Salut à tous :)
Dans la précipitation, la dernière fois j'ai oublié de remercier l'amie qui m'a fait le dessin pour la couverture de la fanfiction (Je laisse son insta ici si ça vous dis d'aller voir ce qu'elle fait )
Vu que c'est de sa faute si je me suis précipité elle ne m'en voudras pas trop ;p
Comme je manque de temps en ce moment, je m'excuse si je ne répond plus aux reviews, mais ça fait toujours autant plaisir de lire vos commentaires.
Merci de lire et suivre cette histoire, je vous laisse avec un nouveau chapitre, et à bientôt.
CHAPITRE 6
En quelques heures elle se retrouve dans le centre de Lyon, et il est encore tôt. Clarke roule jusqu'à ce qu'elle ne sache plus où aller. Finalement c'est à la bibliothèque qu'elle se réfugie pour faire ses recherches. Il ne doit pas y avoir douze mille sociétés qui travaillent dans l'aérospatiale dans le coin. Le problème c'est qu'elle ne sait pas ce que Raven fait exactement.
Après quelques minutes de recherches infructueuses à croiser tout ce qu'elle sait de Raven sur Google, une idée géniale lui vient. Son école ! Eux, ils savent sans doute où elle travaille. Ils gardent toujours un contact avec leurs anciens étudiants.
Leur numéro est plus facile à trouver, et après avoir baratiné un peu la secrétaire, elle arrive à avoir un nom et une adresse. Elle reprend sa voiture.
Clarke fait chou blanc à l'accueil, enfin, pas tout à fait. Ils ont confirmé que Raven Reyes travaille bien chez eux, mais impossible de la contacter comme ça. Ils ne rigolent pas avec la sécurité là-bas. Du coup, ne sachant pas trop quoi faire d'autre, épuisée et découragée, elle s'installe sur un banc en face de l'entrée principale, laissant son esprit s'égarer en regardant passer les gens.
*** 12 Janvier 2008
Clarke se demande comment elle a pu en arriver là.
C'était pourtant bien parti. Elle avait finalement réussi à proposer à Lexa de se voir en dehors du lycée, mais les vacances de Noël approchant et Lexa s'absentant durant cette période, elles avaient dû reporter au tout début d'année.
Après presque deux semaines de manque insoutenable où Clarke avait cru devenir folle, elles s'étaient finalement retrouvées pour une sortie au ski avec Lincoln, Anya et Octavia. Pourquoi elle avait dit oui ? Là, c'est le trou noir. Clarke n'avait JAMAIS mis les pieds sur des skis, ou quoi que ce soit qui y ressemble de près ou de loin.
Mesurant très mal la difficulté de l'exercice, elle se retrouve là, en haut de cette piste, de couleur tout à fait convenable au demeurant, sans savoir que faire.
- Bon bah on se retrouve en bas hein ? Dit gaiement Octavia en se lançant dans la pente sur son snowboard, suivie de près (très près) par Lincoln.
Après un dernier regard en direction de la blonde, Anya sourit moqueusement, et amorce sa descente à son tour.
- Bonne chance ! Cri-t-elle avant de disparaitre dans un virage en contrebas.
Et Clarke reste seule avec Lexa. Réalisant ironiquement que c'était ce qu'elle avait toujours souhaité, mais pas dans ces conditions.
- Je crois que je ferais mieux d'enlever ces trucs et de vous attendre en bas. Marmonne-t-elle en cherchant un moyen de défaire ses skis.
Une boule de neige bien placée vient interrompre son mouvement. Elle tourne un regard noir vers Lexa.
- Tu es certaine de ne pas vouloir essayer ? Au moins cette piste ? Je t'accompagne.
Dans l'idée, Clarke n'est pas complétement contre. Elle aimerait bien que Lexa lui apprenne, mais elle ne veut pas lui gâcher la journée.
- Non, ça va être ennuyeux pour toi.
- Peut-être pas. Tu as peut être des talents cachés. Dit-elle en se rapprochant assez pour la toucher.
- Humhumm. Marmonne Clarke, peu convaincue.
- Je te propose un truc. Je t'aide à descendre celle-là, si tu es naturellement doué pour la glisse, on continue. Sinon, on trouve autre chose à faire.
Clarke n'a pas tout compris, elle est resté bloquée sur le « on », tout ce qu'elle sait c'est que quoi qu'il arrive, elles restent ensemble. Alors dans ce cas, elle acquiesce à tout.
Au bout de la quatrième gamelle, elles se rendent à l'évidence. Clarke n'a aucun talent caché, et elle n'est PAS naturellement douée pour la glisse, ou quoi que ce soit qui demande de la coordination.
D'ailleurs, elle n'essaye même plus de ne pas tomber quand elle se rend compte que Lexa est toujours au bon endroit pour la rattraper. Mettant même de plus en plus de temps à se relever, il faut dire que son amie est très confortable. Ce n'est que lorsqu'elles entendent les sifflements d'O' qui passe à toute vitesse à côté d'elles, pour ce qui doit être la troisième ou quatrième fois, que Clarke abandonne et déchausse finalement.
Lexa n'insiste pas, et prend les skis de Clarke en lui demandant de la rejoindre au bar situé au bas des pistes.
-Soit prudente, reste bien sur le côté des pistes. Lance-t-elle avant de dévaler la pente gracieusement malgré l'encombrement supplémentaire causé par le matériel.
Ce n'est qu'une fois que Clarke la perd de vue qu'elle se met en marche, tout droit direction le bar. Ça, ça lui convient beaucoup mieux.
Elle est épuisée en arrivant enfin, et ne rêve que d'une chose, un bon chocolat chaud. Mais Lexa arrive, surexcitée, avant même qu'elle n'ait eu l'occasion de s'assoir.
- Clarke vient ! J'ai trouvé un truc pour toi.
La fatigue se fait sentir, malgré l'unique demi-descente qu'elle a faite. Ses chaussures lui meurtrissent les pieds (comment font-il pour passer des heures dans ces engins de torture ?). Elle a soif, froid, et envie de faire pipi. Mais ce regard vert, rempli de malice, efface en un instant toutes ses appréhensions, et elle s'entend répondre naturellement.
- Je te suis.
Elles contournent le bâtiment, et juste derrière le restaurant, à l'orée du bois, une meute de chien s'ébroue dans la neige. Ils ne semblent nullement gênés par les harnais qui les relient au traineau derrière eux.
- T'es sérieuse ? Demande Clarke interdite.
- Juste un petit tour Clarke. Je suis sure que tu n'as jamais fait ça ?
- Non, je ne vis pas au pôle nord moi.
Lexa rigole, un vrai rire, à une blague même pas drôle. Et le cœur de Clarke fond encore un peu plus devant l'évident plaisir que la jeune fille prend à passer du temps avec elle.
Quelques minutes plus tard, et après avoir troqué ses bottes inconfortables contre d'épais chaussons en fourrure, Clarke se glisse dans le traineau, juste devant Lexa qui l'entoure immédiatement de ses bras.
A cet instant, oubliés le froid, la fatigue et la torture des chaussures de ski. Si elle devait mourir maintenant, elle mourrait heureuse. Dans les bras de Lexa, confortablement installée sous une couverture chaude. Un soupir de contentement lui échappe sans qu'elle ne s'en rende compte. Mais il n'échappe pas à Lexa qui ressert sa prise autour de la blonde, un sourire timide accroché aux lèvres.
Après un dernier avertissement, le musher crie et les chiens détalent entrainant le traineau à leur suite. Surprise de la vitesse, Clarke lâche un petit cri, mais avec Lexa juste derrière, elle se sent en sécurité. Bientôt, elle se détend complétement pour profiter pleinement de la ballade magnifique qui s'offre à elle.
Cela fait bien une heure que Clarke observe les allers et venues des employés, avec l'espoir un peu fou de voir apparaitre une jeune fille avec une attelle, les cheveux bruns remonté en queue de cheval, et un sourire arrogant qui ne la quitte jamais.
Pas une silhouette qui ne lui ressemble, de près ou de loin. Un coup d'œil à sa montre lui indique qu'il est presque treize heures. Ça explique son mal être général, elle n'a rien mangé depuis le sandwiches de la veille, acheté à la va-vite sur une aire d'autoroute. Un bon repas serait le bienvenu pour reprendre un peu de force, mais elle a trop peur de la rater si elle s'absente, même quelques minutes.
Indécise et perdu dans ses pensées, elle ne remarque pas la personne, qui vient d'arriver derrière elle.
- Clarke ?
La voix la fait sursauter et la blonde se retourne pour tomber nez à nez avec Raven. Un immense soulagement l'envahit tout à coup. Elle n'aurait jamais cru que la simple vision d'un visage ami, un visage connu, puisse lui procurer une telle sensation de chaleur et de réconfort.
Sa première impulsion est de se lever et se jeter dans ses bras comme elle a l'habitude de le faire quand elle ne va pas bien. Mais quelques chose dans le regard de Raven l'en empêche. A la place des yeux rieurs et taquins dont elle a l'habitude, elle découvre de la surprise, de la rancune, de la colère. Alors une fois debout, elle reste là à la regarder la bouche entrouverte sans savoir quoi dire. Partagée entre le bonheur de voir sa meilleure amie, et l'angoisse de ce qu'elle lit dans ses yeux.
- Qu'est-ce que tu fais la ?
La question, légitime, est prononcée d'un ton blessant. Visiblement ce n'est pas une bonne nouvelle qu'elle soit là. Mais qu'est-ce qu'elle a bien pu faire à Raven pour mériter un accueil aussi froid ? Ravalant sa salive, ses larmes et sa douleur, elle arrive finalement à prononcer quelques mots.
- J'ai besoin de toi.
Ces simples mots, prononcé avec tellement de sincérité et d'humilité, provoque un changement immédiat dans l'attitude de la jeune scientifique. L'inquiétude remplace la colère et la surprise. Même si elle reste passablement contrariée à l'arrivée inopinée de la blonde dans sa vie.
- Comment ça ? Demande-t-elle suspicieuse.
Clarke réalise à quel point ces quelques mots représentent la réalité. Elle a besoin de Raven pour retrouver Lexa certes, mais au-delà de ça, elle a besoin de sa meilleure amie, elle a besoin de réconfort, elle a besoin d'elle tout simplement.
- Est-ce qu'on peut discuter ?
- Et qu'est-ce qu'on fait d'après toi ?
Chaque phrase prononcée par Raven semble remplie de ressentiment, et même si elle se dit qu'elle mérite sans doute cette agressivité, cela la blesse un peu plus à chaque fois.
- Je veux dire, ailleurs...tu as le temps ?
- Du temps pour toi ? Demande Raven d'un air hautain.
- S'il te plait...
Les derniers mots ont été suppliés d'un air las, et Raven comprend que Clarke ne veut pas rentrer dans son petit jeu. Elle a le choix, soit continuer à être agressive et repousser Clarke, soit lâcher l'affaire et écouter ce que son amie a à lui dire. Quelque chose dans son regard, dans ces yeux bleus qui lui ont tant manqués, même si elle ne l'admettra jamais, la font abdiquer.
- Ok. Il faut que je finisse quelque chose au travail. Retrouve-moi à cette adresse dans trois heures. Fait-elle en se saisissant du portable de Clarke pour rentrer l'adresse.
Clarke ne passe pas à côté de l'air dégouté qu'elle affiche en passant rapidement l'écran d'accueil, et se demande vaguement ce qui a pu la faire réagir de la sorte. Son amie lui lance un bref « à tout à l'heure » avant de s'éloigner vers l'entrée de la société. Et Clarke recommence à respirer normalement. Elle n'avait pas remarqué qu'elle avait quasiment arrêté de s'oxygéner pendant tout l'échange.
Un vertige la prend, et elle décide de profiter de ces quelques heures pour aller se reposer et manger un morceau. Et aussi renvoyer un message à sa mère, qui ne cesse de la harceler depuis le matin.
Trois heures plus tard, après une sieste et un repas, Clarke se sent beaucoup mieux quand elle franchit la porte du bar qui correspond à l'adresse donnée. Elle salue le barman en allant s'installer à une table près de la fenêtre pour voir Raven arriver, et commande deux bières par habitude.
Son amie arrive un instant avant les boissons et se laisse tomber sur la chaise en bois en face de Clarke.
-Comment tu sais que je prends une bière ? Demande Raven en remerciant le serveur.
- C'est ce que tu prends toujours. Dit Clarke naturellement en portant le verre à ses lèvres pour aspirer la mousse.
- Prenais...se rattrape-t-elle, en voyant le sourcil levé de Raven.
- Hum...fait celle-ci en prenant une gorgée du liquide. Alors ? Je ne comprends pas vraiment comment tu pourrais avoir besoin de moi, mais je t'écoute.
Viens la partie la plus difficile, Raven est une scientifique, ce qu'elle ne comprend pas, elle le démonte pour mieux le remonter. Comment lui faire avaler que Clarke à une sorte d'amnésie et qu'elle ne se souvient pas de ces cinq dernière années ?
-Tu me promets de m'écouter jusqu'au bout ?
- Oui. Répond Raven en levant les yeux au ciel comme si tout ce que pouvait dire son ex-amie allait l'ennuyer profondément.
- Okay. Alors déjà, sache que je ne suis pas folle, j'ai passé des examens à l'hôpital, tu pourras demander à ma mère vu que tu as gardé contact avec elle.
- D'accord.
Raven a déjà l'air septique, mais au moins elle semble curieuse de connaitre la suite maintenant. Prenant une grande inspiration, Clarke lâche tout d'une traite.
- Hier matin quand je me suis réveillée, je ne savais plus où j'étais. J'ai découvert que j'habitais à Paris, et que j'étais fiancé à un garçon du nom de Finn. Tu le connais ?
- Pardon ?
- Ce garçon, Finn, tu le connais ? Quand je lui ai parlé de toi il a réagi bizarrement.
- C'est une blague ?
- Raven, je sais que ce n'est pas facile à accepter, encore moins pour toi. Mais le fait est que je ne me souviens de rien de ce qui s'est passé ces cinq dernières années. Je ne connais pas ce Finn, je ne sais pas pourquoi toi et moi on ne se parle visiblement plus, et je ne sais pas où est Lexa.
Sa voix s'est brisée en prononçant le dernier prénom et les larmes qui emplissent ses yeux menacent de couler.
- Ce n'est pas possible. Répond Raven du tac au tac, refusant d'un bloc tout ce que Clarke vient de dire.
- Raven, s'il te plait. Je sais que tu ne me dois rien, je ne sais pas ce qu'il s'est passé entre nous. Mais s'il te plait, j'ai besoin de toi, parce que j'ai besoin de remplir les blancs dans ma tête. Les derniers souvenirs que j'ai de toi, c'est peu après que tu aies emménagé à Lyon pour tes études. Je n'arrive pas vraiment à avoir de souvenirs clairs après ça, je me souviens plutôt bien le début de l'année, juste après avoir eu Argo. Et après, c'est flou, c'est juste des images vagues. Comme un rêve. Et on en arrive à hier.
- Tu es sérieuse.
Ce n'est pas une question, et en suivant les changements dans le regard de son amie, Clarke réalise que même si elle a encore du mal à le croire, elle va lui parler.
- Très sérieuse. Alors...Est ce que tu peux m'aider ? Et commencer par me dire pourquoi toi et moi on ne se parle plus et depuis quand ?
Raven baisse le regard, hésite encore un bref instant, et prend une grande inspiration avant de commencer.
- Quatre ans. Ça fait quatre ans. Depuis que tu es partie à Paris.
- Et on se parle plus parce que je suis partie à Paris ? Insiste Clarke, avide de résoudre enfin une partie de ce mystère qu'est sa vie.
La brune lève vers elle un regard plein de reproches, lui lançant des éclairs qu'elle ne semble pas pouvoir contrôler.
- Parce que tu es partie à Paris avec Finn. Mon petit ami. Avec qui tu couchais depuis des mois derrière mon dos.
Un long silence fait suite à cette déclaration. Prenant petit à petit conscience de la signification des mots, Clarke se décompose littéralement en imaginant la situation que lui décrit Raven. Elle ne peut pas détacher son regard de celui de son amie. La colère à laquelle elle fait face est partagé entre l'ancienne rancune, et la douleur de devoir se replonger dans ces souvenirs difficiles.
Une vague nausée vient lui tordre l'estomac. Elle a du mal à croire qu'elle est été capable de faire une chose pareille. Mais étant donné qu'elle ne se souvient de rien...elle est bien obligée de croire Raven sur parole. Elle ouvre la bouche à plusieurs reprises, sans prononcer un mot, car tout ce à quoi elle peut penser semblerait déplacé. Au final, après une pause inconfortable de ce qui lui parait une éternité, elle décide que ce n'est pas le moment d'amener ses propres sentiments sur le tapis. Elle refoule le dégout, la tristesse et la honte, et continue de creuser.
- Quand...quand est ce que je suis parti à Paris ?
- En Septembre. 2014. Tu l'as suivi. Il m'avait quitté depuis deux mois à peine.
Bien consciente de l'attention avec laquelle Raven observe la moindre de ses réactions, Clarke retrace la chronologie. En septembre 2014, elle déménageait dans une ville qu'elle a toujours détestée, pour et avec un garçon qu'elle avait volé à sa meilleure amie. Tout cela n'explique pas ce qu'il s'est passé avec Lexa, mais les pièces se mettent en place petit à petit. Et si ce qu'elle doit découvrir est du même acabit, elle n'est plus du tout certaine de vouloir connaitre la vérité.
- Et vous...Clarke s'interrompt soudain, un souvenir lui revenant en mémoire, un souvenir flou. Finn...c'est le gars du ski. Celui dont tu m'avais parlé juste après Noël chez ma mère ?
- Oui, c'est ça.
- Tu veux dire qu'en à peine un an, j'ai réussi à perdre l'amour de ma vie, ma meilleure amie et me retrouver dans une vie qui ne me ressemble pas, dans une ville que je déteste ?
- Oui, c'est ça.
Raven aurait presque pu avoir un petit sourire sadique en entendant Clarke faire le point sur sa vie, mais l'air pitoyable qu'elle affiche retient toute démonstration de sa part. Elle semble vraiment mal, et malgré tout ce qu'il s'est passé, Clarke était son amie. Et la voir comme ça, ça la touche, c'est plus fort qu'elle.
Clarke se prend la tête entre les mains, digérant les dernières informations.
- On ne se parle plus, à cause d'une histoire de garçon ? Gémit-elle, ne se reconnaissant pas, une nouvelle fois.
Raven secoue la tête, et porte de nouveau la bière à ses lèvres, plus pour s'occuper que pour réellement boire. La réaction tout ce qu'il y a de plus authentique de Clarke la remue sérieusement, et elle doit se retenir pour ne pas poser une main réconfortante sur le bras de son amie.
- Non. Le garçon, c'était un prétexte. Fait-elle en détournant le regard, trouvant tout à coup la décoration du bar plus qu'intéressante. La trahison...j'aurais pu te pardonner, éventuellement. Mais tu ne m'as pas laissé le choix. Une fois partie, je n'ai plus eu de nouvelles. Mes rares tentatives de contacts sont restées sans réponse. Alors... j'ai fait sans toi.
Le regard fuyant de Raven en dit long. Clarke sait qu'elle déteste pleurer. Et pourtant, remonter ces souvenirs douloureux emplissent ses yeux de larmes qu'elle n'a jamais laissées couler.
- Je suis désolée...souffle Clarke d'une petite voix en prenant la main de son amie pour la réconforter.
La culpabilité est si forte, qu'elle a le sentiment qu'elle pourrait prononcer ces mots des milliers de fois, ce ne serait jamais suffisant. Ni pour Raven pour commencer à lui pardonner, ni pour elle pour commencer à se pardonner elle-même. Clarke n'a aucun mal à laisser rouler les larmes sur ses joues, et elle ne prend même pas la peine de les essuyer quand Raven se dégage gentiment. Encore incapable de laisser Clarke reprendre une place dans sa vie.
- Vraiment...je...
Clarke s'arrête, cherchant ses mots.
- Je ne cherche pas à me disculper. Mais je ne comprends pas ce qui a bien pu m'arriver pour en arriver là. Finit-elle piteusement.
Raven hausse les épaules et parvient enfin à refouler ses larmes à l'aide d'une longue gorgé de bière. Elle vide le verre, et fait sursauter la blonde quand elle le repose avec détermination sur la table.
- Ce qui est fait est fait. Honnêtement, t'entendre dire que tu es désolée, ça me fait plus de bien que je ne l'aurais pensé.
Clarke sourit timidement, c'est un début. Mais elle doit maintenant aborder un tout autre sujet, car c'est toujours sa priorité.
- Raven, je sais que toi et moi on a beaucoup de chose à régler, et j'espère que tu me pardonneras mais...il faut que je trouve Lexa. Et que je sache ce qu'il s'est passé. Tu peux m'aider ?
Semblant plus détendu maintenant que l'abcès est crevé, son amie hoche la tête et interpelle le serveur pour commander une autre bière.
- Tu as l'air tellement au bout de ta vie, ce serait cruel de te laisser comme ça. Mais tu risques d'être déçue, je ne sais pas grand-chose.
- Vas-y. Répond Clarke du tac au tac, impatiente d'avoir ENFIN des informations, si maigres soient-elles.
- Tu me dis te souvenir de cet hiver-là? Après le noël où tu as eu Argo ? C'est à peu près à cette période que ça s'est passé. Je m'en souviens parce que j'étais venu un week-end, on était allé à la montagne faire de la luge. Argo était comme une folle dans la neige. C'est la dernière fois où je t'ai vue avec Lexa.
Clarke acquiesce parce qu'il s'agit également d'un de ses derniers souvenirs clairs. Mais elle ne dit rien, attendant la suite.
- Peu de temps après, un peu avant le printemps je suppose, Lexa m'a appelée deux fois en l'espace de quinze jours. Elle s'inquiétait pour toi, mais n'a jamais su m'expliquer clairement ce qui clochait. Elle voulait savoir si tu m'avais parlé de quelque chose qui n'allait pas. On n'a jamais été très proches avec Lexa, elle ne m'appelait jamais. Donc pour qu'elle le fasse, tu imagines bien que la situation devait être grave. Dix jours plus tard, tu débarquais à Lyon, ta valise sous le bras. Tu l'avais quittée. Tu ne m'as jamais dit pourquoi. Lexa non plus.
- Et ?
- Et c'est à peu près tout. Tu t'es trouvé des petits boulots sur Lyon, tu vivais chez moi. Moins d'un an plus tard tu partais à Paris avec...Finn. Au début j'ai gardé le contact avec Lexa, on s'appelait de temps en temps pour se donner des nouvelles, mais après ça... c'est devenu aussi dure pour elle que pour moi. On ne voyait que toi à travers l'autre. On a préféré couper les ponts.
- Est-ce que tu crois, que ce qu'il s'est passé avec Lexa aurait pu me faire...Devenir comme ça ? Je veux dire, tu sais que je ne t'aurais jamais blessée volontairement ?
Raven hausse les épaules, comme si tout cela n'avait pas d'importance. Ou n'en avait plus.
- Je ne sais pas. Tu te fâchais à chaque fois que je parlais de Lexa, disant que tu ne voulais pas revenir sur le passé. Tu étais...différente. Pas dans le bon sens. Je me disais que c'était la rupture, que ça t'avais abimé. Tu ne te souviens vraiment de rien ?
- Non, comme je t'ai dit. Tu dis que Lexa t'as appelée ? Est-ce qu'elle t'aurait dit quelque chose qui pourrait donner un indice sur ce qu'il se passait ?
Raven grogne légèrement, s'enfonçant un peu dans son siège, en sirotant sa bière. Son regard ne lâche pas Clarke, guettant toutes ses réactions. Cherchant la vérité.
- Tu es certaine de ne pas avoir pris de coup sur la tête ?
La blonde soupire en secouant la tête de gauche à droite.
- Ce serait tellement plus simple...Donc si je veux savoir ce qui a causé tout ça, je dois remonter à la source. Je dois voir Lexa. Tu sais où elle est ?
- Hum...pas exactement, toujours vers Annecy ça c'est sûr. Il parait qu'elle a un appart magnifique avec vue sur le lac. Dixit Octavia. Et elle a repris les affaires de son père. Elle a même réalisé quelques films.
Un sourire tendre et fier fait son apparition sur le visage de Clarke à l'évocation de Lexa. Elle a réalisé un de ses rêves, et rien ne peux lui faire plaisir plus que ça. Et puis elle repense à ce que Raven vient de dire.
- Octavia ? Comment sait-elle quelle vue à l'appartement de Lexa ?
- Lincoln. Ils sont mariés. Et ils vivent toujours là-bas aussi. Donc forcément elle la voit toujours de temps en temps.
Un nouveau sourire de la part de Clarke. De l'espoir cette fois.
- Et donc tu sais où vit Octavia.
Raven aussi se met à sourire.
- Je n'arrive pas à croire qu'à cause du boulot je vais louper ça...mais je n'arriverai pas à te convaincre d'attendre deux jours que je puisse venir avec toi ?
- Aucune chance Raven, je pars ce soir, avec ou sans adresse. Je ferai le tour du lac s'il le faut.
- OK. Abdique Raven en sortant une carte de visite de sa poche et en notant avec application une adresse au dos. Tiens, comme ça tu as mon adresse, mon téléphone, et là c'est chez O' et Link.
Clarke ne pourrait être plus reconnaissante envers son amie. Elle sait à ce moment que malgré tout ce qui a pu se passer, elles arriveront à surmonter ça, et à reconstruire ce qu'elle a visiblement détruit toute seule.
Elle attrape le bout de carton que Raven lui tend et se penche au-dessus de la table pour l'embrasser.
- Je ne pourrais jamais te remercier assez pour ça.
Raven rougit légèrement, surprise par l'excès d'affection de Clarke, et en même temps se retient de se lever également pour la prendre dans ses bras. Le bref contact a suffi à lui faire entrevoir ce qu'elle pourrait retrouver. Mais elle n'est pas encore prête, elle a besoin d'un peu de temps.
- Ne redeviens pas miss egobitchcentrique et on sera quitte. Je veux retrouver ma meilleure amie.
Clarke regarde longuement son amie, sentant pour la première fois depuis son réveil que quelque chose se remet en place.
- Moi aussi.
Et après être passée payer la note, elle retourne la carte pour lire l'adresse notée à la main derrière. Annecy. Elle y sera dans moins de deux heures.
