Bonjour à tous !
Un grand merci à tous ceux qui prennent le temps de laisser un petit message, ça fait toujours plaisir de vous lire :)
Voilà un nouveau chapitre, aucun idée de quand je pourrais poster le prochain, mais déjà pas avant mi-septembre. J'essayerais d'avoir un rythme plus régulier après ça.
Bonne lecture à tous
CHAPITRE 4
Après une petite demi-heure pendant laquelle Clarke pose mille questions à Abby, il s'avère qu'au final, sa mère n'en sait pas beaucoup plus qu'elle. En résumé, peu de temps après avoir emménagé avec Lexa, elle l'a quittée. N'étant pas très proche de Clarke à l'époque, Abby n'a jamais eu d'explication de la part de sa fille sur cette rupture. Pensant que le fait de vivre ensemble avait tout fait capoter, elle n'avait pas cherché plus loin. Surtout, que sa mère n'avait jamais été la plus grande fan de Lexa.
Clarke était repartie vivre à Lyon, car Raven s'y trouvait, et avait vivoté en se trouvant des petits boulots sans qualification particulière. Au bout d'un moment, elle avait rencontré ce Finn et avait construit une relation sérieuse avec lui. Quand il s'était trouvé un bon job à Paris, elle l'avait suivi, ne laissant pas grand-chose derrière elle.
Aujourd'hui, sur le point de se marier, elle suit une formation de secrétaire médicale. D'où le job (qui est plus un stage en fait), que sa mère lui a trouvé dans l'hôpital où elle travaille.
Complétement abasourdie, Clarke n'en crois pas ses oreilles. Elle s'était tellement attendue à quelque chose d'extraordinaire pour éclaircir cette situation, quelque chose d'énorme, de spectaculaire ! Pas une histoire aussi navrante de banalité.
- Et c'est tout ? J'ai quitté Lexa pour...ça ?! Fait-elle en accompagnant ses paroles d'un vaste geste de la main qui désigne l'hôpital, et plus largement, sa vie actuelle.
Abby, dans une tentative de calmer Clarke qui commence à s'énerver, pose une main sur celle de sa fille et prend une voix douce pour lui parler.
- Ma chérie, visiblement ça ne fonctionnait pas avec Lexa, sinon pourquoi l'aurais-tu quittée ?
Aussi loin que ses souvenirs remontent, ça a toujours fonctionné avec Lexa. Bien sûr il y avait des jours plus difficiles que d'autres, mais elle ne voyait pas l'ombre d'un début d'explication sur cette rupture. Supportant difficilement le contact de sa mère, elle retire sa main un peu brusquement.
- Je dois la voir. Affirme-t-elle avant de se lever.
La main revient fermement sur son bras pour la retenir gentiment.
- Avant toute chose, tu dois voir le docteur.
Clarke a envie de se dégager de nouveau. De partir en courant. Loin de sa mère, de cet hôpital qui lui rappelle trop de mauvais souvenirs. Mais une petite voix la fait se rassoir et écouter patiemment. Une petite voix, qui lui manque cruellement depuis des heures. Lexa voudrait qu'elle s'assure d'abord qu'elle n'est pas en danger. Qu'elle va bien. La santé avant tout. Et c'est pour elle, et uniquement pour elle, qu'elle se retient de partir en courant pour la retrouver.
Ce médecin ne sert à rien. Il n'a rien trouvé. PIRE ! Il dit que le cerveau de Clarke est parfaitement normal, qu'il n'y a aucune lésion et donc qu'il est impossible que l'amnésie soit due à un choc ou quelque chose comme ça. En gros, il lui a dit qu'elle fabulait, qu'elle était folle, zinzin, timbrée. Bien entendu, il n'a pas utilisé ces termes exacts, c'est un médecin tout de même. Mais la façon condescendante qu'il a eu de dire que le mariage devait lui peser sur la conscience et que son esprit inventait n'importe quoi pour s'échapper...c'était tout comme. Bref, il est nul.
Abby ne peut rien faire pour la retenir plus longtemps, elle retourne donc en métro directement à son appartement (dont elle a pris soin de noter l'adresse avant de partir). Il ne lui reste plus qu'à trouver une voiture, charger quelques provisions, et prendre la route, direction, le dernier endroit où elle se souvient avoir vu Lexa. Annecy.
Bien entendu, la journée est passée à une vitesse folle, et elle ne réalise pas qu'il est plus de dix-huit heures quand elle rentre. C'est donc dans le plus grand étonnement qu'elle entend la porte d'entrée s'ouvrir, et Finn crier joyeusement :
- Chérie, je suis rentré !
Et merde...elle l'avait oublié celui-là. Pas possible de se cacher, de toute façon elle est au milieu du salon, en train de jeter des affaires en vrac dans un sac.
- Clarke ? Qu'est-ce que tu fais ? Demande-t-il inquiet, en voyant le manège de la blonde.
Elle se retourne en lui adressant un sourire. Un sourire tellement triste et tellement transparent, qu'il sait immédiatement, sans qu'elle ait besoin de prononcer un seul mot de plus, quelle tournure va prendre cette conversation.
Clarke n'est pas sans cœur, elle a de la peine pour lui. Lui qui pensait se marier dans quelques semaines, lui qui pensait finir ses jours avec elle. Mais cette femme, celle dont il est amoureux, ce n'est pas Clarke. En tout cas, pas CETTE Clarke.
Elle hésite un instant. Et si demain, elle se rappelait de tout ? Et si demain, elle réalisait que tout ce qu'il s'est passé pendant cinq ans coulait de source, et qu'il est l'homme de sa vie ?
Juste un instant. Un instant vite balayé par un souvenir qui l'emplit immédiatement d'une certitude absolue. Elle est faite pour Lexa, et Lexa est faite pour elle. Ça a toujours été, et rien qui aurait pu se passer pendant ce temps qu'elle a oublié, ne pourra changer ça.
*** 3 Décembre 2007
Dans un accord tacite, leurs yeux se cherchent chaque matin, à chaque pause, et le soir également à la sortie des cours. Les sourires échangés de loin, sont ce que Clarke a de plus précieux. Forcément, Raven ne perd pas un instant pour taquiner Clarke sur son coup de cœur.
- Ça t'a pris quoi ? A peine une semaine pour faire craquer LA super star du lycée ?
Clarke hausse les épaules en souriant timidement. L'a-t-elle vraiment fait craquer ? Il semblerait en effet que quelque chose se passe. Et Clarke se délecte depuis plus d'une semaine de cette situation. Les papillons que Lexa fait voleter dans son ventre à chaque fois qu'elle lui décoche un de ses sourires joueurs sont un pur bonheur.
Et même si elles ne sont pas reparlées depuis la séance sportive de l'autre jour, elle élabore chaque nuit des plans tortueux pour oser l'inviter à sortir. Mais premièrement, Clarke ne connait pas encore bien le coin, et donc ne saurais pas où l'inviter. Et deuxièmement, Lexa est rarement abordable. La seule fois où la blonde a fait mine de s'approcher, elle s'est pris un regard noir de la tueuse qui sert de meilleure amie à Lexa. Anya Crew . Une grande fille plutôt mince, mais toute en muscle, aux yeux en amande et au sourire absent. Assez dissuasif pour refroidir toute tentative d'approche.
Ce serait tellement plus simple si Lexa venait d'elle-même pour lui parler. Mais malheureusement, il semblerait que ce ne soit pas dans les plans de la jeune fille. Malgré l'attente de Clarke à la sortie des cours, quand Lexa termine plus tard qu'elle. Malgré les perches tendues pour s'esquiver au moment des pauses. Lexa ne fait pas un pas vers elle.
Tant est si bien que si Raven, et même Octavia, n'étaient pas persuadées que Lexa craque sur elle, elle se dirait qu'elle se fait des films.
Ce soir, c'est soirée cinéma avec Raven et Octavia. Et comme souvent le vendredi soir, elles croisent une bonne partie du lycée dans les couloirs du complexe. Ses yeux cherchent machinalement une certaine brunette.
- Cherche pas Clarke, elle ne va jamais au ciné. Il parait qu'elle a une salle de projection privée dans son sous-sol, et qu'elle invite ses amis pour regarder les derniers films qu'elle se procure grâce au boulot de son père.
- Elle a une salle de ciné chez elle ? Demande Clarke impressionnée.
- Ça et le reste, il parait qu'ils ont un parcours de golf dans leur jardin ! Ajoute Octavia en levant les yeux au ciel pour exprimer son agacement. Sans compter qu'elle porte toujours les dernières fringues à la mode, et qu'elle se balade avec un chauffeur les trois quarts du temps.
Ça doit être intéressant d'avoir son père qui travaille dans le cinéma, pense Clarke les yeux fixés sur les affiches au-dessus d'elles.
- Ok, je vais chercher le pop-corn, allez faire la queue il commence à y avoir du monde. Lance Clarke en s'éloignant vers les guichets où s'étalent les monceaux de bonbons en tout genre.
Et pendant qu'elle sort son portefeuille dans la file, tout en pensant à Lexa et à la vie qu'elle peut bien mener en dehors du lycée, deux mots font soudainement accélérer son cœur.
- Hey Griffin.
La pointe d'humour n'a pas échappé à Clarke. Elle ne pourrait pas utiliser son prénom, comme tout le monde ?
Oubliant instantanément les pop-corn, elle se retourne prestement et découvre Lexa, seule pour une fois, vêtue d'un simple jean et d'un sweat à capuche gris clair.
- Alors ? Tu prends des forces pour affronter les vampires ?
Evidemment, Twilight était sortie le mercredi précédent, il était facile de deviner ce qu'une jeune fille de 16 ans venait voir en ce début de week-end.
- J'ai déjà affronté bien pire que des vampires. Rétorque Clarke du tac au tac, en appuyant fortement sa suggestion du regard.
S'ensuit un bref duel de regard, que Clarke perd lamentablement quand elle est obligée de se retourner, car la vendeuse commence à s'impatienter à force de l'interpeller.
- Mademoiselle ! Les séances vont bientôt commencer. S'agace la femme derrière son comptoir.
- Heu, oui bien sûr. Trois grands pop-corn s'il vous plait.
- Et un paquet de Malteser, ajouter Lexa en sortant un billet de sa poche et en le tendant à la vendeuse.
Clarke intercepte immédiatement le billet, laissant son coude sur le comptoir, et le bout de papier dépasser négligemment de ses doigts.
- Je peux me payer des pop-corn figure toi.
- J'espère bien. Dit Lexa en faisant un discret signe de tête à la vendeuse.
Laquelle récupère le billet que Clarke tient toujours en l'air et encaisse le tout.
La jeune blonde fronce les sourcils, et demande un peu abruptement.
- Pourquoi tu as fait ça ?
Un haussement d'épaule nonchalant est tout ce qu'elle reçoit comme réponse.
Ayant récupéré leurs provisions, elles se dirigent ensemble vers la file où Raven et Octavia attendent impatiemment, tout en observant l'échange entre les deux jeunes filles.
- Au fait je ne t'ai pas demandé, tu vas voir quoi ?
Lexa tire un billet de sa poche arrière, et tapote le titre du film en le montrant à Clarke. Twilight.
- Oh, on va voir le même film ?
- Heu, oui. D'ailleurs, je suis venue seule. On peut s'assoir à côté ?
Clarke rit doucement.
- Tu paies le pop-corn, tu veux qu'on s'assoit à côté, si je n'étais pas venue avec mes amies, on aurait presque pu appeler ça un rencard.
Elle ne remarque pas la subtile coloration sur les joues blanches de la belle brune. Mais celle-ci reprend vite son assurance en arrivant devant les amies de Clarke.
Les portes s'ouvrent enfin et elles avancent au milieu de la foule.
- Au fait, glisse Clarke en murmurant. Tu peux t'assoir à côté de moi. A condition que tu ne manges pas tout mon pop-corn.
- Hey, j'ai payé ce pop-corn ! S'indigne faussement Lexa.
- Je t'ai rien demandé. Et tu n'avais qu'à en prendre si tu en voulais.
- Je préfère le chocolat de toute façon, fait-elle en secouant le petit sachet rouge de bille de malt.
Petit sachet qui reste dans la poche de sa veste durant tout le film. Film dont Clarke ne saura pas raconter l'intrigue en sortant de la salle. Trop occupée à piocher dans le sachet de pop-corn, et de sentir leurs mains se frôler sans oser plus. Trop occupée à profiter de la présence de Lexa, rassurante et confortable dans le siège à côté. Et trop occupé à emplir ses poumons du doux parfum de son shampoing. Une odeur entêtante qu'elle est persuadée ne jamais pouvoir oublier.
Clarke prend une profonde inspiration avant de répondre à Finn. Elle essaye de réfléchir, aux mots qu'elle va utiliser pour briser le cœur de ce pauvre garçon. Mais rien ne pourrait lui éviter la souffrance. Alors au moins, elle décide d'être honnête.
- Je pars. Je vais rejoindre Lexa.
Les yeux marron en face d'elle s'écarquillent, et Finn attrape un tabouret de bar pour s'appuyer contre.
- Rejoindre Lexa ? Qui c'est ? Et tu pars combien de temps ?
Une sourde colère l'envahit soudain. Comment est-ce possible qu'il ne connaisse pas Lexa ? Comment son futur mari peut l'ignorer ? Plus elle explore ce monde, moins elle apprécie les choix qu'elle a fait durant ces dernières années.
- Finn, je ne reviendrais pas. Jamais. Dit-elle de façon déterminée.
- Pardon ?
- Ecoute...je...
Clarke hésite, parce que c'est quand même un peu difficile à avaler. Mais elle s'est promis d'être honnête.
- Je ne me souviens pas de toi.
Aucune réaction chez le garçon. Elle enfonce le clou.
- Ce matin quand je me suis réveillée, je ne savais plus qui tu étais, je ne savais plus où j'étais. J'ai oublié ces cinq dernières années et malheureusement, toi avec.
- ...
Il ouvre la bouche, puis la referme plusieurs fois d'affilé sans prononcer un mot. Ses yeux sont inexpressifs. Pour un peu, Clarke pourrait voir les rouages de son cerveau tourner pour tenter de se mettre en place, mais sauter à chaque fois qu'ils sont sur le point d'y arriver, à cause d'un défaut de fabrication.
- J'ai une sorte d'amnésie. Quelque chose comme ça. Précise-t-elle en espérant que l'utilisation d'un terme « technique » lui permette de revenir à lui.
- Attend. Tu ne te rappelles pas ? De rien ?
- Pas si ce « rien » a eu lieu après février 2014. Non.
Finn se redresse, passe la main sur son visage comme pour se réveiller, et se dirige derrière le bar pour aller se servir une bière. Retirant la capsule d'une main, il boit une longue gorgé avant de continuer. Ce faisant, il fait de grands gestes en parlant, projetant un peu de mousse sur la table et le sol.
- Alors tu te réveilles un matin, tu ne te souviens pas de ta vie, et tu décides quoi ? De tout foutre en l'air pour tenter de retourner dans le passé ? Et si demain tout te revient ? Cette « Lexa », elle aussi a dû changer, et c'est QUI d'ailleurs ?
Clarke n'a rien contre lui, mais la façon qu'il a de prononcer son nom, ou de parler d'elle la met immédiatement hors d'elle.
- Tu vois ? Rien que ÇA, ça me conforte dans mon choix. Tu ne sais pas ! C'est la personne la plus importante de ma vie, et tu ne SAIS PAS !
Les larmes lui montent aux yeux, la fatigue, physique et émotionnelle menacent de la submerger. Cette confrontation, elle aurait préféré l'éviter même si elle est consciente qu'elle ne pouvait pas.
- Ce n'est pas censé être moi, ton futur mari, la personne la plus importante de ta vie ?
Portant une nouvelle fois le goulot à sa bouche, il croise les bras et se renfrogne. Clarke ravale ses larmes et arrive à se détendre assez pour tenter une nouvelle explication. C'est dur. Pour lui, qui ne comprend logiquement rien, et pour elle, qui se frustre à essayer de remettre du sens dans les événements, mais qui n'y arrive pas.
- Cette vie, fait-elle en embrassant la pièce des bras, ce n'est pas MA vie. Je veux dire, même avec cinq ans de plus, ma vie ne ressemblerait pas à ça. Ce ne sont pas MES choix. Je n'arrive même pas à trouver la moindre trace de Raven. Et c'était ma meilleure amie durant plus de six ans !
A la mention de son amie, il fronce les sourcils l'air fâché, et fini sa bière d'un seul coup. Il va pour en prendre une autre dans le frigo, et la décapsule immédiatement.
- Raven et toi, vous ne vous parlez plus depuis presque quatre ans. Dit-il d'un ton plus bas en baissant les yeux sur ses mains, qui tiennent la bouteille. Rien d'étonnant que tu ais effacé son numéro.
La sensation désagréable dans son estomac lui donne de nouveau la nausée. Elle ne parle plus à Raven depuis quatre ans. Au moins, Finn la connait.
- Pourquoi ? Fait-elle d'une voix tremblante.
L'air gêné, il secoue la tête, éludant la question.
- Des trucs de fille.
Rien n'a le don de l'agacer à ce point. Des « trucs de fille ». Ok, donc si monsieur Finn a décidé de ne rien dire, elle ira à la source.
- Sérieusement ? Je te dis que je ne me souviens pas des cinq dernières années, tu ne penses pas que c'est un peu traumatisant ? Et toi tu ne réponds même pas à mes questions ?
- Et moi ? Je rentre du boulot comme tous les soirs et ma fiancée m'apprend qu'elle me quitte, comme ça, sans préavis, en me racontant une histoire à dormir debout ! Et je ne sais toujours pas qui est cette Lexa dont tu parles !
Leurs regards s'affrontent un moment, chacun cherchant à imposer sa colère à l'autre. Finalement, Clarke secoue la tête, et retourne finir son sac, résignée. La fermeture éclair tirée, elle est fin prête. Une main ferme se pose sur son bras, et d'instinct elle se retourne sur la défensive. La prise se fait immédiatement plus légère.
- Aller arrête. Dit Finn d'un ton plus calme. C'est n'importe quoi. Tu veux retourner je ne sais où pour retrouver des gens que tu n'as pas vu depuis cinq ans ? Tu veux annuler le mariage, et partir sur un coup de tête juste parce que tu ne te sens pas bien aujourd'hui ? Sois raisonnable. Vas te reposer, ça ira mieux demain.
Clarke le dévisage lentement, fixant chaque marque, chaque mèche de cheveux, chaque petite ride dans sa mémoire. Et puis soudain, elle ne peut plus supporter d'être ici, dans cet appartement qui n'est pas le sien, avec cet homme qui n'est pas le sien.
- La fille que tu voulais épouser n'existe plus Finn. Tout ce qui pourrais se passer à partir d'ici ne serait qu'un tissu de mensonges. C'est vraiment ce que tu veux ?
Comme il a l'air de réfléchir sérieusement à la question, elle secoue la tête d'exaspération tout en levant les yeux au ciel. Elle attrape le sac reposant sur le canapé en se dégageant, et fonce vers la porte. Un instant avant de la franchir, elle demande finalement :
- Est-ce que tu peux me dire où je gare ma voiture habituellement ?
Elle retient son souffle, de peur qu'il ne réponde pas, et qu'elle passe des heures à chercher dans toutes les rues alentour.
- Sous-sol. Place numéro huit.
Il a prononcé ces quelques mots d'une voix monocorde, vaincu. Clarke ne tourne pas les yeux vers lui. Elle ne veut pas voir la tristesse qu'elle cause. C'est lâche, elle en est consciente. Mais en même temps, quel autre choix avait-elle ?
