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156 - Edward
Forks ... jeudi 14 octobre 2010 à 18 h 47
Malgré mon respect éternel pour le père de Bella, j'étais nerveux comme tout, en marchant vers la porte d'entrée. Il avait été cool avec moi au téléphone quand Bella étais venue à Tampa mais maintenant que je vivais réellement avec sa fille, je n'étais pas tellement sûr comment il prenait tout cela. Et c'était pour cette raison que mon sac était resté dans la voiture. Je ne voulais pas forcer quoi que ce soit et mettre en avant ma relation avec Bella et je les rejoindrai à l'hôtel ce soir s'il estimait que je ne pouvais pas rester dormir chez lui.
Je déglutis nerveusement et je pressai la main de Bella lorsque la porte s'ouvrit. Mais si quelque chose me détendit, ce fut bien la réaction des autres. Son père était grand, avec des cheveux juste une teinte plus foncée que celle de Bella mais leurs yeux étaient exactement les mêmes - profonds, brun foncé, très chaleureux pour les personnes debout sur sa pelouse.
"Charlie !" se mirent-ils tous à crier, provoquant le rire de Charlie.
"Hé, papa," rigola Bella.
Emmett fut le premier à bouger, souriant, en enveloppant Charlie dans une étreinte rugueuse. "Vous êtes un plaisir pour les yeux, vieil homme," taquina-t-il, en riant quand Charlie frappa son bras.
"Ravale ce 'vieil' absurde, Em," l'avertit-il, faisant un sourire narquois à Jasper. "Heureux de vous voir à la maison en pleine forme, les garçons."
"C'est bon d'être rentré, Charlie," convint Jasper, en lui serrant la main.
Je dus sourire en le voyant rougir quand Alice et Rose volèrent dans son étreinte, embrassant ses joues. Il semblait que Bella avait hérité cela de lui.
Tirant sur ma main Bella nous rapprocha, relâchant ma main une fois que son père nous regarda. Elle se précipita vers lui, l'étreignant et embrassant sa joue. Et l'amour qu'il avait pour sa fille s'inscrivit sur son visage quand il baissa ses yeux vers elle.
"Papa, c'est Edward. Edward, voilà mon père," nous présenta-t-elle.
Je me sentis inspecté de la tête aux pieds comme sous un microscope mais il tendit la main et je la serrai fermement.
"Chef Swan." Je hochai la tête vers lui. "C'est agréable de vous rencontrer enfin, monsieur. Et félicitations."
Il sourit, rougissant de nouveau. "Pareil pour moi. Et je te remercie." Il se tourna vers nous tous. "Sue a embaumé toute la maison avec sa cuisine. Tout le monde à l'intérieur. Si je ne mange pas bientôt, je suis sûr qu'elle va me casser les doigts pour avoir voulu goûter à tout."
Comme des gosses, Emmett et Jasper partirent en courant dans la maison, faisant plus de bruit que nécessaire mais Alice, Rose, Bella et moi le suivirent tranquillement. Charlie, cependant, m'arrêta avant que j'entre dans la maison.
"Je suis heureux de voir que ce sourire bête est toujours sur son visage," déclara-t-il, verrouillant son regard avec le mien mais sa bouche esquissait un sourire.
"Oui, monsieur," dis-je avec un petit rire nerveux. Bien que les gars chantent les louanges de Charlie, je ne voulais vraiment pas faire de gaffe. Il était important pour Bella et je voulais qu'il m'apprécie. C'était impératif.
"Humph," grogna-t-il évasivement. Je partis vers la porte une fois de plus mais il m'arrêta à nouveau. "Et je suis sûr que tu te souviens que je t'avais demandé de m'appeler Charlie…" dit-il en posant sa main sur mon épaule.
Une odeur de chili et pain de maïs s'engouffra par la porte d'entrée et nous nous arrêtâmes tous les deux pour inspirer profondément.
"Oui… elle va me tuer aujourd'hui," murmura-t-il, souriant à mon rire. "Allez, soldat. Peut-être qu'elle va accélérer les choses maintenant que vous arrivés."
Souriant, je remontai le sac de Bella plus haut sur mon épaule et hochai la tête. "Je peux comprendre. On m'a tapé sur les doigts avec une cuillère plus de fois que je peux compter depuis que je suis à la maison."
Il rit et hocha la tête. "C'est ma fille..." ricana-t-il, avec une expression fière comme un coq. "Entre, fiston."
ooo
"Plus, Edward ?" m'offrit Sue en posant leurs deux assiettes devant Jasper et Emmett.
J'étais sûr que nous allions finir tout le chili qu'elle avait fait. Le dernier des pains au maïs avait déjà été partagé entre nous.
"S'il vous plaît," dis-je avec un hochement de tête, en lui tendant pour la deuxième fois mon assiette vide.
Sue Clearwater était une femme calme et douce, facile à vivre, avec un doux sourire et un peu de malice dans les yeux. Sa peau était légèrement cuivrée, ses cheveux longs et noirs. Il était facile de voir pourquoi le chef était si épris d'elle. Elle était immédiatement sympathique. Elle nous avait tous accueilli comme si nous étions ses enfants, elle étreignit Jasper et Emmett en disant qu'elle était heureuse qu'ils soient rentrés sains et saufs. Elle m'accueillit avec une accolade et pas une poignée de main, me souhaitant la bienvenue dans la famille. Avec un petit rire, elle traîna les filles dans la cuisine pour rattraper son retard sur tous les derniers potins.
Rose se moqua, regardant Emmett. "Tu vas te trouver une autre chambre d'hôtel ce soir, Emmett," grommela-t-elle, roulant des yeux à son sourire. "Tu vas empuantir tous les environs."
La table éclata de rire. L'appétit d'Emmett et les résultats qui s'ensuivaient étaient connus de tous, semblait-il. La table était bruyante, des conversations différentes partout. Pour un homme tranquille, Charlie semblait se délecter de cela. Je pouvais dire que les filles avaient une place spéciale dans son cœur mais il était tout aussi intéressé à écouter les histoires des gars et moi-même de l'étranger.
Le dîner terminé, les filles et Sue s'enfermèrent pour parler du mariage à venir, laissant tous les hommes dans le salon face à la télé. Jetant un regard autour, je pouvais voir pourquoi Bella avait aimé vivre ici les dernières années du lycée. La maison dégageait une ambiance confortable, tout comme Charlie lui-même. Alors que mon enfance était remplie avec des chambres où je n'aurais pas dû être, cette maison ressemblait à un foyer. Mais ce furent les photos encadrées qui attirèrent mon attention.
Des photos de Bella de tous les âges se chevauchant - Bella avec du gâteau d'anniversaire sur le visage alors qu'elle était assise dans une chaise haute, avec des dents manquantes, tenant un fil plein de poissons, avec un chapeau et une robe jaunes parfaitement affreux et enfin ... avec une casquette noire et une robe. La dernière devait avoir été prise pendant la cérémonie d'obtention de son diplôme à l'université. Il était évident que la plupart de ces photos n'avaient pas été prise ici, le soleil était trop lumineux et le sable du désert remplaçait les arbres verts.
"Alors ... Charlie," commença Emmett avec un sourire. "Nous allons au club de striptease à Port Angeles ou quoi ? Il faut sortir de ce long célibat avec un grand bang, vous savez. "
"Non, hors de question !" dit chaque voix féminine en chœur depuis l'autre pièce.
Je ris, secouant la tête à l'expression purement horrifiée de Charlie.
"Merde, Em, tu as vraiment envie de mourir !" Jasper rit, secouant la tête. "Et non, pas de strip-teaseuse. Je pense que nous sommes tous censés nous réunir à La Push, n'est-ce pas, chef ? " demanda-t-il.
"Oui, samedi soir. C'est le dîner de répétition*," répondit Charlie soulagé. "Mais demain... le stand de tir." Il sourit. "Bells, as-tu apporté ton arme ?"
"Tu sais que oui," rit-elle, du seuil. "Elle est dans le coffre avec celle d'Edward."
J'acquiesçai. Bella possédait un Glock 19, acheté pour elle par son père. C'était une belle pièce, facile à manipuler. En la voyant la vérifier, pour tout rassembler avant de l'emballer j'avais perdu la tête. Et c'était la raison pour laquelle elle se tenait sur le pas de la porte avec un grand sourire parce que je ne pouvais pas m'empêcher de l'embrasser….. et plus. Nous étions presque en retard pour tout préparer avant que tout le monde débarque chez nous.
Je levai un sourcil menaçant vers elle mais elle rigola, haussant une épaule.
"Nous ferions mieux d'y aller," dit Alice, marchant dans le salon et tirant Jasper pour le mettre sur ses pieds. "Nous devons encore nous enregistrer à l'hôtel."
Le regard navré sur le visage de Bella était impossible à louper car elle soupira et hocha la tête. "Allez, chéri. Je vais t'accompagner."
Charlie regarda sa fille puis me regarda. Je vis qu'il donnerait le monde à sa fille — et avec raison. "Edward, pourquoi ne prendrais-tu pas le canapé ? Il y a aussi la fin du match à regarder. D'ailleurs, ces deux-là vont me tuer avec leurs discussions sur le mariage." Il fit un geste entre Sue et Bella mais aussi vers la télévision où le match de football était encore en train de se jouer.
Bella avait été absolument sûre que Charlie ne voudrait pas que nous dormions sous le même toit, bien que son ancien lit ne soit qu'à une place. Nous savions que nous devrions nous séparer pour la nuit mais apparemment, le visage misérable de Bella l'avait fait fondre et je pouvais le comprendre complètement. Cette femme pouvait me faire faire des choses pour elle juste avec ce regard.
Cependant, je pouvais également voir qu'il voulait être seul avec moi, je le remerciai et sortis avec tout le monde pour récupérer mon sac.
Je revins à l'intérieur après avoir dit au revoir aux autres et je trouvai un oreiller, des draps et une couverture empilés sur l'accoudoir du canapé. Charlie était encore dans son fauteuil, concentré sur le jeu. Je mis mon polochon par terre et je le rejoignis face à la télé.
La conversation commença avec le sport, couvrant lentement pas mal de sujets. Il ne me prenait pas la tête et il semblait que nous ayons plus en commun que ce que je pensais à l'origine. Bella avait dit que nous étions semblables mais je ne le voyais pas jusqu'à ce que nous ayons commencé à comparer nos histoires militaires.
Quand Bella était juste une enfant, Charlie avait été expédié à l'étranger pendant la guerre du Golfe. Nous parlâmes du désert, du commandement, de la stratégie militaire et bien sûr, du retour à la vie civile. Je lui parlais de mon accident avec les insurgés et des roquettes et il m'expliqua les attaques aériennes que les américains avaient utilisées pour réussir. Il était intéressé par la guerre urbaine et il écouta quand je lui expliquais, y compris la façon dont nous avions formé les nouvelles troupes à Tampa.
Emmett et Jasper avaient eu raison. Charlie était très cool, avec un beau sens de l'humour. Il était tellement comme Bella avec son intelligence tranquille que c'en était presque effrayant. Ils pensaient de même façon, abordant les choses avec force et détermination.
Au moment où le match fut terminé, Sue et Bella émergèrent de ce que je compris était la chambre de Charlie.
"Puis-je récupérer enfin ma chambre, mesdames ?" les taquina-t-il.
"Oui, oui," soupira Sue, en roulant des yeux. "Nous avons terminé là-dedans. Je rentre chez moi. Je dois m'assurer que mon fils ne mange pas tout le contenu de mon frigo."
Bella vint se placer entre mes jambes, se penchant pour poser un doux baiser sur mon front. "Je vais me coucher, chéri. Rendez-vous demain matin. Je ferai le petit-déjeuner pour vous tous."
Les sourcils de Charlie se soulevèrent et il prit un petit air d'Emmett à la mention de la cuisine de Bella quand elle l'embrassa sur le front, aussi. Cependant, après avoir marché avec Sue jusqu'à sa voiture, Charlie attendit jusqu'à ce que Bella m'ait donné un dernier baiser rapide avant de monter. Il pointa en direction de la salle de bains et me dit de faire comme à la maison.
"Mais pas ... trop," m'avertit-il, en levant un sourcil.
"Monsieur," dis-je avec un sourire et un hochement de tête. "Merci de me laisser rester."
Il grogna en roulant des yeux. "Je suis incapable de dire non à cette fille," murmura-t-il, me laissant seul pour la nuit.
Je passai un pantalon de survêtement et un t-shirt puis je préparai le canapé pour la nuit. La maison était calme, sauf le bourdonnement du réfrigérateur dans la cuisine et le tic-tac de l'horloge. Mon téléphone vibra et me fit presque sursauter mais quand je vis que c'était Bella, je souris. Elle ne pouvait pas dormir.
B: Je t'aime... et je déteste dormir seule.
Je secouai la tête, répondant instantanément, ne pensant même pas qu'elle était juste à l'étage.
E: Je t'aime, aussi, ma belle mais je ne veux pas me faire tirer dessus.
B: MDR Il ne ferait que t'estropier.
E: Euh ... non. Je sais exactement quelle partie il voudrait estropier. Je suis trop attaché à l'ensemble de mon corps, Mlle Swan. Tout comme toi… si je ne me trompe.
B: ;) Oui, j'aime toutes les parties de ton corps, Sergent. Certaines plus que d'autres. Pourrai-je au moins avoir un vrai baiser pour la nuit ?
Je gémis, comprenant complètement Charlie maintenant. Il n'y avait pas la moindre chance que je puisse refuser quelque chose à celle qui était à l'étage. Pas du tout. Jamais. Elle me tenait pour le reste de ma vie et je ne pouvais pas trouver une seule raison de me plaindre. Parce que je ne pouvais qu'imaginer le regard pitoyablement doux dans ces yeux bruns profonds que j'aimais tellement…. suppliant pour un simple baiser. Mon téléphone vibra à nouveau et je ris doucement.
B: S'il te plaît ? Retrouve-moi dans l'escalier !
En cédant, je soupirai.
E: Tu as intérêt à te tenir tranquille! :(
Reposant mon téléphone, je m'assis, écoutant le bruit provenant de la chambre de Charlie mais je n'entendis rien à part un doux ronflement. Marchant pieds nus à travers la pièce, je me dirigeai vers l'escalier et me retrouvai face à Bella. Elle était sur la dernière marche, ce qui la mettait au niveau de mes yeux.
"Salut, mon beau," murmura-t-elle, touchant mon visage. "Je pense que je suis gâtée et tu n'es à la maison que depuis deux semaines."
Je souris car j'aimais ce qu'elle disait parce que je ressentais la même chose. Rien n'était aussi bon que de m'enrouler autour d'elle tous les soirs. Bien qu'elle dise le contraire, j'espérais que je ne la rendais pas folle depuis que j'avais emménagé avec elle mais la nuit ... La nuit, nous étions parfaits, confortables et faciles.
"J'ai cru entendre une rumeur au sujet d'un baiser," murmurai-je, effleurant son nez avec le mien.
"Ouais ..." respira-t-elle, souriant comme un petit lutin parce qu'elle avait eu ce qu'elle voulait.
Ce fut lent, intense et à couper le souffle, comme toujours. Il me fallut tout mon contrôle pour rester calme et me concentrer sur l'endroit où je me trouvais et pas ce que son simple contact, sa présence, son goût me faisaient. Mes mains, cependant, parcouraient sans aucune honte ses épaules, son dos et plus bas, ses fesses, les prenant pleinement et les serrant. Je ralentis parce que vraiment je ne voulais pas qu'on nous découvre. Reculant, je reposai mon front sur le sien, en me délectant de la couleur rose de ses joues et de la lourdeur de sa respiration.
"Je pense que papa t'aime," murmura-t-elle, embrassant mes lèvres une fois, deux fois et enfin une troisième fois.
"Il ne m'aimera pas s'il me voit peloter sa fille dans l'escalier," ricanai-je. "Va te coucher, ma douce."
"Merci d'être venu ici avec moi," respira-t-elle contre ma bouche.
"Merci pour le baiser. Au lit. Allez !" la pressai-je gentiment, en lui souriant. Je la tournai par les épaules, lui donnant une claque sur les fesses. "Pars avant de me tuer."
Elle regarda par-dessus son épaule. "Tu me taquines."
"Qu'as-tu dit une fois ? Ce n'est pas taquiner si tu suis ton idée ?" sifflai-je, pointant toujours vers le haut de l'escalier. "Crois-moi, je vais être heureux de la suivre... à la maison."
Cette dernière déclaration sembla l'apaiser alors elle me souffla un baiser avant de monter sur la pointe des pieds. J'attendis le clic de la porte résonner avant de revenir vers le canapé.
Putain, ça allait être un long week-end…
…
*Un dîner de répétition est une cérémonie avant le mariage dans la tradition nord-américaine, habituellement tenue la nuit avant la cérémonie de mariage. Les coûts du dîner de répétition sont traditionnellement engagés par les parents du marié.
Le but du dîner de répétition est pour les parents et les amis des futurs mariés de se rencontrer et de passer un bon moment. Le couple généralement remercie tous ceux qui ont contribué aux préparatifs de mariage.
