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168 - Edward

Jacksonville ... Jeudi 25 novembre 2010 à 06 : 46

Je pris une longue gorgée de café regardant par-dessus l'eau. Je ne voulais pas déranger Bella. Sa mère l'avait gardée jusqu'à tard dans la nuit pour bavarder à propos de presque tout. Ma belle avait bavardé avec patience, calmant sa mère jusqu'à ce qu'un bâillement sorte de sa bouche à presque chaque mot. C'est alors que j'avais décidé qu'il était temps d'aller au lit. Bella n'avait pas protesté.

Ce serait un euphémisme de dire que Renée n'était pas comme je m'y attendais. Du tout. Elle était un peu inconsciente, partout à la fois et elle adorait vraiment, vraiment sa fille. Mais si je devais deviner, elle admirait Bella pour toutes les choses qu'elle-même n'était pas, calme, installée, bien dans sa peau. Mais ça devint seulement ma théorie au bout de vingt-quatre heures. Ma garde était toujours en place autour de cette femme, non seulement parce que je devais être accepté par la mère de Bella mais aussi parce que je détestais, putain, absolument détestait voir ma fille blessée. Et malgré les protestations de Bella, je savais que Renée l'avait déçue à plus d'une occasion.

Renée et Phil possédaient un appartement avec une belle vue sur l'Atlantique et le soleil commençait à peine à montrer le bout de son nez. Sur l'eau on pouvait voir du bleu, du rose et juste un soupçon d'orange. La lune et quelques étoiles tentaient de résister de leur mieux à la lumière mais c'était peine perdue.

Je m'assis dans la chaise longue sur la terrasse arrière, secouant la tête. C'était étrange d'être de nouveau en Floride mais différent. Je me remémorai une plage différente, le zoo et un jeu de mini-golf et je souris dans ma tasse. Ça me paraissait déjà si loin, putain mais en même temps si récent, comme si j'avais eu juste le temps de fermer les yeux avant de les rouvrir. Et merde, je ne changerais rien, putain.

"Tu es matinal," entendis-je doucement derrière moi.

Levant les yeux, je vis Renée avec sa propre tasse de café appuyée contre la porte coulissante en verre.

Je souris et acquiesçai. "Certaines vieilles habitudes ont la vie dure," lui dis-je. "Je pourrais dire la même chose de vous."

"Mon sommeil est erratique." Elle rit en s'asseyant près de moi. "Certains jours, je reste debout toute la nuit... d'autres, je me réveille trop tôt." Elle me sourit et je pouvais voir Bella en elle." Ou peut-être que je suis simplement heureuse aujourd'hui. "

Je ricanai un peu et regardai l'eau à nouveau, en pensant qu'en quelque sorte cela correspondait à sa personnalité. Les couleurs sur l'eau devenaient plus claires, le rose cédant la place au jaune vif.

"C'est rare qu'elle me laisse prendre soin d'elle," continua Renée, avec un petit sourire triste mais elle rit. "Je te promets, Edward, que quand elle se réveillera, la première chose qu'elle va vouloir faire c'est cuisiner, tout simplement parce qu'elle pense qu'elle le doit."

"C'est vrai." Je ris, hochant la tête, parce que c'était la dernière chose que ma douce avait murmuré avant de s'endormir. "Vous avez des projets, alors ?" lui demandai-je, en souriant quand elle hocha la tête, tout comme Bella le faisait.

"Oui, bien sûr," dit-elle fièrement. "Je tiens à vous sortir les enfants. M'occuper de vous deux. Pas de cuisine, pas de nettoyage, pas de football." Elle souligna le dernier mot en levant les yeux au ciel. "Je suis sûr que tu en as eu assez avec Charlie. Et il y a un super coin juste sur la plage."

"Ça semble bien," dis-je, souriant à nouveau dans ma tasse. "Maintenant, il faut juste que vous disiez à Bella qu'elle ne doit pas cuisiner."

Renée renifla et hocha la tête. "Oui, je sais."

Nous restâmes silencieux pendant un moment, quelque chose me frappa violemment mais néanmoins c'était bienvenu. Les mouettes commencèrent à s'appeler l'une l'autre, les vagues s'écrasaient au loin et le vent bruissait dans les palmiers en face. C'était apaisant. Et tout d'un coup, je ne voulais rien de plus que sortir Bella du lit juste pour l'amener voir tout cela.

"Tu l'aimes," dit Renée soudain, mais sa voix était douce.

Je la regardai, étudiant son expression. C'était du choc et de la stupeur, peut-être même une pointe de jalousie mais je ne pouvais pas être sûr. Et je pouvais voir ma Bella sur chaque morceau du visage de cette femme - la ride du nez, l'inclinaison de la tête, un sourcil légèrement plus haut et même les cheveux noirs s'enroulant autour de ses épaules. La seule chose que je ne voyais pas c'était les émouvants yeux d'un brun chaud de Bella, qu'elle avait clairement hérités de Charlie.

"Oui," dis-je lentement et avec prudence. "Beaucoup. Elle est... tout pour moi." Ma voix aurait pu paraître un peu rude. Je n'étais pas aussi inquiet de son approbation que de celle de Charlie mais je ne voulais pas que mes intentions avec Bella lui restent inconnues.

"Bien," dit-elle, ses yeux un peu humides. "Bella a besoin de quelqu'un qui va la choyer. Seul le Seigneur sait, qu'elle a passé toute sa vie comme ça... petite adulte. Elle a pris soin de moi, de Charlie et d'elle-même."

"C'est juste qui elle est," la défendis-je, en haussant une épaule. "Bella prend soin des gens qu'elle aime. Je ne suis pas sûr que cela changera, peu importe combien je tente de la gâter."

Une touche de culpabilité traversa les traits de Renée et finalement je vis ce dont Bella avait parlé. Sa mère était bien intentionnée mais à un certain moment dans leur vie c'était Bella, qui avait ... pris le contrôle dans leur relation. Elle était devenue le roc, permettant à Renée d'explorer... eh bien, Renée. Il y avait eu un moment où Renée avait besoin que la petite Bella de dix ans fasse attention pour que le loyer et tout le reste soit payé mais maintenant, la mère voulait vraiment retourner la faveur à sa fille sans creuser dans les trucs du passé. Renée n'était, en aucun cas, stupide.

"Et comment comptes-tu la choyer?" demanda Renée soudain. "Bella dit que tu vas retourner à l'université ..."

Je ris, levant une main. "Mes parents m'ont laissé ... Eh bien, je vais bien. Disons-le de cette façon. Bella n'a pas besoin de travailler si elle en a envie mais je ne vais jamais le lui dire. Elle aime enseigner et ses élèves l'adorent."

Il y avait une partie de moi qui voulait lui dire qu'elle aurait su toutes ces choses à propos de Bella si elle avait seulement fait l'effort d'aller lui rendre une visite a Seattle mais je ne le fis pas. Je suis foutrement sûr que Renée le savait.

Des pas lourds descendant l'escalier attirèrent notre attention et nous vîmes apparaître un Phil somnolent, qui partit directement vers la machine à café dans la cuisine.

Je vidai les dernières gouttes de ma tasse, me levant de ma chaise longue. Je souris à Renée, arrivant finalement en quelque sorte à la comprendre.

"Je suppose que je vais aller plaider votre cause à propos de cuisine auprès de Bella," lui dis-je avec un petit rire.

Renée ricana et se leva aussi. Elle me tira pour une étreinte inattendue et puis m'embrassa sur la joue. "Je suis heureuse qu'elle t'ait. Elle a besoin de toi," déclara-t-elle doucement mais ses yeux étaient chaleureux. "Je connais ma fille, Edward. Elle parle plus de toi que de n'importe qui d'autre qu'elle a connu. Elle te regarde comme si tu allais décocher la lune. Elle n'a jamais eu besoin de moi mais elle a vraiment besoin de toi."

Fronçant les sourcils, je laissai échapper un soupir. "Croyez-moi, on a toujours besoin de sa mère, Renée... à tout moment."

Elle sourit et hocha la tête. "Va réveiller notre fille, d'accord ? Et quelle que soit la liste de courses qu'elle ait faite, elle peut la mettre à la poubelle. Peut-être que nous irons marcher sur la plage plus tard ... Oh ! Oui et il y a ce cinéma vraiment chouette qui sera ouvert... "

Riant au changement soudain de ses pensées, je rentrai, préparai une tasse de café pour Bella avec suffisamment de crème et du sucre pour rendre quelqu'un comateux et je montai à l'étage. Tout comme Renée et moi l'avions supposé, Bella était assise les jambes croisées dans le lit, un bloc de papier et un stylo dans la main.

"Bonjour, ma douce," lui dis-je, posant le café sur sa table de chevet et déposant un baiser sur son front.

"Je dois trouver une épicerie ouverte. Ma mère n'a guère tout ce dont j'ai besoin pour..."

J'arrachai le bloc et le stylo de ses mains et je les jetai par-dessus mon épaule avant de retomber sur elle, la poussant délicatement sur son dos. Je souris en posant mes mains de chaque côté de sa tête.

"Edward," protesta-t-elle, fronçant les sourcils mais elle avait le sourire aux lèvres quand je l'embrassai pour la faire taire.

"Chut, ma beauté. Tu ne feras rien aujourd'hui, sauf ce que ta maman te dira," lui dis-je, effleurant ses lèvres avec les miennes.

"Oh, c'est quoi ça ? Maintenant, tu es le meilleur ami de Renée ?" rit-elle, enroulant ses bras autour de mon cou.

"Ça se pourrait," ris-je, m'installant dans le berceau de ses cuisses. "Je peux être... très charmant quand je veux."

"Comme si je ne le savais pas !" rit-elle, grinçant quand ma main passa sous son t-shirt - mon t-shirt - pour pouvoir la chatouiller.

"Et ta mère veut juste pouvoir te gâter," je dis-je, en haussant un sourcil, mais je l'embrassai à nouveau.

Je voulais lui dire que Renée était aux prises avec l'idée que Bella n'avait pas besoin d'elle mais la dynamique entre elles semblait fonctionner et je ne voulais pas la briser. Jamais. Mon malaise à propos de Renée avait disparu et je voulais juste que Bella passe un bon moment. Pourquoi s'embarrasser de quelque chose qui est finalement une bonne chose ? Dans un sens, j'enviais Bella.

"Viens, chérie," dis-je, en la poussant hors du lit." Ils veulent nous emmener quelque part."

"Où ?"

"Veux-tu arrêter de poser des questions et sortir ton joli cul du lit ?" ris-je, en la tirant.

"Ok, ok," Bella acquiesça avec un petit rire, se redressant et saisissant le café que je lui avais amené, "mais seulement si tu prends une douche avec moi."

Je souris et je ne pus m'en empêcher. "Pourquoi Isabella ... qu'as-tu à l'esprit ?"

"Prends ta douche avec moi et je te montrerai, Monsieur Obtus." Elle rit, couinant à nouveau quand je fis un pas menaçant vers elle. "Je vais en avoir besoin pour commencer cette journée du bon pied afin de survivre."

"Humm…" gémis-je, enroulant mes bras autour d'elle et enfouissant mon visage dans son cou. "Oui madame..."

ooo

"Quelle méchante sorcière !" s'écria Renée dans un murmure exagéré alors que Bella et elle marchaient bras dessus bras dessous sur la plage.

Je levai les yeux au ciel, Tanya faisait ressortir des réactions comme ça chez les gens.

"Mec, c'était vraiment dur ça !" Phil murmura à côté de moi.

Je grognai et haussai les épaules. Je me sentais plein du repas, fatigué du voyage et si je devais être honnête, un peu nostalgique de Seattle - même si le vol de retour demain serait long et fastidieux. Cependant, je ne voudrais rien changer parce que le regard sur le visage de Bella était vraiment ma récompense. Elle était venue ici, s'attendant à devoir cuisiner et s'occuper de sa mère et rien de tel n'arriva, du coup la regarder tout simplement profiter de la compagnie de sa mère était incroyable pour moi.

Le repas avait été rempli de conversations animées et la nourriture était très bonne. Le restaurant était sur un vieux quai, il ressemblait à une cabane de pêcheur mais la nourriture avait été remarquable. Avec le menu traditionnel de Thanksgiving, ils avaient aussi offert une touche de la Floride - sandwichs de mérou, tarte au citron vert et farce aux huîtres ... et je m'étais empiffré avec cette dernière.

Phil et moi avions écouté les deux femmes parler des vacances passées avec un amusement calme mais ce que Bella avait dit était vrai. Renée ne pouvait pas rester en place très longtemps. En fait, Phoenix et Jacksonville avaient été les endroits où elle était restée le plus longtemps.

"Je sais, non ?" rigola Bella, roulant ses beaux yeux bruns à sa mère.

Je ris avec elle, me tournant finalement vers Phil. "C'est la meilleure chose qui me soit jamais arrivée," lui avouai-je.

Il sourit, tapant sur mon épaule. "Parfois, ça arrive comme ça."

Nous rentrâmes et je dus admettre que la marche m'avait aidé avec mon estomac trop plein mais je voulus gémir quand Renée renchérit avec plus de projets et d'activités.

"Donc ... des films, et il y a ce petit centre commercial qui va être ouvert tôt pour Black Friday ..."

Phil, cependant, gémit, roulant des yeux. "Renée, ma chérie, peux-tu nous donner une pause ? Ils ont besoin de respirer."

"Tu veux juste faire une sieste," l'accusa-t-elle, un sourire en coin tout en lui enfonçant un doigt dans la poitrine.

"Oui ! Absolument," dit-il avec un petit rire amusé, "mais je me contenterais d'une tasse de café et d'une chance de m'asseoir pendant une minute."

"Mais ils partent demain…" gémit-elle, en fronçant les sourcils.

"Maman," dit Bella, marchant vers elle, mais en tenant également ma main, "nous irons partout où tu veux mais j'ai besoin d'un café, aussi. Toute cette nourriture m'a endormie."

Et voilà. Cette fameuse dynamique qu'elles avaient toujours partagée. Renée immédiatement jaillit sur une nouvelle marque de crème et traîna sa fille à l'intérieur pour faire le café. Je m'assis sur la chaise longue sur la terrasse arrière, décidant que c'était mon endroit préféré. J'étais à portée de voix de Bella mais elles avaient aussi leur intimité.

Il ne fallut pas longtemps avant qu'une tasse de café passe devant mes yeux.

"Voilà mon beau," dit Bella, s'asseyant entre mes jambes quand je tapotais le coussin. "Tu vas bien ?"

Riant, j'embrassai son cou alors qu'elle s'appuyait contre moi. "Je suis mieux que bien, amour. J'ai la plus belle femme sur mes genoux. De quoi pourrais-je me plaindre ?"

"Eh bien, du fait que ma mère peut taper sur les nerfs des gens ?" ricana-t-elle, prenant sa tasse et en prenant une gorgée.

"Tu as rencontré Emmett, non ?" plaisantai-je. "Tu sais bien ? Le mec costaud ? Qui parle trop ? Qui a zéro filtre entre son cerveau et sa bouche ?"

"Oui," répondit-elle avec un petit rire, se tournant pour embrasser ma joue. "Tu marques un point, Edward."

"Je suis content que nous soyons venus. C'est bon pour toi de voir ta mère," lui dis-je, embrassant sa tempe. "Je persiste à penser que c'est elle qui aurait dû venir te voir, mais ... peut-être que ce n'est pas toujours possible."

"Hey," murmura-t-elle, en se tournant simplement un peu pour que ces profonds yeux bruns doux puissent scruter mon visage.

"Qu'est-ce que c'est, douce fille ?"

"Si nous passions Noël seuls ... juste nous deux ?" suggéra-t-elle, haussant une épaule. "Au moins, la veille de Noël. Je sais que Charlie voudra que nous soyons avec lui pour le jour de Noël, mais ... "

Je souris puis déposai un baiser sur ses lèvres. Elle avait le goût de sucre, du café et de la menthe qu'elle avait mangée après le repas.

"Cela semble ... une putain de bonne idée."

"Ok, les enfants !" chanta Renée depuis l'intérieur de la maison. "Quel film allons-nous voir ?"

Mon sourire se transforma en rire lorsque Bella que Phil gémirent ensemble.

"Tout ce que tu veux, Maman," soupira Bella, secouant légèrement la tête.

Je pris sa tasse de café et je la posai sur la table puis la tournai sur mes genoux. Embrassant doucement ses lèvres, je les laissai traîner de sa joue jusqu'à son oreille.

"Humm," ronronnai-je, ouvrant ma bouche pour juste un petit avant-goût d'elle. "Dommage que ta mère vienne ... Les choses que nous pourrions faire dans une salle obscure, Isabella ... "

Ses doigts s'accrochèrent à mes cheveux, me tenant là où elle voulait que je sois et je laissai plein de petits baisers juste derrière le lobe de son oreille.

"Tu ... tu es diabolique, chéri," répondit-elle avec un doux rire.

"Peut-être," ronronnai-je contre le lobe de son oreille, passant ma langue tout autour.

Elle rit, me bousculant un peu en arrière et se mettant debout. "Allez, Sergent. Nous testerons ta théorie quand nous serons à Seattle."

Souriant, je pris la main qu'elle m'offrit et je me levai face à elle. "Excellent," renchéris-je, la faisant rire.

"Quand nous renterons à la maison il nous restera quelque jours avant que l'école ne reprenne."

Les yeux de Bella s'adoucirent à la mention du mot maison. Et je comprenais. Nous pouvions aller partout mais notre maison dans cette petite rue calme était vraiment devenue notre refuge. C'était le but pour aussi longtemps que nous y vivrions, rester dans la petite bulle que nous avions créée.

"Je sais, amour," lui dis-je, en embrassant son front. "Viens, nous allons jouer les enfants obéissants pour quelques heures et demain, nous rentrerons à la maison. Cela te va ?"

Elle sourit, embrassa mes lèvres et hocha la tête. "Ça me va."