manger est de l'autre côté."
Il prit ma main et nous avançâmes dans la salle à manger, avec ses lumières vertes et ses murs blancs, la table en bois sombre et les chaises recouvertes de tissu vert. J'aimais cette pièce simplement à cause de la couleur de la peinture mais avec le bureau du père d'Edward c'était définitivement trop petit.
"Notre salle à manger," dis-je même si c'était inutile.
Il rit en secouant la tête. "Il va falloir trouver un autre endroit pour ce bureau. Sinon nous pourrons trouver un petit box pour le stocker."
Il me conduisit vers lui faisant courir sa main libre sur le dessus un peu comme il l'avait fait avec le fauteuil.
"Irina m'a dit qu'elle se souvenait de moi assis derrière lui faisant semblant d'être mon père…" Il se frotta le visage avec sa main et soupira. "Je ne m'en souvenais pas jusqu'à tout à l'heure, en train de faire cela ça, je veux dire je me suis souvenu m'être assis dans ce grand fauteuil, j'étais petit, mes pieds se balançaient dans le vide et … je faisais semblant de faire un discours."
Il rit en secouant la tête. "C'est ce que je pensais qu'il faisait… des discours. Je m'asseyais aussi dans un autre fauteuil alors qu'il répétait ses plaidoiries donc à l'époque c'est tout en quoi consistait son travail dans mon esprit."
"Un jour avant qu'il rentre du travail je voulais faire comme si j'étais un grand homme faisant un discours. Donc je montais dans le fauteuil et babillais, discutant du nettoyage de ma chambre ou de manger mes petits pois au diner ou autre chose, j'en suis sûr – quand il est arrivé par la porte je me souviens avoir commencé à me lever et il a secoué la tête en me disant de continuer et il s'est assis de l'autre côté du bureau où c'est moi qui m'asseyais pour le regarder d'habitude…. Il m'a écouté jusqu'à ce que je sorte précipitamment." Il tapota le bureau puis se retourna vers moi. "C'est mon souvenir le plus lointain de mon père. Je ne pas croire que je m'en souviens. Je devais avoir… quatre ans."
Mes yeux commencèrent à devenir un soupçon humides et j'allais vers eux avant que les larmes ne commencent à tomber mais Edward fut plus vite, utilisant sa main libre pour les essuyer avant qu'elles ne mouillent mes joues. Je me tournai et pressai ma joue contre sa paume, appréciant la chaleur et le poids de sa main.
"Je t'aime," lui dis-je, en levant mes yeux pour rencontrer les siens. "Nous trouverons un moyen de le garder ici. Nous avons besoin d'un bureau de toute façon. Je ne veux pas qu'il aille dans un box de stockage."
Edward laissa tomber ma main et prit mon visage en coupe en penchant sa tête. "Je t'aime aussi ma douce. Merci."
Avant que je puisse lui dire qu'il n'avait pas besoin de me remercier, il caressa mes lèvres une fois, deux fois puis finalement les prit pour un baiser chaud qui me mit toute à l'envers. Je sentis le t-shirt de sa tenue rugueuse sous mes doigts en glissant mes mains de son torse à ses épaules. Son souffle était chaud et avait un goût sucré comme celui de la menthe, alors qu'il ouvrait mes lèvres avec sa langue. Nous grognâmes tous les deux tandis qu'il inclinait ma tête pour m'embrasser plus intensément.
Quand il se recula pour respirer il n'alla pas bien loin. Son front posé contre le mien, il rigola, son air se mélangeant au mien. "Montre-moi le reste de la maison, Isabella le reste de la visite devra attendre jusqu'à demain… ou la semaine prochaine," finit-il avec un sourire.
Je souris et l'embrassai légèrement avant de le faire avancer en prenant sa main. "Tu vas aimer la suite…"
La cuisine était la raison principale pour laquelle j'avais choisi cette maison quand j'avais cherché un endroit pour vivre. La maison en elle-même était plus vieille que ce que j'aurais voulu mais le couple à qui elle appartenait avant avait dû déménager car leur famille s'agrandissant elle était devenue trop petite mais ils avaient récemment rénové la cuisine. Les placards étaient en bois léger, l'électroménager en acier inoxydable et les plans de travail étaient tous en granit sombre. Il y avait un grand ilot qui abritait l'évier et me laissait beaucoup de place pour travailler.
Sur l'ilot était posé le cadeau que j'avais acheté pour Edward. J'avais cherché pendant des semaines pour trouver le cadeau parfait de bienvenue.
"Notre cuisine," annonçai-je insistant sur 'notre' encore une fois.
"Elle est géniale, Bella," dit Edward en regardant autour de la pièce. "J'aime les tabourets autour de l'ilot." Il montra le piano sur le comptoir et me demanda la voix amusée, "Pourquoi diable as-tu un piano dans la cuisine?"
En riant je dis. "Il est petit chéri. Ce n'est pas comme si je mettais ton grand piano dans ma cuisine." En le poussant de l'épaule, je lui dis. "Allez regarde. Appuie sur la touche du milieu."
Quand il le fit, la première note de la 5ème symphonie de Beethoven sortit et le couvercle s'ouvrit révélant les cookies que j'avais faits ce matin.
"Oh putain…" grogna-t-il doucement et en prenant un cookie au beurre de cacahuète. "Où diable as-tu trouvé ça ?" Avant que je puisse répondre il enfourna le cookie en entier en grognant et en mâchant.
Je ris de nouveau à cet adorable gamin et je répondis. "Sur internet. En Chine, j'ai failli ne pas pouvoir l'acheter alors…"
Il secoua la tête et prit un autre biscuit. "Putain, il va falloir que je courre un peu plus chaque jour, ou alors je ne rentrerai plus dans mon pantalon," rit-il en mangeant.
Quand il m'embrassa à nouveau ses lèvres étaient douces et sucrées et des miettes restèrent sur ma bouche. Je les léchai et vis ses yeux s'assombrir.
"Isabella," grogna-t-il et d'un seul coup il me tira contre lui et posa ses mains sur ma taille, me souleva et me posa sur le plan de travail.
J'ouvris mes jambes, le tirant entre elles pour qu'il puisse m'embrasser. Il passa ses mains sur mes cuisses sous la robe, s'arrêtant quand ses pouces atteignirent le satin de ma culotte. Avec les yeux noirs, on aurait dit des piscines d'encre, il me regarda en respirant vite.
"Je te veux tellement," souffla-t-il en caressant le tissu. "Tu jouirais pour moi ? Juste ici, maintenant. Je veux que tu jouisses. Ça fait trop longtemps."
En haletant, je hochai la tête, me mordant la lèvre inférieure alors qu'il repoussait le tissu et glissa deux doigts à l'intérieur de moi.
"Putain," siffla-t-il. "Tu es tellement mouillée chérie…"
Je le savais…. Je pus tout juste l'entendre alors qu'il commença à me caresser, bougeant ses doigts, les faisant presque ressortir puis les faisant rentrer à nouveau.
Son autre main bougea et son doigt caressa mon clito. Quand il recourba ses doigts et tapa contre mon point G en même temps qu'il pinçait mon clitoris je tremblais autour de lui.
"Oh Seigneur !" criai-je alors que des étoiles explosaient derrière mes paupières. Je serrai ses doigts si fort pendant un moment que je craignis de lui faire mal mais le plaisir m'emporta complètement et je perdis toute trace de pensée jusqu'à ce qu'il retire finalement ses doigts.
J'étais toujours à bout de souffle quand il se mit les doigts dans la bouche et commença à les sucer en gémissant.
Quand je pus enfin respirer à nouveau, je ris en secouant la tête. "Tu pourrais avoir à courir encore plus si cela est ma récompense chaque fois que je te fais des biscuits."
Il rit et se pencha pour m'embrasser. Je me goutais sur ses lèvres et sa langue – tarte et terre mais pas tout à fait désagréable.
"Allez," dit-il une fois que nous nous fûmes séparés. "Il y a une autre pièce que je veux voir avant que tu me fasses visiter la chambre de façon très détaillée," taquina-t-il, un sourire en coin et un sourcil levé.
Il me prit dans ses bras, me remit sur mes pieds et sourit à nouveau quand je chancelai sur mes pieds pendant un moment.
"Suis-moi Masen," lui dis-je, en lui prenant la main et en sortant de la cuisine.
Nous traversâmes la salle à manger et le salon puis partîmes dans le couloir jusqu'à la bibliothèque. J'avais fermé la porte alors ça allait être théâtral même s'il avait déjà vu les photos et la pièce à travers la fenêtre en arrivant par l'allée.
"Allez avance," dis-je doucement sachant que c'était cette pièce qu'il attendait le plus de voir.
Il tendit la main et tourna la poignée, poussant la porte doucement pour ne pas qu'elle cogne contre le mur. Il était très calme en entrant et en me tirant derrière lui. Une fois à l'intérieur il nous fit arrêter au centre de la pièce, gardant sa main dans la mienne en se retournant lentement, regardant toutes les étagères, la causeuse… mais il se figea lorsque ses yeux se posèrent sur le piano à queue qu'on voyait par les portes.
"Tu jouerais pour moi ?" demandai-je, voulant ça plus que tout le reste à cet instant.
Il hocha la tête, me tirant avec lui comme il allait au piano et s'installait sur le banc. Une fois assis face au clavier il tapota le siège à côté de lui, me demandant de m'y asseoir pendant qu'il jouerait.
Il souleva le couvercle et passa ses mains sur les touches blanches et noires presque avec révérence. "Il est surement désaccordé," murmura-t-il en s'excusant.
Je secouai la tête en mordillant ma lèvre avant d'admettre l'autre surprise que j'avais pour lui. "Je l'ai fait accorder la semaine dernière… j'ai demandé à la prof de musique à l'école de me conseiller quelqu'un," je le rassurai. "Elle m'a donné le nom du gars qui fait ça pour les pianos de l'école et aussi pour celui qu'elle a chez elle." Je fermai ma bouche avant de délirer davantage.
"Oui ?" Edward prit une inspiration et puis fit quelques gammes, en hochant la tête et en souriant. "C'est parfait. Merci mon cœur."
Il regarda les touches et commença à jouer. Je reconnus le morceau qu'il avait écrit pour sa mère. Il était magnifique et je pouvais dire qu'il comptait beaucoup pour lui quand il ferma les yeux et se perdit dans la musique.
Quand les dernières notes résonnèrent des larmes silencieuses coulaient de nouveau sur mes joues.
"Oh Bella, "murmura-t-il. "Viens là mon cœur."
Avec son aide je grimpai sur ses genoux, à cheval sur ses cuisses et reposant mon front sur son épaule.
"C'est si beau," marmonnai-je dans son cou.
Sa seule réponse fut de resserrer ses bras autour de moi et de poser un baiser sur mes cheveux.
Après un instant je demandais, "Tu jouerais le mien ?"
Il rit, me fit basculer de ses genoux en nous séparant délicieusement.
Avec un grognement il reposa ses mains sur le clavier et commença à jouer. Ça commença doucement puis ça se changea en notes rapides et lumineuses. Je pus sentir chaque bribe de tension le quitter quand je m'accrochai à lui en écoutant le morceau qu'il avait juste écrit pour moi.
Quand il eut fini, je murmurai, "Encore une fois…"
Cette fois je ne pus garder mes lèvres pour moi. Je le sentis dur et prêt, il poussait son intimité contre moi et sachant qu'il allait maintenant rester avec moi me donna envie de lui. Pendant que la musique continuait et s'amplifiait, je posai des baisers sur son cou, suçant doucement sa pomme d'Adam quand je mordis doucement la peau de sa mâchoire il cessa brusquement de jouer et se leva me prenant dans ses bras repoussant le banc sur le plancher.
"Ça suffit," marmonna-t-il en se pencha pour m'embrasser fort et rapide. "Par où est la chambre ?"
Je ris ma tête retombant et je dis, "Tu sors et à droite au bout du couloir."
Je riais toujours quand il éteignit la lumière avec son coude et nous fit sortir rapidement pour aller dans la chambre.
