Salut à tous!
Après les vacances, la rentrée et un déménagement, me revoilà :)
Je n'ai pas beaucoup plus de temps pour écrire pour le moment, car encore dans les cartons, mais je me suis fait harceler pour poster un chapitre, donc je vais essayer de ne pas trop traîner pour la suite ;)
Bonne lecture !
CHAPITRE 5
L'ascenseur s'immobilise au sous-sol, Clarke déteste les parkings sous-terrain. Ça lui rappelle toujours les films d'horreur qu'elle adore, et elle s'attend sans arrêt à entendre un bruit de pas qui résonne derrière elle. Prenant une grande inspiration, elle s'élance dans l'espace désert en se répétant sans cesse que non, il n'y a aucune raison pour qu'un clown armé d'une machette sorte de derrière la fourgonnette noire garée quelques places plus loin.
Heureusement, elle n'a pas à chercher longtemps la place numéro huit, et s'engouffre dans la petite Citroën blanche garée là. Même l'odeur de l'habitacle ne lui ressemble pas. Une horrible incertitude vient l'immiscer dans ses pensées. Et si c'était la voiture de Finn ? Ou pire, « leur » voiture ! Est-ce qu'elle est en train de voler son ex-fiancé ? Si elle pouvait, elle laisserait le véhicule et ses doutes derrière elle. Mais elle a besoin de cette voiture. Et le siège semble réglé à sa taille. Il ne lui en faut pas plus pour se décider. Tapant l'adresse sur son portable, elle lance le GPS, et prend la route sans demander son reste.
Son téléphone indique seulement une quinzaine de kilomètres parcourus, et l'heure d'arrivée à déjà avancée d'une bonne heure et demi. Clarke soupir de soulagement quand le trafic s'éclairci et qu'elle peut enfin rouler à une allure décente. Sortir de Paris et de ses rues embouteillées, c'est une vraie torture. Quelle horreur cette ville, elle ne comprend vraiment pas comment elle a pu venir vivre ici.
En rentrant sur l'autoroute, elle laisse son esprit vagabonder, en se repassant la journée, encore et encore. Cherchant le lien entre ses derniers souvenirs de sa « vie d'avant », et celle qu'elle découvre depuis quelques heures. Mais plus elle y réfléchit, moins cela semble logique. Elle s'est pourtant fait tous les scénarios dans sa tête. Tous les scénarios qui auraient pu la pousser à quitter Lexa, mais rien ne semble un tant soit peu probable.
En se plongeant dans le passé, elle revit les dernières semaines. Elles avaient fait Noël chez sa mère cette année-là. Abby leur avait offert un chiot. Un berger Australien noir tricolore qu'elles avaient appelé Argo. Clarke en était folle, elle passait des heures à le dresser, et à lui apprendre des tours. Il avait moins de six mois dans ses souvenirs. Aujourd'hui...il pouvait être papa, où même grand père. Lexa, elle, avait horreur des chiens (d'ailleurs, Clarke soupçonnait sa mère d'avoir fait exprès pour l'embêter). Et pourtant, la petite bête avait mis moins de trois minutes à conquérir le cœur de sa bien-aimée. Le seul être vivant à avoir battu ce record, c'était Clarke elle-même.
Leur appartement étant bien trop petit pour vivre avec un chien, elles étaient en train de se renseigner pour déménager rapidement. Et puis ses souvenirs deviennent flous, se mélangent. Elle ne sait plus dire quand se passent les choses. Mais les images font mal. Car aussi fort qu'elle tente de se souvenir, elle ne voit que des images de Lexa souriante, avec cette petite boule de poil jouant dans la neige, quelques flashs de Raven, et puis plus rien, le trou noir.
Une panique totale l'envahit subitement. Machinalement, elle a rentré SON adresse dans le GPS. Son ancienne adresse. Quelles sont les chances que Lexa s'y trouve encore ? C'est ridicule.
La nuit est tombée. Il se fait tard, la journée a été longue, la fatigue et les émotions la rattrapent. Il faut qu'elle s'arrête. Qu'elle réfléchisse. Il lui faut un plan, un vrai, et pas se précipiter sans savoir sur quoi, ou sur qui elle va tomber.
La voiture est bientôt stationnée sur l'aire d'autoroute la plus proche, et Clarke s'adosse sur le siège conducteur, épuisée. Tous les muscles de son corps lui font mal. Pourquoi ? Elle n'a pas fait particulièrement d'effort physique. Elle soupçonne la tension nerveuse d'avoir joué un rôle là-dedans. SI elle pouvait avoir un massage à cet instant. Ceux de Lexa sont divins. Ses yeux se sont fermés, et elle imagine les mains familières glissant sur ses épaules et sa nuque. Les muscles se relâchent d'eux même à cette pensée, et elle s'enfonce un peu plus dans l'inconfortable siège en tissu gris.
Son téléphone sonne et elle l'attrape machinalement en rouvrant les yeux. C'est un message de sa mère qui veut savoir où elle est. Elle soupire en fermant l'application des messages, et fait de nouveau défiler ses contacts, à la recherche d'un nom connu. En insistant, peut-être que l'un d'entre eux lui rappellera quelques chose. Un nom, une adresse, une photo, n'importe quoi !
Dans son cerveau embrumé et épuisé, ses souvenirs se mêlent à tout ce qu'elle a découvert aujourd'hui pour lui laisser un méchant mal de tête. Elle a du mal à distinguer le vrai du faux. Y'a-t-il seulement un vrai et un faux ? Elle reprend son téléphone pour envoyer un message à sa mère pour la rassurer. Abby, la seule personne apparemment, qui fait le lien entre la personne qu'elle est aujourd'hui, et celle qu'elle était il y a cinq ans. Si quelqu'un sait quelque chose, ça ne peut être qu'elle. Et ce Finn ? Il connait Raven. Ou il la connaissait.
Clarke se maudit, pourquoi y'a-t-il fallu qu'elle parte si vite ? Si elle veut retrouver la trace de son passé, elle doit suivre la piste qui la mènera à Lexa. Et qui est mieux placé que sa meilleure amie (ex meilleure amie ?) pour l'aider ?
L'aurait-il seulement aidée ? Malheureusement, elle n'a pas la réponse à cette question. Son esprit lui cri que non, il ne l'aurait pas fait. Parce que c'est plus facile de faire de Finn « le méchant ». La vérité c'est qu'elle ne lui a laissé aucune chance. A la première question qu'il a esquivée, elle l'a envoyé balader. Ça doit sans doute être un type bien, ou pas trop mal du moins, si elle (l'autre elle), était prête à l'épouser.
Et elle a tout fait foirer. Il ne voudra plus jamais lui parler maintenant. La seule option qu'il lui reste, c'est sa mère. Elle compose le numéro et appuie sur le petit téléphone vert.
- Clarke ? Tu vas bien ? Tu es où ?
La blonde promène son regard autour d'elle. Rien ne se ressemble plus qu'une aire d'autoroute.
- Honnêtement ? Aucune idée. Quelque part entre Paris et Annecy.
- Tu es parti ? Comme ça ? Sans avoir fait d'autres examens ? Tu es avec Finn ?
Les questions fusent, Clarke n'a même pas le temps de commencer un début de réponse. Et elle-même a des questions qui lui brulent les lèvres.
- Maman ! Coupe-t-elle brusquement, Je vais bien. Je ne sais juste pas vraiment où je vais. Finn n'a pas voulu me parler, j'ai besoin de trouver Raven. Tu à une idée d'où elle pourrait être ?
- ...
Silence au bout du fil.
- J'imagine que c'est un non...
- En fait...commence Abby, elle m'a écrit il n'y a pas si longtemps.
Clarke se redresse, une lueur d'espoir lui redonnant l'énergie nécessaire.
- Ah oui ? Elle t'a écrit ?
Clarke savait que sa mère s'était toujours bien entendue avec Raven, bien mieux qu'avec elle-même si elle voulait être honnête. Mais apprendre qu'après qu'elle ait coupé les ponts avec son amie, sa mère avait gardé contact, c'était tout de même une sensation étrange.
- Oui. On s'écrit, de temps en temps. Aux dernières nouvelles, elle avait trouvé un job sur Lyon. Je n'ai pas son adresse, et je ne connais pas le nom de son entreprise. Mais je sais qu'elle travaille dans l'aérospatiale.
Un sourire vient s'étaler sur les lèvres de Clarke. Le premier vrai sourire de la journée, et ça lui fait un bien fou. Raven a réussi, elle a réalisé son rêve.
- Rien d'autre qui pourrait m'aider à la retrouver ?
- Hum...non désolée.
La sincérité dans la voix de sa mère la prend au dépourvu. Elle tente vraiment de l'aider, leurs relations ont dû grandement s'améliorer ces dernières années.
- Merci maman.
Le téléphone se décolle déjà de son oreille, mais avant qu'elle ne raccroche, Abby l'interpelle.
-Clarke !
- Oui ?
- Et si demain, en te réveillant, tes souvenirs reviennent ? Si toute cette journée ne te semble qu'un mauvais rêve ? Tu rentreras à la maison ?
L'espoir dans sa voix lui donne envie de vomir. Clarke ne veut pas être cette version d'elle. Peu importe les choix qu'elle a pu faire, peu importe ses raisons, elle ne veut pas de cette vie-là. Elle veut Lexa.
- J'espère que non.
Sur ce, elle raccroche rapidement pour ne pas laisser à sa mère le loisir de lui demander des explications. La ville de destination est rapidement changée sur le GPS. Arrivée à minuit trente-sept. Trop loin, trop tard.
Elle se dit qu'il serait sans doute plus raisonnable de terminer la route demain Mais une petite voix au fond d'elle la terrorise. Une petite voix qui lui dit que si elle s'endort sans avoir vu Lexa, demain, elle se souviendra. Elle se souviendra de la rupture. Que ses raisons lui sembleront justes. Valables. Qu'elle se souviendra de sa rencontre avec Finn. De pourquoi elle l'aime, et pourquoi elle a accepté de l'épouser. Et ça la terrorise.
Alors elle hésite, malgré la fatigue, malgré ses yeux qui ne semblent plus vouloir rester ouvert. Malgré le fait qu'elle sait très bien que conduire dans cet état est dangereux. Ses pensées vont vers Lexa. Comme toujours, qu'est-ce que Lexa ferait ? Et comme toujours, elle connait immédiatement la réponse à cette question.
Elle se glisse sur les sièges arrières, et s'installe aussi confortablement que possible (autant dire pas du tout), pour prendre un peu de repos. Elle donnerait cher, très cher pour avoir ne serais ce qu'une photo de Lexa à cet instant. N'importe laquelle. Pouvoir se réconforter avec l'idée que ce n'est pas une chimère et qu'elle est quelque part, pas si loin que ça.
Tout en se blottissant sur l'inconfortable banquette, elle ouvre la porte de ses souvenirs, et dans son esprit exténué, elle revoit défiler des dizaines, des centaines de photos de Lexa. Toutes provenant presque exclusivement de son appareil photo.
*** 15 Décembre 2007
Raven accourt vers elles comme si elle venait de découvrir qu'une deuxième lune tournait autour de la terre. Devant l'état d'excitation de la jeune fille, Clarke et Octavia interrompent immédiatement leur conversation qui porte en ce moment, exclusivement sur Lexa, Lincoln et leur entourage. Il faut dire qu'Octavia et Lincoln se rapproche un peu plus à chaque soirée qui passe. Ce qui ne fait qu'agacer Clarke qui attend désespérément une nouvelle occasion d'approcher Lexa. Cette soirée au cinéma hante son esprit à longueur de journée. Mais depuis, elle n'a pas eu l'occasion de se retrouver seule avec elle.
- LES FILLES VOUS NE DEVINEREZ JAMAIS CE QUE JE VIENS DE TROUVER !
- Heu...fait Octavia, peu sûre d'avoir réellement l'envie de découvrir ce qui met Raven dans cet état.
- Probablement pas. Affirme Clarke en croisant les bras, un sourire moqueur sur les lèvres dans l'attente de la grande annonce de son amie.
- Il y a un labo photo au premier étage ! La porte entre la passerelle et la salle B1, c'est une chambre noire. Enfin, une chambre rouge. Enfin... une salle pour développer les photos quoi.
La blonde et la brune échangent un regard amusé.
- Et ? Ose Clarke qui ne comprend pas bien où Raven veut en venir.
- Et ? J'ai toujours rêvé faire de la photo ! C'est mon rêve !
C'est comme ça que les trois filles se retrouvent quelques jours plus tard, dans la cours du lycée, un vieil appareil photo argentique en main. Le club photo venait de voir le jour sous l'impulsion de la scientifique du groupe.
Il fait beau, même si le froid ne laisse aucun doute sur le fait qu'on est en hiver. On voit s'échapper des bouches des petits nuages de vapeur qui disparaissent rapidement au soleil de midi. Raven tourne dans la cours en se demandant quel sera son inspiration du jour. Et quand Lexa apparait soudainement à quelques pas de Clarke, une subite impulsion qu'elle ne saurait faire taire, pousse la blonde à récupérer l'appareil dans les mains de Raven.
En quelques secondes, Clarke a porté l'appareil à son visage. Pas besoin de réfléchir, elle sait que son inspiration à elle est juste là. Et pourtant, elle hésite une fraction de seconde avant d'appuyer sur le déclencheur. Ne va-t-elle pas trop loin en prenant une photo à son insu ? Mais la lumière est trop parfaite. Son regard, tourné vers le ciel pour une raison indéterminée, est trop incroyable. Une seconde plus tard, l'image est imprimée, sur ce petit morceau de plastique qu'est la pellicule.
Clarke baisse les bras, ne comprenant pas trop ce qui vient de se passer. Elle fixe toujours Lexa qui se tourne finalement vers elle et semble surprise de la trouver dans cette position. Les bras ballant, tenant le matériel que Raven a tôt fait de récupérer en marmonnant que le but de celui-ci n'est pas d'assouvir les fantasmes des blondes en manque.
Et juste quand Lexa semble sur le point de dire quelque chose, Anya déboule en furie, mettant fin à ce moment de flottement. Un regard noir en direction de Clarke et elle entraine la brune plus loin, provoquant à la fois le soulagement et l'agacement chez la photographe improvisé.
Comme à chaque fois au lycée, Lexa est inaccessible. Pourtant, c'est elle qui est venue vers elle pendant le cours de sport, et cette fois au cinéma. C'est comme si ses amis faisaient tout ce qui est en leur pouvoir pour la tenir éloignée de Clarke. Et quand ce n'est pas Anya, c'est Indra qui s'y met. Clarke se dit qu'autant elle pourrait sans doute finir par s'entendre avec la première, autant la deuxième ne semble pas disposée à se faire de nouveaux amis. La bonne nouvelle, c'est qu'elle ne le prend pas personnellement, car à part quelques rares élus, personne ne semble les fréquenter que ce soit au lycée ou à l'extérieur.
Quelques heures plus tard, après avoir écouté les explications peu précises de Raven, Clarke retient son souffle en plongeant le papier brillant dans le bain révélateur. Les détails apparaissent peu à peu comme par magie, jusqu'à laisser apparaitre le reflet exacte de ce moment hors du temps. Tout est là, ses cheveux lâchés négligemment sur ses épaules, ses yeux dans le vague, la courbe de son nez qui se marie parfaitement avec ses lèvres pleines. Et Clarke comprend pourquoi, à cet instant, elle a eu cette irrépressible envie.
Sur la feuille de papier en face d'elle, elle découvre une nouvelle Lexa, et au fond d'elle, elle sait que c'est « la vrai ». Une Lexa sensible, fragile, sans les masques sous lesquelles elle apparait au monde. C'est là, sous ses yeux, et Clarke comprend qu'elle est en train de tomber amoureuse.
Elle plonge rapidement la photo dans les deux autres bains avant de l'accrocher délicatement au fil pour la faire sécher. Puis elle range précipitamment ses affaires dans son sac avant de sortir de la pièce.
Il faut qu'elle la voit, et cette fois, elle ne laissera pas Anya l'intimider.
Toc Toc Toc
Trois coups sur le carreau la réveillent en sursaut.
- Lexa ! Cri-t-elle en se relevant encore à moitié endormie.
Mais évidemment, Lexa n'est pas là. Et les coups ne sont que l'action d'une paire de gamins qui courent sur le parking pour se défouler.
Clarke jette un coup d'œil à l'extérieur, et à son portable qui lui indique qu'il est presque six heures. Elle passe deux fois la main dans ses cheveux pour tenter de les démêler un minimum. Elle est plutôt contente de les porter courts à présent, elle n'imagine même pas le bazar que ça serait si elle avait encore ses cheveux long, après cette nuit atroce dans la voiture. Une ébauche de sourire vient s'installer sur son visage quand elle se souvient de la tête de Lexa, au moment où elle était sortie du coiffeur sans l'avoir prévenue.
Elle ne se sent pas vraiment plus reposée que la veille, mais une fois qu'elle réussit à ouvrir complètement les yeux et à les garder ouvert, son sourire s'étire largement en réalisant une chose importante.
- Je me souviens. Murmure-t-elle pour elle-même, un immense soulagement l'envahissant.
C'est étrange comme ces trois petits mots auraient pris un tout autre sens si elle les avait dits à sa mère, ou à Finn. Elle se souvient d'avoir oublié, et c'est ça qui la soulage. Parce que ce matin, rien n'a de sens, et ça veut dire qu'elle part retrouver Lexa pour redonner un sens à sa vie.
