Salut à tous !
Heureusement que j'avais dis "rapidemment" pour le prochain chapitre...toutes mes excuses, et pour me faire pardonner, je vous promet le suivant avant la fin de l'année.
Merci à tous pour les reviews, les follows, et bonne lecture !
A plus
CHAPITRE 8
Les graviers crissent sous les roues de la petite voiture quand elle s'arrête. Clarke jette un œil à gauche, elle ne voit rien de particulier. Pourtant, c'est bien à cet endroit que le tournage est censé avoir lieu. Elle sort de la voiture et claque la porte sans prendre la peine de la fermer à clé. A quoi bon, il n'y a rien à voler là-dedans.
Elle est plutôt confiante, après avoir réussi à renouer le dialogue avec Raven, elle a passé une bonne soirée avec Octavia, quoi qu'un peu étrange.
La veille, après avoir englouti leur diner, Octavia l'a forcée à prendre une douche, et elles ont passé une bonne partie de la soirée à trouver des vêtements que Clarke pourrait porter. Si elles font environ la même taille, Octavia est bien plus mince et sportive que Clarke, ce qui éliminait d'office les trois quarts du dressing. Finalement, son choix s'est porté sur une chemise bleu ciel, et un pantalon blanc cassé que Octavia n'a probablement jamais porté.
En se réveillant ce matin, après une bonne nuit dans un vrai lit, elle s'est sentie d'attaque pour sa journée. Pour la première fois depuis son « réveil », et même si rien n'est résolu, elle sait où elle va. Quant à savoir comment, c'est une autre histoire.
Sans la moindre idée de comment elle pourrait aborder Lexa après tout ce temps, elle franchi les quelques mètres qui la sépare des premiers immeubles. Il lui semble entendre des bruits de voix un peu plus loin. Une palissade lui barre la route. Elle la longe un instant, cherchant un passage, mais ne trouve rien. Découragée, elle rebrousse chemin.
De retour à la voiture, elle prend une autre ruelle, se demandant pourquoi tout est aussi calme autour d'elle. Une nouvelle palissade, et les voix qui se font plus fortes de ce côté.
Clarke donne un coup de poing sur les planches qui se dresse entre elle et son but. Elle ne va quand même pas passer sa matinée à chercher un passage ? Levant les yeux, elle estime la hauteur de l'obstacle. I peine deux mètres. En regardant autour d'elle, elle repère une poubelle renversée. En quelques mouvements, la poubelle se transforme en marche pied, et elle saute par-dessus la barrière pour atterrir maladroitement de l'autre côté.
- Aïe ! S'écrie-t-elle en tombant durement sur le bitume.
- Hey ! S'écrie un homme qui s'avance rapidement vers elle.
D'un regard, Clarke repère l'uniforme marqué « SECURITE » qui laisse peu d'imagination sur la fonction de cet inconnu.
- Et fuck... Lâche-t-elle en se relevant, testant doucement sa cheville meurtrie au passage.
En deux secondes il est à côté d'elle. De toute façon, elle a mal, impossible de courir. Et puis c'est ridicule, ce n'est pas une gamine, elle ne va pas engager une course poursuite au milieu de la rue. L'homme n'est pas si grand, mais Clarke ne saurait dire si c'est sa barbe broussailleuse, ou ses yeux noirs qui l'impressionnent le plus. Elle ne risque pas de s'enfuir, mais ce n'est pas l'envie qui manque.
- Qu'est-ce que vous faites là ? C'est interdit au public. Vous n'avez pas vu les panneaux ? Gronde-t-il de sa voix grave.
- Heu...non, répond Clarke sincèrement.
- Alors du coup vous vous êtes dit que vous pouviez sauter la clôture? Ajoute-t-il en lui jetant un regard noir.
Clarke lève de nouveau les yeux vers l'obstacle qu'elle vient de franchir, il lui semble bien plus haut vu de ce côté.
- Je suis désolée vraiment, mais je voulais voir quelqu'un. Alors je n'ai pas vraiment réfléchi.
Hésitant à cataloguer Clarke dans le rayon des foldingues, il la dévisage longuement avant de finalement grogner en lui indiquant une direction d'un mouvement de tête.
- Je vous accompagne à la sortie. Dit-il sur un ton plus calme.
A priori, il ne la considère pas comme une menace, et il a retrouvé un peu de civilité. Mais Clarke s'affole à la pensée qu'il puisse l'empêcher de faire ce pourquoi elle est là.
- NON ! Il faut que je voie Lexa !
Surpris, le garde retient son geste alors qu'il s'apprête à saisir l'ennuyante jeune fille par le bras.
- Mademoiselle Wood ?
Rien n'aurait pu empêcher le sourire soulagé de Clarke à cet instant. Elle n'aurait pas cru qu'un jour un simple mot aurait pu la mettre dans cet état.
- J'ai dit quelque chose de drôle ? S'agace l'homme.
- Mademoiselle. Vous avez dit « mademoiselle » Wood. Confirme Clarke en mettant l'emphase sur le mot.
Au moins elle a la confirmation que Lexa n'est pas mariée. C'est étrange, elle n'a pas pensé à demander à Octavia, mais rien ne lui laissait penser qu'elle aurait pu l'être. Sinon, elle le lui aurait dit, pense-t-elle. Mais là, en un instant, elle vient d'envisager et balayer cette possibilité, et ça la rend heureuse.
- Vous allez me suivre jusqu'à la sortie, et ne pas faire d'histoire. Reprend prudemment le garde, qui se pose de plus en plus de questions sur la santé mentale de l'intruse.
Il tend de nouveau la main pour inciter Clarke à bouger. Mais celle-ci se défile et recule.
- Non non non ! Désolée, je me suis mal exprimé. Je dois voir Lexa c'est une amie.
Il lève un sourcil, suspicieux.
- Une amie qui passe par-dessus la barrière au lieu de simplement s'annoncer au bureau ? Vous me prenez pour un imbécile ? Allez, ne me faite pas perdre mon temps. Dit-il d'une voix ferme.
Ça y'est, Clarke est persuadée que quoi qu'elle dise à présent, il ne reviendra pas sur sa décision.
Soudain, une voix s'élève, plus forte que les autres, à travers un mégaphone. Elle est déformée, par l'amplification, par le vent, par l'écho dans les immeubles. Pourtant, c'est la sienne. Elle la reconnaitrait entre mille. Et soudain, elle ne peut plus attendre. Avant que le garde ne puisse réagir, Clarke s'élance en direction de la voix en courant, forçant sur son pied blessé.
C'était stupide...à peine quelques mètres plus loin, il la rattrape un peu brusquement, et ils s'étalent tous deux sur le sol.
- Ça suffit ! Vous venez avec moi, j'appelle la police.
Clarke se débat, crie, mais rien à faire, il est plus fort. D'une main, il la relève sans ménagement et la ceinture pour l'entrainer vers le bâtiment qui fait l'angle. Sans doute le fameux bureau, étant donnée qu'elle repère à présent une entrée, dans la même palissade qu'elle a franchi un peu plus tôt. C'était vraiment la peine de se bousiller la cheville...
Sur la porte du bâtiment, elle repère une pancarte portant un logo. Studiopolis. Il est sûr et certain qu'elle est au bon endroit. En réalité, il s'agit d'un simple hôtel, qui semble avoir été privatisé pour l'occasion. Des techniciens s'affairent par ci par là, un buffet à moitié vide s'étale près de la réception, et l'agent de sécurité l'emmène dans une petite salle dans le fond de la pièce.
Il la pousse sans ménagement sur une chaise, et lui demande de rester là. Elle sent bien qu'elle l'a énervé et préfère ne pas en rajouter pour le moment. Pendant qu'il parle au téléphone en gardant un œil sur elle, elle retire sa chaussure et masse sa cheville douloureuse. Sans interrompre sa conversation, l'homme va farfouiller dans une armoire, et lui ramène un tube de gel et une bande de maintien.
Ensuite, il sort pendant que Clarke applique le gel dont le froid lui fait le plus grand bien. Un instant plus tard il est de retour, et s'agenouille devant elle en récupérant la bande que Clarke a posée sur le sol pour le moment.
-Je peux le faire toute se...commence Clarke avant de s'interrompre devant le regard noir de l'homme.
Quelque chose transparait brièvement au fond des pupilles fixées sur elle, comme de la culpabilité. On dirait qu'il s'en veut de sa blessure (qui n'est en rien sa faute), et surtout qu'il lui en veut à elle de l'avoir forcé à utiliser la force. Avec douceur, il enroule le tissu autour du pied de Clarke. Et elle se dit qu'au final, ce doit être un homme charmant quand il n'est pas dans l'exercice de ses fonctions.
Elle en est là dans ses réflexions quand la porte s'ouvre, laissant passer une silhouette bien connue.
- Lincoln ? S'écrie Clarke en reconnaissant son ami.
Il porte un uniforme également, mais de la police nationale. Elle vient de comprendre d'où venait la voiture de patrouille dans laquelle Octavia se promenait la veille.
- Tu la connais ? S'étonne l'agent de sécurité.
- Ouais. Grogne Lincoln en s'avançant vers Clarke. Qu'est-ce que tu fous ici. Je lui avais dit de ne pas te donner son adresse.
- Personnelle. Et elle ne l'a pas fait. Elle m'a juste parlé du lieu du tournage tu vois ? Se défend Clarke.
L'agent incrédule s'adresse une nouvelle fois à Lincoln.
- Bon alors, qu'est-ce qu'on fait d'elle ? Elle connait vraiment miss Wood ? Demande-t-il avec une pointe d'inquiétude dans la voix.
S'il a vraiment plaqué au sol une amie de la patronne, il risque d'en entendre parler.
- ConnaissAIT. Merci Nyko, je vais m'occuper d'elle maintenant. Elle peut marcher ? Demande-t-il comme si Clarke n'était pas dans la pièce.
Le dénommé Nyko hoche la tête affirmativement et termine le bandage en nouant la bande habillement.
- Lincoln, je dois la voir. Affirme Clarke une nouvelle fois, en remettant sa chaussure et en se levant.
Il faut avouer qu'après les attentions de Nyko, elle ne ressent plus qu'une légère gène.
- Non Clarke. C'est fini. Prononce-t-il avec force en posant sa main sur le bras de la jeune fille pour l'entrainer avec elle.
- Ce n'est pas à toi d'en décider. Fait une voix douce et posée derrière Lincoln.
Le cœur de Clarke fait un bon dans sa poitrine. Et alors que Lincoln se décale un peu, elle manque s'évanouir de soulagement, ou de terreur. Ou des deux à la fois. .
Elle n'est pas tout à fait comme dans ses souvenirs. Une étrange tristesse lui marque le visage. Ses longs cheveux, habituellement remontés en queue de cheval, où lâchés sur ses épaules, sont à présent coupés un peu plus court. Rassemblés à la va vite et retenus grâce à un crayon de couleur bleue. Des mèches folles s'enfuient autour de son visage.
Habillée simplement d'un jean et d'un sweat noir s'ouvrant sur un t-shirt marqué du logo du studio.
Même ses yeux ont changés. Enfin non, ses yeux sont exactement les mêmes, toujours aussi envoutants. Mais son regard a perdu cette petite étincelle, celle qui faisait chavirer le cœur de Clarke en un battement de cil. Lexa la fixe sans laisser paraitre la moindre émotion. Et tandis que son cœur menace de sortir de sa poitrine, Lexa, elle, semble étrangement calme.
Sa première pulsion est de repousser Lincoln pour aller se jeter dans ses bras. Parce que là-bas, tout reprendra un sens. Si elle peut respirer l'odeur de sa peau, caresser ses cheveux, entremêler ses doigts aux siens, et poser ses lèvres sur les siennes, alors, tout redeviendra comme avant.
Mais quelque chose dans son regard, lui interdit de suivre cette pulsion. Quelque chose est brisé.
Un silence presque religieux à envahit la pièce. Seul le raclement de gorge de Nyko, qui ne comprend rien à ce qu'il se passe, les ramène sur terre.
- Hey... lance timidement Clarke, pleine d'espoir.
Qu'est-ce qu'on dit à l'amour de sa vie après l'avoir trompé, et abandonné pendant cinq ans ? Elle n'en a aucune idée, parce que ce n'était pas elle. Elle, pas plus tard qu'il y a trois jours, elle s'endormait dans les bras de la femme qu'elle aime. Celle qui se tient aujourd'hui en face d'elle, avec cette expression d'animal blessé.
Lexa prend une grande inspiration, et agite la main, vidant instantanément la pièce autour d'elles. Nyko sort sans un mot, trop content de laisser cette situation derrière lui. Lincoln relâche sa prise sur Clarke et lui lance un regard de défi avant de sortir. « N'essaye même pas de lui faire du mal » semble-t-il dire. Clarke lui retourne un regard offusqué devant de telles accusations.
Une fois seules, le silence se réinstalle. Lexa fait trois pas en arrière pour s'adosser au mur, les mains derrière le dos, fixant la femme en face d'elle.
- Bonjour Clarke.
Celle-ci frissonne en entendant son prénom prononcé avec application. Lexa a toujours eu une façon bien à elle de le prononcer. Inimitable.
- Tu as l'air en forme. Continue-t-elle en restant le plus neutre possible.
Mais Clarke n'est pas dupe, Lexa tente juste de garder la maitrise d'une situation qui lui est inconfortable.
Deux jours. Ça fait deux jours que Clarke remue ciel et terre pour retrouver Lexa. Et maintenant qu'elle est là, elle n'a absolument aucune idée de ce qu'elle veut lui dire. Ou plutôt de quelle façon elle veut le lui dire.
- Lexa... commence-t-elle sans savoir comment elle va finir cette phrase.
Mais le destin s'en mêle, et la porte s'ouvre à la volée sur une petite brune, aux traits asiatique.
- Lexa, Martin te cherche partout il dit que...Elle non plus ne termine pas sa phrase quand elle aperçoit Lexa, qui n'est de toute évidence pas dans son état normal, et la blonde qui lui fait face.
- Heu...désolée, je ne savais pas que tu n'étais pas toute seule.
Ses yeux font des allés et retours entre les deux femmes qui ne se quitte pas du regard, puis finissent par s'arrêter sur Lexa.
- Tu veux que je revienne plus tard? Demande-t-elle en fronçant les sourcils.
Clarke a envie de hurler. OUI ! On veut que tu reviennes plus tard ! Ou JAMAIS ! Tu ne vois pas que tu dérange ? Mais elle se tait, parce que cette fille est habillement en train de sonder si Lexa a besoin d'aide ou pas. Et malgré l'envie qu'elle a de se débarrasser de l'intruse, Clarke ne peut pas lui refuser ça. Alors elle attend, patiemment, que Lexa prenne sa décision.
- Non Costia. C'est...elle se racle la gorge, pour retrouver un timbre de voix normal. C'est Clarke.
La nouvelle venue ouvre de grands yeux en entendant le nom. Clarke n'aurait jamais imaginé que son prénom puisse un jour être à l'origine d'une telle réaction. Elle comprend soudain l'effet que ça fait d'être quelqu'un de connu. La différence avec les vraies stars, c'est que dans son cas, c'est loin d'être positif.
- Oh...je vois. Dit simplement Costia en se balançant d'un pied sur l'autre d'un air gêné.
De nouveau ce silence pesant qui les entourent. Se faisant plus lourd et plus difficile à supporter à chaque instant. C'est finalement Lexa qui le brise une nouvelle fois.
- Tu avais besoin de quelque chose Clarke ?
Celle-ci sent son cœur tomber et se briser au ton détaché que la jeune femme a employé. Oui, elle a besoin de quelque chose. Elle a besoin de Lexa. De son amour, de son corps, de son rire, de son odeur, et de tout ce qui fait que Lexa est Lexa.
Mais elle ne peut pas décemment lâcher ça comme ça, encore moins en présence de cette...Costia. Clarke se rappelle la voix au téléphone, quand elle l'a appelée le jour de son réveil. Rien n'est certain, mais elle ne s'étonnerait pas que ce soit sa petite amie. A cette pensée peu réjouissante, un puissant sentiment de jalousie s'éveille en elle.
- Juste...de te parler. En privé. Ajoute-t-elle sèchement en tournant le regard vers la nouvelle venue.
Fronçant les sourcils en entendant le ton cassant, Lexa répond du tac au tac.
-Je ne suis pas intéressée, et...j'ai du travail. Tu trouveras la sortie toute seule.
Sans attendre, la réalisatrice se dirige vers la porte.
Clarke ne peut pas la laisser partir comme ça, ou tout ce cirque n'aura servi à rien.
- Lexa ! Attend s'il te plait, il faut que...il s'est passé quelque chose. Termine-t-elle, pas tout à fait certaine de comment amener les choses.
- Désolée Clarke. Si tu avais tant besoin de parler, tu aurais dû le faire, il y a cinq ans. Maintenant c'est trop tard.
Sa gorge se serre, malgré l'effort considérable que Lexa fait pour maitriser sa voix. La main à présent sur la poignée de la porte, elle s'apprête à sortir, laissant son ex petite amie en plan, quand Costia décide de s'en mêler.
- Pourquoi vous n'iriez pas prendre un café un peu plus tard ?
Lexa s'immobilise, et Clarke lève ses sourcils sous le coup de la surprise. Elle ne n'avait pas vu venir celle-là.
- Je veux dire, Lexa travaille maintenant, et Clarke...j'imagine que si c'est si important, tu n'es pas à quelques heures près ?
- Heu...non bien sûr. Répond la principale intéressé, même si tout son être lui hurle de faire quelque chose, qu'elle ne supportera pas ces « quelques heures » supplémentaires.
Mais à la réflexion, elle en a peut-être besoin pour trouver une approche plus douce que ce qu'elle s'apprêtait à faire. Lexa mérite la vérité, mais elle mérite aussi que Clarke la ménage un peu. Après tout, c'est elle qui a souffert. Clarke elle, ne se souvient de rien de ces moments difficiles. S'entendre dire qu'on a été une vrai garce, et subir la trahison de celle qu'on aime n'ont absolument rien à voir.
- Costia...commence Lexa sans se retourner.
La mise en garde est palpable au ton de sa voix. Mais la petite brune se rapproche, et caresse la joue de Lexa tendrement en la fixant droit dans les yeux. Clarke bondit intérieurement et lui lance un regard noir que personne ne remarque. Les dents serrées, elle se retient d'avancer pour les séparer.
- Lex', elle n'est pas venue comme ça par hasard. Ça ne te coûte pas grand-chose de l'écouter au moins.
- Tu ne sais pas ce que ça me coûte Costia. Mais si tu insistes... Soupire la jeune femme.
- J'insiste !
- OK alors.
Lexa se tourne vers Clarke, qui semble tout à coup très contrariée. Chassant cette pensée, elle lui donne rendez-vous le lendemain matin, dans un petit café tranquille en ville. Puis elle fait demi-tour pour retourner à son travail, laissant Costia et Clarke seules dans la pièce.
Il ne faut pas plus de quelques secondes à Clarke pour poser la question qui lui brule les lèvres. Costia vient de convaincre Lexa de l'écouter. Elles entretiennent clairement une relation, et Costia est également visiblement au courant, peut-être pas de tout, mais en tout cas, elle semble avoir entendu parler de Clarke.
- Pourquoi tu as fait ça ?
Costia se tourne tranquillement vers Clarke, et la détaille des pieds à la tête.
- Pourquoi pas ? Je pense que ça lui fera du bien.
Qu'est-ce qu'elle l'agace ! Cette fille veut se faire passer pour la petite amie parfaite, mais Clarke est là pour une chose, une seule, récupérer Lexa. Et rien ni personne ne se mettra en travers de son chemin. Si elle doit évincer Costia pour parvenir à ses fins, elle le fera sans hésitation.
- Tu sais pourquoi je suis là ? Demande Clarke d'un ton un peu agressif auquel Costia ne répond pas.
- Non. Pas vraiment.
- Je suis là pour elle. Je vais la récupérer. Je suis désolée, mais tu auras beau jouer la petite amie parfaite en l'encourageant à me parler, ça ne changera rien. Je n'ai rien contre toi, mais je l'aime. Tu peux toujours prétendre ne pas être jalouse...
Mais Clarke ne finit pas sa phrase, interrompu par la brune qui a soudain changé d'expression. Son visage s'est fermé, et elle lève une main en l'air pour stopper la tirade de la blonde.
- Je ne suis pas sa petite amie. Du moins pas officiellement. Et je ne le serai jamais, je ne me fait aucune illusion. Et oui, je suis jalouse. Mais à quoi bon ? Je sais d'avance que contre toi je n'ai aucune chance. Même si Lexa s'en défend encore aujourd'hui, je sais qu'elle n'a jamais tourné la page. Je sais qu'elle souffre encore. Et oui, je l'aime, même si ce n'est pas réciproque. Alors je veux qu'elle soit heureuse. Ce qu'elle ne sera jamais, avec moi ou pas, si elle ne termine pas cette histoire avec toi. Evidemment que je veux que tu aies une chance de lui parler. Parfois, la meilleure façon de guérir d'une ancienne blessure, c'est de la rouvrir pour mieux la soigner.
Complétement stupéfiée, Clarke écoute attentivement, son cœur se remettant à battre plus fort. A battre d'espoir, car à en croire Costia, Lexa a toujours des sentiments pour elle. A battre de douleur, quand elle réalise que la femme qu'elle aime a le cœur brisé depuis cinq ans, et qu'elle en est l'unique responsable.
- Je peux juste te promettre une chose Clarke. Ajoute Costia en s'approchant de Clarke, la fixant de ses yeux noirs. Si tu fais la moindre chose qui la fait souffrir, cette fois ci tu ne t'en tireras pas sans dommage.
C'est mignon, cette inconnue qui défend Lexa. Mais cela ne fait qu'augmenter la colère de Clarke. Sans dommage ? Qu'est-ce qu'elle en sait ? Perdre cinq ans de sa vie, son amour, sa meilleure amie, TOUS ses amis, c'est sans dommage d'après elle ? Mais Costia ignore tout ça, tout comme Lexa. Comment faire son mea culpa auprès de quelqu'un alors qu'on ne se sent même pas responsable du mal qu'on a causé ? Tout simplement parce qu'on ne s'en souvient pas ?
Costia finit par partir, laissant la porte ouverte, dans une invitation évidente pour Clarke à faire de même. Ce qu'elle finit par faire quelques instants plus tard, et après avoir passé quelques minutes à tourner pour retrouver sa voiture, elle s'affale sur le siège conducteur, complétement vidée de ses forces.
Après un long moment passé à se repasser chaque instant de l'heure qui vient de s'écouler, elle se dit qu'il est temps de bouger. Elle ne peut pas retourner chez Octavia, à cause de Lincoln, et puis elle a besoin d'être un peu seule pour penser à tout ça. La bonne nouvelle de la journée, c'est qu'elle va pouvoir parler à Lexa. La mauvaise, c'est qu'a priori c'est loin d'être gagné...
Qu'est-ce qu'elle va faire en attendant ? ll va lui falloir un toit sur la tête, et de l'argent. Elle n'a aucune idée de combien elle a sur son compte, et il est hors de question qu'elle demande de l'argent à sa mère.
Dans son obsession constante à retrouver Lexa, elle n'a pas pris une minute pour penser à tout ça. Il serait peut-être temps...
